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RECUEIL DE TEXTES
RELATIFS A
L'HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE
MAÇON, PaOTAT FRERES, IMPRIMEURS
COLLECTION DE TEXtES ^
i-uuK MiKMK A l'Étude et a l'enseignement de l'histoire
1:^4
RECUEIL DE TEXTES
RELATIFS A
LIIISTOIRE DE L'ARCHITECTURE
Eï A LA CONDITION DES ARCHITECTES
ffilSr inR,A.N"OB, A.XJ IMO^BlSr -A.C3hE3
xt-XII" SIÈCLES
Publié avec une Introduction, des Notes, un Glossaire
et un Répertoire archéolocfique
PAR
Victor MORTET
Bibliothécaire à l'Université de Paris ^Sorbonne)
Archiviste Paléographe
^
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0
€'''
PARIS
ALPHONSE PICARD ET FILS, ÉDITEURS
Libraires des Arciiives nationales et de la Société de l'École des Chartes
82, RUE BONAPARTE, 82
1911
1'/
INTRODUCTION
Objet de ce recueil. — Précédents projets ou essais
DE PUBLICATION DE TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE DE
l'architecture en France au moyen âge.
1 . — Nous nous sommes proposé de réunir dans le
présent Recueil un grand nombre de textes qui inté-
ressent l'histoire de l'architecture ainsi que la condition
des architectes en France au xi® et au xii^ siècle. On
sait que les documents de ce genre sont disséminés
dans des collections nombreuses, dans des ouvrages de
forme variée et parfois difficilement accessibles , qu'ils
sont souvent établis d'une façon défectueuse ou dépour-
vus d'éclaircissements ; que certains d'entre eux sont
restés inédits, etparsuile, plus ou moins ignorés et inu-
tilisés. Nous avons pensé qu'il y aurait profit pour l'é-
tude et l'enseignement de l'archéologie du moyen âge
à posséder un Recueil, où des textes, s'appliquant au
double objet que nous venons d'indiquer, seraient ras-
semblés avec ordre, et revus d'après les sources origi-
nales et les meilleures éditions ; où l'inédit aurait
quelque place ; où l'on trouverait pour une période
donnée un ensemble considérable de témoignages
authentiques, se rapportant soit à des types caracté-
ristiques etimportants de l'architecture du moyen âge,
soit à des constructions ou édifices plus modestes, dont
VI INTRODUCTION
les uns subsistent encore aujourd'hui, avec plus ou
moins de modifications, tandis que d'autres ont disparu
en partie ou en totalité.
Bien que l'histoire de l'art architectural soit le sujet
principal de notre Recueil, nous n'avons pas cru
devoir en exclure des textes concernant d'autres arts,
tels que la sculpture, la peinture, l'art des vitraux,
surtout lorsque ces textes font partie de documents
relatifs à des constructions religieuses. Il y a trop de
rapports qui unissent entre eux ces différents arts,
tout particulièrement la sculpture et l'architecture,
pour que nous ayons pensé à scinder les passages des
chroniques ou ceux d'autres écrits qui nous ont trans-
mis à ce sujet de précieux renseignements. On
pourra s'en rendre compte à l'aide du Répertoire
archéologique des matières que nous avons placé à la
fin de notre Recueil. Il en est de même, bien qu'à un
degré moindre, pour ce qui concerne le mobilier
artistique, notamment celui des églises. Mais il était
en dehors du cadre, forcément limité, que nous avons
dû nous trdcer, de rechercher en détail dans les
sources, telles que chroniques et obituaires, les
moindres passages ou fragments de textes qui se
réfèrent aux différents arts que nous venons de mention-
ner. Tous ces textes-là, réunis avec soin, pourraient
faire l'objet de recueils spéciaux dont l'intérêt
n'est pas discutable. De même, en ce qui concerne
l'architecture militaire, si nous avons publié des textes
nombreux et importants qui intéressent les fortifications
des donjons, des châleaux, des manoirs, des villes et
même un peu aussi des églises, nous n'avons pas cru
devoir aborder ceux qui traitent, dans les chroniques,
de la poliorcétique du moyen âge, sujet qui offre un
intérêt trop spécial. En revanche, nous avons recueilli
INTRODUCTION \n
certains textes relatifs à l'art de Tingénieur, notamment
à rhydraulique. Ils proviennent surtout, mais non
exclusivement, d'établissements religieux, tels que
des monastères ou des collégiales.
Ne pouvant songer à entreprendre, vu l'étendue très
considérable de notre tâche et l'espace restreint dont
nous disposions, un inventaire complet ni une publi-
cation in-extenso, de tous les documents qui pouvaient
se rapporter, même d'une façon secondaire, à l'objet
de nos recherches, nous avons cru du moins qu'il
était de notre devoir de pousser des investigations très
détaillées, d'après un plan méthodique, dans toutes les
directions où nous avions chance de trouver des rensei-
gnements utiles, variés et précis. Nous avons ainsi
réuni un ensemble de textes assez considérable pour
arriver à représenter autant que possible, bien qu'à un
degré forcément très inégal, la plupart des pays de
l'ancienne France, au Nord comme au Midi, de même
que les principales époques de son passé architectural
pendant la période que nous avons choisie. Ce n'est
pas toujours, tant s'en faut, pour les monuments les plus
importants et les plus somptueux que les textes qui
subsistent ont transmis jusqu'à nous des récits très
intéressants sur leur construction ou leur reconstruc-
tion. S'il en est parfois ainsi fort heureusement, les
exceptions sont nombreuses, et elles tiennent à des
causes diverses, en partie accidentelles, en partie régio-
nales ou locales, qu'il serait trop long de développer
ici. D'autre part, à côté de ces lacunes regrettables, si
nombreuses et si sensibles dans l'histoire du passé
artistique de nos monuments, de nos cathédrales, par
exemple, on rencontre dans nos textes des indications
variées sur des monastères ou des collégiales, sur
d'humbles prieurés monastiques ou des chapelles
rurales, qui ne sont pas à passer sous silence.
VIII INTRODUCTION
2. — Les nombreux documents que nous avons
recueillis sont répartis sous cinquante-trois numéros
d'ordre, non compris l'Appendice ^ Leur ensemble, qui
forme une sorte de Corpus^ comprend plus de deux
cents textes, sans compter de courts extraits, trop som-
maires pour figurer chacun isolément, et que nous
avons dû placer pour cette raison dans les notes. On
pourra ainsi se convaincre notamment que la période du
XI® siècle est représentée dans notre Recueil plus large-
ment qu'on n'aurait pu le croire possible jusqu'ici.
Presque tous les textes que nous publions sont tirés
des sources imprimées. Quelques-uns cependant sont
inédits : ils appartiennent au xi^ et auxn® siècle, et ils
concernent surtout la région de l'Ouest de la France ;
leur nombre ne pouvait qu'être très restreint, étant
donnée l'époque assez reculée qui fait l'objet de notre
Recueil. Nous avons tenu à coUationner nous-même,
ou bien, en cas d'empêchement, à faire coUationner
par nos confrères des Archives départementales, divers
documents qui avaient besoin d'être revisés ou com-
plétés. De même, c'est sur place et textes en mains que
nous avons étudié un certain nombre de monuments
importants, en nous rendant compte des modifications
que le cours des temps leur a fait subir : c'est aussi ce
que nous avons fait, en Angleterre, pour la cathédrale
de Gantorbéry, l'un des édifices les plus considérables
dont nous ayons eu à nous occuper, et au sujet duquel
il subsiste des renseignements historiques et archéolo-
giques d'un intérêt capital.
En ce qui concerne les notes, nous n'avons pas
hésité, vu la nature du Recueil que nous publions, vu
la variété des points de vue qu'il présente et la mulli-
1. Voy. aussi les Additions à la fin du présent volume.
INTRODUCTION IX
plicité des renseignements qu'il exige, à leur réserver
largement la place qui devait leur revenir. Sans parler
des références bibliographiques ou des commentaires
archéologiques qui, dans certains cas, peuvent paraître
encore insuffisants, nous avions à joindre à nos textes,
pour en faciliter l'éclaircissement, des notes chronolo-
giques ou biographiques, géographiques ou topogra-
phiques, lexicographiques ou quelquefois même gram-
maticales. Si, en effet, notre Recueil s'adresse surtout
à des lecteurs qui sont au courant de l'archéologie du
moyen âge, comme nos confrères de l'Ecole des Chartes,
nous ne pouvions oublier qu'étant donné le caractère
de la Collection de Textes à laquelle il appartient, il
devait servir aussi aux élèves de cette Ecole ainsi qu'aux
étudiants en histoire de nos Universités, qui peuvent
se trouver aux prises avec les difficultés de l'archéo-
logie et de la latinité technique du moyen âge. Nous
ferons enfin remarquer que certains extraits de textes,
fort courts, mais très utiles à connaître, ne pouvaient
trouver place, vu leur brièveté, que dans les notes dont
elles ont parfois augmenté l'étendue ; on ne nous en
saura pas mauvais gré, surtout si l'on veut bien réflé-
chir que nos renseignements historiques et archéolo-
giques, nos renvois à d'autres documents que les nôtres,
nos rapprochements d'ordre technique forment autant
d'indications qui' se trouvent ensuite fondues et clas-
sées commodément, soit dans la Table alphabétique,
soit dans le Glossaire, soit enfin dans le Répertoire
archéologique des matières.
3. — Après avoir indiqué l'objet du présent Recueil,
il nous paraît très utile de rappeler sommairement les
projets ou essais de publication qui ont été entrepris
au dernier siècle pour former un ensemble de docu-
INTRODUCTION
ments relatifs à l'histoire de l'architecture et à la con-
dition des architectes en France au moyen âge.
Le premier dessein qui, à notre connaissance, fut
conçu dans notre pays en vue de l'objet que nous étu-
dions, eut un caractère officiel. Il devait s'appliquera
des textes inédits, c'est-à-dire à des sources surtout
diplomatiques, à des chartes ou à des comptes, par
exemple, documents variés qui abondent principale-
ment pendant la période gothique de l'histoire monu-
mentale et artistique de notre pays. C'est sous le règne
de Louis-Philippe qu'on voit le Comité des arts et
monuments auprès du Ministère de l'Instruction
publique, former le projet de réunir sous le titre de
Mélanges une série de documents relatifs à l'histoire des
arts, documents qui, pris isolément, ne pourraient
devenir l'objet d'une publication spéciale. De nombreux
matériaux avaient été réunis à cet effet. Cette collec-
tion devait être, pour les monuments figurés, analogue
à celle que le Comité historique publiait sous le même
titre pour les monuments écrits. Elle aurait été accom-
pagnée d'un recueil sur les artistes français du moyen
âge, dont la publication était confiée à M. Didron ^
On sait que, sous la forme qu'on avait cru devoir lui
donner, cette entreprise n'aboutit pas à un résultat
pratique. Du moins, le Bulletin archéologique
ainsi que le Bulletin historique et philologique
du Comité ont continué depuis lors à publier
des documents pleins d'intérêt pour l'étude du passé
1. Xavier Charmes, Le Comité des travaux historiques et scienti-
fiques (Hist. et Doc), t II (1886), p. 126. — Cf. Bulletin archéolo-
gique, publ. par le Comité des arts et monuments, t. II (1842-1843),
p. 484, et t. IV (1847-1848), p. 178-179; cf. aussi le Rapport au roi,
en date du 15 avril 1847, sur l'étal des travaux exécutés de 1835 à
1847 pour le recueil des Documents inédits relatifs à l'histoire de
France.
INTRODUCTION XI
monumental de notre pays. C'est une mine précieuse
de textes inédits surtout à partir du xiii^ siècle, mais
que nous n'avons pu utiliser qu'à titre exceptionnel,
car il n'est pas fréquent qu'elle serve pour le xi^ et le
xii** siècle.
Nous avons maintenant à mentionner un essai de
publication étrangère qui se rapporte à l'objet de nos
recherches. Il se trouve contenu dans un ouvrage ano-
nyme qui a paru en Angleterre', au milieu du siècle
dernier, sous le titre suivant : An inquiry into the
chronologicul succession of the styles of romanesque
and pointed architecture in France^ ivith notices of
sonie of the principal buildings on which it is
founded. Dans la première partie de cet ouvrage ^,
l'auteur a réuni un certain nombre d'extraits de textes,
tirés surtout des chroniques, concernant des églises
qu'il a étudiées sur place et dont il donne des notices.
Ces extraits sont exclusivement relatifs à certains monu-
ments religieux de quelques-unes seulement de nos
anciennes provinces, entre autres la Normandie, et la
liste en est tout à fait sommaire ; elle est dressée avec
beaucoup d'arbitraire et d'une façon extrêmement
incomplète. C'est du reste bien plutôt le côté chrono-
logique que le côté descriptif de son sujet que l'auteur
a eu en vue, à savoir les dates de fondation, de recons-
truction, d'incendie ou de consécration d'autels des
édifices dont il s'occupe. Enfin ces fragments, beaucoup
trop brefs et trop peu nombreux, sont dépourvus de
notes et ils sont établis sans critique comme sans mé-
thode. Néanmoins, nous avons pensé que cet essai si
1. London, John Murray, 1850. Cet ouvrage ne figure pas dans le
Dictionary of the anonymous and pseudonymous literature of Great
Brilain, de Halkett et Laing (1882-1888).
2. P. 41 à 122.
XII INTRODUCTION
restreint, qui s'ofFre à nous comme à l'état embryon-
naire, ne devait pas être passé sous silence dans notre
Introduction, vu l'époque où il a paru, vu l'idée inté-
ressante qu'il représente, mais que l'auteur n'a guère
fait qu'esquisser d'ailleurs, en tentant de la réaliser
d'une manière bien trop superficielle et très imparfaite.
Si le projet de publication officielle, qui avait été
conçu en France par le Comité des arts et monuments
et que nous avons signalé plus haut, devait s'appliquer
surtout à des documents inédits, ce dernier caractère
apparaît encore, bif^n qu'à un moindre degré, dans un
ouvrage dû à l'initiative privée, qui fut entrepris un
certain nombre d'années plus tard, et publié en 1868,
sous le titre de Documents paléographiques relatifs à
r histoire des beaux-arts et des belles-lettres pendant
le moyen âgeK A côté de documents inédits qu'il avait
tirés des Archives départementales et des Bibliothèques
publiques, l'auteur de cette publication, Aimé Cham-
pollion-Figeac, a mentionné, analysé ou commenté un
assez grand nombre de textes du moyen âge édités
déjà dans divers onvrages ou recueils. Ces textes
n'étaient pas seulement relatifs à l'architecture, mais
à différents arts, tels que ceux des vitraux, de la pein-
ture, de la mosaïque, de l'émaillerie, sans compter
encore l'arl de la miniature. Au point de vue qui nous
occupe, A. Ghampollion-Figeac s'est surtout appliqué
àétudierles moyens pécuniaires employés pendant tout
le moyen âge pour élever des constructions, les charges
que .ces travaux imposaient aux populations, les obli-
i. Quelques parties de cet ouvrage ont été imprimées dans la Revue
archéologique, déjà à partir de 1856 (XII'' année, 2« part., p. 458 et
suiv.), sous ce litre assez différent : Droits et usages concernant la
travaux de construction publics ou privés sous la troisième race des
rois de France, d'après les chartes et autres documents originaux.
INTRODUCTION XIH
galions à remplir pour créer des établissements même
d'utilité publique, comme pour améliorer et réparer
des édificesdéjà existants. Passer en revue, d'une façon
d'ailleurs trop sommaire et incomplète, les fondations
pieuses en vue des constructions, les modes de res-
sources que les seigneurs laïques ou ecclésiastiques
employaient pour leurs grandes entreprises, les auto-
risations de bâtir obtenues de plein gré et par le fait de
la concession gracieuse des suzerains, ou bien achetées
par des corvées, des péages et autres charges, tel est
l'objet principal que l'auteur s'est assigné. S'il a
signalé quelquefois des textes quiintéressent la technique
des constructions au moyen âge et la condition des
architectes et des ouvriers, il a eu surtout en vue,
pendant la très longue période qu'il a examinée, en étu-
diant les nombreuses décisions relatives aux matières
que nous venons d'indiquer, d'en tirer « sinon la juris-
prudence générale, du moins des exemples isolés de
tous les moyens mis en usage pour réaliser d'immenses
travaux d'art. » C'est donc surtout un objet juridique
et administratif qui l'a guidé dans ses recherches
comme dans son exposé historique. Nous avons été
amenés à utiliser son ouvrage et nous l'avons cité dans
différents endroits de notre publication.
Il nous reste à indiquer un autre recueil, d'un carac-
tère très général, qui a paru à l'étranger, il y a une
quinzaine d'années. Il fait partie d'une collection d'en-
semble sur l'histoire de la technique des arts au Moyen
âge et à la Renaissance, publiée à Vienne, dirigée
d'abord par R. Eitelberger d'Edelberg, et continuée
par les soins dWlbert Ilg ' . Son titre est Quellenhuch zur
1. Quellenschriften fur Kunstgeschichle und KansUechnik des
Mitlelalters und der NeiizeU, nouv. sér., vol. VII. A cotte collection
XIV iNfRODUCTlON
Kunstgeschichte des abendlàndischen Mittelallers^
ausgewïihlte Texte des vierten bis fûnfzehnten Jahr-
hunderts, gesammelt v. Jiilius von Schlosser (1896).
Assurément, ce recueil présente un ensemble consi-
dérable de documents concernant les différents arts,
notamment celui de l'architecture, documents dont le
rapprochement est utile et suggestif; mais il a été
conçu sur un plan beaucoup trop vaste, en sorte que
son exécution, ainsi qu'on l'a déjà remarqué, laisse
bien à désirer. Au point de vue topographique, c'est
beaucoup trop que d'essayer de représenter en un seul
volume de textes le mouvement architectural et artis-
tique non seulement de l'Allemagne, de l'Angleterre
et de la France, mais encore celui de l'Italie et de
l'Orient latin ; de même, au point de vue chronolo-
gique, c'est embrasser dans un même cadre documen-
taire une trop vaste période que celle qui s'étend du
iv" siècle au xv**, c'est-à-dire durant tout le moyen âge.
Enfin, il manque à ce choix de textes, assez arbitraire,
et où les renseignements bibliographiques sont insuffi-
sants, des notes critiques indispensables, des indications
nécessaires sur la valeur intrinsèque des documents et
surtout sur l'époque de leur rédaction, faute de quoi
l'on est souvent conduit en le consultant à des erreurs
ou à des confusions très regrettables, en dépit des ser-
vices réels dont on lui est redevable à certains points
de vue.
En donnant des proportions beaucoup plus res-
treintes et un caractère plus précis à notre Recueil,
dans lequel le mouvement de l'architecture en France,
surtout pendant la période romane, est représenté
appartient aussi (vol. IV) le recueil suivant, qu'il est très utile de men-
tionner ici : Schriflquellen zur Geschichte der karolingischen Kunst.
(jes. 11. erl. v. Julius von Schlosser, Wien, 1892.
Introduction xV
avec un certain développement, nous avons fait en
sorte, pour notre part, d'établir avec méthode chacun
de nos textes et de les disposer suivant un ordre rai-
sonné. C'est ce que nous devons montrer maintenant
à nos lecteurs.
II
Ordre suivi dans le présent Recueil ; ses limites
CHRONOLOGIQUES ET GÉOGRAPHIQUES. — ÏEXTES RELA-
TIFS A l'expansion de l'architecture française a
l'Étranger.
4. — Nous avons rangé les documents qui composent
notre Recueil d'après l'ordre chronologique. Ce classe-
ment nous a paru de beaucoup préférable à un classe-
ment méthodique ou topographique. D'abord, c'est le
seul qui permette de suivre la succession et parfois la
filiation historique des faits complexes qui se rap-
portent à Tart de la construction et au rôle des cons-
tructeurs. Ce n'est pas qu'on puisse espérer « surtout
avant l'année 1140, suivre de façon continue la pro-
gression de l'architecture », — notamment sous le rap-
port des formes et des procédés, — « et il faut se rési-
gner à n'avoir qu'un tableau chronologique criblé de
lacunes dont quelques-unes sont très considérables * . »
Mais enfin, grâce à cette méthode on peut essayer de
saisir ou de faire réapparaître dans leur évolution ou
dans leur synchronisme certains aspects du spectacle
très divers d' œuvres architecturales qui naissent, se
1. Voy. J. A. Brutails, L'Archéologie du moyen âge et ses méthodes,
études critiques (1900), p. 207 et 208, ouvrage précieux pour l'exa-
men raisonné des textes archéologiques.
XVI INTRODUCTION
succèdent ou s'accompagnent, pour disparaître ensuite
d'une façon plutôt lente que brusque, ou se survivre
en se transformant : toutes choses qui s'expliquent par
l'objet même de la construction, qui est d'avoir avant
tout une destination humaine, individuelle et sociale.
Soit qu'il s'agisse d'habitations isolées ou groupées,
soit qu'il s'agisse de lieux de demeure ou de culte, ou
bien encore d'endroits de défense, appropriés à cette
fin, les textes et les monuments, rapprochés les uns
des autres, nous montrent que la matière ainsi que les
formes de l'architecture varient selon le milieu, les
conditions sociales, les coutumes et les mœurs, les
nécessités temporaires et les ressources dont on dispose,
soit autant de facteurs qui les conditionnent. C'est ce
que l'ordre chronologique permet de constater à la fois
dans les monuments anciens ou leurs vestiges encore
existants, et dans ces autres traces du passé, celles-ci
d'ordre psychologique^ et moral, qui sont les monu-
ments écrits.
En second lieu, l'ordre que nous avons adopté per-
met d'éviter de reproduire en différents endroits de
notre Recueilles mêmes documents ou extraits de textes
qui concernent dans leur teneur d'ensemble des caté-
gories de matières distinctes les unes des autres,
notamment Tarchitecture religieuse, l'art de cons-
truire des châteaux, l'architecture publique ou privée.
Il dispense ainsi de scinder d'une façon arbitraire des
documents qui se rapportent à des objets multiples.
Mais, d'autre part, le classement par ordre chronolo-
gique ne suffît pas à répondre aux besoins variés des
chercheurs. Aussi avons-nous dû dresser, à la fin de
1. Voy. sur ce point Ch. et V. Mortet, La Science de VHisloire
(1894), p. 27 et s.
INTRODUCTION XVII
notre volume, outre une Table alphabétique des noms
de j3ersonnes et de lieux, un Répertoire également
alphabétique des matières archéologiques ' dont il est
question dans notre Recueil. Enfin, à ces instruments
de recherche nous avons ajouté un Glossaire, qui
comprend surtout les termes et les expressions tech-
niques, dont nos textes nous ont permis de faire un
relevé détaillé.
5. — C'est avec les premières années du xi^ siècle
que commence la série des textes dont se compose
notre Recueil. C'est en effet un peu après l'an 1000
que l'on voit apparaître un fait capital dans l'histoire
de l'architecture religieuse, qui est au premier rang
dans le développement de l'art monumental en France,
au moyen âge, à savoir le renouvellement plus ou moins
général des églises d'alors. Cette rénovation d'en-
semble est attestée par des témoignages authentiques,
avant tout, comme on sait, par celui du moine Raoul
Glaber ~ ; elle est aussi signalée dans l'Histoire de la
dédicace de Saint-Remi de Reims ^. Mais une remarque
essentielle s'impose ici. Comme on l'a dit^ avec beau-
coup de raison, « nous avons dans le témoignage de
Glaber la date précise de l'avènement de l'architecture
romane, de l'avènement et non pas de l'invention.
Tant d'hommes, entant de contrées diverses, n'auraient
point opéré simultanément sur une même donnée,
1. Les renseignements que contient ce Répertoire peuvent être
rapprochés utilement, pour la période que notre Recueil embrasse,
de ceux que présente la publication de II. Sabine, intitulée : Table
analytique et synthétique du Dictionnaire raisonné de V architecture
française du XI<- au XVI^ siècle, par Viollet-le-Duc, 1889, in-S".
2. Voy. le n° I, p. 4.
3. Voy. le n» VIII, p. 40.
4. J. Quicherat, Mélanges d'archéologie et d'histoire, mém. et
fragm. réunis par M. R. de Lasteyrie (1886), p. 432.
XVIII INTRODUCTION
s'ils n'avaientpasété inspirés par des essais antérieurs. »
Si l'emploi des voûtes est le trait le plus frappant de
l'architecture romane, ce serait une erreur de penser
qu'une telle innovation se serait produite sous une
forme partielle au commencement du xi*" siècle, sans
avoir été préparée par des tentatives antérieures de
reconstruction, dont l'existence est mentionnée dans
divers documents ^
Nous avons assigné à nos textes une série continue
de numéros d'ordre, en les faisant se succéder d'après
la date initiale de la période d'années à laquelle ils se
rapportent. Nous leur avons laissé toute la cohésion
nécessaire'^ et nous sommes parvenus ainsi, avec fort
peu d'interruption dans la série chronologique des
années, jusqu'aux documents dont le point de départ
est l'année 1130, c'est-à-dire environ jusqu'au com-
mencement du second tiers du xii*^ siècle. Vers cette
date, peut-être même un peu plus tôt 3, ont commencé
les opérations préliminaires de la reconstruction de
l'abbatiale de Saint-Denis, qui marque, comme on sait,
une étape des plus importantes dans l'histoire de l'ar-
chitecture religieuse. Vers cette date aussi, le mouve-
ment de réforme des Cisterciens est en plein dévelop-
pement, et le moment approche où les statuts de cet
i. Voy. le récent et savant mémoire de M. R. de Lasteyrie: L'église
de Saini-Philibert-de-Grandlieu [Loire-Inférieure], extr. des Méin.
de V Académie des Inscriptions et Belles-lettres, t. XXXVIII, 2" part.,
p. 67-68 (1909). Cf. Anthyme Saint-Paul, Ilist. monumentale de la
France, 3' éd., 1888, p. 92-93.
2. C'est par exception qu'il a pu en être quelquefois autrement,
faute, par exemple, d'avoir connu en temps opportun, pendant l'im-
pression de notre Recueil, certains extraits intéressant telle ou telle
construction, que nous voulions faire connaître à nos lecteurs, après
avoir déjà placé à leur i^ang- chronologique les textes plus anciens
qui la concernaient.
3. Voy. l'étude très précise de L, Levillain, Les plus anciennes
églises abbatiales de Saint-Denis, dans les Mém. de la Société derhisi.
de Paris et de V Ile-de-France, t. XXXVI (1909), p. 178.
INTRODUCTION XIX
Ordre vont revêtir une rédaction qui est parvenue
jusqu'à nous*. Nous regrettons que l'espace nous ait
fait défaut dans le présent volume pour dépasser uni-
formément la limite de Tannée 1130, et pour juxta-
poser d'une façon continue, comme pendant la période
précédente, les textes qui sont postérieurs à celte date
et qui vont jusqu'à l'année 1200. Mais, dans bien des
cas, c'est-à-dire autant de fois que les documents nous
en ont fourni la matière, nous n'avons pas interrompu
pendant les deux derniers tiers de ce siècle, la suite
chronologique des faits et des événements qui inté-
ressaient l'histoire et la construction de monuments
au sujet desquels nous avions déjà recueilli des textes
appartenant soit au xi^ siècle, soit au premier tiers du
xir. Il en est déjà résulté qu'en fait l'année 1130 a été
très souvent dépassée dans notre Recueil, et que, si le
xi" siècle y figure en entier, si les trente premières
années du xii" y sont représentées d'une façon à peu
près consécutive, les deux autres tiers de ce même
siècle le sont encore dans une proportion très consi-
dérable et très importante, quoiqu'à vrai dire incom-
plète.
6. — Après avoir indiqué les limites chronologiques
que nous nous sommes proposé de suivre, il nous reste
à préciser les limites géographiques que nous avons
adoptées en réunissant les documents qui composent
le présent Recueil.
Avant tout, nous avons fait en sorte d'éviter un
choix arbitraire. Plutôt que de nous en tenir aux.
limites actuelles de la France, il nous a semblé préfé-
rable de prendre pour cadre de nos recherches les
i. Ces statuts datent de 1134; d'autres leur sont postérieurs.
XX INTRODUCTION
limites extrêmes que notre pays a atteintes pendant la
durée et jusqu'à la fin du moyen âge. Cette manière de
procéder nous a paru rationnelle, autant pour ne pas
accroître la tâche considérable qui nous incombait
que pour ne pas empiéter sur des territoires où Tin-
fluence régnante se rattache sous certains rapports à
des milieux régionaux autres que ceux que nous nous
proposions d'étudier principalement. Il était donc hors
de notre plan de rechercher des textes relatifs à l'Al-
sace et à la Lorraine. Toutefois, à l'égard de l'une et
de l'autre de ces provinces, nous avons cru devoir
faire exception, à deux reprises, à la règle que nous
nous étions tracée, afin de juxtaposer des documents
particulièrement intéressants, provenant de ces con-
trées de l'Est, et des textes appartenant à d'autres
régions de la France ; les uns et les autres nous ont
paru donner lieu à des rapprochements très signifi-
catifs'. En ce qui concerne la Franche-Comté, pro-
vince qui n'a été rattachée, comme on sait, à notre
pays que depuis les temps modernes, son passé his-
torique et religieux est trop intimement lié à celui
de la Bourgogne pour que nous ayons de parti pris
écarté un curieux document relatif à l'une des pos-
sessions de Saint-Bénigne de Dijon-. Quant aux
Flandres, tant la contrée actuellement française que
celle qui fait aujourd'hui partie de la Belgique, consi-
dérable est la part qui devait leur revenir et que nous
avons fait en sorte de leur ménager dans notre Recueil,
surtout au point de vue de l'architecture religieuse et
militaire. A l'autre extrémité de la France, dans la
i. Voy. les n"» IX et CLI. Cf. dans la Table alphabétique des noms
de lieux les renvois suivants : Metz, Verdun et Strasbourg.
2. Voy. le n« CXXI.
INTRODUCTION XXI
région du Midi, l'histoire du Roussillon et delà Ger-
dagne a été mêlée de trop près à celle du Languedoc,
il y a eu trop de rapports entre cette vaste contrée et
lespays limitrophes del'P^spagne, devenus tardivement
français, pour que nous n'appelions pas l'attention sur
quelques textes qui se rapportent à ces derniers, par
exemple, au point de vue de l'architecture religieuse
et de la diffusion des églises fortifiées pendant le
XI® siècle. Si la Savoie, conformément au plan que
nous avons adopté, est restée en dehors du cadre de
nos recherches, il n'en est pas de même du Gomtat
Venaissin. Nous reproduisons un acte concernant à la
fois le Chapitre de la cathédrale et l'abbaye de Saint-
Uuf d'Avignon, qui présente un intérêt exceptionnel
au point de vue de l'histoire de la condition des artistes,
dans cette contrée, à la fin du xi*" siècle ou au com-
mencement du XII®.
Etant donné le cadre à la fdis précis et large que
nous avons fait en sorte de suivre, malgré d'inévi-
tables lacunes, nous ne pouvions pas ne pas y faire
entrer des documents, dont quelques-uns sont de pre-
mier ordre, qui attestent la diffusion de l'art monu-
mental de la France sur la terre étrangère, ainsi que
l'expansion lointaine des méthodes de bâtir, qui étaient
dues à l'admirable activité de nos maîtres d'œuvre.
C'est ainsi qu'au point de vue de l'architecture reli-
gieuse, tant séculière que monastique, sous le rapport
de la construction comme de la décoration monumen-
tale, divers textes nous font assister à la propagation
de cette influence, non seulement en Angleterre et dans
la partie occidentale de la Belgique, mais encore au
Nord comme au Sud de l'Italie, dans la partie fran-
çaise de la Suisse ainsi que dans le Nord de l'Espagne.
Les longs extraits de chroniques que nous donnons sur
XXII INTRODUCTION
la cathédrale de Gantorbéry et sur celle de Saint-
Jacques de Gompostelle, pour ne citer ici que ces
exemples frappants du xi^ et du xii** siècle, en offrent
des témoignages d'une importance capitale, et dont
rintérêt est double : car il concerne à la fois les œuvres
grandioses qui ont été réalisées et les maîtres fameux
qui les exécutèrent. Dans la seconde moitié du xi^
siècle, nous voyons l'abbé d'un grand monastère de la
Flandre, celui de Saint-Hubert-d'Ardenne, qui fait
appel à des tailleurs de pierre liégeois pour la construc-
tion d'une crypte et d'un cloître, confier à un artiste
verrier de Reims, très habile en son art, l'exécution
des vitraux dont il veut orner les chapelles de son
église abbatiale. Et ce ne fut pas seulement dans le
domaine de l'architecture religieuse que cette action
féconde s'exerça au dehors de notre pays. Les textes
nous montrent encore qu'en Angleterre, à partir de
la conquête de Guillaume, duc de Normandie, on vit
s'élever des donjons d'abord de bois, puis de pierre,
construits à la façon normande, et que plus tard des
châteaux imités de ceux d'Outre-Manche, inconnus
jusqu'alors sur le sol anglais, furent édifiés dans de
grandes proportions, de même que des abbayes, celle
de Ilastings, par exemple, et surtout des cathédrales
somptueuses, par les soins de prélats originaires de la
Normandie et du Maine, qui s'établirent après l'inva-
sion dans des sièges épiscopaux de l'Angleterre K
i . Pour les principales localités étrangères qui sont mentionnées
en assez grand nombre dans notre Recueil, voy. à la Table alphabé-
tique des noms de lieux, les renvois qui les concernent, et qui sont
groupés sQus les rubriques suivantes : Allemagne, Angleterre, Bel-
gif/ue, Espagne, Italie, Orient, Pays-Bas et Suisse.
INTRODUCTION XXIII
III
Nature et répartition des sources utilisées dans ce
Recueil.
7. — L'ensemble des textes qui forment le présent
volume peut se répartir, au point de vue intrinsèque,
en six groupes ou catégories. A savoir : 1^ les sources
narratives et descriptives ; 2^ les sources diplomatiques ;
S"* les sources législatives et administratives ; 4" les
sources épistolaires ; 5° les sources d'un caractère
liturgique et symbolique ; 6° les sources épigrapbiques.
Nous allons passer sommairement en revue chacun de
ces groupes, en essayant de préciser leur caractère
distinctif et leur valeur propre.
y** Sources narratives et descriptives. — Cette caté-
gorie comprend surtout des chroniques, des biogra-
phies de personnages ecclésiastiques, des Vies de saints
et des narrations de miracles; il s'y trouve aussi des
récits d'invention ou de translation de reliques, ou
bien encore des extraits d'obituaires. C'est principale-
ment l'architecture religieuse qui occupe les chroni-
queurs et les biographes ecclésiastiques lorsqu'ils nous
entretiennent des monuments qui furent élevés de leur
temps; et c'est aux évêques, aux abbés bâtisseurs qu'ils
rapportent avant tout, et souvent exclusivement, le
mérite et la gloire d'œuvres architecturales entreprises
par leurs soins. Pendant le xi^ et le xii^ siècle, les
monastères qui réunissaient la plupart des ressources
de l'art monumental de cette époque et en résumaient
XXIV INTRODUCTION
presque toutes les difficultés, n'étaient pas seulement
des constructions éminemment dignes d'attirer et de
retenir l'attention des artistes ; mais encore ces mêmes
constructions conventuelles rencontraient parmi les
moines qui s'y trouvaient plus de chroniqueurs ou de
biographes, pour en faire élogieusement l'historique ou
parfois même la description, qu'il ne s'en trouvait dans
les Chapitres des cathédrales ou des collégiales pour
transmettre à la postérité des récits concernant la
reconstruction de ces derniers monuments.
Moins nombreux sont les textes de chroniques, les
gestes d'évêques, les écrits de biographes ecclésias-
tiques qui se rapportent à des reconstructions de cathé-
drales. Ceux que nous possédons concernent d'abord, et
de beaucoup, des églisesépiscopales situées dans les con-
trées du Nord de la Loire. Ce sont, pour citer ici celles
dont nous parlent les sources susdites, dans la région
du Nord de la France, les cathédrales de Cambrai, de
Thérouanne et de Laon ; dans le Nord-Ouest, celles
d'Evreux et surtout de Coutances, en Normandie ;
dans l'Ouest, celles du Mans etd' Angers, et sur les bords
delà Loire, celle d'Orléans. Mais, à l'inverse de ce que
nous venons de constater plus haut pour les églises
abbatiales, la région de l'Est ne nous a pas offert,
du moins dans les limites chronologiques que nous
avons cherché à suivre, de documents comparables,
en général, à ceux qui proviennent des contrées que
nous venons de mentionner. Il faut toutefois faire une
exception très notable pour les textes relatifs à la ca-
thédrale, au palais épiscopal et aux châteaux-forts ou
manoirs des évêques d'Auxerre. Si maintenant nous
nous tournons dans la direction du Sud-Est, la présente
catégorie de sources ne nous offre guère de textes à
signaler que pour la cathédrale, le palais épiscopal et
INTRODUCTION XXV
certaines églises de Lyon. Le Midi languedocien est
assez bien représenté dans cette même catégorie, grâce
aux documents qui sont arrivés jusqu'à nous touchant
les constructions religieuses, militaires et civiles entre-
prises par les soins des évêquesde Maguelone. Gomme
la région du Centre, celle du Sud-Ouest est très pauvre
en textes de ce genre : signalons toutefois de très courts
extraits concernant la cathédrale d'Angoulême et
d'autres constructions dont on est redevable aux évêques
de cette ville.
En ce qui concerne les églises collégiales, elles se
trouvent représentées à plusieurs reprises dans notre
Recueil, notamment par des textes qui appartiennent
à la catégorie de sources dont nous nous occupons
actuellement. Deux d'entre elles surtout sont à signaler
ici pour l'intérêt architectural qu'elles offrent, à savoir,
celles de Saint-Hilaire de Poitiers et de Saint-Front
de Périgueux.
Si l'histoire de l'architecture religieuse gagne beau-
coup à l'utilisation des sources narratives et descrip-
tives, on peut dire que, toute proportion gardée, celle
de l'architecture militaire est encore plus redevable à
ce groupe de documents : car c'est presque exclusive-
ment à cette catégorie qu'appartiennent, pourla période
que nous avons étudiée, les textes d'où l'on peut tirer
des indications partielles sur les progrès qui se sont
accomplis dans ce genre d'architecture. Bien inférieures
sous ce rapport sont les sources diplomatiques et les
sources législatives que nous avons mises aussi à con-
tribution. Gomme il faut s'y attendre, la partie de la
France qui est située au Nord de la Loire est de beau-
coup celle pour laquelle les textes de ce genre offrent
le plus de renseignements, malgré de très grandes et
d'inévitables lacunes.
XXVI INTRODUCTION
^^ Sources diplomatiques. — Les sources diploma-
tiques que nous avons utilisées sont des bulles pontifi-
cales, des diplômes royaux, des mandements seigneu-
riaux, des chartes épiscopales, des marchés et devis,
des extraits de registres capitulaires, ou bien encore
des actes transcrits dans des cartulaires. Cette caté-
gorie de documents, dont beaucoup sont assez courts,
est dans son ensemble moins considérable que la pré-
cédente. Elle présente toutefois une réelle importance
dans bien des cas, soit au point de vue de Thistoire
monumentale proprement dite, soit au point de vue de
la condition des architectes ou des ouvriers attachés aux
constructions. La plupart de ces documents se répar-
tissent entre les régions de TIle-de-France, de l'Ouest,
du Centre et de l'Est de la France. Quant à la région
du Midi, que l'on sait être assez pauvre en cartulaires,
comme elle l'est aussi en chroniques, elle peut reven-
diquer pour elle certains actes ^ très intéressants qui
relèvent de la présente catégorie et dont l'authencité
est indiscutable.
3° Sources législatives et administratives. — Les
sources législatives et administratives que nous avons
mises à contribution émanent principalement de l'au-
torité ecclésiastique, séculière ou régulière. Ce sont
notamment des canons de conciles ou de synodes, des
statuts d'ordres religieux, des règlements conventuels
ou épiscopaux. Les Coutumes de Cluny sont le plus
important et le plus caractéristique des documents de
ce genre ; elles contiennent des statuts relatifs au plan,
aux dimensions et à la décoration de l'église principale.
1. Voy. entre autres les n»* XXIII, LXV et ÇXII, qui concernent
les cathédrales d'Aix et de Vienne, celle d'Avignon et l'abbaye de
Saint-Ruf de cette dernière ville.
INTRODUCTION XXVII
ainsi que des chapelles et des divers bâtiments conven-
tuels dudit Ordre. Ce texte appartient, comme nous le
montrons, au second quart du xi® siècle (avant 1049).
Rares sont les dispositions d'ordre féodal et militaire que
nous trouvons édictées dai\s les documents qui relèvent
de la présente catégorie. Nous voyons cependant que
dans l'un de ceux-ci, on réglementa d'après la Coutume
de Normandie, dans un concile de Lillebonne de l'an-
née 1080, diverses matières d'ordre technique, qui
étaient relatives aux châteaux-forts et aux fortifica-
tions en général.
4" Sources épistola,ires. — Les sources épistolaires
forment un quatrième groupe de documents qui com-
prend des lettres écrites ou échangées, pendant le xi*^
et le XII* siècle, par divers personnages ecclésiastiques,
appartenant au clergé séculier ou régulier. Ces précieux
documents nous instruisent au sujet de l'histoire de
certaines grandes constructions religieuses, comme le
font les lettres de Fulbert, évêque de Chartres, touchant
la reconstruction de sa cathédrale, ou l'épître en vers
latins ' de Raoul Tortaire sur la cathédrale de Rayeux,
ou bien encore la lettre de Raudri, archevêque de Dol,
au sujet de labbaye et du château de Fécamp, où l'é-
loge de la nature pittoresque s'ajoute à l'intérêt si vif
qu'offre ce document épistolaire pour l'historique de
l'abbatiale de la Trinité. A un autre point de vue, signa-
lons la correspondance de Geoffroi, abbé de la Trinité
de Vendôme, avec Hildebert de Lavardin, évêque du
Mans, qui nous montre cet abbé priant à plusieurs
reprises Hildebert de renvoyer à son abbaye un moine
1 . Voy. ce texte dans les Additions placées à la fin de notre
volume.
XXVIII INTRODUCTION
nommé Jean, très habile dans l'art de rarchitecture,
qu'il avait consenti à mettre pendant un certain temps
au service d'Hildebert, pour l'aider dans les cons-
tructions religieuses qu'il faisait élever au Mans. Ce
qui rend encore plus attachante la lecture de ces docu-
ments épistolaires, c'est que leurs auteurs, qui sont
presque tous des personnages très considérables,
parlent en témoins oculaires de faits et d'événements
auxquels ils ont été mêlés, et que leurs témoignages
ont pour nous une valeur authentique indiscutable.
5" Sources ayant un caractère liturgique et symbo-
lique. — Nous avons rangé dans ce groupe quelques
documents qui ont un caractère particulier, ou bien à
la fois liturgique et symbolique, ou bien simplement
symbolique. Ces sources ne sont représentées que par
un nombre de textes tout à fait restreint, mais qui
sont loin d'être sans intérêt, comme on peut s'en con-
vaincre. C'est ainsi que nous citerons, pour la fin du
premier tiers du xi" siècle, l'extrait d'un sermon rela-
tif à la symbolique et à la consécration d'une église
monastique prononcé par Adémar de Chabannes le jour
commémoratif de la dédicace de Féglise du Saint
Sauveur, à Saint-^Martial de Limoges ; c'est aussi le
seul document de genre oratoire, qui ait trouvé place
dans notre Recueil. Nous citerons encore, pour la
seconde moitié du même siècle, un curieux extrait des
gestes des abbés de Saint- Trond, qui concerne la sym-
bolique générale de l'architecture religieuse.
^° Sources épigraphiques. ^- Nous ne pourrions
pas dire que les inscriptions forment un sixième et
dernier groupe de documents, tant est limitée la part
que nous avons dû leur faire dans notre Recueil. C'est
INTRODUCTION XXIX
que ce genre de documents devrait fournir à lui seul
la matière d'un recueil spécial, et l'espace nous aurait
manqué pour assigner à ces textes la place qui aurait pu
leur revenir. Toutefois, il arrive que, pour certains
monuments, il existe des inscriptions relatives à leur
construction ou à leur décoration, alors que l'on constate
à leur sujet dans les autres documents de l'époque
que nous étudions une véritable disette de renseigne-
ments : c'est le cas de quelques églises cathédrales ou
conventuelles du Midi de la France. Il arrive encore
que de brèves mentions épigraphiques s'ajoutent à
de rares indications tirées d'autres textes n'offrant,
pour certains édifices, que des données historiques
très fragmentaires : c'est le cas, par exemple, pour
l'ancien château de Blois. Lorsqu'il en est ainsi, nous
avons cru devoir faire exception à la règle que nous
nous étions tracée, et nous avons été amenés à insérer
dans notre Recueil quelques textes épigraphiques.
8. — Enfin, si l'on tire d'un certain nombre de nos
documents des renseignements qui intéressent à un
degré inégal la technique des constructions pendant la
période que nous avons étudiée, nous n'avons pas à
signaler ici de source technique proprement dite, de
formulaire de construction, comme, par exemple, celui
que nous avons fait connaître et commenté ailleurs
pour l'époque Carolingienne K Quant aux comptes
de construction, où l'on peut puiser des indications
souvent utiles pour la technique architecturale ou la
lexicographie archéologique, ils n'apparaissent guère
i. Un Formulaire du VIIl^ siècle pour les fondations d'édifices el
de ponts, d'après des sources d'origine antique, publ. par V. Mortel ;
Paris, Picard, 1908, br. in-S" (Extr. du Bulletin monumental, t. LXXI,
1907).
XXX INTRODUCTION
avant le dernier tiers du xii® siècle, période que nous
n'abordons qu'accessoirement, comme nous l'avons
dil, et à l'occasion de certains textes seulement. Les
comptes anglo-normands offrent alors des spécimens
remarquables de cette catégorie de documents. Nous
avons eu l'occasion d'en donner un très court frag-
ment (1171-1172), à la suite d'un précieux texte du
XI® siècle, relatif au château de Hastings (Angleterre).
Enfin, l'on sait que les chansons de geste offrent par-
fois des passages qui intéressent la technique ou la
lexicographie de l'architectecture militaire. Nous en
donnons quelques extraits que, vu leur brièveté, nous
avons dû rapprocher, dans nos notes, de quelques-
uns des textes latins que nous avons publiés ; ces
fragments peuvent servir à les interpréter.
IV
CONCLUSIONS GENERALES.
Nous n'avons pas à faire ici, même à grands traits,
une esquisse proprement dite des progrès accomplis
en France dans l'art monumental, pendant la période
qui nous occupe. Nous devons seulement indiquer par
les exemples les plus frappants quelle lumière les
textes que nous avons étudiés peuvent jeter sur l'évo-
lution qui modifia pendant cette période l'art de l'ar-
chitecture, et sur les traits les plus saillants que pré-
sentait alors la condition des architectes et des cons-
tructeurs en général. Il sera facile à nos lecteurs,
grâce au Répertoire archéologique des matières que
nous avons joint à notre Recueil, d'ajouter des détails
INTRODUCTION XXXI
précis à ce que notre court exposé d'un sujet très
complexe aura nécessairement d'incomplet.
9. — Le témoignage des textes s'ajoute à celui
des monuments et des vestiges matériels du passé
pour faire voir que le xi*^ siècle offrit en France le
spectacle d'un très grand mouvement de construction
et de reconstruction d'églises et de monastères, de
donjons et de châteaux ; ce double témoignage montre
aussi que l'architecture civile ainsi que l'architecture
publique participent à ces transformations, qui sont la
conséquence d'un nouvel état de choses. La période
de sécurité relative qui succéda aux terribles invasions
des pirates normands, les nombreuses restaurations de
sanctuaires ' détruits par leurs ravages, la multiplica-
tion des rapports entre les églises, notamment entre
celles qui sont monastiques, la création de nouvelles
et importantes abbayes, de paroisses et d'oratoires
dépendant de couvents, d'évéchés ou de châteaux, le
culte de plus en plus répandu des reliques, les pèle-
rinages, l'organisation défensive de la puissance féo-
dale, l'accroissement de la population, enfin la fonda-
tion, l'agrandissement et la diffusion de centres urbains
et ruraux, favorables au groupement et à l'expansion
continue des métiers, voilà autant de causes politiques,
religieuses, militaires, sociales et économiques, qui
favorisèrent les progrès multiples de l'art monumental
1. Voy. sur ce point un certain nombre d'indications tirées des
textes par A. Champollion-Figeac, Documents paléographiques rela-
tifs à Vhisloire des beaux-arts, p. 217-223. — En ce qui concerne la
Normandie, en particulier, entre les années 1050 et 1060, le chroni-
queur Guillaume de Jumièges signale en ces termes la ferveur reli-
gieuse qui poussait les seigneurs à faire bâtir des églises dans leurs
domaines : « Unusquisque optimatum certabat in praedio suo eccle-
sias aedificare » {Hist. Normann., 1. VI, c. XXII). Cf. J. Quicherat,
Mélanges d'archéologie, moy.âge, p. 146.
XXXII INTRODUCTION
en France, sous ses différents aspects, à l'époque des
premiers rois Capétiens. Ainsi l'on peut dire que,
lorsque Louis VI monta sur le trône en 1108, beau-
coup d'églises romanes importantes avaient été achevées
ou rebâties \ d'autres se continuaient ou allaient être
bientôt l'objet d'une meilleure reconstruction. C'est du
XI'' siècle que date un règlement général, un devis des
criptif de construction, un devis-type, celui de l'église
et des bâtiments abbatiaux de Cbmy, d'une impor-
tance telle que le xii'' siècle ne nous en a pas laissé
qui lui soit comparable; nous avons essayé de fixer
l'époque de sa rédaction- avec plus de précision qu'on
ne l'avait fait jusqu'à présent. C'est du dernier quart
de ce siècle, de 1088 environ, qne date aussi la recons-
truction de l'abbatiale de Cluny'\ l'un des édifices les
plus grandioses qui aient existé, et qui, dans son œuvre
romane, ne fut terminé que vers la fin du premier
tiers du xii^ siècle. Sans doute, les progrès dans les
constructions ou reconstructions d'édifices religieux
ou autres ne sont pas uniformes ; il faut tenir compte
des moyens pécuniaires dont disposent les établisse-
ments religieux, les églises séculières ou les seigneu-
ries, du zèle variable de ceux qui sont à leur tête, des
ressources géologiques de valeur très diverse, du talent
inégal des architectes, de l'entraînement des esprits
vers les œuvres d'art, qui était plus ou moins accen-
tué suivant les régions. Ce qu'on ne saurait contester,
c'est que l'art roman, jusque-là très simple et encore
1. Les chroniques attestent qu'un certain nombre de celles-ci
furent la proie des flammes « évidemment par le fait de leur cou-
verture en charpente » (J. Quicherat, Mél. (V archéologie, p. 435).
2. Voy. le n" XXXVIII (n. 1 de la p. 132). Cf. notre communica-
tion au Congrès du Millénaire de Cluny, en 1910 : Note sur la date
de rédaction des Coutumes de Cluny dites de Far fa.
3. Voy. len°XCI.
INTRODUCTION XXXIII
rude dans sa robustesse, s'épanouit à partir de la fin du
xi^ siècle et progresse avec une extrême variété dans
la première moitié du xii® siècle. Déjà, vers le com-
mencement du second quart de ce siècle, nous trou-
vons une preuve indirecte, mais irrécusable de ce
développement si varié dans un document des plus
significatifs V Apologia ad Guillelmum^ de saint Ber-
nard, où Tabbé de Glairvaux dirige ses observations
et ses critiques les plus vives contre le luxe et la
prodigalité dans la construction et la décoration des
églises et des cloîtres de son temps, tandis qu'en un
autre de ses écrits, qui n'est guère connu, il attaque
le faste et les dimensions exagérées des palais épisco-
paux '.
10. — Un caractère frappant de l'activité architec-
turale qui va régner au xi" siècle et qui s'annonce
déjà dans le dernier quart du siècle précédent, c'est
l'emploi de plus en plus répandu de la pierre qui
se substitue progressivement, mais non d'une façon
absolue, il s'en faut de beaucoup, à l'usage du bois
dans la construction des édifices. On peut dire que
c'est là, depuis la fin de l'antiquité et l'époque barbare,
un « nouvel âge de la pierre » qui commence vérita-
blement. Nous voyons souvent dans les textes du
xi", comme dans ceux du xii", que les chroniqueurs ou
les rédacteurs de chartes ont soin de mentionner en
quel genre de matériaux •^, des bâtiments tels qu'é-
1. Voy. len°CXLIII.
2. Ibid. (p. 367, n. 3).
3. Il s'agit surtout ici, soit de la pierre, soit du bois. Sur la persis-
tance de l'emploi de la brique dans certaines contrées, voy. le n°
XLIX, p. 172, n. 3. Pour de petites constructions faites de terre, voy.
notre Répertoire archéologique des matières, v» Terre.
XXXIV INTRODUCTION
glises, chapelles ou oratoires, donjons ou châteaux,
maisons privées, ou bien encore des ponls ont été con-
struits ou reconstruits ^ C'est que la région dont ils
nous entretiennent est encore dans la période de tran-
sition du bois à la pierre, pour des constructions
diverses. Si l'emploi de la pierre avait été universel,
ils n'auraient pas eu soin de préciser quel genre de
matériaux a pu servir à ces constructions. Que l'on
veuille bien se reporter au Répertoire archéologique
qui est à la fin de notre Recueil (v*^ Bois, v*^ Pierre),
et l'on pourra se convaincre à l'aide d'exemples précis
que l'emploi du bois, si fréquent ^ au ix^ et au x*' siècle,
s'est partiellement conservé pendant un temps plus
long et dans plus de pays de l'ancienne France que
beaucoup de personnes ne le supposeraient encore
aujourd'hui. Le nombre et l'étendue si considérable
des forêts d'alors facilitaient aux seigneurs, comme
les documents nous le montrent, de fréquentes conces-
sions de bois de construction à des établissements
religieux, à des prieurés, par exemple ; les monastères
trouvaient ausèi dans leurs domaines de quoi subvenir
à des constructions rapides et économiques pour leurs
habitations rurales, leurs ateliers et dépendances.
1. Aux exemples que nous donnons dans notre Recueil de la sub-
stitution delà pierre au bois dans de petites églises ou chapelles du
XI* siècle, il convient d'en joindre ici un autre qui est relatif à l'Ile-
de-France et s'applique à Châteaufort (c. du cant. de Palaiseau, arr.
de Versailles). Nous voyons qu'en 1069 une église canoniale, cons-
truite en pierre [hasilica lapiclea), y remplaça une petite chapelle de
bois [Recueil des actes de Philippe I"^ roi de France, publ. par M. Prou,
1908, noXLII, p. 118).
2. Pour la région tout à fait septentrionale de la France, pour la
Flandre et les anciennes provinces de la Belgique, voy. God. Kurth,
Notger de Liège et la civilisation au X^ siècle, t. I, ch. XV, p. 302. On
trouvera dans cet ouvrage (/oc. cit. et p. suiv.) une liste d'églises
de bois de ces contrées, dont beaucoup furent remplacées par des
églises de pierre pendant la période qui va du x« au xii* siècle inclu-
sivement.
INTRODUCTION XXXV
Si le renouvellement des églises signalé par Raoul
Glaber et par le chroniqueur de Saint-Remi de Reims
doit être certainement reporté en se^ premiers essais
et tâtonnements, dans la seconde moitié du.x*" siècle,
nous observons à l'aide des textes que l'emploi des
lambris, des plafonds de bois ou des charpentes inté-
rieures apparentes, autrement dit des laquearia \
persiste non seulement dans de simples édifices reli-
gieux, mais dans des églises considérables, cathédrales
et abbatiales, au xi^ siècle et même encore parfois
pendant la première partie duxii''. Toutefois, pour la
reconstruction de ces églises, on voit se manifester,
dans certains cas, une tendance marquée et comme
une sensible aspiration vers une hauteur plus grande
à donner aux dispositions intérieures des nefs de ces
monuments ', en renforçant la solidité de leurs appuis.
D'autre part, l'emploi de la voûte encore assez peu
répandu, comme on sait, pendant le xi" siècle, est
signalé dans un certain nombre de nos textes. La voûte
était utilisée pour la couverture des cryptes ; on se
servait aussi de ce procédé pour couvrir le sanctuaire \
l'abside * d'églises importantes, quelquefois les bas-
côtés •' ou même, comme un précieux texte nous le
montre, les bras d'un transept '% près de la tour qui en
1. Voy. ce terme au Glossaire. Voy. aussi les textes concernant
notamment les cathédrales d'Angers, d'Auxerre, de Cambrai et du
Mans, les abbatiales de Saint-Benoît-sur-Loire et de Saint-Remi de
Heims, ainsi que la collégiale de Saint-IIilaire de Poitiers.
2. « Interioris templi fastigiis aZ^jus elevatis », dit le chroniqueur
de Saint-Remi de Reims (n° Vlll, p. 41-42). — « Laquearia... bre-
vesque fenestras longiores renovavit », lit-on dans un texte relatif
à la cathédrale de Cambrai (n" XVII, p, 68).
3. Voy. le n" XXV, p. 93, etXLVlI, p. 1."j8.
4. Voy. le n° II, p. 8, et XLVII, p. lo8.
"). Voy. le n° VI, p. 31.
6. Voy. le n° LXVI, § 3, p. 214 (texte relatif à l'ancienne cathédrale
romane de Cantorbéry, rebâtie par les soins de l'archevêque Lan-
franc, d'origine normande).
XXXVI INTRODUCTION
surmontait la croisée; on observe encore l'usage de la
voûte dans des rotondes ^ d'oratoires, genre de cons-
truction qui n'était pas très fréquemment employé.
A côté d'exemples de voûtes dont nos documents
attestent l'existence, notamment dans la région de la
Loire, dans celles du Nord et de l'Est, nous rencon-
trons aussi, semble-t-il, dans une contrée septentrio-
nale de notre pays, un très ntéressant exemple 2, que
nous offre alors la nef d'une abbatiale, de la combi-
naison d'arcs de pierre et de combles : système pré-
sentant de réels avantages pour protéger cette partie
de l'église contre les atteintes du feu, qui dévastait si
souvent les lambris et les tentures des monuments reli-
gieux. Les textes nous montrent que, lorsqu'il s'agit
d'églises de bien moindre importance^ , de chapelles
ou d'oratoires monastiques, ces constructions peuvent
être quelquefois recouvertes d'une voûte sur la nef :
car l'étendue restreinte de ces édifices facilitait l'appli-
cation de ce procédé de construction. A mesure qu'on
approchait de la fin du xi*^ siècle et qu'on arrivait aux
premières années du siècle suivant, les constructeurs
durent s'enhardir à construire des voûtes de façon à
couvrir ainsi un espace de plus en plus considérable.
C'est ainsi qu'à Saint-Martial de Limoges ^, nous
voyons l'abbé Adéinar, qui gouverna ce monastère de
1063 à 1114, faire jeter une voûte sur la nef de son
1. Voy. au Répertoire archéologique l'article Rotonde. — A Saint-
Benoît-sur-Loire, vers la fin du xi" siècle, on s'était ingénié à ériger
à une certaine hauteur, à droite dans l'église, une couverture de
j)ierre, de forme hémisphérique : « fornicem mirae altiludinis in
dextra ipsiusecclesiaeerigere... in modurn hemisphaerii » (n" II, p. 12).
2. Voy. le n" XXXIV, p. df8, relatif à l'abbatiale de Saint-Bertin.
3. Voy. le n" VII, § 36, et surtout aux Additions, à la fin de notre
volume, le texte relatifà l'église de Perrecy-Ies-Forges, en Charolais,
d'après les Miracula S. Benedicti,l. VIII, c. xl, éd. de Certain, p. 345.
4. Voy. le n° XV, p. 59.
INTRODUCTION XXXVII
église abbatiale. lien fut de même pendant le premier
tiers du xii*^ siècle, à la cathédrale de Durham ^ ainsi
qu'à l'église collégiale de Saint-Hilaire de Poitiers ~.
Enfin l'on constate que, si dans les petites églises,
comme dans des chapelles prieurales, — sans parler
ici des premières églises des Cisterciens, — il arrivait
maintes fois que l'ensemble de la construction était en
bois, l'emploi de la pierre s'y substituait progressive-
ment. Nous en avons des preuves pour la contrée de
l'Orléanais pendant le premier tiers du xi" siècle, et
aussi pour d'autres contrées situées au nord de la Loire,
notamment dans la partie tout à fait septentrionale de la
France, comme encore dans l'Ouest, le Maine, la région
Dunoise, l'Anjou. Nos textes confirment nettement ce
fait que, dans ce dernier pays, le renouvellement des
églises ne se fit que tardivement, sous l'empire de
vieilles traditions '^ ; nous voyons même, chose très
digne de remarque, que dans la contrée angevine des
Mauges, une chapelle de pierre en mauvais état fut
remplacée avant la fin du premier quart du xi*' siècle,
par une église de bois, mais de plus grande dimension^:
nous ne connaissons pas d'autre exemple de ce
genre de substitution. Ce que nous constatons en outre
avec les textes, c'est que des raisons d'économie
poussaient les moines, dans certains cas, à faire édifier
en bois des chapelles ou oratoires, sauf à les faire
rebâtir plus tard en pierre, moyennant de nouvelles
ressources^.
1. Voy. le no XCVIII, § 2, p. 287.
2. Voy. le n° XXXIX, § 2, p. 142.
3. Voy. J. Quicherat, Mél. d'archéologie, p. 436. Voy. aussi le
n° XXII relatif à la reconstruction de la cathédrale d'Angers (xi« et
XII* siècles).
4. Voy. le n" IV. Ces faits se rapportent aux années 1013-1022
environ.
5. Voy. le n° CVl. Cet acte date de 1098 environ.
XXXVIÏI INTRODUCTION
11.— L'une des causes qui agirent efficacement sur
le développement de l'architecture religieuse, sur l'em-
ploi progressif de la pierre et de la voûte, dans le cou-
rant du xi*^ siècle, fut à coup sûr le culte des reliques
qui revêtit alors une splendeur incontestable. Ce
fut, comme nos documents en font foi, pour vénérer
et protéger contre la ruine des tombeaux de saints, en
l'honneur desquels on avait construit des églises ou
des oratoires, que ces lieux de dévotion furent agrandis,
transformés, embellis, et que des églises considérables
s'élevèrent, en débordant l'ancienne enceinte sacrée
qui était devenue trop étroite. Pour que la dévotion
aux saints trouvât un aliment fécond et qu'elle s'en-
tretînt activement dans les lieux de pèlerinage, il fal-
lait qu'il y eût des traces visibles de leur présence
dans les contrées où ils étaient honorés : de là le zèle
attesté par nos textes, que l'on mit à se procurer des
reliques; de là aussi, des preuves multiples de la
reconstruction de cryptes, d'absides, ou bien d'églises
entières.
12. — Pendant le premier quart du xi^ siècle, le
mouvement de rénovation des édifices religieux s'ap-
pliqua surtout aux églises abbatiales ou simplement
monastiques, qui employèrent à cet objet la part prin-
cipale de leurs ressources. Quant aux cathédrales, c'est,
sauf exception^, vers la fin de cette période et particu-
lièrement aux environs de l'année 1030' que les textes
nous les montrent dans les régions du Nord, de
l'Ouest, de l'Est, comme dans celles du Midi, partici-
pant activement au courant de reconstruction qui s'af-
1. Voy., par exemple, le n" I, au sujet de la cathédrale d'Orléans,
avant 1004 environ.
2. Voy. nos textes: vers 1023 et 1024, vers 1030 (n° XVII et suiv,).
INTRODUCTION XXXIX
firme de plus en plus. Unirait nouveau qui caractérise
un grand nombre de chefs d'abbayes du xii^ siècle,
c'est qu'ils sont devenus des abbés bâtisseurs, parfois
même grands bâtisseurs d'églises. La reconstruction
d'une église abbatiale et des bâtiments monastiques
qui l'avoisinent tend à devenir l'œuvre par excellence
d'un abbatiat, opus aedi/iciale^ pour employer une
expression tirée du cartulaire de Saint-Bertin ^ Entraî-
nés par le même courant, animés d'une commune
émulation dans l'intérêt de leurs cathédrales, au
xi" siècle d'abord, puis au xii", les évêques les rebâ-
tissent sur un plan agrandi, dans des formes perfec-
tionnées, d'après le témoignage des chroniques, et
plusieurs d'entre eux laissent la réputation de grands
constructeurs, comme Fulbert, à Chartres, Gérard I^""
deFlorines et Gérard II, à Cambrai, Geoffroi deMont-
bray, à Coutances, Hildebert de Lavardin, au Mans,
et plus tard Hugues de Noyers, à Auxerre, et Mau-
rice de Sully, à Paris, pour ne citer ici que des prélats
renommés.
Les textes nous montrent qu'en maintes occasions
abbés et prélats ne s'occupaient pas seulement de
diriger leurs nouvelles constructions, mais qu'ils en-
traient eux-mêmes dans la préparation ou les détails
des travaux matériels de leurs entreprises : tel, au
xi" siècle, l'évêque de Cambrai, Gérard P' deFlorines,
qui va à la recherche de carrières, ainsi que le fera
plus tard Suger, abbé de Saint-Denis ; tel encore,
dans le second tiers du xii^ siècle, Pierre, abbé
d'Andres, près de Boulogne-sur-Mer, qui prend
part, lui aussi, avec des instruments de mesure, à
l'œuvre de ses tailleurs de pierre. Ils nous font voir
1. Voy. le 11° XXXIV, p. 122.
XL INTRODUCTION
en outre, des moines, des clercs d'églises, des nobles
entrés dans les ordres par esprit de pénitence, faisant
office de maçons et même d'aides-maçons K Ils nous
montrent enfin le zèle enthousiaste des populations
venant seconder le zèle des abbés rebâtisseurs d'églises.
On n'ignore pas qu'à ce dernier point de vue, certains
documents concernent surtout l'année H45^, et parti-
culièrement les régions Normande, Chartraine et de
l'Ile-de-France^. Ce que l'on sait moins, c'est que
déjà au xi^ siècle, il y avait eu des exemples de con-
tribution personnelle et de coopération manuelle, faite
avec enthousiasme, aux transports et charrois de ma-
tériaux, en vue de constructions monastiques, dans la
région de l'Est, au diocèse de Reims, et dans celle du
Nord-Est, au diocèse de Liège ^. Les textes qui se rap-
portent à l'année 1145 nous font assister aussi à l'or-
ganisation de confréries de paix, ayant pour but de
participer à l'édification des églises ; et l'on était d'au-
tant plus porté à former des associations pour ces
constructions religieuses, que l'on regardait comme des
^ctes très méritoires les travaux manuels souvent très
durs, qui étaient entrepris dans cette intention. Mais
nous constatons déjà antérieurement l'existence de ces
confraternités ou associations pieuses de fidèles pour la
construction, la réparation ou la décoration des sanc-
1 . Voy. le n° IX relatif à la construction de l'abbaye de Saint-
Vanne, et mentionnant l'exemple donné par Frédéric, comte de
Verdun, frère de Thierry I»"", duc de Lorraine.
2. Voy. la Lettre de l'abbé Ilainion sur la construction de l'église
de Saint-Pierre-sur-Dive, adressée en 1 1 io aux religieux de Tut-
bury [Angleterre), publ. par L. Delisle (1860). Voy. aussi la C/irontyue
de Robert de Torigni, éd. par le même, p. 238, et Bouquet, Ilist. de
Fr., t. XIV, p. 318-319. Cf. la récente étude, très documentée, de
Cl. Verley, Quelques aspects de la dévotion à Notre-Dame au moyen
âge, dans les Etudes de la Compagnie de Jésus, t. CXXV (1910),
p. 161-178.
3. Voy. le n» VIII.
4. Voy. les n»» XLVII et CLIII.
INTRODUCTION XLI
tuaires, qu'il s'agisse de cathédrales ou d'églises monas-
tiques, de collégiales ou d'églises paroissiales. Les
exemples que nous en avons recueillis concernent
aussi bien le xi" siècle que le xii", et ils s'appliquent à
des contrées diverses du Nord comme de l'Ouest, du
Midi comme du Sud-Est delà France.
13. — Si maintenant, en nous plaçant ici notam-
ment au point de vue de l'architecture monastique,
qui l'emporte en général, au xi'' siècle, sur l'archi-
•tecture séculière, nous recherchons les causes qui
firent se répandre et se poursuivre d'une façon active
les constructions d'églises hors des villes et des
chefs-lieux conventuels, nous pouvons discerner, à
l'aide des textes, comme facteur essentiel de ce mouve-
ment d'expansion, l'influence des missions de moines
qui rayonnèrent de centres monastiques importants
sur les diverses contrées de notre pays, et qui fon-
dèrent dans des endroits encore incultes ou dépourvus
de voies de communication, des églises et des chapelles,
en s'inspirant des procédés en usage dans les milieux
d'où elles essaimèrent ' . Les moines émigrants conser-
vaient des rapports avec les maisons-mères, et parmi
eux des constructeurs, des artistes propageaient leur
façon d'opérer en architecture, en sculpture et en
d'autres arts. Ce n'est pas tout. Les textes du xi*' siècle,
en particulier, nous font voir des missions de moines
de l'Ordre de Cluny qui partent pour l'étranger, en
Angleterre, par exemple, où on les appelle au moment
de la Conquête normande ; elles édifient hors de notre
pays des églises qui sont parfois d'une certaine impor-
1. Voy. dans notre Répertoire archéologique des matières les
articles Missions, Influence architecturale.
XLII INTRODUCTION
tance, même de véritables monastères, et non pas
seulement de modestes oratoires ou des sanctuaires
ruraux .
Mais, d'autre part, le luxe et la somptuosité des
grandes églises Glunisiennes, l'aisance et la richesse de
beaucoup de monastères de cet Ordre amènent à la
longue une réaction très marquée, dont nous voyons
les preuves dans la fondation de nouveaux Ordres reli-
gieux d'une nature rigide et austère : tels sont pen-
dant le cours du dernier quart du xi*^ siècle, celui des
Chartreux ', dont nous donnons les statuts concernant*
les chapelles et les bâtiments , monastiques, celui de
Grandmont-, dont l'influence fut très limitée, et sur-
tout celui des Cisterciens-^, dont les couvents, à la diffé-
rence de ceux de Cluny, se fondent par colonisation
plutôt que par affdiation. Les prescriptions relatives à
leurs églises et à leurs habitations monacales reflètent
la sévérité de leurs règlements généraux. Nos docu-
ments permettent de suivre les premières étapes d'une
évolution, qui avec le temps s'écartera parfois du pro-
gramme initial de leur fondateur, et cela dès le
xii^ siècle, sans aller plus loin. Les premiers adeptes
de la vie Cistercienne se sont groupés, et nous voyons
d'assez bonne heure les plus modestes installations en
branchages de bois, improvisées pour un petit nombre
de religieux, se transformer en couvents, les petites
chapelles en églises, et, de même, les . matériaux de
bois en matériaux de pierre, afin de pouvoir donner
un abri plus durable à un plus grand nombre de reli-
gieux.
1. Voy. ibid., l'art. Chartreux.
2. Voy. le n" CXXXIV.
3. Voy. au Répertoire archéologique l'art. Cisterciens.
INTRODUCTION XLIII
14. — Si celles des églises du xi^ siècle qui sont con-
struites en bois ne se présentent guère à nous qu'avec
des proportions restreintes, comme en avaient des cha-
pelles ou des oratoires, il n'en est pas de même de
l'architecture militaire pendant la même période. Les
donjons primitifs, construits sur des hauteurs natu-
relles et souvent sur le roc, ou bien sur des monticules
de terres rapportées, autrement dit sur des mottes,
carrés ou rectangulaires, avec étages* tout en planches
ou en charpentes ' , ont déjà un aspect imposant ; ce
sont les types embryonnaires des futurs châteaux féo-
daux. Dès le commencement du xi^ siècle, les chroni-
niqueurs signalent aussi des constructions défensives,
faites en pierre % perchées sur des hauteurs abruptes,
et protégées par les bords escarpés d'un ravin.
Toutefois, les donjons de bois, dont le ix*' et le x*'
siècle avaient connu souvent l'emploi, restent encore
nombreux au xi^. Assez aisément détruits, on les
rebâtit facilement ; on les surélève, on leur donne plus
d'importance ; on en fonde encore dans la seconde par-
tie de ce siècle. A mesure que l'on avance dans cette
période, et que le besoin de plus solides défenses se
fait sentir, on tend à les remplacer par des donjons de
pierre. Les chroniques du xi^ siècle, puis celles du xii",
marquent cette transformation graduelle, d'une progres-
sion de plus en plus marquée, lorsqu'ils opposent ^ les
turres, aubie^ domus hpideéie, ou bien encore ïopus
lapideum, aux tiirres, domus lignene^ ainsi qu'aux
lignea castella, sans parler ici d'importantes rési-*
dences seigneuriales ou épiscopales, appelées quelque-
1. Voy. le n" II, §4; cf. le n° LIV. L'étage supérieur du donjon
élait occupé par le seigneur et sa famille (n'' II, § 4 et n" X, § 2).
2. Voy. le n» II, §i.
3 Voy. len» XXXI, etibid., p. 113. n. 2; vov. aussi les n»^ XIX,
LX, CXXV et CXXVIII. .
XLIV INTRODUCTION
fois domicilia ou palatia, ces dernières étant, bien
entendu, des édifices de pierre. Dans le dernier quart
du xi" siècle, puis dans les premières années du xii^, les
textes des chroniqueurs nous font aussi apercevoir la
progression considérable des châteaux-forts et des
camps retranchés dans la Normandie, le Maine, le
Vexin, rile-de-France, le pays Ghartrain et la région
de la Loire. Ce sont principalement les donjons de
bois qui, dans la'région tout à fait septentrionale de
la France ou dans son voisinage immédiat, sont l'objet
des plus précieuses descriptions des chroniqueurs. 11
convient ici de mettre en relief celle que nous a laissée
Lambert d'Andres ^ au sujet du donjon à motte ou,
pour mieux dire, du palais de bois que s'était fait con-
struire Arnoul, seigneur d'Ardres, et dont Texécution
remarquable fut confiée à un maître architecte-
charpentier de Bourbourg (près de Dunkerque). Si
cette description pittoresque est surtout intéressante
au point de vue des aménagements intérieurs de cette
construction, qui date du premier quart du xii" siècle,
une autre narration contemporaine et fort curieuse
aussi, nous montre le donjon à motte de Merckem 2, en
Flandre, surtout dans ses dispositions extérieures, qui
prêtent à des rapprochements suggestifs avec cer-
taines figurations de la Tapisserie de Bayeux. Pour
les châteaux de pierre et les fortifications urbaines,
les chroniques de Flandre nous offrent des textes qui
sont à rapprocher de ceux qui, en nombre plus consi-
dérable, intéressent surtout la Normandie^ pendant le
i. Voy. le n° LIV. Sur la valeur particulière et le caractère si ori-
ginal de cette chronique, voy. J. Quicherat, dans la liev. archéolo-
gique, XII* année (1856), 2" part., p. 630, et A, Luchaire, dans
ï Histoire de France d'E. Lavisse, t. III, p. 331.
2. Voy. len»CXV.
3. Voy. les n°« XCII et CXXII.
INTRODUCTION XLV
dernier quart du xi^ siècle et le premier tiers du siècle
suivante Quanta la région du Vexin, de l'Ile-de-France
et du pays Ghartrain, nous avons recueilli des rensei-
gnements relatifs aux fortifications de Gournay-sur-
Marne, de la Roche-Guyon, ainsi que du Puiset ~ ;
d'autres concernent, dans l'Orléanais, le Blésois et la
Touraine, outre le donjon de bois de la Motte-Mont-
boyau -^Jes châteaux de pierre de Blois*, de Monlrichard
et de Ghaumont-sur-Loire ^, et, vers le Sud-Ouest,
dans l'Aunis, à l'île d'Aix, celui de Ghâtel-Aillon *',
avec sa haute tour maritime.
15. — Mais ce ne sont pas seulement les châteaux
qui sont alors l'objet de fortifications et de défenses.
Nous avons déjà vu que celles-ci s'appliquent maintes
fois à des églises ; nous avons signalé à cet égard des
textes qui concernent des contrées étendues du Midi
de la France au xi" siècle, comme aussi dans le Nord,
la région de la Flandre dans la seconde moitié du
siècle suivant. On sait aussi, et le témoignage des docu-
ments le montre en bien des cas, que l'on fortifiait
aussi des églises, des monastères, des cloîtres et des
évêchés, qu'on les entourait d'enceintes ou de défenses
crénelées, qu'il en était parfois ainsi des cimetières
pourvus de murailles, qu'il en était de même encore
des halles environnées de fossés, comme le montrent des
1. Quant aux progrès qui s'accomplirent dans les constructions
d'ordre militaire, dans la dernière partie de ce siècle-ci et jusqu'aux
premières années du xiii», on en trouvera des témoignages particuliè-
rement précieux dans des textes qui concernent les chàteaux-forts
des évêques d'Auxerre, prélats parmi lesquels Hugue de Noyers se
distingua tout particulièrement. (Voy. le n» XXV).
2. Voy. le n" CXXIV.
3. Voy. len» XIX.
4. Voy. le n» LXX.
5. Voy. le n» CXXVIII.
6. Voy. le n» CLII.
XLVI INTRODUCTION
textes appartenant à la région tout à fait septentrio-
nale de la France ; qu'en dehors des villes, des fermes
rurales et d'autres habitations, dites maison fortes ^
étaient pourvues de défenses, qu'il en était ainsi des
lieux d'asile et souvent aussi des ponts, des moulins,
des granges, et de bien d'autres constructions ^ encore.
16. — L'architecture publique participe dans de
très notables proportions au mouvement de renouvel-
lement architectural qui caractérise le xi" siècle, et
qui se continue dans le siècle suivant. Nous voyons
les villes se développer, augmenter et perfectionner
leurs moyens de défenses ; de même, nous assistons à
la fondation et à l'organisation de nouveaux centres
urbains ou ruraux. S'agit-il de villes seigneuriales, par-
tagées, par exemple, entre la puissance seigneuriale
laïque et ecclésiastique, comme à Vendôme ^, on y
voit se constituer des bourgs^ des faubourgs parfois
fortifiés; dans d'autres castra^ comme à Amboise"', on
aperçoit des groupes distincts de maisons nobles, sei-
gneuriales, auprès desquels les artisans viennent se ras-
sembler, et préparent ainsi l'essor des ateliers seigneu-
riaux . S'agiL-il de villes épiscopales ? On constate dans le
Nord, à Cambrai", par exemple, l'activité remarquable
d'évêques, dont l'un fait surtout travailler à la cathé-
drale, et l'autre agit de même, et, en outre, prend éner-
giquement la défense des intérêts temporels de la cité,
en transforme l'enceinte, en agrandit les fossés et en
améliore le système de fortifications. A la même
1. Voy. lenoLXXXIII. .
2. Voy. notre Répertoire archéologique des matières, passim.
3. Voy. le noXXXl.
4. Voy. les n»" XCIV, CVI, CXXXV, CXLVIIl.
o. Voy. le n« XXXI.
6. Voy. le n" XVII.
INTRODUCTION XLVII
époque, d'autres villes de Flandre \ situées plus à l'Est,
nous offrent le spectacle de solides murailles, de
défenses crénelées, enceintes redoutables qu'elles
doivent à la puissance de leurs seigneurs, tandis qu'à
l'intérieur on remarque nombre d'habitations bâties en
matériaux de pierre d'une nature moins dure et moins
résistante, mais aussi d'aspect moins sombre, au témoi-
gnage du chroniqueur qui nous en parle. S'agit-il enfin
de villes royales, entourées de fortifications, comme
Orléans, Bourges, Ghâteauneuf de Tours et d'autres
encore, on y sent à plusieurs reprises se manifester
dans le cours du xii® siècle, une évolution d'une
espèce particulière, qu'il est très intéressant de cons-
tater, parce qu'elle s'applique à l'utilisation des espaces
étroits et à leur transformation en surfaces bâties. La
population, les services divers gagnaient en nombre et
en importance, mais les enceintes de certaines villes
n'étaient guère, ou insuffisamment, augmentées :
car, d'une part, l'autorité royale tenait à tirer parti des
défenses naturelles ou des fondations d'anciens murs,
et d'autre part, des questions de juridiction s'oppo-
saient à l'établissement de diverses constructions ou
de voies nouvelles. Dans ces conditions-là, on vit le
pouvoir royal révoquer à plusieurs reprises d'anciennes
interdictions d'un caractère restrictif; il permit- tan-
tôt à des bourgeois, tantôt à des chanoines d'églises
cathédrales, que leurs constructions privées, faites en
bois ou en pierre, vinssent parfois s'adosser aux murs
1. Voy. le n" XLIX, concernant Oudenbourg.
2. Voy. le n° CXXV, relatif à Orléans et à Ghâteauneuf de Tours.
Cf. pour Bourges (H81-1182) le texte très significatif publié par
A. Giry, dans ses Documents sur les relations de la royauté avec les
villes en France..., p. 3. Voy. aussi C. Enlart, Manuel iV archéologie
française, t. II, Architecture civ. et mil., ch. iv, § 2, Législation de
l'archit. mil., p. 418et^uiv.
XLVIII INTRODUCTION
d'enceinte des villes fortifiées, moyennant certaines
clauses, garanties et réserves, et il se prêta même à
des accommodements lorsque des bâtisses particulières
empiétaient jusque sur les fossés ou sur les chemins
réservés des fortifications royales. C'est ainsi que pen-
dant la première, comme pendant la seconde moitié
du xii*^ siècle \ des actes de Louis VI, de Louis Vil et
de Philippe-Auguste permettent de constater des dis-
positions de plus en plus libérales dans les règlements
royaux, relativement à l'extension des espaces à bâtir
à l'intérieur du périmètre de quelques villes forti-
fiées.
17. — A côté des textes qui nous fournissent des
renseignements utiles sur les diverses agglomérations
urbaines dont nous venons de parler, il y en a d'autres,
très sommaires, il est vrai, mais répétés, qui nous font
apercevoir au xi^ siècle ces créations artificielles '^ que
l'on désigne sous le 'nom de villes neuves, de sauves
terres, de sauvetés^ ou de bourgs ruraux, et qui sont
dues à l'initiative des seigneurs, des nobles en géné-
ral, et surtout à celle des églises, comme par exemple,
celles de Saint-Sernin de Toulouse et de Saint-Pierre de
Moissac. Maisons et ateliers s'y construisent vite ; il
1. Voy. le n° CXXXI, p. 346, elibid., n. 1. Les actes royaux que
nous citons se rapportent aux années 1112, 1127, 1141-1142 et 1181-
1182.
2. Voy. les no« XLVI, p. 155, n. 2, LVI, LXVIII, XGV, XCVI et
XCIX.
3. Les limites d'une sauvcté étaient rendues apparentes par des
croix, d'ordinaire au nombre de quatre, aux quatre points car-
dinaux : infra cruces, infra quatuor cruces, lit-on dans des docu-
ments recueillis par J, Flach [Orig . de l'anc. France, t. II, 1893,
p. 184). En 1106, l'évêque de Toulouse pose lui-même les croix limi-
tantune sauve terre(op.ci7.,p. 183). — Les procédés de bornage et de
partage d'un territoire en lots d'habitations puisent leur origine
dans l'arpentage romain et dansles opérations des Gromatici de 1 an-
tiquité, comme le montre la Géométrie dite de Gerbert.
INTRODUCTION XLIX
en est ainsi de l'église qui occupe un terrain marqué
à l'avance par des croix indiquant l'espace à occuper
et l'orientation à suivre, de même que les dimen-
sions générales de ces agglomérations nouvelles sont
arrêtées, d'abord en longueur et en largeur, devant des
témoins compétents. C'est principalement la région
du Midi, le pays de Languedoc, la Gascogne, le
Quercy, et un peu aussi celle du Massif central, qui
nous offrent pendant la durée du xi^ siècle différents
exemples de ces fondations dignes d'être signalées,
et dont nos textes mentionnent en outre l'existence
dans la région de l'Ouest, au Nord delà Loire.
18. — Considérons maintenant quelques-uns des
édifices ou des constructions ayant un caractère public,
dont il est question dans nos différents textes. Si nous
n'y trouvons aucun renseignement sur certains genres
de monuments tels que des hôtels de ville, par exemple,
ou des prisons * communales, il n'en est pas de même
heureusement pour les ponts ~, fondés sur le domaine
monastique ou épiscopal ou sur celui d'une seigneurie
laïque, pour les halles et marchés, parfois entourés
de murailles et de fossés, pour les celliers publics
et les colombiers, objets de protection et de sau-
vegarde dès le XI'' siècle, pour les cimetières, avec les
habitations privées qui s'y trouvaient aussi bien dans
le Nord que dans le Midi, et même pour des ports et
des jetées. Quant aux voies de communication, nos
textes mentionnent la création ou l'ouverture de rues
nouvelles, dans les bourgs, par exemple, ou bien encore
1. Dans les châteaux, l'emplacement assigné aux prisonniers
n'était point toujours situé dans un sous-sol, comme on pourrait le
croii'e. Voy. là-dessus une curieuse mention, datant du premier
quart du xi<= siècle, que nous offre le texte n° X, p. îiO, n, 1.
2. Voy. pour le détail, notre Répertoire archéologique, \° Ponts.
L INTRODUCTION
ils signalent des chaussées, des chemins empierrés
d'origine antique, comme dans la région tout-à-fait
septentrionale de la France. Enfin, il n'est pas sans inté-
rêt non plus de rappeler deux genres de transports ^
effectués les uns par voie fluviale, les autres par voie
maritime, pour le compte d'administrations abbatiales
ou épiscopales, afin de faire arriver de divers points
de la France ou de pays étrangers, des matériaux de
choix destinés à la construction ou à l'ornementation
de monuments religieux.
19. — En ce qui concerne les édifices privés ayant
une certaine importance, mais non destinés au culte,
dont l'étude relève de l'architecture civile ou domes-
tique, une grande partie de ceux-ci dépendent de
l'autorité ecclésiastique, séculière ou monastique,
comme par exemple, les palais épiscopaux, les logis
abbatiaux, les cloîtres et bâtiments des monastères ~
ou des évéchés, sans omettre les maisons-Dieu. Notre
Répertoire archéologique contient un assez grand
nombre de détails à leur sujet. Il en est de même pour
les habitations rurales de cette catégorie d'édifices,
pour les granges et celliers monastiques, par exemple,
ainsi que pour les fermes abbatiales. D'autre part, les
résidences épiscopales des villes et des campagnes,
autrement dit les manoirs épiscopaux, sont maintes
fois signalées et quelquefois décrites, très partiellement,
il est vrai, dans nos textes, qui mentionnent les fortifi-
cations qui en défendent l'approche, ou bien l'orne-
mentation qui en pare les logis intérieurs. Pareille-
ment, quelques détails donnés par les documents que
1 . Voy. notre Répertoire archéologique, \° Transport de matériaux.
2. Voy. surtout le n° XXXVIII ; cf. le n" CX (2» moitié du xi« siècle).
INTRODUCTION H
nous publions visent les dispositions internes, et en
quelque sorte domestiques, des châteaux-forts de bois ',
dont toute décoration, si primitive qu'elle fût, n'était
point toujours exclue, comme, par exemple, dans l'in-
térieur de la chapelle seigneuriale.
Il ne faut pas perdre de vue, surtout si Ton se pince
à l'époque assez reculée que nous éludions, et même
encore après, que les sources historiques dont nous
disposons sont presque exclusivement ecclésiastiques,
et que la société laïque ainsi que le mouvement de la
vie profane n'ont pas de chroniqueurs qui nous en
montrent le tableau et nous en fassent voir de près les
phases et le cadre d'action. Cet état de choses qui est
très regrettable influe forcément sur la représentation
que nous essayons de nous faire de l'architecture privée
proprement dite, et des conditions variées de la cons-
truction dans lesquelles devaient se trouver des habi-
tations particulières. Les vestiges matériels, qui sub-
sistent de celles-ci depuis le xii^ siècle, ne peuvent
compenser cette disette de renseignements documen-
taires. Intéressantes toutefois sont, à vrai dire, les
mentions nombreuses que nos textes renferment sur le
genre de matériaux, bois, pierre ou même terre, —
nous en citons un cas très curieux '^, — qui était
employé pour les maisons urbaines ou rurales. C'est
notamment la région septentrionale de la France et
celle de l'Ouest, au nord de la Loire, que concernent
les mentions d'habitations privées, bâties en matériaux
de bois, que nous avons recueillies dans nos textes.
Ces témoignages divers donnent à penser qu'au
xii*" siècle les maisons de bois étaient encore très nom-
breuses et qu'elles devaient l'être encore davantage
i. Voy. surtout le n" LIV.
2. Voy. le n° III (vers l'an 1000).
LU INTRODUCTION
au siècle précédent. D'autre part, il faut bien recon-
naître l'extrême rareté des moindres indications four-
nies par les textes, au sujet des dimensions ou de la
forme des habitations particulières ^ . Nous avons relevé
quelques curieuses mentions de ce genre, pour le xi*^
et le xii^ siècle : elles intéressent les régions du Maine,
du Bas-Limousin et du Bas-Languedoc. A un autre
point de vue, des textes signalent Texistence dans
diverses villes de maisons nobles, vraies maisons
fortes avec défenses de pierre et munies de tours
ou de tourelles. Enfin, comme type d'une maison
rurale fortifiée, nous citerons la ferme de Malicorne,
entourée de fossés et de palissades et appuyée contre
Je creux d'un rocher, qui était située à proximité du
château de Noyen-sur-Sarthe, dans le Maine. L'acte '~
qui concerne cette habitation privée appartient au der-
nier quart du XI*' siècle.
20. — Si beaucoup de nos documents présentent
im véritable intérêt pour l'histoire de l'architecture, il
en est de même pour l'étude de la condition des archi-
tectes pendant la période que concerne le présent
Becueil. On peut y puiser aussi de précieux renseigne-
ments sur un certain nombre de maîtres d'œuvre et
d'artistes appartenant soit à l'Église, soit à la société
laïque, qui ont élevé ou décoré des monuments somp-
tueux ou des édifices plus modestes . Il en est parmi
eux que nous faisons connaître pour la première fois
et dont les noms méritent d'être sauvés de l'oubli ^.
1. Voy. les n"' XLV, XLVIII, CXLVIII, n. 3 de la page 377.
2. Voy.len»LXXXIII.
3. On trouvera dans les sommaires de nos textes et surtout à la
Table alphabétique lindication d'architectes et d'artistes, laïques ou
ecclésiasticjues, dont les noms manquent notamment dans le Diction-
naire des architectes français de Lance et dansleA^ouyeau dictionnaire
biographique et critique des architectes français de Bauchal.
INTRODUCTION LUI
C'est surtout, comme on sait, dans les monastères,
et particulièrement dans ceux de l'Ordre de Gluny que
se trouvaient les architectes et les artistes qui s'appli-
quaient à la construction ou à la décoration des églises
et des bâtiments accessoires non destinés au culte .
C'est là qu'ils se formaient aux règles de leur art, donl
les formes gardaient, tout en évoluant, un caractère
traditionnel. Les centres monastiques étaient d'inégale
importance; dans certains d'entre eux, les arts étaient
plus cultivés que dans d'autres, les ateliers monas-
tiques plus actifs ou plus peuplés de travailleurs,
comme à l'abbaye de ïiron ^ au pays Chartrain, où
dans le premier quart du xii^ siècle, artisans et artistes,
maçons, charpentiers, forgerons, sculpteurs, orfèvres
viennent se fixer et se grouper sous la tutelle abba-
tiale. Ailleurs, on voit l'habileté de certains serfs ~
dans la pratique des arts les conduire à l'affranchisse-
ment, comme à Saint-Aubin- d'Angers^, où, vers la
fin du xi^ siècle, un artisan de cette condition devient
convers, en récompense des peintures murales qu'il
avait exécutées dans ce monastère. Outre les moines
chargés de veiller à l'entretien, à la réparation des
églises et des bâtiments conventuels, autrement dit
les « moines ouvriers », qui avaient en fait un rôle
bien plus administratif que technique, il y en avait
d'autres, auprès des ateliers des frères convers, que
l'on voit, d'après les textes, travailler comme archi-
1. Voy. len°XCII.
2. Cf. au sujet des avantages accordés à des serfs, dépendant
d'ateliers épiscopaux et devenus très experts dans la technique des
métiers et des différents arts qu'ils exerçaient, à la fin du x" siècle,
G. Fagniez, Documents relatifs à Vhistoire de V industrie..., t. I, p.
107, n° 131. Remarquons qu'il ne s'agit pas encore ici d'affranchisse-
ment en faveur de ces artisans de condition servile.
3. Voy. le n» LXXXVII (entre 1Q82 et 1106).
LIV INTRODUCTION
tectes à des constructions ou à des réfections d'édifices
religieux, s'occuper de travaux de décoration archi-
tecturale, et faire ainsi œuvre de peintres, de sculp-
teurs, de verriers. Cela n'a rien de surprenant, si l'on
réfléchit qu'au moyen âge l'art était le plus souvent
conçu comme un enseignement *, et que la peinture,
la sculpture et les figurations des vitraux formaient
comme une sorte de prédication muette ~. D'autres
religieux connaissaient l'hydraulique, savaient établir
des conduites d'eau, distribuer celle-ci dans les ateliers
des monastères, la retenir ou l'utiliser dans des écluses
ou des viviers ; d'autres même pouvaient élever des
défenses, comme nous en avons un exemple dans le
second tiers du xi® siècle. D'ailleurs, le talent de cer-
tains moines en architecture, en sculpture ou bien en
d'autres arts, était quelquefois si réputé qu'on y fai-
sait appel hors de leurs monastères, soit pour édifier
une cathédrale, comme au Mans, où le moine Jean, de
la Trinité de Vendôme, fait preuve de son savoir
architectural, soit pour sculpter le tombeau d'un saint,
comme à la collégiale de Saint-Front de Périgueux,
où le moine Guinamand, de la (]haise-Dieu, exécute
une œuvre artistique remarquable. Ces faits se rap-
portent, l'un au commencement du dernier quart du
xi^ siècle, et l'autre aux dernières années de cette
période ou bien au premier quart du siècle suivant ^.
i. Voy. E. Mâle, à propos de la peinture murale à l'époque romane,
dans VHistoire de l'art d'A. Michel, 1. 1, 2* part., p. 757.
2. « Ob très causas fit pictura, lit-on dans Honorius dit d'Autun,
qui écrivait dans la première moitié du xii*" siècle, primo quia est
laïcorurn litleralura.. . n {De Gemma animae, dans Migne, Pair, lat.,
t. CLXII, col. 586). Cf. le texte suivant, qui est du premier quart du
XI" siècle : « Simpliciores quippe in ecclesia et illiterati quod per
scripturas non possunt intueri, hoc per quaedam piclurae lineamenla
contemplantur » (Synocli Atrebatensia cap. XIV, an. d025, dans Mansi,
Sacror. concilior. nova collecl., t. XIX, col. 454).
3. Voy. les n»» LXXIV, § 1, et CIII.
INTRODUCTION LV
21. — Mais ce ne sont pas seulement des moines,
ceux de Gluny surtout et plus tard ceux de Cîteaux,
qui dans la société ecclésiastique s'occupent alors d'ar-
chitecture, de décoration monumentale et de con-
structions en général. Bien plus rares sans doute,
mais très utiles à signaler sont les textes qui nous
montrent des chanoines séculiers de cathédrales s'oc-
cupant, sous l'impulsion de leurs évêques, soit d'ad-
ministrer avec un soin particulier, comme à Goutances,
la Fabrique de leurs églises métropolitaines qu'on
rebâtit, soit de faire, comme à Auxerre, des sculptures,
des peintures, des vitraux pour les décorer, soit
enfin d'enseigner à des clercs l'art de peindre, comme
à Avignon. Nous voyons aussi, dans les collégiales,
des chanoines réguliers qui encouragent au sein
de leurs établissements religieux, dans cette dernière
ville, par exemple, l'art de travailler le bois, l'art de
sculpter la pierre ou le marbre, ainsi que la pratique
d'autres arts, au point que le Chapitre métropolitain
d'Avignon a recours, lui aussi, pour les travaux de la
cathédrale, à leur habileté technique. Ailleurs, dans
d'autres collégiales, ce sont parfois des clercs capables
de mener à bien la construction d'une église, comme
à la Chaize-le- Vicomte', ou bien de bâtiments prieu-
raux, comme à Sainte-Barbe-en-Auge, avec leurs
dépendances, leurs ateliers et leurs installations de con-
duites d'eau.
22. — Nous arrivons maintenant aux constructeurs
et artistes laïques, qui forment une catégorie très
importante, et qui sont mentionnés assez souvent dans
les documents de notre Recueil. On les trouve au ser-
vice des monastères, des cathédrales, des collégiales,
des prieurés et des seigneuries. Issus des ateliers sur-
LVI INTRODUCTION
tout monastiques, ou bien encore épiscopaux eL sei-
gneuriaux, auprès desquels ils se sont formés primi-
tivement et avec lesquels l'entreprise de nouvelles
constructions religieuses ou militaires peut les mettre
en relation, les maîtres d'œuvre ^ s'engagent par des
contrats de construction envers les administrations
ecclésiastiques ou laïques. C'est ainsi que nous les
voyons édifier des églises, des bâtiments monastiques,
des maisons- Dieu, des donjons, des châteaux ou des
ponts. Pour ce dernier genre de construction^ nous pos-
sédons un curieux devis ~ du second tiers du xi'^ siècle,
qui intéresse deux abbayes du Languedoc. Mais le
plus important marché de construction que nous con-
naissons pour le xi^ siècle, en France, est celui qui
fut conclu durant le dernier tiers de cette période entre
l'abbé de Lérins et des maîtres tailleurs de pierre
chargésdeconstruirela tour de l'île de Saint-Honorat-^
Nous n'avons pas trouvé, pendant le premier tiers du
siècle suivant, de contrat de construction aussi intéres-
sant que ce marché, avec devis en partie estimatif,
des travaux à exécuter pour le compte de l'abbaye de
Lérins. Si les exemples que nous venons de signaler
proviennent du Midi de la France, nous ne rencontrons
guère dans nos textes pour cette vaste région de noms
d'architectes ou de constructeurs de châteaux. Il con-
vient toutefois de faire ici une double exception pour
le Dauphiné '', où nous sommes en présence d'un fait
1. Observons que les mentions de magistri operis, magisterium,
ne s'appliquent pas d'une façon exclusive, pendant la durée de
l'époque romane, à des maîtres laïques (Voy. p. 26, p. 35, n. 4). Ce
ne sont pas les seuls exemples que nous en connaissions.
2. Voy. le n« XXX.
3. Voy. le n° LXVII.
4. Voy. les n^^ C et CXXIX.
INTRODUCTION LVII
intéressant à noter à la fin du xi^ siècle, à savoir, la
continuation des fonctions de maître maçon d'évêché, à
Grenoble, dans une même famille d'artisans ; nous n'en
connaissons pas d'autre exemple pour ce siècle-là.
Si maintenant nous remontons du Midi vers le
Centre, pour nous diriger de là au-dessous du cours
inférieur delà Loire, puis au Nord de la France, nous
rencontrons dans les documents diverses mentions '
d'architectes et d'ingénieurs laïques du xi^ et du xii^
siècle. Dans la région du Massif central, en Rouergue
et en Limousin, ce sont celles des maîtres d'oeuvre
des églises de Conques et de Grandmont ; dans l'Ouest,
en Bas-Poitou, en Normandie et dans le Maine, celle
de constructeurs de donjons et de chàteaux-forts,
comme Ingelbert et Guillaume de Bellême ; dans le
Nord, dans le Calaisis, celle de l'arcliitecte-charpentier
Louis de Bourbourg, qui construisit le donjon, le
palais de bois d'Ardres, et en Boulonnais, celle d'Ai-
mon, maître d'œuvre de l'église d'Andres et d'autres
constructions religieuses et civiles. Dans la région de
l'Est, en Sénonais, apparaît le nom célèbre de Guil-
laume de Sens, que les textes nous montrent exerçant
sa maîtrise non pas, il est vrai, dans cette ville, où il
dut travailler à la cathédrale, mais en Angleterre, à
Cantorbéry, où sa réputation le fit choisir pour en
rebâtir l'église métropolitaine ~. Et ce n'est pas le seul
de nos architectes et de nos artistes laïques qui va por-
ter à l'étranger la pratique et l'habileté éprouvée de
son art. D'autres, dont les noms nous sont connus,
ont fait de même, corfime déjà en Espagne, à Com-
postelle^ pour ne citer que cet exemple, où l'on
1. Voy. la Table alphabétique des noms de personnes, pass «m.
2. Voy. le n° LXVI, p. 211.
3. Voy. l'Appendice, p. 397 et s.
LVIII INTRODUCTION
remarque leur activité sur le chantier de la cathé-
drale de cette ville, pendant le dernier quart dn
xi^ siècle et la première partie du siècle suivant.
23. — Ainsi, nous voyons qu'en dehors des monas-
tères où la fonction de constructeur ecclésiastique n'a-
vait plus en général à s'exercer autant que par le passé,
l'état d'architecte, de maître d'œuvre s'était constitué
peu à peu, et, * par la force des choses, cet état avait
grandi en importance. L'art était ainsi devenu plus
personnel et il progressait avec plus de rapidité ; les tra-
ditions se transformaient, les écoles d'architecture
venaient à se diversifier ; en outre, à l'étude et à Tex-
périence de plus en plus techniques se joignaient l'é-
mulation et l'intérêt individuel, ainsi qu'un puissant
ressort économique, qui est la concurrence. Le clergé
séculier et régulier, loin de faire obstacle à ce mouve-
ment, l'encourageait en somme, en profitait, y coopé-
rait parfois ' et lui facilitait un grand essor, en mul-
tipliant, comme le faisait aussi la société féodale et
laïque, les occasions de se développer. Dans les der-
nières années du xi^ siècle, nous saisissons déjà sur le
vif un exemple frappant de concurrence dans le tra-
vail industriel et technique appliqué aux constructions
de bois. Lorsqu'un accident très grave survint au cam-
panile de l'église abbatiale d'Oudenbourg 2, en Flandre,
et qu'il fallut user de mesures extraordinaires pour
son rétablissement, on vit se réunir les habitants pour
faire appel aux maîtres charpentiers de la contrée et
fixer à l'avance, comme prime' d'encouragement, des
sommes d'argent considérables pour les indemniser.
Les artisans, stimulés par l'émulation et l'intérêt,
d. Vov. le 11" LXVI, p. 223.
2. Voy. le n° XLIX, p. 1G8.
INTRODUCTION LIX
essayèrent divers procédés pour remettre en place le
campanile de bois de l'abbatiale, et ils réussirent à la
fin dans la tâche ardue qu'ils avaient entreprise. Mais
c'est surtout dans les grandes œuvres de pierre, dans
les constructions d'édifices religieux considérables, que
les Fabriques de cathédrales ou d'églises monastiques
recourent pendant le xii*^ siècle à l'emploi de maîtres
laïques, et, en conséquence, on les voit mettre enjeu
le facteur économique que nous venons d'indiquer. On
sait déjà tout le parti que l'abbé Suger sut tirer de
l'appel qu'il adressa ', pendant le second quart de cette
période, à des artisans, à des artistes qui vinrent de
loin pour travailler, sous sa direction, à la construction
et à la décoration de sa magnifique église abbatiale.
Dans le dernier tiers du même siècle, les textes nous
font assister encore à d'autres appels du même genre.
Avant tout, c'est celui que le Chapitre de Gantorbéry,
forcé de reconstruire sa cathédrale incendiée, fit
entendre ~ à des architectes qui accoururent de l'An-
gleterre et de la France, lui soumirent leurs idées et
lui firent leurs propositions, jusqu'à ce que l'un d'eux,
Guillaume de Sens, fût choisi définitivement et revêtu
de la maîtrise de la grande œuvre qu'il exécuta en
partie. G'est encore l'appel ^ que, vers les dernières
années de ce siècle, l'abbé d'Andres, dans le Boulon-
nais, voulant rebâtir somptueusement le cloître et l'in-
firmerie de son monastère, fît parvenir aux maîtres
constructeurs, maçons et tailleurs de pierre de sa con-
l.K ArtiQces peritiores de diversis partibus convocavimus » {De
Adrninistratione, c. xxxii, éd. Lecoy de la Marche, p. 194),
2. Voy. le n° llXVI, p. 210 : « Convocati sunt igitur artifices Franci
et Angli; sed et ipsi in dando consilio dissenserunt. »
3. Voy. le n° CLIII, p. 393 : « Girciimquaque invitatl sunt artifices
et cimentarii, cesores lapidum et alii operarii. »
LX INTRODUCTION
trée, pour édifier des monuments qui ont disparu depuis
longtemps.
24. — Si c'est surtout la seconde moitié du xii®
siècle, comme on l'a dit^ avec raison, qui marque le
moment où les groupements professionnels d'artisans
commencent à se montrer soucieux de faire fixer leurs
obligations envers l'autorité publique, il y a déjà long-
temps que leur activité féconde est reconnue avec leurs
services, et que leur condition tend à s'adoucir dans
une certaine mesure. Sans doute, dans ce siècle, il y
a encore beaucoup d'artisans, constructeurs, maçons,
tailleurs de pierre, charpentiers, ouvriers en métal et
autres encore, qui sont attachés, avec un certain carac-
tère de domesticité, au service d'une seigneurie, d'un
château, couvent ou évéché. Mais, vers la fin du
premier quart de cette période et dans les quelques
années qui suivent, l'étude des textes nous permet de
discerner, en quelques contrées, des signes notables
d'amélioration dans la condition sociale et économique
de certaines catégories d'artisans, notamment de ceux
qui s'occupent de travaux de construction. C'est dans
la région de l'Ouest de la France que nous les remar-
quons d'abord. Ainsi, en 1120, Foulque V, comte
d'Anjou, concède ~ aux artisans, maçons, charpen-
tiers dépendant de l'abbaye deSaint-Jouin-de-Marnes,
en Bas-Poitou, soit qu'ils soient nés dans la contrée,
soit qu'ils viennent de loin, l'exemption de tous ser-
vices, redevances et corvées envers la seigneurie de
Moncontour. Ainsi encore, un peu plus tard, entre
1127 et 1137, nous voyons Guillaume VIII, duc
1. Voy, G. Fag-niez, Documents relatifs à l'histoire de l'industrie.. .,
t. I, Introduction, p. xl.
2. Voy. le noCXXXVIII.
INTRODUCTION LXI
d'Aquitaine, établir un règlement ^ à l'occasion de
l'édification des églises abbatiales de Fontaine-le-
Gomte, en Poitou, et de Sablonceaux, en Saintonge,
par lequel il accorde sa protection aux maçons, char-
pentiers et autres artisans, dans leurs allées et venues
à leurs chantiers de construction, et fait défense à ses
ministerialefi de les molester en quoi que ce soit, eux
et leurs familles, ou bien de leur faire quitter ces mêmes
chantiers pour les astreindre à d'autres œuvres ou tra-
vaux. Au surplus, les avantages de ce règlement, favo-
rable aux intérêts d'artisans attachés à ces construc-
tions, ne restèrent pas limités à l'époque où ils y
travaillèrent : car ils furent renouvelés et confirmés à
d'autres artisans, pour des travaux de ce même genre,
une cinquantaine d'années après, en 1184, par Richard
Cœur-de-Lion, en sa qualité de comte de Poitou-.
De même, dans les seigneuries ecclésiastiques, les
textes nous permettent de constater en quelques
régions, pendant le cours de la seconde moitié du
xii^ siècle, une réglementation de plus en plus favo-
rable aux gens de métier attachés à l'entretien, aux
réparations ou à la reconstruction de bâtiments épis-
copaux ou monastiques. C'est ainsi que dans l'Ile-de-
France, vers 1179, l'abbé de Saint-Germain-des-Prés,
instituant un charpentier de ce monastère, règle ^
en détail les conditions de son office, ses gages, sa
nourriture, son costume, et lui alloue un bien de
campagne. Quelques années plus tard, vers 1188, on
\. Voy. le n° CXLIX.
2. Voy. le même texte.
3. Voy. M.R. de Lasteyne, Cartulaire général de Paris (1887), n°
567, p. 463. Cet acte peut être rapproché de celui de l'année
1215, par lequel l'évêque de Chartres règle les conditions de fief de
son charpentier-tonnelier et fixe les droits et les devoirs de cet
artisan.
LXII INTRODUCTION
voit en Champagne l'évêque de Ghâlons, Gui de Join-
ville, édicter un règlement^ qui établissait en détail
les obligations ainsi que les privilèges et exemptions
diverses des gens de métier, spécialement des ouvriers
en métaux, employés soit aux réparations et aux cons-
tructions neuves du palais épiscopal, soit aux travaux
des fortifications de ladite ville. Déjà, vers le milieu
de ce siècle, un autre règlement ^ épiscopal que nous
avons déjà mentionné, celui-ci relatif à l'Alsace, avait
fixé quels genres de services et de fournitures devaient
être fournis à l'évêque de Strasbourg par les groupe-
ments d'ouvriers en bois et en fer, par les charpen-
tiers, forgerons et serruriers de cette cité, placés sous
la direction et la juridiction de maîtres [magistri) ; il
est intéressant de comparer les statuts qui les con-
cernent avec ceux que nous venons de signaler à
Ghâlons-sur-Marne. Enfin, à côté de ces exemples
frappants que nous offrent les régions de l'Ouest, de
l'Ile-de-France et de l'Est, nous devons en signaler
un autre qui concerne la contrée du Languedoc, presque
à la même date que celle du règlement de Gui de
Joinville. G'est l'acte de Raimond V, comte de Tou-
louse, réglant, en 1187, les obligations des maîtres de
pierre {magistri lapidum) de la ville de Nîmes et leur
accordant des privilèges spéciaux. Les termes de ce
règlement-^ montrent bien que ces ouvriers, qui conti-
nuent à travailler pour le compte de cette seigneurie,
1. Voy. le n" CLI.
2. Ibid. Ce règlement a été daté à l'aide de la mention chronologique
suivante: après 1129, dans VUrkundenbuch der Stadt Strassburg, de
W. Wiegand, 1. 1, n° 616, pp. 470-476 ; mais l'époque de sa rédaction a
pu être précisée davantage et concentrée, vers le milieu du xn* siècle,
à la suite de nouvelles recherches rappelées par cet auteur à la p.
476, n. 3, de cette même publication.
3. Layettes du Trésor des Chartes, par A. Teulet, t. I, n"» 350, p.
148 ; cf'. G. Fagniez, op. cit., n° 118, p. 92,
INTRODUCTION LXIII
sont traités non d'une façon servile, mais en vassaux
de catégorie inférieure, avec lesquels le seigneur con-
clut une sorte de contrat de fief [feudum).
25. — Ainsi, nous avons pu signaler sur divers points
de la France, dans la condition des travailleurs indus-
triels dont nous nous occupons, des signes notables
d'une transformation qui est fertile en conséquences
sociales et économiques, mais qui ne peut s'accomplir
partout d'une façon uniforme. Tandis que le « métier
libre », de caractère individualiste, existe surtout dans
les ateliers (officinae) des villages et des bourgs, où il
paraît devoir se maintenir, nous voyons que, dans les
villes, se répandent et commencent à s'affranchir les
groupements d'artisans appartenant à la profession qui
a pour objet l'art de bâtir, c'est-à-dire des corporations
industrielles où chacun se soumet à des règles com-
munes, en sacrifiant quelque chose de sa liberté indi-
viduelle, et profite en échange des avantages que
donnent à la collectivité certains privilèges, et notam-
ment le monopole du métier. Les faits que nous venons
de constater à l'aide des textes appartiennent au
xii^ siècle ; ce n'est qu'au siècle suivant que le régime
corporatif des métiers attachés aux constructions
arrivera, comme les autres, à sa maturité, en même
temps que l'art gothique atteindra son plein épanouis-
sement.
En terminant cette Introduction à un Recueil que
nous aurions voulu encore plus complet et moins
imparfait, nous avons à nous acquitter bien volontiers
d'une dette de reconnaissance envers tous ceux qui
LXIV INTRODUCTION
nous ont aidé à accomplir notre longue et difficile
tâche. Nous devons des remerciements tout particu-
lièrement à M. Maurice Prou, membre de Tlnstitut,
professeur à l'École des Chartes, qui a bien voulu
s'astreindre à relire nos épreuves, nous a fait profiter
de son éruditionsi variée, et n'a cessé de suivre la publi-
cation de nos textes avec un zèle aussi éclairé que
dévoué. Nous remercions aussi M. R. de Lasteyrie,
membre de l'Institut, professeur honoraire d'archéo-
logie à l'École des Chartes, pour les précieuses indi-
cations qu'il nous a données et pour tout l'intérêt qu'il
a porté à notre entreprise. M. A. Longnon, membre
de l'Institut, nous a aidé avec beaucoup d'obligeance
de son savoir étendu pour identifier plusieurs noms
de lieux, dont la forme était particulièrement difficile
à établir. Nous gardons envers lui la plus sincère
gratitude. Il en est de même pour nos savants con-
frèresMM. E. Lefèvre-Pontalis, A. Brutails, C. Knlart,
E. Lelong et R. Poupardin, envers qui nous sommes
redevables de très utiles renseignements et de vérifi-
cations très précises. Au surplus, les éléments de notre
Recueil étaient trop dispersés, ils intéressaient trop de
régions différentes pour que son exécution pût se pas-
ser de l'aide d'un grand nombre d'érudits, archi-
vistes ou bibliothécaires, dont la plupart sont nos
confrères ; nous avons dû maintes fois mettre leur
savoir et leur obligeance à contribution, pour les prier
de coUationner, de contrôler ou de vérifier divers
documents, dans bien des cas où nous n'avons pu le
faire nous-même. C'est un devoir pour nous en même
temps qu'une réelle satisfaction que de rendre témoi-
gnage de la constante complaisance qu'ils ont mise à
nous faire profiter de documents confiés à leur garde
ainsi que de leurs connaissances spéciales et locales ;
INTRODUCTION LXV
nous nous sommes fait une règle de rappeler, en les
oitant au cours de notre travail, de quelles recherches
en particulier nous leur sommes redevables. Puisse
notre Recueil, malgré ses imperfections et les lacunes
qui peuvent s'y trouver, servir aux travailleurs pour
l'étude de la science de l'archéologie, science dont l'un
des fondements essentiels est la recherche et la critique
des textes qui s'y rapportent ; puisse-t-il aussi être un
jour de quelque utilité pour une histoire générale et
détaillée de l'architecture française, au moyen âge,
œuvre qui n'a pas encore été entreprise.
Victor MoRTET.
RECUEIL
DE TEXTES RELATIFS A L'HISTOIRE
DE L'ARCHITECTURE
ET A LA CONDITION DES ARCHITECTES
EN FRANCE AU MOYEN AGE
Xl" Xll" SIÈCLES
Vers l'an 1000, 1002-1005 environ.
Renouvellement des églises après l'an mil : construction
de V église du monastère de Beaulieu, près de Loches, aux
frais de Foulque III. comte (VAnjou ; — reconstruc-
tion de la cathédrale d'Orléans, par les soins de Vévêque
Arnoul, et de l'abbatiale de Saint-Bénigne, à Dijon,
sotis la direction de Vabbé Guillaume .
Rodiilfi Glahri Uialoriarum ... 1. II, c. iv, § 5-7 ; c. v, § 9 : l. III, c. iv, § 13,
éd. M. Prou fl8S6). p. 32-33, 35, fil, 62.
(Cf. autres éditions. Rec. des Hist. de Fr., t. X (1760), p. 15-17 et 29. —
Mi^nc, Pulv. lai., t. CXLII, col. 632-634, 651, 710).
L. II,c. iv,s5o. DkmonasterioLucacensfJ. — [Fulco2,Ande-
gavorum cornes] ... sepulchrum Salvatoris Ilierosolinioruni
1. Aujourd'hui Beaulieu-lès-Loches (Indre-et-Loire).
2. Foulque III, comte d'Anjou en 9S7, mort en 1040.
2 TEXTES RELATIFS A l'iUSTOIRK [1 000-1 OOo]
adiit^, indeque, ut erat audacissimus admodum, exultanter
rediens, aliquantulum ad tempus a propria feritate est lenior
redditus. Tum ergo mente concepitutin optimo fundorum
proprii juris loco ecclesiam construeret, ibidemque mona-
chorum coetum coadunaret, qui videlicet die noctuque pro
illius anime redemptione intervenirent ... Cui interceteros a
propria etiam uxore, que valde sano poUebat consilio, sug-
gestum est, ut in honore ac memoria illarumcelestium virtu-
tum quas Cherubim et Seraphim sublimiores sacra testatur
auctoritas votum quod voverat expleret. Qui libentissime
annuens edifîcavit ecclesiam admodum pulcherrimamin pago
scilicet Turonico, miliaro interposito a Lucacense Castro 2,
§ 6. Expleto denique quantotius basilice opère, protinus
misit ad Hugonem, Turonorum archipresulem, in cujus
scilicet constituta eratdiocesi, utillam sacraturus, quemad-
modum decreverat adveniret. Qui venire distulit, dicens se
minime posse illius votum dicando Domino committere ...
Mox denique [Fulco], copiosa argenti et auri assumpta
pecunia, Romam pergens ac Johanni '^ pape causam sue
profectionis exposuit ... Qui protinus misit cum eodem
Fulcone ad predictam basilicam sacrandam unum ex illis,
quos in B. Pétri, apostolorum principis, ecclesia cardinales
vocant, nomine Petrum ... ''
§7. Igitur, die quadam mensismaii, congregata est innu-
merabilis populi multitudo ad dedicationem scilicet predicte
écclesie Repente supervenit a plaga australi vehemen-
tissimus turbo, ipsam impellens ecclesiam ac replens eam
1. Cf. lilslor. comil Andegav. : « Fulco... Lochisjuxla Anj^crem lluvium
Bello [loco] scilicet, ecclesiam in honore .S'ancti Scpulchii, monachos cum
abbalcimponensibi,constru,\it » {Chroniques d'Anjou, éd. Marchef,'ayetSal-
mon, p330). Sur les pèlerinages de Foulque Nerra, voir.Tules Lair, Etudes cri-
tiques sur divers textes des X" et XI' siècles. I. Bulle du pape Sergius VI
(1S89), etc., j). 73 et suiv. Le pèlerinafj^e dont il est question ici aurait eu
lieu en l'an 1005 (voy. ibid., p. HSu
2. ce. Gesta consuluin Andeffavorum, dans \c Rec. des Ilist. de France,
t. X, p. 256; Chronicon Turonense, ib., p. 283; (Jhronic. Andegavense,
ih., p. 272 ; JafTc, 4{eqesla pontificuin, t. I, n" 3962.
3. Il saffit <lu pape Jean XVIII.
4. Cf. Jart'é, op. cit. ,1.1, n"" 3986 et 3989, ])()ur les prescriptions émanées
du pape dans cette circonstance.
[lOOO-lOOo] DE l'architecture en FRANCE 3
turbido aere diu multumque concutiens ; deinde vero, solutis
laquearibus ', universe ejusdem ecclesie trabes simulque
tota teges per pignam templi ejusdem occidentalem in
terram corruentes eversum ierunt.
L II, c. V, ^9. [Avant lOOi.] — Erat igitur tune temporis
predicte civitatis pontifex venerabilis Arnulfus -, qui vide-
licet g-enere et doctrina sapientie pernobilis ac pateinorum
fundorum reditibus locupletissimus. Cernens excidium scili-
cet proprie sedis ... magnum colligens apparatum, cepit
domum majoris ecclesie \ que olim dicata fuerat in Christi
Crucis honore, jugiter a fundamentis reediticare^... Contigît
igitur quadamdie, dum cementariifundaminabasilice locaturi
soliditatem perscrutarentur ipsius telluris, ut repperirent
copiosa auri pondéra, que scilicet ad totius, quamvis magne,
basilice fabricam reformandam certissime crederentur suflî-
1. Il s'at^it dune église lambrissée et non voûtée, couverte à la façon des
anciennes basiliques (voy. Quicherat. De l'architecture romane, dans les
Mélanges d'archéoloçfie. p. 127-I2S . Il résulte de divers témoignages
qu"a|)rcs l'an 1000. des églises étaient encore lambrissées, sinon totalement,
au moins siu- leur grande nef : par exemple, la cathédrale de Cambrai
construite de 1023 à 1030, d'après Baudri, dont le continuateur nous
exj)lique de la manière suivante les réparations survenues à cette église,
après un incendie (vers l'an lOSO) : « Veiierabilem ecclesiamBeatœMariicolim
combustam et dirutam, a capite snperiori usque ad chorum Sancti .Tohannis,
pulchre et honeste reformavit [Gerardus episcopus]. Ipsa enim laquearia,
plastrum brevesque fenestras longiores renovavit » [Gesta Gerardi, II, ix).
2. Arnoul II occupa le siège d'Orléans de 987 à 1003. Voy. la récente
étude de MM. E. Lefèvre-Pontalis et E. Jarry sur la Cathédrale romane
d'Orléans, dans le Bull, monumental, t. LXVIII (190i\ notamment p. 317-
318 (pi. et %.).
3. C'est-à-dire l'église cathédrale Sainte-Croix. Cf. notre Étude histor. et
archéol. sur la cath. et le pal. é})iscopal de Paris du VI' au XII" s. (1888),
p. 6 et 24.
4. L'incendie de 9H9, que quelques historiens d'Orléaiis ont rapporté sans
raison à l'année 999, est ainsi mentionne par Raoul Glaber : « Sequenti vero
anno — il vient d'être question d'un événement relatif à l'année 988 — tota
illius civitatis hnmana habilalio cum dnmihus ecclesiarum, terribiliter
igné cremata est » [Hislor.. 1. II, ch. iv, éd. Prou, p. 3j). Un nouvel
incendie dévasta Orléans peu de temps après. « audito quod Aureliana
civilas sit incendio vastata ...», d'après une lettre de F'ulbert (Migue, Pair,
lat., t. XLI, col. 2141, écrite vers 1010, d'après M. Pfister {De Fulherti
(]arnolensis episcopi vita et operibus. p. 69). L'emploi si fréquent du bois
dans les constructions d'alors, dont les textes que nous publions donnent,
comme on le verra, de nombreux exemples, explique en partie les ravages
étendus de ces incendies. Cf. notre texte sur la cathédrale d'Amiens (voy.
infrales documents relatifs à cette église, sous les années 1101-1115 et
1137).
4 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1000-1005]
cere. Suscipientes ergo qui fortuite invenerant aurum ex
iiltegro episcopo detulerunt. Ipse vero omnipotenti Deo pro
collato sibi muneregratias agens, ac suscipiensillud, custodi-
busoperis ^ tradidittotumque fîdeliter inopus ejusdem eccle-
sie expendi jussit. Fertur namque quod etiam illud aurum
sollertia beati Evurtii ... hujus restaura tionis gratia fuisset
reconditum ... Sicque preterea factum est utdoinusecclesie,
videlicet sedis pontifîcalis, priore elegantior reformaretur.
L. III, c. IV, § 13. De innovatione^ basilicarum^ m toto
ORBE. [1002-1003]. — I<^itur infra supradictum millesi-
mum ^, tertio jam fere imminente anno, contigit in universo
pêne terrarum orbe, precipue tamen in Italia et in Galliis
innovari ^ ecclesiarum basilicas ; licet plereque decenter
locate minime indig-uissent, emulabatur tamen queque
gens christicolarum adversus alteram decentiore frui. Erat
enim instar ac si mundus ipse excutiendo semet, rejecta vetu-
state, passim candidam ecclesiarum vestem indueret. Tune
denique episcopalium sedium ecclesias pêne universas, ac
cetera queque diversorumsanctorum monasteria '^j seu minora
villarum oratoria, in meliora ^ quique permutavere fidèles.
1. C'esl-à-dire les fabriciens. appelés plus tard cuslodes fahr icaedunf^ des
textes du moyen âge. ou bien encore operarii. Ce dernier terme désigne
parfois les maîtres d'(cuvre, comme aussi, d'une manière générale, les
ouvriers en bâtiment, ainsi que les textes nous l'apprennent.
2. Sur ce texte du moine clunisien Raoul Glaber, voy. .1. Quicherat, De
Varchitecture romane, dans ses Mél. d'archéoL, p. 11 i et s. 11 convient de
rapprocher de ce texte celui de l'Hist. de la dédicace de S'-Remi de Reims
(voy. m/Va, n" VIII).
3. Le ms. lat. 6190 porte ecclesiarum (voy. sur ce ms. M. Prou, op. cit.,
Préf., p. xn).
4. Il ne faut pas donner, bien entendu, un caractère de fixité absolue à
l'an mil au point de vue qui iu)us occupe : « La date de l'an 1000 dans
l'histoire de l'architecture n'est pas une limite. Elle a été trop souvent un
cxj)édient invoqué jusqu'ici pour jjarer aux dillicultés non encore résolues »
(Ramé, Bulletin historique du (lomilè, 1882, p. 209).
5. Ce sont surtout les termes renovare^ renovalio que Ton trouve dans
ce sens chez les chroniqueurs du moyen âge ; cf. infra le mot renovari dans
le texte de Raoul Glaber ( Vila sancli Guilielmi..., c. vu). Voy. aussi la rubri-
que du traité de Suger : De renoralione ecclesie lieali Dyonisii.
6. Mnnasterium a ici le sens d'église conventuelle : nous verrons d'autres
exemples de ce terme ayant ce sens, ou celui de cathédrale.
7. Les premières églises romanes eurent généralement une durée éphé-
mère. « Les' chroniques des cathédrales et des monastères abondent en
1000-1 OOol DE l'architecture en FRANCE
Vilasancli GuilieUni. abhalis Siincli Beniçfni Divionensis, c. Vu, p. 61,
aiict. Glabro Hadulplio, dans les Aclu Sanclonun. éd. Palmé. Januar. I.
(Cf. autre éd. Mij,-ue, Patr. lat., t. CXLII, col. 710-711).
[Après l'an 1000.] — Contigit ergo postmodum quatenus
pars ecclesiae beati martyris Benig'ni K.. ruinam corruens
daret, Quam cum refoiniare cuperent artifices cementarii,
graviorem pars eadem dédit ruinam. Quod cernens vir Deo
devotus, intellexit divinitus sibi dari indicium quod
totum a funda mentis renovari ~ conveniret templum. Illi-
coque summo mentis ingenio coepit ipsius ecclesiae refor-
mandae mirificum construere apparatum : quam denique
cum coepisset reaedificare positione mirabili, valde lon-
g'iore ae latiore quam fuerat, i^notus tamen erat universis
locellus, quo pretiosi martyris membra claudebantur Beni-
gn\, quiasolerti cura taliter antiquitus fuerat reconditus ...
Sepulcrum ... continue requirens invenit ... in eodem
recondidit sarcophago, indeque pauUukim ad orientem
amovens in pulcherrimo atque incomparabili locavit tumulo.
Dehinc namque pater venerandus ... reformandae opus
basilicae constanter, quemadmodum decreverat, acce-
lerabat perfîcere. Quoniam, ut diximus, et praesto est cer-
nere, totius Galliae basilicis mirabiliorem atque propria
positione incomparabilem perficere disponebat^...
témoi^na^'cs qui établissent le même fait. Rien de plus fréquent que les
mentions d'éfilises bâties au .xi" siècle, qui s'écroulent les unes aussitôt
après leur construction, les autres avant la fin du siècle ou dans le siècle
suivant. » Quicherat, Mélanges (Varchéol., p. 434. Voy. ibid., les exemples
cités par M. H. de Lasteyrie. à l'appui de cette assertion, d'après les chro-
niques du moyen âge.
1. Voy. infra, n" VI, Historique et description de la reconstruction de
l'éfflise abbatiale Saint-Bénigne, à Dijon, exécutée par les soins de l'abbé
Guillaume.
2. VA', supra le terme innovari, op. cit., 1. III, c. iv, § 13.
3. Sur ce texte, voy. Chomton, Hisl. de Végl. St-Bènigne de Dijon, 1900,
p. 92-93, 95, pour l'élat de la basilique, à l'arrivée de labbé Guillaume,
laquelle comprenait deu\ églises bâties l'une au bout de l'autre (voy.
ibid.,\). 9j et pi. III, restitution de St-Bénigne au.\ ix» et x« siècles).
TEXTES RELATIFS A L HISTOIRE
II
Vers l'an 1000-1095 environ.
Description du château de Sault, près de Saint-Benoît-du-
Sault,enBas-Berry. — Incendie de V église de Châtillon-
sur-Loire, près de Gien. — Ensevelissement dans Véglise
abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire des restes de saint
Benoît rapportés d^ Italie ' ouverture de la crypte;
incendie de V abbatiale ; destruction de V abside et de la
nef à lambris de bois. — Description du château de La
Cour-Marigny , près de Montargis. — Reconstruction
de Véglise abbatiale de Saint-Benoit- sur- Loire par le
moine Gallebert, sous Vabbatiat de Guillaume.
Miracula sancli Benedicti^ 1. III, c. v, auct. Aimoino, mon. Floriacensi, éd.
de Certain (Soc. de l'hist. de France); — 2. Op. cit., 1. V, c. xi, auct.
Andréa, mon. Flor. ; — 3. Op. cit., l. VII, c. xvi-xvii (même auteur) ;
— 4. Op. cit., 1. VIII, c. XVI, XXV, XXVI, xxvii, xxx, auct. Radulfo Tortario.
L. III, C. V. [Vers l'an 1000.] — Non^sit audientibus one-
rosum jam dicti Salensis castri'^ memorare situm. Mons est
non multae altitudinis, in cujus declivio castrum constitutum
1. Sur les auteurs de ce recueil de Miracles, voy. L. Delisle, Vie de Gaiiz-
lin, abbé de Fleuri et archevêque de Bourges, p. 270 et suiv. Les liv. II
et III ont été composés, en 1005, par Ainioin. La Vie de Gauzliti par André,
moine de Fleuri, qui fait l'objet du livre IV, a été commencée vers 1043, le
liv. V fut rédi{,'é par Raoul Tortaire vers la lin du xi' siècle. — Cf. A. Vidier,
L'historiographie à Saint-Benoit-sur-Loire, 2" part., les Miracles de saint
Benoît {Positions des thèses de l École des Chartes, 1898, p. 137). — Voy.
aussi infra la bibliof^raphieque nous avonsjointe à nos extraits concernant
les travaux de construction et de décoration de l'abbaye de Saint-Benott-
sur-Loire (1005-1030).
2. Ed. cit., p. 139.
3. Le château de Sault était situé près de Saint-Benoît-du-Sault, qui
était une dépendance de l'abbaye de Fleury-sur-Loire (auj. ch.-l. de c,
arr. Le Blanc, Indre). — Cf. Recherches archéolog. publ. par E. de Beau-
fort, dans^e'm. soc. antiff.de l'Ouest. 1860-61, p."ll7 et s.
[1000-1095] DE l'architecture en frange 7
est, quod quidem, ab oriental! australive parte, difïicilem ad
se venientibus praestat accessum*. Ab aquilonali sane latere,
devexus montis macliinanientorum omnium inîiibet evec-
tionem ; at occidentem versus, ubi hostium facilis formida-
batur progressus, domus erat lapidibus firmissime cons-
tructa, ad austrum in longum porrecta, ad repellendos inimi-
cos satis idonea. Hujusmodi enim munitio adversariis
facta est perditionis occasio. dum ob nimiam securitatem
prius hostem adesse senserunt quam praevidissent.
Primus ferratas aquilonali parte intulit acies Gaufredus,
propter vires, non propter pig^ritiam, Asinus cognomine ;
ignemque... admoveri praecepit. Post eum reliqui auxi-
liares ... adversarios ... e propugnaculis quae tueri para-
bant, jaculis ac lapidibus repellere coeperunt ... Seditiosis
ecclesiam petentibus, nostri a terg^o sequuntur attentius :
caesisque in introitu portae aliquantis, eos qui basilicam
petebant insectabantur : in qua non tutam sibi latebram
fore auspicatus Ademarus -, turrim ligneam, de qua signa -^
dependebant', cum sex factionis suae sociis formidolosus
conscendit. Ibi quoque se latere posse diffidens, tecta more
architecti-' perambulabat, donec ab Hugone ... captus est.
2
L. V, c. XI. [Vers 1030.] — Locus'' illecelebris' effectus...
1. Sur le soin avec lequel les constructeurs du moyen àgc choisissaient
l'emplacement des châteaux-, voy. Viollet-le-Duc, Dict. de l'arch. fr.. t. III,
p. 58 et s., art. Château.
2. Adémar I, fils de Gui. vicomte de Limoges.
3. Le mot siçfnuin a eu dans la latinité classique, entre autres sens, celui
de signal: c'est de là qu'est venu le sens de cloche que ce terme a en, comme
on sait, dans la latinité du moyen âge.
5. Sur les clochers ou campaniles de bois, de moindre dimension que
ceux de pierre, édifiés à côté des églises, voy. Viollet-le-Duc, op. cit. ^ t. III,
p. 286, art. Clocher.
5. Le mot archilectus est d'un emploi rare dans les chroniques du moyen
âge. Il semble avoir été pris ici dans l'acception de charpentier, travaillant
à un comble, à une toiture, et il serait ainsi à rapprocher de la forme
dérivée architector que l'on rencontre parfois avec cette signification dans
la latinité des chroniques du moyen âge
«. Loc. cit., p. 209. — Ce livre ^' est le premier des livres rédigés par
André, moine de Fleury, qui commençait à écrire en 1043 et travaillait encore
à sa chronique après 1056.
7. Châtillon-sur-Loire, ch. 1. de c, arr. Gien (Loiret). — Voy. Th.
8 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1000-1095]
acciditut, tempore gloriosissimi abbatis Gauzlini efîectus et
Bidorcensium archietralis ', casualibus flammis correptus in
cinerem ejus lignea septa resolverentur ; solummodo ex tan-
tae conflagrationis damno opertura capicialis ^ fornicis a foris
intacta, caeterisque compaginata combustae ecclesiae appen-
diciis, merito tantorum amicorum Christi, cum sua vitrea
inviolata reniansit. Nihilominus memorata sanctae Dei geni-
tricis Mariae crypta eadem eripitur divinae salvationis poten-
tia ;testatique sunt qui adfuerant g-eminas columbas super
utramque adstitisse absidam -^j quae vim totius camini opposi-
tione sui procul abegerint. Verum '* trabibus conlapsis,
laquearibus ambustis, cum aediculam reg-inae virg-inum a
regione aestuantis incendii ostiolo patenti tota rabies impete-
ret camini, eoque inveheretur spirantibus auris quo iconia
ma tris Dominicum imag-ine nostri Redemptoris, lig-neo opère
sculpta, veneratur, ab illis divinitus auctus... arderevideba-
tur nillaedens. Et cum sui irruptione carbonum hac illacque
Gochard (abbé\ Châtillon-sur-Loire, son histoire avant nS9 dans Ménv
soc. arch. et hist. Orl, t. XIV (1875), p. 115 et s., p. 127 et s.
1. L'abbé Gozlin fut archevêque de Bourges. Il mourut au mois de mars
1029. — Dans ses Mélanges (l'urch. et (Iliist.lip. 124), Quitheral cite le chœur
(non le sanctuaire) de Saint-Benoît-sur-Loire parmi les exemples de parties
d'églises encore subsistantes, auxquelles leur jjhysionomie (murs épais gar-
nis de contreforts, supports massifs) permet d'appliquer des textes qui les
font contemporaines du roi Bobert. «C'est une variété de berceau dont les
supports surmontés de deux étages d'architecture, consistent en colonnes
déprimées, reliées par des arcs étroits d'un cintre surhaussé » (ibid., p. 104;
cf. sur la nef, ihid., p. 111). Voy. toutefois la note suivante.
2. Capicialis, ms. Vat. Regina 592. Nous remercions ici très sincèrement
notre confrère M. Poupardin, ancien membre de l'Ecole française de Borne.
qui a bien voulu vérifier pour nous aux Arciiives du Vatican, ce passage
ainsi que plusieurs qui suivent, dont nous donnons une transcription
exacte. — « Chœur et narthex reconstruits après 1026, conséci-. 1029», dit
M. Enlart, Man. d'archéol. fr., t. I, p. 425. Comme on le verra plus loin
(1. VIII, c. xxv), l'on entreprit la reconstruction de l'église vers 1070-1080
'et divers archéologues assignent au dernier tiers du xi° siècle l'époque
où le chœur, le transept et le narthex actuels furent bâtis. Dans son étude
intitulée Une visite à Vahhaye de Fleiiry, Saint-Iienoit-sur-Lnire {lievue
de Vart chrétien, A" sér., 1902), où le texte des Miracula est utilisé, M. A.
Marignan, aj)puyant son opinion surtout sur les sculptures, les chapiteaux
imagés de cette église, rejette aux années 1150-1170 les dates où l'on éleva
les parties susdites de l'édifice actuel (p. 300-302, avec fig.). Il se peut très
bien que cette reconstruction ait eu lieu au xii" siècle, dès la première
moitié même de ce siècle, sans qu'on puisse la renfermei" alors entre des
dates très précises.
3. (]e ms. porte al>sideni, mais l'e a été corrigé en a.
4. Notre confrère, M. Poupardin, a bien voulu vérifier pour nous, ce
passage sur le ms. du Vat. liegina 592, f. 52. Il est conforme à l'édition.
[1000-109S] DE l'architecture en FRANCE 9
immitteret cong-eriem, altarisque compleret tabulam, sacro-
sanctam quoque reliquiarum reduceret archam, cumque
etiam more ferventis ebuUiret fornacis, nec aulaea quidem
eorum ob honorem in gyro dépendons, ignis sensit nido-
rem, quae adhuc superest ob tantae rei venerationem.
L. VII, c. XVI. [Vers 1056.] — Gorpore ' scilicet reveren-
dissimi patroni nostri Benedicti ~ a partibus Italiae in hoc
sacro Floriacensi delato coenobio ... in abdito terrae loco, uti
condecens erat reverentissime atque dignissime loculo condi-
tus est plumbeo ... Mox aggere multo lapidum coacervato, in
amplam molem exuberaverat locus isdem iisque ad tem-
pora fortunati viri abbatis Odoni[s], qui ... aperuit ad
pedes ipsius, orandi gratia, cryptam ^, remota lapidum con-
gerie, quae sacrum tegebat tumulum, constructo altare in
honore Deo dilecti et incliti pontilicis Martini. Siquidem
sub ipsa ara veraces ferunt tumulatum eumdem pretio-
sum patrem nostrum ... Processu vero temporis ... Vul-
faldus abbas egregii patris Benedicti sanctissimum corpus
de interioribus cryptae, octavo idus augusti, ad superiora
solemnissime transtulit in eum quo nunc veneratur
locum ...
L. VII, c. XVII. Tempore Gauzlini, hujus loci abbatis,...
1. Kd. cit., p. 273.
2. Le c. XV, qui précède celui (jue nous rapportons ici,^st relatif à l'ap-
parition de saint Benoît, qui déclare à l'abbé du Mont-Cassiu que ses restes
mortels sont ensevelis à Fleury-sur-Loire.
3. Le susdit ms. porte scriptam au lieu de criplum. « Dans les églises de
fondation ancienne, c'est toujours sous l'abside que se trouvent placées les
cryptes.... Les églises de Saint-Denis en France et de Saint-Benoît-sur-
Loire présentent des exemples complets de cryptes réservées sous les
absides, et construites de manière à relever le pavé des ronds-points de 15
à 20 marches au-dessus du niveau du transept» (Viollet-le-Duc, op.cit.,
t. I,p. 9, v" Abside ;cLihid., v Crypte, t. VI, p. 640). — Sur le jîorche et le
clocher de Saint-Benoît-sur-Loire, voy. Viollet-le-Duc, t. VII, p. 287, et
t. III. p. S27, p. 335. Voy. aussi la Revue de l'.irl chrétien. 1900. p. 62 et s.
10 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1000-1095J
hoc Deo dilectum habitaculum, cum omnibus intra et extra
positis aedifîciis, sub unius noctis spatio cuncta conflagrata
sunt incendio K.. Nondum eo tempore absida Sanctae Mariae
arcuato exaedificata erat opère, sed cuncta tabulatisteg-eban-
tur lig'neis ; velox ego flamma cito pertransiens in omnia tem-
pli aedificia, etiam superiorem cryptae partem occupavit,
^uperque laquearia templi ardentia mag-na mole decidentia
inter sudes qui ob arcendam quarumcumque . . . [Caetera
desunt) 2.
L. VIII, c. XVI. Erat •'^ autem ipsa domus lig-nea turris ^ :
quippe vir potens erat, ex nobilioribus indigenis ejusdem cas-
tri cujus fuerat et Albericus [unus ex primoribus castri Cas-
tellionis] •'. Turris ergo illa in superioribus suis solarium
habebat, ubi idem Seg-uinus cum sua manebatfamilia, collo-
quebatur, convivabatur et noctibus quiescebat. Porro in ejus
inferioribus habebatur cellarium, divers! generis retinens
apothecas, adrecipienda et conservanda humani victusneces-
saria idoneas. Solarii '' vero pavimentum, ut moris est,
compactum erat dolatilibus trabeculis, quae parum quidem
habebant spissitudinis, sed aliquantum latitudinis, pluri-
1. Ce qui est relatif à cet incendie peut être complété par la longue nar-
ration qu'en a faite l'auteur dans la Vita Ganzlini ahh., l\y. II, c. 1. Nous
en donnons plus loin des extraits intéressant l'histoire de larchitecture en
France.
2. Ed. cit., p. 275-276.
3. Ed. cit., p. 299
4. « Ce passage nous fait connaître quel était linlcrieur de ces tours
habitées par les petits seigneurs du xi' siècle » {Note de Véditeur,
p. 299).
5. Aubry, de Ghâtillon-sur-Loing (aujourd'hui ch. 1. de c, arr. Montar-
gis, Loiret).
6. Cf. le texte suivant que nous extrayons d'Orderic Vital (vers 1018) : « In
Aquilensi Castro ad hospitium Rodberti, quod in domo Rogerii Calcegii
susceperat, venerunt, ibique sujier .'iolnriiiin (sicut militibus moris est)
tesseris ludere coeperunt... » fOrd. Vital. Hist. eccL, 1. V, éd. Le Prévost,
t. II, p. 295-296). — Cf. aussi 1 acte que nous publions plus loin, relatif à
l'église abbatiale Saint-Pierre dOudenbourg, et celui de 1104, tiré de l'His-
toire de Tulle, par Hahizc.
[1000-1095] DE l'architecture en frange 11
mum autem long-itudinis ... Inter duas arcas, quae in cel-
lario (quod subesse solario diximus).,.
L. VIII, c. XXV. Basilica ' semper virginis Mariae Dei
genitricis, in qua beatus pater Benedictus corpore quiescit,
partim vetustate, partim incendie demolita, visum est
abbati Guillelmo % adnitente Odilone, viro probo, ejusdem
basilieae aedituo, vêtus demoliri et novum opus pro vetere
instaurare ...
L.VIII, c.xxvi. [Vers 1080.] — Unus^ ex fra tribus, cogno-
mento Gallebertus^ qui cementariis fuerat praefectus prae-
taxato operi insistentibus, pecuniis minus aliquando abun-
dans, ibat circumiens loca plurima, et ducens secum semini-
verbios, quorum admonitione excitata virorum et mulierum
corda, saeculi negotiis irretita, aliquo sufï'ragio, etsi modico,
penuriam ipsius sublevarent. Dum ergo circumquaque dis-
curreret, Vitriacum ' advenit ; qui locus regalis palatii
honorificentia nostris temporibus décora batur...
L. VIII, c. xxvii. [1093.] — Anno ^> ab Incarnatione
Domini millesimo nonagesimo quinto, flamma voracis ignis
maximam Floriacensis burgi consumpsit partem . . . Nocte
siquidem quae sacratissimum diem Dominicum Paschae
subsecuta est, vehemens ignis unam corripuit domorum,
quae a parte septentrionali exceptae erant a clausula ejus-
dem burgi . . . Vulgus . . . expergefactum terrificam illam
vocem cum horribili ulula tu concrepabat: «Ad focum! vide-
licet, ad focum! » Quo strepitu exciti fratres, linquunt stra-
1. Ed. cit., p. 317.
2. Hugues de Fleury affirme que l'abbé Guillaume n'a pu terminer cette
construction : « ipsam quam refi^ebat ecclesiam multis incendiis devasta-
tam et senio prevaf^alam novo jecto edificare cepit fundamento, sed morte
prereplus consummare non potuit » Lib.mod. reg.. dans Migne, Patr.
la.1., t. CLXIII, col. 903). Or Guillaume a été abbé de Fleury de 1070 à 1080.
Cf. Prou et Vidier, Recueil de chartes de Saint-Benoit-sur-Loire, 1. 1, n" 79,
90, 91.
3. Ed. cit., p. 319.
4. Voy. Marignan, op. cit., p. 300.
5. Vitry-aux-Loges, cant. de Chàteauneuf (Loiret).
6. Ed. cit., p. 321-322.
12 TEXTES RELATIFS A l/lllSTOIRE [1000-1095]
tus, basilicam irrumpentes. Erat autem eadem basilica ob
paschalem celebritatem honestissinie holosericis venustata
ornatibus, ad quos deponendos et in gazophylacio repo-
nendos, quoniam ea domus fornice lapideo protegebatur,
juniores de ffrjatribus certatim accing'imtur . , .
L. \ III, c. XXX. Nuper^ properantibus caementariis forni-
cem mirae altitudinis in dextra ipsius ecclesiae parte erigere,
locatae sunt trabes- in sublimi parietum stabilimento a fabris
lignariis ad sustollenda ligna quae in modum hemisphaerii
fabricantur, quibus moles lapidum et caementi inniti
habebat. Ergo, dum quodam mane, trabibus tenui imbre
madefactis, operarii desuper incederent, praeparantes quae
praecipiebantur, unuseorum, Otg-erius nomine, minus caute
superambulans, pede lapso de illa celsitudine per compa-
ginatos sibi fustes, per multiplicem lig-norum struem, inter
acervos lapidum pronus ad terram corruit. Erat enim pêne
totum illud telluris spatium tam lig-norum quam saxorum
congerie adopertum ... jacebat humi tanquam exanimis ...
Accurrimus statim multitudo tam laicorum quam mona-
chorum qui, etsi casum non videramus, clamorem tamen
et luctum artificum audieramus ... Levantes igitur juvenem
debilitatum, deposuerunt eum ante altare Dei genitricis,
quod prope erat ... nec frustra ... Ilinc delà tus ad propriam
domum, non post multos dies integrae redditus est sospi-
tati^ ...
1. Ed. cit., p. 327. — Les détails techniques qui suivent, si courts qu'ils
soient, sont tout particulièrement intéressants. Ils montrent, en les interpré-
tant littéralement, rindépcndancc de lacharpenle en bois, de forme hémis-
phérique, et de la calotte de pierres de même forme qui la coilTe par-
dessus, et dont la douclle représente le creux dune moitié de sphère, sans
qu'elle soit, comme d'ordinaire au moyen âj^e, d'un galbe plus -..élancé :
car la courbe de révolution des coupoles d'alors a une flèche plus dévelop-
pée que celle du demi-cercle de même corde ( Voy. A. Brutails, L'archéo-
loffie du moyen ih/e, p. 1 i9).
2. Ce sont les poutres horizontales ou entraits que les charpentiers
{fahri lif/narii) avaient disposés sur le haut des murs et sur lesquels devait
i-eposer la charpente déforme cf)urbe [in modiiin hemisphaerii}., composée
de membrures entrelacées (per compaginalns sihi fuslex), et dont les
planches devaient linir vraisemblablement par remplir les intervalles,
pour recevoir, en dernier lieu, la maçonnerie hémisphérique.
3. Los chroniques du xi" siècle attestent le zèle que déploient à l'étran-
[1000-1103] DE l'architecture. EN FRANCE 13
III
Vers l'an 1000, 1070 environ et 1103.
Donation faite par Renaud, vicomte d^iuhusson, à l'ab-
baye bénédictine de Saint-Martin de Tulle, au diocèse
de Limoges, en Bas-Limousin , de ses divers biens, notam-
ment d'un domaine qui contenait une chapelle et était
limité par des croix de sauvegarde, ledit seigneur se
réservant de se faire bâtir, près de l'église, une habita-
tion faite de terre et mesurant douze brassées. — Men-
tion d'un moine constructeur appartenant à l abbaye de
Saint-Martin. — Réédificat'ion dudit monastère, avec
participation des seigneurs voisins à cette reconstruction,
entre autres du vicomte Bernard, qui fait don à l'abbaye
de l'un de ses bois pour la nouvelle œuvre.
Cartiilaire de Vahhaife de Saint Martin de Tulle, publ. par J. H. Chanipc-
val (Brive, 1903 , p. 202-204, 105 et 137-138. (Extrait du Bulletin de la
soc. scient., hist. et archéol. de la Corrèze, t. XIV, p. 3i4-346, t. XI,
p. 142, t. XII, p. 4461.
(Cf. autres éditions, lialuze, Ilistor. Tutelensis llll),.\ppendix act. vet.,
col. 399-491, 414-415, 447-448. — Gall. christ. ,1. II {1120}, Instr., col. 209.)
ger les abbés de grands monastères pour la reconstruction et la décora-
tion des églises. Citons surtout pour l'Italie la chronique du Mont-Cassin
(Chronicon nionast. Casinensis, éd. Wattenbach, dans les Monumenta Ger-
man. hist.. Script., t. VIII, p. 551-844). Cf. Schlosser, Die Kunst in MonteCas-
sino, dans le Quellenhuch zur Kiinstgeschichte des ahendlandischen Mitte-
lalalters, VVien, IS96 favec bibliographie), p. 192 et s.), qui nous donne la
description des travaux artistiques entrepris sous la direction des abbés de
ce monastère, notamment de 1 abbé Didier 1058-1087). On y trouve des
détails très précis, par exemple, pour les mesures employées dans
l'architecture et la décoration de l'église et du cloître du Monl-Cassin,
détails que Tonne trouve guère dans les chroniques de France au xi" siècle,
exception faite pour celle de S'-Hénigne de Dijon. La même chronique
contient aussi des renseignements utiles à connaître au point de vue de
l'archéologie comparés, pour l'histoire ecclésiastique de ce monastère dans
le premier quart du siècle (cf. E. Hertaux, L'Art dans l'Italie méridionale
de la fin de l'Empire romain h la conquête de Charles d'Anjou, 1903). —
Pour l'Allemagne, la Suisse, la Flandre, cf. Schlosser, op. cit.; citons
notamment, pour l'Allemagne du Sud, la Chronique du monastère de Peters-
hausen à Constance (xr-xii' s ),di\ns 'Slonc, Quellensammlunff der badis-
chen Landes(jeschichte,i. I, p. 112ets.;Schlosser,op.ct7.,p.232 ets., Kunst-
lehenim KÏosler Petershausen hei Constanz.
14 TKXTES RELATIFS A L HISTOIRE [1000-1103
[Vers 1000.] — Omnibus in ChrisLo pie viventibus
dignum est ut, ab amorem Dei et sanctae reli<j^ionis, loca
sanctorum divinis cultibus mancipata de rébus sibi debitis
ita dotent ut futuristemporibus inconvulsa, Deo auxiliante,
nianere valeant, maxime his temporibus condecet, cum jam,
senescente mundo, dies Domini instet, et quibus malis
ipseurgeatut nos a suoamore compescat... Idcirco ego Ray-
naldus, vicecomes Albuciensis, amore coelestis vitae, cedo
Deo et Sancto Martino, in monasterio quod vocaturTutela,
in villa mea quae est in parrechia de Ternat *, quae voca-
tur Ruissac, mansum meum de Ribeira '"', ubi aedificium
ecclesiae est, totum etab integro cedo Deo et Sancto Martino,
tali scilicet ratione, ut nec ego, nec uUus ex heredibus
meis, aut uUa immissa persona, intra cruces quae ob defen-
sionem loci positae sunt, aliquid inquietare praesumat
aut inquirere -^ ... Mansionem vero quam ad ecclesiam jam
dictam habuero erit terrestris ^ et de •' duodecim brachia ;
quam tali conventu tenebo, ut de ipsa non moveam, nec
revertar ad ullummale faciendumalicui homini vel feminae.
Et dum ego non fecero, monachi et praepositus ejusdem
loci eam teneant, et faciant in ea quicquid eis necesse
fuerit, eamque de manu abbatis et praepositi ejusdem loci
habebo ...
1. Tarnac, comni. du cant. de Buf?eat,arr. Ussel. — Nous adressons tous
nos remerciements à M. A. Petit, archiviste de la Gorrèze, qui a bien
voulu l'cviser les textes que nous publions et identifier quelques noms de
lieu et de personne qui y sont mentionnés.
2. Ribeira serait, d'après Champeval, le village de la Chapelle (voy.
Bull, cil., t. XIV, p. 34 1, comm. de Tarnac).
3. conqiiirere, Baluze.
4. Synonyme de ferrena, c'est-à-dire faite déterre.
5. Manque de dans Hal. Ce passasse indique le mode de mesure en usage
dans cette région du Centre vers 1 an mil. Une indication relative au\
dimensions d'une demeure privée à construire à cette époque est rarissime,
à notre c/jnnaissance. — Poiu' une date ultérieure (1055), cf. inf'ra le texte
relatif à Licairac, près de Carcassonne : « ad faciendam mansionem de sex
brachiatis longitudinis et latitudinis ex omnibus partibus ».
|1 000-1 103J DE LARCIIITI'XTLRE EN FRANCE 15
[Vers 1070.] — Inparochia 1 ecclesiaeSanctiBoniti^... Hoc
autem ipse Gauzcelmus de Petrabuferia -^ postea dévote
adimplevit ad ostium cimeterii Sancti Martini quod est ante
portam ecclesiae S. martyris Juliani', corani domno abbate
Fruino •' et Geraldo de Latofavo, monacho, qui ipsam
construxit ecclesiam, et coram Archambaldo vicecomite"...
... Anno ' dominicae Incarnationis M G III indictione
XI, III idus Junii, papa Paschasio in romana sede praesi-
sidente, Philippe rege régnante, domno Willelmo abbate
istius Tutelensis monasterii pastoralem curam ag^ente, idem
monasterium jam pêne vetustate consumptum, coeptum
est reaedificari novum. Ad cujus construetionem quique
comprovinciales coeperunt adjutorium ^ impendere, prout
cui({ue facultas et bona voluntas attribuit. Inter quos
Bernardus vicecomes ^, dédit Deo et Sancto Martine ad aedifi-
cationem ^^ ipsius monasterii quandam partem nemoris quod
habebat super pontem de Gornilio " co^nominatum, sicut
termini ipsius divisionis désignant. Factum est autem hoc
donum in suprascripto anno, V. Kal '^. Januarii, in ipso
1. Carlul., cil., p. 105.
2. Saint-Bonnet-rEnfanlier, conim. du cant. de Vigeois, arr. Brivc.
3. Pierre-BulTière, ch.-l. de cant., arr. Limof^es (Haute-Vienne).
S. Ej^lise de Saint-Julien, paroisse de Tulle.
5. Frudino. Baluze.
6. Archambaud, d'après Champeval, aurait été vicomte de Coniborn.
(comm. d'Estivaux, cant. de Vif^eois).
7. Ciirlul. cil., p. 137-138.
8. adjiitoria, Baluze.
9. Bernard, vicomte de Comborn, daprés Champeval. Baluze, en
publiant ce qui suit, a joint ce texte au précédent ; Champeval a séparé les
deux textes.
10. edificalionem, Baluze.
11. Cornelio, Baluze — Cornil, comm. du cant. et arr. de Tulle. Il existe
encore un pont en ruines à environ »00 mètres en aval du pont actuel,
dans la comm. de Cc^rnil.
12. c,%l.. Gall. christ.
16 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1000-1200]
nemore, in manu Stephani secretarii, testibus Rigaldo de
Bolciaco monacho '... Ibidem fecit ipse vicecomes omnibus
rusticis ad quorum mansos pertinebat idem nemus, dare
quidquid- in eo requirere poterant dimissis annuatim qua-
tuor solidis, et dimidium modium inter annonam et civa-
dam . . ,
IV
Vers l'an 1000 — fin du xii" siècle.
Travaux de construction et de décoration accomplis dans
V église et les bâtiments de Vahbaije de Saint-Florent^
près de Saumur ; autres travaux d'architecture et d^ hy-
draulique exécutés dans les bâtiments ou domaines de
cette abbaye ,' mention d^églises et de chapelles con-
struites ou rebâties soit e/i pierre, soit en bois. — Fondation
du monastère de Saint-Nicolas, à Angers, par le comte
Foulque III. — Choix de remplacement du monastère de
Saint-Florent-le-Vieil et du château de Mont donne;
ancien cimetière fortifié ; mention de moines constructeurs.
Ilistoria sancli Florenlii Salinarensis , clans les Chroniques des éçflises
d'Anjoii^, publ. par Marchegay et Mabille (Soc. hist. de France^ 186»,
p. 257, 263, 275-279, 281-282, 285, 289, 296, 306-307, 310-312.
1. inoiuict), Gall. chrisl.
2. (fiiicqiiid^ Baluze.
3. Sur la valeur de ces chroniques, voy. notamment G. Monod, Rev.
hist., t. XXVIII, p. 263-267. Il y a lieu de se référer aux pp. 211-213 de la
susdite édition de ces sources importantes pour l'intcllifïence des 0.\traits
suivants : car on y trouvera le récit des importants travaux de construc-
tion et dornementation qui eurent lieu sous l'abbatiat d'Amalbert, dans la
deuxième moitié du x° siècle (956-985). Nous en extrayons notamment ce
qui suit, pour la description de l'ancienne éf,'lise: « Tria tantummodo alta-
ria, hoc est matutinale et membrorum, parva solum maceria arcuata toge-
bat ; reliquum aedilicium lignnrum caméra depicta operiebatur. In porti-
cu basilicae, quatuor unius altitudinis erant maceriac, super quas, in alla
fahrica lig nom m si(f lia majora congruentis magnitudinis dependebant ;
mediae vero maceriae et navis ecclesiae columnis arcualis consistebant.
Campanae horis diurnis in choro trahebantur... » Sur l'usage de revêtir de
peintures, au xi' siècle, l'intérieur d'importantes églises monastiques, voy.
ri 000- 1200 DE l'architecture EN FRANCE T7
Sub ' tempore patris hujus, Roberti [deBlesis -, abbatiis],
claustralis fabrica mira lapidum sculptura cum -versuum
indiciis ^ ac picturarum splendoribus est polita. Ipse enim
praefatus pater multitudinem copiosam ornatuum inaudi-
toruni, diligens exquisitor, adquisivit : videlicet magno-
rum ex lana dossalium, cortinarum, fasterdium, tapetum,
bancalium caeterorumque ornatuum variis imaginibus
insculptorum ^...
Quidam'' sancti monachi ... hau[d] longe a Castro Sal-
muro oratorium cum mansiunculis composuerunt, Deoque
ibidem non segniter adhaerentes, doctrina plurimos ac vir-
tutibus instruxerunt. Quibus defunctis ibique sepultis,
locus cum mansiunculis postea funditus est destructus,
Postmodum vero ... sub umbra albae spinae extracta cor-
pora sanctorum intra veteris maceriae vestigia, cum sarco-
fagis et membranissanctis, abbas Kobertus omnisque plebs
reposuit, et desuper in honore sancti Vincentii ligneam^
ecclesiam aedificavit .. ,
[1013-1022.] — ... InpagoMedalgico" . . . monachi... apud
surtout la chronique du Mout-Cassin (1058-1087), à propos de l'abbé Didier:
« parietes quoque omnes pulchra satis colorum omnium varietate depin-
xit ». — La description ci-dessus montre que la base du clocher, construit
sur la façade principale de l'église abbatiale, était formée par une tour rec-
tangulaire en maçonnerie, et que les cloches étaient suspendues dans une
haute construction en charpente. C'est ce qui devait avoir lieu souventalors.
Cf. R. Merlet etClerval, Un ms. chartrain du XI' s. (à propos des anciennes
tours de l'église de Chartres), p. 76 et s.
1. Op. cil., p. 257.
2. Robert de Blois, abbé de 985 à 101 J .
3. Sur l'emploi dos inscriptions en vers latins dans les églises monastiques
à l'époque romane, voy. infra la note que nous avons jointe à nos extraits
de la Vita Gauzlini {n° VII).
i. Sur l'emploi de ces tapis, tentures et ornements divers destinés à l'é-
glise et à sa décoration pendant les fêtes et solennités, voy. ibid., pour plus
de^détails, p. 258; cf. infra, le n° XXI et le texte des Coutumes de Farfa.
5. P. 262. L'église de bois dont il va être question fut bâtie avant
1011.
6. Les petites églises, les chapelles ou les oratoires construits en bois sont
encore nombreux à cette époque ; VHistoria Sancli Florentii Salmurensis
en oirrc plusieurs exemples.
7. P. 266. Il s'agit ici de Tabbatiat de Géraud de Thouars. — Les
Manges, pays de 1 ancien Anjou, et primitivement du territoire Picton
(Poitou), compris en Maine-et-Loire, où il forme la majeure partie de l'ar-
rondissement de Cholet (Maine-et-Loire).
2
18 TEXTES RELATIFS A l'lIISTOIRE [1000-1200]
Espetven^, lapidea diruta, majorem ligiieam' construxerunt
ecclesiam, aevo in nostro senio jam consumptam ...
[1020 environ 3.] — Quodam temporeFulco'* cornes, secun-
do ab Jérusalem re versus, per Andegavis aulae fenestras
columbam cementum saepe ferre et cavitatem cujusdam
petrae implere conspexit. Tune, quod in maris periculo
voverat et mente tractabat, monasterium Sancti Nicholai^'e
vestigio lapidis anno MXX" fundavit
[Vers 102o.J — Tune temporis in Montis Buelli '^ vertice,
versus urbem Turonicam, Fulco comes castrum firmissi-
mumfecit ... Tune Fulco, Salmurum vacuum esse et solum
recogitans, retrog-ressum dirigit ... castellum obsidens, vi
accepit, et a Castro, ruinani incendii funditus perpessuro,
reverendam patris Florentii glebani extraxit. Abbas autem
Fredericus ^ et monachi.,., assumpto corpore sancti patroni
et sanctorum reliquiis, exierunt, anno MXXV" ... Tria
signorum^ praecipua tantum igni fuerunt subducta : scilicet,
1. Espevan (Speuanum), aujourd'hui Saint-Macaire-en-Mauges, cant. de
Montfaucon, arr. Gholet (voy. Géi. Port, Dict. Iiistor... de Maine-et-Loire,
t. III, p. 416). Sur les constructions de Foulque III, voy. L. Halphen, Le
comté d'Anjou au XI' siècle (1906), p. 153 et s.
2. C'est d'ordinaire le contraire qui eut lieu : aussi ce fait peu fréquent
est à remarquer. L'église n'eut pas une longue durée ; celle qui la rem-
plaça fut consacrée à la fin de l'an 1119, en vertu d'une bulle du pape
Calixte II, dont on a le texte [Chron. des églises d'Anjou, p. 267, n. 1 ;
U. Robert, Bull, de Calixte II, 63). Il n'y a pas lieu d'en être étonné
dans cette région qui, au début de l'époque romane, a un caractère
assez exceptionnel. « Dans la vallée de la Loire, au-dessous d'Orléans,
dit Quicherat {Mél. d'archéol,, p. 436), le renouvellement des églises
s'opéra sous l'empire des vieilles traditions, qui y persistèrent un bon
tiers de siècle après qu'elles avaient été abandonnées ailleurs. »
3. P. 275,
4. Foulque III, quatrième comte d'Anjou (987-1040).
5. Il s'agit du monastère de Saint-Nicolas, à Angers.
6. P. 276. La Motte-Montboyau, com. de Saint-Gyr-sur-Loire, arr.
Tours.
7. Frédéric de Tours, sixième abbé de Saint-Florent (1022-1055). Le
CAstrum de Saumur avait deux portes, à l'est et à l'ouest : porta orientalis,
occidentalis (p. 277).
8. Cf. ibid., p. 271, un curieux passage sur la fonderie des cloches et
sur les surnoms qu'elles portaient : « factumque signum ab auctore suo,
Gelduinus est dictum ; vocatur tamen ob soni puritatem Clarellus. »
Sur les cloches au moyen âge, voy. .1. Berthelé, Enquêtes campanaires,
notes, études et documents... du VII I' au XX' siècle, 1903.
[1000-1200 DE l'architecture EN FRANCE 19
Vox Domini vocatum, et aliud a seniore Gelduino ^ compo-
sitiim necnoii memoiatum ab ejus filio Gelduino factum.
Gampana quoque argento permixta, sonora atque dulcis-
sima, quae long-e post in novo facta monasterio, in nocte
Assumptionis Sancte Dei genetricis, lecto ab abbate Frede-
rico evangelio super tluvio tractu, super arcuatam turrem
cadens minutata, denuo ab aurifice Odolrico minus valens
est conflata... [Monachil ad ecclesiam Sancti Hilarii, ad lo-
cum, oui Griptas nomen est impositum, [pervenerunt]...
tum Fredericus abbas et Letardus prior cum septeno fra-
trum numéro tam diu manere difïinierunt, facientes pro
posse opus divinum, . .
[1026 et s. 2,] — Quibus locum perquirentibus, nec
mora praelectus a Domino locus est inventus, qui olim
Bonali Vadum ' est dictus, secus Thoerii fluvium, ad
campum spinosum, ubi anno MXXVI", mense auguste,
illud magnificum, Deo auctore, coeperunt monasterium.
Gujus fabricae eatenus quotidie per diversa operariorum
numerus insistebat ; cum(|ue per diem omnes sollicite nume-
rarentur, unus semper inveniebatur in opère qui nusquam
apparebat in retributione . Huic structurae sanctitate ac
pietate praecipua Hildegardis'* comitissa praestantissimum
1. Gclduin. seigneur de Saumur (voy. ibid., p, 275). — Voy. op. cit.,
p. 2i2, ce qui est dit du clocher et des cloches de Saint-Florent dans la
deuxième moitié du \° siècle.
2. P. 279.
3. Il s'agit d'un gué sur le Thouel, affluent de la rive gauche de la Loire.
Notre confrère, M. Dupond, archiviste des Deux-Sèvres, a bien voulu nous
informer qu'il n'y a pas dans cette région de nom de localité ou de lieudit
qui puisse en dériver, vérification faite sur les cartes et les atlas cadas-
traux. Cette dénomination n'existe pas dans le Dut. lopographiqae des
Deux-Sèvres, de 15. Lcdain (1902 . Nous ne voyons pas de raison pour iden-
tifier celte ancienne localité avec Bonneval-lès-Thouars, dans le Thoua-
rais (Haut-Poitou). Suivant d'Kspinay [Notices archèol., deuxième sér.,
Angers, 1878, p. 50), il s'agirait bien ici du monastère de Saint-Florent,
" lieu parfaitement situé à mi-côte dominant le Thouet, en face de Sau-
mur, au-dessus du gué qui servait à passer cette rivière ; cet endroit
s'appelait alors le « Champ-Epineux » (aujourd'hui com. de Saint-Hilaire-
Saint-Florent. arr. Saumur). C'est aussi l'avis d'un érudit compétent,
M. J. Berthelé, qui s'est intéressé à notre recherche.
i. Ilildegarde, comtesse d'Anjou, bienfaitrice de Saint-Florent, enterrée
à Saint-Nicolas dWngers. La proximité relative de cette nouvelle cons-
truction a dû l'engagera s'en faii'c la protectrice.
20 tp:xtes iu:latifs A L FirsToiRi-: [1000-1200]
contulitadjumentum. Suum insuper carnetum rétro Beatae
Mariae criptam. . . aedifîcaverat.
Denique Fulco cornes versus Thoarcenses ' in jus Sancti
Florentii castellum, ex monte et nido falconum ~ nuncupa-
tum, instituit, quod duodecim coacti a monachis, Espevan
degentibus, cum aliis opéra riis peregerunt.
1030 (après) 3. — Fulco ^ vero cum filio GolTredo ^ et
uxore Agnete... Glomnam '' montem tetenderunt et in
occidentali parte montis castellum determinarunt. Quod
excidium monachi cum habitatoribus reverentes, multis
precibus ne castellum ibi fîeret comitibus persuaserunt.
Qui comités paululum cedentes, priscam defensionem dua-
rum ecclesiarum cjmiterium "' ambientem, quod ritu veteri
crux ^ ad orientem et alia ad occidentem sita propter infrac-
tiones praemonstrabat, construxerunt et monachis ad cus-
1. Thouars, auj.ch.-l. de cant., arr. Bressuire (Deux-Sèvres). Cf. castel-
lum Thoarcii [Chr. S. Maxenl. Pictav., en llOi, dans les Chroniq. des égl.
d'Anjou, p. 422). — Voy. sur Thouars, B. Ledain, op. cit., p. 272.
2. Montfaucon, sur les conlins de Bas-Poitou et de la Bretagne, auj. ch.-
1. de cant., arr. Cholet (Maine-et-Loire).
3. P. 282. cf. Chron. de Aantes, éd. Merlet, p. 139-140.
4. Foulque III, ditNerra, quatrième comte d'Anjou.
5. GeoUroi Martel, cinquième comte d'Anjou (10.40-1060).
6. Il s'agit de Mont-Glonne, autrement dit du château de Saint-FIorent-
le-Vieil (arr. de Cholet, Maine-et-Loire). Plusieurs chartes se rapportent à la
construction de ce château. Voy. notamment Livre Noir, fol. 96, et Livre
d'argent, fol. 48. Une motte et de hautes palissades de bois servirent à pro-
téger l'asile du monastère ; cf. l'acte suivant: « Ego Gauflridus, Andegaven-
sium, divinagratia, comes,avus meusetavunculus casfeiiu m ierrae^/ue cum u-
lo ac lignis magnae alliludinis asilum circa monasleriiim Beati Florentii,
quod Vetusdicilur, construxerunt, annuentc.abbate Frederico et. ..mona-
chis... » {(Jart. noir de Saint-Florent, fol. 57-58; domHousseau, 112,u"635).
— Cf. l'asile fortifie du monastère de Saint-Trond, en Flandre, qui existait
déjà du temps de l'abbé Adélard II (1055) et fut renforcé vers la fin dudit
siècle (Pertz, Script., t. X, Gesta ahb. Trudon., p. 242).
7. Un passage des Miracula sancti Benedicti (1. VIII, § 1, éd. de Certain,
p. 277), par Raoul Tortaire, nous montre qu'au xi" s. le cimetière de l'église
de Germigny, dans l'Orléanais, était fortifié, et cet exemple n'était pas
isolé : « Siquidem habebat eadeni ecclesia coemelerium vnlli munimine
circumdatum » (ann. 1031-1060). Viollet-le-Duc, Dict. de l'archil., l. III,
p. 2i7, art. Cimetière, ne parle point de cimetière fortifié. Cet exemple
vient à l'appui des remarques de M. Enlart {Man. d'archéol. fr., t. II, arch.
mil., p. 545 et s.).
8. Il s'agit ici de croix servant de délimitation et de sauvegarde k un
terrain relisrieux.
[1000-1200] D1-: l'architecturk en frange 21
todiendum dimiserunt, Aggerem quoque in prospecta monas-
terii cum curte lignea erexerunt. Quod castrum cum offi-
■cinis claustri duo monachi Glomnenses, Thetbaudus prae-
positus^ et Albaldus cellerarius, lapideo robore concluse-
runt, qui per annos circiter sexaginta mirabili instantia
ipsum locum gubernarunt atque instauraverunt. . . Altaria^
•omnla, quae Deo fuerant consecrata, violata sunt atque con-
fracta, Sub qua destructione maceriae veternosae, hedera
repletae, non multae altitudinis, latum claustri spatium
quadrifarie claudebant, portentantes quatuor magnas domos
ibi fuisse diversis ministeriis attributas : quae maceriae a
(lomo dextro membro contra meridiem adhaerenti ad
orientem extensae infirmorum officinas viridariumque con-
tinebant. Sed quoniam modérais usibus erant discordes,
mediocrem couventum, pluribus eversis mansionibus, cons-
lituerunt. Duos propter domorum fundationem puteos^,
unum in refectorio, alterum in cellario obturantes, alios
foderunt...
[1061.] — Anno igitur Incarnationis dominicae MLXI...
<lie dominico Paschae, XVII" kal. maii, mense junio, XVIIl"
1. Le rôle que \e praepositus et le cellerarius d'un monastère avaient à
remplir au point du temporel, les amenait souvent à soccuper, le pre-
mier surtout, de constructions, soit en aidant, soit en remplaçant même
Voperarius, qui maintes fois n'apparaît pasdans les charteset leschroniques.
Ici, notre texte très précis donne les noms mêmes des constructeurs em-
ployés au travail ci-dessus.
2. P. 285. — L'auteur de la chronique revient sur le passé des construc-
lions de Saint-Florenl-le- Vieil et leurs dévastations à l'époque carolin-
î;ienne, sous Charles le (Chauve, et sur leur destinée dans les temps qui
suivirent. Voir sur les anciens autels, leur situation et leur dénomination,
llistor.sa.ncti Floreniii..., p. 242 et s., au sujet de l'abbé Amalbert (956-985).
3. Ce passage précis corrobore exactement les observations de Viollet-
le-Duc sur l'origine des puits, dont « il existe, dit cet auteur, encore un
grand nombre, du moyen âge, dans nos vieilles villes, dans les châteaux,
les cioi<res. les palais et les maisons... Ces puits avaient primitivement
«té creusés pour les besoins delà construction. La plupart des cloîtres des
monastères étaient pourvus d'un puits quand la situation des lieux ne
permettait pas d'avoir une fontaine à (leur de terre... » {Dict. de Varchit.
fr., t. Vn, p. 562). Cf. supra [Chron., p. 243), à propos de l'administration
<le l'abbé Amalbert et de l'œuvre architecturale qui fut entreprise par ses
«oins : « Aquae penuriam claustri puteus exterior relevabat : nam, sufTos-
sis ecclesiae parietibus, forti caemento et lapidum curvatura, occulto meatu
aqua in lavatorium emergebat, et per caeteras oflîcinas cursu subterraneo
<lerivabat. Hic autem puteus foris secus cellarium existebat. »
22 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1000-1200]
kal. jul. , dedicatum est monasterium Sancti Floreritii Senioris
a domno Eusebio', Andegavensi episcopo, in honore
Sancti Salvatoris et sancti Florentii confessoris... Altaria
vero ipsa tune denuo sunt consecrata...
Quodam^aestivo tenipore,inecclesiaSanclaeMariae, quae
Marielensis"^ vul^o dicitur, res accidit talis. Nam ...
domus Rainaldi, cognomento Manzelli, eidem ecclesiae
adhaérens, ab ig-ne apprehensa est, nulloque penitus defen-
dente, ecclesia quae tota, praeter vetustissimas macerias,
erat lignea^ ab i<^ne est consumpta...
[1055-1070.] — Domnus •'• abbas Sigo ... in ornamentis
quoque pulchrisconstruendis de auro et arg-ento, circa duo
altaria quae sunt in presbiterio, ut domnus abbas Frede-
ricus, sagax fuit ...
[1128 ou 1129-1155,] — Matheus" nomine, de Castro
Lausduno' [abbas] ... fecit dossalia duo egregia, quae
praecipuis solemnitatibus extenduntur in choro ; in quorum
altero viginti quatuor seniores cum cytharis et phialis
depinguntur, in reliquo Apocalipsis Johannis opère descri-
pta est eleganti. Fecit insuper quosdam mirae pulchritu-
dinis pannos, sagittariis et leonibus et caeteris qviibusdam
animantibus figuratos, qui in navi ecclesiae festis solemni-
tatibus appenduntur ^. Ipsa quoque, de qua loquimur, navis
ecclesiae arçuato opère ipsius tempore incoepta est et com-
pléta ...
1. Eusèbe Brunon, évoque d'Angers, de 10i7-i8 à 1081 .
2. P 289.
3. Marillais (Le), cant. de Saint-Florent-le-Vieil. an-. Gholel ; cf. Cél.
Port, op. cit., t. III, p. 597.
i. Curieuse mention d'église de bois, avec des murs de pierre, qui
devaient probablement dater de la fin de la période carolingienne et
appartenir au petit appareil de construction de cette époque. Pour le
mot maceriae, cf. supra (p. 16, n" 3) l'extrait concernant les constructions
faites sous l'abbaliat d'Amalbert, dans la deuxième moitié du x" siècle.
5. P. 296.
6. P. 306.
7. Loudun, aujourd'hui ch. 1. d'arr.. Vienne.
8. Voy. ci-dessus, p. 17, n. 4; nous verrons encore d'autres textes rela-
tifs à ce genre de décoration des églises.
[1000-1200] DE l'architecture en FRANCE 23
[1156.] — Stephanus de Rupe Fulcaudi ' ... dum prio-
ratu hujus coenobii fungeretur , capituluni hujus ecclesiae
sub dormitorio silum, arcuato opère, (sub) tam egregia venu-
state et artifîciosa subtilitate construxit, ut per universum
regnum Franciae vix aut nunquam consimile valeat repe-
riri. Fecit insuper capellam infirmorum ~ domui cohaeren-
tem, in honorem j^loriosae Virg'inis Mariae, sanctique
Nicholai episcopi saiictorumque ablxitum Benedicti atque
Columbani, ab Ulgero, Andegavensi episcopo, et Iterio,
Nannetensi, celebriter consecrandam...
[1 1()0-1 174,] — Hujus patris [Frogerii de Sancto Loancio,
abbatis] tempore, claustium monachorum novo et eleganti
opère est constructum, et arcus lapideus qui inter capitu-
luni et dormitorium est erectus. Pontem etiam de Salmuro,
tradente venerabili rege Anglorum, Henrico, recepit ...
data tamen non modica quantitate pecuniae, quae pro
eodem ponte Turonis debebatur.
[1176.] — [Radulphum, natione Normannum, abbatem]
devotio fratrum in dextro abside monasterii, juxta (h)ostium
sacristariae •^, venerabiliter replevit...
[1176-1203.] — [Maynerius abbas] multa aedificia fecit,
utpote introitum ecclesiae cum galilea, refectorium, domus
infirmorum, locutorium '', . .
1. La Rochefoucauld, aujourd'hui ch.-l. de cant.", arr. Angoulême,
Charente.
2. Sur les infirmeries dans larcliitecture monastique et sur les chapelles
annexées à ces établissements, voy. Enlart, Man. d'archéol.. t. II, p. 18.
Cf. Ordo cliiniacensis, c. m, de priore claustrali.
.î. On lit plus loin, p 238 : « [Guilliermi de Culturis, abbatis] corpus sepul-
tum fuit ad (h)ostium ecclesiae, atT(jris, quo itur ad infirmitorium, prope
capellam Virginis. sub quodam arcuato opère. »
l. Galilaea, à proprement parler l'ancien narthex, près du portail où se
tenaient autrefois les pénitents, et ceux qui ne devaient pas être mêlés aux
fidèles. Toutefois ce terme sij^nifie souvent porche d'éfflise ou jralerie, fai-
sant partie delà nef avoisinant la grande porte. On trouve, dans des textes
du XI" et XII' siècle, mention de « galilées » de différentes églises. Dans
l'ouest, dans la région du Maine, celles de Saint-Facilc-de-Lucé, de Saint-
Martin deSarcé, de Saint-Malo-de-Sablé, de Saint-Pierre-de-Meileray, près
deMontmirail (Carful. de Saint-Vincent-dn Mans, col. 167.191, 218, 440).
24 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1001-1009]
1001-1009.
Fondation et consécration de Véglise abbatiale de Saint-
Martin-du-Cani(jou^ au diocèse d'Elne, en Houssillon,
construite par le moine Selva, sur l'oindre du comte
Guifred.
Chronicon brève monaslerii Canigonensis \ dans Vlllst. (/énérale de
Languedoc, nouw éd., l. V (1875), col. 54-55, n" 11.
(Cf. Baluze, Miscellanea, lib. II (1679), p. 309-310.)
Anno Dominl MI, era MXXXIX, anno VI Rodberti régis,
indictione XIV, Guifredus cornes coepit edifîcare monas-
terium Sancti Martini Ganigonensis.
Voy. Ledru {ahhé), La Cathédrale Saint-Julien du Mans (I90ù, p. 182. A
lest, en Bourgogne, ce terme se rencontre dans les textes relatifs aux
coutumes de l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon (voy. L. Cliomton,
Hist. de Véglise Saint-Bénigne de Dijon (1900), index lexicologiqne, \"
Galilaea, p. 469. Dans les anciens cloîtr0s des Chartreux, on distinguait
autrefois la galilaea major et la galilaea minor iAntiq. Statut., p. 2,
c. 12, et p. 3, "c. 28, cit. par Le Couteulx, Ann. ord. Cari., t. I (1888), p. 16.)
Cf. Kraus, Gesch. der christl. Kunst, t. II, p. 123-124. Voy. enfin les
importants statuts clunisiens de Farfa que nous publions plus loin, et où
ce terme a été employé, avec l'indication de la mesure qui s'y rapporte.
Introitus ecclesiat s'appliquerait ici au portail. La nervure à un seul
tore, de style Plantagenèt, apparaît dans « le beau porche de l'ancienne
église abbatiale de Saint-Florent-lès-Saumur, qui a été élevée dans le
dernier quart du xii" siècle (plutôt vers 1180 que vers 1200), à cause de
la forme plein cintre des arcs latéraux et de l'ornementation encore en
grande pai-tie romane des chapiteaux. » (J. Berthelé, L'architecture Plan-
tagenèt, dans le Congrès archéol. de Poitiers (1903j, p. 250.)
Certains exemples de l'emploi du terme collocutorinm (parloir) mé-
ritent d'être relevés ici : « In orienlali collocutorio Casae Dei », dans
Mabillon, Ann. ord. sancti Bened., V,p. 8, au sujet de la Vie de saint Robert,
abbé de la Chaise-Dieu, en Auvergne (mort en 1067)... Cf. aussi, avant
1151 :« In collocutorio quod situm est inter cellariuni et refectorium. »
{Cartul.de N. D. deJosaphat, t. I, p. 221). L'abbaye de N.-D. de Josaphat
était située au pays et diocèse de Cliartres.
1. Saint-Marlin-du-Canigou ; aujourd'hui com. de Vcrnet, cant. et
arr. Prades (Pyrénces-Orienlales).
[1001-1009] DE l'architecture en FRANCE 2S
Marca hispanica, col. 971, Append., n° CLX [ex Archiva monasterii
Canigonensis).
In nomine Domini Dei aeterni. Sub anno incarnationis
Domini nostri Jesu Christi MVIIII, aéra millesima XLVIII,
indictione VIIII, IIII idus novembris, veni ego Oliba,
sanctae sedis Elenensis episcopus, in suburbio supradictae
Elenae, in valle Gonfluente, in locumquem vocant Ganigone,
ad consecrandam ecclesiam^ , illo in loco sitam, in honore
sancti Martini episcopi et confessons sanctaeque Mariae Vir-
ginis et sancti archangeli Michaelis, vocantque coenobium
Ganig-onis in monte structum, quod extruxit quidam pres-
byter, nomine Selva, vel monachus, praecipiente, ordinante
et in on\nibus perficiente, atque ad plénum effectum per-
ducente domno Guifredo, gratia Dei, comité, ejusque con-
juge, nomine Guisla, qui ditaverunt praedictam ecclesiam
vasis sacris, scilicet, calice arg-enteo,cumpatenaetthuribulo
argenteo . . .
;.. Ego autem^ praedictus Oliba, concedo, annuo et sacer-
dotabiliter firmo praedicta omnia dom[u]i sancti Martini, die
consecrationis ejus...
Acta est autem consecratio praedictae ecclesiae vigilia
sancti Martini. S[ignum] Olibae, gratia Dei, sedis Elenensis
episcopi.
1. Nos textes concernent-ils léjïlise actuelle? « On l'a dit, et il est pos-
sible que cela soit, parce qu'on n'a pas signale dans cette église de com-
binaisons dont on puisse dire avec certitude qu'elles sont postérieures à
1001-1009. Mais il se peut aussi qu'une grande partie de 1 édifice ait été
l'objet d'un remaniement. » (.1. A. Brutails, L'archéologie du moyen âge et
ses méthodes, 1901, p. 221). C'est uneéglise romane à trois nefs etsans'dou-
bleaux, dans lesquelles les voûtes latérales contrebulent la maîtresse
voûte ; elle est extrêmement pauvre ; avec crypte ; les supports des
arcades sont des colonnes monolithes, basses et renflées, à chapiteau
évasé (voy. le même auteur. Notes sur l'art religieux du Roussillon, dans
le Bull, archéologique du Comité, 1892, p. 5j3 et s., fig.). ^ Avec M. Bru-
tails, et pour les raisons qu'il donne, nous sommes d'avis que l'on peut
estimer raisonnablement que l'église a été remaniée, et que les recon-
strurteurs ont même pu employer les colonnes du xi" siècle.
26 TEXTES RELATIFS A l'hiSTOIRE [1001-1031
VI
1001-1031 environ.
Historique et description de la reconstruction de Véglise
abbatiale Saint- Bénigne, à Dijon, exécutée par les soins
de l'abbé Guillaume ,' disposition et ornementation de la
rotonde, des autels et du tombeau de Saint-Bénigne.
ChroniconSancti Benicfiii Divionensis ', d'après le texte revu par L.Chomton
dans VHistoire de Veglise Sainl-Béniçjne de Dijon, p. 96-99 (Dijon, 1900).
(Cf. autre édition de cette chronique par lîougaud et Garnier, dans les
Analecta Divionensia, Dijon, 1875, p. 136 et s.)
Anno sexto sue ordinationis, Willelmus^ abbas Romam
perrexit ad apostolorum limina... Geperunt denique ex
sua patrla, hoc est Italia, multi ad eum convenire. Aliqui
litteris bene eruditi, alii diversorum operum magis-
terio docti ... quorum ars et ingenium huic loco pro-
fuit plurimum. Grescebat ergo quotidie multitude mona-
chorum sub ejus magisterio degentium Wil-
lelmo, venerabili abbate ... in nova ecclesie fabrica est reno-
vata^, in cujus basilice miro opère domnus presul
1. Sur ce texte, voy. aussi doni Plancher, Ilist. de Bourgogne, 1. 1, p. 176,
485, 486, et surtout l'abbé L. Chomton, Hist. de Véglise Saint-Bénigne de
Dijon (pi.).
2. Saint Guillaume de Volpiano, prèsNovare (961), bénédictin à Locedio,
puis disciple de saint Maycul à Cluny, abbé de Saint-Bénigne de Dijon à
partir de 990, amena vers 993 de sa patrie quelques moines savants dans
les différents arts qu'ils exercèrent à Saint-Bénigne. Après avoir quitté la
Bourgogne pour la Normandie, saint Guillaume se fixa à l'abbaye de Ber-
nay, puis à celle de Falaise, et mourut à Fécamp en 1031. Voy. outre
Chomton, op. cit., les Anal. Divion.. p. 131, Enlart, Man. d'arch. fr., 1. 1, p.
208. Sur la continuation de la tradition romaine, dans le monument de
Saint-Bénigne, attestée parla coopérât ion de moines artistes venus d'Italie,
voy. Courajod, Orig. de l'art roman et gothique, 1899, p. 379, et plus parti-
culièrement sur l'influence de l'art lombard ou germanique, voy. encore
Enlart, op. cit., 1. 1, p. 20H;cf. Chomton, op. cit., p. 113, notamment pour
l'influence de Saint-Ambroise de Milan.
3. Un extrait de la môme chronique atteste l'existence de deux églises,
l'une inférieure, l'autre supérieure, avec le sanctuaire, avant l'arrivée de
l'abbé Guillaume : « Ita ordinavit dominus episcopus ut die Translationis
[1001-1031] DR l'aRCHITECTUBE en FRANCE 27
expensas tribuendo. ac columnas niarmoreas ac lapideas
undecumque adducendo', et reverendus abbas magistros
conducendo, et ipsum opus dictando, insudantes dij^num
divino cultu(i) templum construxerunt. Gujus artificiosi
operis forma et subtilitas non inaniter quibusque minus
edoctis ostenditurper litteras : quoniam multaineo videntur
mystico sensu- facla, que magis divine inspirationi quam
alicujus debent deputa[r]i peritie magistri.
Fundatum-' est autem hoc templum anno Dominice
Incarnationis millesimo primo, indictione décima quarta,
decimo sexto cal. Martii. Gujus long-itudo diicentorum
ferme cubitorum'*, latitudo autem quinquaginta trium exis-
tit; altitude vero in sequentibus oportune dicetur. Inferior
itaque domus orationis, in qua sacratissimum corpus
sancti Benigni martiris veneratur, eundem pêne modum
habens quantitatis [ac superior], fulcitur centum quattuor
coluiiinis. Hec in figuram T littere facta'^' quattuor [ordi-
nibus] columnarum duodeno dispositarum numéro equali
sancii Benigni, nionachis ciim sibi subjectis clericis ante sepulcriim piefati
martiris in cripta nocturnale offîcium jjeragcnlibus, ipsi in superiori choro,
ante principale sancii Maurici altare, matntinalem inciperent sinaxim •>
Voy. supra, p. 130j.
1. L'activité de l'abbé Guillaume fait penser dans une certaine mesure
à la part considérable prise personnellement par Suger, abbé de Saint-
Denis, pour la reconstruction de son ég-lise.
2. Par ces mots l'auteur entend l'idée symbolique qu'il entrevoit
dans certaines parties du monument. Sur le symbolisme religieux, voy.
infra, p. 159, n. 3.
3. Une main du xv« siècle a ajouté ici sur le ms. original de notre chro-
nique un titre ainsi conçu : « Sequilur forma ecclesiae antiquae hiijus
monaslerii divi Benigni. » Ce titre a passé dans toutes les copies, et de
celles-ci, dans l'éd. d'Achery (Note de Bougaud et Garnier, p. 139).
4. L'église supérieure avait environ 200 coudées, c.-à-d. 92 mètres;
l'église souterraine à peu près autant (sur la coudée et ses variations ainsi que
son rapport avec le métrage moderne, voy. l'éd. Bougaud et Garnier,
p. 140, n. 1 ). — « Une des cryptes les plus vastes qui aient été élevées est
certainement celle de l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon », dit "Viollet-le-
Duc, Dicl. de Varch. fr., t.'lV, art. Crypte, p. 552 ; cf. i/jid., Plan, p. 453,
avec les observations du même. Cf. Enlart, Man. d'archéol. fr., t. I, p. 250.
5. Sur cette disposition en forme de T, voy. Chomton, op. cit., p. 109,
Bougaud et Garnier, op. cit.. p. 141, n. 1. Le tau étant l'ancienne image
de la croix, les basiliques avaient reçu cette forme (Quicherat, Mél. d'ar-
chéol., p. 407). — Cf. au sujet du symbolisme du nombre des colonnes de
son église abbatiale, le passage suivant de Suger (De consecr. eccles. S.
Dionysii, § V) : « Médium quippe duodecim [columpne diiodenarium
apostolorum exponentesnumerum, secundario vero totidem alarumcolum-
nae prophetarum numerum significantes, altum repente subrigebant aedi-
ficium. »
2S- TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1001 -1031 J
e-xtenditur in longitudine et latitudine ; decem vero
c«bitis erigitur in idtitudine, sécréta ex utraque parte habens
vestibula^. Quinque sane in ea continentur altaria : primum
£n honorem ipsius saneti Benigni est consecratum, secun-
dum in memoriam saneti Nieholai et omnium eonfessorum.
tertium in venerationem sanete Paschasie virginis... et
omnium virginum, quartum in [honoremj saneti Hirenei et
omnium martirum, quintum sub nominibus sanetorum
eonfessorum et abbatum Joannis et Sequani, atque
saneti Eustadii presbyteri ...
Huic paulo superius descripte inferiori erypte ~ eonjun-
gitur oratoriom ad solis ortum, rotundo scemate'^factum
senarum inlustratum splendore fenestrtirum, triginta
septem eubitos habens in diametro, decem in alto Hoc
sane oratorium terno columnarum ordine in semet regirato,
quadraginta videlicet atque octo, geometricali dispositione
ambitur; hujus desuper eulmen, eelso ereetum fastigio.
viginti quatuor columnarum ae triginta duorum areuum, tri-
pertita comparis numeri machina divisione, eleganti trans-
volutum est opère. Hoc sane oratorium saneti Joannis
Baptiste sacratum est honore ; cujus altare illustratur trium
fenestrarum lumine.
1. Ce seraient, non pas les deux absidioles de droite et gauche renfermant
les autels énumérés, mais bien plutôt les bas-côtés distincts de la nef (cf.
le texte n° VIII, § 5, relatif à Saint-Remi de Reims, où l'on retrouve des
vestihula, auxquels s'appliquerait la même signification).
2. Sur la crypte de Saint-Bénigne, voy. Bail, mon., t. XI, p. 53", t. XX^'l.
p. 566, 568, et VioUet-Ie-Duc, Dict. de Varch. fr., t. IV, art. Crypte, p. i53.
fig. 5 ; cf. Chomton, ihid.
3. Plus que d'autres églises de forme circulaire, par exemple, celle de
Neuvy-Saint-Sépulcre, en Berry, fondée à l'imitation du Saint-Sépulcro
de Jérusalem {fundata ad formam S. Sepiilchri lerosolimilani, disent
les chroniques) ;la rotonde de Saint-Bénigne présentait des dispositions fort
curieuses. Voy. Bull. mon., t. XXV, p. 87, et t. XXVI (de C^umont, Rapp...
sur div, monuments de Dijon, 1860), p. 97 (rotonde^ et surtout VioUet-lc-
Duc, op. cil., t. II, p. i,)! , art. Chapelle annexe, t. VIII, art Sépulcre Saint ,
p.. 280 et s., avec fig. 3-5, donnant : I " la coupo de ce monumenl d'après
les restes de la partie inférieure et les gravures de duni Plaiiclier, oji. cit.:
2" le plan du 1" étage; 3" une vue extérieure avec les cijumimements res-
taurés des tours d'escaliers. Les explications des auteurs que nous venons
de citer aideront à comprendre la description de l'abbé (luillaume. Cf. le
plan de la rotonde donné par Viollel-le-Duc, à lart. Crypte (fig. 5 .
[1001-1031] DE l'architecture EN FRANCE 29
Ab hac ccclesia ' sunt per cocleam dextra levaque tri-
ginta septem gradus, crebris sulHcienter illustrati fenes-
Iris, per quos inofTenso ascenditur tramite ad basilicam
Sancte Dei g-enitricis Marie. Ipsa vero ecclesia sexaginta
octo subnixa est columnis, eundem fere habens modum et
formam in diametro sive in altitudine quem et inlerior,
undenisque irradiatur vitrais. Ad altare autem ejusdem per-
pétue Virginis marmoreum perquatuor tripertitos ascenditur
gradus; juxta duos hinc et inde sunt altaria : ad dextram
quidem Joannis Evangeliste ac Jacobi fratris ejus sanctique
Thonie apostoli, ad levam vero, sancti Matthei, Jacobi et
Philippi, apostolorum.
Hinc iterum concordantes et satis lucidi, utrinque per
cocleam ~ ad ecclesiam Sancte et individue Trinitatis tri-
ginta gradus continuatini prestant ascensuni. Hec in niodum
corone constructa, triginta quoque et sex innixa columnis,
fenestris undique ac desuper patulo celo '^ lumen inlunden-
tibus, micat eximia claritate, amplitudine inferiori domui
consimilis, sed viginti cubitorum altitudinis. Altare Sancte
Trinitatis ita est positum, ut undecumque ingredientibus
ac ubicumque per ecclesiam consistentibus sit perspicuum^.
Inde per quadrageminas scalas, altrinsecus factas, ad
sup(p)rema patet ascensus : quarum due, equali modo posite,
1 . La rotonde, au premier étage, se joignait de plain-pied au sanctuaire
de l'église abbatiale, et formait denière elle, à l'orient, une vaste chapelle
absidiale, que terminait une chapelle barlongue, flanquée de deux tours
cylindriques massives, qui contenaient les escaliers tournants (cocleae),
montant aux galeries supérieures. — Sur cette rotonde, voy. aussi Quiche-
rat, Mél. d'archéol. (égl. rondes), p. i9'2. Cf. l'église de Charroux, ihid.,
fig. 8 i. \'oy. enfin Chomton, p. 105 et pi. V à VII, notamment pour les rap-
ports de cette rotonde avec la coupole du Panthéon.
2. i< Les deux énormes cylindres contenant des escaliers, dit VioUet-le-
Duc, allégés extérieurement par des niciies, étaient évidemment un sou-
venir de quelque construction romaine. » Cela est d'autant plus probable
que l'abbé Guillaume employait des artistes venus d'Italie.
3. La lumière venait donc non-seulement des fenêtres, mais d'un jour
central.
4. Le soin de la perspective avait été observé dans cette construction
comme dans celle des colonnades de la rotonde « qui, vues à travers les
arcades de l'abside, devaient produire un effet peu ordinaire ; et malgré la
grossièreté de l'exécution, cet ensemble est une belle conception du
moyen âge » (Viollet-le-Duc, op. cit., t. VIII, p. 2SI).
30 TEXTES RELATIFS A l'hTSTOIRE [1001-1031}
per quindecim gradus usque ad sancti Michaelis proten-
duntur oratorium, habens in longitudine cubitos triginta tres^
in altitudine decem, vili fact[um] scemate : senestras habet
septem. Alie vero due per quinquaginta gradus sur-
sum dirigunt gressum : ad inia autem harum scala-
rum bina super murum déambula toria sunt facta, ([ue
equali [ducunt] spatio ab orientali parte usque ad occiden-
talem, et infra templum, per arcus deambulatorios ', et
supr^ tectum domus ; [mûri altitudinis triuni ferme cubito-
rum, circumquaque pergentiumj, a ruina protegunt inces-
sum. Hec tamen ad dexteram sinistramve parteni
templi [incipientia], interius et subtus alas ejus gres-
sum per quosdam occultos aditus ad suprema tecti
[dirigentia] piano, ut dictum est, calle deducunt intror-
sus undique, donec superliminare occidentalium por-
tarum [attingentia], per pariles scalas viginti (?) gra-
duum in porticus ecclesie majoris deponunt. Quae ad
instar crucis - editicata habet in longitudine cubitos
centum viginti octo ^, in latitudine, sicut prescriptum est,
quinquaginta très, in altitudine quaquaversum permaxi-
mos triginta et unum cubitos, in medio autem quadraginta.
Inluminatur septuaginta vitreis, fulciturque centum viginti
et una columnis, quarum nonnulle juxta capita fortissi-
marum, que sunt quadraginta, pilarum quadrangulatim
statute, una quasi simul coronari videntur corona, quamvis
non unius sit magnitudinis omnium forma ^.
1. Cf. l'extrait qui suit : « arcus per ç/irum deambulatorios super ex
niarmoreas columnellas insfituens, claustrum onme... porrexit... subtus
item et super deambulatorios fornices fecit », dit la chronique du
Mont-Cassin, à propos des urands travaux faits dans cette abbaye par
l'abbé Didier (1058-1087) ; cf. éd. Watlenbach, Mon. Germ., Script., t. VII,
p. 551-881, et J. von Schlosser, Quelleribuch zur Kunslgescliichte des
abendl. Mittelalters, p. 210. Voy. aussi les Annales de Favfa : « arcus
deambulatorii per tolum circuitum.. » Cf. Choniton, op. cit., p. 106, n. 2,
et Mon. Germ., t. XI, p. 533 {Hist. Farf. Ilug.^op.) — Le substantif
deambu latorium a le sens d'allée, de galerie.
2. Encore une expression relative à la symbolique architecturale; cf.
Chomton, p. lOL Voy. supra, p. 27, n. 2,
3. Voy. dom Plancher, op. cit., p. 'i86, et l'édition Bougaud et Garnier,
p. 145, n. 1.
4. Ce passage montre la variété de disposition que l'architecte avait
introduite dans les colonnades. Sur l'alternance des piliers, voy. Chomton,.
p. 107,110, 111.
[1001-1031] DE l'architecture en FRANCE 31
Ilabet hinc et inde geminas porticus dupliciter transvo-
lutas ', in quibus bina continentur altaria. A parte quidem
aquilonis, unum in honorem sanctorum apostolorum Pétri
et Andrée, alterum in honorem sancti Bartholomei atque
Simeonis atque Taddei apostolorum. Sancti vero Pauli
altare est in superiori ecclesia ante aram Sancte Trinitatis.
A meridie sunt altaria, unum in honore sanctorum apostolo-
rum Matthie et Barnabe ac Luce evangeliste, aliud in honore
sanctorum martirum Stephani, Laurentii atque Vincentii.
Est aliud altare ad occidentalem plag^am ecclesie, in eodem
latere meridiano, in honore sanctorum Mammetis, Desi-
derii, Leodegarii, et ex parte altéra, sanctorum martirum
Policarpi, Andochii ... Principale altare est sacratum in
honore sanctorum Mauricii atque Benigni sinmlque Omnium
sanctorum, altare addexteramejus, inhonore sancti Raphaelis
archang^eli, ad levam vero, in honore sancti Marci evan-
geliste, atque in medio ipsius ecclesie, altare Sancte Crucis,
Omniumque sanctorum. Ante hoc altare triplex constat
introitus crypte ; in quindecim gradibus ascenditur ab ipsa
ad superiorem ecclesiam.
Sepulcrum vero sancti et gloriosi martiris ita est cons-
tructum. Est tumba ^ ex quadris edifîcata lapidibus que
octo cubitos in longum, quinque autem tenel in latum,
cujus cacumen lapideum quatuor sustinetur suffragio colum-
narum. Desuper autem quatuor columne marmoree locate
erant antiquitus. Olim super lapideos arcus, quos contine-
bant, absidam ferebant ligneam sex cubitorum longitu-
dinis et trium latitudinis sepfemque ac semis altitudinis.
1. « Dans les bas-côtés doubles de la grande église, — plus ou moins
remaniée — , les voûtes devaient être darêtes pour le collatéral le plus
large, et en berceau pour le plus étroit. Les berceaux étaient probablement
transversaux, c'est-à-dire perpendiculaires à la nef, comme au narthex de
Tournus et à Saint-Remi de Reims. » (Ghoniton, op. cit., p. 112.) Les bas-
côtés forment une sorte de galerie, d'où l'emploi du mot porticus, dont le
sens est à rapprocher de celui de veslihulum {\oy. notamment infra, p. 41,
n. 6).
2. Voy.éd. Bougaud et Garnier,p. 147, n. 5, pour les rapprochements entre
le tombeau de Saint-Bénigne et celui de Saint-Pierre {De glor. martyr.,
c. xxviu), ce dernier surmonté de quatre colonnes blanches soutenant le
ciborium. Voy. au sujet de ce tombeau, Chomton, p. M" et s. (et pi.).
32 TEXTES RELATIFS A LlIISTOIRE [1005-1030]
Que, undique auro et argento vestita, historiam dominice
Nativitatis et Passionis premonstrabat anaglifo ^ prominen-
tem opère, pictura satis optima. Verum hoc decentissi-
miim, de quo loquimur, ornamentum, ob recreationem pau-
perum tempore famis" fuit dissipatum a domno abbate
Willelmo ^ ac... venu[mj datum est...
Illud in fine notifîcandum est in templi istius edificio
esse columnas trecentas septuaginta et unam, exceptis
illis que in turribus et altaribus sunt. Fenestre clause vel
claudende ^ vitro centum vig-inti, turres octo, porte très,
ostia viginti quatuor. . .
Gum primum abbatis suscepit offîcium venerabilis Wil-
elmus, inter monachos in hoc loco degentes fuit quidam
juvenculus vocatus Hunaldus, quem predictus pater videns
solertis ingenii retinuit sibi, ceteris abeuntibus. Hune pre-
cipue omni studio doctrine inlutum in domo Dei constituit
vas electum. . . Ad omniaquippe que sibi erantnecessaria pre-
dicti fratris juvabatur solertia. Denique injunxit illi curam
hujus sacri periboli '', quam tanta prosecutus est cura, ut
pêne totum quicquid fuit ornamentorum in hac basilica,
ejus studio sit adgregatum^.
VII
1005-1030.
Travaux de construction et de décoration de C église et des
bâtiments de Vabbaye de S aint- Benoît-sur- Loire ^ ainsi
1. Voy. Du Gange, Gloss., v» Anaulyphus. — Travail en relief.
2. On a attribué, sans preuves, a Guillaume, abbé de Saint-Hénignc,
la direction de la construction du bas de la nef de la Madeleine, à A'ézelay,
(Gall. christ., t. IV, col. 467 ; cf. Quicherat, Mél d'arc/iéoi.. De l'architecture
romane, § III, p. 122). — Sur l'activité de Guillaume qui s'exerça à Dijon,
à Fécamp et à Fructuare, en Piémont, voy. Chomton, p. 12i.
3. Preuve que la construction des vitrau.x prenait un temps assez long,
4. C'est-à-dire à proprement parler l'enceinte sacrée.
5. A propos de l'imitation de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem,
dérivant elle-même de la tradition romaine des mausolées circulaires, dont
la coupole avait commandé le plan, M. Enlart cite comme exemple (outre
celle de Charroux, en Poitou) la rotonde à double collatéral et à tribunes,
élevée par l'abbé Guillaume à Saint-Iîénigne de Dijon, plus ou moins re-
bâtie après lui et consacrée en 1106, détruite enfin, sauf la crypte, à la
Révolution (op. cil., t. I, p. 217 ; cf. pi. 64 et 65).
[100o-1030j DE l'architecture en FRANCE 33
que cC autres églises de l'Orléanais et du Blésois, accom-
plis par les soins de lahhé Gauzlin et de ses successeurs ,'
ornementation et embellissements intérieurs; substitution
de la pierre au bois ; emploi varié du marbre ; inscriptions
envers. Accidents divers survenus au cours desdits tra-
vaux; curieuse mention d échafaudages.
Vila ' Gauzlini, abbatis Floriacensis'^, auct. Andréa Floriacensi, piibl. par
P. Ewald, avec des notes de L. Delisle,dans le A'euesArchiv, t. III (1877),
p. 365-379.
'Cf. autre édition. L. Delisle, Vie de Gauzlin, abbé de Fleuri..., dans
\es Mémoires de la Soc. arcliéol. de rOrléanais, t. II, 1853, p. 257-322.)
§ 35. Porro Gauzlinus'' abbas, nobilitatem generis probi-
tatis exornans titulis, turrim ^ ex quadris lapidibus con-
struere statuit ad occidentalem plagam ipsius monasterii,
quos navigio devehi fecerat a Nevernensi territorio '->. Hune
etiam benignissimum cum princeps interrogasset artificum,
quodnam opus juberet adgrediendum : « ïale, inquit, quod
1. Cette Vie paraît avoir été écrite vers 1040.
2. Voy. M. Prou et A. Vidier, Itecueildes chartes de Sainl-Benoit-sur-
Loire, 1. 1(1900) cl s. Une Ilistoiredel'ahbayede Saini-Benoil-sur-Loireaiéié
écrite par l'abbé Rocher (Orléans, 1865). — Outre les sources indiquées par
Chevalier, cf. poiu' l'histoire du monument, VioUet-le-Duc, Dict. de
Varch.fr., t.I, p. 9, t. III, p. 287, 335 et %.,t.V, p. 10, t. VI, p. 460 et t. VII,
p. 287; Enlart, Man. d'archéol. fr., t. I, p. 72, 78, 159, 233, 237-238, 249,
253-254, 265, 282, 299, 324, 368, 373, 378, 388, 706. Cf. lievuede Vart chrétien,
4« série, t. XIII (1902), p. 291-305 : A. Marignan, Une visite à l'abbaye de
Fleury à Saint-Benoit-sur-Loire : cf. aussi Courajod, Urig. de l'art roman
et gothique, p. 483, sur les « influences antiques et latines » à Saint-
Benoît-sur-Loire .
3. Gauzlin, abbé de Fleury-sur-Loire, de l'an 1005 à 1029. Élevé dans le
monastère de Fleury, il en devint abbé à la mort d'Abbon, et peu après
il fut choisi comme archevêque de Bourges (1013) ; il continua à s'occuper
activement de son abbaye. Voy. L. Delisle, Vie de Gauzlin, p. 260 ; cf.
p. 265. — Fleury {Floriacum), aujourd'hui Saint-Benoît-sur-Loire, cant.
d'Ouzouer-sur-Loire, arr. Gien (Loiret).
4. Cf. Chronici veteris excerptum, Bouquet, Fisf. de Fr.,i.X,p. 215. L'au-
teur de cette chronique ajoute : '< Sed eam [turrim) morte disturlDatus reliquit
imperfcctam. » Sur l'appareil de la construction romane.au commencement
du XI* siècle, voy. Quicherat, AféL d'archéol., p. 4 44 et s.
5. Cf. infra l'extrait de la Vie d'Odilon de Cluny pour le transport par
eau des marbres servant au cloître de Cluny. « Non-seulement les matériaux
ont pu arriver travaillés et fournir des modèles, mais parfois aussi une
région a demandé à une autre des artistes en même temps que des maté-
riaux... L'influence auvergnate, qui s'étend au Nivernais, est nettement
accusée dans l'église de Saint-Benoît-sur-Loire. » [Enlart, Man. d'archéol.
fr.,t. I, p. 77-78.)
34 TEXTES RELATIFS A l'h[STO[RE [1005-1030]
omni Gallie sit in exemplo. » Chorum psallentium quoque
pulcherrimo marmorum compsit emblemate, que asportari
jusserat a partibus Romanie K
§ 36 ... Oratorium in honore beati Jacobi consecratum,
alterum etiam in commemoratione sancti evang-eliste Johan-
nis, lapideo velamine contexuit ...
§ 37... [ApudjNovum Vicum^etiamlapideolabulatufabri-
cavit ecclesiam. Gasam quoque Ville abbatis 3, cum oratorio
sancti Gregoriiet ecclesiam de Belgiaco ^, quam pariete
reformavit ligneo ...
§ 39... Inter cetera etiam quibus Floriacensem exorna-
vit basilicam, sancte virginis Scolastice^ aecclesiam, pêne
ad heremi redactam speciem, a fundamento eruit et in
meliorem statum reformavit. Alteram pariter in honorem
sancti Dionisii^ primo ligno, deinde tabulatu construxit
lapideo ...
§ 40... Willelmus, Gastellionis prepositus, preliba-
tam^ S. Martini aecclesiam^ in Castro Gordona fundatam,
sed igné concrematam, petrino refecit aedificio, qui, aque
sentiens penuriam, propter ipsiuscastriascensum difficilem,
promptuaria aperit, cémenta riis tradit, indeque cementum^
imperat confici. Unde paries totius templi vini tempéra-
ment© concrevit.
1. Cf. Chron. vet. excerptum, loc. cit.
2. Neuvy, cant. de Jargeau, arr. Orléans (Loiret).
3. C'est peut-être Villabé, c. de Guilly, cant. Sully-sur-Loire, arr. Gien.
4. Bougy, cant. de Neuville-aux-Bois, arr. d'Orléans.
5. Sainte Scholastique, sœur de saint Benoît, fonda l'ordre des Béné-
dictines.
6. Helgaud (Bouquet, Hist. de Fr., t. X, p. 112-113) donne plus de détails
sur l'église qu'il avait construite enl'honneur de saint Denis.
7. 11 est question de cette église au § 7 : « Sancti Martini aec-
clesia in Castro S. Saturi, at in area nostre portionis locata. » Il s'agit
ici de Sancerre, ch.-l. d'arr. du dép. du Cher, sur la Loire, à quelques lieues
de Châtillon-sur-Loire. — La reconstruction de cette église eut lieu vers
1022; cf. Cochard, Châtillon-sur-Loire, dans les Méin. Soc. archéol. Orléa-
nais,i. XIV, p. 126.
8. Très curieux renseignement sur la façon dont on aurait alors composé
le mortier. Parmi les ingrédients étrangers au mortier, on a cru devoir
noter aussi l'emploi du vinaigre au moyen Age. Voy. Quichcrat, Mél. d\ir-
chéol., p. 368, avec cette addition de M. R. de Lasteyrie, tirée du Roman
de la Rose :
[1005-1030] DE l'architectuke en frange 35
§ 52 ... Jam reedificato interioris claustri tecto, taberna-
culum deponimus, sacrosanctum mausoleum levamus davi-
ticamque urbemcum hymnis letitiae intramus, superque
altare sancte Crucis, in interiori cripta', collocamus... Qua
omni mundata basilica, necnoii in melius aliquantulum
reformata, ornantes faciem templi olosericis auleis^ et
multi generis ustensiliis sanctissimas reliquias loco depo-
suimus priori.
§ 53. Nempe artifices cellam dormitorii agredientes, dum
unus, Arnulfus nuncupatus, discurrit incautius, lapso pede,
deicitur ; confestim a Dei homine elevatus, tanquam nuUius
incommoditatis jacturam perpessus, ad socios revertitur.
Alter quoque, vocabulo Algesius, dum suggereret operis
. sumptus culinae fratrum artificibus, a summo labens cul-
minis XXX cubitorum altitudinis, merito hujus ter beati
illesus evasit-^.
§ 54. Tertius etiam, Archembodus vocitatus, dum, ad
dependenda majora signa, recenter beatae memoriae ...
constructa industria, quoddani lignum aptaret, a superiori
turris '* lapis immensi decidjt ponderis, miserumque inter
« Li murs ne doit pas faire faute
« Pour engirif; qu'on y puisse gitre.
« Car les destrenipa le mortier
« De forlvinaigre et chaus vive. »
« Le mortier employé dans les monuments romans antérieurs au xii*
siècle est quelquefois mélangé de débris de tuileaux, surtout pendant le
x' siècle et avant ; il est maigre, c'est-à-dire qu'il contient peu de chauï, et
celle-ci est mal cuite » (VioUet-le-Duc, Dict. de Varch. f'r., t. VI, p. 402,
V" Mortier).
1. On trouvera dans Enlart, Man. d'archéol. f'r., l. I, p. 252-253, l'énumé-
ration d'un grand nombre de cryptes romanes; cet auteur attribue encore
au XI* siècle l'époque de la construction de la crypte de Saint-Benoît.
2. Sur les voiles et tentures dans les églises aux xi" et xii" siècles notam-
ment, voy. la note que nous y avons consacrée précédemment; au sujet de la
décoration de l'église abbatiale de Saint-Florent, près de Saumur, voy.
supra, n" IV^.
3. Les chroniques relatent souvent des récits de miracles qui se seraient
produits à la suite d'accidents survenus pendant la construction d'édifices
religieux.
4. Pourl'époquedela construction de l'église de Saint-Benoît, voy. supra
nos observations jointes au texte n° 11 (cf. ihid., les remarques de M. A.
Marignan). Il nous semble que l'opinion de l'auteur du Dict. de Varch. fr.
ne doit plus prévaloir à ce sujet, car parfois des formes archa'iques se
continuent longtemps, notammentdans l'architecture monastique. « Parmi
les plus anciens clochers (de façade) couvrant toute la surface occupée
36 TEXTES RELATIFS A L'HISTOIRE [1003-1030]
scapulas ictum pêne exanimemreddidit. De ejus vita despe-
ratis omnibus, ad domuni propriam semivivus defertur ;
cujusinfortunio, beatuspater, comperto, accessit ad eum per
semetipsum, et inlirmi casibus, tanquam in se susceptis,
compatiebatur Sciensque iscriptum esse ^ : « Quanto
magnus es, in omnibus humilia te et coram Deoinvenies
gratiam », nuUum pretermittit diem, quin jjredictum visitet
lang-uentem. Victus subministrat alimoniam, et quasi operi
presentem cotidiani laboris làrgiri precipit mercedem.
Verumtamen expleto unius septimane spatio, pristine jam
redditus medele, gratiarum actiones reddit pro voto, dein-
cepsque aecclesiastico seletabundus mancipat servitio.
§ 56. Interea beati Pétri apostoli aecclesia ineendio ',
utdiximus, concremata, senioque annorum defessa, icta ven-
torumflabris, a fundamento corruit. Que in melius constru-
cta, aliptico-' scemate est eleganter deflorata^ a quodam
sancti martyris Juliani Turonice sedis monacho, nomine
par le porche, il faut citer, dit Viollet-le-Duc, III, 335 et s., art. Clocher
celui de l'église abbatiale de SaiTit-Benoît-sur-Loire, qui date du
XI' siècle » (cf. fig. 41-42) et les dessins d'ensemble, avec détails, dans
Gailhabaud, Architecture du V' au XV I" siècle). Sur la partie de cette
construction qui devait contenir les cloches, voy. ihid., les explications
données par Viollet-le-Duc. — Sur Saint-Benoît, voy. aussi Quicherat,
Mél., p. 142 et 143. Cf. Rev. de l'art chrétien (1900), p. 62-66. On n'a pas
assez remarqué qu'un document du Cartulaire de Saint-Benoît (copie
du xvii" siècle au.Y Archives du Loiret, p. 134, et aux Archives du Cher,
f. 46 v") nous fait connaître le nom d'un autre maître de l'œuvre de cette
église au xii" siècle, un religieux de l'abbaye du nom de Giraud « Girau-
dus, mayisler operis », qui figure parmi les témoins d'une charte de 1160
{Arch. hist., art. et tî«., 1889, p. 32 ; cf. Prou et Vidier, iiec. des ch.
de S^-Ben., n" CLXXII). La qualification de magister operis est déjà
appliquée vers 1144-1156 au moine Adam [Rec. cit., n° CXXXIX).
1. Ecclésiast., III, 20.
2. L'incendie de l'église Saint-Pierre est de 1026. « Le chœur et le narthex
furent reconstruits après cette date. La consécration eut lieu en 1029 », dit
Enlart, Man. d'archéol. fr., t. 1, p, 425. Pour nous, chœur et porche
actuels seraient de date postérieure (v. supr., p. 8, n. 2, ad fin.).
3." Les voûtes de l'église furent jpe/n/e.s à fresque par Odolric, moine
de Saint-Julien de Tours. C'est ainsi que nous croyons devoir traduire les
mots alipticum schéma (n" 56) et alipticum opus (n" 59). Le mot alipticuin
n'a pas encore été signalé ailleurs que dans la Vie de Gauzlin, mais un
ms. de Papias, cité dans le Glossaire de Du Gange, explique ainsi deux
mots se rattachant au même radical : /Utpie.9, sculptor vol plagarius, id
est plagas curans. Aliptina, sculpta, depicla » (L. Delisle, op. cit., p. 268).
— Etymologiquement, il s'agirait d'une matière (jui forme enduit.
4. On s'attendrait plutôt au mot reflorata.
[I00o-1030] DE l'architecture en FRANCE 37
Odolrico Hic, dum una dierum^ operisaccelerandi inser-
vit, evocatur ab eodem diiecto Ghristi. Qui, dnm aviinineo
festinatdescendereambulatorio-, rastrorum fidens scapulis,
<[uibus ascensus descensusque sat continuabatur difficilis,
uno eorum eliso, inter ipsius manus preceps humi dilabitur;
primoque podiis ipsius aecclesie mediestinus"^ inliditur,
ad extremum solo ac si moribundus deturbatur. Sed, pau-
lulum resumpto spiritu, a terra prosilit, signo se crucis
munit, et, quis eum subridens deposuisset cuni clainatione
interrogat frequenti, quia non solum omni corpore incol[u]-
mis, verum quolibet dolore apparebat extraneus omni-
inodis...
^5 37 . Geterum ipsius aecclesie faciem quibusdam mira-
culorum Apocalipsis Johannis theologi variari fecit hisque
versibus exornari :
Summus ab eterna delapsus nuntius aula
Tempora testatur divino examine claudi ...
s^ 39. Prefatus autem Arnaldus, post euni Floriacensis
loci rector constitutus, ... fratrum refectorium aliptico *
opère venustatum ex Esopi Greci fabulis, hos reciprocos
subtitulari fecit :
Vera placent odiis, mulcens l)landicio donis,
Sic hodie pravis, vera placent odiis-' ...
§ 61. Deinde prefatus pater Gauzlinus, quodam picto-
1. Peut-êlx'c faut-il corriger : Dam una die curae operis accelerandi
niservU (L. Delisle, op. cit., p. 310).
2. Echafaudage mobile, suspendu, fait avec des claies [vimineum). Cf.
infra le mot deambulalorium, dans le texte relatif à l'abbaye de Gluny,
avant 10 i9. Voy. la note que nous avons jointe à ce texte, à l'occasion de
ce terme dont l'emploi, dans cette acception, manque au Glossaire de Du
('ange et n'a pas encore été signalé, à notre connaissance. Il s'agit ici d'un
échafaudage probablement un peu en pente, avec plancher à claire-voie,
et paraissant avoir des réglettes en saillie {raslri\ dont la ruptuie était une
cause d'accident.
3. Peut-être inedieslinis [ihid.]. Cette correction paraît très probable.
1. Cf. supra: aliplicnin sc[h]ema.
.■). Les inscriptions en vers latins dans de grandes églises monastiques
étaient alors en usage. On en peut citer des exemples remarquables au
XI" siècle. Voy. ce que rajiportc la chronique du Mont-Cassin sur les tra-
38 TKXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1003-1030]
rum peritissimo a Langobardorum reg-ione^ ascito, nomine
Nivardo, insignis operis crucifixum componi precepit ...
5^ 62. Rursus Rodulfus, in onini arte fusoria peritissimus^
velut alter Beseleel-, tabulis hispanici cupri vario opère
inscul[p]tis chorum psallentium circumdedit, sumptus sub-
ministrante hoc venerabili pastore. Has et columnarum
sejunxerat intercalationibus, quas supradictus Nivardus
scalpro celeberrimi compserat edificii... Scabellum pediim^
marmor porfîreticum. Altaria etiam repperiens lapidea, effecit
niarmorea. Ipsum quoque ecclesie meridianum [introitum]
condolens latericiuni '^, post ignis incendium reliquit mar-
moreum, reverendi abbatis Adaelelmi '* monasterii sanctî
Karileffi indiistria compactum. Unde haec sing-ula perlus-
trans horis in competentibus, serio solitum dixisse fertur r
(( Urbem latericiam repperi, relinquam marmoream •'. n
Quod utique, fateor, fecisset, si in hac luce aliquanto eun\
manere licuisset
vaux accomplis sous l'abbatiat de Didier (1058-1087), éd. Wattenbach^
Mon. Germ. hist., Script., t. VII, p. 551-844. Pour le xii" siècle, voy. la
description que Su^yer nous a laissée de la décoration de son église abba-
tiale. (Cf. J. von Schlosser, Quelleiihuch ziir Kiinstgeschichle des abendL
Miltelalters.)
1. « Les rapports que Gauzlin entretenait avec l'Italie sont un point
dif^ne de fixer latlention du lecteur : c'est de ce pays qu'il fit venir ua
peintre et un ouvrier en mosaïque : c'est là qu'il acheta ou fit acheter des
ivoires et des pièces d'orfèvrerie ; c'est de là enfin qu'il tira ses marbres
et ses porphyres (^e dernier point nous rappelle qu'au siècle suivant, Suj^-er,
abbé de Saint-Denis, se disposait à faire venir de Rome les colonnes de
son église, quand il découvrit d'excellentes carrières aux environs de Pon-
toise » (L. Delisle, \'ie de GuiizUn..., op. cit., p. 270). — ^'oy. dans I^lmé-
ric David, Hisl. de lasculplure franc., p. 13 et s., des fragments de textes
intéressant la décoration des églises au xi" siècle [ars arlaloria opus aela-
torium, opus anacflyphiim).
2. Réminiscence'de l'Ecriture Sainte (Exod. XXXI, 2, et XXXV, 30). Bésé-
léel, habile artisan, est l'inventeur de l'arche d'alliance ; c'est lui « qui
accomplit son œuvre, dit la Hible, avec l'esprit de Dieu, et sut également
ouvrer l'or, l'argent, l'airain, le marbre, les |)i(frres précieuses et tous les.
bois différents. » On donna ce surnom dans le Palais Carolingien à Eginhard,
surintendant des bâtiments sous Charlemagne. Par >^uite de cette ancienne-
tradition, le même surnom fut donné à un laïque, Thietmar, qui aida,
saint Poppon de Stavelot à la construction de son église {Vita S. Pop-
ponis., c. 33) : « magister carpentariorum vel latomorum, Thietmarus.
nomine. »
3. Sur l'emploi de la brique dans les constructions religieuses au x' et
au xi° siècle, voy. J. Quicherat, Mél. d'archéol., p. 445 ; cf. ibid., les notes
de R. de Lasteyrie.
i. Adélelme, abbé de Saint-Calais ; cf. Delisle, op. cil., p. 315, n. 3.
5. Voy. inf'ra, l'extrait de la vie d'Odilon de Cluny que nous publions
dans notre recueil.
[1005-1030] DE l'architecture en frange 39
§ 64. [1027-1030.] — Igitur, anno dominice Incarnatio-
nis millesimo vigesimo septimo, indictione décima, infra
bienniumconflagrationistempli, uni versa in meliorem statum
sunt reformata cum beati Pétri, ut prelibatum est, basilica .
Sane ipsum propiciatorium g-loriose Virginis Marie ^ ...
lapideo postmodum venustavit fornice, cujus superficiem
musivi ornasset scemate, si Deus omnipotens ei contulisset
spatia prolixioris vite ; namque pro hujusmodi re ad partes
direxerat Remanie, opificemque hujus operis proximo pres-
tolabatur tempore.
VIII
lOOo-lOiO.
Historique ci description de la reconstruction de Véglise
abbatiale de Saint-Remi^ à Reims ^ par les soins des abbés
Airard et Thierri.
Histoviu dedicationis basilicae Sancli Remigii apiid Remos, ou Itinerarium
papae Leonis IX anno MXLIX in Galliam, auct. Anselmo, dans Mabillon,
Acta SS. ord. lienedicti, saec. VI, pars 1", p. 626-627.
(Cf. autres éditions. Mavlot^ Metropolis Remensis historia, 1. 11,1679, p. 88
et s. — Acta Sanctoruni, Holland., oct., I, 1S5 et s. — Migne, Patr.lat.,
t. CXLII,col. 1417 et s.)
2. Basilica - igitur gloriosi confessons Ghristi Remigii
corpore insig-nita, quae usque ad haec moderna perduravit
tempera, Remensium quondam archiepiscoporum studio
inchoata, et a venerabilis memoriae Ilincmaro eorum suc-
1. Ainsi, la chapelle de la Vierge ne devait pas être traitée avec moins
d'attention. La voûte en était terminée, et Gauzlin faisait venir d'Italie un
artiste chargé de faire un pavage en mosaïque, quand la mort le surprit en
1030 (L. Delisle, op. cil.}. Dans l'étude sur Saint-Benoît-sur-Loire, de
J. Casier {Rev. de Vart chrétien, 1900, p. 62-66), voy. ce que l'auteur dit de
Vopus Alexandrinum, p. 66 (fig.).
2. C'est à tort qu'on a prétendu que les reconstructions exécutées au
XI" siècle laissèrent subsister en grande partie un édifice antérieur qui
remonterait à l'époque Carolingienne (Conyr. archéol.de Fr., t. XLII, 1875,
p. 23 i-242). Anselme dit formellement, plus loin, que l'église d'Hincmar
fut détruite de fond en comble (eversa fiinditus).
40 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE | 1005-1 049 J
cessore consummata, anno Inc. Verbi octingentesimo quin-
quagesimo secundo ab ipso est dedicata ^. Quae quidem
non adeo operosi aedificii solidata est niunitione, quoniam
barbarae nationes per id temporis hanc infestantes provin-
ciam, frequenti incursione praefatos praesules ab hujus-
modi praepediebant intentione ; unde, intra centum quin-
quaginta et duos annos tanta est attrita vetustate, ut jam
ad casum propinquans repara tionem sui videretur exig-ere,
Anno vero dominicae Incarnationis millesimo quinto ...,
Airardus abbas ... cum sagaci intenderet animo plures
dominici gregis pastores sua aetate per Gallias enituisse,
qui ecclesias suas ex vetustate in potiorem statum studue-
rant reformare^^ deliberavit et ipse operam adhibere in ejus
quae sibi commissa eratrenovatione. Quapropter viris, qui
architecturae periti ferebantur, ascitis, futuri templi fabri-
cam ex quadris lapidibus erigere coepit a fundamentis,
multo quidem operosiorem illis quam praenotatum est in
Gallico regno renovatas, et ambitiosorem, ideoque sibi et
illius aevi honiinibus inconsummabilem. Nam, ubi per
viginti et octo fere annos pastorale officium administ ravit,
senio confectus, coeptoque operi finem non imponens, vita
decessit.
S. [Vers 1039.] — ... Abbati Airardo^... successit Theodo-
1. Ce document historique a été commenté par un excellent érudit,
M. L. Demaison, sous le titre de D<i<e de l'église de Saint-llemi-de-Reims,
dans les Trav. de l'Ac. de Reims, t. LXXl ('l883), p. 298 et s. (cf. Poussin,
Monoçfr. de iêcflise de Saint-Remi, Reims. 1857, p. 104 et s., qui en a
traduit plusieurs passages). Voy. aussi L. Demaison, L'éfflise Sainl-Remi,
histoire abrégée de sa construclion, dans les Trav. de l'Ac. de Reims,
t. CXI (1903), p. 278 et s. Le récit détaillé et fidèle d'un témoin oculaire
permet de rectifier les erreurs de VioIlet-le-I)uc sur la date du transept et
delà nefdeSaint-Remi(7Jtc<.(/c rarch. fr., t. V, p. 165 ett. IX, p. 217). Voy.
A. Gosset, Monographie de la hasiliniie de Saint-Remi-de-Reims, Trav.
de VAc. de Reims, t. XCIX, p. 291. Église Saint-Remi à Reims (album de
25 photogr. d'après Leblanc. 187 4, f" sans texte).
2. Ce passage confirme dune façon éclatante le texte de Glaber que
nous avons rapporté plus haut.
3. Airard, abbé de Saint-Remi de 1005 à 1034. Les parties les plus
anciennes de Saint-Remi, à savoir les fondations et les piliers de la nef,
viennent sans aucun doute de l'édifice commencé par cet abbé. Voy.
sur le caractère de ces piliers comparés à ceux du transept, L. Demaison,
op. cit., p. 306. Le récit d'Anselme est très-précieux pour les archéo-
logues.
[1005-1049] DE l'architecture en frange 41
rieuse Qui... deliberavit reparationi ecclesiae suae, quam
suus praedecessor incoeperat, manum perfectionis impo-
nere. Verum quia ^^rave nimis et inexplebile sibi illud
erat incoeptum, deliberatio quoque sua, si id intenderet
implere, videbatur non habitura effectum, Quocirca eorum
qui inter sibi commissos prudentiores habebantur, et
seniorum Remensis provinciae consilio usus, difïîculter
afj^gressus est inchoatum diruere opus : quo paene di-
ruto, et fundamentis quibusdam relictis 2, quae architectis ^
visa sunt necessaria fore futuris aedifîciis, divinam
domum coepit faciliori quidam structura, sed non indecen-
tiore construere, ut aspectum adhibentibus facile est
cernere. Qua incoepta féliciter, anno quinto suae ordi-
nationis, accensi sunt plures catholici viri fervore divinae
religionis, ut pro facinorum suorum abolitione paren-
tumque suorum, quorum corpora ibi humata erant, requie,
pro posse ad id opus condigna subsidia studerent suppedi-
tare. NonnuUi etiam de ecclesiastica familia suum auxilium
prom[p]ta impenderunt benevolentia, suisque plaustris et
bobus, tantis incoeptis competentia advexerunt onera ^ ;
sicque, fundamentis in quibus locis non erant locatis, et
columnis ex diruto priori aedificio competenter dispositis,
arcus super eas diligenter voluti^ consurgere, et basilicae
fabrica inter manus artificum coepit clarescere. Tune jam
vestibulorum '' parietibus undique erectis, et interioris
l.Thien-i, abbé de Saint-Remi de 103i à 1045 (L. Demaison, op. cit.). Le
reste des constructions romanes lui appartient ainsi qu'à son successeur
Hérimar. Les architectes du xii" siècle en ont fait disparaître une partie,
puis ont fait subir à la nef et au transept des modifications assez impor-
tantes ; mais on peut reconnaître leur caractère primitif.
2. Cette remarque est digne d'intérêt; le même fait dut se passer bien
d'autres fois, comme les archéologues l'ont observé.
3. L'emploi d'architectus, au lieu de latomus, ca.eimnla.rius ou operarius,
n'est pas du tout fréquent alors.
4. On trouve des exemples de ce même enthousiasme pour les cons-
tructions religieuses et de cette coopération manuelle pour des entre-
prises de ce genre, au xi' siècle, par exemple, à l'abbaye de Saint-Trond,
au diocèse de Liège (voy. infra.), puis aux xii" et xiii" siècles.
a. Arcus diligenter voluti, arceaux cintrés avec soin. On trouve dans
les textes, volvère, in arcuum modo transvolvere iahsidem, cryptam.locum),
volutio, iransvolutio,volutiira lapidea {ci. Du Gange, Gloss. lat., v° Arcus,
Volutio),
6. Par vestihula, M. Demaison a entendu les galeries des bas-côtés. Cf.
l'emploi de ce terme dans le texte sur Saint-Bénigne de Dijon (voy. supra.
42 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1005-1049]
templi fastigiis altius élevât is, vetusta ecclesia ab Hinc-
maro archiepiscopo, utdictum est, antiquitus dedicata, est
eversa funditus ; et vilis intérim tecti coopertoriolum ^
fabricatum super chorum fratrum, ubi absque inquietudine
ventorum et pluviarum divinis possent vacare laudibus.
Supra sepulcrum vero b^ati Remigii crypta consLructa est,
licet parva, ideoque toto corpori suo incongrua, pulcre
tamen columnis ^ etarcubus fulta ... Ejusdem loci praeposi-
tum, Herimarum •^nomine, adhuc vivens, sibi successorem
deleg-it : ipsum quippe quod habuerat in desiderio, credidit
adimpleturum strenue, qui sibi adjutor et cooperator exsti-
terat ante omnes in praefati operis exsecutione, maximaque
suppedita[vejratsubsidia, ex reditu villarum suae commis-
sarum providentiae.
6... Non diu passus est interruptum pendere memora-
bile coeptum sui antecessoris ; sed primo quidem dexteram
basilicaecrucem, maxima ex parte jam inchoatam, et sinis-
tram nihil adhuc praeter fundamenta habentem, cum
cocleis, quibus ad superiora '* esset ascensus, fecit edificari.
texte n» VI, § 3). Cette interprétation semble être exacte. On ne peut
interpréter ici vestihuliim par porche, signification qui convient à
l'emploi de ce terme dans la description des travaux de labbaye du
Mont-Cassin, sous l'abbé Didier (1058-1087), d'après Chron. mon. Cas.,
dans J. von Schiosser, op. cit., p. 20i, 205, 206. — L'église de Saint-Remi
était précédée d'une vaste cour : « Est autem ante fores basilicte quod-
dani spatiosum atrium... », dit Anselme, ibid., p. 630. « Il semble, nous
fait savoir M. Demaison, que ce ne soit pas là un atrium proprement dit,
mais une vaste cour, comprise dans les dépendances de l'abbaye, et qui
forme une place aujourd'hui.»
1. Intéressant détail de construction jjrovisoire.
2. On retrouve aussi à Reims dans cette église des piliers ronds dont la
circonférence est décorée de colonnettcs engagées, assez nombreuses pour
cacher entièrement le noyau circulaire auquel elles s'ajjpliquent (voy.
VioUet-le-Duc, DtcL d'a/-c"/i., t.'VII/i53et s. fig. 3 et 3'''% v° Pilier, et Enlart.
Man.d'archéol. f'r.,l. I, p. 325); d'après M. Demaison, ces piliers datent du
commencement du xi" siècle (dès 1005), car leui-s bases sont semblables
à celles des piliers de la crypte de Saint-Etienne d'Auxerre, et non de la
réfection qui eut lieu vers 1039. — Saint-Remi a-t-il eu des bas-côtés
doubles? Voy. Enlart, t. cit., p. 2 il. C'est une hypothèse de Viollet-le-
Duc que M. Demaison ne croit pas fondée.
3. Ilérimar, abbé de Saint-Remi de 1045 à 1070, selon M. Demaison.
4. « Nous pensons, dit M. Demaison, que ces derniers motsdésignent
particulièrement les deux tours du portail ; mais il y a aussi, du reste,
un escalier à vis dans l'aile méridionale du transept. » (Sur la forme
ancienne du transept de Saint-Remi de Reims, voy. Enlart., Man.
d'archéol. j'r., t. I, p. 235.) On a vu l'emploi des escaliers dans le docu-
[1005-1 OiD] DK i/arciiitectlrk en frange 43
Crypta autem quae super beati Remigii sepulcrum cans-
triicta fuerat, ([uia, ut superius relatum est, prae parvitate
sui, alterius operis incongrua videbatur, dirui, et aliam
eminentiorem fecit restitui. Deinde trabibus de saltu juxta
Orbacis * monasterium sito advectis fastig-ia ejusdeni
con[teguntur]2 templi'^ sicque decentissima domus tota
apparaît in partibus suis^.
ment concernant Saint-Bénigne de Dijon. Cf: « pro quadani [co]cfea, in
vulgari vocata ris. lapidea, existante in ecclesia Carnotcnsi. a parte reves-
tiarii, pcrlicienda » (Testanient de 1311 d'un archidiacre de Chartres,
dans Bultcau, Mon.de l,i calh. de Chartres, deuxième éd.. t. I, p. 136). La
k'gende du plan de Saint-Gall, qni indique deu.x tours à l'entrée de l'église,
s,cxprimc déjà ainsi : « ascensus per cocleam ad universa super inspicien-
da...» ic'est-à-dire escalier en escargot).
1. C'est l'abbaye bénédictine d'Orbais, au diocèse de Soissons, aujour-
d'hui dans l'arr. d'Epernay (Marne .
2. Au lieu de contetfuntur que donnent Marlot et les niss., on lit dans
Mabillon conseqiiunliir, leçon évidemment fautive.
3. La dédicace de l'église de Saint-Renii eut lieu au commencement
(l'octobre 10 i9, eri présence du pape Léon IX (voy. le i-écit d'Anselme, p. 62,s
et s.). Pourles travaux exécutés à Saint-Remi au xirsiècle.on devra consul-
ter le texte des lettres de Pierre de Celles. Déjà, vers la lin du xi' siècle,
l'église avait été ornée d'un pavé de mosa'iquc. grâce à la libéralité de
son trésoi'ier Gui. I>a description en a été conservée par Hergier, Les
grands cheminsde l'Empire romain, qu'on trouve dans l'éM. de 1728, p. 201 ;
et par Marlot, //(S<. </e... lieims. t. II, p. Jl2-5(il. — Cf. Annal, archéol..
t. X, p. 61 ; voy. R. de Lasteyric, Eludes sur la sculpl. fr. au moyen âge,
p. 18. Signalons toutefois que Longuet {Congr. arcli. de Erance, vingt-
huitième session à Reims, p. 17 et s.) rajeunit de près d'un siècle l'âge de
ce pavement (A'acandard. Vie de sainl Bernard, t. I, p. 117, n. 2).
4. On a d'autres témoignages importants de la reconstruction des églises
de Reims dans la deuxième moitié du xi' siècle voy. Demaison, o/). ci7.).
L'archevêque Gcrvais. dans une chartede 1067 [Orig. — Arch. de la ville).
parle ainsi de la réédification de l'église Saint-Denis ; « Beati Dionisii,
que jam pêne annullata fuerat, aecclesiam renovare apposui... Restau-
rationis opus operosiore structura, Dei présente gratia, adimplere non
distidi, destructa reedificans, que fundata non erant a fundamentis consti-
tuens. «
Un diplôme de Philippe P'(s. d. vers 1067) donne les détails suivants sur
l'état de ruine de cette église et sur les travaux de Gervais {Arch. de
Reims, f. de Saint-Denis) ; cf. Marlot, Melr. Rem. hisL, t. II, p. 139-141 :
« Locus... ad tantam reclactus est penuriam, ut tecto vetustate consum-
pto, parietibus incuria dissipatis, in quodamejus angulo altai-e unum vix a
pluvia protegeretur... Coepit igitur [Gervasius] parietes gelu et ymbri
exesos renovare et cxaltare, tecta altiora erigere, et opus priori sump-
tuosius multo atque venustius vigilantia instanti aedificare. » Un autre
diplôme de Philippe P% de 1066, nous renseigne sur la reconstruction de l'an-
cienne basilique de Saint-Nicaise, fondée au iv" siècle par Jovin, sous le
titre de Saint-Agricole: « Ecclesia in suburbio Remensi posila, miro opère
quondam a Jovino praefccto aedificata, ab eo [Gervasio] inventa est vetus-
tate et incuria magna parte consumpta... Studuit quae in ea omnino cor-
ruerant a fundamentis restaurare, quaesemirupta pendebant artificio quo-
dam rcdintegrare, et inspeciem novi operis ruinosam ecclesiam decentis-
simc reformare » (Marlot, op. cil., t. I, p. 620).
44 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1005-1077]
IX
Vers 1005-1077.
{^contribution personnelle apportée par des moines et des
abbés aux travaux matériels de construction [maçon-
nerie transports, de pierres) dans divers monastères,
notamment dans les abbayes de Saint-Vanne de Verdun,
en Lorraine, et du Bec, en \ormandie.
Chronicon Hugonis... abb. Flaviniucensis ^ , \ih. II, dans Mon. Gerni.
histor., Scr., t. VIII (1848), p. 373.
(Cf. autres éditions. Labbe, Nova Bibl. mss., t. I, 1657, p. 161. — Migne,
Patr. Int., t. CLIV, col. 206 et s.)
Clarebat ubique nomen Richardi, [abbatis Virdunen-
sis-]... Videfts autem ecclesiae suae vetu.stissima et pêne
jam diruta sarta tecta ', delegit eis dejectis ampliora jacere
fundamenta, et in melioreni statum et nobiliorem novam
compilare basilicam, quod et brevi actum est. Turres enim
ecclesiae ipsius doninus Fredericus ex suo fecit, et cella-
rium et refectorium fratrum. Dormitorium vero cnm dejec-
tum restrueretur et necessaria domus pararetiir, nec posset
nova parari, nisi vêtus mundaretur, accersitis quorum esset
operis et studii id explere, cum aliqui illorum, ut assolent,
erubescerent, et manus apponere in subyehendo quod niun-
dabatur subterfugerent, vir humilitatis et gratiae, Frederi-
1. Sur Ilugue de Flavif^ny, né à Verdun vers 1065, voy. Molinier, Sources
del'hisl. de Fr., t. II, p. 307.
2. Richard, abbi!- de Saint- Vanne pendant les années 100i-]0l6. d'après
la (iallia chrisliana. ^ oy. aussi les rappi-ochements faits par Godefroy
Kurtii au sujet de cette abl)aye, d'après la Vila S. Richardi (c. 14, p. 287),
dans son étude surA'«/(/er de Liège.. .^ t. I. 1905, p. 306.
3. Cette expression d'orij^ine romaine désij^ne les i-éparalions, et par
suite l'entretien dun édifice (voy G. ilirschfeld. Die kaiserlichen Ver-
waltungsheamten bis an/ Diorlelian, ileuxicmc éd. 1905), p. 2,')8-25!t, n. I).
On la rencontre quelquefois dans les chroniques du moyen âge.
[1005-1077] DE l'architecture en frange 45
eus, vere monachus, terrae fossor accessit, et quod effossum
est onere facto exportavit. Quis jam similia facere erubes-
ceret, cum videret Fredericum ^, comitis fîlium, fratrem
duorumducum, imperatorisconsanguineum, et fecisseet non
erubuisse? Fecit et huic siniile opus in turrium - exstructione.
Cum enim jam in altum structura porrigeretur, et stru-
mentum illud, quod avis '^ nominatur, subvectione caementi
aptatum perpauci essent qui ferrent, his qui huic officio
erant deputati alias, ut credimus, occupatis, videns vir
beatae memoriae quemdam de nobilioribus astantem, ut
sumeret ligneum illud instrumentum, et caementum collo,
ut moris est, subveheret ammonuit. Qui cum erubesceret,
et suis id natalibus incongruum adstrueret, vir mitissimus
cervice subposita quod rogabat primus implevit. Ac deinde,
porrecto juveni instrumento eodem, suo docuitexemplo^, ut
disceret facere quod fecerat comes, comitis filius, nec
erubesceret, si ei improbaretur factum, quod constaret ab
ipso quondam comité primitus nctitatum '...]
Willelini Genielicensis^ Ilistor. Normann., 1. V'I, c. ix, dans Duchesae,
Ilistor. Normann. script, antiq. (1619), p. 261 et s.
(Cf. autre édition. Migne, Pair, lat., t. CXLIX, col. 839 et s.)
[Avant 1034-1077.] — Protinus in villa quae dicitur Bur-
1. Frédéric, comte de Verdun, frère du duc de Lorraine Thierry !«'.
2. Il s'agit de tours en pierre, par opposition aux tours en bois, fréquentes
à cette époque « : contractis undequaque niultis operariis, sua industria
tiirres lapideas. . . construxit» {Vila S. Richardi, c. 10, p. 285.
3. On a donné en français le nom cVoiseau à l'instrument dont les
manœuvres se servent pour monter le mortier.
'i . Cf. le texte relatif au travail matériel des moines bénédictins de Sainte-
Marie de Pomposa (dioc. de Ravenne), sous l'abbé Gui (10 56.) : « Fratribus
operantibus aliquando crates lapidum ruderibus graves, non sine diaboli-
co inslinctu, de superioribus mûri ruerunt in terram. In quo casu quidam
ex operariis, quia supererant cratibus, delapsi ad ima... quidam vero dum
corruentes muro tignisquealiquibus iuhaerent... » (Act. SS. 0 . B., t. VIII,
p. 449; cf. Alb.Lenoir, /lrc/it7ec/iire monastique, t. I (1852), p.36-.^9 (Archi-
tectes et ouvriers), et Ann. archéol., t. VI (1847), L'art et lesmoines, parM.
de Montalembert, p. 121 et s., avec des extraits de textes du moyen âge).
5. Le § 8, p. 373, renferme des détails sur l'église : « Edificata igitur nova
aecclesia, majori ambitu et eleganliori opère, ad dexteram, ad laevam cru-
cis monasterii. »
6. Moine à l'abbaye dont il a pris le nom, Guillaume dédia son Historia
Xormannorum à Guillaume le Conquérant (f 1087), au plus tôt vers
l'an 1070.
46 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1003-1077]
nen villa ^, [Herluinus] 2 extruendum servitio Dei opus
arripuit non parvum, brevi peractum. Ipse non solum operi
praesidebat, sed opus ipsum effîciebat, terram fodiens, fos-
sam efferens, lapides, sabulum, calcemque humeris com-
portans, ac ea in parietem ipsemet componens, Quibus alii
horis aberant, ipse congerebat quae ad opus exigebantur,
excludens otium ab omni parte diei ... Avulsit ... pater-
nas domos, unde servorum Dei habitacula construxit.
Sacrata vero quam construxit ecclesia ab episcopo Lexo-
viensi Herberto... saecularem habitum deponens, ab eodem
pontifice sacrae habitum religionis accepit ... A rivo illic
mananti Beccus^ appellatur, ad milliarium a Castro quod
vocatur Brionnium.
[1039.] — Est hic locus in ipsosaltu Brionnensi, valle ima,
montibus saltuosis hinc inde conclusa, omni opportunitate
humano usui commodus ... Trium tantum molendinorum
très domus illic erant, et solum habitabile permodicum.
Gonsecrata, paucis extructaannis, non parva ecclesia, colum-
nis ex ligneis claustrum construxit ... Ortus Italia qui-
dam vir erat ... nomine Lanfrancus. Is, patria egressus ...
Beccum ... adiit, quo nullum usquam pauperius aestima-
batur vel abjectius coenobium. Forte tune abbas exs-
truendae fornaci occupatus, ipse operabatur manibus suis.
Cujus humilitatem animi, sermonisque dignitatem ille
plurimum veneratus et amans, monachus ibi efficitur ...
Ditatur... Beccensis locus ornamentis, possessionibus, per-
sonis nobilibus et honestis ... Adunatam ... illic fratrum
multitudinem, quia domorum spaciositas jam capere non
valebat, et quia situs loci degentiumincolumitati contrarius
existebat, venerabilis Lanfrancus abbatem Herluinum de
majoris monasterii et ofîîcinarum aedificatione compel-
lare coepit. Nolente illo aliquatenus acquiescere, divino
1. Bonneville, cant. de Monlfort, arr. Pont-Audenier (Eure), d'après
Porée, Ilist. du Bec. t. I, p. 35 ; il y a aussi Hournainville, arr. Bcruay-
2. Hellouin, né près de Brionne (99 i), seigneur, puis abbé fondateur
de l'abbaye du Bec (avant 1034), mort en 1078.
3. Bec(Le), auj. Bec-Hellouin (Le), cant. de Brionne, arr. Bernay (Eure).
[1005-1077] DE l'architecture en frange 47
nutu monasterii presbjterium corruit. Tandem victus ...
in salubriori muliuni situ nova inchoavit ; monasterium et
officinas, opus pergrande, dignum, cujus dignitati ditiores
multae non accedunt abbatiae ... Post triennii vero com-
pletionem, sola necdum compléta basilica, venerabilis Lan-
francus, coepti operis institutor ... ecclesiae Gadomensi
abbas praelîcitur ... nova necdum sacrata erat ecclesia ...
Igitur X kal. novembris, anno ab Incarnatione Doniini
MLXXVII... pontifex Lanfrancus advenit, consecrando con-
summaturus ecclesiam, quam, inspirante Deo, inchoavit et
in cujus extruendis fundamentis lapidem secundum ipse
manu sua imposuit ... Infra sedecim annos, solis pauperum
expensis, complevit monasterium cum omnibus officinis,
opus pulchrum et maximum^.
X
1007-1020.
Observations de Bernard -, écolàtre d'Angers, sur la repré-
sentation des saints par la statuaire et la peinture
murale dans les églises. — Le château et le donjon
de Castelpers, en Rouergue ; ses défenses naturelles '
détails sur sa disposition intérieure.
Miracnla Sancle Fidis , lib. I, c. [xiii], et [xxxiii], éd. A. Bouillet, d'après
le ms. de la bibliothèque de Schlestadt, p. 46-49 et 79-82.
(Cf. autre édition. Migne, Pair, lat., t. GXLI, col. 148-149.)
1 . Cf. le texte suivant relatif à un autre Normand, Ilugue, abbé de Scl-
by, dans le Yorkshire, en Angleterre (après 1096) : « Ecclesiae quoque sed
et omnium officinarum i-egularium fundamenta, in loco ubi nunc abbatia,
devotus architectus, ipse locavit : nam, usque ad suum tempus, omnes
officinae hy|/ieae fuerant. . . Quotidie siquidem cizciiiio indutus operario,
lapides, calcem et quaeque operi necessaria, humeris suis supposita, cum
cœteris operariis ad murum soiebat advehere, et omni sabbato mercedem
sibi, sicutunus ex operariis, accipiens, pauperibus erogavit, ut illud scilicet
impleret, quod scriptum : De lais justis lahoribiis da pauperibus » {Histor.
Selehiensis monast., auct. anon., dans Labbe, Nov. Bibl., t. I, p. 607; cf.
A. Lenoir, op. et t. cil., p. 37 et 38.)
2. Sur Bernard, écolàtre d'Angers, voy. la Préface de l'abbé Bouillet.
Il était, selon toute probabilité, originaire d'Angers et élève de Ful-
bert de Chartres devenu, en 1007, évêque de Chartres. Vers 1010, il fut
48 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1007-1020]
1
[XIII.] QUOD SANCTORUM STATUE, PROPTER INVINCIBILE»
INGENITAMQLE IDIOTAROI CONSUETUDINEM, FIERI PERMITTANTLR,.
PRESERTI3I CUM NlCHIL Olî ID DE RELIGIONE DEPEREAT^ ET DE
CELESTI VINDICTA.
... Est... vêtus mos et antiqua consuetudo, ut in tota
Arve[r]nica patria, sive Rotenica vel Tolosana, necnoii et
reliquis nostris his circumquaque contig-uis, de auro sive
argento seu quolibet alio métallo, sancto suo quisque pro'
posse statuam erig-at, in qua caput sancti vel potior pars
corporis venerabilius condatur. Quodcum sapientibus videa-
tur haud injuria esse supersticiosum, videtur enim quasi
prisée culture Deorum vel potius demoniorum servari ritus,.
michi quoque stulto nichilominus res perversa legique
christiane contraria visa nimis fuit, cum primitus sancti
Geraldi ^ statuam super altare positam perspexerim, auro
purissimo ac lapidibus preciosissimis insignem et ita ad
humane figure vultum expresse effîgiatam, ut plerisque
rusticis videntes se perspicaci intuitu videatur videre,
oculisque reverberantibus precantum votis aliquando placi-
dius favere. Moxque Bernerio^ meo mea culpa subridens
latino sermone in hanc sentenciam erurapo : « Quid tibi,
frater, de ydolo ? An Juppiter sive Mars tali statua se
indignos estimassent ? » Ibi tum Bernerius, jam sententia
ductus, satis ingeniose delusit, satisque sub laude hanc
appelé par Hubert de Vendôme, évoque d'Angers, pour dirifçer l'école
épiscopale. — Sur le voyage de ces deux clercs angevins à Conques et
leurs si curieuses réflexions devant les reliquaires anthropomorphes
de sainte Koy, vers le moment d'une première expansion de la statuaire
française, voy. A. Michel, Hist. de iart..., t. I, 2° part. (1905), la sculpture
romane, p. 592-59 4 .
1. « Bernard d'Angers ne nomme pas la ville d'Aurillac, où il se trouvait
en ce moment. Géraud — Geraldus — avait été comte d'Aurillac. Il mou-
rut en 909. Il avait i'ondé à Aurillac une abbaye bénédictine qui prit son
nom. Son corps fut enseveli dans l'église, auprès de l'autel de saint Pierre
d'Aurillac »(Note de Bouillet, op. cit., p. 47).
2. Cet écolâtre du nom de Bernier avait accompagné Bernard dans son
premier voyage à Conques, voyage suivi de deux autres, le dernier en 1020.
Voy. Bouillet, Préface ; cf . Histoire littéraire, t. VII, p. 308-310.
[1007-1020] DE l'architecture en frange 49
vitupéra vit. Nec prorsus immerito. Nanti, ubi solius summi
etveri Dei recte ag^eiidus est cultus, nefarium absurdumque
videtur g-ypseam vel ligneam eneamque formari statuam,
excepta crucifixi Domini. Gujus imago ut alFectuose, ad
celebrandam 'Dominice passionis memoriam, sculptili sive
fîctili formetur opère, sancta et universalis recipit Ecclesia,
Sanctorum autem memoriam humanis visibus vel veridica
libri scriptura, vel imagines umbrose coloratis parietibus
depicte tantum debent ostendere. Nam sanctorum statuas,
nisi oh antiquam abusionem atque invincibilem ingeni-
tamque idiotarum consuetudinem, nulla ratione patimur...
Sancte Fidis imago nichil est quod destrui vel vituperari
debeat, cum nec quisquam ob id in antiquum errorem
relabi, nec sanctorum virtutes inde minui, nec etiam quip-
piam de religione propterea videtur deperire.
[XXXIII]. De eo qui, premonitus a sancta Fide, per
FENESTRAM TURRIS EVASIT
Miles quidam, qui erat in captione in pago
Rotenico, Castro Perso ^, sub dominio Amblardi cuj us-
dam nobilissimi viri, datis pro se obsidibus, ad sanctam
Fidem, quasi aliud negptium acturus, quod potuit occul-
tus venit. Deinde statuto placito, sese in captionem rece-
pit. Unde qualiter post aliquantum temporis divina institu-
tioneevaserit, dicendumerit. Sedprimum terre illius situs et
qualitas paucisverbis repetenda. Estpatria peromnia mon-
1. Ed. Bnuillet, p. 79 et s.
2. « Castclpers, aujourd'hui village de la commune de Saint-Just (canton
de Naucelle, arr. Rodez, Aveyron), situé sur un rocher escarpé, au con-
fluent du Céor et du GifTou. Le château de Castelpers, dont il ne reste
aujourd'hui que des ruines insignifiantes, donna son nom à une des plus
anciennes baronnies du Rouergue, dont il avait été le berceau. Nous
savons par l'Histoire de Languedoc que Pierre, sire de Castelpers, fit en
1077 une donation à l'église cathédrale d'Albi (t. II, Pr.. col. 296. -^ Cf. de
Gaujal, Élnden hisl. sur le Rouergue, t. IV, p. 36i. — De Barrau, Docu-
ments hisl. et génèal. sur le Rouergue, t. I, p. 697). » (Note de Bouillet,
op. cit., p. 79.)
50 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1007-1020]
tuosa, et etiam per loca horridis scopulis adeo édita, ut vix
visus altitudinis vastitate queat exaturari Sed quia, ut
diximus, montium scopulorumque dissimilitudine a nostro
solo discrepat, ideo contig-it ut prenominati oppidi struc-
tura, super excellentissime rupis soliditatem fundata, per
spaciosum aeris inane longe eminentior exsurgat, Porro
, oppidanorum mansio de parte illa habetur que planior
habitabiliorque videtur, habens arcem erectam in editiore
loco, ad illam videlicet plagam qua altioreruitur precipitio.
De qua etiam parte in sunimo turris solario herilis caméra
erat, ubi ipse héros cum familiaribus sopitus placidum
carpebat pectore somnum. Extra quam cameram in eodem
solario de parte reliqui municipii, captivus quem dixi pon-
derosa mole ferri cruribus innexus, trium vernaculorum
custodia servabatur K Huic sancta Fides jamdudum ad se
querelosis vocibus exclamanti jamque pêne desperanti,
sopitiscustodibus, corporali specieconspicabilis apparuit ...
Quare igiiiir, inquit, longas moras innectis ? Perrumpe
per médium camere, ac per siimmas turris fenestras
elahere clauso ostiolo in conclave se recipit Et sic,
tandem cum mag'na difficultate penetrato cubili, ad ipsas
fenestras substitit, casus altitudinem vehementer expaves-
cens ... Ad extremum ille in miserabib positus discrimine,
assumpta audacia ac posito corde in periculo, pedes pri-
mum per fenestram emittens foras, se totum vasto crédit
precipitio. Sed numquam mollius suaviusque sua pensilis
pluma Sardanapalum fovit, quam hune durissima rupis
excepit. Adeo divina subportante virtute, ut, cui natura
negaverat alas, hic plane volare, non cadere videretur.
Quo miraculo factus securior, etiam multo profundioris
precipitii saltum addere non dubitavit. Nam de summis
scopulis super quos arcis tota moles innitebatur, super
inferiores ruens, ad certissimum terre solum tercio saltu
perlabitur
1. Ce passage nous montre que les prisonniers retenus dans les châteaux-
forts n'étaient point toujours relégués dans des cachots souterrains, mais
qu'ils pouvaient être alors enfermés dans une partie des étages supérieurs
(m stimuio liirris solario).
[1008-1026] DE l'architecture en France 51
XI
1008-1026
Changement (l emplacement du château de Thro, non loin
de Ploënnel, en Bretagne, par Guéthenoc, vicomte de
Porhoët ; consultation des moines de Bedon sur le
moment et le lieu qu'il doit choisir pour ce transfert ; don
d'une table d'autel d'argent doré, avec cens annuel de
cinq sous sur son nouveau château, auxdits religieux
qui s'engagent à veiller sur la sépulture commune de sa
famille; en cas d'agrandissement de remplacement du
château, promesse de leur réserver unpetit monastère y pré-
liminaires de la construction ; fixation d'un pieu sur le
lieu de la nouvelle construction, et fondation de la cha-
pelle seigneuriale de Saint-Sauveur.
Orig. aux Arch. départ. d'IUe-et-Vilaine, sér. H, abbaye de Redon,
prieure de S" Croix, et n» CCXCII, fol. 140 V, du Cartiilaire général
du Morbihan, par L. Rosenzweig, t. I (1895), p. 11 et 123 '.
(Cf. Cartiil. de l'abbaye de Redon en Bretagne, par A. de Courson, 1836,
p. 211).
Florente adhuc mundo et fide vigente, vir quidam multe
nobilitatis et sagacitatis, Guethenocus, vicec(h)omes de cas-
tello Thro^, cog-itans ipsum castelluni de suo loco mutare-^,
audivit omnem plantacionem quam non plantât patei* cae-
le.stis esse eradicandam. Divino spiritu instinctus, adiit
1. Cet acte est reproduit deux fois dans le Cartulaire de Rosenzweig,
à la p. 123, il est mentionné sous la datede lOiO environ. Cf. dom Morice :
t. I, Pr., col. 361. Voy. Halgouët (du), Essai sur le Porhoët (1906), p. 15.
2. Le château de Thro a été appelé Château-Josselin dans le cours du xi"
siècle (voy. infra l'acte de 1066-1082). Josselin est aujourd'hui ch.-l. de
cant., arr. Ploërmel (Morbihan).
3. ^'^oy. infra, pour le xn'= siècle, l'acte de 1114 relatif au changement
d'emplacement du château de Gumont et à la cession de l'ancien emplace-
ment à l'abbaye de Saint-Martin de ïuUe (Bas-Limousin).
52 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1008-1026]
Rothonenseï Ghristi cenobium quod regionis hujus obtinet
principatum, consulens fratres qua die etqua hora et super
quod fundamentum castellum suum edifîcare deberet. At
illi Ghristum omnium, bonorum fundamentum esse dixe-
runt, et quicquid super hoc fundatumest cadere non posse.
Quo audito, venerabilis proconsul honoravit sanctum locum
dig'no honore : nam, apposita altari Salvatoris' tabula
arg-entea eleganter deaurata, commendavit semetipsum et
omnia sua orationibus fratrum peciitque ab eis corpus
suum, dum vita excederet, et heredum suorum, sicut mos
erat Britannie nobiliuni, in eodem loco sepeliri. Castellum
etiam aedificandum Christo Domino et ejus ecclesiae
Rothonensi subjugavit, et censum, id est, quinque solidos,
unoquoque anno, monachis de eo reddi constituit. Vovit
quoque ut, si aliquando castellum ita amplificaretur, quod
cella'^ monachorum in eo posset construi, nulli alii aeccle-
sie daretur nisi ecclesie Salvatoris, Quod obstinata male-
dictionis sentencia contestatus est, ne quis ex progenie sua
scienter violare presumeret. Facta sunt autem in aecclesia
Salvatoris, teste Deo et omnibus sanctis ; sequenti vero
die dominica, hora prima, fîgens palum '* in castello edifî-
cando, ut mos est, capellam in honore Sancti Salvatoris
fundavit, et supradicta omnia, coram hominibus suis qui
aderant, confirmavit^.
1. Aujourd'hui Redon, ch.-l. darr. d'IUe-et-Vilaine, à 60 kil. S. O. de
Rennes. Cf. la carte de la Bretagne armoricaine (avec ses principales
divisions ecclésiastiques et civiles) dans la susdite édition duCartul.de
Redon.
2. Ce vocable était le même que celui de l'église abbatiale de Redon.
3. Petit monastère de religieux (cf. A. de Courson, op. cit., pa.ssim). Sur
les chapelles de châteaux, voy. Viollet-le-Duc, Dict.de Varch.fr.., t. II, p. 439.
Cf. sur les églises castralex en Flandre, l'étude de M. Pirenne sur les Villes
Flamandes avant le XII' siècle {Ann. de l'Est et du Nord, t. I, 1905, p. 9 et s.).
4. Ce détail technique, concernant la cérémonie solennelle de la fixation
de l'emplacement du château à élever, est rare dans les textes.
5. Le Cartulaire de Redon contient, entre autres mentions d'arts et
métiers, celles d'ouvriers en fer. ferrarii, de charpentiers, carpentarii, de
maçons, cementarii. De Courson signale le terme niinlerii, qu'il rapproche
de cementarii, sans en expliquer l'origine {Proléqom. Cart. de Redon,
CCLXXXIX). En 1104, la mention de Petriis c/meniartiis semble bien être,
si l'on en juge par le contexte, celle du moine de Saint-Sauveur de Redon.
Cf. Proleçfom., ibid., p. ccxi, une notice chronologique sur les châteaux
construits dans quelques cantons de la Bretagne aux xi' et xii* siècles.
[1009] DE l'architecture en FRANCE 53
XII
Vers 1009.
Donations de divers domaines ruraux faites par Rudall
et Orscand, fils et petit-fds de Vévêque de Vannes,
Orscand le Grand \ à Saint-Cado en Belz, ancien
prieuré de Sainte-Croix de Quimperlé, dans la Basse-
Bretagne ; lesdits actes contenant la mention de monu-
ments mégalithiques et menhirs, debout et renversés,
ainsi que de ruines romaines, dans cette partie de la Cor-
nouaille armoricaine .
CartuLiire de l'ahhai/e de S'^'-Crolx de Quimperlé, par L. Maitre et P. de
Berthou. 2' éd. (1904), n" GII, p. 256-237, et n» CIII, p. 257-258 {Biblio-
thèque bretonne armoricaine, fasc. IV).
1. [de Sancto Catlodo]. — Rudalt, filius Mag-ni Orscandi,
Venetensis episcopi, dédit Sancto Gatuodo - in abbatia sem-
piterna, cum omnibus redditibus villam in prospectu maris,
ubi cadit predictum flumen Ectell in mare, scilicet in
degutorio -^ quod cadit in predicto flumine Ectell, inter
ipsam villam et villam que Mellionuc ^ nominatur. Mar-
chasii quoque dimidium est Sancti Catuodi
Et in capite marcasii levât fossa'' per montem Haelgo-
ret, que recte vadit quasi ad orientem, et antequam per-
1. Orscand II, dit le Grand, cvcque de A'annes, mort avant 1009.
2. Saint-Cado, village et île sur l'Étel, en breton Enes Caduod, en Belz.
Ancien prieuré donné à l'abbaye de Sainte- Croix de Quimperlé, en 1089,
par le duc Alain IV (voirie n° CVII du Cartulaire).
3. Il s'agit du déversoir du Sach. Près de là se trouvaient des endroits
bas et humides, terres noyées ou noues, nodae, nodulae, et des mares,
marca.siu.s, marchasia. marchasinla.
4. Aujourd'hui Er Velionec, village en Belz.
5. Ici commence une délimitation de terroir (divisio). avec orientation,
qui est curieuse à suivre. (Cf. les t«^xtes antiques, De condilionibus agro-
rum, dans les Gromaticiveteres, éd.LachmannetRudorff, 1. 1(1848), passim.)
o4 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1009]
venit quasi ad acervumpetrarum ', curvat parumper quasi ad
horam terciam, et statim iterum curvat quasi ad caudam
ipsius ville, ad ipsam petram jacentem^, in quo calcaneus ^
locus est, et paulo post recurvat in sinistro ad unum mar-
casiolum, relinquens illum in dextro ad caput duarum
nodarum, tune relinquens nodam que vadit ad puteum,
tenens nodam unam cum fossa contra horam terciam,
usquedum pervenitur ad ipsum locum ubi très fossae
simul adveniunt, et tune vadit fossa Sancti Catuodi quasi ad
horam nonam per abrupta loca usquedum pervenit ad unam
nodulam. Tune namque fallit fossa et accipitur nodula per
ipsam petram^ que est in ipsa nodula, in directo transversa,
et postea recte vadit per marcassium usque ad mare.
2. [Alia cartula de Sancto Catuodo]. — Sed et predictus
Orscandus"' post decessum patris sui Rudalt 6, contulit
Sancto Catuodo quartam partem Ville Romanorum ^, cum
quarta parte ortorum ipsius ville et cum quarta Ville
parte Prati
Et hec est divisio ^ ipsius terre : ab ipsa petra stantiva '^
in via que ducit de matre ecclesia ad Sanctum Germanum,
1. Il s'agit d'un monument mégalithique. « H y a aux environs de Saint-
Cado en Belz, beaucoup de monuments mégalithiques qui peuvent être
qualifiés acervi petrariim ■> (note des éditeurs du Cartulaire, p. 257).
2. Il s'agit d'un menhir renversé (voy. loc. cit.). Le qualificatif jacens
s'oppose ici à celui de slaiitiva, qui est appliqué plus loin à un menhir
debout.
3. C'est-à-dire terrain calcaire.
i. Autre monument à noter au point de vue archéologique. Cf. la savante
préface dudit Cartulaire, p. 40.
5. Orscand, dont il est parlé ici, était le troisième fils de Rudalt, fils lui-
même de l'évêque Orscand le Grand.
6. Rudalt que ce texte mentionne est le donateur de l'acte précédent.
7. «Aujourd'hui Magourin, village en Belz, près de Kericune et à côté
de Kerbrévost, villapreposilorum de Bels (voy. dans ce Cartul., lenoCXII).
Dans les villages au nom dérivé de tnoger, muraille (que l'on rapproche
du latin maceria), comme Magouer, Maugoer, Magouiro, Magourin, Moge-
riou, etc., on trouve généralemenl des ruines romaines. Quant aux
villages dits Keroman, Keromen, rien ne prouve que leur nom puisse se
traduire par Villa Romanorum, et d'ordinaire leurs environs ne ren-
ferment pas de vestiges gallo-romains. » (Note de M. Le Pontois, repro-
duite par les éditeurs du Cartulaire, p. 258). — Villa Prati, auj. Kerprat.
8. Il s'agit encore ici d'une délimitation intéressante à mentionner.
9. C'est-à-dire : menhir, pierre debout; cf. supra, par contre: petra
jacens. Du Cange a donné dans son Gloss. lai. tout ce passage, v° Stanti-
vus. — Voy. Rosenzweig, Rép. arch. du Morbihan, passim.
[1009] DE l'architecture en FRANCE 35
usque ad pratum, et tune tenens pratum una cum fossa ^
usque ad matrem villam. De matre autem villa vadit fossa
■contra meridiem, et antequam perveniat ad puteum Calvi,
fossa simul et via que ducit de matre ecclesia, usquedum
pervenitur ad petram stantivam^ longiorem, que est in via
ubi cepit divisio, sicut jam scriptum est...
XIII
Vers 1010-1029 2.
Description de ré(jUse de Saint-Aignan, à Orléans, recons-
truite par les soins du roi Robert, avec un chevet
semblable à celui de la cathédrale de Clerniont ; énunié-
ration des autels de ladite église.
Ilelgahli Epilome vilne lloherli régis, d'après le texte revu par L. Auvray
sur les mss. du Vatican et publié par lui sous le titre de : Une source de
la Vita Roberli régis ttn moine * Jlelgaud, dans les Mélanges d'archéo-
logie el d'histoire de l'École française de Rome, t. VII, J887, p. ii8 et s.
Preterea construxit î^rex Rotbertus] a novo in urbe Aure-
liana monasteriuni Sancti Arwani, singularis sui apud Deum
advocati ... Ardens ^ tanti pontitîcis honore, hic redolens
flos et decus ecclesie sancte et gratia, Dei desiderio eu m
in altiori volens constituere loco, domum Domini super
1. Autre menhir plus considérable que le précédent.
2. C'est entre les susdites années que M. Anlhyme Saint-Paul [Dicl.gèogr.
•et adm. de la France de Joanne, art. Orléans) place l'époque de la construc-
tion de cette basilique. Sur la longue durée des travaux de ce monument,
voy. ci-dessous le texte que nous rapportons à la note 1 de la p. 57.
Cette description a été citée en partie par A. Champollion-Figeac,
dans ses Documents paléographiques relatifs à histoire des beaux-arts
pendant le moyen âge, p. 249.
3. Ilelgaud, moine A Fleury au temps de l'abbé Gauzlin .-f 1020),
■construisit en l'honneur des saints Denis, Rustique et Eleuthère, d'abord une
chapelle de bois, puis une église de pierre, que consacra Odolric, évé<(uc
d'Orléans (1021-1035). Voy. Molinier, Sources de Vhist. de Fr.. t. II, p. 7.
1. Le commencement de celte phrase est ainsi conçu dans le ms. \'at.
reg. 585 : Ardens quippe ejus [ho]noris el graciae desiderio et eum in
■altiori...
oG TEXTES RELAIIFS A l'hISTOIKE [1010-1029]
eum in melius construere cepit, et, Deo coopérante et
sancto Aniano auxilia prebente, ad iinem usque per-
duxit.Habet namque ipsa domus in lon<=^itudine tensas^
XLia IJas^ in latitudine XII^'"', in alto decem, fenestras G'""*
XX*^' lir"^-. Feeit et altaria in ipso monasterio, ad laudem
sanctorum, numéro X^*""' et VIIII^*^'" 3^ quorum memoriam hic
adnotare curavimus : principale in honore apostoli Pétri,
cui supradictus rex adsociavit coapostolum Pauium in bene-
dictione, cumnonantea ibi nisisolius sancti Pétri essetvene-
racio ; ad caput sancti Aniani unum, ad pedes aliud, aliud in
honore sancti Benedicti. Cetera sun tin honore eorum, quorum
nomina sunt adscripta : sancti videlicet Evurcii, s. Lau-
rentii, s. Georgii, Omniumque sanctorum, item s. Mar-
tini, s. Mauricii, s. Stephani, s. Antonini, s. Vincentii»
S. Marie, Johannis, s. Salvatoris, s. Mamerti, s. Nicho-
lai et s. Michaelis.
Caput autem ipsius monasterii fecit miro opère, in simi-
litudinem monasterii Sancte Marie, matris Domini, et San[c]-
torum Agricole et Vitalis in Claromonte'* constituti. Lec-
ticam ipsius sancti Aniani a fronte auro bono et o[p]timo, et
lapidibus preciosis et arg-ento mero preoccupavit. Tabulam
ad altare sancti Pétri, incujus honore extat Jocus, auro bono
1. Toises. — Le texte portait d'abord pedes dans le ms. Vat. reg. 585.
2. Cf. la description que Grégoire de Tours nous a laissée de la fameuse
basilique de Saint-Martin {Hist. Franc, II, 1 i) et de l'église bâtie à
Clermont par l'évêque Rusticus. « On voit que du v" au xi° siècle le nombre
des fenêtres dans les églises de première importance a plus que double.
Quant aux dimensions relatives de ces édifices, il est dillicile de les calcu-
ler exactement ; on ignore en efTet le rapport qui existe entre le pied du
temps de Grégoire de Tours et la toise du xi" siècle. Si la toise vaut en
moyenne de 6 pieds à 7 pieds et demi, comme on l'admet, il en résulte
que l'église de Saint- Aignan était beaucoup plus longue que Saint-Martin
de Tours, un peu plus large, et sensiblement plus haute; ce qui explique
dans une certaine mesure la dillerence dans le nombre des fenêtres >»
(Auvray, op. cil., p. 468, n. 2).
3. XVIII, dans le ms. Vat. reg. 585 (Auvray, op. cit., p. 468).
i. Il s'agit de la cathédrale N.-D. de Clermont, et non de l'église de
N.-D. du Port, comme l'a cru M. Auvray {ihid.). Ceci résulte de l'examen
comparé des textes où figurent ces vocables, et de l'histoire des reliques
desdits saints, d'après /ici. Sanct., BoU., nov., t. II, pars l, p. 212-243;
cf. Savaron, De sanctis, ecclesiis et monasteriis Claroinont., 1608, p. 12.
Notre glossaire offre plusieurs exemples de monasteriiiin signifiant cathé-
drale, — La cathédrale actuelle de Clermont appartient au xiu" et au xiv s.
[1010-I021JI DE L ARCIIITECTIRE EN FRANCE 57
totam cooperuit, de qua Constancia, nobilis regina, ejus con-
jux gloriosa, post niortem viri sui sanctissimi Deo et Sancto
attribuit Aniano, summam scilicet librarum VII ipsius
metalli in meliorandis a se monasterii facti tectis : qui-
bus ab imis ad superiora apertis, celum melius cerneretur
quam terra. Extitit in ea quantités... auri XV^'"' librarum
probati ' ...
XIV
Vers 1017.
Reconstruction par les soins d'Evrard de Vatan, de l'église
de Dèvres ~, pi'ès de Vierzon, en Berry ; permission accor-
dée par ledit seigneur aux religieux de ce monas-
tère de prendre dans ses bois tout ce qui leur est néces-
saire pour leurs bâtiments claustraux, maisons, granges
et moulins.
Cartul. de Vierzon. Bibl. iiat., ms. lat. 9865, f» 11.
(Cf. Toulgoët-Tieanna, Histoire de Vierzon et de Vabhaye de Saint-
Pierre (1884), Pièces justif., n" VII, p. '.66.)
Maisdcs fouilles pratiquées eu 1909 ont fait retrouver la crypte et le mur du
chevet, avec absidioles, d'une catlicdrale antérieure, probablement du
xn' s. ; la crypte, toutefois, semblait remonter en partie au xi" s. (cf.
celle de Chartres, infra, p. 61, 6i, n. 1.)
1. Cf. le texte suivant relatif à la basilique de Saint- Ai^nan : « Conditoiis
omnium milleno vigesimo nono, indict. XII, praestantissimi confessoris
Aniani basilica diuh'no <TCf///ïca<a .spa^to jussa est dedicari... « {Ex hist.
tranxiat. relief iiiarum s. Euspicii abhatis, dans Hisl. deEr., t. X, p. 370 ;
cf. ibid., p. 214). Gauzlin, qui fut abbé de Fleuryetarchevêque de Bourges,
et Odilon, abbé de Cluny, furent parmi les personnages qui assistèrent à la
cérémonie de la dédicace- de cette basilique. Voy. aussi Auvray, op.
cit., p. 46.3, n. I .
2. Voy. P. (lauchcry, Eglise dn monastère de Dèvres (commencement du
XI' siècle), dans les Mém. de la Soc. des antiq. du Centre (1887-88), t. XV,
p. 91-107, 2 pi. — L'auteur rend compte (p. 94 et s.) des fouilles faites pour
retrouver le plan de cette église aux proportions considérables, dont la
partie centrale servait de base à la chapelle actuelle, et d'après le plan
généralement adopte dans les églises du Centre, abside principale sans
déambulatoire, avec absidioles à l'extrémité des bas côtés et des transepts.
On a retrouvé aussi les cryptes effondrées qui s'étendaient sous 1 ab-
side principale. Selon P. Gauchery (qui n'en donne pas de raisons déci-
sives), cette vaste construction restée inachevée aurait été commencée dans
les dernières années du x° siècle, car dès l'époque Carolingienne, il y avait
eu à Dèvres une abbaye importante. — Voy. les sources indiquées par
l'abbé U. Chevalier, Rép. top. -bibl., I, v Dèvres, et II, v» Vierzon.
o8 TEXTES RELATIFS A l'histoire [1017-1174]
... Ego Evrardus ^ ... Doverensis moiiiisterii destructioni
condolens, ... monasterium reediticare cepi, cujiis monas-
terii cructas ' (sic) ex mea propria facultate usque ad
superiores fenestras perduxi ... Monachis etiam concedo
silvas ad omnia que facienda eis necessaria fuerint, videlicet,
ad edificationes monasterii •^, ad domos et ad horrea
facienda, ad sclusas et ad molendina, tam ipsis quani eis
qui pro eis hec facient ... Testes hujus rei sunt ...
XV
1017-H74.
Travaux de construction et de décoration accomplis à
Véglise et aux bâtiments claustraux de Saint-Martial de
Limoges par les abbés de ce monastère, notamment
par Pierre du Barri.
Adémar de Chabanneset Hélie de Ruffec, Commemoratio abhatum basilice
i . Cf. le texte suivant relatif aux entreprises de construction de ce seij?neur,
1017 : « Reddidit isdem Evvrardus Deo et supiadicLis monachis dimidiuni
altare ejus celle et medietatem partis ecclesie Sancti Georgii, tali tenore ut
si, Deo favente, ecclesia supradicta, quam ipse ma^^no, ut polerat, sumptu
reedificabat, ad eflectuni veniret, et ci'ipte volsate tota alia pars quam
ipse retinere ad presens videbatur, in usus monachoruni Virsionensium
deveniret » (Toulgoët-Treanna, op. cit., Pièces justif., n" VIII, p. 168).
2. Le cartulaire manuscrit porte bien cructas, ainsi que nous lavons
vérifié. La correction proposée par l'éditeur de Yllist. de Vierson (p. 50,
n. 1), constructas, avec un mot sous-entendu, ne nous paraît pas admis-
sible, non plus que le serait celle de crustas, par exemple. A notre avis,
cructas a été mis ici par le scribe pour cruptas ; nous trouvons dans l'ou-
vrage de Gauchery la confirmation de notre opinion : « Après la donation
de 1017, dit-il (p. 103), on travailla peu à l'église de Dèvres déjà abandon-
née. Ce grand monument n'avait plus de raison d'être en cet endroit ; les
moines étaient trop occupés de leurs constructions de Vier/.on pour aller
terminer avec de grands frais l'église dont Evrard avait poursuivi la cons-
truction : usque ad fenestras superiores {fenestras inferiores, étant celles
de la crypte). »
3. Dans une donation du prieuré de Soagesà l'abbaye de Chezal-Benoît,
en Berry, vers 11 00, par Pierre, fils d'Etienne Le Noir, on lit : « Dédit mona-
chis de Casali..., in omnibus ncmoribus suis, quantumcumque opus fuerit
ad quelibct acdificia facienda, monachis et illis qui apud Casale Benedic-
tum et illis qui apud Soaggias habitaverint. » (Buhotde Kersers, Hist. et
Ktal. mon. du Cher, t. l'V, 1889, p. il).
[1017-1174] DE l'architecture f:n france 59
Sancli Marcialis i... dans les Clironiq.de Saint- Martial de Limoges (Soc.
hist. de Fr.), éd. H. Duplès-Agier (1874), p. 6, 8-12.
Duodecimus abbas itemJofFredus^ [-j- 1019] prefuit aiinis
XIP'™... Hic a novo basilicam Salvatoris magnifico opère
renova vit [1017].
[1025-1040.] — Quartus decimus Odolricus abbas prefuit.
Iste ... fecitdedicare 'caputistiusecclesie cummagno honore,
et redemit duas ecclesias, muros et castellum ...
[1041-1051] — Quintus decimus Petrus abbas prefuit,
qui fecit portam a Monmelier] ^.,.
[1063-1114.] — Septimus decimus loci istius abbas sancte
ac venerabilis memorie domnus extitit Ademarus . , . Ipse
quippe navem monasterii majoris ab altari Sancte Crucis
usque ad portam occidentalem volvi omneque ipsum
monasterium honeste deintus depingi ac decorari fecit — •
Sig-na quoque duo illa o[p]tima, que nova vocantur, cum
reliquis ipse fieri precepit. Armarium quoque libro'rum
copia adornavit ; claustrum quoque marmoreum ipse fabri-
cari fecit. Refectorium atque dormitorium, infirmarias
etiam, que antea non fuerant, reliquasque omnes officinas
ipse diligenter construxit et edificavit.
[1115-1143.] — VIIIIX"^ hujus loci abbas fuit dominus
1. La chronique d'Adémar va jusqu'à l'an 1029, celle d'Hélie, chapelain
de Henri II, jusqu'à 1174. Le texte est complet dans Duplès-Agier, avec
les continuations (cf. Labbe, Nova bibl. inan.,t, II, 271-i275 ; Migne, Patr.
lat., GXLI, col. 79-86).
2. Sur l'abbé Geoffroi II et ses autres travaux de décoration dans la
crypte de Saint-Martial, voy. Ch. de Lasteyrie, L'abbaye de Saint-Martial
de Limoges..., p. 70-71 etp. 294 : « MXVII Basilica regalisSalvatoris incoata
reedificari majori amplitudine a Josfredo abbate. » (Ann. Lemovic, éd.
Mon. Germ. hist., Scr. t. II, p. 252). Voir aussi Adémarde Chabannes(Com-
memoratio, éd. Duplès-Agier, p. 7).
3. « MXXVIII Dedicatio ecclesieSalvatorisab episcopis XI »{Ann. Lemo-
vic. éd. Pertz, Scr. t. II, p. 252). Nous reproduirons en partie le récit de
cette cérémonie (19 nov. 1028) qui nous a été laissé par Adémar de Cha-
bannes dans un de ses sermons. — Sur l'abbé Odolric, voy. de Lasteyrie,
op. cit., p. 72 et 294.
4. De là peut venir le nom de faubourg Montmailler.
60 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1017-1174]
Amblardus^ [de Gluniaco, prior deSilvini[a]co] ^, magne reli-
gionis et honestatis vir. Incujus tempore, hoc monasterium
cum adjacent! villa incendio concrematum est, Glaustrum
etiam, et cetere officine que ig-nis consumere potuit, deletum
est. In cujus restitutione predictus pater plurimum laborans^
non viliora quam prius consum[m]are studuit. Cellarium
tamen, quod vetustate pêne dirutum erat, afundamentoedifi-
cavit.
[1161-1174.] — XXII"« hujus loci extitit abbas bone
memorie Petrus [du Barri] '^, magne vir honestatis, pravo-
rumque morum rigidus corrector. [Iste Petrus, dum advi-
veret, multa bona huic ecclesie contulit . . .] Edificavit enim a
fundamento claustra infîrmorum, que nuUa ibi erant, et, a dex-
tra parte ejusdemclaustri,fecitquamplures domos,que usque
hodiefenestrate etpicte '*a transeuntibuscernuntur, necnon et
illam per quam ad caméras itur privatas. In curia vero, ante
coquinam, fecit illas lig-neas, [quarum fenestre apparent].
Magnam autem infirmariam, [cum columpnis illis ligneis,
que intus sunt], lambruscavit ; [sed, morte preventus], eam
imperfectam reliquit ''.
1. Sur l'abbé Aniblard, voy. Ch. de Lasteyrie, op. cit., p. 97 et s.
2. Souvigny, prieuré de Cluny, arr. de Moulins (Allier). Les nour
vellcs constructions furent ravagées en 1053 par un violent incendie :
« Anno gratie MLIII, basilica Sancti Salvatoris Lemovicensis... con-
crematur » (Bernard Itiei-, éd. Duplès-Agier, p. 48). Vers 1122, l'édifice
reconstruit fut endommagé par un incendie qui détruisit une partie du
château de Limoges : « Castrum Lemovicense, Sancti Mai tialis monas-
terium, signa clocarii, claustra, officine... igné concremata sunt » (GeofTroi
de Vigeois, éd. Labbe, Nova liibl. mss., t. 11, p. 299, Iticr, éd. cit., p. 52).
3. Sur l'abbé Pierre III du Barri et son œuvre architecturale, voir
Ch. de Lasteyrie, op. cit., p. 101-102. L'activité de cet abbé dans ses
constructions abbatiales a été signalée parliculiércment par A. Luchaire,
Man. des institutions françaises, 1892, p. 71, n. 1, où l'on trouvera la
traduction du texte ci-dessus qui le conceine.
4. Sur la décoration des cloiti-es romans avec peintures, voy. Viollet-le-
Duc, Dict. de l'arch. fr., t. III, p. 416 et s., sur la transformation et l'amélio-
ration matérielle des cloîtres au xn" siècle, grâce à la richesse des couvents,
voy. ihid., v" Cloître. •
5. Les textes à mentionner sur l'abbaye de Saint-Martial sont encore
les suivants: « Anno gracie MCLXVII. crematum est castrum Lemovicense
et nionasterii navis cum clocario, et omnia signa corruerunt » (Bernard
Hier, éd. Duplès-Agier, p. 5(5). « Anno MCLXXXII... parietes ecclesie
Sancti Marcialis reedificabantur » (Geoflroi de Vigeois. éd. Labbe, Nova
hibl., mss., t. II, p. 308). — La toiture en plomb ne fut commencée qu'en
[1020-1024] DE l'architecture en frange 61
XVI
1020-1024.
Incendie de la cathédrale de Chartres ; sa reconstruction
par les soins de Vévêque Fulbert. — Zèle de ce prélat
pour cette reconstruction, attesté par sa correspondance ;
travaux des cryptes de cette église^ leur état d'avance-
ment.
Translaliones Sancli Aniani, éd. Clerval, clans les .Inaiec^a Bollandiana,
t. VII(1888),p. 331.
Tertia [succensio] facta est anno M° vigesimo, epis-
copatus domni Fulbert! ' anno XIV^, sub ipsa nocte Nativi-
tatis Beatae Mariae^, in qua non solum ecclesia combusta,
sed etiam tota destructa est; quam idem episcopus Fulber-
tus gloriosus, industria sua, labore atque sumptu, a funda-
1199 : « Anno gracie MCXCIX, cepimus... plumbo monasterium cooperire»
(B. Itier, éd. Duplès-Aji^ier, p. 66). Mais l'église dans son ensemble fut
achevée bien avant la fin du règne de Philippe-Auguste. On travaille encore
à la décoration du portail principal en l'année 1213 : « MCCXIII picta est
majestas Domini in porta occidentali « (B. Itier, ibid., p. 97). — Voy.
Ch. de Lasteyrie, op. cit., p. 295.
1. Fulbert, né vers 950-960, évèque de Chartres en 1006, mort le 10 avril
1028. — Sur les lettres de Fulbert, voy. G. A. Hïckel, Fulbert, évêque de
Chartres... éd. critique du recueil de ses lettres (Positions des mémoires
présentés à la Fac. des lettres de Paris, 1902, p. 39-41). A la mort de Ful-
bert, l'édifice était à peu près terminé (Guill. de Malmesbury, dans la Pair.
de Migne, t. GLXXIX, col. 1166). — Transi. Sancti Aniani, dans les Anal. BolL,
t. VII, p. 331. Cf. la savante étude de M. R. de Lasteyrie sur le Portail royal
de la cath. de Chartres, dans ses Études sur la sculpture franc, aumoy.
âge (1902), p. 5 et s.
2. Cet incendie eut lieu dans la nuit du 7 au 8 sept. 1020.
62 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1020-1 024 j
mento reaedificavit 1, et in statu mirae mag-nitudinis et pul-
chritudinis sublimatam fere consummavit'-.
Sancti Fulberli, Carnotensis episcopi, epistolae, dans Migne, Patr. lai ^
t. CXLI, Epist. 30, 55, i 57, 58-59, 71, col. 215-216, 228-230, 236.
(Cf. liée, des Hisl. de Fr.,l. X, nouv. éd., 1874, p. 457 et s., 215-216, 228-
230, 236.)
[1020-1024] 3. — Tacti dolore cordis intrinsecus, jam in
tantuni moerorem nostrum prodidimus, ut signa nostra,
jocunditatem et laetitiam significare solita, ab intonando
desinere et tristitiam nostram attestari quodam modo jusse-
rimus...
[1020-1024] ^. — Si nobis omnes pervagandae facultates.
simul cum voluntate suppeterent, interesset vestrae pieta-
tis levitatem nostram arguere, et ad nostrae ecclesiae, quae
destructaest,restaurationem assiduamrevocare. Nunc vero,
1. « Ad restaurationem hujus sancti tenipli, quod ipso post incendium a
fundamento reedificareceperat, bonampartem auri suietargenti reliquit. »
(Lépinois et Merlet, Cartulaire de N.-D. de Chartres, t. III, p. 85) ; — cf.
Guillaume de Malmesbury : « Fulbertusepiscopus, inter caetera industriae
suae documenta, ecclesiae dominae nostrae sanctae Mariae, cujus funda-
mentajecerat, summam manum mirifîco effectu iniposuit. »(Migne, Patr.
lat., t. CLXXIX, col. 1166).
2. Voy. la Monogr. delacath.de Chartres, parl'abbéBulteau, 2°éd., 1887.
— Un ms. Chartrain du XI" siècle, Fulbert, évêque de Chartres (Soc.
archéol. d'Eure-et-Loir), par R. Merlet et l'abbé Clerval, Chartres, 1893;
cf. R. Merlet, Date de la construction des cryptes de la cathédrale de
C/i3r<res (1020-1024), Chartres, 1892.
3. Ep. XXX (au roi Robert), Migne, col. 2ib-2l6. Cf. Lettres de Fulbert,
éd. C. de Villiers, f" 16 v". La façon dont Fulbert s'exprime prouve qu'on
entendait au loin le son des cloches, dit M. R. Merlet, et par conséquent
qu'elles étaient placées dans des tours qui devaient encore appartenir à la
cathédrale antérieure à l'incendie de 1020 (voy. Un ms. Chartrain, p. 75
et 76-77, fig.). Par contre, M. R. de Lasteyrie trouve « ce passage trop peu
précis, pour qu'on en puisse conclure grand'chose « {Études sur la sculp-
ture française au moy. âye (1902j,p. 5, n. 7). Voy. la curieuse miniature
publiée par Merlet et Clerval (ibid.), représentant la grande basilique de
Chartres et ses clochers, dont la façade principale était ornée d'un clocher,
un autre s'élevant dans le voisinage du chœur (cf. R. de Lasteyrie,
loc. cit.)
4. Ep. LV (au roi Robert), Migne, col. 228. On a déjà vu les libéralités
de Robert pour Saint-Aignan d'Orléans (n' XIII). — Une lettre de Fulbert
à Hildegaire en sept. 1021 ou 1024, mentionne le souci qu'il a de restaurer
sa cathédrale {letnpli restauralio) ; Rouquet, t. X, p. 468.
ri020-102i] DE l'architecture ex frange 63
cum omnes ejusmodi facilitâtes desint, et nos ad assidui-
tatem necessitudo mag'na coerceat,.. sustinete potius,
sancte pater, sustinete imbecillitatem nostram, supplete
indulgentiam nostram ... Valete regaliter.
[1020-1023] K — Additur his malis incendium ecclesiae
nostrae. Quoniam cum unde restaurem, sicut decet, non
habeo, mihi quoque necessarios sumptus indulgeri detrec-
to ; ... multo mecumagito... ut aliquolabore,quamvis arduo,
valeam restaurandae ecclesiae opem ferre...
[1020-10241 2. — Scripsissem vobis latius, si occupa tus
non essem cum aliis multis, tum etiam restauratione civita-
tis et ecclesiae nostrae, quae tota nuper horrendo incendio
conflagravit...
[1020-1 024] -^ — Sed est quod te reconfortare plurimum
potest, hoc videlicet quod tuas gazas in ecclesiae Beatae
Mariae restaurationem expensas, non solum intégras,
verum etiam multiplicatas ab ipsa recipies... Vale.
[1024]^. — Gauderem, dilectissime princeps, ad dedica-
tionem vestram devotus occurrere, nisi me ecclesiae
nostrae nullo modo negligenda nécessitas detineret. Gratia
1. Ep. LVII (au même), Migne, col. 229.
2. Ep. LVIII (à Guillaume V le Grand, duc d'Aquitaine, comte de Poitou
993-1030), Migne,col. 229-230.
3. Ep. LIX (au même), Migne. col. 230. La cathédrale de Poitiers fut dédiée
le 17 oct. 1024 ou 1023, comme le démontre A. Richard, dans son Hist. des
comtes de Poitou, t. I, p. 177. n. 1, et non en 1021, date proposée par Auber,
dans son Ilisl. de la cath. de Poitiers, 1. 1, p. 36, et Ledain, Hist. somin. de
Poitiers, t. 1, p. 52.
4. Ep. LXXI (au même), Migne, col. 236. — Il n'est pas sûr qu'il
s'agisse ici de la dédicace delà cathédrale de Poitiers; d'autres églises
de cette ville et le palais ducal avaient été incendies en 1018 : « Tune
casu civitas Pictavis combusta est, et dux sedem Sancti Pétri cetcrasque
ecclesias suumque palatium majori décore ampliavit. «(Adémarde Gha-
bannes, 1. 111, c. 56.— Migne, Pa<r., t. CXLI, col. 69.— Cf. Chron. Aiitiss.,
dans Bouquet, t.X,p. 271). Voy. R. Merlet, Dates ,p. 5, lequel a établi la
datedecette lettre, qui avait été attribuée tantôt à 1021, tantôt à 1025, tantôt
même à 1028.
64 tf:xtes relatifs a l'histoire [1020-1024]
namque Dei, cum adjutorio vestro, cn^ptas ^ nostras persol-
vimus^^ easque, priusquam hiemalis inclementia laedat,
cooperire satag'imus'',..
XVII
1023-1030 et 1076-1092.
Historique des commencements de la reconstruction de la
cathédrale Notre-Dame de Cambrai^ par les soins de
Vcvêque Gérard /"'' de Florines ; part personnelle
prise par ce prélat à la recherche de carrières ; prompt
achèvement de cette église. — Travaux d' architecture
militaire entrepris par les soins de Vévêque Gérard II ;
substitution d'une muraille de pierre et de tours de
défense à l'ancienne enceinte de bois de la ville, avec
retranchements et fossés très profonds ; agrandisse-
ment de la cathédrale ,' réfection des lambris à Vinté-
1. L'expression inferior crypta, revient dans les textes suivants : « cum
scrinium sepefatum in inferioremcriptani,cujus introitum lauclabilis...anti-
quiorum providentia altari Béate Marie proximum fecerat... » {Mirac. Béate
Marie in Carnot. eccl. facta, à propos de l'incendie de 1194, dans Bibl. Ec.
d. Ch., 1881, p. 510.) Cf. Translatio Sancti Aniani (1136) ..., où Ton oppose
inferior crypta k superior hasilica (Clerval, Excerpt. ex. An. Boll., 1888,
à t. Vn.) Voy. VioUet-le-Duc, Dict. de Varch. fr., t. IV, art. Crypte, p. 452.
2. Et non pervolvimu s, var. de Bouquet, t. X, p. 469. L'auteur aurait dit
volvimns ou tran.wolvimus . — Sur la construction deces vastes cryptes, qui
était terminée en 1024, voy. H. Merlet, op. cil. (Ms. chartr., p. 78, et Dates...
p. 4 et s.). — Cf. E. Lefèvre-Pontalis, Le puHs des Saints-Forts et les
cryptes de la cathédrale de Chartres, extr. du Bull, mon., 1903, p. 18-19.
3. Sur la cathédrale de Chartres au xi" siècle, d'après des fouilles
récentes, voir l'étude très approfondie de M. E. Lefèvre-Pontalis : Les
architectes et la construction des cathédrales de Chartres, dans les Mém.
de la Soc. des Anli(i. de France (1903), éd. 1905, p. 69 et s. L'auteur a
retrouvé le plan du chœur de cette cathédrale, plan correspondant à celui
de la crypte, et réfute avec raison une théorie soutenue par M. l'abbé
Ilénault et rajeunie par M. Mayeux, consistant à prétendre que la crypte
de Fulbert n'était pas souterraine avant l'incendie de 1194, et qu'elle aurait
formé les bas-côtés et le chevet delà cathédrale du \i° siècle. — Cf. le
même auteur, i7)td., pour des extraits de textes concernant la cathédrale
et Ses constructeurs aux xi* et xii° siècles ; on y remarque à plusieurs
reprises l'emploi des termes vestibulum, à propos du croisillon nord, et
artifex, comme synonyme d'architecte.
1023-1 092 J DE l'architecture ex frange 63
rieur; décoration et peintures de cette église. — Parti-
cipation de ce même prélat à l'entreprise de la construc-
tion de V abbaye d'Anchin, au diocèse dArras.
Gesta^ pontificum Cameracensiuni-, éd. Bethmann, 1. III, c. 49, dans les
Mon. Germ. hist., Script., t. VU, p. i83.
(Cf. autres éditions. Rec. des Hist. de Fr., t. X, 1760, p. 202 (en partie
seulement). — Migne, Pair. lat.,i. CXLIX, col. 166-167.)
[1023-1030. J — Domnusepiscopus Gerardus^ urbem pri-
mum intravit, videns quidem tam angusta ^ quam vetusta
monasterii Sanctae Mariae aedilicia, ac annosorumparietum
fîssuramsuspectans, moxanimumad meliorandum intendit,
si forte, Deo praestante, tempus ei suppeteret oportunum ;
sed quia, ut supra retulimus, tam intestinis quam extraneis
seditionibus impeditus, usquead annum dominicae Incarna-
tionisMXXIII, sui vero praesulatus... ^, inchoare non potuit.
Tune vero divina misericordia fretus, ac multorum fidelium
Dei orationibus quibus fiderat roboratus, tam antiquas
moles parietum demoliri precepit. Quo facto, omni studio
accinctus, utpote sapiens architectus", incepto labori sol-
1. Les Gesta ont été souvent cites sans raison sous le nom de Baldéric
deTiicrouanne, mort évoque de Noyon en 1112. — Sur la date de la com-
position de cette chronique et de celle de Saint-André, voy. Molinier,
Sources de rhisl. de Fr., i. II. p. 161-162. Le livre III, de 1076 à 1133, est
original dans la chronique de Saint-André; il a été écrit en 1133.
2. Sur l'histoire de la cathédrale de Cambrai, voy. Le Glay, Recherches
sur l'église métropolilaine de Cambrai, 1825 ; Iloudoy, Hist. artistique de
la cathédrale de Cambrai, 1880 (extr. des Mém. de la Société des sciences et
arts de Lille) ; l'abbé A. Pasloovs, Monographie de l'ancienne cathédrale de
Cambrai, dans la Revue de l'art chrétien, de mars 1904. Cf. les sources
citées par U. Chevalier, Répert. top.-bibl., I, col. 554.
3. Gérard 1" de Florines. évêque de Cambrai de 1013 à 1018.
'i. On sait que les premiers édifices romans, et à plus forte raison ceux de
larrière-époque Carolingienne, étaient étroits et insuflisammeut éclairés.
— Renvoyant à ce récit des Gesta episc. Camerac, J. Quicherat estime
suffisamment clair qu'il s'agit ici d'un édifice couvert en bois, pour lequel
la construction dura sept années {Mél. d'archéol., p. 129). Remarquons
encore ici le terme monasterium avec le sens d'église cathédrale.
5. L'année de l'épiscopat a été laissée en blanc dans les manuscrits de
cette chronique.
8. Cette expression revient souvent dans les chroniques du moyen
âge.
66 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1023-1092J
licitus instat, et necessariis sumptibus prudenter expensis,
ad reedificundum tantae diffîcultatis opus anhelat ; quippe
timens ne, aut morte preventus, aut qualibet alia causa
coactus, opus itnperfectum relinquat. Ad hoc vero diffici-
lius nihil esse, quod suum desiderium remoretur, advertit,
quam lenta convectlo coluninarum \ quae procul ab urbe,
fere in trigesimo miliario, caedebantur^. Divinam ergo cle-
mentiam deprecatus, ut sibi propius solamen aliquod
praestare dignetur, quadam siquidem die, ascenso equo,
per nostram viciniam in multis locis abdita terrae scruta-
tur^ ; tandemque, Deo opitulante, qui numquam deestspe-
rantibus in se, in vico quem dixit antiquitas Lesden ^, qui
quarto miliario ab urbe secedit, aperta terra, juxta votum
lapides columnares '' invenit. Nec solum ibi, sedetiam pro-
pius, in villa videlicet Nig-ella ^ fodiens, aliud genus bono-
rum lapidum se reperisse laetatur.. Unde ^ Deo g-ratias
reddens, totum se studio pii laboris accinxit ; ac, neamplius
demorer, opérante divina misericordia, opus immensum
septennio, anno videlicet dominicae Incarnationis MXXX",
reddidit consummatum. Exin vero, quod consequens erat.
1. D'anciens textes du xi' et du xii° siècle montrent que c'étaient des
bœufs qui traînaient d'ordinaire ce genre de cliarroi, dans le Nord comme
dans le Midi, quand ce n'était pas des gens qui s'y attelaient eux-mêmes.
2. On sait que les colonnes étaient taillées et dégrossies par les
carriers sur le lieu d'exploitation des carrières : c'était un usage
d'origine antique ; l'œuvre y gagnait pour le choix des matériaux, et le
transport en était d'autant plus allégé. — Lapis columnaris, expression tout
à fait rare.
3. Cf. le passage du De consecr. eccl. S. Dionysii, § III, exposant
les explorations faites par l'abbé Suger dans la forêt de Rambouillet
à la recherche d'arbres pouvant fournir des poutres de grosseur et de
longueur suffisantes à la nouvelle église qu'il faisait construire; il raconte
lui-même la joie qu'il eut lorsqu'il apprit la découverte de carrières utiles
à cette même entreprise.
4. Lesdain, c. Marcoing, ch.-l. de c, arr. Cambrai (Nord).
5. Cf. ce que Suger [op. cit., § III) nous rapporte lui-même, au sujet des
|)ierres servant aux colonnes de l'église de Saint-Denis et de la difficulté de
les transporter à pied-d'œuvre. « Moxque fortiter impingentes, ([uod CXL
aut minus C graviter ab ima valle extrahere consueverant, ipsi non per se...,
sed voluntate Dei et sanctorumsufl'ragio, extraxerunt, eamque ad ecclesie
fabricam destinaverunt. » La rapidité des communications était indispen-
sable pour la transmission des ordres, le choix des pierres, le travail
qu'elles exigeaient et leur mise en œuvre.
6. Noyelles, sur la rive gauche de l'Escaut, c. Marcoing, arr. Cambrai.
7. Ce qui suit jusqu'à opus immensum manque dans les IIist.de Fr.
(p. 202).
[1023-1092] . DE l'architecture en france 67
prout decuit, XV kal. novembris^, sollemniter, et, ut ita
dicam, plus quani sollemniter dedicavit.
Continuutio gest. Gerardi II episcopi, 5, 8, 9, même recueil, t. VII,
p. 499-500.
(Cf. Migne, Patr. Ut., t. CXLIX, col. 194-196.)
5. [1076-1092.] — Dum ~ videret [GerardusII]^ episco-
pus in future providentissimus quod terrae suae de inimico
Hugone pacem concesseratDeus, intempore pacis laboravit
fieriut,si aliquandovelille Hugo vel alii contra se ex[s]urge
rent inimici, saltem in urbe tam ipse quam sui contra hostes
existèrent fortes et securi. Ecce bona provisio, ecce paterna
soUicitudo, ecce opus optimum civibus etrusticis valde neces-
sarium, scilicet preparare et fideliter operari,ut domussuae *
corpora et substantiae ab impugnatione hostili infra urbem
possint defendi. Unde, eisdem civibus auxiliantibus, totam in
circuitu civitatem, vallo ligneo ' prius compositam, ipse epis-
copus munivit murolapideo"' fortius,fossatis relevatisetplu-
rimis inter murum coedificatis turribus. Castellum etiain
infra civitatem, in quo erant et aecclesia Beatae genitricis
1. C'est-à-dire le 18 octobre 1030. — La chronique de Saint-André a
attribué à tort cette consécration à la date du 15 des cal. de nov. 1027
(Pertz, op. et t. cit.. p. i83, n. 29V Après un incendie survenu dans le cours
du XI' siècle, régflise Notre-Dame fut de nouveau consacrée le 21
décembre 1079 ; un autre incendie la dévasta au siècle suivant, en 1148.
2. Op. cit.. p. 499.
3. Gérard II, évcque de Cambrai de 1076 à 1092.
4. Mention très intéressante sur les fortifications en bois dont les villes,
dans le Nord de la France principalement, pouvaient encore être munies
au xi« siècle. Voy. VioUet-le-Duc, Dict.de Varch. fr., t. V., art. Fossé, p. 549.
Cf. Godefroid Kurth, Notger de Liège et la civilisation au X' siècle, t. I
(1905). ch. XV, p. 301 et s. '
5. En 1111, la ville d'Arras fut aussi entourée d'une muraille de pierre :
muro Inpideo (voy. le texte de la chronique insérée dans les Hislor. de
France, t. XII, p. 707. « Les donjons d'une multitude de châteaux-forts
étaient en bois encore à la fin du x" siècle. Erluin de Cambrai, ami de Not-
}îer, bâtit en bois son Cateau-Cambrésis, et ce fut Gérard I'' qui le rebâ-
tit en pierre » {Chron. S. Andrée, 1. II, p. 528, cit. p. G. Kurth).
68 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1023-1092]
Dei et cenobium Sancti Autberti, muro excelso fîrmavit^
fossato relevato alto et terribili ^ ...
8. Hospitale pauperum, quod est secus atrium Sanctae
Grucis, prostrato veteri, sicut nunc apparet, renovavit, et
capellulam quae inheret hospitali ...
9. Adhuc unum opus, ut sapiens architectus ~, fecit idem
episcopus, quod laudandum est ab omnibus presentialiter
aspicientibus. Venerabilem aecclesiam Beatae Mariae, olinr
combustam^ et dirutam a capite superiore usque ad
chorum Sancti Johannis, pulclire et honeste reformavit. Ipse
enim laquearia^, plastrum'', brevesque fenestras^ lon^iores
renovavit, capita columnarum in utroque latere turpiterfîxa
et corrupta decenter coronavit ^. Gomparaverat etiam
colores optimos ad agendam picturam ^ per totam aecclesiam ;
1. Ce n'est pas sans raison que le chroniqueur insiste sur les solides
retranchements et surtout le creusement de fossés très profonds, dont les
constructeurs normands avaient donné l'exemple dans ce même siècle.
2. Le chroniqueur revient de nouveau ici sur cette expression presque
consacrée en pareil cas.
3. Nous avons vu plus haut, en note, que l'église Notre-Dame de Cam-
brai, ayant subi un incendie, avait été de nouveau consacrée le 21 décembre
1079 (cf. A. Pastoors, op. cit.).
4. Cf. le passage suivant de la charte de liberté accordée, en 1066, par
Thcoduin, évèque de Liège, à Huy, dont les habitants avaient abandonné
le tiers, puis la moitié de leur avoir pour la construction de l'église Notre-
Dame de cette ville : « Prefatam siquidem ecclesiam a fundamentis ad
laquearia, a laqnearibiis et ultra reaediiicavi, quam etiam in auro, argento,
gemmis et praediis pro modulo meo ditavi, et de Agar Saram esse feci....
(A. Wauters, De Vorigine... des libertés communales en Belgique, dans le
Nord de la France, Pr., 1869, p. 2).
5. Ce mot signifierait ici enduit de plâtre. « On employait le plâtre tamisé
très fin pour faire des enduits sur la jjierrc et même sur le bois, afin de
pouvoir y appliquer des peintin-es » (Viollet-le-Duc, Dict. de Varch., t. VII,
v» Plâtre). Cf. n''XLVIII(cath. du Mans) l'expression « 7jarte<es...cfea//)are >>
(§ 2, 1085-96).
6. Cf. infra les gestes des évoques d'Auxerre (Hugue de Noyers, 1183-
1206), à propos delà cathédrale de cette ville: « qualiter fenestras... ac
vitreas dilatavcrit, ut ecclcsia... in lucem clarcsceret ampliorem). »
7. C'est dans l'ancien diocèse de Cambrai que se trouvait l'abbaye de
Lobbes, qui, dans les premières années du x" siècle, releva à frais nouveaux
son église : « quae, ad id opus columnis undecumque corrasis, cum basibus et
epistyliis, seu caeteris latomorum seu caementariorumdisciplinis, pro mo-
duli sui quantitate, omnibus circum se positis est incomparabilis » (Ful-
cuinus, de Geslis abb. Lob., c. xvni, Spicileff., t. II, col. 736). Les noms des
évoques de Cambrai et de Metz furent gravés sur les bases des colonnes
pour perpétuer le souvenir de la consécration : « In basibus columnarum
quis quam parlem dedica\'erit, in jiromptu est cernere » (ibid.). Cf. Qui-
cherat, 3/éf. d'archéol., p. lis.
8. Sur les peintures murales des églises, à l'époque romane, voy. E. Mâle
dans A. Michel, Hist. de l'art..., t. I, 2'"" part. (190â).
[1023-1092] DE l'architecture en frange 69
sed heu ! inter agendum accidit, quod morte preventus
reliquit inceptam. Sed, quia voluntas bona apud Deum
opus est perfectum, secure cum Psalmista ^ potest dicere :
« Domine, dilexi decorem domus tuae et locum habitatio-
nis gloriae tuae »...
Chronicon Sancli Andreœ castri Cameracensin, 1. III, 4, rec. et t. cit.,
p. 540.
(Cf. Migne, Patr. lai., t. CXLIX, col. 270.)
[1079] 2. — DE AQUiciNENSi ^ coENOBio. — Sub iisdem
fere temporibus, duo viri, génère nobiles, Sigerus de
Lohes, Walterus, filius Ursionis, cum sociis multis, relicta
saeculari militia, Deo militare disposuerunt, et locum
quemdam secretum, religione aptum, super Ischarb^ fluvium
aqua cinctum ad habitandum delegerunt. Inde domnum
episcopum Gerardum Gameraci, quia locus ille ejus erat
parrochiae, expetunt, et habitandilicentiam et construendi
ecclesiam ab eo deposcunt. Ille autem non tantum quae
petebant annuit, sed etiam adjutor eorum et cooperator
aedificationum, quae monachis essent habiles, esse coepit-''.
1. On retrouve dans diverses chronicjues ce passage du Psalmiste,
appliqué au zèle des évoques et des abbés pour la rénovation et la déco-
ration des églises confiées à leur administration spirituelle et tempo-
relle. Nous avons déjà eu à le relever.
2. Op. cit., p. 540.
3. Anchin, près de Douai (Nord). Voy. pour les sources : U. Chevalier,
/{ép. /o/).-/)i7)L, t. I, col. 109.
4. La Scarpe, affluent de l'Escaut.
5. A la même époque, divers évèques, à l'étranger, déploient le plus grand
zèle pour la construction et l'ornementation de leurs églises cathédrales.
Dans l'Allemagne du Nord, Bernward, évoque de Hildesheim (Hanovre), se
signale à cet égard (voy. Thangmar, Vita Bernhardi episcopi, dans les
Mon. Germ. hisL, Script., t. IV, p. 758 ; cf. von Schiosser, Qiiellenbuchzur
Kunstgeschichte des ahendlandischen Mittelalters, 1896, p. 147 (Kunst-
thatigkeitdes h. Bernward, von Hildesheim. -f 1022). — Voy. aussi Ekke-
hard, Titali fur den Dom zu Mainz (Schiosser, op. cit., p. 158ets.).
Les chroniques du moyen âge nous ont conservé diverses preuves du
talent que certains évèques ou archevêques possédaient en fait d'architec-
ture et de surveillance des travaux d'art au xi' siècle. Parlant d'Othon,
évèque de Bamberg, lauteur de sa biographie s'exprime ainsi: « Impera-
tor (a. 1097) famosum illud ac laboriosumopus Spirensismonasterii Beatae
Mariae habebat in manibus, omncs sapientes et industrios architectos, fa-
70 TEXTES RELATIFS A LIIISTOIRE [1024-1093]
XVIII
Vers 1024-1093.
Reconstruction de la cathédrale de Coutances et autres tra-
vaux d architecture religieuse, publique et militaire,
accomplis par les soins des évêques de Coutances ,' —
détails divers de construction et d ornementation relatifs
à ladite cathédrale et au palais épiscopal ,' coq du clocher
de la cathédrale ; pont de pierre sur la Vire ; parc planté
d'arbres d'essences diverses et entouré d'un double fossé
et d'une palissade.
Instrument, eccl. Constantiensis {ex libido nigro Capitiili\ dans le Bec.
des Hist. de France, t. XIV, iiouv. éd. (1877), p. 76-80.
(Cf. Gallia christiana'^, t. XI, 1759, Inslr., col. 218-233.)
bros et cementarios aliosqueopiflces regni vel etiam de aliis reg-nis in opère
ipso habens, aurum et arg:entuni et pecuniam multam sumptusque infinitos
sinj^ulis annis expendeloat. At magistri operis, partim négligentes, partim
etiam sua commoda sectati, rem tarde promovebant. Commonitus ergo
princeps... omne opus [Ottoni] comniisit, praecipiens ut tam opifîces quam
magistri eorum illi soli parèrent, omnem pecuniam, sumptus et impen-
sas ab eo expeterent illique retaxarent... » (Vita Ottonis, ep. Babenb.,
Pertz, Script., t. XII, p. 750-751 et 826). Le même auteur ajoute: « Otto, ad
indicium ingeniosae diligentiae suae, aequam fenestrarum ecclesiae men-
suram prudenter ase dispositam, imperatoriconsiderandam offerebat.»Non
moins intéressant est l'exemple suivant qui concerne Bennon, évcque
d'Osnabruck (1054-1079), et le montre aussi expert en architecture militaire
qu'en constructions religieuses. « Praeterea autcm architectus praecipuus,
caementarii operis solertissimus erat dispositor... Rex totam Saxoniam
castellis novis et firmis coepit munire, cui rei maturandae et diligenter
exequendae dominum Bennonem praeesse constituit, sciens se hujus rei
non habere fideliorem ncc ad hoc munus exequendum magis industrium...
— Erat igitur architectoriae artis valde peritus... Régis imperio in Spiren-
sem civitatem adductus, ecclesiam illam amplissime sublimatam et prae
magnitudine operis minus caute in Rheni fluminis littus extentam niaximo
ingenio dil'ficilique paratu egregii operis novitatc perfecit, et immensas
saxorum moles, ne fluminis illisione subverteretur, obstruxit. » (Vita
Bennonis, auct. Norberto, dans Pertz, Script., t. cit., p. 65, 76, c. 11 et27).
1. « Le Livre Noir du Chapitre de Coutances a été perdu dans la 1" moi-
tié du xix" siècle. La copie faite en 1601 a aussi disparu. «(Communication de
M. Dolbet, archiviste de la Manche).
2. Le texte de la Gallia christ, a été amélioré dans la susdite édition du
Bec. des Hist. de Fr.
[1024-1093] DE l'architecture en frange 71
[1024-1045 environ.] — [Roberti^ episcopi] tempori-
bus, incoepta et ex parte constructa est Constaritiensis
ecclesia, fundante et coadjuvante Gonorra comitissa^,
auxiliantibus etiam canonicis, redditibus niedietatis altaris
ad tempus operi concessis, cooperantibus quoque baronibus
et parochianis fidelibus : quod usque hodie contestantur
aliquot ipsorum nomina insculpta lapidibus in ecclesiae
arcubus '^. In his pro certo diebus, eadem rudis erat et
inculta et imbecillis ecclesia, quinque tantum canonico-
rum personis contenta, bibliothecis caeterisque authenticis
et canonicalibus libris et ornamentis pêne penitus desti-
tuta ...
[1049 et s.] — Anno igitur dominicae Incarnatio-
nis MXLVIII, duodecim tantum diebus ipsius anni restan-
tibus, id est, IV idus aprilis, indict. II, venerandus Gaufri-
dus^, post Robertum'' Constantiensis episcopus, Rotomagi
1. Robert l", évêque de Coutances (vers 102i-1045).
2. Gonnar, seconde femme de Richard I", duc de Normandie (935-996).
3. C'est un des plus anciens exemples de ce genre d'inscriptions dans
les églises.
4. Geod'roi I"de Montbray, évêque de Coutances de 1049 à 1093, d'après
Gams ; Montbray, c'"' de Percy,arr. St-Lô, Manche. — Sur ce prélat au carac-
tère à la fois clérical et guerrier, voy. Orderic Vital, Hist.eccl., 1. VIII, éd.
Le Prévost, t. III, p. 406. La chronique qui rapporte ses actes a été intitulée
Hisloria, fundationis ecclesiae Constantiensis sive Gesta Gaiifredi episcopi.
5. Dès 1824, M. dé Gerville publia un mémoire dans lequel il soutint que
la cathédrale de Coutances est du milieu du xi" siècle, sauf des restaurations
que le temps et les guerres civiles avaient rendues nécessaires. Cette ques-
tion a été reprise ensuite par M. l'abbé Delamare dans les Mém. de la
Soc. des anliq. de Normandie, t. XII (1841;, dans un lissai sur la véritable
orig. et sur les vicissitudes de la calh. de Coutances, qui a commenté les
textes ci-dessus pour attribuer au xi* siècle ces importantes constructions.
Suivant M. Ramé, dans la cathédrale de Coutances, « on reconnaî-
trait plus volontiers les constructions de l'évéque Robert, que celles
de Geoffroy de Montbray, qui se borna d'ailleurs à terminer l'œuvre de
son prédécesseur » Hev. d. Soc. sav., 7" sér., t. III, 1881 , p. 94 et sq. ; : « Les
débris de la cathédrale de Coutances. dit ailleurs le même auteur, qu'on
peut attribuer à l'évéque Robert, sont bâtis à la romaine, en petit appareil,
avec claveaux ou minces dalles de pierre faisant fonctions de briques » (De
Vétat de nos connaissances sur Varchitecture carolingienne, dans le Bull, du
Comité. . . 1882, p. 185). Contra : Vitet, Etudes sur'riiistoire de l'art, t. II.
d. 105, qui affirmait qu'aucune pierre de l'édifice actuel n'avait été placée
<i avant que le xin" siècle eût commencé de luire». Sur cette controverse, voir
l'abbé Pigeon, Hist. de la cath. de Coutances Coutances, 1876), qui fait
ressortir avec raison le caractère gothique de cet édifice du xiii' siècle.
72 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIBE [^1024-1093]
consecratur ... ad aedificationem et incrementum ecclesiae
suae, ômni nisu et voluntate per noctemerat et perdiem:
qui, ut eamdem ecclesiam celebrem gloriosamque resti-
tueret, in Apuliam et Calabriam adiré Robertum \ cogno-
mine Guiscardum, parochianum suum, aliosque barones
consang-uineos suos, et alumnos, et notos, peregre profec-
tus, multum in auro, et argento, et gemmis, et palliis
variisque divitiarum donariis acquisivit ... aliaque pretiosis-
sima, quibus postea praefatam ecclesiam intus et extus
locupletavit majoremque crucifixum largis sumptibus et
tempore longoconstruxit. Gum autem non haberet in civi-
tate, sive in suburbio, tantum possessionis ecclesiae, ubi
maneret episcopus. vel proprius equus ejus posset stabu-
lari, sed neque propria m domum, nisi quoddam appendi-
cium humile, quod pendebat de parietibus ecclesiae, ipse,
prudentia sua et probitate, valentiorem medietatem civi-
tatis suburbii, et telonei, et vectigalis, cum molendinis, et
multa Grimoldi viaca^ a Guillelmo, invictissimo duce Nor-
mannorum, postea quoque glorioso rege Anglorum ^, trecen-
tis libris comparavit et acquietavit. Postea vero, episcopa-
lem aulam et reliquas officinas construxit, virgultum et
vineam non modicam plantavit, capitium navis ecclesiae
cum area, et hinc inde duo majora capitia nobiliora et
ampliora construxit; duas turres '* posteriores a fundamentis,
tertiamque supra chorum opère spectabili sublimavit, in
quibus classicum consonans et pretiosum imposuit, et haec
omnia ^ plumbo cooperuit. Fecit praeterea Gonstantiis duo
1. Robert Guiscard, duc de Fouille et de Calabre (1015-1085). Sur les
constructions des princes Normands dans le sud de l'Italie, voy. le récent
ouvrage de M. E. Bertaux, L'iirt duns Vllalie méridionale, de la fin de
V Empire romain à la conquête de Charles dWnjnu (1903), 1. III, l'art pro-
vincial et municipal sous la domination normande, p. 309 et s. — Voy. infra
le texte que nous publions sur la construction de l'église abbatiale de la
Trinité de Venouse, dans la Basilicate (vers 1059,.
2. Le texte de la Gallia chrisliana donne ici : militas Grimoldi villas
(col. 870).
3. Guillaume l", dit le Conquérant, duc de Normandie, roi d'Angleterre
(1027-1087).
4. Voy. infra, au sujet des tours de l'église.
5. Sur la couverture en plomb des églises depuis l'époque gallo-romaine,
voy. VioUct-le-Duc, Dict. d'arch. fr.. t. VIT, Plomberie, p. 209 (avec renvoi
aux textes). Au xii" siècle, Maurice de Sully, évéque de Paris, légua
[1024-1093] DE l'architecture en france 73
stag-na, cum molendinis ; terram parci contra comitem Mori-
toniensem ex parte expugnavit, ipsumque parcum duplici
fossato vallavit et palatio ' circumsepsit, intusque glandes
seminavit, quercus et fagos, caeterumque nemus studiose
coluit, cervisque Ang-ligenis replevit ... lapideum pontem^
supra Viram condidit ... caeterum ornamenta ecclesiastica
et ustencilia ... aurea contulit et argentea ... cortinas^et
tapeta, sed et bibliothecas ... sufficientesque et compé-
tentes libres subrog-avit . . . çantorem quoque, et succento-
rem, et rectorem scholarum, et custodes ecclesiae, clericos
quoque praebendarios, aurifabros, fabrumque ferrarium,
carpentarios et magistrum caementarium ad opus ecclesiae
constituit^ ... 0 virum prudentem et domui suae bene
praesidentem, qui de vivis-^ et electis lapidibus domum suam
oomposuit, et mirabilibus columnis eam sustentavit^.
JOO livres, et non 5000, comme dit Viollet-le-Duc. loc. cil., poui- cou-
vrir la nef de Notre-Dame. Voy. notre élude sur cet évèque ^1890 j, p. 107.
Cf. infra, notre texte sur Fécamp.
1. Une note de l'éd. du Rec. des Hist.. p. 18, met ici : « Seu palatio,
voce usurpata pro claustro ex palorum série confecto. » Cf. le f^lossaire de
Du Cang^e, qui. sous le mot Palalium. cite divers exemples des mots
pallacium cl palalium employés dans le sens de palissade, vieux français
pâlit. Ces travaux d'utilité et d'embellissement ont précédé ceux de Robert,
duc de Normandie, dont Champollion-Figeac dit {liev. arch., a. XVI,
2' part., p. 394) dans ses Dr. et as,, sous l'année 1093 : « c'estla plus ancienne
habitation de plaisance ornée d'un parc que l'on puisse citer pour la France. »
2. Outre cette mention d'un pont de pierre sur la Vire au xi' siècle,
voici celle d'un autre pont de pierre construit sur la Mayenne en 1028
environ, par les soins de Foulque, comte d'Anjou, avec l'indication de
l'emplacement des constructions le surmontant: « Detotopon<e Meduanae,
quod videlicet iapideo opère construximus. . . arcas molendinorum intra
ipsas archas... » concession à l'abbaye du Ronceray ; Cart. de Ron-
ceray, f" 126 . Sur les ponts de pierre du xi" s., voy. Viollet-le-Duc,
t. VII, p. 221, et Enlart, dans Michel, Hist. de Varl..., 1. 1, 2" part., p. 480.
3. Tapisseries servant notamment à la décoration des murs de l'église,
comme on l'a vu déjà.
4. Détails précieux du xi" siècle pour ces ministeriales attachés à la con-
struction de l'éf^lise, au sujet desquels il y a des exemples variés du xii°
siècle.
3. L'expression de lu'ro lapide remonte à l'antiquité romaine (on la trouve
employée chez les Gromatici veteres.éd. Lachmann, t. I, p. 361 , d'où elle
passa dans la latinité chrétienne (avec saint Auf^ustin et aussi hymnologique
du moyen âge (voy. l'hymme Cœlestis urhs Jérusalem).
6. Le passage placé entre crochets manque dans les Histor.de Fr., t. XIV,
p. "78. — Cette église romane comprenait une grande nef, un chœur
entouré d'un déambulatoire, deux transepts. Le portail vers l'occident
était encadré de deux tours, une troisième se dressait au-dessus du chœur
et renfermait les cloches. On a découvert et reconnu dans l'édifice gothique
74 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1024-1093]
Gelebrem dedicationem ecclesiae niag^nis multisque sum-
ptibuscelebravit, praesente Guillelmo, Normannorum duce,
et archiepiscopo, et coepiscopis, etabbatibus, et principibus
Normanniae, et aliis quibusdumBritanniae, anno Inc. Dom.
M LVI, indict .X. ... Animus ... et amor ad aedilicationem
ecclesiae desudabat ... lUic ornamenta pretiosa ... parabat.
Redditus episcopi necessitatibus et operibus ecclesiae,
scilicet sculptoribus ^ vitriariis, caementariis, aurifabris, et
caeteris omnibus, quibus opus erat, per manum praefati
camerarii^ [Pétri] abundanter expendebat.
Appropinquante autem tempore glorifîcationis suae,
luctus et desolatio Gonstantiensis ecclesiae evidentibus
praenunciata fuit signis. Anno namque Dominicae Incar-
nationis MXGI, indict. XV, IV nonas novembris, cum
esset idem praesul Gonstantiis, in aula episcopali, quam
feceratet plantaverat, terrae motus factus est, et fulgura
extiterunt nimia, ita utgallum'^ deauratum, qui majori
certains pans de murs qui proviennent, à n'en pas douter, de l'édifice roman.
Pour découvrir l'appareil du w" s., on a dû pénétrer dans des parties de la
cathédrale qui sont restées cachées. Cette disparition de l'ancienne église
romane est un fait assez rare en Normandie : la cathédrale de Bayeux
a conservé les arcades latérales de la nef, celle de Rouen, la façade princi-
pale et la tour de Saint-Romain, celle d'Evreux, toute la nef.
1. Scriptorihus, d'après la Gall. christ.
2. C'était un intendant, im trésorier. Le titre de dispensator qu'il avait
est aussi un titre que l'on trouve porté sous Philippe I" par un fonc-
tionnaire royal chargé sans doute des dépenses de l'Hôtel du roi et
des constructions royales. Un officier portant le même titre exis-
tait à Carcassonne en 1034 (voy. Luchaire, //t.s<. des instit. monareh. de
la France..., t. 1, p. l2i).
3. Sur l'usage de placerdes coqs au sommet des clociiers d'églises, voy.E.
Mariin[ahhi), Le coq du clocher, essai d'archéologie et de symbolisme, Nancy,
(190i); Enlart, Man. darchéol. française (avec renvoi aux textes), cf. de
Caumont, Abèc. ou rud. darchéol., 1854, p. 158 et 159 (représentation d'un
coq surmontant l'abbaye de Westminster sur la tapisserie de Bayeux),
VioUet-le-Duc, Dict. de l'arch. fr., t. IV, p. 305 et s., v" Coq ; voy. aussi
J .Sauev,Symbolikdes Kirchengehiiudes (1902), p. 143 et s. (avec l'indication
des sources). — Nous croyons enfin utile de citer ici les vers latins suivants
que nous tirons d'un ms. du xiii" siècle (Bibl. nat., lat. 4861, fol. 130 v") :
M.Léopold Delisley renvoie (sans les citer) dans sa Notice de l'éd. d'Or-
deric Vital (Soc. hist. de Fr.), éd. Le Prévost, t. I, p. civ) :
Turribus ecclfsie gallum solituni superesse.
Temporibus nostris hune soluni c<îrniiiius esse.
Flantibus liic vontis,ipsa convertitur liora,
Opponens rapidis ventis non terga, set ora.
Iste refeit horas, (juasi nocte dieque canendo.
[1024-1093] DE l'architecture en france 75
ecclesiae turri [eminebat]*, minutatim conscinderent
[majorem^ nostram ab orientali ... capitium ecclesiae et ...
minori conquassarent ... singulatim quadratos lapides era-
dicarent] ... De arcubus vero fenestrarum turris majoris
lapides magni vi tempestatis eruti, super aulam praedictam
corruerunt, nimioque frag-ore terrorem et stuporem prae-
suli multisque qui aderant, visa inaestimabili coruscatione
et inoperabili audito simul tonitruo, intulerunt ...
... Cernens autem venerandae memoriae praesul mortem
sibi imminere, et condolens casibus ecclesiae, misit in
Ang-liam, et vocavit ad se Brismetum plumbarium,
fecitque omnes discessiones ecclesiae plumbari, turres et
capitium reintegrari, et deauratumgallum, quem praedictum
fulgur destruxerat, studiose restaurari, majoremque supe-
rimponi. Ut ergo agnovit quia gallus fulg-idus totus esset
et superimpositus loco suo, jussit se manibus ambabus ex
brachiis in sellum suum erigi ; sicque sedens in lecto
Deoque gratias agens oravit ; et cum postmodum repau-
sasset : « Timebam, inquit, quod si meus obitus praeve-
nisset, nunquam gallus ille vel illi consimilis illuc ulte-
rius ascendisset ... Episcopi et abbates praescripti ... sepe-
lierunt eum honorifice in stillicidio -^ ecclesiae, sicut ipse
praeceperat vivons adhuc in corpore. »
Miracula eccl. Constanliensis, publ. sous le titre de : Notice sur un
traité du Xll- siècle... par L.Delisle, dans la Bibliothèque de l'École des
Dum vicium prohibet, monet et facienda docendo.
Virga ferens gallum, bene ferrea virga probatur,
Ne putrefacta ruat vel flatu commul[e]tur.
Voyez aussi le commentaire détaillé de Hugue de Saint-Victor, dans son
Spéculum de viysteriis Ecclesiae, cap. i, De ecclesia : « Virga ferrea in qua
gallus sedet... tholus super quem crux ponitur...» (Migne, Pair, lat.,
i. CLXXVIl, col. 337).
1. La Gallia Christ, (t. cit., col. 222) donne à tort <unc, au lieu de turri.
Il y a une lacune dans ce texte après le mot tune.
2. Le passage entre crochets manque dans le texte des Historiens de
France.
3. Stillicidium, «quod et impluvium, area ante aedem sacram» (Du Gange,
Gloss.), c'est-à-dire l'aître de l'église.
76 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1024-1093]
Chartes, 2" sér., t. IV (1848), p. 351-352.
(Cf. A. du Monstier, Neustria sancta, Inslr. ad. 15 Aug. (1657.
Viderunt' in aère très candelas super turrim mediam 2
descendentes, et per cooperturam turris interiora péné-
trantes ... Reversi sunt in ecclesiam, tresque candelas
ardentes et sine humano sustamento stantes repererunt,
unam scilicet ante majus altare, alteram coram imagine,
tertiam quidem super puteum^ ipsius ecclesiae (cap. m).
... Surgens intempestive ad ecclesiam usque pervenit,
sed fores ecclesiae clausas interiusque repagulis et seris fir-
matas ^ reperiens, in australis introitus medio, in orationem
procubuit ... (cap. xxx).
In remotiore et occultiore loco ecclesiae, in introitu vide-
licet ascensus gradus occidentalis turrium ... sive casu,
sive Dei nutu, obdormierat. Cum ergo post somnum evigi-
lasset, surrexit ut eg-rederetur ; sed, ecclesiae custodibus
egressis, et vectibus et seris foribus cunctis munitis, ad
eundem locum pavida revertitur ... Ecclesia tota inestima-
bili lumine subito resplenduit ; etecce abaltariSancti Johan-
nis processio veneranda uxorum fulgentium cereos feren-
tium progrediens, ac per circuitum interiorem ecclesiae
prope mulierem transitum faciens, ante altare Sanctae Dei
Genitricis imaginis constitit, moxque post paululum per
1. Sur l'intérêt arcliéoloffique que présentent les extraits qui suivent des
Miracula eccl. Constanlieiisis, voy. L. Delisle, op. cit., p. 351. L'auteur, un
chanoine du nom de Jean, éciivait avant 1135.
2. Pour les clochers des églises normandes au xi* siècle, leur nombre et
leur dimension considérable, voy. Viollet-le-Duc, Dic<. de l'arch. fr., t. III,
p. 303, art. Clocher. Il s'agit ici du clocher central, posé à l'intersection des
bras de la croix.
3. <i Presque toutes les églises possèdent un puits, soit percé dans une
crypte, soit dans un collatéral. Ces puits avaient primitivement été creusés
pour les besoins des constructeurs ; l'édifice terminé, on posait une mar-
gelle à leur orifice, et ils étaient réservés au service du culte. . .» (Viollet-
le-Duc, op. cit., t. VII, p. 562, art. Puits). Cf. les. ch.xx-xxi, qui mentionnent
le miracle d'une colombe qui voltige sur un calice et disparaît dans le puits
de l'église. Voy. enfin supra, le texte n° IV, p. 21, n. 3.
4. Sur les anciennes portes d'églises romanes, voy. Viollet-lc-Duc, op. ct<.,
t. VII, p., 386 et s., art. Porte; cf. t. I.\, p. 346 et s., art. Vantail, et de
Caumont, Abéc. d'archéol., 3' éd. p. 2i8 et s., § Portes.
[1024-1093] DE l'architecture en france 77
cliorum transiens, ante majus altare ^ denuo stetit ... Illa
quidem anus, ul liberius intueretur quidnam agerent, de
loco suo surrexit, et quasi de m[ed]itulli[o] - de majoribus
ecclesiae portis prospexit. Postea, abscedentibus cunctis
et egredientibus, tanquam per ostium, illa, ut sibi visum
fuit, remansit in tenebris (cap, xxxi).
Surrexit, moxque per chorum canonicorum secundis
cruribus transiens... ad altare superius ascendit ... (cap. iv).
Miles quidam, in ecclesia stans ante supradictam imag^i-
nem ■'' Virginis gloriosae, et imaginis pulchritudineni admi-
rans .. . (cap. xiv).
Luminare quoddam vidit desursum veniens et quasi ver-
sus puteum divertens ... confestim se de puteo sustollit,
et in candélabre ante imaginem Sanctae Mariae Virginis
resedit, ibique, donec dies illucesceret, arsit, tuncque,
quasi per fenestram vitream exiens, disparuit (cap. xxxii).
In quo [puteo ecclesiae] et plures ceciderunt ; sed licet
altus sit, nullam tamen laesioneni sustinuerunt (cap xxi).
Infirmam introniserunt, ponentes ante crucifixum^
(cap. xxiv).
Dum clerus vespertinos psalleret hyninos, et ante cru-
cifixum, in medio ecclesiae, processionem de more face-
rent ... (cap. xxix).
... Qui custodiebat cereum Sancti Nicholai, et die ac
nocte ferebat ad altare ejusdem, cui sancto superpositus
erat crucifixus, et exinde, custodiae gratia, domum refe-
rebat (cap. xxv).
1. Sur les anciens autels romans, voy. Viollet-le-Duc, t. II, p. 16 et s.,
art. Autel; de Caumont, Abéc. d'archéoL, 3" éd., p. 205, § Autels.
2. C.-à-d. la partie médiane. Cf. le texte n° XLIX.
3. Sur la statuaire en Normandie au xi" siècle, cf. VioUct-le-Duc, op.
cit.,l. VIII, p. 110-111, art. Sculpture. C'est surtout au xii" siècle quele
culte voué à la Sainte Vierge prend un caractère spécial en France,
notamment en Normandie ; cf. i7>., t. IX, p. 363, art. Vierge iS'').
4. On plaçait dans les églises cathédrales, abbatiales ou paroissiales, de
grands crucifix de bois ou de métal suspendus au-dessus desjubés ou des
poutres indiquant l'entrée du chœur.
78 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1026]
XIX
1026.
Mention de la construction faite par les soins d'Eade II,
comte de Blois, d^une tour de bois surmontant le donjon
du château de la Motte-Montboy au, près de Tours.
Annales Vindocinenses, dans le Recueil d'Annales angevines et vendô-
moises, publ. par L. Halphen (1903), p. 60-61.
... Odo, in Francia reg-is impedimentis solutus... anno
présent!, Montis Budelli^ castellum, quod circiter annos X
rétro abhinc contra civitatem Turonicam fîrmaverat Fulco,
obsedit, et turrim lig-neam- mire altitudinis super dongio-
nem ipsius castri erexit. In toto tamen labore, tanto nichil
aliud profecit, nisi quod intérim Salmurum, optimum cas-
tellum; quod adhuc tune in Andecavensi pag-o habebat,
capiente Fulcone, amisit, et machina illa ad ultimum noctu
super eos qui vigilias exercebant repente corruit... et in-
cendio, quod confestim a castellanis superjectum est, con-
cremavit...
1. Pour ridcntification de ce nom, voy. Lex, Eudes, comte de Blois, de
Tours, de Chartres, de Troyes et de Meaux, dans les Mém. de la Société aca-
démique d' açf rie ., sciences, arts, belles-lettres de VAube,S'sér., t. XXVllI,
p. an, n. 1, et Carré de Busserolle, Dict. d'Indre-et-Loire (Soc. archcol. de
Touraine), t. IV, p. 3 49. Il s'agit du lieu appelé aujourd'hui La Motte, ancien-
nement La Motte-Montboyau, sur laChoisille, com. de Saint-Cyr-sur- Loire,
arr. Tours (Indre-et-Loire).
2. Les chroniques précisent parfois s'il s'agit de la construction de tours
de bois ou de pierre: «in loco. uhi domus. ..liçfnea e\-at,arcem lapideam. ..
construxit », ou encore « turris Ambaziie lapidea », lit-on dans les Gesta
Ambaz. dominorum (vers 1040), au sujet d'Amboise (Chroniques d'Anjou,
t. I, p. 169),
[1028-1029] DE l'architecture en francé 79
XX
1028-1029.
Donation faite par Hiigue II de C h amp- Allemand ^ évêque
de Nevers, au Chapitre de l'église cathédrale de Saint-
Cyr, de deux autels érigés dans ladite église à droite et au
sud^ à condition que le Chapitre ferait construire à ses
frais un coté de la cathédrale.
Galliâ christiana, t. XII ;i""70), Instr., col. 324, n° XXXIII {ex chiirlulario
Nivernensi ').
Ego Hugo ', gratia Dei Nevernensis episcopus, notum
volo fîeri cunctis fidelibus tam presentibus quam futuris,
qualiter veneruntcanonici Sancti Cyrici ante meam praesen-
tiam deprecantes, ut eis altaria, in dextera parte, contra
meridiem monasterii Sancti Cyrici sita, concederem, unum
quod dedicatuni [est] ' in honore sanctorum confessorum
Gregorii, Nicolai, Hieronymi atque Augustini, ipsique
totum membrum basilicae aedificarent^, et, me auctorizante
atque sanciente, sacraretur claustrum, ut esset eis placabilis
1. L'original de cette très intéressante charte, tirée de l'ancien Cartu-
laire de l'église cathédrale, n'existe plus, et le Cartulaire lui-même a dis-
parue la lin du .wiii" siècle. Nous devons ce renseignement à l'obligeance
de notre confrère M. de Flamare, archiviste de la Nièvre.
2. Ilugne II fut évêque de Nevers de 1013 à 1065.
3. Il faudrait suppléer ici est, qui manque dans le texte de la Gallia
christiana.
4. Voy. Boutillier (l'abbé F.). Examen de quelques documents relatifs
à la cathédrale de Xevers du XI" siècle {Bulletin de la Soc. nivernaise des
lelt., se. et arts.., 3" série, t. I 1883), p. 209 et s., lequel s'est exprimé ainsi :
« Le côté de la tour et sans doute l'abside étaient donc achevés en 1028;
mais lecôtéqui fut plus tard abandonné à la paroisse Saint-Jean étaitencorc
à construire, et il dut être édifié dans les premières années qui suivirer.t,
avec la salle accolée à l'abside. Ainsi, cette annexe est l'ancienne sacristie
ou trésor du chapitre...» {ibid.,p. 219). Cf. de Soultrait, Répert. archéol.
du dép. de la Nièvre {i81b),co\. 152-153, et Mgr Crosnier, jl/oreof/r. de lacatli.
de Nevers, Nevers, 1854, p. 99 et s.
L'abside Ouest (vers 1028) a été conservée lors de la reconstruction de la
cathédrale au xm" siècle, après l'incendie de 1211. Dans io. Bull, ci-dessus
mentionné (1899, p. 203), on trouve une reproduction de cette abside dans
80 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIKE [1028-1029]
locus sepulturae cuicumque esse(t) vellet • . Quorum peti-
tione suscepta,con sensu ac voluntate Goffridi, clavigerii, ac
Rodulfi, decanisive secretarii, de quorum ministerio supra-
dicta altaria esse videbantur... Si^num Hugonis, praesulis,,
qui hoc fieri jussit. S. Widonis archidiaconi atque prae-
positi^. S. Goffridi, archiclavi. S. Rodulfi, decani atque
secretarii, caeterorum canonicorum — Acta civitate
Nevernis publiée. Odo, praecemptor -^ atque cancellarius,
scripsit, mense decembri, rejouante Roberto rege, anno
XXXIII.
XXI
1029 ou 1030.
Extrait du sermon relatif à la symbolique de V architecture
religieuse, prononcé par Adémar de Chabannes, le jour
commémoratif de la dédicacede la basilique du Saint-Sau-
veur, à l'abbaye de Saint-Martial de Limoges; mention du
baptistère de ladite basilique.
Ms. ori(f. des sermonn d'Acfémar', Bibl. nat., ms. lat. 2469, fol. 94 r" et s.
(ms. provenant de Fancienne Bibliothèque de Saint-Martial).
(Cf. Gh. de Lastcyrie, L'ahhai/e de Saini-Marlial de Limoges, étude his-
torique et archéologique, 1901, p. i'2'2, pièce justif., n° V.)
l'étude du chanoine Sery, Les deux absides de la cathédrale Saint-Cyr et
Sainte-Julille de A'^euers(lig.), d'après laquelle l'évêque reconstructeur, Guil-
laume de Saint-Lazare, aurait inauguré un changement d'orientation. — Eu
sens contraire, voy. l'art, de l'architecte Rouvet lih., p. 376) : Les absides
opposées de la cathédrale. Apres cet incendie de 1211, le susdit évêqueaioula
une grande église à la chapelle de Sainte-Julitte et au transept épargnes par
les ilamnies. Sur le plan du sanctuaire à deux absides, dans la région de l'Est,
influencée par l'école germanique ou lombarde, vov. Enlart, Manuel d'ar-
c.héol. fr., 1. 1, p. 220et427. Gf. Viollet-le-Duc, Dicl. de Varch.fr. ,i. I,p. 209.
(Le sol de l'abside du xi" siècle est relevé sur une crypte ou confession.)
1. Il conviendrait de corriger ainsi ce passage : esse vellet, au lieu d'essel
velle que donne le texte de la Gall. christ.
2. De même que le chévecier ou trésorier (secrelarius), l'archidiacre ou
prévôt (praepositus) avait une part directe dans l'administration du
temporel de 1 église cathédrale.
3. La Gall. christ, présente cette forme fautive, au lieu de praecentor.
4. Sur Adémar de Chabannes, voy. Molinier, »S'oH/ces der/jtsf., t, II, p.3.
[1029-1030] DE l'architecture en France 8i
Ad decorem* et misticum- ecclesiae sacramentum perti-
nere, dilectissimi, videtur, quod in dedicandis «^ manu factis
templis a pontificibus agitur... Primo namque pontifices
in ecclesiam novam ' simul convenerunt, tenentesque sin-
guli in manibus pastorales virgas, ejecerunt omnes ab eccle-
sia praeter necessarios ministres, et sic (h)ostia clauserunt
propriis manibus. Ita nimirum ante adventum Salvatoris,
patriarcliae et prophetae, sacerdotes et reges, ac justi sub
lege Moisi, propter futuram novam Ecclesiam Christi, curis,
fig-uris et exemplis salutiferis quasi vigilabant... At vero,
ubi jam pontifices hujus templi Lemovicensis portas clause-
runt, illis jubentibus, XII accendi visa sunt luminaria, ad
instar XII Apostolorum, itemque alia quat(t)uor in honore
beatorum Pauli et Marcialis et Marci et Lucae. Est enim Pau-
lus magnum lumen Ecclesiae. . . Deinceps ad locum, ubipridie
erant collocatae sanctorum reliquiae, episcopi cum ministris
abeuntes... ad portam ecclesiae clausam canendo proces-
serunt, Terque ecclesiam cum psalnio circumeuntes extrin-
secus,trium linguarum caractères inparietibussculpere cura-
runt ; terque ad portam ecclesiae in misterio clamaverunt,
dicentes : « Tollite portas, principes, vestras et elevamini,
portae aeternales, et introibit Rex gloriae. » Terque interius
illis in misterio interrogando clamatum est : « Quis est iste
Rex gloriae ? » Et semel episcopis dicentibus : « Dominus
1. Cf. le texte suivant du Psalmiste (XXV, 8) : << Domine, dilexi deco-
rem domas tuae et locum hahitalionis gloriae luae ». Auxii" siècle, on voit
qu'à propos de Ro^er de Salisbury qui reconstruisit son église cathédrale
avant 1139, le chroniqueur dit : « ipseque non lalso possit dicere Deo :
« Domine, dilexi decorem domus tuae » (Will. Malmesber., De geslis reg.
Angl., 1. V, §408, éd. Stubbs, t. II, p. i8i). Nos documents oITrent d'autres
exemples d'allusion directe ou indirecte à ce texte sacré, ainsi qu'on le
verra par la suite de notre Recueil.
2. Ce document du xi' siècle est intéressant pour l'histoire de la symbo-
lique religieuse: cf. Honoré, dit d'Autun, Durandde Mende, Huguede Saint-
Victor, Spec. de mysler. ecclesiae, cap. ii. De dedicatione ecclesiae, dans
Migne, t. CLXXVII, col. 338 et s.
3. Sur cette dédicace, voy. Ch. de Lasteyrie, op. cit., p. 72 et s.
4. Voy. supra les textes réunis sous le n» XV : Travaux de construction
et de décoration accomplis à V église et aux bâtiments claustraux de
Vabbaye de Saint-Martial de Limoges
82 TEXTES RELATIFS A l'hISTOTRE [1029-1 030 J
virtutum ipse est gloriae », sic ipsi portas ecclesiae aperuere
sub impetu, atque in ipso introitu domum sig"no crucis
niunientes, ter pronuntiaveruntpacem, dicentes : « Pax huic
domui. » Iterum in ipsa nova ecclesia, coram altaribus con-
secrandis data laetania, processerunt ad fontes benedicen-
dos in baptismi domus^.. Sane ante consecrationem aqua-
rum non absque sacramento fit, quod episcopi scribunt
pavimentum ~ ecclesiae ab angulo ad angulum ; per quatuor
quippe angulos respersa favilla formatur in modum litterae,
quae prima nomen Christi format. In quo ang-ulato carac-
tère imprimunt episcopi omnes litteras, quia christianitas
in Christo et per Ghristum dilatata est per quat(t)uor partes
orbis.. Interea parietes templi intrinsecus per circuitum
clirismate signant episcopi, quia per Spiritum Sanctum in
baptismo totus interior homo sanctifîcatur... Porro autem
quemadmodum jam consecrata altaria sacris ornata sunt
vestimentis, necnon et velis-' templi parietes vestiti sunt ...
Post consecratum siquidem oraculum... sanctorumreliquiae
introductae et in altaribus reconditae, sicque mi&teriorum
sol(l)em(p)nia facta sunt
1. Mention précieuse d'un ancien baptistère {baptismi domus)en France,
au XI" siècle, les baptêmes se passant d 'ordinaire dans l'intérieur des éjçlises.
Sur les baptistères romans, voy. Quicherat, Mél., p. 496, et la note addition-
nelle de M. R. de Lasteyrie pour le baptistère limousin et roman de Saint-
Léonard ( Haute- Vienne). Ces baptistères on t souvent la forme de chapelle cir-
culaire. Cf. Enlart, op. cit., t. I, p. 219 (au sujet de Saint-Léonard); voy. infra
les textes de 1079-1110 et 1105-1148 concernant le baptistère de la cathédrale
de Rouen et les gestes des évêques d'Angoulême.
2. Sur les pavements d'églises à l'époque romane, voy. de Gaumont, Abé-
céd. d'arch. (arch. relig.), p. 199-200, et Viollet-le-Duc, Dict. de l'arch. fr.,
t. "V, art. Dallage, p. 10 (ci. Quicherat, Met., p. 379 et s., avec les notes de
M. R. de Lasteyrie).
3. Autre exem})lc à joindre à ceux que les textes nous offrent sur l'usage
de suspendre des tapis et tentures dans les églises : voy. plus loin les sta-
tuts de Gluny Coutumes dites de Farfa). Cf. (riiibcrt de Xogent , sur l'in-
cendie de l'église de Laon : << Quae ecclesia, cum pro praescntisgloria solem-
nitatis palliis atque tapelibus nobilissime foret circumornata. urgente igné,
pauca ex palliis furto abrepta potius quam focis tacta creduntur ; tapetia
autem aliqua, quia facile funes a trocleis demitti a paucis non poterant,
succubuere caloribus » {Devita sua, éd. Rourgin, 1. III, c. ix, p. 170).
[Avant 1030] de l'architecture en frange 83
XXII
Avant 1030 et H24-1153.
Reconstruction de la cathédrale Saint-Maurice d^ Angers-,
fortement atteinte par la vétusté et par les suites dun
incendie, rebâtie par les soins de Vévêque Hubert de Ven-
dôme, et dédiée par lui le 16 août 1030. — Substitution
aux plafonds de bois de la cathédrale, par les soins et aux
frais de Vévêque Normand de Doué, de voûtes domi-
cales, à croisées d'ogives, remarquables par leur effet
architectonique . — Remplacement des fenêtres de bois
par des vitraux, dans presque toute Vétendue de la nef^
grâce aux libéralités du préchantre Hugue de Sem-
blançay.
Begistres mss. du Chapitre dWnçfers par le chanoine Duménil, xviii* 8.,
cop. par Davyau, Bibliotlièque d'Angers, ms. 732 (n° 658 du catalogue
Leniarchand), p. 5-7.
In ^ nomine Dei summi, Hubertus ^, humilis Andecaven-
sium episcopus, satagente mecum carissimo g-enitoremeo,
Huberto, vicecomite Vindocinensium, sed et religiosa matre
niea [Emmajstudiosiusallaborare ^ incipiente, hanc domum ^
1. Nous sommes redevables à_ l'obligeance de notre savant confrère,
M. E. Lelong, chargé de cours à l'Ecole des Chartes, de la communication des
précieux documents que nous publions ici en grande partie pour la première
fois.
2. Hubert occupa le siège épiscopal de 1010 environ à 1047 ou 1048.
L'original de la charte d'Hubert n'existe plus ; il en est de même du Cartu-
laire noir du Chapitre qui contenait ladite charte sous le n° 21.
3. Travailler en sus, avec eflbrt (terme classique rare).
4. Sur la cathédrale d'Angers, voy. G. d'Espinay, dans le Congrèa
archéologique de France, XXXVIII" session, Angers, 1871, p. 24. — L. de
Farcy : Construction de la cathédrale d'Angers, dans le Congrès archéolo-
logique de France, XXXVHI' session, p. 254. — G. d'Espinay : Notices
archéologiques, 1" série, p. 92. — Célestin Port, Dictionnaire historique
de Maine-et-Loire, l. I, p. 52. — Gallia christiana, t. XIV, éd. Hauréau, col.
84 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Avant 1030]
sanctamDei beatique Mauricii, sedein videlicet episcopalem,
indecenti prius ac periculosa infîrmitate per vetustatem vel
prisco incendi[o] [nu]tabundamab ipsis funda mentis ' reno-
vare, atque in antiquum soliditatis sive pulchritudinis sta-
tum, juxta vires potentiae meae, reparare adorsus. Ego qui-
dem, quanquam peccator (et) indignus, secundum inestima-
bilem tamen divinae misera tionis bonitatem, effectumpartim
assecutus, atque ad desideratum dedicationis illius dieminco-
lumis demum perductus sum. Quapropter, divinis er^a me
benefîciis non ingratus, sed ubique obnoxius die presenti,
qui est XVII kal. septembris, anno ab Incarnatione Domi-
ni nostri Jesu GhristiMXXX, ordinationis autemmeae XX^,
hujus sacri templi consecrationem secundum Romanae
ecclesiae institutiones solemniter celebrans, istam ipsam
casam Dei aliquo largitionis munere, consueto more fîde-
lium, dotare debeo ; quod quidem et facio, non tamen decen-
ter suffîciens ad donorum amplitudinem, voluntarie tamen
conscientie afferens hilaritatem
Actum XVII kal. sept., in civitate Andecava, régnante
Roberto rege, in Deinomine féliciter, amen.
Ohituaire de Saint-Maurice d'Angers, extr. dans les Chroniques des
églises d'Anjou, éd. Marchegay et Mabille {Snc. hist. de Fr.), 1869,
p 192, n. 1. — Cf. Lehoreau, Cérémonial de l'Eglise d'Angers, t. I"
(1724), p. 569 (ms. de la Bibliothèque de Tévêché d'Angers).
(( MCLIII, IV" nonas maii, obiit bonae memoriae Nor-
543, 569 et 570. — Cf. Farcy (L. de). Les fouilles de la cathédrale d'Angers,
Bull, monum., t. LXVI (1902), p. 488-498, elRev.de l'art chrétien, 'l90S,
4* sér., XIV, p. 5 et s.. Monographie de la cathédrale d'Angers, Mém. de
l'Académie d'Angers, b" sér., t. I (^1899), p. 28 et s., et 1901 (en cours).
1. L'expression abipsis fundamentis s'appliquerait à la triple nef, aussi
longue que celle daujourdhui (44" environ) dont la façade serait sur le
même emplacement, avec conservation de certaines anciennes piles. L'ab-
side principale et une absidiole bâties en petit appareil seraient aussi l'œuvre
d'Hubert de Vendôme (Farcy, ihid., p. 6 et fig.). — Le 5 des calendes
d'octobre 1032, d'après Chronic. Sancti Maxentii Pictavensis, il y eut un
terrible incendie à Angers : « nihil... intra murosurbis incombustum reman-
sit nec ipsa mater ecclesia, scilicet episcopalis « [Chroniq. des égl. d'Anjou^
éd. Marchegay, p. 391).
2. Cf. Cartul., 19 9''" 1478.
[1150-1153] DE l'architecture en FRANCE 85
mandus de Doë ^, episcopus noster, qui, de navi ecclesie
nostre trabibus 2 pre vetustate ruinam minantibus ablatis,
voluturas lapideas'^ miro effectua edificare cepit ; in quo opère
VHP libras de suo expendit... . »
Lehoreau, op. cit., p. 570.
Quinto idus martii, anno.. obiit Hugo de Semblanciaco,
praecentor ecclesiae Andegavensis, qui moriens legavit
singulis canonicis dictae ecclesiae quadraginta solidos ;
dédit eliam dictae Ecclesiae.. . et calicem aureum, et patenam
auream, quae deerat calici Ulgerii ^ episcopi bonae memo-
riae; deditetiam... duos urceolosargenleos duarum marcha-
rum ; universas etiam fenestras <» navis ecclesiae, cum ligneae
essent, fecit vitreas, tribus exceptis ', etc.
1. Normand de Doué occupa le siège d'Angers du 6 mars 1150 au
27 avril 1153. Il ne put que commencer ce grand travail.
2. Nouvel exemple de la substitution de voûtes de pierre aux plafonds
de bois. Il ny a plus lieu de tenir compte du passage de V Architecture
byzantine où Félix de Verneilh a parlé « du silence des chroniques » en ce
qui concerne la date de cette partie du monument.
3. « Au milieu du xii« siècle. . . le style Plantagcnêt est définitivement
constitué. La croisée d'ogives a imposé à la coupole son mode d'appareil.
Les assises horizontales sont remplacées par des assises parallèles à l'axe
des berceaux, autrement dit perpendiculaires aux arcs d'encadrement. La
forme bombée, domicale, rappelle seule l'élément byzantin. ..» J. Bei'-
thelé s'exprime ainsi dans son étude sur V Architecture Plantuyenët : voj'. ses
Recherches pour servir à V histoire des arts en Poitou, p. 125, elCongr. archéol.
deFr,, LXX« session (1903), p. 24 5 et suiv. Cf. la pi. ihid. (cathédrale d'An-
gers, voûtes de la nef), et Enlart, Man. d'archèol. fr., t. I, fig.. p. 407 .
4. L'expression miro efj'ectu n'est donc pas exagérée, d'après ce que
nous venons de dire ; ajoutons même que, dans les voûtes de la cathédrale
d'Angers, le bandeau entre les tores est décoré d'ornements ; structure et
ornementation à la fois justifient les termes de la chronique.
5. Ulger fut évêque de 1124 au 17 octobre 1149.
6. « Toutes les fenestres de ladite nef n'estoient que de bois, comme on
peut voir par ce qui est dit dans la calende de cette église d'Angers, où il
est parlé de plusieurs autres présens considérables que ledit Hugues de
Semblançay fit à cette église. » {Cérémonial, p. 570). . . « Comme on ne sçait
l'année du décès de ce bienfaiteur, on croit, selon le Cartulaire de cette
église, qu'il vivoit du temps des évoques Ulger et Normand de Doué. »
(ïbid.). Ajoutons que ce dignitaire du Chapitre d'Angers figure comme
témoin dans des chartes de ces deux évéques.
7. Encore aujourd'hui, dans les églises neuves, en attendant qu'on ait
réuni les ressources nécessaires pour avoir des vitraux, on fait souvent
des clôtures provisoires en planches.
86 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1030-1070]
XXIII
1030-1070.
Reconstruction de la cathédrale de Vienne, par les soins
de l'archevêque Léger, aidé des ressources des paroissiens
de ladite église; ornementation du sanctuaire ; tombeau
archiépiscopal en marbre. — Réfection et embellis-
sement de maisons du cloître de la cathédrale de Vienne.
Necrolo gium vêtus Ecclesie Viennensis *, dans la Gallia chrisliana
t. XVI (1865), col. 69. — Cf. Lelièvre, Antiquités de Vienne, p. 215
Pridie idus julii. — Gommemoratio domni Leodegarii^,
archiepiscopi Viennensis, qui sua industria ecclesiani
majorem a fundamentis construxit, cum parochianorum
suoruin adjutorio-^ ; cujus presbyterium lapidibus pretio-
sissimis '' adoriiavit
Liber episcopalis Viennensis Ecclesiae {Le livre épiscopal de Léger),
dans les Fastes épiscopanx deVancienne Gaule, par l'abbé L. Duchesne,
t. I (189 5), p. 205.
II id. junii. — Gommemoratio piae recordationis domni
Leudegarii, Viennensis Ecclesiae archipraesulis, consangui-
1. Sur les nécrologes de l'Eglise de Vienne, voy. A. Molinier, Les Obi-
tuaires français au moyen âge (1890^, p. 281, n° 640. Le recueil intitulé
Hagiologium Viennense a été publie d'après une copie de dom Estiennot
(Bibl. Nat., lat. 12768, p. 126 et s.), par U. Chevalier, Doc. inéd. relatifs
au Dauphiné, II, dans l'ordre du calendrier, et dans l'ordre chronologique
sous le titre de Liber episcopalis... (voir ci-dessus).
2. Sur cet archevêque, voy. B. Hauréau, dans la Gall. christ. ,iom.W'l,
col. 64-69.
3. ce. infra le texte relatif à la cathédrale de Maguelone.
4. Sur la décoration des églises romanes à l'aide d'incrustations ou mar-
queteries, d'un usage très fréquent dans la Haute-Italie aux \i' et
XII' siècles, et dont on trouve des exemples en France à cette époque,
voy. A. de Cauniont, Abéc. d'archéol., archit. relig., 5* éd., p. 144 et s. ;
pour les chevets, p. 179 fct s.
[1030-1163] DE l'architecture en frange 87
nitatis linea Henrico, Gallorum régi, conjuncti, qui obiit
circa^ annum Domini MXL, et jacet in ecclesia Sancti
Petri, ante fores ecclesiae, in mausolaeo marmoreo. Gujus
temporibus Herardus, famosissimus monachus Sancti Petri
Viennae, xenodochium urbis Viennensis amplissime locu-
pletavit.
Cartul. Delphinorum Viennensium (Bibl. nat., 5214, fol. 217). — Cf.
Gall. christ., t. XVI, Instr., col. 23.
[Vers 1 050 . ] — Sanctae matris Ecclesiae Viennensis archie-
piscopus, Leudegarius... notum esse volumus quod qui-
dam vir fîdelis, Ato nomine, medicus disciplina, adiit
praesentiam nostram, rogans ut sibi in claustro darentur
domunculae, in quibus auri textrices^ habitare fecimus.
Gui cum dedissemus quod petierat, multo melius multoque
decentius eas venustavit atque construxit.r... Data
Viennae.
XXIV
Vers 1030 — vers 1163 à 1190.
Constructions religieuses, civiles et militaires, entreprises
par les soins des évêques de Maguelone ; contributions et
offrandes pour la réédification de la cathédrale de cette
ville ; travaux d'art exécutés à l'entrée du port de Mague-
lone:
Arnaud de Verdale, Catalogus episcoporum Magalonensium^^ éd. par
A. Germain, dans les Mém. de la Soc. archéologique de Montpellier,
t. VII ^18811. p. 502, 508-510, 526, 528 et 538.
1. « Indication fausse. L'épiscopat de Léger doit avoir commencé peu
après le 2 octobre 1030 (Gall. christ., t. XVI, Instr., col. 22); il se ter-
mina le 12 juin 1070 » (note de M. l'abbé Duchesne, Fastes..., t. I, p. 205).
2. Ce passage concernant l'installation d'ateliers de femmes pour les tra-
vaux de tissage mérite de ne pas rester inaperçu.
3. Cf. A. Germain, Maguelone sous ses évéqueset ses chanoines, Montpel-
88 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIHE [1030-1163]
...Demum Deus de celo hanc miserabilem ruinam
dicte ecclesie ^ prospiciens... ut annunciarent in Sion
nomen Domini et laudem ejvis in Jérusalem, quia placue-
runt sibi lapides ejus, dixit illud verbum quod legitur
l*' Be(fum, 2° capite : « Suscitabo, inquit, mihi sacerdotem
fidelem, qui juxta cor meuni et animam meam faciet, et
edificabo ei domum fidelem, etc. »
[Vers 1030 — vers 1060.] — Sacerdos enim iste fuit domi-
nus Arnaldus^, bone memorie, primus hujus nominis, de quo
nunc agitur, Mag-alonensis episcopus, qui miserabilem sta-
tum et ruinas hujus modi, quasi in desertum positas, res-
piciens, et se ad sublevandas nécessitâtes ipsas impotentem
attendens, cum sibi opes ad sumptus tanti operis non ades-
sent, presertim quod possessiones et jura episcopalia erant
per nobiles et alios occupata, ad reparationem hujusmodi
manus suas subito apponere non est ausus, sed suum cogita-
tum jactans in Domino, non absque anxietate et paupertate
nimia, ad sanctissimum dominum Johannem papam XX-^
direxit ocius et ei statuni miserabilem sue ecclesie
explicavit
...Addiderunt ^ etiani ut quicumque homo, cujuscum-
que provincie, ad solemnitatem dedicationis hujus ecclesie,
que per singulos annos celebratur, advenerit, et de justo
labore suo aut hereditate oblationem summo Deo fecerit.
lier, 1869, p. 357 cl s., dans les Publications de la Soc. archéol.. de
ceUc ville, n° XXXII, et F. Fabrègc, Histoire de Maçiuetnne, t. I (180 4),
ch. IV, p. 101 et s. Voy. aussi J. Berthelé, La vieille Chronique de
jWaf/ueione, n. éd. ; Montpellier (1908). — Maguelone est au jourd'hui c. de
Villeneuve-lès-Maguelone, cant. de Frontignan, arr. de Montpellier.
1. Sur la cathédrale de Maguelone, voy. Hevoil, Architecture romane
du Midi de la France, t. I, p. 39 et s. (pi. XLIV h XLVII) : cf. R. de Las-
teyrie. Études sur la sculpture franc, au moyen .if/e, p. 76-78. — Pour les
fondations et reconstructions d'églises languedociennes et provençales,
avec dates et mentions de consécration, voy. H. Labande, Etudes d'hi.i-
toireet d'archéologie romane, Provence et Bas- Languedoc, i. I (1902), p. 18.
2. Sur cet évéque, voy. Fabrège, Hist. de Maguelone, t. I (1894), p. 105
et suiv. Cf. le tc.\te critique de J. Berthelé, p. 130 et suiv.
3 La lettre du pape Jean X.X, que Renouvier (Maguelone, p. 14) date de
1038, est de 1028 au plus tôt et de 1033 au plus tard (Germain, Mague-
lone, p. 8, not. 3).
4. Arnaud de Verdale, éd. cit., p. 508.
[1030-1163] DE l'architecture en France 89
et peccata sua, eo die vel infra octo dies, confessus fuerit,
si infra terminum illius anni mortuus fuerit, apostolicam
absolutionem et episcopalem habeat, et remissionem pecca-
toruin et vitam eternam accipiat. Super hoc fîrmaverunt
hec que ipsa ecclesia habeat leg-itime, ut, si quis penitens
ad ipsam ecclesiam venerit et abstinendi al) ecclesie
introitu in primis preceptum habuerit, ipsam ecclesiam
licenter introeat, pacis osculum libère accipiat, et si qua
sint similia, preterquam sanctam eucharistiam, quam
minime accipiat.
Quibus peractis, idem béate memorie Arnaldus epis-
copus, ponens manus ad fortia, gradum ^ prefatum lapi-
dibus et lignis ante omnia claudere et obstruere festinavit.
Deinde, anxietate nimia pressus, ut tam ingredientibus
quam egredientibus ad dictam insulam-, ad quam nullum
nisi navale iter esse poterat, liber pateret accessus, juxta
verbum propheticum, suum jactans in Domino cogitatum,
tam prece quam pretio rates conduxit, et artifices colloch-
vit, ac per stagni latitudinem pontis"' stravit longitudinem,
ad utilitalem hominum perpetuo permansuram, et sui
nominis memoriam perenniter duraturam.
Subsequenter parochianos suos convocavit, eosdemque
ad elemosynas^ largiendas, pro reedilicatione dicte ecclesie
facienda piis monitis inducere non obmisit : adeo quod
multi ejus admonitione mansos, terras, prata, vineas,
census, alodia, pecunias et alia bona sua, pro redemptione
suorum peccaminum, eidem ecclesie contulerunt ; ex
1 . Arnaud fit obstruer avec de fi^ros blocs de pierre et de charpente l'en-
trée de lancien ji^rau qui conduisait de la mer au pont sarrasin, et il en fit
creuser un nouveau, plus éloigné vers l'est. Ainsi refait, le port allait deve-
nir le principal de cette réj^ion sur la Méditerranée. Cf. E. Thomas, Dict.
lopogr. de l'Hérault, p. 102-10.1.
2. Petite île dans l'étanfî de Thau, à 6 kil. Sud de Montpellier. La transla-
tion de l'évéché dans l'île eut lieu vers 1037, l'église ancienne ayant été renou-
velée. La dédicace se célébra au printemps de 105 i.
3. Jetée entrecoupée de petits pouls pour n'intei-cepter ni le passage des
eaux, ni la navigation de l'étang.
4. Nos textes offrent des exemples variés de la participation des fidèles à
l'édification d'églises cathédrales ou paroissiales. (X siipra pour le Midi
le texte relatif h la cathédrale de Vienne (n" XXIH).
90 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRR [i 030-1 163]
quibus eleemosynis et aliis bonis suis ecclesiam Magalo-
nensem, turres, muros et omnes officinas necessarias, et
fortalitia alia que usque nunc patent cuilibet intuenti, edi-
ficari solemniter fecit.
[HlO-1133.] — Galterius ^ successit Gothofredo, anno
MGX«... Obiit anno MCXXXIIP, VHP idus decembris2...
Gaput ecclesie Magalonensis ruinosum fulcivit. Turrim
Sancti Sepulchri, cellarium, refectorium et dormitorium '' a
fundamentis fecit ornamenta pretiosa eidem ecclesie
contulit
[1133-1166.1 — Raymundus ^* primus successit Galterio,
anno MGXXXIIl... Obiit anno MGLXVI, II» cal. januarii.
Hic, dum vîxit... ecclesiam Magalonensem multis modis am-
pliavit 5. Capitulum Magalonense a fundamentis construxit ;
cisternam ^ etiam fecit, et turrim Sancti Sepulchri a mûris
superius consummavit, et turrim Sancte Marie similiter a
mûris superexaltavit, et turrim Coquine a fundamentis edifi-
cavit. Altare sancti Pétri, et cathedram" episcopalem, rétro
1. P. 526. — La Gallia chrisliania (t. VI, col. 744 et 745) conteste la date
de la succession de Gautier à Godefiid et lui substitue 1103 ou 1104.
2. Sur cette date contestable aussi, voy. Gall. christ., t. VI, col. 744 et 747;
cf. pour cet extrait l'ancienne chronique de Maj^uelone, précédemment édi-
tée par Germain, dans le susdit mémoire de la Société archéologique de
Montpellier. Voy. aussi Berthelé, éd. cit,, p. 138 et suiv.
3. << Un réfectoire et un dortoir devaient être bâtis dans l'enceinte des
cloîtres des églises cathédrales. » (Viollet-le-Duc, Dict. de Varch. fr., t. III,
p. 409, V Cloître). Dès le ix* siècle, les synodes s'étaient occupés de la
clôture des habitations de chanoines des églises cathédrales.
4. P. 528. — Les dates de l'épiscopat de Raymond 1" sont inexactes ici.
Dès 1 129, il était évêque, et son successeur, Jean de Montlaur, était en fonc-
tions dès 1158, ce qui réduit à vingt-neuf ans les trenle-trois ans assignés
par Arnaud de Verdaleà la durée de l'épiscopat de Raymond I"% ainsi que
M. Germain l'a montré.
5. C'est sous son épiscopat que paraît avoir été élevé le transept de la
cathédrale, lequel est voûté d'ogives (Voy. Enlart, Man. d'archéol. fr., t. I,
p. 442, not. 1).
6. Les statuts de Maguelone (1331), De preposilo, art. XXXIII, men-
tionnent ceci : « Item tenetur prepositus tenere munde et pulcre puteum
et cistei-nam, et etiam continue co(h)opertam tenere. »
7. Sur les sièges épiscopaux, derrière l'autel, et tenant ainsi à la dispo-
sition architectoniquedu sanctuaire, voy Viollet-le-Duc, Dul.de l'nrch.fr.,
t. II, p. 414, et fig., art. Chaire; cf. pour le Midi, l'exemple d'Avignon.
[H 63-1 190] DE l'architecture E.\ FRANCE 91
ipsuni, ac lavatorium ^ claustri superioris similiter fecit, et
cortinale, ac portalia, et murum ~ quo clauditur cimeterium
laïcorum, domum molendini, et in qua reconduntur lecti
lignei, domum conversorum, domum in qua recipiuntur
equi, juxta pontem diversis pretiosis ornamenlis eccle-
siam Magalonensem ditavit
Anno MGLXIII •', III idus aprilis, que fuit IIII feria
post Pascha, Alexander papa III "^ appulit Magalonam,
et stetit ibi tribus diebus, et sexta feria dedicavit majus
altare in ecclesia Magalone, in honorem apostolorum Pétri
et Pauli
Chronicon Magalonense velus, dans VHisloire gén. de Languedoc, nour.
éd., t. V' (1875), col. 59.
Adhuc, cum dominus Johannes ^ factus esset episcopus,
videns ecclesiam ruinam minari, cum parochianis suis
super ejus reedif(f)icatione locutus est. Etoperi ecclesie tri-
ginta milia solidorum sua, diligenti provisione et cura,
offerri ad hec usque tempora fecit, et de suo proprio XXVIII
modios grani et vini dédit ; et ex his ecclesia vêtus demo-
lita est et nova ex majori parte constructa.
1. Sur les lavabos de cloîtres, voy. Viollet-le-Duc, op. cit., t. VI, p. 531, v"
Lavabo, p. 170 (et fig.); Annales archéologiques, t. XIX, p. 162, t. XXV,
p. 271.
2. Les mentions de ce genre sont peu fréquentes.
3. P. 538. — A rectifier en 1162, cf. Gallia christiana, t. VI, col. 753 ; Jaffé,
Reg. pont, rom., t. II, p. 156.
4. Jean II de Montlaur, évéque de Maguelone de 1139 à 1190. — C'est
sous son épiscopat qu'a été construite et décorée la belle porte de cette
cathédrale avec son magnifique linteau à rinceaux cjui subsiste encore. Une
inscription qui suit le bord de ce linteau nous apprend qu'il a été sculpté en
1178. Dans ses Études sur la sculpture franc, au moy. âge (p. 76-78), M. R.
de Lasteyrie a montré la grande analogie d'ornementation qui existe entre
ce linteau et celui de la porte de Saint-Trophime ; ce dernier, et le portail
avec lequel il fait corps, aurait donc été, selon beaucoup de vraisemblance,
exécuté vers la même époque !,Voy. ibid., fig. 20 : porte de la cathédrale
de Maguelone).
92 TEXTES RELATIFS A l'hTSTOIRE [1030-1206]
XXV
Vers 1030-1206.
Travaux de construction et de décoration accomplis à la
cathédrale et au palais épiscopal d^Auxerre, au château de
Noyers, et dans les églises et résidences épiscopales de
VAuxerrois, par les soins des évêques d'Auxerre, et
notamment de Hugue de Noyers. — Végèce utilisé par
ce prélat pour la construction de ses châteaux- forts.
Gesta pontificum Auiissiodorensivm, ms. 142 (129) de la Bibliothèque de
la ville d'Auxerre \ fol. 81 et s. Voy. Catalogue général des mss. des
Bibliothèques publiques de France, t. VI (1887), p. 58.
^Cf. Gesla pontificum Autissiodorens. 2, dansla Bibliothèque historique
de V Yonne..., par Duru (1850), t. I, p. 388 et s. — Labbe, Nova biblio-
iheca manuscr., t. I (1657), p. 450 et s., c. 49, 51, 53, 55 et 58.)
[999-1039.] — Hugonis^ Gabilonensis in tempore, civitas
Autissiodorum exi[t]ialiter igné cremata est^... tune prin-
cipalis ecclesia prot(h)omartyris Stephani funditus corruit,
quam protinus idem presul cepit majore ambitu ac crypla-
rum^curvaturis, quadris lapidibus, certatimreedifîcare: nam
1. Nous avons revu avec soin le texte des Gesla sur le ms. de la Biblio-
thèque d'Auxerre, et nous avons pu introduire dans le texte de cette
chronique, publié par I.abbe, beaucoup d'utiles et intéressantes recti-
fications. Nous adressons tous nos remerciements à notre confrère
M. Porée, archiviste de l'Yonne, qui a bien voulu nous aider dans nos
vérifications.
La 1'" partie du ms. s'arrête au pontificat de l'évèque Alain « de Bipato-
rio ». mortenll67 (f. lllvi.Une partie de la suite jusqu'à Héribert 11, mort
en 1052, est d'un auteur inconnu ; la vie des deux évêques suivants, jusqu'à
l'année 1083, serait de larchiprêtre Frodon : on ne connaît pas sûrement
les auteurs des autres biographies (xii" siècle). C'est sous le titre cVIJistoria
episcoporurn Aatissiodorensium (et non Ges<,'i) que Labbe (éd. et t. cit.) a
publié les actes des évêques d'Auxerre.
2. Cf. sur les anciens évêques d'Auxerre, l'abbé Lebeuf, Mém. concer-
nant... Auxerre et. . . son ancien diocèse, éd. Challe et Quantin, t. I, 1848,
3. Fol. 81 du ms. d'Auxerre.
4. On lit dans l'édition de Labbe (t. I, j). 4 16) que. sous l'épiscopat de
Gui, entre les années 933 et 961, la cathédrale fut détruite de fond en comble
par un incendie : « funditus eruta ». Le lanjïage des chroniqueurs a cer-
tainement exaj,'éré parfois les ellets de ce }j:cnre de catastrophe.
5. Ce passa{!^e semble bien s'appliquer à la crypte d'Auxerre, que VioUet-
le-Duc « suppose construite du ix" au x" siècle ». I>e martyrium y est une
véritable nef entourée de has-cùién [Dict. de l'arch. fr., t. IV, art. Crypte,
p. 451, et fi{^. 4). Voy. Lebeuf, op. cit., t. I, p. 255.
[1030-1206] DE l'architecture en France 93
prius delicatiore maceria • constiterat minimisque lapillis ~ :
jam vero, altius opère ecclesie edito, rursus civitas rein-
censa est; sed novum ecclesie opus mansit incolume....
Apud castrum Varziacum^*, ... Sancte Eugénie eccle-
siam .... restauravit ... : nam parietes dealbari faciens,
vitreis et laquearibus ^ honestavit.
[1052-1076.] — Goffri(i)dus ... episcopus, filius Ilugonis,
Nivernensis vicecomitis, fuitde castello, cui vocabulum est
Campus AUemanus '. . . ecclesiam. . . consumptam in subito
tempore . . . trabibus et tegulis ipsemet assidua sollicitudine
vel cura carpentarios aut famulos suos, seu ceteros colla-
borantes satagens restauravit; quinque vero fenestras, que
sunt in supremi cancelli fornice, quinque de domo sua
clientibus, ut quisque suam vitrearet, distribuit ; sextam
quoque majorem cunctarumque precipuani, altare Sancti
Alexandri clarificantem, ut suus capellanus faceret exora-
vit. Neque de corona^ mûri claudentis altare sanctorumque
praesulum pictas habentis effigies, silere justum est
Elegit etiam, cum laude et cum gratiarum capituli sui
actione, quosdam, quos gratis canonicos. . . constituit, auri-
fabrum mirabilem, pictorem doctum, vitrearium sagacem,
alios necnoH, qui singuli, prout cuique erat facultas, in
ofFicio suo deservirent ^. . .
1. Quicherat, qui s'est servi du texte de Labbe, lequel donne materia au
lieu de maceria. traduit ainsi {Mél. d'archéoL, p. 119) : matériaux moins
résistants, « si tant est que maleria ne soit pas employé ici dans le sens
de bois de charpente qui est son sens propre. » Nous préférons laissera
ce mot le sens de matériaux de maçonnerie ou petits moellons : cf. les pas-
sages qui suivent dans l'historique de la cathédrale (voy. Lebeuf, op. cit.,
p. 255).
2. Petit appareil; cf. lapilliis (Bibl. de VÉcole des Chartes, 1881, p. 518,
Mirac. eccles. Carnolensis).
3. Varzy, ch.-l. de c, arr. Clamecy (Nièvre). Sainte-Eugénie était une
collégiale.
4. Au XI' siècle et plus tard encore, l'emploi des laquearia subsiste
dans beaucoup d'églises secondaires. — Sur la dealbatio, dont il vient
d'être question, cf. supra le texte n° XVII (cath. de Cambrai), § 9,1023-1092,
n. 5, et infra le texte sur la cath. du Mans, § 2, 1085-1096.
5. Fol. 88 v° du ms. d'Auxerre. — Voy. Lebeuf, op. et <. cit., y». 268.
6. Corniche du mur de clôture (voy. Quicherat, op. cit., p. 397).
7. Sur les ministeriales de l'évêque et la coopération artistique des
94 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1030-1206J
: [1087-1114.] — Humbaudus^.,. episcopus, natione Alti-
siodorensis... ecclesie ^... tecta vetustate consumpta atque
dilapsa no vis asciculis 3 renovavit, turrem ecclesie super
altare Sancti Alexandri positam mirabili et altalig-nea coo-
pertura sublimavit. Aliam quoque turrim super choruni
positam quadratis lapidibus ^ cooperiri fecit, ne ejus signa
festina ignis exustione, si forte contingeret, consumerentur^
neve pluviis glacialibus quandoque consumpta frangeretur.
Fenestras etiam quatuor, seniori altari lumen prestante,
mirabili opère vitreari fecit, atque in anteriori parte eccle-
sie XXIII juxta chorum quoque duas vitreavit .... Item
dédit lineamcortinam ad decorem ecclesie, memor Psalmiste
dicentis : (( Domine, dilexi decorem domus tue et locum habi-
tationis glorie tue ^ », alterum parietem ecclesie festivis
diebus decorantem, regum et imperatorum imaginibus
depictam... Caput quoque ecclesie, super altare Sancti
Stephani, mirabili et preciosa pictura" decoravit ; in crypta
similiter, altare Trinitatis superius et inferius picturis ador-
navit, et in alia cripta altare Sancti Nicholai imagine Sal-
vatoris Sancteque Marie et Sancti Joannis Evangeliste
depicta honestavit . . . Caput ecclesie Sancte Marie extra
muros novis asciculis cooperiri fecit. . .
Firmitatem oppidi [Apogniaci] ^ destructam^ forti mace-
ria novisque machinis, circumquaque renova tis fossis, fir-
miter munivit. . .
chanoines à la décoration de la cathédrale, cf. supra le texte concernant
Coutances et Tévêque Geofïroi de Montbray (n° XVIII).
1. Sur Humbaud, évêque d'Auxerre, voy. Lebeuf, op. ciï., p. 28i.
2. Pour les reconstructions de la cathédrale, voy. Quicherat, Mél. d'ar-
ehéol., p. 119. Pourla listedes églises incendiées dont les textes du xii'siccle
font mention, voy. ChampoUion-Figeac, Tîer. archéol., t. XVI, 2" part.,
p. 684 ; cf. R. de Lastcyrie, note addit., dans Quicherat, Mél., p. 436.
3. Couverture en bois ; on a vu des exemples de couverture de plomb
dans le texte sur la cathédrale de Coutances (et note à l'appui). Le chevet
de l'église de Notre-Dame-la-Dehors d'Auxerre était couvert d'esseaux,
dit notre texte.
4. C'est d'une couverture en pierre de taille qu'il est question dans ce
passage de notre texte.
5. Nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises et commenté ce pas-
sage du Psalmiste.
6. Sur les peintures murales des églises romanes, voy. supra, notamment
le texte n" XVII, p. 68, n. 8.
7. Appoigny, c. du cant. et arr. Auxerre.
[1030-1206J DE l'arch[tectlre en i<kance 95
[1 H G- H .'^G . ] — Hug-o * ... in Gluniacensi territorio, de Castro
Monte acuto ortus... Quodam quoque tempo rc, ex quadam
insolita nimietate ventorum, quedam turris lignea^ ecclesie
Sancti Stephani funditus corruit super domum episcopalem,
sub silentio noctis dejecta, episcopo dormiente ; trabes et ligna
trans tegumenta domus penetrando circa lectum episcopi
cecidere hinc inde, etiam ex transverso, omni lesione
remota a sancto viro.... Domum episcopalem-^ de novo
edificavit lapideam, amplam, et tegulis texit, et in illa parte
ejusdem domus que respicit ad orientem, stationem qua[m]-
dam construxit, que vulgari lingua loffie ^ appellatur, pluri-
mum in aspectu delectabilem, cum pulcherrimiscolum(p)nis
exornatam, super murum civitatis, unde et fluvius subtus
potest videri, et vineae et ngv'i. . .
[1152-1167.] — Alanus^... natione Flandrensis,rexit epis-
copatum... in valle Capelle Sancti Andrée" domum petrinan
1. Sur l'évêque Hugue de Montaigu, voy. Lebcuf, op. el t. cil., p. 287
et s.
2. Curieux exemple de la persistance des tours de bois dans les églises
du xw siècle.
3. Nous avons très peu de renseignements sur les palais épiscopaux
de la première moitié du xii* siècle.
4. locfie aussi, dans le texte de Lebeuf (p. 293, note a). — Cette galerie,
appelée communément aujourd'hui la galerie des bureaux (de la préfec-
ture), est un curieux monument roman, faisant partie de l'ancien palais
des évoques d'Auxerre (réparé au xiii° siècle). Elle est formée de 18 arcades
à plein cintre de 0'"80 d'ouverture chacune, soutenues par une série de
colonnes alternativement simplesetgcminées, tantôt lisses et tantôt anne-
lées, à chapiteaux romans très variés. Sa longueur est de 22"> et sa largeur
de e^'SO. Elle avait été élevée sur l'ancien mur romain de la cité ; elle était
surmontée d'un lambris à planchettes de cliène, et les murs étaient ornés
de fresques. Cette galerie servait de promenoir aux évêques d'Auxerre. —
Voy. sur cette galerie, Quantin. Répert. arch. de V Yonne, col. II; Lebeuf,
Mém. concernant l'hinl. d'Auxerre, note des éditeurs, t. I(184H),p. 293 (avec
dessin) ; Verdier et Cattois, Arch. civ., t. II, p. 198 ; Enlavl, Man. d'archéol.
fr., t. 11, p. 115 et 125 ; VioUet-le-Duc, Dt'cL de Ta/'c/j. fr., t. VII, p. 18, art.
Palais.
Al'abbaye Saint-Victor de Paris, qui s'élevait au centre du bourg de Saint-
Victor, sur la rive gauche de la Seine, l'évêque Maurice de Sully (1160-96)
avait une maison où étaient sa chapelle et la salle épiscopale, avec une
galerie attenante, lohiiim aalœ episcopalis; cf. JeandeTlioulouze, Annalc-i
Sancli Victoris, t. I, pars 1», p. 1069, et pars 2', p. 1 i, et V. Mortel, Maurice
de Sully, évéque de Paris, élude sur l'adniinislralion épiscopale pendant
la seconde moitié du XII" siècle (1H90), p. 76.
5. Sur le vénérable Alain, voy. Lebeuf, op. cit., I, p. 316 et s.
6. La Chapelle de Saint-André, cant. de Varzy, arr. Clamecy (Nièvre).
96 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1030-1 206 j
edificavit, apud Ga(g')iacuni ^ grangiam petrinam et tegulis
tectam, et domos ad manendum -cuni capella edificari. . . .
fecit.
[1167-1181.] — Guillerraus Tuciacensis-^. . , . [episcopus]
ecclesiam equidein Beati Stephani operoso lapideo tabu-
latu '^ undique sub termine circu[m]dedit, anterius pinna-
culum et posterius cum vitreis ad ipsa pertinentibus fecit,
turrim meridionalem nova firmatura et decenti lateruni tec-
tura decoravit; totam ecclesiam novis tignis, trabibus,
tegulis et lateribus in parte plumbatis cooperuit ''.
[1183-1206.] — De Hugone de noeriis ". — [Quibus
NATUREDOTIBUSVEL SCIENTIESIVEELOQUENTIE .... PREDITUS]. —
Erat autem . . . sapientia preditus, in ag-endis strenuus,
inter consultes consul tior .... facundissimi vires expri-
mens oratoris, litteratura et vivacis ing-enii adeo ut,
in qualibet facultate liberali seu mechanic(i)a, ei promp-
tum esset verba habere niaterie[i] accommoda, ac si
plenam ejus esset scientiam asse[cjutus .... Militum g^au-
debat stipari frequentia, et de militaribus studiis libentius
disceptabat cum eis, unde et Vegetium Renatum ' fréquenter
1. Gy-rÉvêque, c. ducant. de Goulanges-la- Vineuse, arr. Auxerre. — Sur
les granges, voy. infrii notre texte relatif aux cvèques du Mans. Obser-
vons l'insistance avec laquelle notre auteur oppose la pierre au bois dans
les constructions.
2. Manoir épiscopal.
3. Sur Guillaume de Toucy, voy. Lebeuf, op. cit., p. 330 et s.
4. Les éditeurs de l'ouvrage de Lebeuf pensent « qu'il s'agit d'une balus-
trade à jour » {op. cit., p. 336). Il est peut-être question ici d'un chéneau.
5. Curieux détail sur l'emploi simultané de la brique et du plomb dans
la couverture des églises. Suit l'énumération des autels que Guillaume de
Toucy fit élever dans cette église ainsi que dans la crypte
6. F"120v°dums. d'Auxerre. — Sur Hugue de Noyers, voy. Lebeuf, t.
cit., p. 347 et s. (Noyers est auj. ch.-l. de c, arr. Tonnerre. Yonne). Nous
voyons bien ici les traits du caractère de Ilugue tel que nous le dépeint
son biographe présumé, le chanoine Eustache, Bihl. hist.de V Yonne,
t. I, p. 433.
7. Hugue de Noyers était donc un prélat grand bâtisseur, instruit dans
les arts libéraux et mécaniques, ardent pour les constructions militaires,
lisant le traité de Végéce et le mettant en pratique selon les goûts de son
époque et les besoins de ses chûteaux-forts. Cf. le texte explicite (11491
qui se trouve dans Vllistor. eom. Andegav. {Cfiron. d'Anjou, t. I, p. 337-338),
et qui est relatif A l'usage fait par GeollVoi le Bel, comte d'Anjou (1129-
1151), des Stratagèmes de Végèce, pour la prise des places fortes, à l'occa-
[1030-1206] DE l'architecture en frange 97
relegerat, qui de hujusmodi loquitur disciplinis, de quo
militibus multa doctrinalia proponebat .... — [Qualiter
DOMOS EPISCOPALES AUTISSIODORENSES EMENDAVERIT VEL AMPLIA-
verit]. — Qui, licet sic in spiritualibus proHeeret, in
temporalibus tamen multo proficiebat amplius, quibus pro-
pensius inc[u]mbebat : nam domos episcopales ^ Autissio-
dori, seu lapsa reparando, seu nova construendo, provexit
in melius, antiquis edifîciis cellam vinariam, c[on]camera-
tionis lapidée majori palatio contig-uam, et coquinam -
juxta portam structure mirabilis magnis impe[n]diis sup-
peraddens. — [De Bello reditu 3, qualiter extruxerit]. —
Apud Charbuiam, villam episcopalem .... locum istum
idem episcopus, quantum humana potuit industria, adomni-
modam amenitatem et commoditatem provexit : nam
et silvas, ubi frutetis erant vel arboribus humilioribus aut
rarioribus obsite, et ob hoc minus utilitatis habiture,
penitusextirpavitetinagriculturam redegit; [hjortos ibi fecit,
plantavit arbores diversi g-eneris ut, prêter amenitatem que
proveniebat ex istis, fructus inde perciperet copiosos.
Silvarum quoque partem non modicam sepe continua cir-
concinxit, ab ea porta, que est a parte silvarum anteriori,
siondu château de Montreuil-Bellay, dans le Saumurois. Le de Re Militari
de Végèce, rédigé sous Valentinien II, entre 375 et 392, fut traduit pour
l'usage des seigneurs, par Jean de Meun (1281) pour Jean de Briennc, par
Jean Priorat (1290), de Besançon, pour Jean de Chalon. Nous ne doutons
pas qu'il ait été fort en usage au moyen âge (cf. VioUet-le-Duc, Dict.
de l'arch. fr.. t. III, p. 89, n. 1, et Dieulafoy, Le Château-Gaillard, étude qui
a paru dans les Mémoires de VAcad. des Inscr., t. XXXVI, 1'^'' part., 1898,
p. 344, n. 3.
1. Voy. ci-dessus la note concernant l'ancien palais, avec galerie des
évêques d'Auxerre, et les renvois bibliographiques qui y sont mentionnés.
2. Sur ce genre de construction au xii" siècle, voy. VioUet-le-Duc, op.
cit., t. IV, art. Cuisine.
3. C'est-à-dire Beauretour (Lebeuf, op. et t. cit., p. 324). — A Régennes
{Regius amnis), presqu'île de l'Vonne (Icauna), au-dessous d'Auxerre, il y
avait un château épiscopal {domicilium episcopi), que Hugue de Noyers fit
agrandir et embellir ; son dessein était même de faire détourner un bras
de la rivière de façon que Régennes devînt une île parfaite. . . : « fodiens
fossas . . . immaues, ut per eas cursum fluminis derivaret, fieretqus
ibi, quod natura negaverat, insula videcet li artificii supplemento. . . »
Mais Thibaud, comte de Champagne, s'y opposa avec main forte Labbe,
np. cit.. t. I, p. 472 ; Lebeuf, t. I, p. 354). Voy. aussi (t/jid.) les travaux
encore plus considérables de cet évoque à Charbuy (c. et arr. Auxerre),
dans un pays boisé et marécageux, dans lequel Hugue créa un beau
parc.
98 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1030-1206]
videlicet ad ag^erem tercii stagni usque perducens, et
grata intrinsecus lustra ferarum concludens, et eorum
multitudinem copiosam, que et oculos intuentium de jjalatio
jocunda visione ^ pascebant. . . — [De domihus Tociaci ~ et
Coivadae^. — De his que gessit apud Varziacum]. — Apud
Tociacum et Gonadam, castra videlicet episcopalia, in areis
a suis predecessoribus preparatis, domos condidit episco-
pales. . . Gastrum suum nobile Varziacum '% quod, propter loci
iminunita, prius frequentibus patebat depredantium incur-
sibus, muros reparando antiquos et fossas turribus ingen-
tibus circumsepsit, domos episcopales juxta ecclesiam
Béate Eugénie'' muro solido, magnificis edifîciis, turribus ac
propugnaculis a primis condidit fundamentis ; presidium
quoque episcopale ulterius, muro solidiori, turribus muni-
tioribus et antemuralibus, in tutam et ad expugnandum
diffîcile[m] munitionem provexit, etfossismire amplitudinis
vallavit in girum, in quibus grata aquarum exuberantia ex
fontibus circu[m]fluentibus eas replens, non modicum facit
ad munitionis a[u]gmentum; ettum expisciummultitudine,
qui ibi nutriuntur optimi, tum ex molendinis, que edifi-
cavit ibidem, tum ex aliis utilitatibus suis, episcopo toti-
que municipio multe commoditates existunt ^\ — [De his
que gessit apud noeria ^]. — Opère pretium duximus
presenti inserere lectioni que et quanta operatus sit in
illo nobili patrimonii sui Castro, Noeriis videlicet, quod
tante ^ a proavis nobilitate et immunitate prefulget . . ..
1. Le grand parc, les vastes jardins avec des plantations, fruitiers et
garennes, les bâtiments superbes, les étangs superposés, la vue magnifique
qu'on en avait amènent le chroniqueur à des observations sur le pitto-
resque de la nature, à rapprocher de celles que l'on trouve dans les textes
intéressant les cvèques du Mans (voy. infra) : cf. supra, les textes relatifs
aux évêques de Goutances.
2. Toucy, chef-1. de c, arr. Auxerre, voy. snpra, p. 96.
3. Cône, voy.Lebcuf, opcit., p. 354.
4. Varzy, voy. supra, p. 93.
5. Voy. supra, p. 93.
6. On remarquera l'intcrét et la précision des détails donnés ici par
l'auteur de cette biographie.
7. Cf. Bibl. hist. de V Yonne, t. I, p. 436 et s. Voy. U. Chevalier, Réperl.
iop.-hilil.. II, col. 215.S, v° Noyers.
8. On s'attendrait ici à tanlum au lieu de tante.
[1030-1206] DE l'architecture en frange 99
circa munitionem ejusdem municipii promovendam tota
studii vivacitate incubuit, totis viribus sumptus fecit: nam
super muros burg^i inferioris, quem ad radicem montis
positum amnis qui Se[r]een ^ dicitur undique p[r]eter-
fluit, ex muro seu ex lignis solidissimis robusta propu-
gnacula coUocavit; in ascensu montis ^ a burgo, licet
ab ea parte castrum sit inexpugnabile situ suo, fossas in
excisa montis rupe pergrandes, portasque munitiores
extruxit ; in superiori vero parte, ubi se in cacumine suo
montis, in quo situm est presidium '^, major amplitude
difîundit, situm pandens machinis erigendis accommodum,
prêter muros munitionis antiquos, in ter quos unus erat
solidioret exterior, — quem frater ejus Clarembaldus, paulo
antequam defungeretur, construxerat, — murumpost illum
interiorem, majoris altitudinis, spissitudinis et soliditatis,
erexit in capite ejus turrimsolidiore constructa; exteriori
quoque muro, fossas, excisiscautibus, fecit preruptas aliasque
premisit excisiones in monte, que hostes possent a presidio
multiplicatis obstaculis et impedimentis arcere ; fecit et
antemuralia muro exteriori connexa, et immensi roboris
trabibus contecta desuper, ut qui subtus existèrent telo-
rum jactus quantoslibet aut tormenta jaculatoria seu
quelibet alia hostium molimina non timerent, sed securi
venientibus ex adverse posteriorum fossarum et mûri, cui
1. Seneen, Bibl. hist., et Labbe : il faut corriji^er Se[r]een, aujourd'liui
le Serain, afllueut de l'Yonne.
2. « Sur le sommet de la montagne qui domine la ville au nord, ves-
tiges d'un puissant château-fort, reconstruit au xii" siècle... On y trouva
les traces de trois enceintes concentriques de murailles défendues autre-
fois par des fossés et des tours, et dont les extrémités sappuicnt Sur des
pentes inaccessibles. L'accès du côté de la ville, au sud, est une rampe
très rapide sui- laquelle l'enceinte du château s'ouvrait par une porte
flanquéede deux tours, l'unerondc etl'autre carrée. ..i)(Qnantin,7îép. archéol.
de l Yonne^ JS68, col. 26i.) Porte de ville au sud, dappareil petit, mais
régulier, en arcade à plein cintre, surmontée par une échauguette avec
mâchicoulis et flanquée de tours à toits aigus et à quatre pans couverts
d'ardoises.
3. L'importance de cette description d'un château-fort de la lin du xii"
siècle ne peut échapper au lecteur qui se reportera, par comparaison, à
VioUet-le-Duc, t. 111, art. Château, p. 80 et s., au sujet de la Roche-Guyon,
près de Mantes, etdeCliâleau-Gaillard,i)rèsdes Andelys iavecfig.!,cliâteaux
fortifiés à la fois par l'art et par leur position naturelle très remarquable.
100 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [i 030-1206]
conjungebantur, prohibèrent accessum. Juxta murum illum
fontis venam scaturienteni invenit que, licet sit modica,
juges tamen et perspicuas aquas émanât. Extra septa
presidii principalis, magne nobilitatis extruxit palatium,
quod ipsi presidio non modice munitionis existit, gratan>
videlicet domini mansionem, quam multo et voluptuosa
decoravit ornatu; fecitque cuniculos subterraneos a cella
vinaria, que turri suberat principal!, in palatium inferius,
de que prediximus, quatinus propter vinum seu victualia
quelibet non oporteret ingredi vel egredi presidium princi-
pale ; sed, victualibus per murum presidii demissiorem in
sportis demissis, vinum sive aque per fîstulas plumbeas
mirabili quodam artificio ^ . . . mirabilis sane cautela, ut
scilicet victualia, que ad munitionem castri illata fuerant
vel invecta, ibi submunitiori custodia fidelius servarentur,
et, obseratis ad omnem excludendam suspicionem repagulis^
usibus postulatum necessariis tali artificio deservirent.
Presidium nichilominus armis, balistis, ceterisque ad ejus
tuitionem necessariis inestimabiliter communivit; man-
siones militum seu quorumlibet aliorum, infra septa muni-
tionis superioris contentas, multo precio comparavit, et in
proprietatem nepotis sui redegit : tam in hoc quam in pre-
dicti constructione palatii, circu[m]specta ususindustria, ut
accessus volentium domini adiré presentiam ad ejus pala-
tium, extra septa principalis presidii, minus haberetur sus-
pectus, et, omniextraneo habitatore excluso, domini castri
nullum omnino suspectis temporibus, nisi de cujus fide-
1. L'çmploi de ces procédés remonte à rantiquitc ; c'est l'un des
exemples de la tradition romaine qu'on pourrait donner pour l'emploi de
canaux servant aux défenses des châteaux et villes fortes. Voy. Dicl. des
antiq. deDaremberp;ctSaf,dio,v'' Aquaeductus; cf. Mon. Germ. /itsL,t. XVIII,
p. 61 5. acte de 1159. relatif à Crema, au nord de l'Italie: « . . .intra ipsum cas-
trum foris per médium ipsum cuniculum intrarent. »
Voy. infra sur ce genre dartificc employé pour les provisions de vivres
et de boissons par les constructeurs normands, près dAlençon, avant 1115,
le texte d'Ord. Vital. Hist. eccL, 1. XII, c. s. — Cf. « circumsepti cas-
tri repagula », dans Puf^er, Vie de Louis le Gros, éd. Molinier, § VIII,
p. 18. — « Liciae, caslrorum aut urbium repaj^ula» (Epist. anon. de capta
arhe, 1204, ap. Martène, Anecd., t. I, p. 780, dans Viollet-le-Duc, Dict.
de V arch.fr., t. I,v» Architecture militaire, p. 3'i7(avec des lextcsà lappu.i
sur le mot lices).
[1030-1206] DE l'architecture en frange 101
litate plenissime confîderet, infra septa superiora recipere
oog-eretur : propter quod etiam baptismalem municipii eccle-
siam posuit extra septa, solam domini capellam in supe-
rioribus esse permittens : magnifica quidem opéra et multa
admiratione digna et commendatione, nisi ibi hominum sue
commissorum custodie substantias in ligna convertisset et
lapides, et bonapro magna parte consumpsisset episcopalia,
que melius fuerant aut ecclesie utilitatibus aut pauperum
necessitatibus applicanda. ... — [Qualiter formam et sitlm
ECCLESIE IN MELIUS IMMUTA VERiT.] — Qualiter * fenestras
in fronte veteris operis ecclesie Autissiodorensis ac vitreas ^
dilalaverit, ut ecclesia que more veterum usque tune fuerat
subobscura, in lucem claresceret ampliorem ; qualiter altaria
duo, que in lateribus ecclesie altrinsecus ab anteriori parte,
ubi modo porte collatérales existunt, posita, amplitudinem
ecclesie non modicum coar[c]tabant, removerit, portasque
ex[s]truxerit que nunc usque perdurant ; qualiter ecclesiam,
que valde demissior existebat, terra injecta repleverit ^ et
pavimentari ^ fecerit ad decorem, tectoque ac lateribus •"'
nobilitaverit in immensum, multaque alia hujusmodi, seu
majora que in episcopatu gessit utiliter aut prudenter,
explanare supersedemus ad presens, ne, dum ea vel minus
plene audierimus, vel audita, labente memoria, non sicut
sunt, retinuerimus, a veritatis tramite declinemus dubia
asserentes pro veris.
1. Fol. 127 du ms. d'Auxerrc, — liihl. hist. de iYonne, t. I, p. 448. — Sur
l'église cathédrale Saint-Etienne d'Auxerre, reconstruite au xiii" siècle, voy.
\eliéperloire nrchéol. de l'Yonne parQuantin, déjà cité, col. 5; cf. VioUet-
le-Duc, Dict. de l'nvch.fr. (Table), X, v" Auxerre, et Enlart, Man. d'arcliéol.
fr., t. I, avec les renvois indi<[ués t. II, p. 760. On consultera enfin avec
profit l'étude de M. Gh. Force sur le Chœur de la. cathédrale d'Auxerre,
quia paru dans le Bnll. nionuni. de 1906, ainsi que le Guide du Congrès
archéologique d'Avallon (1907).
2. Cf. supra, p. 68,1e texte concernant la reconstruction de la cathédrale
de Cambrai par les soins de Gérard II, évêque de 1076 à 1092 : « brevesque
fenestras lomjiores rcnovavit » (n" XVII).
3. Renseignement rare sur l'exhaussement du sol des églises.
4. Sur les pavements d'églises, voy. m/'ra, nos notes sur l'acte concernant
la mosa'ique de Lescar, près de Pau, en Béarn(7îuZZ. monum., 1903). On cite
aussi le pavement roman de l'église du Saint-Sauveur à l'abbaye de Saint-
Martial de Limoges.
5. Couverture en briques ; voy. nos notes précédentes sur ce même
texte concernant l'éurlise d'Au.xerre.
102 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1033-1037]
XXVI
Vers 1033-1037.
Mesures prises par Eude, comte de Blois et de Tours, à
Voccasion des inondations de la Loire, pour la construc-
tion d'un pont sans péage, à établir sur ce fleuve, près
de la ville de Tours.
Orig. ' Archives communales de Tours, sér. AA. 1.
(Cf. Martène et Durand, Thésaurus novus anecdotorum, t. I (1717),
col. 175-176. — d'Arbois de Jubainville, Histoire des comtes de Cham-
pagne, t. 1(1859), p. 475-476. — Chantelou (dom), Cartularium Majoris
Monasterii, fol. 20, ch. II, dans le Cartulaire Tourangeau de Marmou-
lier, QÛ, Nobilleau et dom Piolin, 1879, p. 17 et 205.)
Eg-o Odo- cornes... memorabile aliquidatquead profectum
posteritatis accommodum, ac per hoc Deo placitum, qui
me gratuitae larg-itatis benignitate inter primates hujus
saeculi conmimerare dignatus est, operari disposui. Igitur
. . .supra flumeii Ligeris, juxta civitatem Turonicam, pon-
tem aedificaredecrevi, ubi, inundantisaque tempore, multos
noveram rapidi amnis impetu periisse. Et, ne post tanti ope-
ris consummationem ab eterna mercede, que sola causa fuit
incoepti, lucri temporalis appetitu privarer, Dei instinctu,
qui me passus non e.st tanti laboris ^ digna remuneratione
frustrari, uxorisque mee hortatu, cujus etiam instantia ac
labore plurimo opus hoc videtur esse perfectum, cyrografum
hoc ex auctoritate domini mei régis Hainrici placuit facere.
Quo nostris posteris innotescat quarumlibet province ]iaruni
homines omnium ordinum atque officiorum, sive extra nei
sint, sive indigène, sive peregrini, sive mercatores, sive
1. Nous adressons nos remerciements à notre confrère M. G. CoUou,
conservateur de la bibliothèque de la ville de Tours, qui a bien voulu revoir
sur rori{?inal le texte que nous publions ici.
2. Voy. la très intéressante étude de L. Lex, Eudes, comte de Blois, de
Tours, de Chartres, de Troyes etde Meaux (995-1037), Troyes, 1892, p. 115,
n° 56.
3. L'édition de Martène donne par erreur operis.
[1035^
DE l'aRCHITECITJRE EN FRANCE 103
pedites, sive équités, sive pauperes, sive divites, sive cum
plaustris, sive cum onustis vacuisve jumentis, vel quibus-
libet animalibus, sive quocumque modo iterag-ant, absque
ullius penitus telonei exactione', liberam peripsum pontem^
transeundi, nobis concedentibus, habere facultatem. Quod
ut perpétua firmitate inviolatum permaneat"^ —
XXVII
Vers 1035.
Construction du pont d'Alhi, sur le Tarn, à la demande
et avec le concours d'évêques du Languedoc et du sei-
gneur d'Alhi, ainsi que des habitants de cette ville et des
environs.
Histoire générale de Lunçjuedoc. nouv. éd., t. V (1875), Pr., col. 414, n" 174
(d'après le Carliilaire de Suint-Salvi dWlhi)^.
(Cf. Gallia chrisliana, t. 1, 1716, Inslr., n" VI, col. 4.)
Quoniam humanorum actuum brevis est recordatio . . . ideo
memoriae litterarum tradimus, quod Anselmus, ecclesiae
1. Voy. A. ChaiiipoUion-Fifîeac, Droi7s e< usages. .. (Paris, 1860), p. 125.
Cf. aussi A. Vidal, Costumas del pont de Tarn d'Albi, dans la'Revue des
langues romanes, t. XLIV, 1901, p. 482 et s. Il n'est pas improbable que
l'ancien tarif de pontenaj^e remonte au moins au xn" siècle.
2. D'après M. Enlart [L architecture romane, dans A. Michel, Histoire
de Vart..., t. I, 2" part., p. 480), « ce ji^rand pont avait 27 arches. ».
— Un exemple de reconstruction de pont, avec chaussée voisine, et
permission de bâtir des maisons le lonfr de la chaussée, avec affran-
chissement de toute coutume, nous est donné en Herry, vers la fin du
XI* siècle, dans une charte d'Eude Arpin, vicomte de Bourj^es, pour les
chanoines ré^ruliersde Saint-Ambroix de cette ville. Vers 1095 : «. . .pontem
reaedificent super a<iuam et calceatam usque ad vineas in terra Sancti
Pétri Sanctique Ambrosii. Si quis vero juxta ipsam calceatam domum
ad manendum manoir; cf. supra, p. 96) construxerit, ita eum liberum ab
omnibus consuetudinibus dimittimus, sicut sunt illi qui in burgo (le bourg
Brisiac) commorantur. » (Rajnal, Hist. du Berry, t. I, p. 392.)
3. Comme on va le remarquer par d'autres actes, qui concernent le
Languedoc, c'est à partir du commencement du second tiers du xi» siècle
que les textes nous signalent d'importantes constructions de ponts.
4. Il n'existe plus, à notre connaissance, de cartulaire de l'Eglise d'Albi.
11 n'en reste que les copies de Doat et de la Gallia christiana. La série G
des Archives du Tarn ne renferme plus cet acte, pas même à l'état de copie.
Nous sommes redevable de ces renseignements à l'obligeance de notre
confrère, M. Portai, archiviste du Tarn.
104 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1035J
Sancti Salvii abbas, et Adalbertus praepositiis, Léo Fran-
cus, archidiaconus, et R. cabiscolius, et caeteri,ejusdem
ecclesiae canonici, ammonitione et ordinatione multiplicique
precatu domni Amelii, sanctae memoriae Albiensis episcopi,
et Froterii, Neumacensis^ episcopi, et fratris ejus B. Atoni
{sic), proconsulis Neumacensis et principis Albiensis, necnon
et aliorum episcoporum, Geraldi videlicet Rutenensis, et B.
Caturcensis, insuper et communi petitione supplicique
rogatu omnium tam civium quam burgensium Albiensium,
multorumque aliorum, quos supradicti episcopi ad postu-
landum secum quod ipsi postulare decreverant, ex vicinis
castellis et vicis advocaverant ; omnium istorum petitione,
hortatu et precibus, supradicti seniores ecclesiae Sancti Sal-
vii dimiserunt,*concesserunt et voluerunt pontem "^ fieri super
Tarnum, in alodio beati Salvii, ad communem villae melio-
rationem et totius Albegeis utilitatem. Et ut tam grande
opus faciliorem sortiretur effectum, omnium pariter supra-
dictorum petitione, exhortatione, multimodoque precatu,
dimiserunt et donaverunt supradicti operi pontis portum,
qui in alodio Sancti Salvii erat, et omnes redditus qui^ sibi
inde veniebant ; ita tamen quod, facto ponte, si quispiam
a transeuntibus aliquid exigere vel capere voluerit, illud ad
canonicos Sancti Salvii, sicutad dominos, sine ulla contra-
dictione redeat, et illorum sine omni inquietudine, sicut
olim fuerat, libère in perpetuum permaneat. — Istius pro-
missionis, concessionisetdonationis testes suntquatuorprae-
taxati episcopi, et supradictus Albiae princeps, Bernardus
Ato, qui totum hoc, ut suprascriptum est, fieri voluit, con-
cessit et firmum habuit. Testis est maxima multitudo tam
incolarum quam eorum, qui ad conferenda suffragia in tam
utilissimo opère convenerant.
1. On s'attendrait à trouver ici la forme Nemaasensis au lieu de iVeu-
macensis.
2. Viollet-le-Duc, Dicl. de Varch. fr., t. VII, p. 220 et s., art. Pont : « Il
ne nous reste pas, dit cet auteur, de ponts de pierre du moyen ûge anté-
rieurs au XII* siècle. » Au xi' siècle, les ponts de bois étaient encore très
répandus; les chroniques mentionnent parfoisintentionnellementdes ponts
en pierre. Voy. E. Jolibois, Le vieux pont d'Albi, dans la Rev. hisl. du
Tarn (1877-78), t. I, p. 7.3-7 i , t. II, p. 107-20 4.
[i 035-1 065J DE l'architecture en france 403
XXVIII
1035-1065.
Transport de bases et de chapiteaux de colonnes, tirés de
la carrière où ils venaient d^être ouvrés, fait sous la direc-
tion de maître Huffue, architecte, pour Véglise abbatiale
de Conques en Rouergue, alors en reconstruction.
Liber miraculoriim Sancte Fidis, piibl. par l'abbé Douillet (1897), d'après
le ms. de la Bibliothèque de Schlestadt, IV, p. 219-220.
DE ARTIFICE ECCLESIAE AB INGEiNTI MOLE LAPIDIS MIRABI-
LITER EXEMPTO.
. . .Hoc. . .miraculum, licet posteriorem occupet locum,
non tamen ceteris inferiori laude est predicandum , . .Hujus
rei testis est adhuc noster monachus, nomine Salustius',
vir vite et morum honestate conspicuus. Hic namque pre-
<;epto patris cenobiiparens, montem in quo lapidum cesores
ad opus edificandi monasterii'^ operi instabant, cum vig-inti
€t sex jugis boum expetiit, ut de vehiculo epistilia-^ dedu-
1. Le Cartulaire de Vahhaye de Conques, publié par G. Desjardins, fait
mention de quelques moines du nom de Saluster, qui ont vécu dans la pre-
mière moitié duxr siècle.
2. <■ D'après le titre de ce chapitre, et d'après quelques indications ulté-
rieures (ad hasilicam saxeum deduxit onus), il s'agit plutôt de la cons-
truction de l'église que de celle du monastère. Du reste, le monastère fut
reconstruit par le même abbé qui avait rebâti la basilique ; il s'appelait
Odolric (1030-1065). La chronique de Conques lui attribue les deux cons-
tructions : « hasilicam ex maxima parte consummavit. . . ac etiam monas-
terium fecisse creditur. » (Note de l'éditeur). Elles eurent lieu à l'époque
du roi Henri I"^ : « tempore Henrici, Francorum [régis] », dit cette même
chronique (voy. Desjardins, Introd. au Cartulaire de l'abbaye de
Conques, p. XXXIII).
3. Sur l'usage du mot epislilium, employé par opposition à hasis, pour
désigner un chapiteau pendant le moyen âge, et non plus une architrave
posée par-dessus les chapiteaux d'une colonne à l'autre, voy. Quicherat,
Mélanges d'archéoloqie, de l'architecture romane, p. 119, et notre étude sur
LaMesure elles proportions des colonnes anliques, d'après quelques compi-
lations el commentaires antérieurs au XII" siècle itir. à part delà Bibl. de
106 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1035-1065]
ceret, necnon et ing-entes basium moles. Sicque, onusto her-
mis (?) plaustro, dum per devexum montis latus descendunt,
dumeta quedamoffendunt, que, nuper precisisramis, a terra
acutissini[a]s sudes porrig-eba[n]t. In hoc periculosum discri-
men lapsi tribulorum prominentes stirpes cursum rotarum
iinpediunt...Ad quem laborem sublevandumomnes qui ade-
rant humerislacertisque, axi pro gravi pondère inter modio-
los fumiganti, nituntur, et quibuscumque possunt ingeniis
auxilio ruunt. Quos inter Hug-o, qui huic neg-otio preerat,
cum magno assere médium sese infert, ac, dum vi valida
herentem inter radiées fruticum rotam enititur eruere,
ipse lapso pede sub plaustro ruit, cujus supra crura tota
il)a machina transiens, post se fere sex passibus per arbus-
ta eum rapuit. Quo viso, omnes laborem abicientes, ad
eum attoniti currunt, sancteque Fidis unanimiter auxilium
invocantes. . .Ipse debilis mag-ister^, arcuatum crus ample-
xans, inter utrasque manus ita ad pristinum redegit rigo-
rem, veluti [ac si] tepida cera compactumfuisset... Denique
sancte virg-inis virtute medicatus, alacri mente ad ceptum
prosilit opus, et usque adjam dicte g'ioriose martiris basi-
licam saxeum deduxit onus. . ,Quod miraculum, tam pro-
dig'ialiter a Domino per sanctam Fidem patratum, ideo
long-o incanuit taciturnitatis silentio, quia opus, his ex lapi-
dibus erectum, hiantibus rimis fornicatum, ruinam pendet
minitans sese facturum . . .
VEcole des Charles, 1898, t. LIX). On sait que les matériaux des construc-
tions du moyen âge étaient le plus souvent ouvrés dans les carrières
mêmes d'où il étaient extraits. Sur les transports très considérables néces-
sités par les constructions faites à une plus ou moins grande distance des
carrières, et sur les carriers au moyen âge, voy. Viollet-le-Duc, Dict. de
l'arch. fr., t. II, p. 276 et s., v" Carrière.
1. L'emploi du mot magister, pour désigner l'architecte, est digne de
remarque au xr siècle. Nous le trouvons ici dans un texte dune région
du Midi adossée au Massif central. Quant à l'expression arlifex ecclesiae,
qu'ofl're la rubrique de ce texte, elle désigne aussi l'architecte. C'est l'une
des significations du terme arlifex, ainsi qu'il résulte de nos recherches et
des exemples que nous en avons rencontrés, en les signalant à M. E.
Lefèvre-Pontalis pour sa récente étude sur Les architecles el la construc-
tion des cathédrales de Chartres {190ô), — la cathédrale du xi" siècle, —
p. 9 et suiv. (Extr. des Mém. de la Soc. des Antiquaires deFr., t.LXIV.)
[1036] DE l'architecture en FRANCE 107
XXiX
1036, 24 octobre.
Fondation faite par les soins de noble Hiclor, de V église du
Saint-Sépiilcre-lez-Jaligny, en Bourbonnais, à son retour
d'un pèlerinage à Jérusalem^, et donation de la dite ég'lise
à Véglise cathédrale de Clermont, en Auvergne.
Archives départ, du Puy-de-Dôme, pièce non classée. — Inipr. dans
A. Vayssière, Le prieuré du Sainl-Sépulcre du Moutier-lez-Jaliçfny ,
dans les Arc/iires historiques du Bourbonnais, t. I (1890 , p. 181-1S2.
(Cf. Gallia christiana, t. II (l'20s Instr., col. 105.)
Recognoscens Hictor, vir honestissimus 2, quia labilis et
fu^tiva et aspera est haec presens vita omnibus in se fiden-
tibus, et quam cara lemuneratio erit data bonis, et perpe-
tualis poena erit data impiis in die ultimo, toto mentis
affectu considerans misericordiam superni judicis, post-
quam reversus fuerit ab itinere Iherosolimitano, in sui
juris praedio aecclesiam construxit, quam consecravit in
summi régis honore et sui deifîci sepulcri ■\ Ad ipsam
namque aecclesiam dédit Eldinus, filius Golferii, illam
partem quam habet in Boscofollo', pro remedio anime suae
et parentum suorum. Ipse namque Hictor, qui auctor et
constructor"' fuit hujus aecclesiae, qui vocitatur Sanctum
1. Voy. infra (vers lOiâ), divers extraits de chroniques, concernant la
construction de l'église de Neuvy-Saint-Sépulcre, en Berry, sur le modèle
de celle du Saint-Sépulcre de Jérusalem, entreprise parles soinsde GeofTroi.
vicomte de Bourges.
2. Cette qualification indiquerait qu'Hictor était de noble origine et
qu'il possédait un domaine héréditaire et franc. M. L. Bâtissier, qui a
analysé ce document dans VAncien Bourbonnais [Voy. pittoresq ., p. 263),
a joint au nom dHictor celui de Jaligny : c'est. une hypothèse qui n'a rien
d'invraisemblable (Vayssière, op. cit., p. 174).
3. La Gallia christ, donne en marge, et avec raison : sui deifici sepulcri,
au lieu de sua deifico sepulcro.
4. Probablement au lieu de Balfots, paroisse de Jaligny. où le prieur
du Moùticr conserva longtemps des droits de diverse nature. — La dota-
tion du Saint-Sépulcre fut considérable.
5. Nombreux sont les exemples, dans les chartes ou les chroniques, qui
nous montrent le qualificatif deconstructeurattribué non jjasà l'architecte,
mais au seigneur laïque ou ecclésiastique qui fait construire ou recons-
truire. Un texte du xni" siècle décerne le titre de reaedificaior au comte
de Nevers qui avait fait reconstruire dans cette ville l'église de Saint-Etienne
{Chartes de Vahbaye de Cluny , éd. Bruel,t:V,p. 798-800).Sans remonter plus
haut que l'antiquité romaine, nous trouvons déjà dans Boèce un passage
108 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1036]
Sepulcrum a Belloloco, quae est sita in pago Arve[r]nico,
juxta castrum Galiniacum, dédit totam hereditatem suam
quam habet in omni loco, et quantum in vita sua adqui-
rere potuerit, annuente Deo. Quapropter e^o Hictor,libens et
gaudens, cedo vel dono suprascriptam aecclesiam domino
Deo et suae genitricis [sic) Mariae, Arvernic[ae] sedis^,
ubi glorios[islsimi martyres videntur humati miriHce, Vitalis
et Agricola : in tali scilicet racione ut, dum ego Hictor
vixero, teneamipsam aecclesiam, et unicuique anno libram
incensi, in festivitate almae Mariae, medianteaugusto, super
altareipsius matris aecclesiae pro censo reddam. Post mor-
tem videlicet meam, supradicta aecclesia Dei genitricis
Mariae in communia fratrum ibidem Deo servient|i]um sine
ullo contradicente remaneat. Sane si qui s, ego aut rex,
aut prepotens nobilis, seu ignobilis persona, contra kartam
vel donationem istam aliquid inquietare presumpserit. . . .
Facta carta ista mense octobrio, viiii kalendas novembris,
anno vi régnante Enrico rege.
Signum Hictori, qui cartam istam scribere fecit; S.
Renconi, Arvernis aecclesiae episcopo ; S. Stephano,
abbati ; S. Unaldo, archidiacono ; S. Teotardo, archi-
diacono ; S. Eldino ; S. Guigoni, presbitero ; S. Aut-
berto, capudschol[ae] '. Johannes rogit[at]us scripsit.
typique qui est à citer : « Eorum nanique nominibus vel aedifîcia inscribun-
tur, vel ducuntur triumphi, (luoruin imperio ;ic ralione instilutasunt,non
nuorum opère servitioqiie perfecla. . .» [De Musica, lib. I, c. XXXIV, éd.
Mif,'ne, col. 1195.)
1. l.'é^iise du Saint-Sépulcre appartient ainsi d'abord à l'Église de Cler-
mont; ce n'est sans doute qu'après sa cession àl'abbajede la Chaise-Dieu,
dont les commencements remontent à l'an 10i6 enviion et l'érection défini-
tive en monastère à 1052, qu'elle fut qualifiée de prieuré et soumise aux
observances monastiques" \'ayssière, op. et loc. cit.). Le prieure du Saint-
Sépulcre appartenait à la paroisse de Thionne, à 1500 m. au N.-O. de Jali-
gny, sur un coteau formant la rive gauche de la vallée de la Besbre. Cette
ancienne église n'existe plus ; Jaligny est aujourdui ch.-l. de c, arr.
La Palisse (Allier).
2. Ce « capiscol » s'occupa-t-il de la construction ? Les textes ne le disent
pas, mais cela n'aurait rien d'invraisemblable : car plus dun document
du moyen âge nous montre des maîtres des écoles d'églises cathédrales
s'occupant de constructions religieuses ou civiles. Tel fut, à Saintes, tout
au commencement du xiir siècle, le clerc Isembert, qui se signala par la
construction du pont de celte ville, et de celui de La Rochelle, ainsi que
par la réparation et l'entretien de celui de Londres (Acte de 1202, inséré
dans le Bull, de lu Soc. des Antiq. de France, a. 1870, p. 126, 128-130).
[1036-1048] DE l'architecture ex France 109
XXX
Vers 1036-1048.
Accord conclu entre les abbés clAniane et de Saint-Guillem-
du-Désert, dans le Bas- Languedoc, au sujet d'un pont à
construire sur V Hérault, au Gouffre-Noir, d après les
conditions suivantes : i° fourniture par Vabbé d'Aniane
des matériaux, et construction, par ses soins, de la moitié
du pont, selon le marché d'entreprise fait avec un maître
d'œuvre ; ^^ interdiction d'édifier aucune église ou forti-
fication sur le pont, et de prélever aucun droit d'usage
ou cens pour le passage dudit pont.
Cartulairede Gellone, fol. 11 v et 12 r", aux Arrh. départementales de
rHérault, sér. II (fonds de l'abbaye de Saint-Guillem-le-Désert) '.
Cf. Histoire (/en. de Lamjnedoc, nouv. éd., Pr., t. V (1875), col. 393,
n" CLXV. — Cartulaire des abbayes dWniane et de Gellone, publ.
d'après les mss. originau.v : Cartiil. de Gellone, par P. Alaus, 1 abbé
Cassan et E. Meynial, 1" fasc (1897), p. 23, n" XX, Soc. archéologique
de Montpellier.)
De convementia abbatlm vel monachorum gellonensium
8IVE AMANEiNSlLM, ET DE CONSTRLCTIOiNE POXTl [sic) SUPER
GURG1TE INIGRO^.
Hic estbrevis et testamentum de convenientia, que facta
est inter abbatem Poncium Sancti Salvatoris Anianensis
monasterii, et monachos ejusdeni loci, et abbatem Gauzfre-
dum -^ Sancti Salvatoris Gellonensis monasterii, et mona-
1. Nous adressons tous nos. remerciements à notre confrère, M. J. Ber-
theié, archiviste en chef de l'Hérault, qui a bien voulu revoir ce docu-
ment sur le manuscrit conservé dans ses Archives, et nous communiquer
des renseijj^nements topographiques très précis sur cette ancienne charte
Languedocienne.
2. Les cotes marginales du ms. (fol. 12 r") sont les suivantes, au sujet
de celle rubrique : Acordo de pontem in abbatem Anianensem et abba-
tem Gellonensem 'Récriture du xv-xvi" siècle) ; — Constructio pontis facta
a duobus abbatibus Aniane et Sancti Guilelmi (écriture du xvii'-xviir
siècle). — Le pont qui fut construit par les abbayes d'Aniane et de
Gellone a été depuis remanié et élargi, mais il n'a pas cessé d'exister, et
il sert au passage delà route qui réunit Aniane avec Saint-Jean-de-Fos.
Aniane, ch.-l. de c, arr. Montpellier (Hérault) ; — Gellone, auj. Saint-
Guilhem-le-Désert, cant. d'Aniane, arr. Montpellier, est situé dans les
gorges de l'Hérault.
3. Le texte de VHist. de Lancj. donne après ce mot : monasterii Sancti
Salvatoris, et monachos ... , le texte du Cartul. : et monachis.
110 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1036-1048]
ch[o]s ejusdem loci, de ponte(m)i quem fecerunt super flu-
vium qui dicitur Eraur ~, in loco nominato Gurgonigro-^, in
presentianionachorum, id est, Elisiarii etGifredi et Gonstan-
tii, etinpresentiamonachorum Gellonensium, id estDeusde ^
et Geraldi et Barnardi et Wilelmi et Hugonis et Hildenonis
et Gauzfredi, clericis {sic), et in presentia laicorum homi-
num, id est, Raimundi de Gignacho ^ et Lautardi de Nibiano ^
et Geraldi Richardi et Barnardi Golfaldi et Poncii Garbo-
nelli ^. In eorum presentia, talem convenientiani suprascri-
pti abbates et monachi illorum. inter se fecerunt ^, ut abbas
Poncius et monachi illius pertractum faciant ^ ad pontem,
id est, de lig"n[o] et de pétris et de calce et de arena et de
ferro et de plumbo et de corda« [sic). Et quando pertractum
Poncius abbas et monachi illius habuerint factum, débet
facere abbas Gauzfredusi'^ et monachi illius medietatem de
ponto(sic),et redemptionem dare admagistrum'Mstamcon-
venientiam suprascriptam Poncius abbas et monachi illius
atendrau^-^ si cum^^gpigcopo Fredolone trobar o podun, sine
1. Le ms. ofTi-e bien ici la lecture pontem au lieu de ponte.
2. L'Hérault, né dans le déparlement du Gard, après avoir coulé à tra-
vers une série de gorf^es pittoresques, entre dans la plaine en aval du pont
en question, pour se diriger ensuite vers Gignac, Saint-Thibéry et Agcle.
3. Le Gouffre Noir, goufîre dans le lit de l'Hérault, en amont de Saint-
Jean-de-Fos, en aval du moulin de Clamouse. Le village de Saint-Jean-de-
Fos s'est appelé Saint-Jean-du-GoullVe-Noir : « ecclcsiam seu parro-
chiam... S. Johannis de Gurcjite NU/ro. » (Voy. le Cartiil. de Gellone, éd.
• Alaus, Cassan et Meynial, p. 18.)
A. Et non Deiisdet (éd. Hist. de Languedoc).
5. Gignac (ch.-l. de c, arr. Lodève, Hérault) est une commune limi-
trôplie de celle d'Aniane.
6. Nébian, com. du cant. de (>lermont-l'Hérault, arr. Lodève.
7. CarfeoneWJ, d'après le ms., corrigé par e.xponcluation en Carhonelli.
8. I.,e même texte reporte fautivement fecerunt après convenientiani.
9. ¥A non facient (même texle). — Pertractus, transport.
10. Ce nom manque dans ledit texte.
11. Voy. supra, p. lOô, le texte XXVIH, relatif à la construction de l'ab-
batiale de Conques, pour l'emploi du terme marfister, que nous trouvons
de nouveau ici dans ce texte du Languedoc. /{edem/j</o aie sens classique
12. Le ms. donne alrendrau, corrige par une exponctuation et une addi-
tion supralinéaire en alendrau.
13. Ce membre de phrase assez obscur i)ara!t signifier que les. moines
d'Aniane observeront la convention de bf)nne foi, s'ils peuvent arriver à
s'arranger avec F^rcdelon, évoque de Lodève (diocèse où était situé Gellone,
tandis qu'Aniane se trouvait au diocèse de Maguelone). L'évcquc Fréde-
lon serait à inscrire sur la liste épiscopalc incomplète de Lodève, entre
1033 et 1042 environ.
[1040-1060] DE l'architecture en frange 111
do[l]o ^ In ponto (sic) çiutem, non habeat ecclesiam, neque
castellum, neque nulla forteza, excepto ponto (sic), et nul-
lum usum nec ullum censum Poncius abbas, nec Gauzfredus
abbas, nec monachi illorum, in ponto («ic)nonmittant, nec
illi, nec nullus homo, nec ulla femina.
XXXI
Après 1040 — après 1060.
Origine du nom de Château-Renault. — Formation et
développement de la ville de Vendôme ; fondation de Vah-
haye de la Trinité; V église canoniale de Saint-Georges ou
chapelle comtale. — Les trois groupes de constructions
seigneuriales d'Amhoise - ; reconstruction en pierre d'un
donjon de bois audit lieu.
Chronica de (jestis consulum Andegavoriim, dans les Chroniques d'Anjou,
publ. par F*. Marcheji^ay et A. Salmon (Soc. hisl. de France], t. I (1856),
p. 125, p. 131-132.
(Cf. Historia comil. Andegav., éd. cit., p. 333.)
Facta est autem praegnans, [conjux nomine Beatrix],
eodem anno quo eamduxerat [Gosfridus, filius domini Cas-
tri Gunterii] ; unde hilaris elTectus, statim coepit aedificare
nobiliter castrum. Cum autem, ut quantocius aedifîcaretur
elaboraret, natus est ei infans masculus. Qui . . . puerum
nomine patris sui vel fratris, Rainaldum videlicet, vocari
praecepit : castrum autem novum, ex nomine filii sui,
Castrum Rainaldi ^ vocari'* praecepit.
1. Le lexic de V H is t. de Languedoc donne dolo ; celui d'Alaus, Cassan
et Meynial dono, comme le carlulaire ms.
2. Voy. L. Halphen, Le comté d'Anjou au XI' siècle (1906), p. 50, n. —
Château-Gontier est aujourd'hui ch.-l. d'arr. (Mayenne).
3. ChAteau-Renault, auj. ch.-i. de c, arr. Tours (Indre-et-Loire).
4. Cf. sur les surnoms de châteaux, Ghampollion-F"if^eac, Droits et
usagen, dans la Revue archéologique, XVI' an., 2" part., p. 513-514. —
Les chroniques ne nous renseignent pas souvent sur l'orifrine des noms de
villes; pour Laigle, en Normandie, cf. ce texte : » in oppido Richerii (quod
pro nido aquiiae, ibidem inqucrcu reperto, dum castrum a Fulberto fieret,
Aquila dicitur » (Order. Vital, Hist. eccl., 1. IV, éd. A. Le Prévost, t. II,
p. 295.)
112 TEXTES RELATIFS A l'hiSTOIRE [1 040-1 060J
Gosfridus^ Martellus~,filius Fulconis. . . aedificavit coeno-
bium Sancte Trinitatis'^ apud Vindocinum castrum *, mona-
chosque posuit et abbatem constituit. Causa autem aediH-
cationis hujuscemodi exstitit. Quodam tempore, domi-
nico die, aurora illucescente, contigit consulem una cum
uxore ad fenestram aulae, qua thalamus ejus illuminatur
versus aquilonem, faciem posuisse. Erat autem aula in
supercilio montis, ubi nunc ecclesia Beati Georgii habetur,
Burg-us autem, ubi habitantium multitude, ex latere mon-
tis contra aquilonis flamen erat; extra burgum autem, con-
tra orientem erant pascua latissima, et in medio fons.
latissimus ubi et ad quem pêne universus populus castri
veniebat haurire ... Ecclesia Beati Martini... prope ipsum
fontem erat-*. . .Omnes autem... unum dedere consilium,
ut in ipsis pascuis ecclesiam aedificaret in honore Sancte Tri-
nitatis, et altare ipsius ecclesiae super ipsum fontem cons-
titueret, servos inibi congreg-aret qui die noctuque Deo ibi
servirent. Qui sano consilio adquiescens, coepit juxta eccle-
siam aedifîcare officinas utiles monachis ... Uxor vero eju&
aedificavit in supercilio montis ecclesiam Sancti Georgii,
canonicosque posuit, et Gapellam Consulis vocari praecepit.
1. Op. cit., p. 131.
2. Sur Geotî'roi II Martel, comte d'Anjou, et ses constructions ou res-
taurations d'abbayes et de châteaux, voy. L. Halphen, op. cit.., notam-
ment p. 83, 88, 155, n. 3, 263, 279.
3. Sur la fondation de la Trinité de Vendôme, voy. l'abbé C. Métais.
De L'aulhenlicité des chartes de fondation... de Vabbaye de la Trinité..,,
dans le Moyen âge, 2° sér., t. VIII (1904), p. 1-44. — cf. L. Halphen, Étude
critique sur les chartes de fondation..., reçoit., 2° sér., t. V(1901),p. 69-112;
le même, Les chartes de fondation de laTrinité..., reçoit., 3° sér., t. VIII
(1904), p. 401 et s.
4. Ce texte est particulièrement intéressant pour l'histoire de la forma-
tion d'une ville au xi' siècle . Vendôme, Vindocinum castrum, nous ofï'ri'
un exemple typique de la situation du buryus, du palais seif^neurial avec
ïaula, de l'église de la Trinité, des bâtiments monastiques et des
églises voisines. Sur les agglomérations urbaines au xi' siècle, souvent
partagées entre plusieurs exploitations (cité, bourg, château) et dépourvues
ainsi d'unité matérielle (cf. Tours, Périgueux, Toulouse, Albi, Montpellier.
etc.), voy. A. Luchaire, les premiers Capétiens, dans l'Hist. de Fr. de
E. Lavisse, t. H, p. 36 et s. ; voy. aussi J. Flach, Orig. del'anc. Fr., t. II,
liv. III, 1" part.
5. Suit le récit d'un passage de météores dans le ciel, phénomène qui
fut interprété comme devant amener la construction d'une église, à l'en-
droit où ce phénomène avait été observé.
[1041-1065] DE l'architecture en frange 113
2
Gesta Ambuziensiuin dominoruin, op. et t. cit., p. 175.
[Après 1060]. — Erant autem tune Ambasiae^ très opli-
mates, quorum nullus alii credebat fore secundus nec erat,
et quorum nullum servitium alter alteri debebat, habentes
singuli domos defensibiles : Supplieius -, dominus turris
lapideae, et Fulcoius de Torinneio-^, . . .qui dominus domus
quae Mota Fulcoii dicebatur erat ; tertius erat Ernul-
fus '^, filius Leonii de Magduno, custos domus consulis, quae
vocatur Domicilium •'', ad cujus jus pars major Ambaziensis
castri pertinebat. Fulco comes, pater Martelli, Leonio de
Magduno in feodo custodiam Domicilii . . . olim donaverat '•.
XXXII
1041, et vers 1065, Toulouges, près de Perpignan,
Constitutions de paix et de trêve édictées par le concile
réuni en ce lieu'', pour la province ecclésiastique de
1. Amboise, ch.-l. de c.,arr. Tours (Indre-et-Loire). — Cf. Chevalier, Rép.
lop.-bibL, I, col. 90, v° Amboise ; voy. surtout Amboise, le château, la ville
et le canton (Soc. archéol. de Touraine, 1897, p. «0 et s., fiff.).
2. " F'ecit Sulpitius, dominus Ambasiae, apud .\mbasiam, turrem
lapideain, tam altam <juod exinde posset videre Turonis villam et eccle-
siam confessons » [Hist. de Fr., t. X, p. 283.) Cette tour de pierre, qui
devait être d'une hauteur considérable, avait remplacé un donjon en bois :
« Supplieius Ambaziaco, in loco ubi domus praedicti fratris liqnea
erat, arcem /aptdeam... construxit... Cum turre Ambaziae /aptdea... » {Gesta
Ambaz. doinin., p. 169.) Cf. à propcjs de la tour d'Amboise, sous le comte
d'Anjou, Foulque Rechin (1067-1109) : « cellarium, quod sub thalamo
turris erat » [Gest. Ambaz. domin., dans les Chroniques d'Anjou,
p. 181).
^. Foulque de Torij,'ni. — La Motte-Fulcois.
4. Ernoul, fils de Léon de Meung, gardien du palais conital.
5. C'est le château du palais du comte, plus avancé que la tour pro-
prement dite : « porreclius turre ».
6. Voy. Hach, Orifj. de l'anc. Fr.,l. 11,1. IH, ch. X, p. 352-35.3, pour ces
événements et ces constructions des trois seigneurs qui se partageaient
alors la ville d'Amboise {castrum Ambaziacense), sous la suzeraineté du
comte d'Anjou.
7. Toulouges (cf. la forme Tuluges, Tulujes), aujourd'hui c. et arr
de Perpignan (Pyrénées-Orientales). — Voy. Chevalier, Rép. top.- hibl., 11
col. 3187, v" Tuluges, pour les autres sources de ce concile.
i\i TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIKE [1041-1065J
Narbonne [notamment pour les diocèses de Girone
et d'Elne), pour les comtés de Roussillon et de Cerdagne^
de Valespir et de Consent, d'Ampurias et de Be'salu,
et pour le vicomte de Castelnou^ relativement aux zones
de protection établies autour des églises^ cimetières et
habitations voisines, aux églises fortifiées ou à fortifier,
ainsi quà celles servant de lieux de refuge ou de recel
aux malfaiteurs et aux voleurs ; mesures de protection
accordées aux maisons rurales, à celles des clercs, aux
colombiers, aux granges à pailles, etc.
1
Recueil des Hist. de France, t. XI, nouv. éd. (1876), p. 510.
(Cf. P. de Marca, Marca hispanica. (1688), Append., col. 1138 et s. —
Histoire gén. de Languedoc, nouv. éd., t. V (1875), Pr. n° GLXXXVI,
p. 442.)
I. — Haec est pax ^ confirinata ab episcopis, et
abbatibus, et comitibus, nec non vicecomitibus, et cae-
teris mag'natibus Deum timentibus, in episcopatu illo, vide-
lice t ut ab ista die et deinceps nullus homo ecclesiam non
infringat, neque spatium, neque coemeterium, nec man-
siones quae in circuitu ecclesiae sunt aut erunt, usque ad
XXX ecclesiasticos passus.
II. — Ecclesiasautem illas in hac def(f)ensionenon poni-
mus, in quibus castella- facta sunt aut erunt ^r eas vero
1. Sur les dispositions de la paix et de la trêve de Dieu, voy. L. Iluherli,
Gottesfrieden und Landf'rieden, I. Die Friedesordnunj,'en in Frankreich,
1892 ; cf. A. Luchairc, dans VHist. de France, d'E. Lavisse, t. II (1900 ,
ch. IV, p. 133 et s. (avec des renvois biblioj,n'apliiques).
2. Pour les églises fortifiées, à l'époque romane et postérieurement,
notamment dans le Midi de la France, voy. Enlart, Manuel d'archéol.
franc., t. II, Archit. mil., p. 545 et s., avec de nombreux exemples pris
dans diverses réf,'ions. — Pour ce qui concerne le Roussillon et les
anciens comtés de cette ré},'ion, voy. la savante étude de Hrutails, Notes
sur l'architecture religieuse du Roussillon, dans le Bull, archéol. du Co-
mité, 1892, p. 606-609,,^ Fortification des éj^lises : « La plupart des églises
du bas pays Roussillonnais étaient fortifiées. L'église romane, déjà forte
par l'épaisseur de ses murailles, était tout indiquée pour servir de réduit :
il suflît de quelques adjonctions pour transformer en forteresse cette
construction d'une résistance purement passive. Il importe de remarquer
que ces travaux de défense sont presque toujours de date postérieure à
l'édifice. »
3. Aut erunt manque dans le texte de P. de Marca.
|i041-i063i DE l/ARrHlTKCTLRE EN FRANCE ll.'i
ecclesias in quibus raptores vel fures praedam vel furta
congregaverunt, vel malefaciendo inde exierunt, aut illuc
redierunt, tamen salvas esse jubemus, donec querimonia
malefacti ad episcopum illius aut ad sedem et conventum
canoilicorum ejusdem sedis prius pervenlat
V. — Mansiones vero pagensium vel clericorum arma
[non] ' ferentium, et columbaria et palearia ullus homo
non incendat vel destruat.
Mansi, Sucrorum concilinruin collectio, t. XIX (177 5), col. lOil.
(Cf. P.deMarca. (]oncordi,i sncerdotiietimperii, éd. Baluze(1669], p. 250.)
[Vers lOëoJ. — 1. — Haec est treuga et pax contirmata al>
archiepiscopo Narbonensi, domno Guifredo '-, et a Beren-
gario-^, Gerundensi episcopo, et a domno Raymundo '%
Helenensi episcopo, et a comitibus Russilionensium... et
a domno Poncio ', Impuritanensi comité, et a domno Guil-
lelmo'', Bisuldunensium comité, et a domno Raymundo',
Gerritanensium comité, et a domno Gauzberto, vicecomite
de Castronovo ^, cum caeteris magnatibus llelenensis epis-
copatus, in Tulugiensi prato quod est in comitatu Ros-
silionis . . .
II. — Gonstituerunt namque praedicti pontilices, cum
consensu caeterorum nobilium, ut in comitatu Russilio-
1. [non] manque dans le texte du Rec. des Hisl.de France., op. et loc. cil.
Nous rétablissons ce mot d'api'ès le texte de lu nouv. éd. de VHist. de
Languedoc.
2. Guifredde Cerdagne, archevêque de Narbonne, vers 1018-1079.
3. Bérenger (iuifred, évêque de Girone, depuis 1050 au moins jusqu'à
109.S.
4. Raimond, évëque d'Elne, déjà en fonctions en 1064, mort en 1087.
5. Pons 1°% mort vers 1079, comte d'Ampurias, région bornée par la
Méditerranée, les Pyrénées, le Uoussillon et le Bésalu.
6. (luilhem II, comte de Bésalu (1032 à 1095 environ), sur la Fluvia,
au N.-O. de Girone.
7. Raimond, comte de Cerdagne, de 1025 au moins à 1068.
8. Castelnou ou Castelnau (c. du cant. de Thuir, arr. Perpignan) est une
localité où se trouvent encore les ruines d'un vieux château.
116 TEXTES RELATIFS A l'histoire [1042-1043]
nensi, vel Confluentario i, vel Vallispiriensi-, ullus homo
ecclesiam non infring-at, neque cimeteria vel sacraria,
XXX passuum ecclesiasticorum in circuitu uniuscujiisque
ecclesiae, nisi episcopus... propter hominem excommunica-
tum, aut propter suum censum...
III. — Ecclesias vero illas ubi castra fuerint constructa,
sive ubi fures vel rapaces congreg-averint furta vel prae-
dam vel malefacta, tamdiu posuerunt eas jam dicti
episcopi in defensione praedictae pacis, quousque queri-
monia praedictarum ecclesiarum deferatur Helenensi epis-
copo, et ejus judicio aut juste emendetur quod in ipsis
ecclesiis commissum fuerit, aut ab eodem episcopo ipsae
ecclesiae a defensione praelibatae pacis separentur...
VIII . — Mansiones ^ villanorum nemo incendat neque
evertat.
XXXIII
1042-1043, 4 septembre, Saint-Gilles '^
Constitutions de paix et de trêve édictées par le concile
réuni en ce lieu^ concernant, pour diverses provinces
ecclésiastiques ou diocèses, en Languedoc, Provence, Viva-
rais, Viennois et Dauphiné, les zones de protection
1. Le Gonflent, petit comté de cette région, ayant Villefranche pour
chef-lieu. — « L'abside romane de Corneilla-de-Conflent (Pyrénées-Orien-
tales) et l'abside d'Annot (Basses-Alpes) forment une tour d'enceinte. »
(Enlart, op. cil., t. II, p. 552.) « A Elne, dit M. Brutails {op. cit., p. 60S), on a,
au xii' siècle peut-être, arasé le sommet du pigncjn de la façade ouest pour
relier les deu.v clochers par un crénelage horizontal. » Ce genre de fortifica-
tion s'est continué depuis lors. Encore aujourd'hui, l'abside romane de Cor-
neilla-de-Connent (Pyr.-Or.) forme une tour denceinte (Enlart, Man. d'ar-
chéol. fr., t. II, p. 552). C'est surtout la défense des portes qui paraît avoir
exigé des soins particuliers.
2. Le Valespir, autre petit comté, avec Prats-de-Molio pour chef-lieu.
3. Les constructions rurales faites en bois, qui devaient être nom-
breuses à cette époque, étaient celles qui étaient le plus exposées à l'in-
cendie et à la destruction.
4. Aujourd'hui cli.-l. de c, arr. Nîmes (Gard). — 'V^oy. l'énuméra-
tion des évoques appartenant à ces régions, en tête des statuts de ce
concile. Nous y relevons notamment les jjrélats d'Albi, Lodève, Viviers,
Saint-Paul-Trois-Ghûteaux, liiez, Digne, Nice, etc.
[1043-1187] DE l'architecture en frange 117
fixées autour des églises dans les cités, dans les châteaux-
forts ou dans les campagnes ,' les églises fortifiées en sont
exclues.
Recueil des Hist. de France, t. XI, nouv. éd. (1876), p. 513.
(Cf. P. de Marca, De concordia sacerdotii et imperii (1663), p. 282.
— Pour les autres sources de ce concile, voy. Chevalier, Rép. top.-
bibl., II, col. 2707, v Saint-Gilles.)
II. — Ecclesias* autem, quae intra castellum aut civi-
tatem fundatae fuerint, aut in villis, aut in agris, illae
videlicet in quibus aedifîcium ad debellandum non habe-
tur, vel cum quibus seditio non exercetur, n'ec malefac-
torum excursus ad reparanda damna civilia vel communia
fieri comprobatur, hanc pari consensu volunt et definiunt
habere potestatem, ut nemo infra terminum XXX dex-
troruni^ circa ecclesias positum quicquam rapere praesumat,
nec uUi personae nocenti aut innocenti malum ing-erat,
nisicum-^ ipso termino malefactor damnum intulerit^.
XXXIV
1043-1187.
Travaux de reconstruction et d'ornementation de Véglise
abbatiale, du cloître et des bâtiments de Saint-Bertin,
1. Sur ce texte en particulier, cf. A. ChampoUion-F'igeac. Documents
paléographiques relatifs à l'histoire des beaux-arts... pendant le moyen
àgre...(1868), p. 2 45.
2. Pour ce terme, voy. le Glossaire de Du Gange (v" Dextri), qui en donne
des exemples, tirés notamment de statuts de conciles du xi" siècle, et qui
l'interprète de la façon suivante : « dextri dicnntuv passus mensurandi... »;
par extension, ce terme de mesure a signifie un emplacement, lieu d'asile
et d'immunité situé autour d'une église et dont le périmètre en est distant
d'environ 30 pas.
3. Dans ce dernier membre de phrase, cum est une conjonction qui a
le sens de quando.
4. Cf. sur l'extension du droit d'asile à un certain espace de terrain déclaré
inviolable autour des églises : Ch. de Beaurepaire, Essai sur Vasile reli-
gieux dans l'empire romain et la monarchie française, dans la Bihl. de
V Ecole des Chartes, t. XIV^ (1853), p. 351 et 373, et t. XV (1854), p. 151 et
341 ; P. Viollct, Hist. des Instit. polit., judic. et adm. de la France, t. I,
(1890), p. 402-404. Les terrains inviolables, appelés dextri, salvitates,
imniunitates, dotes, étaient généralement délimités par des murs ou des
croix. — Ces prescriptions furent remises en vigueur par un autre concile
tenu à Saint-Gilles, qui a été rapporté à la date de 1056 (voy. le texte dans
Labbe, Concil., t. IX (1672), col. 1082).
118 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1043-H87]
près de Saint-Omer, entrepris par les soins des abbés
de ce monastère. — Autres travaux d'art en pierre etcn
bois, et d'hydraulique (^aqueduc et moulins)^ exécutés
sous la direction desdits abbés ; couverture de plomb de la
plus grande partie de V église abbatiale ; reconstruction en
pierre d'un pont sur l'Aa.
Cartulaire de Vahbaye de Sainl-Beriin\ dans los Doc. inéd., coll. desCariu-
laires de France, t. III, éd. B. Guérard (1840), p. 179-180, 189, 200, 275,
336-.337, 3i0, 34 1 et 346. — Appendice au même Cartulaire (App. ad Car-
tnlarium Silhiense), publ. par Fr. Morand, dans les Doc. inéd., 1867,
■p. 93 et 104.
[1043-106o]. — Bovo 2 abbas ... liberali litterarum scien-
tia eruditus... inter cetera virtutum suarum opéra preclara,
ecclesiam hujus loci, incendio concrematam , a fundamentis
reedifîcare cepit ; sed , quanquam magna ex parte sublima-
tam, morte tamen preventus, imperfectam reliquit. In cujus
restauratione basilice adeo ei gratia divina astitit ut, sub
capitaneo altari, dum illud everteret, corpus sanctissimi
patris nostri Bertini, ubi, a beato presule Folquino"^ recon-
ditum, ducentis et eo amplius annis latuerat, reppererit. . .
[1063-1081]. — Heribertus'* abbas basilicam, apredeces-
sore suo domnoabbate Bovoneinceptam, ipse maceriis exte-
rioribus, testudine arcuata, piramidibus innixa trabibus,
laquearibus tectorumque culminibus honorifîce consumma-
vit ; in cujus medio coronam invise estimationis, auro argen-
toque fabrefactam, desuper a laquearibus suspendit...
[1081-1095]. — . . . Ig-nis '\ . . appulsus omnem locum istum
enormitate sui circumvallat... Et quoniam adhuc arundinea
1. Voy. H. de Laplane, Les abbés de Saint-Bertin, d'après les anciens
monuments de ce monastère, Saint-Omer, 1854.
2. P. 179.
3. Saint Folquin, évèque de Thérouanne. — Pour la critique de ce pas-
sage, voy. Fr. Morand, op. cit., p. xvii. — Celte découverte aurait eu
lieu le 16 juin 1050 (de Laplane, ihid.)
4. P. 189.
5. P. 200.
[1043-1187] DE l'architecture ex france 119
tectura,inigne(a) facile in cineres redigenda,parsnovebasi-
lice tegebatur, ea arrepta ab igné, cum subjecta lignorum
materie, el cumprope stante ardua turre, cum omnibus adja-
centibus officinarum edibus, monasterium quoque Sancti
Petri, a venerabili viro Alquero, hujus loci monac(h]o, a fun-
damentis inceptum, tuncque noviter consummatum,igneo
vapore liquantur , . . Tam g^ra vis infortunii incommode . . . abbas
Johannes' attractus... de reedificatione tractare non distu-
lit. Fratribus intérim divo expositis, utpote tanto claustre
adusto, totus in opus manuum- accingitur, multoque
labore omnique conamine, bonus Ghristi mercenarius, in
reedificandis cenobii domatibus innititur. Adeoquc.succes-
sit operum effectus ut... in pristinum, vel potius in potio-
rem quam prius fuerant, restitueret decorem et statum.
Enimvero, quoniam refectoria domus tociusque conlînia
claustri ignis pessundederat, utru[m1que ex integro repa-
rans, claustrumquidem, quanquamsumptuosisexpensis, mira
arte sculptoria decoravit ; ceteraque omnia ex maxima parte
sublimavit, ampliavit, et tectorum culminibus, Deo gratias,
consummavit
Postea^ vero, quod nemo se visurum putavit, multo
sumptu molendina^ infra ambitum curtis edificare cepit nos-
1. Jean I" d'Yprcs, abbé de Saint-Bertin. Sur son activité au point
de vue delà décoration artistique (sculpture et peinture , voy. l'extrait
publié par Fa^-niez, Doc. relai. à l'hist. de Vindustrie. . .en France, Préf.,
t. I (1898), p. 67, n" 100, d'après Folquin, Curtnl. de Sainl-Uerlin, éd.
Guérard, p. 207, n" xxxiii ; cf. Préf.. L-LII : « Lifincas quoque ima^'ines
auro et argento cum lapidibus fabrili àrte superteclas, dextra levaque
capitanee crucis statuit. . . »
2. Nous avons déjà rencontré dans nos textes des exemples du travail
manuel des abbés.
3. P. 275.
i. Déjà, vers la fin du xr siècle, l'abbé Odland, qui avait établi sa rési-
dence à Arques, sur l'Aa (aujourd'hui c. du cant. sud et arr. de Saint-
Omer), « fit construire des moulins qui furent les premiers du pays.
Avant lui, le cours naturel de l'Aa n'avait point encore été modifié par la
main de l'homme ; les branches de cette rivière appelées Meldicks serpen-
taient à un même niveau dans les marais qui s'étendaient du détroit d'Ar-
qués à celui de Watten, et se perdaient dans les eaux de Clairmarais, en
se dirifjeant vers la colline de Sithiu. L'ingénieux moine conçut et exécuta
l'utile dessein de détourner l'une de ces branches, et forma ainsi sous le nom
de Haute-Meldick le bief supérieur des moulins du château d'Arqués. Plus
tard l'abbé Lambert continua jusqu'à Saint-Omer l'œuvre de son devancier,
et il fit établir les moulins de Saint-Bertin (de 1095 à 1123). « ^De Laplane,
120 TEXTES RELATIFS A LHISTOIRE [1043-1187]
ter Lambertus ; et, contra opinionem omnium, ad efFectum,
sicut hodie apparet, adduxit ; aqueductum nichilominus
subterraneum, ad commodum presentium et futurorum,
omnibus officinis sui monasterii induxit, Capellam Sancte
Marie, infirmantium domum cum claustro, dormitorium,
hospitium, duas turres in fronte monasterii, pavimentum,
pomeria, et nonnulla alia ad usus fratrum, in ea honori-
licentia, in qua hodiequecernuntur, edificavit ad cultum Dei,
Gampanas pêne omnes, erucem auream preciosi operis ^,.
in Dei thesauros intulit... Et insuper ipsam ecclesiam
maxima ex parte plumbo tegi fecit.
[1138-1163.] — ... Ig-nis prorumpens de parvo tug'urio,
ex occidentali parte Sancti Audomari, medietatem fere
castri et totum monasterium nostrum, cum omnibus pêne
officinis, miserabiliter incineravit, anno scilicet Domini
MGLII... Abbas 2 [LeoniusJ... ad tanti excidii dampnum
recuperandum se accing-ens, que de edificiis dejecta erant
erigere et que angusta amplificare, que vero minus pulchra
et religioni idonea erant studebat decorare et instaurare...
Multi de suis elemosinis operantem juvare ceperunt, et
precipue vir nobilis, Willelmus de Ypra '\ filius Philippi,
fratris R. comitis, qui plus quam Yram, rex Tyri, non
solum in incisione marmorum, lapidum et lignorum,
Salomonem '^ nostrum juvit, sed etiam in auro, argento,
plumbo et diversis muneribus totius operis non tam adjutor
quam cooperator extitit.
op. cil., p. 41 et 186). Voy. ihid. une très curieuse miniature du Cntalogiis
ahhalum Bertinensium, pi. 20, représentant une grande et une petite roue
motrice de ces moulins établis par les soins de l'abbé Lambert. Cf. au sujet
de cette œuvre, Viollet-le-Duc,Dù;<. c/erarc/j./"r. , t. VI,p. 401 et s., v» Mou-
lin.
1. Suit l'indication des œuvres d'ornementation que cet abbé fit faire, et
qui enricliirent les trésors de l'abbaye.
2. Léonde Furnes, abbé dcSaint-Bertin. Cet extrait est tiré de VApp., éd.
Morand, p. 93.
3. Ynres, aujourd'hui ville de la Flandre occidentale (Belgique), à 46 kil.
S.-O. de Bruges.
4. Allusion biblique au temple de Salonion.
[1043-H87] DE l'architecture en france 121
[1171]. — Incarnationis... dominice [anno] septuagesimo
primo'... David, Nicolai militispater,et abbas lune temporis
de Claro Marisco ~, comité permittente et sepedicto preposito
patrocinante, molitus est in villa nostra deArkes, perterram
noslram fossata et aquarum conductus facere ; et cum ab
abbate et monachis nostris contradiceretur, arrog-anter
comminatus est quod ab incepto opère nequaquam desis-
teret, donec illud ad finem, secundum suam voluntatem,
deduceret. Verum tante arrogantie et presumptionis impa-
tiens ultio, ut creditur, divina haud longe post subsecuta
est. Nam sequenti die, predictum opus ingressus, pro
libitu suo operarios de conductu faciendo docturus, in
eodem loco, equo sub eo calcitrante, humi prostratrus est ;
confractoque crure, qui sa nus illuc advenerat, domum in
lectica est reportatus, ab invasione terre nostre deinceps
desistens •^.. Item sepenominatus Robertus, infra termines
parrochie nostre Broburgensis ^ basilicam fundans, man-
siones et funiculos -^ possessionum colonis distribuit
Feeit et lavatorium •* eneum, fusoria arte sumptuose ela-
1. Ce passage du Carlulaire (p. 33§ el 337) est relatif à des événements
qui se passèrent du temps de Godescalque, abbé de 1163 à 1177.
2. Clairmarais. près de Saint-Omer, abbaye fondée en 112Spar labbé des
Dunes et qui devint quelques années après abbaye Cistercienne (vers
1137-1140). Voy. H. de Laplane, Vahbaye de Clairmarais, d'après ses
archives (Saint-Onier, 1863). — Aujourd'hui, cant. et arr. Saint-Omer (Pas-
de-Calais).
3. Cf. ChampoUion-Fif^eac, Droits et usages... dans la fleu. archéolo-
gique, xivan., 1858, 2" part., p. 651.
4. Bourbourg, c. et ch.-l. de c, arr. Dunkerque (Nord). Cf. la désignation
suivante, datant de 1125 : « castellaria de Brohurgh ».
5. Allusion au cordeau d'aib^nemenl {[unis, funiculus geometricus) ser-
vant à délimiter les lots de terre et les emplacements de maisons à bâtir,
dun usage commun à cette époque. Cf. l'expression suivante: « antiquus
funis geometricalis Francorum ». (Suger, T'te de Louis le Gros. XV, éd.
Molinier, p. 48, à propos de la frontière de l'Epte entre la France et la
Normandie).
6. Ihid., p. 3 iO« On peut avoir une idée dece travail, en examinant un des-
sin du XV siècle sur une page du n" 755 des mss. de Saint-Omer. Ce lavoir
est surmonté dune statue équestre couronnée. Cette statue représente le
roi, dont le cheval repose au-dessus d'un daupliin vomissant de l'eau à
gros bouillons. Lemonumentest orné défigures historiques et artistiques;
il a été détruit en 1761, à cause de sa vétusté et parce que les tuyaux qui
servaient à alimenter la fontaine ne pouvaient plus contenir l'eau néces-
saire. » (De Laplane, op. cit., p. 233, n. 5.) — Cf. ihid., pi. 22, du Catalogus
abh. fierh'n. Cette description aurait pu trouver place soit dans le Dict. de
l'arch. fr. de VioUet-le-Duc, soit dans Enlart, il/a/t. d'archéol., t. II, §X.
122 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1043-H87J
boratum, quod, etsi quidem eo vivente nequaquam erectum,
et in loco claustri ubi defuit fuit locatum ; moriens tamen
reliquit sumptus ad hoc perficiendum sufficienter neces-
sarios, sicut efFectus docet...
[1177-1187]. — x\ccingitur 1 itaque novus athletain opus
monasterii sui ; scilicet, dejecta etcoiifractaerig^ereetconsoli-
dare, ab antecessoribus suis pretermissa \e\ neglecta sup-
plere, et restaurare variis operibus et vestibus decorare...
... Et, ut de opère ejus edificiali in primis loquamur,
statim ut abbas est effectus, ante ingressum monasterii^
pontem lapideum per flumen A^nionam^, veteri qui jam
ruinam minabatur dejecto, a fundanientis novum erexit,
et sumptuoso et quasi perpetuo opère decenter consum-
mavit. Cameram etiam, ex australi parte templo appen-
dentem, que post incensionem a tempore Leonis abbatis
adeo destructa et neglecta erat, quod vix parietinarum
ibidem signa apparerent, multo decentius et melius quam
antiquitus fuerat reedificavit : cui in latere, contra méri-
dien!, cenaculum superaddidit, lignariorum arte subtiliter et
venuste compactum, quod tocius curie est quasi spéculum et
ornamentum, estimatis tamen expensis, plus continens
pulcritudinis quam utilitatis. Fecit quoque crucem ligneam,
[ijmagine Salvatoris appensa, astantibus eciam Marie, Johan-
nis et Chérubin ymaginibus, aliisque pluribus, ad repre-
sentationem dominice Passionis pertinentibus, cruci vel
trabi cui eadem inherebat, miro décore affixis:que omnia,
arte, sculptoria et pictoria ineffabiliter resplendentia,domus
Dei ornamento sunt valde et decori -K
1. P. .ii2-3i4. Cf. Append., p. 104. — Simon II, abbé de Sainl-Rertin.
2. L'Aa, petit fleuve du Pas-de-Calais, dont une partie sert de lisière entre
ce département et celui du Nord.
3. Suit l'indication du travail de sculpture du tombeau de saint Bertin.
— On remarquera les précieux détails qui précèdent, sur la décoration
picturale et sculpturale d'une partie de réj;lise de Saint-Bertin ; il est très
rare, en efl'et, d'en rencontrer de ce f,^enre dans les textes ; en ce qui con-
cerne la poutre triomphale avec ornements et surmontée dune croix qui
séparait transversalement, à une certaine hauteur, le sanctuaire du reste
de l'éjirlise ; cf. supra, le passage d'un texte relatif à la cathédrale de Cou-
tances, où il est question de la croix suspendue ainsi dans l'église :
« ante erucifixum, in medio ecclesiae » {n° XVIII, p. 77).
[Vers lOiS] de l ARCHiTECruRE en frange 123
Ante portam ' monasterii sui... fundamenta doinus
lapidée jecit, quam suo successori in ultimis perficiendam
dimisit... Fecit item abbas iste, ex australi parte monas-
terii, vivarium unum -...
His de materialibus ejus operibus succinctim enarratis ^...
XXXV
Vers 1045.
Construction de réalise de Neuvy-Saint-Sépulcre ^, en
Berry, sur le modèle de celle du Saint-Sépulcre de
Jérusalem, entreprise par les soins de Geo ff roi, vicomte
de Bourges.
1
Chronicon Lemovicense, clans le Rec. des Hist.de hr., t. XI (18"6), p. 282.
Hoc eodem anno, ecclesia Sancti Sepulchri"' fundata est
in Bituria, ad formam Sancti Sepulchri' lerosolimitani,
1. La porte du monastère de Saint-Bertin servit de modèle à celle du
monastère d'Andres, près de Boulogne. Voy. infru les textes relatifs à
cette abbaye.
2. P. 344.
3. P. 346.
4. Cf. supra l'acte du 2 4 octobre 1036, relatif à l'éf^lise (devenue prieuré)
du Saint-Sépulcre-lez-Jaligny, fondée par Ilictor, à son retour du pèlerinage
à Jérusalem. — « Les dates indiquées par les chroniques, dit l'abbé Cail-
laud, sont faciles à concilier. II sufiit d admettre que la construction de
l'église de Neuvy a été commencée en 1042 et terminée en 1046. » {Notice
hislor. et archéol. sur Véglise de Neuvy-Saint-Sépulcre, Indre, dans les
Mém. lus à la Sorhonne, Comité des trav. histor., Archéologie, 1866, p. 233).
Nous ferons remarquer que la date de 1045 est donnée par la chronique
d'Anjou : c'est aussi, à très peu près, celle de la chronique de Tours. La
chronique de Tours porte ici la date de 1042. Quanta l'indication chrono-
logique donnée par le te.xte d'Auxerre, elle se réfère à une période trop
indéterminée, à savoir, aux années 1039 (et non 1034, comme on l'a imprimé),
à 1049, c'est-à-dire environ à l'épiscopat de Herbert II, évêque d'Auxerre.
5. Neuvy-Saint-Sépulcre, ch.-l. de c, arr. La Châtre (Indre). — Voy.
Buhot de Kersers, Hist. et statistique monumentale du département du Cher,
1875 et s., t. III, p. 201, t. V, p. 352. — Cf. U. Chevalier, Rép. top.-hihl., I,
col. 2097.
124 TEXTES RELATIFS A L 'HISTOIRE [VerS 1045]
présente Odone Ruffo, Dolensis' castri domino, et Bosone,
viro illustri de Glosis^, in cujus dominio situs est locus
jam dictus Novicus^, qui quondam erat de jure Girardi
Viennensis*.
2
Chronicon Turonense, ibid., p. 347.
Anne Henrici imperatoris VI et Henrici régis XV,
constructa 5 est [ecclesia] Sancti Sepulchri, in Bituria, ad
formam *^ Sepulchri lerosoljmae.
3
Chronicon Andegavense, ibid., p. 169.
Gonstructa est ecclesia Sancti Sepulchri, in Bituria, a
Gaufrido, [Bituricensi vicecomite].
1. Eude de Déols, beau-frère de Geoffroi, vicomte de Bourges (vo>.
Raynal, Hist. du Berry. t. I, p. 384 ; Caillaud, op. cit., p. 233).
2. Cluis en lierry, c. Neuvy (voy. ci-dessous).
3. « Ecclesiam Sancti Sepulchri de Novo Vico, quae juris ecclesiae Hie-
rosolymitanae et censualis ejus esse videtur, huic nostro clerico Simoni
commendavimus »,dit le pape Grégoire VII, le 28 juin 1079, en s'adressant
à Boson, fils du comte de la Marche {Hist. de Franc, i. XIV, p. 636). Cf.
Raynal, op. cit., t. I, p. 386.
4. 11 s'agit de la seigneurie de Gérard de Vienne.
5. L'idée de cette construction paraît bien avoir été suggérée à la suite
de pèlerinages en Palestine qui eurent lieu quelques années auparavant,
et d'où l'on aurait rapporté le pian du Saint Sépulcre. L'un des plus mémo-
rables pèlerinages dont les chroniques nous aient transmis le souvenir est
celui que fit, en 1026, Guillaume Taillefer, comte d'Angoulême, escorté de
nombreux seigneurs et d'abbés : « Ea tempestate, Willelmus, Engolis-
mensis comes, per Bajoariam iter cepit ad Sepulchrum Domini comi-
tati sunt eum Odoardus, Biluricensis princeps, Ricardiis, Dolensis abba.i... »
(d'après VHist. ponlif.Engolism. Adem. Cabann., Hist. deFr., t. X, p. 162). Cf.
l\ayna\, Hist. du Berry , t. I, p. 376-377, au sujet du pèlerinage à Jérusalem
et du voyage à Constantinople (avant 1031) d'Azenaire, qui devint plus
tard abbé de Massay (auj. cant. Vierzon, arr. Bourges) : « Nam olim, antequam
monachi habitum susciperem, dum Ilierosolymam proficiscens, apud Cons-
tantinopolim, in basilica S. Sophiae. sabbato Pentecostes, solemni interes-
sem oflicio... » (Labbe, Nov . bibl. ms., t. II, p. 768.)
6. Sur lafoi-me et les dispositions de ce monument avec réfection partielle,
notammentauxii" siècle, voy. Viollet-le-Duc, Dict. de Varch.fr., t. 1, p. 216 ;
Quicherat, Met. darchéol., p. 492, et lig. 85; Enlart, Jf.ire. d'arc/ieoi. fr., t. I,
|). 217 (^fig. 65), Caillaud, op. cit., p. 233 et s., Joanne, Dict. géogr. et adm.
de la France, t. V, v Neuvy-Saint-Sépulchre, vue de l'intérieur etde l'exté-
rieur de l'église, d'après une jjhotogr. communiquée parla Commission des
monuments historiques. C'est un exemple précieux d'une rotonde pourvue
de bas-côtés, à l'imitation de celle de Jérusalem, « dérivant elle-même de
la tradition romaine des mausolées circulaires, dont la coupole avait com-
naandé le plan. » (Enlart, ibid.).
[104S-107o| DK l'aHCIIITECïURE KN FRANCE
125
Chronologia Roherli Sancli Mariani Aiilissiodorensis, ibid., p. 308.
Hoc tempore ecclesia Sancti Sepulchri, in Bituria,
constructa est ad formam Sancti Sepulchri lerosolymae.
XXXVI
1 045-1075.
Béparations faites à Véglise abbatiale de Saint-Riquier
par les soins de VabbéGervin; construction de la crypte
et placement des autels dans cette partie de Véglise, —
Reconstruction de Véglise de Watten,près de Dunkerque ;
changement de vocable de ladite église.
Chronicon Centulense, auct. Ilariulfo ', 1. IV, c. ixeL xviii, éd. Ferd. Lot,
J894, p. 197 et 220-221.
L. IV, c. XI. De miraculis sanctissimi Richarii quae ejls
TEMPORE ACCiDERUNT. — Engelguinus quidam artifex ligna-
rius habebatur, qui de suo artificio nostrae ecclesiae ser-
viens ruentia tecta ^ resarciebat vel nova, si res exegis-
set, compte aptabat. Hic in Paschae diebus conscendit cam-
1. Sur Hariulfe, voy. Histoire liltér., t. Xll, p. 20 4-217, et surtout la savante
préface de l'édition de M. Ferd. Lot, où l'on trouvera d'abondants ren-
seignements bibliographiques. — Sur la crypte dédiée le 19 oct. {dedi-
calio orientalis cryplae in honnrem S. Mariae et s. Richarii...), voy. Mar-
lyrol. Cenlul., dans Act. Sanct., BoU., t. VII (jun.), et Hénocque, Hist. de
labhaije et de la ville de Saint-Riquier (1880), dans les Mém. Soc. Antiq.
Picardie (Documents inéd. concernant la province, t. IX, p. 340) ; cf. sur les
autels de la crypte, ih., p. 341.
2. Il suflit de jeter les yeux sur la vue persjjective des églises et du
cloître de l'abbaye de Centula, construits à la lin du viii" siècle par les soins
d'Angilberl, pour se rendre compte de l'importance qu'eurent alors et
pendant deux cents ans encoi-e, les couvertures en bois de bien des
édifices (Voy. ce plan dans A. Lenoir, .\rch. nionast.., t. I, p. 27),
126 TEXTES RELATIFS A l'fIISTOIRE [1045-1075]
panas, ruptum campanae l'unem volens renodare, expletoque
opère revertebatur, cum ecce culminis foramen reclaudenti
déficit omne quo se anniti atque teneri suspicabatur. Biiit
erg-o... Ut nescienti loquanuir, ipsa fabrica templi porrectis
inantea lapidibus ex se interius semitam facit, quam ut
tutus posses tenere, podiorum munimine industria prisca
firmavit. Super hos ig-itur lapides homo cecidit, et Domini
pietate sancti merito ex[h]ibita, suae salutis gaudia tulit.
L. IV, c. xviii. De laudabilibus domni gervini^ actis et de
coxsTRUCTiONE CRYPTAE. — . , . Cujus pia inteutio nostrati patriae
multum contulit decoris profectusque, dum quae non erant
erig-ebantur vel quae lignis fuerant compacta(e), caemento
et lapide refîciebantur. Ipse vero circa locum commissum
satis soUicitus, veterata novare, dissipata sarcire, nunquam
facta extruere contendebat. Unde et cryptam satis insignem
condidit hodieque perseverantem, quam consecrare obti-
nuit ad honorem nostrae dominae Sanctae Dei genitricis
Mariae. In qua crypta, per IV quae ibi sunt altaria, tanta
tamque gloriosa Domini Christi et sanctorum ejus reposuit
pignora... Harum ergo sacrarum reliquiarum indiculum
apponimus, ut quanta g-loria sacer ille locus vigeat, poste-
ritas queat nosse : » Titulantur in praesenti reliquiae,
quarum multitudine decoratur majus allare cryplae... »
Ex miracuUs siincti Richarii, du môme auteur, éd. O. Holder-Eggei-"-^ dans
Mon. Germ. hist., SciipL, t. XV, ])ars 2» (1888), p. 919.
1. Indignando'^ decrevit [sacerdos, nomine Odfridus],
sanctum illic '^ Richariumnonampliusnominare, non amplius
1. Gervin I"", 20" abbé de Saint-Riquier 1045-1075^.
2. Sur les autres éditions de ces Miraciila, voy. Hoider-Egger, op. et
t. cit., p. 915-916.
3. Il s'agit ici d'un clerc du nom d' « Odfridus », revêtu de la prêtrise,
qui, désirant fonder un prieuré ù Watten, n'avait pu obtenir de l'abbaye
de Saint-liiquier des reliques qu'il sollicitait pour sa fondation d'église,
ladite abbatiale n'en ayant, paraît-il, qu'un nombi-e trop restreint. Les
événements dont il est ici question se passent vers 1070.
i. G'cst-à-dire Watten, c. Hourbourg, arr. Dunkerque (Nord).
[1049] DK l'architecture en FRANCE 127
venerari, sed, abraso penitus nomine illius, beati nomen
Nicolai ibidem celebrari et invocari statuit. Gementariis^
itaque et lapidum caesoribus vel ceteris opeiariis, qui
eidem loco aedifîcando insudabant, mandavit ut omnia
quae operabantur in laudem et nomen sancti facerent
Nicolai, et non in sancti Richarii...
XXXVII
Première moitié du xi*^ siècle jusqu'à 1049.
Activité déployée par Odilon, abbé de Cluny, dans toutes
les œuvres de construction, de réfection et de décoration
d'édifices religieux, entreprises sous son influence ; —
ornementation de V église et du cloître de Cluny ; — diffu-
sion des monuments Clunisiens, notamment dans l'Auver-
gne et le Bourbonnais, dans le royaume de Bourgogne et
en Lombardie. — Accidents survenus pendant les travaux
de construction du monastère de La Voulte, en Vivarais ;
curieuse mention d'échafaudages servant auxdits travaux;
circonstances extraordinaires grâce auxquelles les cons-
tructeurs durent d'avoir la vie sauve.
Vila Sancti Odilonis, auct. Jotsaldo -, Sylviniacensi monacho, dans Mabil-
lon, AcLi sanctoriini ordinis S. Benedicti, saec. VI, pars I", I. 1, c. XI,
p. 603-604 et 619).
(Cf. Acla sanctorum, Rolland. I (1 Januar.), c. XI, § 38-39 (en partie
seulement). — Mi^'ne, Patr. lat., t. CXLII,col. 908 et 932.)
1. (''est le terme cementarius, ainsi qualifié ensuite, qui prueeral
operi. qui désigne un architecte dans le passage suivant de la susdite
chronique : « Cum moderno tempore reficeretur [ecclesia vici Credenae.
in cj^iscopatu Tornacensi] et cementarius qui praeerat operi super
excelsa parietum stans fastigia quiddani operis percomplerel, repente
disruptis machinis, ad terram cecidit cum aliis, et ma.\ima pars mace-
riae subito desilivit, ila ut homines infra, lapides vero supra homines
corruerint. » {ibid., c. 10.)
2. Et non Lotsaldo [Acta sancl., Rolland., op. cit.. p. 63). Jotsaldus,
auteui- delà vied'Odilon.etquifut son disciple, devint chancelier de Cluny :
il est mentionné dès l'année 1032. Cet ouvrage fut composé entre les
années 1049 et 1053.
128 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE | 1049]
C. XL 38. Et praeter haec interiora, fuerunt in eo
[Odilone]^ extrinsecus g^loriosa studia in aedificiis locorum
sanctorum construendis, renovandis, et ornamentis unde-
cumque adquirendis. Demonstrat hoc Cluniacus-, suus
principalis locus, in cunctis suis aedificiis interius et exte-
rius, praeter parietes ecclesiae, ab ipso studiose renovatus
et ornamentis multipliciter adornatus ; ubi etiam in novis-
simis suis claustruni construxit columnis marmoreis, ex
ultimis partibus illius provinciae, ac per rapidissimos
Durentiae-^ Rhodanique cursus non sine magno labore
advectis'*, mirabiliter decoratum. De quo solitus erat
gloriari, ut jocundi erat habitus, « invenisse se ligneum et
relinquere marmoreum », ad exemplum Octaviani Gaesaris,
quem describunt historiae Romam invenisse latericiam et
reliquisse marmoream^ Incepit etiam ciborium super altare
sancti Pétri, cujus columnas vestivit argento cum nig-ello^
pulchro opère decoratas.
39. Jam vero de omnibus monasteriis suis. Quid Pater-
niacus'^ ob Dei Genitricis amorem sibi delectabilis locus !
Romanum^monasterium a fundo constructum ! Locus sancti
1. Saint Odilon de Mercœur, né en Auvergne (962 i. abbé de Cluny de 99 i
à 1049.
2. Cluny, aujourd'hui ch. -l.de c.,arr. Màcon(Saône-et-Loire).— Voy. infra
les textes que nous publions sur Cluny; cf. J. Virey, V architecture romane
dans l'ancien diocèse de Mi'icon. 1892, p. 261. Il semble qu'Odilon laissa
moins intacte qu'on ne l'a cru léjïlise bâtie par Bernon et Odon, et il est
permis de supjjoser que les parties hautes de cette église subirent
quelques modifications, comme tant d'autres églises d'alors.
3. «Al. Dnranliae poiius Druentiae » (Note àa?, Acta sanct., toc. cit.).
4. Sur l'emploi des voies fluviales ou maritimes servant au transport des
matériaux de construction, provenant de régions favorisées à ce point de
vue par la nature ou par la main des hommes, voy. supra les extraits de la
Vie de Gauzlin, p. ."iS.
5. Cf. supra (p. 38) un extrait de la Vie de Gauzlin. — Suet., .Aug., 28.
6. Al. jngeUo. — Cf. Du Cange, Gloss., V Nigellum, où le passage ci-
dessus est cité. On entend par « nielle » une ornementation obtenue par
une sorte de gravure faite sur or ou argent, et remplie d'une substance
noire brune fusible, latjuelle est composée de cuivre, d'argent, de plomb et
de soufre. (Voy. Théophile, Divers, art. Schedula, lib. III, cap. XXVI à
XXVIII.) Cf. Viollet-le Duc, Dict. du mob. fr., t. II, v» Nielles, p. 231 et s.
(fig.).
7. Payerne, abbaye Clunisienne, au diocèse de Lausanne, à 42 kil. N.-N.-E.
de Neuchâtel, auj. cant. de Vaud, sur la Broyé.
8. Romainmôtier, prieuré Clunisien, au diocèse de Lausanne, à 6 kil. S.-O.
d'Orbe, sur le Nizon (canton de Vaud). — Voy. Alb. Naef, Les phases
[Avant 10i9j DK l'architecturk en frange 129
Victoris Genevensis * praeter suam antiquam et nobilem
ecclesiam. Ex toto etiam siio tenipore constructus Carus
Iqcus 2, Amberta^, valde celebris ecclesia, Rivius ^, ex toto
Celsinanias •', Silviniacus '', translata Firmitas ', monas-
teriuni sancti Saturnini ^, apud Papiam '^ sancti Maioli^*^
nobilissimus locus, et praeter haec diversarum ecclesiarum
multiplex numerus ! Haec omnia illius industria, suotempore,
in aediticis, in possessionibus et ornamentis amplissime
dilatata creverunt. Gonstruxit etiam, in ultimis vitae suae,
in praediolo genitorum suorum quoddam monasterium,
Volta " a revolutione aquae circumcurrentis nuncupatum,
studioso opère décora tuni ; quod dered[d]itibus suorum ami-
corum et parentum, prout potuit, ad serviendum Deo
hereditavit, et competentibus libris et ornamentis decenter
adornavit.
conslruclives de l'église de Romainmôtier (Kaud), dans VAnzeiger fur
Schiceizerische AUerlumskunde, Indicateur d'Antiquités suisses, nouv.
S(''r.. t. VII 1906), p. 210 et s. (pi. et fig.) L'exploration archéologiquetde
190'i-1905 a permis d'étudier notamment la partie romane de ce monument
historique ; pour les reconstructions et pour l'ornementation de cette
église au xi' et au xii' siècle, voy. op. cit., p 213. Cf. morne auteur, Les
dates de construction de VÉglise de Romainmàtier [Suisse), dans le Bull.
mo/ium., LXX (1906), p. 425-452 (pi.).
1. Il s'agit de l'ancien monastère de Saint-Victor de Genève, qui passa
aux mains des moines de Cluny dans la première moitié du xi" siècle.
2. Charlieu. prieuré Clunisien, dans le Maçonnais, ch.-l. de c, arr.
Roanne (Loire). — Cf. Thiollier,L"ar<romanàC/i3rfie«(1892); j4r<e<arc/iéo-
logie dans le département de la Loire (1898), p. 22, passim, et pi. 7.
3. Ambierle, c. Saint-Haon-lc-Chàtel, arr. Roanne (Loire), prieuré de
Cluny, au diocèse de Lyon. — Pour la forme latine Amberta, à laquelle la
forme moderne Ambierle ne paraît pas répondre d'une façon très régu-
lière, cf. les textes n<" 932, 971, 1312, etc., dans Huillard-Rréholles, Titres
de la maison ducale de Bourbon, t. I (1867).
4. Rivis, éd Mabillon ; Ris, prieuré de Cluny, au diocèse de Clermont,
cant. de Chàteldon, arr. Thiers (Puy-de-Dome).
5. Celsinanias, forme fréquente dans les chartes, Gefsm6as, ms. ; Sauxil-
langes, au dioc. de Clermont, ch.-l. de c, arr. Issoire (Puy-de-Dôme).
6. Souvigny, en Bourbonnais, au dioc. de Clermont, ch.-l. de c, arr.
Moulins (Allier).
7. La Ferté-IIauterive, obéd. de Souvigny, auj. c. Neuilly, arr. Moulins.
8. Il s'agit peut-être de SaiiiL-Saturnin en Auvergne, auj. canton de
Sainl-Amand, arr. Clermont (Puy-de-Dôme). L'église romane actuelle
a une chapelle qui serait peut-être de la 1" période romane ; restes de
cloître fVoy. Ronchon, Le Puy-de-Dôme.. ., 1901, p. 280, fig.).
9. Pavie, ville de la Lombardie, où se trouvait un prieuré de Cluny dédié
à saint Maïeul.
10. Saint Maïeul. 1" abbé de Cluny, né à Avignon vers 906, mort au monas-
tère de Souvigny le 11 mai 99 4.
11. La A'oulte, aujourd'iiui La ^'oulle-sul•-Rhône, ch.-l. dec, arr. Privas
(Ardèche).
130 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Avant 1049]
Complément de la même Vie, 1. Il, c. XX, dans Sackur, Handschriftliches
aus Frankreich, publ. dans le Nenes Archiv., t. XV (1890), p. 118.
(Cf. Mabillon, op. et t. cit., p. 619. — Migne, Pair, lat., t. CXLII,
col. 932.)
C. XX. De CEMENTARiis SANATis. — Cum quodam tempore
apud monasterium suum, quod Volta nominatur, mora-
retur, et murus aecclesie adhuc i[ni]perfectus consumma-
retur, contig'it ut quadam die, dum iriinistri operis operi
complendo insistèrent, deambulatoria ^ ubi stabant, retor-
tis 2^ cum quibus ligata erant, ex nimia vetustate ruptis,
deorsum ruèrent. Cum quibus etiam caementarii ex altitu-
dine mûri ad terram ceciderunt, et collisione membrorum-^
paene exanimes sub oculis omnium efFecti sunt. Interea
tumultus multus fît hominum, ingens clamor ad ipsum fit
1. Si Ton a signalé le sens du mot deambiilatoriiim appliqué à une galerie
de cloître monastique (Voy. Du Gange, Gl. cl supra, p. 30, n.l), il n'en est pas
de même de la signification de ce terme telle qu'elle ressort de ce texte
(cf. supra, p. 37, dans la Vie de Gauzlin, ambulatorium vïmineum).
Deambulaloriiim a eu aussi la signification d'échafaudage permettant
de circuler le long des constructions qu'on élève, formant ainsi un
passage pour les ouvriers qui travaillent et le maître qui les surveille.
VioUet-le-Duc et Quicherat n'ont pas connu ce sens technique ni les rappro-
chements auxquels il donne lieu. 11 nous parait s'appliquer ici à un écha-
faudage suspendu. Quand l'échafaudage n'était pas montant de fond,
on pouvait le suspendre, par exemple, à un mur circulaire en construction,
au moyen de chevrons engagés dans des trous de boulins et soulagés par
des liens portant dans des trous inférieurs, « le constructeur établissant
ainsi, en même temps qu'il élevait sa bâtisse, un chemin en spirale dont
l'inclinaison peu prononcée permettait de monter les matériaux sur de
petits chariots tirés par des hommes ou au moyen de treuils placés de
distance en distance. » (Viollet-le-Duc, Dicl. de Varch. fr., t. V, art.
Echafaud., p. 105 et fig. 1.)
2. Retorla signifie lien qui retient les pièces de l'échafaudage, lien de
bois, souple et pliant; détail intéressante noter. Cçî texte assez précis
aurait pu figurer dans Du Gange, où nous lisons v" Retorta : « superior
virga qua sepes continetur ac vincitur, nostris riorle... a quodam coUo
ejus invexo circulo ligneo. »
3. Le ms. lat. 5296% qui provient du fonds de Thou, ne contient pas ce
chapitre de la vie d'Odilon ; il n'en est pas de même du ms. lat. 13769, du
fonds Saint-Germain. Mais tandis que ce dernier s'arrête au mot collisione
membrorum, un autre ms. lat., le n" 18304, donne l'ensemble du chapitre
qui avait échappé à Aug. Molinier dans sa collation dudit ms., et non
au E. Sackur, qui l'a reconnu et publié pour la première fois dans le
Neues Archiv. [loc.cit.), en complétant ainsi le texte de Mabillon (repro-
duit par Migne), lequel avait utilisé les mss. des fonds de Thou et de Saint-
Germain. Le ms. lat, 18304, qui provient de Saint-Martin-des-Champs,
daterait du xi« siècle (Sackur, op. cit., p. 117).
[Avant 1049] de l'architecture en frange 131
coelum, et de periculo virorum non minimum videres planc-
tum. Erat autem vi^ilia ' natalis precursoris Domini, et vir
venerabilis Odilo in quodam, se radens, sedebat secretario,
cumeccerumordam(p)natorum operariorum ante eumvenit,
et ipse sine aliquo strepitu, donec exoocuparetur, silentium
super hoc facere coegit. At ubi illud perfectum est, citius
surgens ad (a)ecclesiam cucurrit, proprium altare cuni
reliquiis tulit, ad homines in terra jacentes accessit, signum
sanctae crucis cum reliquiis desuper fecit, orationem
complevit et sic recessit. Mira dicturus sum, sicut in
veritate testantur qui praesentes fuerunt, monachi scilicet
et alii veri religiosi : illo recedente, qui videbantur de vita
et sanitate desperati subito surg-unt, deambulatoria erigunt,
opus verum arripiunt, et tanquam ni (c)hil mali passi essent,
usque ad finem diei opus debitum - concludunt.
Alia Vita, auct. b. Petro Damiauo, c. X\', ^32, dans Act. Seiac^. , BoUand., 1
1 Januar.), p. 76.
G. XV. § 32. Monasteria scilicet nonnulla a funda-
mentis erexit ; alia vel jam semiruta, vel ruinam forte
minantia reparavit ; dilatavit illis praedia ; nonnullis etiam
insignia contulit ornamenta. Quae vero monasteria nova
condiderit, quibus parietina tantum et sarta tecta ^' collatis
sumptibus instaura verit, enumerare per ordinem idcirco
postponimus ^... praesertim cum in ipsis vivis operibus
gestorum fîdem multo clarius experiantur oculi, quam
ullo sermone valeant narrari...
1. La fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste a lieu le 2i juin.
2. Il s"aj,'it très vraisemblablement de maîtres d'œuvre et de maçons
laïques dont la main-d'œuvre avait été louée, et qui devaient exécuter pour
le monastère un travail fixé d'avance.
3. Cette expression empruntée à la latinité classique, ainsi que nous
l'ayons déjà reconnu, a ici un sens littéral et elle paraît devoir s'appliquer
strictement à la couverture des édifices [lecla), par opposition aux cons-
tructions de murs (parielina). En l'ait, la i-éparation ou la transformation
des couvertures de monuments devait souvent entraîner celle des murs qui
les supportaient.
4. Sur ses visites de monastères, voy. ibid., cap. XV, § 49 : « Decreverat
post haec ut monasteria sua et cellàs circuiret, fratres visitaret. . . »
132 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Avant 1049]
XXXVIII
Second quart du xi** siècle, avant 1049.
Coutumes de Cluny^ dites de Far fa [abbaye de l'ordre de
Cluny), rapportées de France en Italie par le moine Jean:
statuts relatifs au plan, aux dimensions et à la décoration
de Véglise principale, ainsi que des chapelles et des
divers bâtiments conventuels dudit ordre.
Consuetudines monasticae, I, Consueludines Farfenses ', rec. Bruno
Albers (1900), lib. II. cap. I, p. 137-139, cap. XLIII, p. 176 ; lib. I,
cap. LUI, p. 44, et cap. LVI, p. 54.
(Cf. Mabillon, Annales ordinis S. Benedicli, IV, lib. LUI, p. 207. —
1. Voy. l'ouvrage d'E. Sackur, Die Cluniacenser in ihrer kirchlichen nnd
a.llgemeingeschichtlichen Wirksamkeit bis zur Mille des XP"^ lahrhiinderls,
1892. Sur Hugues de Farfa, voy. op. cil., t. I, p. 350 et s., t. II, p. 8-10,
196-197 ; sur Farfa, voy. t. I, p. 58-60, 104, 105, 111, etc. — Cf. Jardet, Sainl
Odilon, sa vie, son temps, ses œuvres (962-1049), Lyon, 1898. — Pour suivre
la description détaillée des statuts qui suivent, voy. les plans d'édifices
monastiques joints à VArchileclure monaslique de Lenoir, à V Abécédaire
de Caumont {Archilecliire civile au moyen àc/e), au Dictionnaire raisonné
dé Viollet-le-Duc, au Manuel d'archéologie française de M. Enlart ; voy.
aussi les pi. du Monaslicon gallicanum, publ. par Peignc-Delacourt.
Farfa, près de Spolète (Ombrie), dans l'Italie centrale. — On sait que la
constitution monastique désignée communément sous le nom de Règle de
Cluny ne nous est point parvenue dans un seul et même texte. Outre VOrdo
Cluniacensis rédigé dans la seconde moitié du xr siècle par le moine fran-
çais Bernard, à ime date encore indéterminée, outre les coutumes de
Cluny dites Anliquiores consuetudines Cluniacensis monasterii, écrites
par le moine allemand Ulrich, dans le dernier quart du xi° siècle, il faut
tenir compte des Consueludines Farfenses. dont la rédaction appartient à
une époque antérieure à celle de la compilation du moine Ulrich. Ces cou-
tumes dites de Farfa sont parvenues jusqu'à nous dans des mss. qui sont
conservés en Italie, notamment le Cod. Vat. 6808 et un ms. de Saint-
Paul-hors-les-Murs (voy.Bruno Albers, op. ci/., p. \'II),cedernier beaucoup
moins complet que le ms. du Vatican. Cite et utilisé par MabiUon, le Cod.
Vat. 6808 n'a malheureusement pas servi de liase au texte publié par Mar-
quard Herrgott, sous le titre de Guidonis disciplina Farfensis, dans sa Velus
disciplina monaslica (1726). L'édition du P. Bruno Albers, (|ue nous remer-
cions de son obligeance personnelle, a complété en partie une lacune regret-
table. Toutefois nous ne sommes pas d'avis de placer l'époque de la compo-
sition de ces coutumes vers les premières années du xi" siècle, mais bien
dans le second quart de ce siècle. Odilon était alors placé à la tête du célèbre
monastère de Cluny : « ad Galliarum studia venerabilium coenobiorum
Cluniacensium, ubi vcnerabilis paler 0 c\dilo velut lucerna radians adhuc
fulget » (p. 2). Or, l'on sait (jne l'administration dOdilon s'étendit entre les
années 994 et 10 {9. C'est donc au plus tard vers le milieu du \i' siècle que
s'étendrait la période de C()mi)osition de nos Coutumes. Mais d'autre part
il ne faudrait guère remonter plus haut que l'année 1039 dans labbatiat
[Avant 1049] de l'architecture en frange 133
Heri'î^ott (Marquard), Vêtus disciplina monastica (1726), reprod. par
Mi'^in;, Piitr. iaL, t. CL, col. 1193 et s. — Betlmiann, dans Mon. Germ.
hist., Scriptor. t. XI (1854), p. 554 et s.)
[ DE POSITIONE SEU 3IENSLRATI0NE OFFICINARUM^. ]
Ecclesia^ longitudinis GXL pedes habeat-^, altitudinis
XL et très ; fenestrae ^ vitreae CLX. — Capitulum vero •'
XL et V pedes longitudinis, latitudinis XXX et quatuor c. —
Ad orientem" fenestrae^ IIII, contra septentrionem très. —
Contra occidentem XII balcones, etper unumquemque duae
columnae affixae in eis^. -.— Auditorium"^ XXX pedes longi-
tudinis*^ ; caméra vero nonaginta pedes long-itudinis. —
d'Odilon : en elTet, nous trouvons dans le ch. LXIII, p. 205, la mention des
obits de l'enipereur Conrad et de labbé Hugue de Farfa, ce qui nous
reporte à cette année 1039 : ainsi, ce serait entre les années 1039 et 1019
environ qu'aurait eu lieu la susdite rédaction. Il n'est pas douteux que la
paternité des Cnnsiietudines Farf'enses doiveétre revendiquéeen faveur de
Gluny (cf . Schuster, L'ahhaye de Farfa et sa restauration au XI' siècle sous
Hugues /"', dans la Revue Bénédictine de 1907, p. 17-35 et 374-402).
■ 1. La rubrique de ces statuts est dans Ilerrj^ott : De positione seu men-
suratione of'ficinarum : elle est ainsi conçue dans Mabillon : Officinarum
regularium mensure. Ils sont désijjnés delà façon suivante dans « l'Index
capilum » (p. XX) de l'édition du P. Bruno Albers : Descriptio Farfensis
monaslerii. — Cf. pour l'expression /josf'h'oo/'/ic/narum, le passage suivant
de la lettre d'envoi du plan de Saint-Gall (vers l'an S20) à l'abbé Gozbert:
« Haectibi. . . de positione offic inarum [)a\icis c\etnp\ala divexi » (A. Lenoir,
Arch. vionasl., 1. 1, p. 24.). — LaC^hronicpiedu MontCassin (éd. Wattenbach,
Mon. Gerni. hist.. Script, t. VII, 551-S44), qui contient la description des
constructions etembellissementsdusà l'activitcde l'abbé Didier (1058-1087),
donne le détail intéressant d'un certain nombre de mesures adoptées pour
les monuments de ce célèbre monastère.
2. Ecclesiae Vat. On remarquera le peu d'élévation relative de cette église.
Un autre type d'éfjlise, celle de Saint-Bénigne de Dijon, n'atteignait pas
1.6 mètres dans la grande nef, et n'en avait que 20 sous la coupole de la
croisée (cf. Chomlon, Hist. de l'église Saint-Bénigne, p. 104).
3. haheat Mab. manque dans Vat. et Ilerrg.
4. /"e/ie.s<r;is Dt7re.i.9 Mab., puis vientdans Mab. le§Galilaea. Ce § et les sui-
vants sont dans Mab. d'après l'ordre ci-après : « Sacristia,OratoriiS. Mariae,
Dormitorium, Capitulum, Auditorium, Calefactorium Refectorium, Coquina
regularis, Cellarii, Aelemosynarum, Infirmis sexcellae, Juxta galilaeam. »
5. rero mancjue dans Ilerrg. et Mab.
6. haheat après quatuor Mab.
7. oriente ^'at.. orientent Mab.
8. fenestras Mab.
9. afixe ineis duae columnae Vat.
10. Ce terme existe aussi pour désigner une partie des logis épiscopaux :
« in auditorio suo (piod est ante iutroitumoratorii episcopalis » (Chartres,
vers IIM, Carlul.de Josaphat, p. 100).
11. longitudinis manque dans Mab.
134 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Avant 1049]
Dormitorium ^ long-itudinis GLX pedes, latitudinis XXX
et IIII ; omnes vero fenestrae vitreae - quae in eo sunt XC
et septem, et omnes habent in altitudine staturam^ hominis,
quantum se potest extendere usque ad summitatem digiti,
latitudinis vero pedes II et semissem unum ; altitudinis
murorum XX et très pedes. — Latrina^ LXX pedes long-itu-
dinis, latitudinis XX et très ; sellae XL et quinque in ipsa
domo ordinatae sunt, et per unamquamque sellam aptata
est fenestrula in muro altitudinis pedes II, latitudinis
semissem unum, et super ipsas sellulas compositas struem •'
lig-norum, et super ipsam ^' constructionem lignorum factae
sunt fenestrae X et VII, altitudinis très pedes, latitudinis
pedem et semissem. — Galefactorium XX et V pedes latitudi-
nis ", eademque mensura longitudinis ^ ; a janua ecclesiae
1. Mab donne : Dormitorinmlonçfiludinis CLX pedes hahere debel, latitu-
dinis A'A'A7V', l'eneslras vitreas XCVII, qiiaruni altiludo tanla sit ad men-
sin-am hominis, quantum sepotest extendere usque ad summitatem di(jiti ;
latiiudo duorum pedum cum uno semisse ; altiluao murorum, pedum XXIII.
Ce mode de mesure empirique, tiré de la taille humaine, est di{,nie de
remarque. Venu de l'antiquité, il se continua de la fin de l'époque romaine
jusqu'aux temps mérovini^iens et carolinji^iens, et il persista encore parfois
à l'époque romane pour l'évaluation des dimensions d'édifices. On en trou-
vera la preuve dans quelques-uns de nos textes.
2. La dimension de ces fenêtres avec leurs vitraux est relativement peu
considérable, ainsi qu'on peut le remarquer ; mais l'édifice n'en comprend
pas moins de 1(50, comme il vient d'être dit.
.3. Sur cette mesure empirique, tirée de la dimension approximative du
corps humain pris dans sa plus grande extension, voy. le texte suivant que
nous avons trouvé dans le recueil des Miracles de Notre-Dame de Ctiartres,
éd. A. Thomas, lequel date des premières années du xiii' siècle (vers 1210),
g IX, miracle du puits de Batiily : » Qui scilicet puteus a summo usque ad
aquam tantum habebat profunditatis quantum protensis in formant crucis
manihus et bracliiis posset vir perf'ectus septem extensionihus mensu-
rare... » {Bibliothèque de l'École des Chartes, 1881, p. 521). — Cf. le passage
de Pline l'Ancien sur le canon des proportions du corps humain considéié
en hauteur et en largeur dans sa plus grande extension symétrique (//ts<.
nat., éd. Jalm, V(I, (7).
4. Le Vat. porte ici une rature ; ce § entier manque dans Mab. Pierre le
Vénérable, au 1. I, 3i, il, des i/i>ac«/a, mentionne le même terme (i.'j/rmae.
domus latrinaruni). Sur les latrines des logis des hôtes de l'abbaye de
Cluny, voy. infra les statuts qui datent de la 2° moitié du xi* siècle.
f). strues Vat.
6. ip.sas Vat.
7. lalum au lieu de laliludinis dans Mab.
8. Le V^at. contient cette correction : lonçfitudinis eademque mensura;
Mab. donne ici : latitudinis XXV pedes tanîumdemque altitudinis habeat,
et plus loin : a janua ecclesiae usque ad januam calefactorii, pedes
LXXV ; il y a hostium dans Vat.
[Avant 1049] de l'architecture en france 135
usque ad ostium calefactorii pedes LXXV. — Refectorium
long-itudinis pedes LXXXX, latitudinis XXV ; altitudin[is]i
murorum XXIII ; fenestrae vitreae ', qiiae in eo sunt, ex
utraque parte octo, et omnes habent altitudinis pedes V,
latitudinis très. — Goquina reg'ularis XXX pedes longitu-
dine-^, et latitudine '* XX et V ; coquina •* laicorum, eadem-
que ^ mensura. — Gellarii vero " longitude LXX, latitude
LX pedes ^.
Elemosynarum '•* quippe ^'^ cella pedes latitudinis X, lon-
gitudinis LX, ad similitudinem latitudinis cellarii. —
Galilea " longitudinis LX et quinque pedes, et duae
1. alliludinem V^at. et Herrg., à corriger par analogie avec /i^<(7ucf/nts
murorum XX et 1res pedes, comme on Ta vu plus haut ; — mûri ejus alti
ped. XXIII Mal).
2. l't^/eae manque dans Mab., où Ion lit : feneslrae ex nlraque parte octo,
altae sunt V ped., lalae très.
3. longitudinis Mab.
4. latitudinis Mab.
5. coquinae Mab.
6. eudem Mab.
7. vero manque dans Mab.
8. ped. manque dans Mab.
9. eleemosynarum Ilerrg.
10. vero Mab.
11. </aZi/e.i, avec la glose: [scunavis, ut vocamus]. Ce§ eslle second d'après
l'ordre suivi par Mab., comme on l'a vu plus haut. — Sur ce terme, voy.
supra, p: 23, n" S, la noteque nous a vous jointe au texte n° IV, in fine, au sujet de
l'anbaye deSaint-Florenl-lès-Saumur. Cf. encore l'extrait suivant; « Peracta
omnia. quae dicenda erant in galilea inlroeuntibus in ecclesiam ana pers-
trepant vel concluant. » (lîruno Albers. Die Consuetudines Farfenses und
Cad. lai. HftOS, dans les Studien und Mitteilungen a. d. Cisterc. ord..
189S, p. 12). F. X. Kraus s'exprime ainsi au sujet de galilaea dans sa
Geschichte der christlichen Kunst, t. II (18!)"), p. 121 : « Die galilaea war
eine Vorhalle, dem alten ïia;-</iea; vergleichbar ; vgl. Bernard, Mon. con-
suetudines Clun. ms. c. 31 et s. Man dachte bei der Bezeichnung an Matth.
23, 16. Vgl. Messmer, Mitthl. d. k. k. Central-Commission 1861, 104 ;
J. Schlosser. Klosteranlage des friihern Mittelalters, Wien, p. 55 et s. »
Au chap.XXVIU de lEvangile selon Saint Mathieu, la Galilée est men-
tionnée trois fois (7, 10, 16) ; contrée de la Palestine, au N. de la Samarie et
au S. des monts du Liban, elle était divisée en Galilée supérieure et en
Galilée inféi-ieure, cette dernière appelée aussi Galilée des nations ou
des gentils. C'est par suite d'une métaphore, dune extension de langage,
qu'on appliqua le terme de galilea à l'ancien narthex ou portique, puis
d'une façon générale, au bas de l'église où pouvaient stationner les caté-
chumènes, les pénitents et en général tous ceux qui, ne pouvant
entendre qu'une partie des offices, ne devaient pas se trouver à l'église
aux ai)proches de la consécration. — Constatons enfin que le mot galilée est
usité encore aujourd'hui en Angleterre dans le langage qui s'applique à
l'architecture religieuse. « Galilée, dit l'archéologue Parker, a porch or
chapel at the entrance of a church : the terni also appears sometimes to be
applied to the nave or a least to the western portion of it... formingakind
of vestibule or ante-chapel. » (A concise glossary of ternis used in...
roman... and gothic architecture, new. éd. , 1&69, p. 116).
136 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Avant 1049]
turres* sint in ipsius galileae fronte constitutae ; et subteripsas
atrium- estubilaici stant, ut non impediant processionem'^.
— A porta meridiana usque ad portam aquilonariam ^ pedes
CCLXXX. — Sacristia -> pedes longitudinis L et VIII s
cum turre, quae in capite ejus constituta ' est. — Orato-
rium ^ Sanctae Mariae longitudinis XL et quinque pedes,
latitudinis XX ; murorum altitudinis XX et III 'K — [Infirmis
sex cell[ul]ae deputatae sunto '*'.] Prima cellula infirmo-
rum ^^ latitudinem*- XX et VII pedes, longitudinem XXIII ^'"^
[habet]cumlectisoctoet[c]elluIisi^totidem, inporticui''juxta
murum ipsius cellulae deforis ^'J et '^ claustTujra ^^ praedic-
tae cellulae habet latitudinis pedes XII. Secunda cellula ^^^
similiter per omnia est coaptata. Tertia eodemque modo.
1. Duae lurres sint in ipsius fronle statu tae Mab. ; ipsius çjalileae in
fronte constitutae Vat. etHerrg.,qui ne donnent pas sm<.
2. «La nef des jurandes églises monastiques du xi' etdu xii'' siècle possède
dans sa fabrique même, ou par l'addition d'un avant-corps, un vestibule
appelé atrium dans les textes de l'époque. Cet emplacement a eu une autre
destination que le pronaos des basiliques primitives. Il servait à recueillir
l'assistance pendant les processions, l'église, à ce moment-là, devant
rester tout entière à la disposition des religieux. Nous l'appellerons avant-
nef... » — ce qu'il ne faut pas confondre avec le porche — (Quicherat, Mél.
d'archéol., p. 461. Cf. ihid.. la note additionnelle de M.R. deLasteyrie, qui
contient un extrait des statuts ci-dessus.) La fjalilea&sl une première avant-
nef et l'ati-ium, une seconde. (Voy. un peu plus haut la note relative au mot
(jalilea.)
3. Les statuts dits de Farfa mentionnent de fréquentes processions dans
l'église (voy. l'Index de l'édition du P. Albers, V Prncessio).
■i. aquilonarium Vat., aquilonarem Mab., qui est une variante préfé-
rable (cf. Vitruve, Index de Nohl, à rapprocher tïaquilonalein).
5. sacristiae Vat; ; sacristia long itudinis LVIII pedes Mab.
6. haheat Mab.
7. statuenda Mab.
8. oratorii Mab. ; dans le texte de Mab. : sunto après XLV pedes.
9. Ce § manque dans Ilerrgott et Vat.
10. C'est après ce S que le texte de Mab. donne les §,!^ Dormitorium,
Capitulum et ceux qui suivent dans l'ordre indiqué dans une note
précédente.
11. Manque dans Mab.
12. latitudinis Mab.
13. XXV Herrg.
14. cellullis Mab. et Herrg.
15. porticum Vat. et Herrg.
16. exteriorem ipsius cellulae mu/i/m Mab.
17. et manque dans Mab.
18. Mab. donne la glose : fforte clausura]. La forme clauslura, que nous
restituons, nous paraît possible ici, et non claustraquc donne Hruno Albers.
19. Dans Mab., après cellula : iisdem mensuris. § rehus constet uti tertia
quoque et quarta.
[Avant 1049] de l'architecture en france 137
Similiter etiam et quarta. Quinta sit minor *, ubi conveniant
infîrmi ad lavandum pedes diebus ~ sabbatorum, vel illi
fratres qui exuti ^ sunt ad mutandum. Sexta cellula prae-
parata '' sit ubi famuli servientes illis ^ lavent scutellulas ^
et omnia utensilia. — Juxta galilaeam ^ constructum ^
débet esse palatium longitudinis CXXX et V pedum ^, ad
recipiendum omnes supervenientes homines, qui cum equi-
tibus **^' adventaverint monasterio. Ex una parte ipsius domus
sint praeparati " XL lecti i'~ et totidem pulvilli ex pallio
ubi requiescant viri tantum, cum latrinis XL. Ex alia
namque parte ordinati sint ^'^ lectuli XXX ubi comitissae
vel aliae honestae mulieres pausént, cum latrinis XXX, ubi
solae ipsae suas indi^erias procurent. In medio autem
psius palatii '' affîxae sint mensae, sicuti refectorii tabulae,
ubi edant tam viri quam mulieres.
In festivitatibus magnis sit ipsa domus adornata^'' cum cor-
tinis et palliiset bancalibus^'^' in sedilibus ipsorum. In fronte
ipsius sit alia domus longitudinis ped. XLV, latitudinis XXX.
Nam ipsius longitude pertingat '^ usque ad sacristiam, et
ibi sedeant omnes sartores atque sutores ad suendum '^
quod camerarius eispraecipit; et ut praeparatam habeant
1. minori Vat., leçon fautive.
2. die Vat. et Ilerrg.
3. exusti Vat. et Mab. Note de Herrgott : exuti, « Ita lef^endum, non
exusti, ut alius codex habet. Vide Annal. Bened., t. II, p. 570, ubi habes
delineationeni antiquae fubricae monasterii Sancti Galli. » (Voy. dans
i jcno'ir. Ai-chil. monast., t. I, p. 24, une reproduction dece plan; cf. VioUet-
le-Duc, t. I, p. 243).
4. Raturé dans Vat., se trouve dans Herrfrott, manque dans Mab.
5. Manque dans Mab.
6. sculellas Herrjî.
7. Glose dans Mab, après galilaeam[seu navim ecclesiae].
S. slructum Mab.
9. pedes Vat. et Ilerrg.
10. ecjuilafu Mab.
11. sint praeparati^lah. ; sunt praeparatn Vat. et Herrg.
12. /ec<i Mab. . lecla Vat. et Ilerrg.
13. sint Mab., sunt Vat. et Herrg.
14. palatiis Vat., leçon fautive ; /jaf.i ht Mab. et Herrg.
15. orn,i<.i Mab. — Voy. infra, cap. LVI : ... Adornetur tota ecclesia
cortinis. . .
16. bamcalibus Vat.
17. pertimfant Vat. ; cujus loncjiludo pertingat, Mab.
18. faciendum Mab., suendum Vat. et Herrg.
138 TEXTES RELATIFS A l'iiistoibe [Avant 1049]
ibi tabulam longitudinis XXX ped., et alia tabula affixa ^
sit cum ea, quarum latitudo ambarum tabularuni habeat
VII pedes. Nam inter istam mansionem et sacristiam atque
(a)ecclesiam nec non et g-alilaeam sit cimiterium, ubi laici
sepeliantur. A ~ porta nieridiana usque ad portam septen-
trionalem contra occidentem sit constructa domus longi-
tudinis CCLXXX ped., latitudinis XXV; et -Mbi constru-
antur stabulae ^ equorum per mansiunculas partitas, et
desiiper sit solarium ubi famuli edant atque dormiant, et
mensas habeant ibi ordinatas lonj^itudinis LXXX ped.,
latitudinis vero IV. Et quotquot ex adventantibvis non
possunt reficere ad illam mansionem quam superius dixi-
mus, reficiant ad istam. Et in capite ipsius mansionis sit
locus aptitatus ubi conveniant omnes illi homines qui
absque equitibus deveniunt, et caritatem ■' ex cibo et potu*^',
in quantum convenientia fuerit, ibi recipiant ab eleemosy-
nario fratre. Extra refectorium namque fratrum, LX pedum
in capite latrinae sint cryptae ' duodecim, et totidem dolii
praeparati ubi temporibus constitutis balnea fratribus
praeparentur. Et post istam positionem construatur ^ cella
novitiorum, et sit angulata in ([uadrimodis, videlicet '-^ in
prinia ut meditentur^o, in secunda reficiant, in tertia dor-
miant, in quarta latrina ex latere*'. Juxta '"- istam sit
1. Ici Vat. est raturé ; la phrase qui suit manque dans Mali., où le texte
reprend à : Inler intam mansionem.
2. Ad Vat., A Mab., leçon correcte.
3. Au lieu de : et ibi conslruantnr stabulae, Mab. donne : pro stabulis
equorum. puis vient : super quae sit solariumpro famulis et adventantibus
tn/ùu.ie condi<tonts. Mab. reprend plus loin à: extra refectorium, omet
ce qui suit jusqu'à : sint cryptae XII et dolia parata ; la phrase iinit
comme dans les deux autres textes.
4. C'est le plus ancien exemple, croyons-nous, de slahula au féminin.
D. charitalem IIerr}>-.
6. atque potum Val.
7, cryptae Herrg. (en marge cryptae .
8 . Dans Mab.. au lieu de ces mots, la jjhrase commence par : huic loco
adjaceat.
9. videlicet manque dans Mab. ; in prima, au lieu de prima Mab.
10. méditent Vat.
11. au lieu de latrina ex laiere. Mab. donne loca necessaria.
12. Mab. finit ainsi : Inler praedictas cryptas et cellam novitiorum posita
sit alia cella, ubi aurifiées, inclusores, et vilrei ma(;istri operentnr: quae
cella habeat lonjfitudinis CXXV ped., latitudinis XXV. cujus lonjfitudo
pertincat usque ad pislrinum, quod in long-itudine habeat cum turre, quae
in capite constructa sit, LXX pedes, in latitudine XX.
[Avant 1049] de l'architecture en france 139
disposita alla cella, ubi aurifîces vel inclusores seu vitrei
magistri conveniant ad faciendani ipsam artem. Inter cryp-
tas et cellas novitiorum atque aurificum habeant domum
longitudinis GXXV ped., latitudinis vero XXV, et ejus
longitudo perveniat usque ad pistrinum. Ipsum namque
in longitudine, cum turre • quae in capite ejus constructa
est, LXX ped., latitudinis XX 2.
ORDO SIVE USUS.
Sabbato in Palmis.
Lib. I, cap. LUI. — . . . Exeuntibus -^ omnia signa
sonentur : duo majora tamdiu protelentur ^ sonitizando
quousque revertatur processio in galilaea[m] ....
Sabbato sancto.
\Àh. I, cap. LVI. — Sabbato •'' sancto vigiliae matiitinae
et omnia celebrentur. . . Valde namque maneadornetur " tota
ecclesia cortinis lineis atque laneis et palliis per parietes
1. tiirrem Vat.
2. Voy. A. Penjon, C/u/iw, la ville et Vabhaye, Gluny, 1872; cf. notam-
ment, p. 109 et s., le dénombrement des bâtiments de l'abbaye en 1622. à
rapprocher du texte ci-dessus pour les emplacements; p. 11 i, il est fait
mention de Tégiise N.-D. de l'Infirmerie, et du plan j;éométrique de 1790 de
l'abbaye reproduit en détail dans cet ouvrage. Cf. aussi Virey (J.), L'archi-
tecture romane dans l ancien diocèse de Mâcon, 1892, p. 256-3i2 (avec plan).
'Viollet-le-Duc (Dict. de Varch. fr., t. I, p. 2i5 et s.i, a consacré d'intéres-
sants articles à Cluny et à son genre d'architecture, mais il a exagéré l'in-
fluence clunisienne et prétendu à tort que les plans des églises clunisiennes
étaient uniformes. Voy. notamment Anthyme-Saint-Paul, Viollet-le-Dnc
et son système archéologique, 2' éd. (1881), p. 173-174.
3. Éd. Bruno Albers, p. 44.
4. Du verbe passif protelari, être retardé. On diffère de faire entendre
la sonnerie des deux grandes cloches jusqu'au retour de la procession dans
la « galilée ». — Sonitizare, verbe d'un emploi tout à fait rare.
5. Ibid., p. 54.
6. \'oy. supra : « In festivitalibus magnis sit ipsa domus adornata cum
cortinis et palliis et bancalibus in sedibus »... Cf. l'extrait suivant du ser-
mon prononcé par Adémar de Chabannes pour la commémoration de la dédi-
cace de la basilique du Saint-Sauveur à l'abbaye Saint-Martial de Limoges
(1029 ou 1030) : « Consccrata altaria sacris ornata sunt vestimentis, necnon
et velis templi parietes vestiti sunt. » (Ch. de Lasteyrie, L'abbaye de Saint-
Martial de Limoges. . . Pièces justif., n° v).
140 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [Av. 1049-H30]
undiqiie. Formulas tapetia, chorum circumdent bancalia.
Arcum principalem i magnis ornamentis instrumentis aptis
pro ea re expositi ponant. Fron[ti]spicii2 extrinsecus super
januas velamen ponant eglyphinatum^ ex picturis variis.
Inprimis altaria debent ordinari ... Et ante majus ^ altare
in pertica suspendant et altarlola atque auream coronam,
eademque de capsis faciant, tabulas quidem cum imagi-
nibus sanctorum auro textas ante arcum principalem
collocent. . .
De portario •' monasterii.
Lib. Il, cap. XLlIl. — . . Ostium '^ vero quod est
inter galileam et claustra a prefato fratre cotidie mane
aperiatur, et sero ante collationem claudatur...
XXXIX
Second quart du xi*' siècle (avant 1049) et premier tiers
du XII*' siècle (avant 1130).
Reconstruction de Véglise collégiale de Saint-Hilaire' de
Poitiers par V architecte Gautier Coorland, originaire
1. Cf. pour l'arc triomphal, outre le plan de l'abbaye de Saint-Gall (avec
les léjjjendes) déjà mentionné, la description très détaillée et fort typique
des travaux accomplis à l'église du Mont Gassin sous l'abbatiat de Didier
'103H-1087) : voy. Cnronicon mon. Casinensis.cd. Wattenbach. Mon. Germ.
/i/s<. Script., t. VII, p. 55]-8i i, etJ. von Schlosser, Quellenhach zur Kunsl-
Ifeschichle des ahendl. Millelallers, p. 192 et s. Lare triompiial [arciis
principnlis) y est appelé amis, l'arc par excellence, ou arciis major; voy.
ibid. Schlosper, ]). 203. Sur cet arc et d'autres dénominations qu'il a reçues,
voy. Quicherat, Mél., p. i07.
2. Le texte de l'édition de Bruno Albers donne ici fronspicii. Il s'a^Ll
lie la façade principale. Le f;;lossaire de Du Gange rapproche un peu vague-
ment ce terme frontispicium, qui est rare dans cette acception, du mot
faîte [fasliç/ in m), elcile un j^assage d'une chronique de Muratori (Chronic.
Mutin., t. XV, Script, rer. Italie, col. 60i), où se trouve « frontispiciiim
ecclesiie Beati Francisci de Assisio. »
. 3. Gettc forme, qui n'a guère dû être relevée, nous paraît synonyme de
ceWc d'anaglyphatum ( voy. le gloss. de Du Gange, v anaglyphns, puis
anafflyphalus^. Notre texte doit faire allusion ici à un travail en relief sur
étofl'e, ouvragé avec broderies de différentes couleurs, travail auquel le
nom d'acupictnra aurait pu, semble-t-il, convenir aussi.
4. Majorem, éd. Albers. Ce membre de phrase ne paraît pas très clair.
D. Le texte de cette même édition donne portarario.
6. Ibid., p. 176.
7. SurSaint-Hilairc de Poitiers, voy. notammentde Longuemar, Essai his-
[Av. 1049-1130] DE l'architecture en France 141
d Angleterre ^ établi dans le Poitou; participation
d'Emma, reine d'Angleterre, puis d'Agnès de Bour-
gogne, femme de Guillaume le Grand, comte de Poitou,
à ladite entreprise. — Mention des travaux faits à cette
église, lors du remplacement des plafonds de bois par
des voûtes de piéride ; découverte du « martyrium » de
Vancienne basilique, renfermant le tombeau de saint
Hilaire.
Chronicon Sancli Maxenlii Pictaviensis, dans les Chroniques des églises
d'Anjou, publ. par Marchega^ et Mabille i^Soc. hist. de France), 1869,
p. 397.
[Anno] MXLIX, kalendis novembris^, dedicatum est
monasterium sancti Hilarii Pictavensis; cui consécration!
interfuerunt archiepiscopi et episcopi circa tredecim. Extitit
autem hec dedicatio admirabilis amore patron! nostri beati
Hilarii. Istud monasterium magna ex parte construxerat
regina 2 Anglorum per manus Gauterii Coorlandi^. Agnes
comitissa^, que eum jussit dedicare, plurimam partem
construxit.
torique sur Véqlise collégiale de Saint-Hilaire-le- Grand de Poitiers, dans
Mém. Soc. Anûq. de VOuest,i. XXIII (1836); de la Bouralière, jVo<tcp histo-
rique et archéologique sur Véglisede Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers, '2'
éd., extr. des Paysages et Monuments du Poitou (cf. la lettre de M. A. Richard
à M. de la Bouralière sur l'architecte Gantier Coorland, Fontenay-le-(^onite,
1891) ; J. lierlhelé, Hecherches pour servir à Vhist. des arts en Poitou, p. 56;
enfin, la savante tude archéologique de M. E. Lefèvre-Pontalis, parue
dans le Congr. archéologique de France, LXX» session (1903), p. 361-405-
(pl. et fig.).
1. Sur ce texte, voy. Alf. Richard, op. cit., et Lefèvre-Pontalis. op. cit.
2. La reine d'Angleterre citée dans ce texte est Emma, veuve d'Ethelred II.
([ui épousa Canut le Grand en 1017, et non pas Edith, femme d'Edouard
le t'onfesscur, ou Adèle, prétendue femme d'Eble, comte de Poitou.
3. L'architecte Gautier Coorland figure comme témoin au bas de sept
chartes de Saint-Hilaire, entre 1077 et 1090; sa famille s'était fixée "au
xii° siècle dans les environs de Civray. (Voy. A. Richard, op. cit.)
4. Dépouillée de ses biens en 1044, la reine Emma dut faire interrompre
les travaux; mais Agnès de Bourgogne, troisième femme de Guillaume le
(irand, comte de Poitou, fit achever l'église et célébrer sa dédicace au milieu
du XI' siècle (cf. E. Lefèvre-Pontalis, op. cit., p. 364). — « A mon avis, le clo-
cher nord, les croisillons du transept et la base du mur intérieur du déambu-
latoire, sont les seuls débris du monument primitif qui existent encore
aujourd'hui. » {ibid.). — Sur le plan de l'église bâtie par Gautier Coorland
et ses agrandissements, voir E. Lefèvre-Pontalis, op. cit., p. 371.
142 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1049]
Catalogus codicum hacfiographicoriimlatinorum, éd. Bolland, t. II (1890),
p. 116-117.
In hujus operis calce decimum adhuc ponamus unum
beati Hilarii miraculum, quod non adeo est antiquum
quin nuper hii superessent quorum diebus est actum^
Gum enim sancti ejusdem basilica prius, antiquo more,
testitudine supra fuisset camerata, ad tutelam ignis et
compositionem operis, libuit quibusdam civibus illius tem-
poris eamtotam fîeri lapideam, ac, testitudine amota, supra
lapidum tegi voltura-. Ad quod opus efFodientes funda-
mentum, accidit eos in altum fodere juxta sancti sepul-
chrum, in cujus sinistro latere ^ fenestram inferius in
pariete invenerunt, ipsumque parietem, tanquam aforis in
superficie luminaribus infixis vel appositis, combustum et
fuscatum inspexerunt.
XL
1049, 9 mai.
Permission accordée par Le ffer., archevêque de Vienne, aux
chanoines de Véglise abbatiale de Saint-Barnard de
Romans, de faire édifier deux cloîtres, Vun joignant
Véglise, l'autre servant à leurs demeures personnelles ;
cette autorisation archiépiscopale est donnée auxdits cha-
1. « L'auteur qui écrivait vers 1130 déclare qu'à cette époque des con-
temporains du miracle dont il fait le récit vivaient encore. En se reportant
d'un demi-siècle en arrière, il faut admettre que l'église fut l'objet d'impor-
tants travaux de remaniement vers 1080, ce qui est exact, mais la substi-
tution des vovites en pierre aux plafonds de bois n'est pas antérieure au
xii" siècle. » (E. Lefèvre-Pontalis, op. cil.., p. 365).
2. Intéressant exemple à noter; il concerne la couverture des églises col-
légiales, et il n'est pas fré<iuenl. Il est certain que la nef de l'église consacrée
en 10i9 n'était pas voûtée : les fermes de sa charpente devaient être sou-
lagées par des liens (Voy. E. Lefèvre-Pontalis, op. cil., p. 371).
3. Ainsi ce caveau était percé d'une baie latérale.
[1049 1 DE l'architecture en FRANCE 143
noines, à condition que chaque maison comprise dans
la clôture du monastère aurait son extrémité fermée par
un bon mur.
Cartulaire de l'abhaye de Sainl-Barnard de Romans, nouv. éd. par Tabbé
U. Chevalier (d'après le ms. orig., f" 98, r°), l" part., p. 106-108
(Romans, 1898); copie dans Diploin. de Rivaz (t. II, n° 8i).
(Cf. en partie seulement : Carliilaire de Romans, éd. Giraud, dansT^-s-
.svji historique sur Vabhaye de Saint-Rarnard et la ville de Romans, 1856,
1" part., n° 220, p. 19i-]95.
DE DOMIBL'S QUE SUNT IN CIRCUITU ECCLESIE
... Ego Leudeg-arius ^, sancte matris Ecclesie Vieiinensis
archiepiscopus... concedo ecclesie Romanensis clericis,
quam sanctus Barnardus condidit supra fluvium Ysaram^...
liberam potestatem... construendi duo claustra*^, unum vero
juxta ecclesiam, ubi conimuniter et legaliter vivant...,
alterum autem ad proprias mansiones edificandas, sicut
rivuli fontium decurrunt, ubi olim vivaria piscium fuerunt ;
sub tali convenientia, ut quicumque illorum ibi aliquam
construxerit domum, extremam parteni donius que ad
clausurampertinet, juxta predictos rivulos in circuitu, muro
calce et (h)arena composito claudat... Hoc autem ideo faci-
mus quoniani, peccatis facientibus, nulla illic remansit
mansio, jam bis nostro tempore igné vastante omnia. ..
Actum Vienne, in publica synodo, feria III, luna IIII'%
VII idus maii, per manus Pétri cancellarii, primo anno
domini Leonis pape, Heinrici imperatoris secundi Roma-
norum 111°, nostri vero pontificatus XVIIir'\ . .
1. Lé'^ev, ai'chcvcque de ^'ienne, de 1030 à 1070. C'est sous son adminis-
tration que le Cartulaire de Romans aurait été commencé, d'après l'in-
troduction dudit Cart., op. cit., p. VII.
2. Romans est aujourd'hui ch.-lieu de c, arr. A'^alence (Drôme), à
17 kil. X.-E. de A'alence, sur la rive droite de l'Isère {Ysara).
3. « Un certain nombre d'abbayes ont eu deux cloîtres », dit de Cau-
niont, sans en citer des exemples, clans son Abëcéd. d'archéol., Archit. civ.
et mil., 3" éd. ,1869 , p. 46.
1. Lunii Illl : c'est le 3" jour et non le 4" de la lune; à cette légère
dilTérence près, toutes les notes chronologiques de cette charte concourent
parfaitement avec Tannée 1049, observe l'éditeur du Cartulaire.
ô. Nostri vero pontificatus XVIIII. Voiciune charte qui s'ajoute à d'autres
qui sont citées par l'éditeur ( Cartul., 33 ,n. 11), pour démontrer que Léger
est monté sur le siège de Vienne en l'année 1030.
144 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1049-1093]
XLI
1049-1093.
Services rendus à la cathédrale de Coutances par un char-
pentier d'Isic/ny, en Normandie, nommé Vital, pour la
confection des c/iàssis de vitraux de la cathédrale; abandon
volontaire de sa personne par ledit artisan à l'église de
Coutances, dont il se constitue serf, en souvenir d'une
guérison extraordinaire obtenue par lui dans la cathé-
drale .
Miracula. ecclesie Constantiensis, publ. sous le titre de : Notice sur un
traité du XII' siècle..., par L. Delisle, dans la Bihl. de l École des
Chartes, 2« série, t. IV (1848). p. 345-346.
[Quidam de parochianis de villa que vocatur Isigniacus ',
in pago Bajocensi], confîtens et flens reatum suae trans-
gressionis'^, delatus est Constantias in feretro, presbjtero
comitante, distortusque intromissusest ante altare, et, licet
ang-ustiis et clamoribus altis atfectus, toto tamen corpore,
misericordia Dei praeeunte, redintegratus est, ipsa eadem
nocte quae lucescebat in dominica die. Sequenti ig-itur die,
quae est feria secunda ', dominum Petrum Gamerarium *
J. Isigny, aujourd'hui cil. -1. de c. dans le Calvados, est situe à environ
30 kil. de Bayeux et 40 de Coutances.
2. Cet artisan, qui avait fait le vœu avec d'autres paroissiens, sur l'exhor-
tation de son curé, de suivre la procession solennelle de la Pentecôte, non
jusqu'à la cathédrale de Bayeux, mais jusqu'à celle de Coutances, pour y
faire les offrandes accoutumées, avait renoncé à sa piomesse, et il était
resté chez lui : « in suo corde revolvens quod Beata Maria Bajocensis et
Beata Maria Constantiensis una eadenique Dei {^enitrix est, nec ipsam
clementiorem vel majoris esse potestatis Constantiis quam Bajocis, votum
processionis, quod fecerat, faclis complere distulit. die et hora processio-
nis domi remansit. » Mais, à la suite d'un songe, regrettant bientôt sa con-
duite et voulant la réparer, il s'était pro])osé de faire œuvre do charité: alors,
en exécutant lin pénible travail de clôture l'iistique pour une pinenLe très
pauvre, il avait été victime d'un très grave accident qui l'avait mis en dan-
ger de mort. — Sur l'importance qu'avaient alors les processions de la Pen-
tecôte, voy. L. Delisle, éd. cit., p. 347-350.
3. (lest-à-dire mardi.
4. Pierre le Chambellan est celui-là même que lévêque GeollVoi I"' de
Montbray choisit pour son vicaire, et dont il y a, comme on l'a vu, un si
[1049-1093] DE l'akchitecture en frange 145
decanum ecclesiae et dispensatorem, petiit ut juberet dola-
brum praestari, ut cum caeteris carpentariis ipse desudaret
ecclesiastico operi. Quo accepte, cum reliquis et ipsa tota
illa et sequenti septimana, prudenter et eleg-anter operatus
€st ad fenestralia ^ vitrearum, quae capsilia- vocant,
quaeque illis diebus fiebant. Hoc igitur peracto, cum prae-
dictus camerarius dignam et ampliorem sui laboris num-
morum recompensationem gratis obtulisset ei, penitus
abnuit, confitens se Beatae Mariae et ipsius ecclesiae ser-
vum-* emptitium fore, seque debere, quandiu viveret, eidem
ecclesiae capitag-ium proprii capitis ^ annuatim reddere.
Quod postea devotus egit longo tempore in praecipuis fes-
tisejusdem gloriosae Dei genitricis Mariae.
pompeux éloge dans la chronique de la fondation de la cathédrale (voy.
snpra, n° XVIII). L'auteur du recueil des Miracles est le fils de ce person-
nage. Il a vécu sous l'épiscopat de Geod'roi, entre les années 1049 et 1093.
1. Nous n'avons pas trouvé la forme fenestrale dans le glossaire de Du
Gange.
2. « Ce mot répond ici, je crois, à notre français châssis. Cette acception
n'est pas dans le Glossaire de Du Gange. » (Note de l'éditeur, p. 3i6.)Le pas-
sage où se trouve ce terme mérite d'autant plus d'attention que les anciens
textes sur les vitraux sont tout à fait rares, et que le document ci-dessus
n'a pas été utilisé, à notre connaissance. Il ne paraît pas douteux qu'il
s'agisse ici d'un châssis de bois, garniture primitive de fenêtre contenant
des vitraux, encore en usage, comme on le voit, pendant le xi' siècle, sys-
tème de clôture auquel devait se substituer délinitivement l'emploi de
tringlesdemetal.de filets de plomb pour monter les vitraux. On ne connaît
•qu'un seul exemple de ce genre de garniture qui ait survécu jusqu'à nos jours,
■celui de l'église de Ghâteau-Landon (Seine-et-Marne), que l'on a retrouvé,
noyé dans un remplissage et tombant de vétusté, lors des travaux faits à
cette église ; l'intérêt de cette trouvaille a été mis en relief par M. H. de
Lasteyrie, i\ote sur un châssis de vitrail découvert à N.-D. de Château-Lun-
don, dans la Rev. de Vart chrét., 5' sér.,t. IV. 1893, p. 443-447 (2 pi.). Grâce
à la mention ci-dessus, on ne pourrait plus dire que l'usage du système de
châssis n'a pas dû dépasser la première partie du xt' siècle; son emploi n'au-
rait donc pas été annulé pour ainsi dire d'un seul coup i)ar l'usage des filets
de plomb usités dans ce même siècle fvoy. Mirac. S. Rened.^ 1. III. c. 2;
« igneofervore in vitreisjam fenestris plumbum liquari posse » ; cf. Chron.
Casin., 1. III. c. 27). La découverte faite dans l'église de Ghâteau-Landon a
été utilisée par M. E. Mâle, dans son étude sur la peinture sur verre en
France [Hist. de l'art, d'A. Michel, t. I, 2' part., p. 783). — Voy. infra,
le texte relatif à la pose des vitraux de l'abbatiale de Saint- Mélaine, près de
Rennes (après 1055-1006 environ ..
3. A un autre point de vue, nous verrons plus loin (entre 1082 et 1106)
qu'un serf devint habile dans l'art de la peinture au point d'être choisi par
l'abbé de Saint-Aubin d'Angers pour peindre l'abbaye et y faii-e des vitraux
de couleur, qu'il arriva à l'alTranchisscment et fut fait fi-ère convers, par
suite d'une convention avec cet abbé et en récompense de ses services.
4. Au chapitre IV, on voit pareillement qu'un riche Breton, miraculeu-
sement guéri par la Sainte Vierge, s'astreignit strictement à son service et
à celui de son église ; « veniebat peraegrc singulis annis, reddens Beatae
Dei Genitrici et ipsius ecclesiae tributum proprii capitis. »
10
146 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1019-1131]
XLII
1049-1131.
Travaux de reconstruction et d' ornementation accomplis par
les soins des abbés de Moissac, en Quercy, dans l'église
abbatiale et dans des prieurés dépendant de leur abbaye ;
très curieuses sculptures du grand cloître et du portail
de V église de ladite abbaye ' éloge de la fontaine du
cloître.
Chronicon Aymerici de Peyraco*, dans E. Rupin, l'Ahbaye et les cloîtres
de Moissac (1897), p. 47, n. l, p. 66, n. 1, p. 69, n. 9, p. 3â6,n. 6, p. 66, n. 2,
p. 73, n. 1, p. 69, n. 9, p. 70. n. 2.
(Cf. J. Marion, Labbaye de Moissac^ notes d'un voyage archéologique^
dans la liibl. de l'École des Chartes, 3" sér., t. I (1849), p. 120.)
[1049-1072j'. — ... Durandus^in monasterio Mo[i]ssiac|i]
institutus et ordinatus per... Odilonem-^, demum fuitabbas
Mo[i]ssiac[iJ simul et episcopiis Tholosaniis, et ecclesiam
dicti monasterii fecit consecrari, et legitur quod predictus
Durandus construere fecit dictam ecclesiam, collapsam
tempore Raymundi^, quia tempore domini Pétri'' non fuit
reedif(f)icata, qui fuit destructor pocius quam cons-
tructor. .., et ideo, quia predictus Durandus construxerat,
1. Aimerifutabbéde Moissacen 1377 et mourut en 1 i06. — Pour les cloîtres
de Moissac, voy. Viollet-le-Duc, Dict. de l'arch.f'r., t. III, p. 419. Voy. sur-
tout Rupin, o/). ci7., p. 199. Pour le portail, voy. ibid., t. VIII, p. 291, et cf.
pour le porche, t. VII, p. 289, fiff. 24-26. Cf. Kupin, op. cit. (nonihr. illustr.).
Voy. enfin sur les sculptures de ce monument d'une importance capitale
pour lart Lanjîuedocien à l'époque romane, le récent ouvraf^e de M. A.
Michel, Hist.de l'art., t. I, 2" part., la sculpture romane (parle même),
p. 616 et s.
2. Durand de Rrcdon (en Auvergne, auj. com. du cant. de Murât, dans
le Cantal). Voy. Rupin, op. cit., p. 3 49 et suiv., pour cet abbé et les
autres ci-dessous, ainsi que pour l'époque des dill'érentes construclions
de 1 abbaye.
3. Saint Odilon, abbé de Cluny ; la date de 1047 est celle de l'union des
abbayes de Moissac et de Cluny.
4. "Raymond I", abbé de Moissac de 1021 (?) à 1030. « Hujus [Raymundi]
tçmpore ecclesia S. Pétri Moyssiaci cecidit. . . » {Aymerici Chronic, {"
156 v).
5. Lisez ici « Stephani » (Rupin, ihid.). — Etienne, abbé de 1031 à 10 47.
[1049-1131] DE l'architecture en FRANCE 147
habuit singularem afîectionem ad coiisecracionem ejusdem. . ,
Et* ad majorem gestorum (Durandi), dominus Isqui-
linus-, successor suus, fecit ipsum in claustro devotissime
per ipsum edif(f)icato, opère sumptuoso, in quadam [ijmagine
marmoreo lapide ante capitulum sculpari... Dictus 3
Asquilinus plures ecclesias et bona dicto monasterio
acquisivit, sicut in libris donacionum plenius continetur,
sicut prioratus de Senaco^, diocesis Sarlatensis, tune
Petragoricensis ; et dum fui ibidem, anno millesimo
GCGXGVII, perleg'i fundacionem dicti prioratus per
scripluras antiquas, et reperi quod ipse Asquilinus, seu
ejus contemplacione et procuracione, et secundum formam
operis ecclesie patet quod ipse fecerit, quia de similibus
operiset scul[p]turis videtur esse artif(f)iciatum, et in portali
dicte ecclesie de Senaco est quidam leopardus ^ sicut in
portali ecclesie Mo[ijssiac[i] sculpatus...
[1072-1085]. — Hic Hunaldus f' debuit facere illam
subtilem et pulcherrimam fig-uram, ingenti artif(f)icio
factam, quae est in archa ecclesie et in capella, quia audivi
a quibusdam fide dignis quod de talibus sculpturis seu
similibus fieri fecit opus quam plurimum in monasterio
Sancti Martini Alayriaci ', per ipsum inchoato et edif(f)icato.
[1083-1115]. — Qui dictus Asquilinus 8, [Mo[i]ssiacensis
abbas,] fecit claustrum magnum, subtili artif(f)icio ope-
ratum, dicti monasterii, et ibidem, in quodam lapide
1. Op. cit., p. 66, n. 1.
2. Alias Ansquitiliiis sur les inscriptions du cloître ; Ansquitilinus, Gall.
c/iris<.; Asquilinus, Aquilinus, Ansquilinus, Isquilinus, Aymerici Chroni-
con. Voy. sur cet abbé, Rupin, op. cit., p. 62 et s.
3. Op. cit., p. 79. n. 9.
4. Prieuré de Génac, aujourd'hui coni. du cant. de Dôme, arr. Sarlat
(Dordofîne).
5. Par leopardus, il faut entendre un lion sculpté sur la porte de
réf,'lisc, qui rappelait ceux de l'église de Moissac.
6. 0]). cit., p. 350, n. 6. — Hunaud de Gavarret (et non de Béarn). — Sur
ce passaffe, voy. Rupin, op. cit., p. 350.
'. Prieuré de Saint-Martin-de-Layrac (dioc. d'Agen), auj. conim. du
cant. d'AstalTort, arr. Agen (Lot-et-Garonne).
8. Op. cit., p. 66, n. 2. Voy. la note ci-dessus sur Isquilinus.
148 TEXTES RELATIFS A l'iHSTOIRE [10i9-H31]
marmoreo ibidem, de difficilibus litteris annus ponitur
operis prelibati * ; et credo quod ipse feceril scribi etiam
in lapide et de eisdem litteris ' consecrationis monas-
terii facte de tempore domini Durandi abbatis. Dictusque
Asquilinus, secunduni intersignia operis, fecit fieri por-
tale pulcherrimum, et subtillissimi operis constructum,
ecclesie dicti monasterii : quod coUigitur ex scatis '^
ibidem [sculptatis] tam in claustro quam in medio
pil(l)aris magni portalis ecclesie. Nam a nomine Asquilini
faciebat scatos piscium in lapidibus quibusdam sculpari.
Lapidem fontis '* mag-ni claustri predicti fecit asportari ;
et predicta opéra sunt mag-ni artif(f)icii, laboris et sumptus,
sicut oculata fide possunt e[s]timari. Quiquidem lapis fontis
marmoreus et lapis médius portalis \ inter ceteros lapides
harum p[ar]cium, reputantur pulcherrima mag-nitudine et
1 . C'est linscription dont parle la Gallia christiana, 1. 1, col. 164. — La
répétition de ibidem est une redondance inutile.
2. Il s'agit de l'inscription dédicatoire commençant par ces mots :
« Idibus octonis domus istadicata decembris.. . »
(6 déc. 1063), qui était placée à gauche de l'autel ; voy. Marion,
op. cit., p. 109. — On s'attendrait à trouver dans cette phrase la forme
de l'accusatif: consecrationern factani.
3. Le texte publié par Rupin (ih.) donne sculptui'is au lieu de sculp[t]a-
tis. Ce passage, mal lu et mal interprété par Marion et Lagrèze-Fossat, a
été revu sur l'original. L'obscurité en a été remarquée (cf. Marion, p. 220,
Brutails, V Archéologie du moyen àye..., p. 189, et Rupin, p. 66, n" 2).
Marion a proposé la correction scacis et scaco au lieu de statis et st€i.los.,
dans le sens d'inscriptions en marqueterie ; mais on ne voit ni dans le
cloître ni sur le portail de l'église de ces inscriptions-là. Au contraire, on
trouve à profusion (notamment sur la partie antérieure du pilier cen-
tral du porche) des ornements imbriqués imitant des écailles de poissons,
disposées, si l'on veut, en échiquier ; c'est à celles-ci que fait allusion le
chroniqueur quand il dit qu'elles furent gravées tant dans le cloître que sur
le pilier du milieu de la porte de l'église, à cause de la similitude de leur
nom avec celui à'Asquilliniis, le mot sqiiilla désignant une sorte de
poisson (cf. Du Cangc, Gloss.). Il n'est pas nécessaire de changer le texte.
Du Gange donne au mot scatiis la signification de lèpre {impétigo, .nicca
scahies). les maladies de peau se présentant souvent sous la forme de
petites écailles (cf. en palois du pays escatos de peys, dit Mignot). <i En
outre, ajoute Rupin, il n'y a rien d'étonnant à ce que l'abbé Ansquitil ait
ainsi fait représenter des écailles, image de la lèpre, car il y avait dans le
monastère une piscine dédiée à saint Julien..., à laquelle on attribuait la
vertu miraculeuse de guérir les lépreux qui venaient s'y plonger » {toc.
cit.). Voy. Rupin, op. cit., p. 292, lîg. de pilier (n" 55) à ornements
imbriqués en forme d'écaillés.
i. Cette fontaine n'existe plus ; on sait que les cloîtres des abbayes pos-
sédaient des fontaines parfois monumentales. (Voy. supra notre texte sur
Maguelone.)
5. Trumeau de la grande porte de l'église.
[Après 1050] de l'architecture en frange 149
subtil(l)i artif(f)icio fuisse constructi, et cum magnis
sumptibus asportati et labore : [i] mo potius e[sjtimantur
miraculose ibidem fuisse [constructi], quod opère hominis,
maxime unius simplicis abbatis *. Et ~ ideo predixi quod
Deus pro ipso miraculose fuit operatus, et ex eo quod
vinum, prout dicitur, semel in aquam convertit, sicut
Dominus noster in nupciis architriclinii.
[111 0-1131]... Sciendum est quod dominus Rogerius 3,
abbas Mo[i]ssiac[i], et omnes burgenses de Mo[ijssiaco
habuerunt placitum cum Bertrando de Monte Incensi ^
dicto seculari abbate in manu comitis Ildefonsi ^. Volebat
enim ut redderent sibi ecclesiam et clocaria ^ ; quod domi-
nus abbas et burgenses penitus contradicebant, unde post
hoc legitur fuisse factam concordiam anno M** GXXX...
XLIII
Après 1050.
Fondation faite par des seigneurs d'une même famille,
du monastère de Saint-Evroul d'Ouche, en Normandie ;
établissement d'ateliers monastiques pour Vexercice de
métiers et de différents arts dans l'intérieur dudit cou-
vent. — Double condition indispensable pour l'empla-
cement d'un monastère au moyen âge.
1 . L'abbé Ansquitil consacra de grandes sommes et le fruit de nombreuse»
acquisitions à la consti'uction et à la décoration d'éditices religieux. Sous
son abbatial, il est question aussi de l'église et des clochers de l'église
(ecclesia et clocaria). Voy. la Ghron. d'Aimeri, f" 161, r".
2. Op. cit., p. 70, n. 2.'
3. Op. cit., p. 73, n. 1.
4. Bertrand de Montacès.
5 II s'agit d'Alphonse-Jourdain, comte de Toulouse.
6. Mention des clochers de l'abbaye à rapprocher de celle-ci : « M" C°
LXXXVIII, et tune fuit combusta fere tota villa Mo[i]ssiac[i] et ciocaria
cum aliqua parte mouasterii succensis lignisque confractis ; totum monas-
terium quod restavit cum omnibus hospiciis intactum remansit. » [Ayme-
rici Chron., i" 163, v"). Voy. sur ce texte Rupin, op. cit., p. 82.
130 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Après 1050]
Willelmi Gemmeticensis Historia Normannorum, lib. VII, c. 23, dans
Duchesne, Histor. Normann. Script. (1619), p. 279.
(Cf. Migne, Patr. Ut., t. CXLIX, col. 862-864.)
In illo tempore Robertus de Grentemaisnil ', cernens
mundi feliciiatem in momento perire, cum fratre suo
Hugone disposuit abbatiam monachorum construere
monachusque fieri firmiter decrevit. Quod audiens
Willelmus, Geroii fdius, valde laetatusest, acadRobertum
et Hugonem acceden.s, sic locutus esl : « Audio vos, o
carissimi mei nepotes, erga Dei cultum fervere, quin etiam
monachile monasterium velle construere. Unde vehe-
menter gaudeo, et nie vos in hoc opère adjuturuni
gratanter spondeo. Sed tamen ad banc fabricam quem
locum elegistis , et quid ibidem Christo inilitantibus colla-
turi estis? » At illi responderunt : «Apud Nuceretum, juvante
Deo, castrum ei stabilire cupimus et ecclesias decimasque
nostras, et alia quae poterimus pro posse paupertatis
nostrae dabimus. » Willelmus dixit : « Sanctus Benedictus,
monachorum magister, jubet monasterium ita constitui ut
omnia necessaria, id est aqua, molendinum, pistrinum,
hortus vel artes diversae infra monasterium exerceantur,
ne sit monachis nécessitas vagandi foras, quia omnino non
expedit animabus eorum »
Anno igitur dominicae Incarnationis millesimo quinqua-
gesimo, indictione IV, Leone papa in sede apostolica rési-
dente, necnon Henrico II christianissimo auguste, Cononis,
Saxonum ducis, filio imperante, monasterium sancti Ebrulfi'-^
a saepe dictis optimatibus,Willelmo Geroiano et nepotibus
1. Grand-Mcsnil, c.ducant. de Saiut-Pierrc-sur-Dives, arr. Lisieux (Cal-
vados). Voy. sur le lieu et la famille de ce nom, de Caumont, Statistique
monuin dû Calvailo.t, t. V (1867). p. 596-597.
2. Aujourd'hui Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois, cant. de La Fertc
Fresnel, arr. Argentan 'Orne) ; sur l'abbaye deBénédiclins, voy. Chevalier,
Rép. top.-bihl.. t. II, 269.3.
[Après lOoO] DK l'architecture en frange 151
suis, Roberto et Hug-one ^ de Grentemaisnilio, apudUticum*
restauratuin est.
Orderici Vitalis Historia ecclesiastica, 1. III, c. 2, éd. A. Le Prévost, t. II
(1840), p. 15-17.
(Cf. Migne, Pair, lat., t. GLXXXVIII, col. 235.)
L. III, C. 2 [Vers 1050]. — Cum apud Nuceretum -Willam
suam, prope Grenlemaisnilium, aedificare coenobium
statuissentjamjamqueoperi insistèrent, ad aures Willermi,
filii Geroii, avunculi sui, pervenit quod nepotes sui, Hugo
et Rotbertus aedificare coenobium coepissent... Post
aliquot temporis Willermus, ubi vota nepotum suorum
de construenda, ut praediximus, abbatia comperit, accessit
ad eos et dixit : « Videtis quia locus iste, ubi coepistis
aedificare, habitationi monachorum aptus non est, quia
ibidem aqua deest et nemus Ion<^e est. Certum est quod
absque his duobus elementis monachi esse non possunt.
Sed, si meis consiliis acquiescere volueritis, aptiorem locura
intimabo vobis. Est locus in Uticensi pago, ubi quondam...
Ebrulfus abbas habitavit... lUius ergo coenobium ibi
1. Le moine Hugue, restaurateur de Sainl-Evroul, mourut en Angleterre
en 109 if Chevalier, Rép. hio-hibl., n.éd., I,col. 2201 . — Cf. Orderic ^'itaI :
« Alii etiam Normannorum pi'oceres quamplurimi, prout poterant, mona-
chorum seu monacharum domus in diversis locis construebanl. Horum
exemplis Hugo de Grentemaisnilio et Rodhertus... cum apud Nuceretum,
villam suam propre Grentemaisnilium aedilicare coenobium statuissent,
jamjamque operi insistèrent... » {Hislor. de Fr., t. XI, p. 22i). — Cf. aussi
l'extrait suivant de (Guillaume de Jumiéges que nous trouvons dans les
Hislor. Normann. scriptores antiqui de Duchesne (1609), p. 27S ; « lu
diebus illis maxima pacis tranquilfitas fovebat habitantes in Normannia...
Unusquisque optimatum certabat in praedio suo«ecclesias fabricare... et,
quia diximus nobiles quosquc Normannorum tune temporis in fundis suis
in aedificatione monasteriorum promptissimos, libet nominatim exprimere
eos qui eo tempore monasteria in eadem provincia construxerunt ». Suit
rénumération de divers monastères, narmi lesquels la Trinité de Caen
(Willelmi Gemmeticensis mon. Hist. S'onnann., lib. VII, cap. xxii : « de
monasteriis quae aedificata sunt in Normannia tempore Willelmi ducis »).
Il s'agit ici de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie.
2. Ouche, nom primitif de Saint-Evroul, et qui est resté celui de la
région où est située la commune de Saint-Evroult.
3. Aujourd'hui Norrey, entre Grand-Mesnil et Falaise, comm. de Coulibeuf
^Calyados^. Le château des seigneurs de Grentemesnil n'était pas situé
sur la commune de Grand-Mesnil, mais sur celle de Norrey.
152 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1054]
restaurate quod destructum est a paganis, ibique nimiam
aquae copiam invenietis. Nemus eidem loco contiguum
habeo, unde ad omnia necessaria ecclesiae suffîcienter
administrabo K Venite et locum videte, et, si vobis placuerit,
Deo ibi domum communiter aedifîcemus... »
XLIV
1054, 25 août, Narbonne.
Constitutions de paix et de trêve, émanées du concile de
Narbonne, portant : /" interdiction pour le Languedoc et
le Roussillon de bâtir soit un château-fort, soit un
édifice fortifié, à Vépoque de certaines fêtes religieuses de
Vannée, avec chômage obligatoire, à moins que les tra-
vaux n'aient commencé deux semaines auparavant;
^" confirmation de la zone de protection, précédemment
fixée autour des églises, exception faite pour toute forti-
fication existant à V intérieur de ce périmètre, dans un
dessein d'hostilité manifeste.
Recueil des Hislor. de France, t. XI, nouv. éd. 1876), p. 515.
(Cf. Mansi, Sacr. coiicil. colleclio, t. XIX, 1774, col. H-19^.)
VII. Quicumque vero, adpropinquante (^uadragesimae
tempore, sive Ascensionis Domini, [vel Pentecostes
1. L'emploi du bois dans les constructions des couvents du .m" siècle et
de la période antérieure fut assurément très considérable. \"oy. J. Flach,
Ori(f. de Vanc. France, t. II, 1. III, cliap. xii, p. 143. Il est donc tout à fait
insuffisant de dire avec l'éditeur d'Orderic Vital [ihid., p. 16, n. 1) : » Le
voisinage des fcjréts était doublement indispensable aux établissements
monastiques, à cause des ressources qu'ils y trouvaient tant poin* leur
chauffage que pour la nourriture de leurs immenses troupeaux de poics. »
On a omis ici de mentionner l'utilité si grande de ces forêts pour les
constructions.
Cf. la mention suivante relative à des concessions royales de maté-
riaux de consti'uction pour les religieux : « in f'orestis de Molendinis... ad
cdificandas donnjs suas et ecciesiam Sancti Laurentii, cuni necesse eis
fuerit ... (Charla Ilenrivi /, 112i-1135, Chartul. S. Fbrulfi, t. I, n. 17, et
t. II, n. 67S : dans Ord. Vital, Ilisl. ec.ci., éd. Le Prévost , t. ^^ p. 205.)
2. Pour les auti'cs sources, voy. Chevalier, /{é/i. lop.-bihl.. Il, col. 2072-
2075, v' Narbonne.
[Vers 1055] de l'architecture en France 153
necnon et Adventus Domini^, qui est treugam Domini,
castrum vel munitionem construere voluerit, non ilU
facere hoc liceat, nisi duas hebdomadas, cunctis scien-
tibus, ante praedictum tempus incipiant...
XI. Pacem autem a nobis sive a principibus olim consti-
tutam mandamus sive fîrmamus ut ab hodierna die et
deinceps ecclesiani nullus hominum infring-at ; neque
mansiones quae in circuitu ecclesiarum' sunt aut erunt,
neque aliquid ex omnibus quae infra XXX passus sunt
ecclesiae et erunt violenter auferre audeat aut praesumere. . . ,
excepta munitione, quae infra praediclos passus XXX
ecclesiae sita fuerit ad concitandum bella et conten-
tiones...
XLV
Vers 1055.
Permission de construire au lieu de Licairac, près de
Carcassonne, en Languedoc^ deux maisons avec
emplacement déterminé, mesurant chacune six
brassées en tous sens, accordée par Ponce, moine de
Sainte-Foi de Conques, moyennant certaines conditions
à remplir par les concessionnaires desdites maisons qui
abandonnent à Sainte-Foi ledit lieu, avec son église,
délimité tout à Ventour par des croix de sauvegarde.
Carlulaire de iabhaye de Conques en Rouergue, \n\b\. par G. Desjar-
diiis (1879J, n° LX^^VI, p. 71-73.
AECCLESIA DE LUJIAIRAGO'^ ET DE SANCTA COLUMBA.
... In Dei nomine. Ego Poncius Bernardi et Ysar-
nus, frater meus, et ego Rodgerius et Sicfredus et Ame-
1. Le passafifc entre crochets manque dans doni Bouquet, Hist. de Fr.,
loc. cit.; nous le restituons d'après le texte donné par Mansi.
2. Au sujet de l'espace réservé à dessein auprès des églises, voy. sapra
les textes n°' XXXII et XXXIII.
3. Licairac, comm. de Leuc, cant. cl arr. Carcassonne (Aude), à quelques
kil. au Sud de cette ville.
154 Tf:xTEs RELATIFS A l'histoire [1 035-1 006]
lius, si:nul in unum diniittimus... domino Deo et Sanc-
|;ae Fidi, et abbati suo et ejus monachis praesentibus.
et futuris, ipsum montem et ipsum locum, in quo ipsa
aecclesia fundataest, quantum ipse cruces, que incircuitu(s)
ipsius niontis fixe sunt, concludunt... In ipsa autem salve-
tate', infra ipsas cruces, dono eg-o Poncius, [Sanctae Fidis}
monachus, tibi Poncio Bernardi et fratri tuo Ysarno, locum
ad faciendam mansionem de sex brachiatis ' longitudinis et
latitudinis ex omnibus partibus, inter domum et inter
ipsam curtem, cum exitu et reditu, in tali conventu ut
donetis Sanctae Fidi par sing'ulos annos unam libram <le-
cera. Et iterum dono tibi Rod^erio et Sicfredo et Amelio,.
juxta ipsum locum de Poncio Bernardi, locum ad faci-
endam domum de sex braciatis longitudinis et latitudinis-
ex omnibus partibus inter domum et curtem, et donetis-
Sanctae Fidi unam libram de cera pelv singulos annos ...
XLVI
Après 1055-1066 environ.
Relations entre Vabbaye de Saint-Mélaine, de Rennes^
et Vabbaye de Saint-Florent^ de Saumiir, établies par
Conan II, duc de Bretagne, pour le relèvement du
monastère de Saint-Mélaine ; accroissement et embel-
lissement des bâtiments claustraux, travaux de restaura-
tion et de décoration entrepris par les abbés dudit monas-
tère. — ŒJuvre de la pose des vitraux de T église abbatiale,
accomplie par le moine Valerius.
Inslauralio monaslerii Suncli Melanii in siibiirbin Hedonensi ■'' d'après un
auteur anonyme, Bibl. nat., ms. lat. J3089, fol. 32 , dans les Analecta liol-
Lindiana, t. IX (1890), p. 439-441.
2. [C]um olim monasterium Beati Melanii sub Tris-
1. Cf. J. Flach, Orig.de i'anc. France, t. II, 1. III, chap. 5 (Aspects divei-s-
de la sauveté), p. 1K7-1S9.
2. \'oy. ci-dessus, p. 1 i, l'acte n» III (vers l'an 1000), relatif à la cons-
truction d'une habitation pi-ivée mesurant douze brassées.
3. Cette chronique a été écrite après 1125, et elle est attribuée au
xn* siècle (Voy. Molinier, Sources de l'hisl. de Fr.. t. II, p. 69).
[1055-1066] DE LARCHITECTLRE EN FRANCE 155
canclo abbate et quibusdam aliis... ad summum dedecus
simul et ad extremam paupertatem devenisset... dolens
tandem clarissimus Conanus^, videlicet lîlius Alani seni-
oris, dux Britanniae, monasterium illud in tam gravia mala
oorruisse... vocavit de monasterio Beati Florentii Salmu-
rensis^ fratrem quemdam, Evenum-^ nomine... eique
monasterium... jam semirutum commisit. Qui, opérante per
eum Domino..., dilig-enter monasterium reparare... stu-
duit.
3. Quo féliciter ad Dominum migrante... [abbas, frater
quidam Gervasius nomine], quaecumque monachis neces-
saria sunt vigilanti sollicitudine eis ministravit. Quibus ne
aliquid deesset, honestas quoque conspicuasque domos eis
exstruxit... Et cura domibus illis erigendis sollerter indul-
geret, tum maxime ecclesiae... erig-endae et ornatu con-
gru© decorandae invigilabat...
4. [E]rat autem eo tempore frater in monasterio, Valerius^
1. Conan II, fils d'Alain V, duc de Bretaj,'ne de lOiO à 1066.
2. 11 existait des relations dès le XI" siècle entre la Brctajrne d'une part, et
non seulement l'abbaye Saint-Florent de Sauniur, d'autre part, mais encore
<'elle de Saint-Martin de Marnioutier, près de Tours, témoin la donation faite
en 1084 à cette dernière abbaye par le comte Geolîroy Hoterel, petit-fils du
<luc de Bretagne GeofTroi l", de biens sis à Lamballe larr. Saint-Brieuc),
pour y construire un bourj;, une église, un monastère :« juxtaLambalam ter-
ram ad biirçfuin faciendnm el ad ecciesiani f'uciendam et ad officinas mona-
clïorum faciendas. » [Mus. des arcli. dép ,n" 26, p. 56, d'après les Arch.dép.
des Côtes5-du-Nord). — Pour les relations entre la A'cndée et l'abbaye de
Marmoutier, voy. même Musée, p. 60, l'acte de donation de Bernard de la
Roche à ladite abbaye avec le droit de construire un bourg, qui fut l'ori-
gine de la ville de la Roche-sur-Yon. Les relations entre Saint-Florentetles
abbayes bénédictines de Saint-Mélaine persistèrent auxu" siècle. Étiennf de
la Rochefoucauld, abbé de Saint-Florent 1 156), se fit enterrer dans le cloître
de Saint-Mélaine : " se])ultusque est apud Sanclum Melaniuni in clauslro
monachorum, in ipso ùi(/re.ssH or.i^oru, ul.sicul ipse adlmc vivens postula-
verat, omnium patesceret tam intrantiuni quam exeuntium pedibus concul-
candus. » (Hist. S. Florentii Salmui-ensis, op. cit., p. 308).
3. Nous trouvons dans VHisturia S. Florentii Salniurensis les renseigne-
ments suivants relatifs à la restauration de Saint-Mélaine: <• Hicigitur Even-
nus. suscepto abbatis oHicio, circa locum sibi commissum tanta vigilantia
desudavit ut eum, sub brevi tempore, ordine et monachis et domoriini
aedificiis et libris et ornamentis quam pluribus ampliaret. >> Ces faits se
rapportent à l'époque de l'abbatiat deSigon à Saint-Florent (1055-1070), dans
les Chron. deségl. d'Anjou, éd. Marchegay et Mabille, p. 301. Cet abbé est
appelé dans une inscription de lOul : " coenohii hujus restaurator muni-
ficus » (ihid.'.
i. La très curieuse mention de ce moine verrier n'a pas encore été signa-
lée, à notre connaissance. Nous ignorons l'origine de cet artiste du nom
156 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1055-1066]
nomine, vir subtilis ingenii, et cum multarum rerum utili
peritia, operandi etiam vitreas fenestras ^ non mediocrem
habens scientiam. Quia vero monasterium hujusmodi
fenestris necdum irradiatum erat, piaedicto fratri a vene-
rabili pâtre injunctum erat ut eas ingenii adhibita dili-
gentia faceret, factas autem locis opportunis poneret^
positas vero, ne ventis furentibus impellerentur, clavis et
caemento maceriae ar[c]tius astringeret^. At vero venerabilis
frater praecepto beatissimi patris attentius obtemperare
satagebat . . .
5. [G]um autem quadam die a praedicto pâtre ei impera-
retur, ut in ipso fastigio parietis qui beati Melanii iinminet
al tari, quod a fra tribus dominicum dicitur, fenestrani
poneret, nobis incertum qua de causa g-raviter iratus^
adiré eum noluit. Tandem, quia patris urgebat jussio,
licet invitus multumque reclamans, ascendit ut fenestram
poneret et patris satisfaceret voluntati. Gumque fastigium
de Valère et le lieu où il s'était formé. L'œuvre de Théophile {Schedulu
diversiirum artium), qu'où a quelquefois un peu vieillie, ne serait pas
antérieure au xii» siècle, ainsi qu'on le reconnaît en général. Sur la rareté
des mentions de verriers antérieurs au xiu" siècle, cf. Anthyme Saint-PauU
Année archéol.,êd 1S80, p. 183 : « On ne connaît qu'un très petit nombre
de verriers antérieurs au xiii" siècle. Le Cartulaire de l'abbaye bourgui-
gnonne de Molème, conservé au.\ Archives départementales de la Côte-dOr,.
nous révèle (t. I", p. 86) le nom de l'un de ces artistes, vivant vers 1100:
«Wallerius, vitri nrtifex. . .» Le monastère deMolême ayant été construit
il cette époque, il est à présumer que l'artiste dont il s'agit était chargé
d'exécuter des verrières pour l'église abbatiale. » [Archives histor., artist.
et lut., t. I (1889-90, p. 3]j. —Cf. A. Michel, Hist. de rart..., t. 1, 2» part.
(1905), p. 784 et s. : La peinture sur verre, par E. Mâle (pour la période du
xi'-xii" siècle).
1. S'agit-il ici de fenêtres à châssis de bois encadrant des vitraux ou de
fenêtres à formes métalliques soutenant des résilles de plomb pour ini
assemblage de vitraux ? Notre document ne le dit pas expressément. Nous
savons qu'aux dates ci-dessus l'un et l'autre système semblent avoir
existé concurremment (voy. supra le texte n° XLI, de 1049-1093, concernant
l'église cathédrale de Coutances. c'est-à-dire justement la région du Nord-
Ouest de la France) ; les précautions indiquées dans notre document
peuvent s'appliquer au moins aussi bien à la première alteinative qu'à la
seconde. D'autre part, il est tout à fait vraisemblable qu'il s'agit ici de
vitraux avec couleurs : « monasterium (l'église) hujusmodi fenestris nec-
dum irradiatum erat ».
2. Ce passage peut servir d'exemple de l'activité d'un abbé du xi" siècle,
8'occuj)ant lui-même de ta direction de la décoration de sou église, recom-
mandant la bonne exécution des verrières, et réglant non seulement la
place qu'elles doivent occuper, mais aussi, en prévision d'accidents pos-
sibles, les précautions nécessaires à prendre pour la pose des vitrau.x.
[1055-1082] DE l'architecture en frange 157
parietis ascendisset et jam operi accingeretur, . , nescimus
quo divino judicio repente secus altare super pavimentum,
durissimo ex[sjtructum lapide, corruit. lUe autem, non solum
non mortuus, sed ne alicujus quidem membri jacturam
eatenus passus est ut frangeretur vel irreparabiliter con-
quassaretur.
XLVII
1055-1082.
Enthousiasme et concours des populations pour la cons-
truction de l'église abbatiale de Saint-Trond, près de
Liège^ en Flandre. — Travaux accomplis à la nouvelle
cryptCj au sanctuaire, au chœur, à la nef et à la grande
tour de ladite église. — Symbolique architecturale : les
principales parties de Véglise et la structure générale
du corps humain.
Geslaabhatam Trudonensium', aiicl. Rudolfo abbate, éd. Koepke, dans les
Mon.Germ. hist., Scripi. t. X (1852). — Rodulfigesta, lib. I, c. 11, p. 23i- 235.
(Cf. Migne, Patr. lat., t. CLXXIII, col 46.)
1 1 . Videre- erat mirabile et relatu erit incredibile, de quam
longe quanta hominum multitude quantoque studio et
1. Saint-T rond, ancienne abbaye bénédictine, au diocèse de Liège, auj .
arr. d'IIasselt. prov. de Limbour^î (Belgique). — On peut consulter sur
l'église abbatiale de Saint-Trond les ouvrages de Schayes {Hist. de l'ar'-
chit. en Belgique, t. II, 1849) et de Lotz {Kunat-Tohoqraphie Deul-
schlands, 1862-63, t. I). Cf. Potthast, Bihl.hist., 2" éd., t. H, p. 510, pour
les autres sources du texte «"i-dessus. C. de Borman a publié à Liège
(1172-1178) les Chroniques de l'abbaye de Saint-Trond . — L'abbatial de
Rudolf, auteur de cette chronique, s'étend de 1108 environ à 1138.
2. Ces faits qui se passèrent sous l'abbatiat d'Adelhard II (1055-1082) se
renouvelèrent plus tard à maintes reprises, notamment au xw siècle, un
peu après 1140. Voy. la Lettre de l'abbé Haimon sur la construction de
Véqlise de Saint-Pierre~snr-Dive, adressée en 11 45 aux religieux de Tut-
hury (Anqleterre), publ. pour la première fois par M. L. Delisle, dans la
Bibl. deVEc. des Chartes, 1860, p. 120-1.39. Cf. la lettre de Hugue.
archevêque de Rouen, à Thierri, évêque d'Amiens (1145), dans Bouquet,
458 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1053-1 082 J
laeticia lapides, calcem, sabulum, ligna ac quaecumque
operi erant necessaria, nocte ac die, plaustris et curribus
gratis propriisque expensis non cessarent advehere. Ipsi
quoque lapides maceriales atque in fundamento grandes
atquc gravissimi positi fideliter hoc possunt attestari, qui,
in tota Hasbania ^ cum non possunt reperiri, de alienis^
partibus comprobantur apportati. Columnas autem de
Guormatia'^ per R[h]enum Coloniam usque navigio deductas^
atque aliunde alias plaustrique invectas tanquam a
Colonia usque ad nos perterram vehendas, populus vicatim,
funibus plaustris injectis, ardentissimo studio rapiebat, et
sine omni boum jumentorumque amminiculo, per ipsum
quoque fundum Mosae-^ sine ponte trajectas catervatim ad
nos ymnisonis vocibus perducebant. Quid plura ? Muro
vidit consummatum et tecto totum pêne obumbratum,.
excepta parte aliqua quae inter majorem turrini et arcuni
grandem antepositum continetur
Continiiatio iertia auctarii, op. et t. cit., p. 384-385.
(Cf. Migne, op. et t. cit., col. 317-319.)
Primo enim in loco atrii, quod fuit post tune vetereni
criptam, novum cancellum, qui et sanctuarium dicitur,
cum duabus absidis fîrmissime fundatum, in altum pro-
duxit, testudinibusque lapideis formose volutatum consum-
mavit [Adelardus]. Infraquodopus novam criptamet spatio-
sam, undique lapidea celatura testudinatam, ad perfectum
Hist. (leFr., t. XIV, p. 318-319, not., et pourlamcme époque, l'extrait de
la chronique de Robert de Torigni, éd. Delisie, t. I (1872), p. 238; quant à
des faits analof^ues qui eurent lieu dans l'Ile-de-F'rance et dans le pays
Chartrain, ainsi qu'en Normandie, voy. Ord. Viln], Hist. eccl., append.,
éd. Le Prévost, t. V, p. 162, Annales Ulicenses à l'année 1145.
1. llesbaye, pays de la Rel{,'ique centrale, situé au N. de la Meuse,
entre Liège, Saint-Trond etTongres. On le trouve mentionné au vin" siècle
sous le nom de Paffus Hasbaniensis.
2. Worms, aujourd'hui ville de la province de liesse-Rhénane, à 41 kiL
de Mayencc, sur la rive gauciie du Rhin.
3. La Meuse.
[10r)-"-l082] DP] l'architecture en frange 13!)
complevit, intra quam structuram septem erexit altaria,
quorum primutn et majus, in medio sanctuarii, in honore
Béate Marie et Sanctorum Quirini et Remig-ii construxit...
Hiis omnibus rite peractis, corpus domne Berthe, comitisso
Flandrie, quod in veteri cripla, tempore Thietfridi abbatis,
humatum fuit, elevavit, et ad levam majoris altaris in
sanctuario transtulit et in tumba eminenti, Pariis lapi-
dibus polita, infra voltam honeste conclusit. Et quia post
vêtus sanctuarium... predicta* vêtus cripta erat, replevit
illam humo et ibidem chorum psallentium ' construxit.
Inter quem et illud novum sanctuarium gratum ascensum.
erexit, quem septem gradibus protraxit. Prosequenti vero
tempore, cum quedam monasterii edificia per suos ante-
cessores erecta, sed minus compléta, cerneret, ad perfi-
ciendum ea animum accinxit. Inter que majorem turrim
nostram, quam devotus abbas Guntramnus suo tempore
usque ad médium cum duabus testudinibus lapideis
produxit, iste, superaddito tercio ascendenti statu, eam
paulo humilius duabus coUaterallbus erectam, magnis
impensis consummavit. Preterea navim monasterii -,
quamvis nequaquam ruinosam, eversis fortissimis pilariis
erectisque pro illis spectabilibus colum(p)nis, muro ad sum-
mum coequato reparatam consummavit. Erat ergo suo
tempore in tantum de novo augmentata hujus veteris
ecclesie fabrica, ut de ipsa sicut de bene consummatis
ecclesiis congrue secundum doctores diceretur, quod ad
staturam humani corporis ^ esset formata. Nam habebat et
1. Cf. snpra le texte n° VII concernant l'abbaye de Saint-Benoît-sur-
Loire, p. 3i.
2. C'est-à-dire l'église conventuelle. Sur cette acception particulière
du terme monusterium, \oy. sapra, notaninient p. 4, n. 6, et p. 156, n. 1.
3. Sur le symbolisme religieux, voy. le savant ouvrage de J. Sauei".
Si/inholili des Kirchengebaudes und seiner Ausslaltiing in der Aiiffas-
siing des Millalalters [1902]. Nous ne connaissons pas de texte d'un doc-
teur de l'Eglise qui exprimerait positivement cette idée qui est ainsi rendue
au XIII' siècle par Durand {RatiorutL, I, 1) : « Dispositio autem materialis
ecclesiae moduni hamani corporis tenet. » — Les Pères de l'Eglise
emploient souvent un langage métaphorique qui a un caractère trop géné-
ral pour qu'on puisse en tirer des conclusions précises sur la construction des
églises réalisée dans ses rapports avec le symbolisme. « Ecclesiae, dit Saint
Augustin, fundamentum et caput Christus » (Migne, Pair, lat.^ t. XXXIX,
160 TEXTES KELATIFS A l'iIISTOIRE [10oo-1082]
adhuc habere cernitur cancellum qui et sanctuarium pro
capite et coUo, chorum stallatum pro pectoralibus, cru-
cem ad utraque latera ipsius chori duabus manicis seu
alis protensam pro brachiis et manibus, navim vero monas-
terii pro utero, et crucein inferiorem eque duabus alis
versus meridiem et septemtrionem expansam pro coxis et
cruribus. . . Et quia de cancello seu sanctuario et absida
tractatur, sciendum quod cancellus est caput et humilior
pars ecclesie versus orientem respiciens, et dicitur alio
nomine sanctuarium, eo quod ibi sancta conduntur vel
tractantur, et porrigitur usque ad chorum, unde tempore
quadragesimali vélum solet inter chorum et cancellum seu
sanctuarium in ecclesia suspendi. Abside vero sunt
col. 1615). Cf. lexprcssion lapis anguliiris appliquée au Christ: « crescit
quotidie Ecclesia in templum Dei et ab ipso capite totum corpus exstrui-
tur », dit saint Prosper d'Aquitaine (Migne, t. LI, col. 282. V^oy. aussi
Vlndexdeallegnriis, deMigne, Indices II, art. II et VI). — Auxi" siècle, c'est-
à-dire pendant la période romane où le transept devient très iréquent. la vue
de son développement facilite l'interprétation symbolique des monuments
du culte et amène à faire des amplifications d'anciens textes ecclésiastiques
n'ayant pas une portée définie. Le texte que nouscommentonsse rattache
à ce que nous appellerons le symbolisme a /)os<er/"or/, c'est-à-dire appliqué
à l'interprétation d'un monument religieux, sa construction une fois faite,
par opposition à ce (jn'on peut nommer le symbolisme a priori, dont il y
a bien moins d'exemples [tel est le mode d'orientation qui n'a pas été appli-
qué, onle sait, d'unefaçon constante). G'estdu symbolisme» posteriori que
relèverait l'idée contenue dans ce passage, qui nest guère connu, d'Hono-
rius « Augustodunensis », De (jenimn animae, lib. I, cap. CLVII (Migne,
Pair. Int., CLXXll,col. 500) : « Ecclesiae qiiae in modiiin crucis i'mnl populum
f^cclesiae mundo crucifigi debere ostendunt : quae autem rotundae in
mndumcircnli fiant, Ecclesiampevcircu\um orbisincirculumaeternitatisper
dilectionemconstrui ostendunt. » Dans notre étude sur le rôle des Fabriques
dans les églises cathédrales (Bail, monnm., 1902), nous avons montré leur
intervention incontestable dans la disposition des constructions, dans le
choix des sculptures, d'où a pu résulter parfois leur influence au point
de vue du symbolisme, de même que des raisons techniques ont pu, dans
maintes circonstances, nous le reconnaissons, mais non pas toujours, à
notre avis, influer sur la déviation de l'axe des églises (Voy. la savante
étude de M. R. de Lasteyrie, Mém. Acad. des Inscr., t. XXXVIl, 2" par-
tie, 1905). Comme s'est exprimé M. Anthyme-Saint-Faul {Bev. de l'art,
chrèl., 5« série, t. 1, 1905, p. 149) : « Si l'abbé Suger éleva pour honorer les
douze apôtres et les douze prophètes le chœur de son église sur vingt-
quatre colonnes, c'est parce qu'il s'était préalablement assuré que ce
nombre cadrait avec le plan nouveau qu'ilavait conçu... » Quant aux instru-
ments géométriques servant alors de points de repère, nos propres recherches
nous ont montré que, malgré leur caractère empirique, ils n'étaient pas
aussi imparfaits qu'on l'a cru (cf. Suger, de Consecr.^ éd. Lccoy de la
Marche, S 14).
[10o5-H86] DE l'architecture en France 161
exedre ^ seu appenditie, que aularum seu ecclesiarum
lateribus adhèrent pro deambulatione amplianda '.
XLVIII
1055-1186.
Travaux de construction et de décoration accomplis par
les soins des évêques du Mans, notamment par Hil-
debert et Guillaume de Passavant, à la cathédrale et au
palais épiscopal de cette ville, ainsi que dans leurs
résidences et possessions épiscopales.
Actus pontificiim Cenomannis in urbe degentiiim, publ. par labbé G. Bus-
son et l'abbé A. Ledru, Le Mans. 1901. dans lesi4 rc/iires historiques du
Maine, t. II. p. 375-376, 383, 393-39i, 400, 405, 462 et suiv.
(Cf. Actus pontifie. Cenoinann, dans les Vetera Analecla, éd. Mabillon
(1723), p. 307 et suiv.)
[1055-1064 et 1065 ou 1067-1081].— Fabrica nove eccle-
sie '^, quani praesul Vulgrinus^ inchoaverat, fundamentorum
1. « Exedra est absida quaedani, separala modicum quideni a templo
vel palatio » (Walafrid. Strabo. De rébus ecclesiasticis. c. 6).
2. Les Gesta abb. Trudon. contiennent bien d'autres renseignements
intéressants sur les travaux d'architecture entrepris par les abbés de ce
monastère ; nous y renvoyons nos lecteurs qui pourront en tirer profit.
Nous y lisons que, sous l'abbatiat de Rudolf, dont nous avons indiqué pré-
cédemment les limites extrêmes, beaucoup de travaux d'architecture ou
autres eurent lieu. 11 y est question, par exemple, pour les réparations de
vitraux, d'un certain Arnoult : « fractas vitreas fenestras monasterii, claus-
tri, cellae abbatis, acceplo a custode vitro, plumbo et caera et sumptu
emendat, etc.. » (Pertz, op. cit. cit.. p. 284).
3. Pour la cathédrale du Mans, voy. E. Lefèvre-Pontalis,£<jide /its<or. et
archéologique sur la nef de la cathédrale du Mans, Mamers, 1889 (cf.
Quicherât, Mél. d'archéol.,\i. 111 , VioUet-Ie-Duc, Dict. de Varch. fr., t. X,
table, v° Le Mans, et A. Ledru, La cathédrale Saint-Julien du Mans, ses
évêques, son architecture (avec la collaboration de G. Fleuryi, Mamers,
1900, in-f° et nombreuses illustratio is ; cf. Dibl. Ec. des Ch.,i. LXI, 1900,
p. 536ets.,et Wui/. wonum., 1901, p. 239 et s. —Pour l'emploi tardif des voûtes
au XI' siècle et la persistance des charpentes apparentes dans le Maine et
la Normandie, voy. Viollet-le-Duc, op. cit., t. Il, p. 354. La nef de la
cathédrale du Man-< appartient, dans la classification des églises romanes,
à la famille des croix écartées embrassant deux travées et pourvues de
formeret (Quicherât, Mél., p. 111).
4. Vulgrin, évêque de 1055 à 1064. — Voy. Ledru. p. 122 et s. Le texte
des Actus s'exprime ainsi à propos de cet évêque : « Quinto namque ordina-
tionis suae anno, fundamenta matris ecclesiae ampliora quani fuerant inchoa-
11
162 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [lOoO-llSG]
mobilitate atque lapidum debilitate corrupta, innumera
crepidine, ruinam sui cepit terribiliter minitari, quam dum
artifices fulcirc conantur, repentino frag'ore, nocturno tem-
pore collapsa est. Erat autem ipsius fabrice arcus maximus
super criptam, in qua beatissimi Juliani corpus quies-
cebat, exstructus, hinc atque inde piramidibus ing-enti alti-
tudine collocatis. Ibi itaque sanctissinii confessoris vir-
tus indubitanter enituit, dum, tante molis machina subito
corruente', ita basilice ipsius tectum, quo sancti mem-
bra teg-ebantur, integrum atque incolume permaneret,
ut ne minima quidem ipsius tecti scindula ruinae ta m
terribilis ictibus lederetur. Indejamdictus episcopus [Arnal-
dus]Hotam cepti operis fabricam usque ad ima fundamenta
destruens, denuo ipsam ecclesiam fundamento firmiori et
solidiori lapide construere cepit ; et parti superiori, quam
vulgo cancellum nominant, etiam tectum imposuit ; mem-
brorum quoque, que cruces vocantur, atque turrium soli-
dissima fundamenta, antequam moreretur, instituens...
[1085-109B]. — [Hoellus^ episcopus]... fabricam nove
ecclesie, in qua antecessores ejus multo tempore labora-
verant. tanto studio aggressus est consummare ut cruces
atque turres, quarum antecessor ipsius, ut supra ostensum
est, jecerat fundamenta, brevi tempore ad efTectum per-
duxit ; eisque celeriter culmen imponens, exteriores
etiam parietes, quos alas vocant, per circuitum con-
vit. » Il aurait élevé, d'après Ledru, le chœur, la croisée, probablement
les deux bras du transept et peut-être deux tours aux extrémités. Sur Vul-
grin, voy. E. Lefèvre-Pontalis, Rev. du Maine, t. XXV, p. 32, et Piolin,
Egl. du Mans, l. 111, p. 258.
1. Sur cette catastrophe, voy. Ledru, p. 127.
2. Arnaud, évêque de 1065 ou 1067 à 1081 .
3. P. 383. — C'est un peu avant ladate du 11 août 1093 que l'évêque de
Durham, Guillaume, orif,'inaire de Saint-Calais, près du Mans, pose la pre-
mière pierre de son église 'voy. Syineonis mon. Dunhelni. lih. de exordio
Dunhelm.eccL, coll. des Rolls, i. ï, p. 129 etsuiv.), églisedes plus intéres-
santes de l'Angleterre pour la période romane. V^oy. ,1. Bilson, Les origines
de l'architecture gothique (Extr. de la Rev. de V art chrétien, 1901-1 902. et, à
la suite, les observations de M. R. de Lasteyrie). Guillaume avait peut-être
eu connaissance de ces constructions du Mans.
[10oO-1186] DE l'architecture en FRANCE 163
summavit. Sed et cancellum, quod ejus antecessor cons-
truxerat, pavimento decoravit et celo ' ; vitreas quoque,
per ipsum cancellum, per que cruces ~ circumquaque
laudabili, sed sumptuosa nimium, artis varietate dis-
ponens... Episcopus ^ autem... in constructione nove
ecclesie, que propter ejus desolationem penitus intermissa
fuerat, summo cepit studio laborare, et ad transferendas
sanctorum reliquias, superiores partes ejusdem basilice
diligenti sollicitudine preparare, oratorium scilicet, quod
c[h]orum vocitant, sedemque pontificalem, altaria quoque
conjçrua diniensione disponere, pavimenta substernere,
columnas ac laquearia gratissinia varietate depin^ere,
parietes per circuitum dealbare ^, ni(c)hil omnino preter-
mittere quod aut usui fore crederet aut decori, hoc
precipue sollicitus ne quid in tota fabrica adventantium
conspectibus displiceret...
[409G-H25]. — [Hildebertus ' episcopusj... domum capi-
tuli, que ibiex multo tempore nuUa penitus habebatur, lauda-
1. Voy. Ledru, p. 133 ; cf. Du Cange, Gloss., v° Caeliim.
2. Doni Piolin {E(/l. du 3fa;is, III, 340) a compris qu'on remarquait dans
les vitraux dHoël « des ornements en croix » 1 Hucher [Calques des vitraux
delà cathédrale du Mans^a émis l'opinion que les quatre panneaux anciens du
vitrail de 1 Ascension, actuellement placés dans un des bas-côtés de la nef de
la cathé Irale, scnit des restes du vitrail d'Hoël. « Il ne resle, d'après
M. Anthyme-Saint-Paul{ Année archéoloçfique, éd. 1S80. p. 183), qu'un seul
viti-ail à la catliédrale du Mans qui puisse avec certitude être attribué à
unp époque antérieure à 1120 (Vitraux de la cathédrale du Mans, par
E. Hucher). » — Viollet-le-Duc, Dict. de iarch, fr.,l. IX, art. Vitrail, p. 362
(iîg. 3), donne une reproduction du vitrail du commencement du xii* siècle
représentant l'Ascension. Suivant M. O. Merson [Les Vitraux, p. 35), « les
vitraux du Mans seraient dus plutôt, semble-t-il, à la générosité de Guil-
laume de Passavant, et ils auraient été mis en place en 1158, lors de la con-
sécration de la nouvelle cathédrale. »Sur la date (28 avril 1 158) de cette con-
sécration de la nef, voûtée par les soins de cet évèque qui en avait fait modi-
fier les tracés, ainsi que du porche et peut-être du portail en plein cintre
surhaussé, voy. G. Fleury, Des portails romans du XII' siècle et de leur
iconographie, dans la Rev. histor. et archéol. du Maine, t. LUI (1903),
p. 31 et s. (pi. 3etfig. 9).
3. P. 393.
4. Cf. les textes : n"XVII, p. 68 (cath. de Cambrai), 2, § 9, où nous lisons
à propos de l'évêque Gérard II :» pia.s-frum... renovavit » (1076-1092), et
n° XW (cath. d'Auxerre . p. 93.
5. P. 400. — Hildebert de Lavardin, évoque du Mans, vécut de 1055
environ à 1133 (ou 1134;, d'après Hauréau, Avant-propos aux Mél. poét.
d' Hildebert de Lavardin (1882). — Cf. sur Hildebert de Lavardin, A. Dieu-
164 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1053-1186]
bili opère cepii a fundamentis construere, eamque decenter
et undique vitreis illustravit et forniceo opère supertegere
procuravit... Quando Helias cornes, consentientibuscivibus,
civitatem occupavit et milites reg^is in munitionibus
obsedit... rex suspectum habens... exigebat ut... turres
ecclesie, unde sibi damnum illatum fuisse querebatur, dirui
preciperct... cujus pa[n]ctionem toxicatam Ildebertus pru-
denter respuens, dixit : « Nos caremus in partibus nostris
« artifîcibus, qui tantum opus congrue noverint operari.
« Exhinc régie congruit dispositioni tam diligens opéra et
« inipensa, in cujus regno et mirabiles refulgent artifices
« et mirabilem operantur celaturam... » '
Cetera ^ in ecclesie restauratione et domorum episco-
palium constructione abundanter expendit. Ipse enim eas-
dem domos,de occidentali parte in orientalem partem eccle-
sie transtulit, easque juxta Sancti Salvatoris edem, in loco
ubi aula domni Gervasii presulis antiquitus fuerat, decenti
opère collocavit. Qui etiam in villa episcopii sui, quam
Ivriacum -^ nominant, tribus ferme milliaribus ab urbe
distante, aulam lapideam cum cubiculis et cellario cons-
truxit... Ad aedificationem vero nostrae ecclesiae CXLVII
donné, Ilildebert de Lavardin (Paris, 1898). Il fut consacré é\ c(|ue du
Mans le jour de Noël 1096 e quitta le Mans pour Tours en 1125. L'archi-
tecte d'Hildebert de Lavardin qui fit la reconstruction de la nef de la cathé-
drale du Mans fut un moine de la Trinité de Vendôme, nommé Jean, qui
lui fut prêté par l'abbé GeofTroi, et qu'il garda longtemps sans tenir compte
des réclamations de cet abbé et de l'excommunication lancée contre ledit
moine. Voy. à ce sujet les extraits des lettres (1097-1132) que nous publions
plus loin (Cf. Ledru, p. 139-140, etp. 210-211). — Voy. dans Ledrule plan de
la cathédrale du Mans, p. 175 (avec l'indication des parties romanes). Pour
leurs dates comparées, voy. le résumé que donne l'auteur (p. 216 et 217).
1. P. 403. — Pendant les liostilités entre Hélie, seigneur de la Flèche, et
Guillaume le Roux, roi d'Angleterre, l'évèque du Mans avait été accusé de
favoriser Hélie et emmené prisonnier en Angleterre. Là Guillaume insista
auprès de lui pour obtenir la destruction des tours, d'où l'on avait attaqué
ses guerriers, promettant, s'il obtenait cette grâce, de l'or et de l'argent
pour enrichir le tombeau de saint Julien. C'est alors qu'eut lieu la réponse
d'Hildebert. Celui-ci étant rentré au Mans avec des présents, et les négo-
ciations ayant traîné en longueur, les tours paraissent bien avoir
échappé au danger qui les menaçait ; Guillaume mourut peu après, le
2 août 1100 (Voy. Ledru, op. cit., p. 136-138). — Panclin, terme très rare
pour pactio (de pangere) ; cf. paucio [Gloss., Du Gange), qu'il faut cori-iger
ainsi : « pancio ». Panctio ioxicata, accommodement perfide.
2. P. 405.
3. Yvré-l'Évêque, c. du cant. et arr. Le Mans (Sarthe).
[1055-1186] DE l'architecture en France 165
aureos dédit... Ildebertus autem opus ecclesie, quod per
long-a tempora protractum fuerat, suo tempore insistens
coiisummare, dedicalionem * ultra quam res exposcebat
accelerans... anno plane Domini M** CXX", in octabis
Pasche... consecravit eani in honore... Virg-inis Marie et
beatorum martvrum Gervasii et Prothasii et... Juliani.
Aliorum quoque sanctorum corpora, que in secretario
ecclesie... invenerat, in sarcofago lapideo, rétro altare
Béate Marie, in superiori scilicet cripta... collocavit...
[1145-11871. — [Guillelmus^ episcopus] in domo sua
Cenomannis cameram inferiorem lapideam et capellam juxta
positam, siniiliter lapideam •^, personisrelig-iosisaedilicaverat,
et sic disposuerat ut eis locus orationis oportunius deservi-
ret, ibique monachi Cisterciensis ordinis, ex quibuscumque
partibus..., ad predictam civitatem, ubi nullani aliam habe-
bant mansionem, venirent, a servientibus episcopi... reci-
piebantur... Cenomannis, a parte ecclesie Sancti Audoeni^,
1. P. 415. — Voy. sur cette consécration Ledru. p. 140. Parmi les per-
sonnages ecclésiastiques qui assistèrent à la cérémonie se trouvaient
Guibert, archevêque de Tours, GeotTroi. archevêque de Rouen, Marbod.
évêque de Rennes. A noter ces expressions : « altare quod est in dextro
memhro ecclesiae, altare quod est in superiori etdijjniori crypta ». Obser-
vons que les cérémonies de consécrations stimulaient l'émulation des
évêques appartenant à la même province ecclésiastique ou aux provinces
voisines et pouvaient leur su^{<éi-er des plans, en même temps qu'elles leur
proposaient des exemples pour la reconstruction, l'agrandissement ou
la décoration de leurs églises i-espectives.
2. P. 462. — Guillaume de Passavant. Avant lui, Hugue ou Payen de
Saint-Calais, évêque de sept. 1136 au 5 fév. 1144, avait administré l'Eglise du
Mans (voy. Ledru, p. 148). Sur l'incendie qui eut lieu vers 1137, voy. Ledru,
p. 150 et s.
3. Sur la substitution de la pierre au bois dans les constructions des
palais épiscopaux et maisons-Dieu, au commencement du xi" siècle, cf. le
passage suivant que nous tirons des Actes des évêques du Mans {Act. pon-
tif. Cenoman., dans les Hist. de Fr., t. X, p. 3H5): « fecit Avesgaudus episco-
pus namque episcopalesdomos quœ anlea, Ugneae fiieranl peirinas ; et hos-
pitalitatem pauperum Christi qua; necdum et loco illo lignea erat constituit
petrinam. . . — Sur la persistance des églises en bois dans le dernier tiers
du xi" siècle, en bien des endroits, cf. l'exemple suivant relatif à l'église
collégiale Saint-Lucien, auj. Saint-Nicolas de Beauvais : acte de Gui,
évêque de Beauvais, au sujet du sénéchal Raoul (1078): « Ecclesiam b!
martyris Luciani infra muros urbis sitam quae antea lignea fuerat lapi-
deam aedificavit. » (Louvet, Hist. de... Beauvais, p. 492). Ce témoignage
s'ajoute aux nombreuses mentions que nous avons recueillies et signalées
au. cours de nos recherches.
4. Il s'agit de saint Ouen, évêque de Rouen.
166 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIBE [1055-1186
fecit grang-iam 1 lapideam, lapidihus tectam et spatiosam.
Prope locum illum fecit cameram quae altior dicebatur,
ubi ipse jacebat : cujus ab utroque latere fenestre progre-
dientes eam claro lumine irradiabant. Quarum materiam,
licet commendabilem, superabat opus : nam et opus earum
et compositio camere ingenium artifîcis, quod in eis
pulcrius et subtilius relucebat, admodum commendabant.
Camere illi capellam continuani posuerat ; que, etsi prima
manu artificis ni(c)hil(l)ominus pulcrius resplenderet, ima-
gines tamen ibi picte, ingenio ammirabili viventium
speciebus expressius conforma te, intuentium non solum
oculos, sed etiam intellectum depredantes, intuitus
eorum in se adeo convertebant ut ipsi suarum occupa-
tionum obliti in eis delectarentur ; et quos sua occu-
patio ex[s]pectabat, per imagines delusi, penitus o[t]iosi
viderentur. Tertio loco, juxta capellam ordinaverat aulam,
cujus co[m]positio tota, et maxime fenestrarum ^ opus,
tantum pulcritudinis habebat, ut ipsa vel doctiore manu
artificis quam supradicta duo, videretur co[m]posita, vel
artifex in opère isto se ipsum vicisse crederetur. Inferius
autem, in plateis domorum quas emerat, planta ri fecerat
viridarium, in quo erant species arborum diverse per
insertionem fructus alienos, pariter visu pulcherrimae, ut
homines ad fenestras aule dependentcs, et alii in viridario
existentes mutuo aspectu delectarentur, illi de aula in
pulcritudine arborum, alii de viridario in aspectu pul-
critudinis fenestrarum, Composuit autem, quos in introitu
aule fecit annotari sub cruce, quam agnus lapide sculptus
deportabat, versus istos :
Sub cruce qui transis, devota mente retracta
Quod tibi vita datur Xristi cruce morte subacta,
1. Sur les granj,'cs eu pierre, voy. supra le texte concernant les évêques
d'Auxerrc. L'expression (jram/ia ïapidea (par opposition àli;jnen) marque
bien pour ce ji^eure de bâtiment l'extension croissante de la construction
en pierre au xr siècle.
2. Pour ce passage, nous renvoyons à Ledru, p. 163, not. 6. Voy. ibid.,
p. 163, au sujet des travaux de cet évêque. Le 28 avril 1158, eut lieu la
dédicace d'un des édilices élevés par ses soins (Ledru, p. 165). Ce qui pré-
cède sur la décoration picturale d'une chapelle de manoir épiscopal
ne se rencontre point d'ordinaire dans les textes.
[1055-1186] DE l'architecture en frange 167
Viridarium illud et omnes domos pontificales a parte illa
clausit muro, a supradicta grang-ia usque ad finem viridarii
continuato. Ante introitura aule fecit ductum aque subter-
raneum ad locum lapideum ascendentis, ubi manus venien-
tium lavabnntur '. Contigit apud Ebriacuni domos pontifi-
cales - et villam ipsam comburi. lUas ergo domos non
dico reparavit, sed quasi edificavit. Rémanente enim
prima domo, que est juxta capellam, ubi caminum
fecit optimum , in ea co[m]posuit gradum lapideum,
per quem ascendebatur ad cameram secundam ; eique,
que longitudinem habebat et nullam fere latitudinem, for-
mam apposuit commendabilem, illasque domos sic fîeri
fecit et ordinari, ut et opus et ordinatio multe materiam
laudis atlribueret co[m]positori. Juxta domos illas fecit
grangiam lapideam '^, et prope eam, stabula equorum et
domum pressorii et pressorium. Et bec omnia clausit muro,
extra quem fecit et aliud pressorium... Apud Tollevi[a]m ^
fecit capellam lapideam et domum ligneam, rotundam
exterius et interius quadratam ', et grangiam lapideam et
stabula equorum : et hec omnia circumdedit muro et fos-
sis, ubi aqua semper inveniebatur. Fecit inibi portale
lapideum, bene munitum 'J, per quod hostes de facili introi-
tum habere non possent...
1. Cf. ce que nous avons dit plus haut (p. 91) sur les fontaines et
lavabos dans les cloîtres (texte n" XXIV relatif à Maguelone).
2. On ne possède guère de détails sur l'intérieur des maisons épiscopales
situées hors des villes : aussi les détails qui suivent sont précieux à cet
ég^ard.
3. Cf. sur les g-ranpes et les clôtures leur servant d'enceinte, Viollet-
le-Duc, Dict. de l'arch. fr., t. VI, p. 44 et 45 et fîg. Ce passage montre
que ce genre de disposition est bien antérieur à la guerre de Cent ans,
comme VioUet-le-Duc incline trop à le croire (ibid.).
4. Touvoie. cant. deSavigné-l'Evéque, arr. Le Mans (Sarthe) ; cf. Ledru,
p. 164. Il faudrait Tolleviam dans notre texte, et non Tolleinum.
5. Les mentions d'édifices construits en bois, ayant cette forme,
méritent d'être signalées, vu leur rareté.
6. Exemple de portail fortifié appartenant à un mduoir épiscopal. « Le
manoir est fermé; il peut être clos de murs et entouré de fossés, mais non
défendu par des tours. Le plus souvent c'est une agglomération de bâti-
ments destinés à l'exploitation... avec logis principal pour l'habitation du
propriétaire. » (Viollet-Ie-Duc, Dict. de iarch. fr., t. VI, p. 300, V
Manoir).
168 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1056-1081]
XLIX
1056-1081 et 1091, décembre.
Historique de la reconstruction de Véglise abbatiale de
Saint-Pierre d' Oudenbourg^ près de Bruges^ en Flandre ;
détails techniques sur la couverture de cet édifice et les
échafaudages ,' le clocher et les fortifications d'Ouden-
bourg. — Emploi de pierres destinées à l'œuvre de ces
fortifications provenant du Tournaisis et du Boulon-
nais ; restes de monuments antiques du pays de Cologne
utilisés pour les nouvelles constructions. — Accident sur-
venu au campanile de bois de Véglise abbatiale; mesures
extraordinaires prises pour son rétablissement ; fixation à
l'avance de sommes d' argent pour indemniser les maîtres
charpentiers qui réussiraient à le remettre en place.
Tractatns de ecclesia S. Pétri Aldenbnrqensi ', éd. Holder-Ef^ger, dans
Mon. Germ. hist., Script., t. XV. 2 (1888), p. 869-871.
(Cf. Migne, Pair, lat., t. CLXXIV, col. 1464 et s.)
10 [1056-1081]. — Basilica ligno 2 condita sub tempore
Dagoberti régis Francorum, acipsiuslicentia abeatoUrsmaro
1. Sur cette chronique et les autres éditions, voy. (outre Potthast,
Bihl. hr'st.) Molinier, Sonrcea de Vhisl. de Fr., t. II, p. 179. Ce recueil a
été composé vers 108 i ; il a été édité à Bruf^es dans le Rec. de croniques
concerntml la Flandre occidentale (imo^. — Saint-Pierre d'Oudenbourg est
une ancienne abbaye bénédictine, située près de Bruges, auj. province de
Flandre occidentale (Belgique). L'abbé Hariulf, mort là mêm en 1143;
avait rétabli l'abbaye de S:\int-Pierre d'Oudenbourg lors vlvui voyage
qu'il fit en Flandre en 10H4. Cf. Feys et van de Casteele. Hist. dOiiden-
bourg, t. I (1873), p. l'j, au sujet de la reconstruction de la vieille église
en bois élevée par les soins de Saint-Ursmer. Sur Mariulf, voy. l'Introd.
que M. F. Lot a mise en tète de son édition de la chronique de Saint-
Riquier (1894), notamment p. XIV-XV.
2. Sur la construction en bois en Flandre, notamment dans les édifices
de larchitecture religieuse, et textes à l'appui jusqu'aux xi" etxii" siècles,
voy. Godefroid Kurth, Notqer de IJèqe et la civilisation au X" siècle, t. I,
1905), ch. XV, p. 300 et s. "^ '
[1056-1081] DE l'architecture es frange 169
in honore Beati Pétri apostoli aedificata, ut superius dictum
est, ...prolixa vetustate corruit ; ac denium post plurima
annoruni curricula cives Aldenburgenses novam ecclesiam in
honorem beati Pétri apostoli omniumque apostolorum aedi-
fîcare coeperunt. Anno autem Domini [MLVI] coeptum est
opus prefati templi Beati Pétri apostoli, sicut habetur ple-
nius in principio hujus tractatus ; et coeptum est in eodem
loco quo prius de lapidibus, sicut manifestum [est] per
miracula quae fiebant duni templum operabatur; quae sub
brevitate enarrare aggrediamur.
11 [Vers 1061]. — Post ini(t)iumconstructionisipsius tem-
pli circiterquintum annum, cum presbiterium perfectum esset
et culmo coopertum, atque inter trabesante principale altare
campanae pependissent, arcum ^ ante presbiterium a terra
usquead summum virgissepire ac culmo 'dependente coope-
rire ad pluviam et grandinem atque nivem depellèndam ante
hyemis tempora clerici procurabant. Quadam vero die, qui-
dam juvenis clericus, valde simplex et devotus, nomine
Lisg-erus, nimis intente huic operi astare manibusque coope-
rare diligenter atque h[ijlariter studium impendebat. Cum
autem in superioribus partibus ejusdem arcus ex utraque
parte machinamentum -^ constructum esset, Lisgerus inte-
rius aliusque exterius contra eum in predicto machina-
mento stetit, qui culmum tortis virg-unculis '* ad parietem
ligare studebat, quem virgis conseptum ante predixi, vir-
gunculas vero intrinsecus per parietem immittere festina-
bat; Lisgerus eas sagaciter firmare intus ad parietem con-
1. C'est-à-dire l'arc triomphal.
2. Le revêtement de chaume, autrement dit en paille ou roseaux, absor-
bait facilement Ihumidité et servait d'aliment terrible aux incendies, mais
on y tenait dans ce pays, notamment à cause du bon marché et de la
difficulté qu'on avait à se procurer de bons matériaux en pierre.
3. Echafaudage ; terme d'oriffine ancienne: même sens que machina
dans l'antiquité classique. — Cf. deambuhitorium (voy. supra le texte
n" XXXVII relatif à Odilon de Clunv, p. 130;.
4. Rares sont les détails techniques sur la liaison du comble aux parois
latérales à l'aide d'entrelas ou tortis de baf^uettes de bois servant de liens. —
Cf. supra le texte que nous avons donné sur Odilon de Cluny, et les
remarques que nous avons faites alors sur l'emploi du mot retorla.
170 TEXTES RELATIFS A l'iUSTOIRE [1056-1081]
tendebat. Giimque haec per longum temporis spacium con-
tendebant ut fecissent, incaute unum de viminibiis Lisg-e-
rus extrahens, retrorsum de prescripto machinamento cum
ipso cecidit, scilicet deorsum ad terram, ut alius mag-no
pavore perterritus aestimabat, qui foris stans virgulam
intus immiserat ; sed inter secundam et terciam trabem
super jug-um maximae campanae absque ulla corporis lae-
sione leviter in uno latere lapsus est. Quia vero illic in
opère Beati Pétri apostoli, sicut predixi, devota mente et
simplici corde instabat, ideo laedi non potuit, et quia in
casu suo sanctissima apostoli intercessione portabatur.
12. Subséquente autem tempore, cum aedestempli aedifi-
cabantur in septentrionali climalte, bituminis artifex ^ cum
suis in meridiano latere operabatur. Quadam vero die,
puer- qui ei lapides et cementum porrig'ebat, tam grave
pondus lapidum machinamento, in quo stabant, superpo-
suit ut vim tantae molis ferre non prevaleret, sed, fracto
omni machinamento, lapides et cementum cum magno
sonitu super terram corruerunt. Ipse autem et puer in
unam fenestram ejusdem maceriae sine corporis detrimento
inopinate devenerunt, quae eis non prope, sed tam longe
abfuit ut, si super terram starent, saltando vix tantum
spacium attingerent. Quodad jussum omnipotentis Dei per
mérita sancti Pétri -^ apostoli actum intelligit, qui divina
providentia disponi omnia fideliter crédit.
13 [Vers 1066-1067]. — Post haec vero, Iransactisquinque
1. Bituminis artifex désignerait le maître ouvrier cimeuteur qui, dans
cette région froide et humide du Nord, devait revêtir la maçonnerie d'un
mélange de ciment, sans doute très agglutiné et destiné à prévenir les
effets désastreux de Ihumidité dans la construction. Le chroniqueur croit
devoir insister sur ce fait, vraisemblablement parce que les procédés de
maçonnerie étaient alors d'autant plus à remarquer que ceux de la construc-
tion en charpente de bois étaient encore très employés dans cette région du
Nord.
2. Nous n'avons guère à cette époque dans les textes de mention d'aide-
maçon; cet exemple est à retenir pour le xi° siècle.
3. Cf. supra encore les circonstances merveilleuses rapportées par
l'auteur de la vie de saint Odilon de Cluny, grâce auxquelles les construc-
teurs qui travaillaient sur un échafaudage qui se rompit restèrent sains et
saufs, malgré la chute qu'ils firent.
[1056-1081] DE l'architecture en France 171
vel sex annorum curriculis, quadam die custos ipsius tem-
pli, Sygerus nomine, dum matutinis horis ultimam campa-
nam ad excitandum in circuitu tidelium multitudinem fidu-
cialiter resonabat, corda qua ipsam campanam movebat
mag-nam et gravissimam plancam alti solarii * ejusdem tur-
ris, super quam campanae pendebant. incaute tetigit, quae
mox si inter scapulas cum horribili sonitu cecidit, ita ut
qui illic in choro astabantei omnia membra confracta autu-
marent '...
14. Alio igitur tempore, feslivitate Sancti Andreae^ apos-
toli,dunisecundumsi{jfnuniadmatulinumidem Sy^erus reso-
nabat, clavus in quo nola pependit, casu elapsus est, atque
ipsa super tectum turris, quae lignis abietibus cooperta '*
fuerat, magno strepitu cecidit, ita ut ipse et aliqui qui
astabant tectum ruptum fuisse nolamque per partes divisam
fuisse non dubitabant. Ipso autem die quendam puerum
scandere fecit j)artesque confractae nolae colligere expe-
tiit. Ascendens ergo puer super tectum prefatae turris,
nolam ibi stantem ita sanam et incolumem repperit, ut in
ea nullius fracturae vestigia inveniri potuissent
16 [1070]. — Gonsecrata est autem ecclesia Sancti Pétri
apostoli omniumque apostolorum prima die mensis Maii,
feriaquintaa Ratbodone, NoviomensietTornacensiepiscopo,
anno DominiMLXX,indictione VIII, régnante Philippe, rege
Francorum, anno X, atque Wilelmo, rege Anglorum,
anno VII ...
18 [1081]. — Anno autem Domini MLXXXI, sancta
nocte dominicae Nativitalis ortus est not[h]us asperrimae
1. C'est-à-dire étage avec plancher.
2. Synonyme d'existimareni ; ce terme, usité quelquefois dans le
latin classique, n'est guère employé au moyen âge. (Cf. autuma « existi-
matio ». dans le Glossaire de Du Cange.)
3. La fête de saint André a lieu le 30 novembre.
i. Ce passage mérite d'attirer l'attention, à cause de la précision que
le chroniqueur a mise pour désigner le genre de bois qui fut employé
dans la couverture de cette construction.
172 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1056-1081]
tempestatis, qui canipanariuin prefati templi Sancti Pétri
compulit a suo statu declinare eumque repentinum casum
adeo in orientem minitare ...
19. Verum tempore illo urbs ista Aldenborglicaput totius
Flandriae et, sicut predixi, initiis exstitit celeberrima,
mûris ac propug'naculis munitissima. Nam a partibus orien-
tis et a meridiano climate et ab occasu et ab aquilone
nigris et durissimis lapidibus fuerat constructa. Lapides
namque hujus coloris et fortissimi roboris in omni Flandriae
provin[c]ianaturaliter editi non possunt reperiri nisi solum-
modo in Gallia, Tornacensi parrochia. In partibus vero
aquilonis fundamentum quadris ac mag-nis ^ lapidibus, ferro
et plumbo firmiter infixis, antique fundaverat manus. Quod
genus lapidum in Bononiensi ^ provin[c]ia tantummodo inve-
niri dicitur -^ Habitacula quoque nonnulla infra murorum
munimenta levibus ac non valde duris lapidibus constructa
erant. Naturaliter autem hii lapides in oriente apud Golo-
niensem provin[c]iam repperiuntur. Vasa formosa atque
pulc[h]errima, ciphi et scutellae aliaque utensilia quam plu-
rima in illo tempore ab antiquis ^ ing-eniose formata atque
sculpta nostris temporibus reperta sunt, quae modo ab
ingeniosis artificibus in auro et argento vix tam eleganter
formari ac sculpi possint. Et ut laudabilior ac dignior esset
urbs supradicta, per médium totius Flandriae, quasi in medi-
tullio ■' iundata erat. Scilicet ab oriente Gandensem et ab
1. « Nous avons la preuve, dit J. Quicherat, qu'à Tépoque barbare,
dans la Gaule méridionale aussi bien que dans celle du Nord, les cons-
tructions en moyen appareil n'étaient exécutées que par exception, l'habi-
tude étant de bâtir en petit appareil. Cela est dit positivement dans la Vie
de saint Didier de Caiiors:« Primam inibi more antiquorum basilicamprae-
cipiens, quadris ac dedolatis lapidibus aedificavit, non quidem nostro <^M\-
cano more, sed sicut antiquorum murorum ambitus maynis qaadrisque
saxts exstrui solet » (cap. XVIIj.
2. Le Boulonnais. Les ravages des invasions et plus tard des Normands
furent terribles dans ces réj^ions qui furent occupées par les Romains.
3. Comme IWllemajjne du Nord, le Languedoc et d'autres pays encore,
la Flandre était loin d'être aussi riche en pierres que quelques autres
régions : c'est pourquoi la brique n'y a pas été abandonnée du xi' siècle
aux siècles suivants (Kniart, Man. darchéol fr., l'Appareil, t. I, p. 6-7).
4. La domination romaine s'était fortement implantée dans cette
région ; les nombreux objets et restes antiques qu'on y découvre le témoi-
gnent amplement.
5. C'est-à-dire : dans l'espace intermédiaire.
[1056-1081] DE l'architecture en frange 173
occidente Taruanensem ^ parrochiam pêne aequa mensura
libratam habere videbatur; contra meridieni vero, par spa-
tium duarum leucarum sabulosa terra interjacet, quae illic
amena et opacissima terminatur silva. A partibus vero aqui-
lonis optima terra Flandriae duabus fere leucis usque ad
litus maris extenditur. Quae vero urbs turrium murorumque
munitionibus tutissima, etiam omni affluentia diviciarum
famosissima, patriarum civitatumque sibi affînium longe
lateque dominium exercebat Murus vero tam fortis
ac firmissimus extitit, ut arietibus destrui non posset,
nisi prius lapides fundanienti extracti penitus aufer-
rentur. Ut autem legentibus scrupulum dubietatis de pre-
dictaeurbis firmissima constructione penitus auferam, ipse
qui istum tractatum composui et primitus scripsi murum
destruere oculis meis vidi et supradictum Sancti Pétri
apostoli templum ex ipsis lapidibus aedificare procul dubio
cerneremerui. Verum colum(p)naeet parietes Tornacensibus
lapidibus sunt constructae, capita quoque colum(p)narum
Bononiensibus lapidibusadornata interseruntur. Nam antea,
Balduini ^ Insulani temporibus, comitis totius Flandriae,
aedificia Brug'ensis urbis ma<^na ex parte ex lapidibus istis
constructa dignoscuntur. Quia postquam comes Ernaldus
Barbatus Bruggiam aedificare coepit, muros hujus urbis
destruere et lapides Bruggensibus tribuere in urbis aedifî-
cium fecit quatenus, bac destructa, augmentaretur illa cons-
tructa. Unde pêne haec in ni(c)hilum redig-ebatur, réma-
nente montis congerie, in quo murus destruebatur.
Quod si hiis quae predixi forsitan testimonia vel testes
a me requirantur, fateor, omnes fere qui in Aldenburg-ensi
parrochia manent mecum probabiles testes concurrent.
1. Thérouanne, ancien chef-lieu des Morini (aujourd'hui dans le Pas-de-
Calais).
2. Beaudoin V, dit de Lille, que Ion trouve en fonctions en 1036, et
qui était fils de Beaudoin IV le Barbu.
174 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1091]
Vita S. Arnnlphi, episc. Suessionensis^ (fiindatio monasterii Aldenbur-
gensis),l. II, c. IV, §92, dans les Acta Sanctorum, Auj,^., t. III, n. éd., 1S67,
p. 250.
(Cf. Migne, Patr. lai., CLXXIV, col. 1417.)
[1091 ]. — Anno autemMXCI, in sacra nocte Natalis Domi-
ni,factus est ventus veheinensetvalidus, qui turres urbium
et tecta domorum ac aedificia plurima ecclesiarumconcussit,
fregit et dejecit. Eadem nocte ejusdemque venti turbine
campanarium 2 ecclesiae Sancti Pétri evulsum est a suis car-
dinibus, et supra tectum turris in qua stabat versus orien-
tem projectum, ita ut per sex dies et noctes cerneretur pen-
dulum quasi seniper esset ruiturum. Gongregati mane loci
habitatores sub omni celeritate convocant architectes -^
statutis praemiis ^, si illud revocarent, munerandos ; at illi
multa promittunt, restes praeparant, balistas erigunt, liga-
menta constituunt,ut multimoda artis argumenta compo-
nunt. Et dum populus praestolaretur ad inventas artifi-
cum machinas quibus campanarium sperabatur reformari,
1. Sur cette Vita, œuvre très intéressante d'Hariulf, et sur les autres
éditions, voy. Molinier, Sources de rhist. de Fr., t. II, p. 42, et M. Ferd. Lot,
op. cit., Inlrod., p. xiv-xv.
2. Sagit-il ici d'un beffroi de charpente qui devrait avoir été posé ou
en retraite ou sur des corbeaux ménagés dans la construction de la tour ?
La force de l'ouragan avait-elle eu pour effet de faire pivoter l'ensemble de
la charpente de façon à déplacer l'enrayure, et à la faire précipiter dans une
position suspendue instable et menaçante? Viollet-le-Duc fait remarquer
dans son article Beffroi [Dict.de Varch. fr-, t. II, p. 188), « qu'en P^rance,
en Belgique, en Allemagne, on construisait déjà au x" siècle des clochers
d'un diamètre tel qu'il fait supposer ... la construction de beffrois inté-
rieurs de charpente très importants ». Nous pensons qu'il ne s'agit pas
d'un bedroi de charpente ; il est question dans notre texte d'un campanile
en bois dont nous ignorons la dimension et la disposition exacte.
3. C'est-à-dire des maîtres charpentiers, très experts dans la couverture
des édilices, ainsi que cela avait lieu notamment dans le Nord de la
France ; cf. le terme architector. quelquefois usité au moyen Age.
4. L'expression sia^otts praemiis, c'est-à-dire à des prix lixés d'avance,
est très digne de remarque à cette époque et doit être notée avec soin; il
semble <iue l'on soit ici en jjrésence non pas, bien entendu, d'un concours
de recontruction, mais d'une sorte de prime d'encouragement aux répara-
tions pressantes de l'édifice endommagé, les sommes fixées d'avance devant
être regardées comme un bénéfice exceptionnel par les constructeurs
intéressés à réussir dans l'opération en question.
[1038] DE l'architecture en FRANCE t75
ante noctis médium pridie kalend. januarii advenit virtus
de caelo in visione ignis, et campanarium quidem suis
sedibus firmissime relocavit; ecclesiam vero intus et foris
flammeo lumine vestivit. Haec me sic referre puderet, nisi
testes mille se vidisse perhibuissent.
1058.
Permission accordée par les religieux de Saint-Martin de
Marmoutier à Pierre de Montigny^ pour construire, soit
en bois, soit en pierre, une chapelle au prieuré de
Villeberfol, sur les confins du pays Dunois.
Orig. Archives départementales de Loir-et-Cher, série H. Abbaye de Mar-
moutier, prieuré de Villeberfol '.
(Cf. Carlulaire de Marmoutier pour le Dunois (Cartularium Dunense
Majoris monasterii ., publ. par E. ^Iabille (Société Dunoise), Châteaudun,
2874.0° CXIX, p. 112. — Martène, Histoire manuscr. de Marmoutier, V,
256).
NOTITIA DE PeTRO DE MoNTINIACO^ DE CAPELLA ViLLAE
Berfordii^.
Nosse debebitis, si qui eritis posteri nostri, Majoris
scilicet hujus habitatores monasterii Sancti Martini, Petrum
de Montiniaco construendi capellam apudVillam Berfordii,
sive lig^neam"* sive petrinam, nobis permisse suo licentiam
1. Cet acte existe encore aux Archives départementales de Loir-et-Cher;
mais, la série auquel il appartient n'étant pas encore inventoriée, il ne
porte pas de cote définitive, ainsi que notre confrère, M. Trouillard, archi-
viste de ce département, a bien voulu nous en informer.
2. Montiffny-le-Ganelon. cant. de Cloyes, arr Châteaudun (Eure-et-Loir),
qui répond aujourd'hui à l'ancienne seigneurie de Montij^ny.
3. L'ancienne Villa Belfodii ou Berfordii obedientia est devenue plus
tard Villeberfol, c. de Conan, cant. de Marchenoir, arr. Blois \Loir-et-
Cher).
4. Nous ferons connaître plus tard un acte de 1 122, prouvant que c'est en
bois que ladite chapelle avait été construite en iOoH. La reconstruction de
1122 fut faite en pierre.
176 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1059]
attribuisse, et accepisse de nostro pro hujusmodi permis-
sionis assensu, per Odonem monachum nostrum, illius
villae tune praepositum, XX*^' solides dunenses, testibus
istis : Rotgerio famulo, Nivelone, filio Guarini sine Barba,
Milone presbytero, Genzone monacho.
LI
1059 (1-13 septembre), Rome.
Fixation de l'étendue exacte que les cimetières doivent
occuper autour des églises et des chapelles^ par décision
du concile tenu à Borne, et d'après une huile du pape
Nicolas II, adressée aux évêques de Gaule, d' Aquitaine
et de Gascogne, qui reproduit ladite décision.
Mansi, Sacrorum conciliorum collectio\ t. XIX (1764), col. 873.
(Cf. Migne, Patr. lat., t. CXLIII, col. 1314-1315.)
De confîniis coemeteriorum, sicut antiquitus a sanctis
Patribus statutum est, statuimus ita : Ut major ecclesia
per circuitum LX passus ^ habeat ; capellae vero, sive
1. Voy. Hefélé, Conciliengeschichte, t. IV (1860), p. 755 et s. Cf. Jaffé,
Regesta pontif. roman. (2« éd. par Wattenbach), 1. 1, 1885, p. 560.
2. Dans son Essai sur Vasile religieux dans Vempire romain et la monar-
chie française, Ch. de Beaurepaire commente ainsi ce document (Bibl. de
VEc. des Chartes, 3' sér., t. V, 1854, p. 152, n. 4) : « Ce texte semble dou-
teux ; dans quelques autres on trouve 60 pas au lieu de 40. Le terme
« major ecclesia » parait s'appliquer à d'autres églises qu'aux cathédrales.
Peut-être doit-il s'entendre aussi des églises abbatiales. » S il en est ainsi
dans le texte ci-dessus, c'est à titre tout à fait exceptionnel. Nous ne con-
naissons pas de document où l'expression major ecclesia s'appliquerait à
d'autres édifices qu'à des cathédrales. (Voy. supra, notamment p. 3, n. 3,
et p. 86.) Gh. de Beaurepaire a omis de mentionner {op. et toc. cil.) cer-
tains textes importants du Midi de la France datant du xi" siècle, relatifs
à l'asile religieux, parmi ceux que nous avons reproduits précédemment
dans notre recueil ou que nous citons dans les notes ci-dessous. — Il est
très intéressant de rapprocher de ces dispositions (cf. J. Flach, Origines
de Vanc. France, t. Il, p. 171) l'acte suivant de la fin du xi" siècle, émané
de Godefrid, évéque de Maguelone, et de Bérenger, évoque d'Agde. Il
concerne une église parois-ialedu Bas-Languedoc, celle de Saint-Vincent
(Hérault) : « Got[o]fredus, Magalonensis episcopus, et Berengarius, Aga-
tensis episcopus... constituerunt et laudaverunt, et dederunt ad ecclesiam
S. Vincentii sexaginta passus pedum versus omnes partes, et fecerunt
[Vers 1059] de l'architecture en france 177
minores ecclesiae, XXX. Qui autem confinium eorum
infringere tentaverit, vel personani hominis aut bona ejus
inde abstraxerit, nisi publicus latro fuerit, quousque
emendet, etquod rapuerit reddat, excommunicetur ^
LU
Vers i059.
Mention de la construction de l'église abbatiale de la
Trinité de Venouse, dans la Basilicate [Italie méridionale),
élevée à r imitation de V architecture normande ; éloge
des tombeaux des princes Normands inhumés dans ladite
église par les soins de Robert Guiscard.
Guillermi Apuliensis gesta Roberti Wiscardi 2, Hb. V, éd. R. Wilmans
dans Mon. Germ. hisL, Script., t. IX (1831). p. 298.
Hinc deportari V^enusinam ^ fecit ad urbem,
Qua fuerant fratrum conslructa sepulchra priorum ;
Hos prope cum magno dux est subhumatus honore.
Urbs Venusina nitet tantis decorata sepulchris.
A Garoli Magni vel tempère Caesaris umquam
Nullos terra pares produxit fratribus istis.
Hic subhumatorum fabricata^ jussibus horum
salvationem, et posucrunt termines et cruces, et totum quantum erat
intra crucem dederunt Deo et Sancto Vincentio. . .« Voy. supra les
extraits des statuts des conciles de Toulonges, Saint-Gilles, et Narbonne,
relatifs à l'asile religieux.
1. Cf. infra le texte du concile de Lillebonne (1080), au sujet de la vio-
lation des terrains religieux.
2. Cet ouvrage a été composé entre 1088 et 1111.
3. Venosa, distr. de Melli ; cf. Chevalier, Rép. top.-hihl., Il, col. 3267, v°
Venosa, et Rép. hio-bibl., I, col. 1970, v° Guillaume de Fouille.
4. Ce monastère bénédictin fut édifié par les soins du comte Drogon
entre 1016 et lOol, etl'églisefut consacrée le 17 août 1059 parle pape Nico-
las II. L'église n'était pas finie sans doute à la mort de Drogon. (^est en
1059 que Rol^ert Guiscard, qui, avec ses frères aînés, avait contribué à la
fondation de l'église dans le déambulatoire de laquelle on retrouve l'in-
fluence clunisienne, fit recueillir les restes de ses dits frères et les réunit
dans cette église. A sa mort (1085), son corps y fut rapporté pour être
placé à côté de ceux des autres fils de Tancrède de Hauteville. (Voy. E.
Bertaux, L'Art dans l'Italie méridionale de la fin de l'Emp. rom. à la
conquête de Charles d'Anjou, 1903, p. 318-321.)
12
178 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers 1060J
Ecclesia% cujus décor urbis praenitet hujus.
Dat veniae munus Rex illis trinus et unus.
LUI
Vers 1060^ avril.
Donation faite à V abbaye deLézat, par trois donateurs,
d'une église à construire à Saint-Christaud-de-Volvestre,
près de Muret, en Languedoc ; ladite donation formule
les clauses principales d'un devis qui règle selon
quelles dimensions et en combien d'années cette église
doit être construite.
Carlulaire de Vabbaye de Lézal, Bibl. nat., ms.lat. 9189 (xiw s.), fol. 35 v°
(Cf. Hist. gên. de Languedoc, nouv. éd., t. V, 1875, Pr. n" 253, col. 550.
Appropinquante et enim mundi termino et ruinis crebres-
centibus, jtim certa sig-na manifestantur quod, si aiiquid de
rébus nostris ad loca sanctorum condonaverimus, retribu-
torem Deum in judicio non difïidimus haberi, qui dixit :
1. Voy. ijbtd., fig. 125, plan, d'après Schulz, des deux églises de la Trinité
(vocable qui rappelle entre autres celui d'églises abbatiales de Normandie
devenues célèbres). La construction qui s'élève à l'entrée de la nef
inachevée de la grande église marque l'emplacement de la première église
de Drogon et de Guiscard.
Un seul tombeau normand subsiste dans l'église de la Trinité, celui de
la Normande Alberada, répudiée par Robert. C'est un sarcophage adossé
à une paroi revêtue de marbre cipoUin et fait de cinq plaques du même
marbre, abrité par un toit de marbre blanc que soutiennent deux consoles
et deux colonnes de cipollin {ihid., fig. 126, p. 320). — Cf. la cliapelle funé-
raire de Bohémond, prince d'Antioche (f 1111), adossée à la cathédrale de
Canossa, terre de Bari (fig. 121, p. 313). Des Normands vinrent à Bari au
temps du comte Bohémond. Guillaume Pantoul fit le voyage de Fouille
pour des reliques de saint Nicolas et fit bâtir en l'honneur de ce saint, à
Bari, une église neuve qui resta inachevée à sa mort (Ord. Vital, Hist.
écoles., 1. VII, éd. Le Prévost, t. III, p. 205 à 218). Les trois façades
de Saint-Etienne de Caen, de Saint-Nicolas de Caen et de Saint-Nicolas de
Bari ont entre elles une incontestable ressemblance, chacune avec sa
haute muraille nue, régulièrement percée de fenêtres, surmontée d'un
pignon triangulaire et flanquée de tours. Or, 'en Italie, la façade de Saint-
Nicolas de Bari (10H7-1I05) est en ce genre isolée. — Cf. la description
de la Trinité de Fécanfip (De renovalione eccl. Fiscannensis siih duce
Giiillelmo, cap. X, dans la Neuslria pia, auct. Du Monstier, p. 202 et s. .
[Vers 1060] DE l'architecture en France 479
« Date (h)elemosinam, et ecce omniamunda sunt vobis »...
Quamobrem nos enim, in Christi nomine, Arnaldus Amanus
et Arnaldus Oddo et Arnald[us] Garsia donatores sumus ;
donamus Domino Deo et Sancto Petro apostolo Lesadensis '
cenobii, et Bernardo abbate (.sic).,, alodem nostrum, qui
est in pago Tholosano, in terminio Bolbestres, ubi vo-
cant ad Pugo : hoc est ipsa ecclesia Sancti Ghristofori 2.,.
cum ipsos cimiterios [sic] , quomodo ad ipsa ecclesia (sic) perti-
net. In taie (s/c) videlicet ratione donamus, ut sit ipsa ecclesia
constructa de novem statos-^ de longum et quinque buga-
los^ de altum. In taie vero ratione donamus ut neque abbas,
neque monachi, neque nullus homo non possit dare, nec
vindere {sic), nec alienare, nec transmutare, set semper
sit in communia monachorum et infh)elemosinis pauperum
omnique tempore,pro animas (s/c) nostras et animas paren-
torum(«ic)nostrorumtam vivorumquam defunctorum. Et sit
ipsa ecclesia constructa de ista festivitate Omnium
Sanctorum ad XVI annos ; si tempestas venerit, adimpleat
alium annum. Et si hoc mandatum quis transire voluerit,
veniat unus de propinquis parentibus nostris. donet XII
denarios et habeat ipsa ecclesia. Quod si quis... contra
hanc donationem pro inrumpendum [sic) surgere voluerit...
1. Lézat, ancienne abbaye de Bénédictins, actuellement dans lAriège,
cant. Le Fossat (près delà petite rivière de Lèze de laquelle elle tire son
nom), arr. Pamiers. — Voy. le Falenc et Dojjnon, Lézat, sa coutume, son
consulat, Toulouse, 1«99. Cf. Chevalier, Rép. lop.-bibl., II, col. 1671, v»
Lézat.
2. Aujourd'hui Saint-Christaud-de-Volvestre, cant. de Montesquieu-
Volvestre, arr. Muret (Haute-Garonne).
3. Le Cartulaire de l'abbaye de Lézat donne statos, ainsi que nous l'avons
vérifié ; nous ne connaissons pas d'autre emploi de ce terme dans le
sens démesure, à l'époque romane. Nous pensons qu'on peut l'interpréter
dans le sens de mesure tirée de la taille humaine, c'est-à-dire en tant que
synonyme de statura (Voy. supra le texte des coutume de Farfa, pour
ce dernier terme). On a des exemples de status avec cette signification,
non seulement dans la latinité ancienne, à une époque où ce mode de
mesure était régulièrement usité, mais encore dans celle d'Isidore de
Séville (de Mensuris). Cf. pour la tradition dudit genre de mesure, de
l'antiquité romaine au moyen âge, notre récente étude intitulée: Un formu-
laire du VIIl" siècle pour les fondations d'édifices et de ponts, d'après des
sources d'origine antique, dans le Bulletin monumental de 1907, fasc.
5-6, et à part(1908), avec additions.
4. Nous ignorons le sens de ce terme de mesure, dont la forme que nous
transcrivons, d'après le susdit Cartulaire et d'après l'édition de l Hist. de
Languedoc, pourrait bien être fautive.
180 TEXTES RELATIFS A l'iiistoire [Vers 1060]
Facta carta ista in mense aprili, sub die feria^VI^,
régnante Ing-elrico "^ reg-e. Signum Arnaldo Amano, et A[rnal-
do] Oddo, et A[rnaldo] Garsia, qui carta [sic) ista scribere
rogaverunt...
LIV
Vers 1060 et vers 1120.
Mention d'une chaussée ancienne et de restes antiques de
tuiles, poteries et vases de verre, dans le voisinage,
d^Ardres, près de Saint-Omer. — Construction du donjon
d'Ardres, par les soins d'Arnoul, sénéchal du comte de
Boulogne, après la démolition du château de Selnesse.
— Etablissement d^un marché à Ardres, après élargis-
sement de Venceinte, sur un emplacement circulaire
garni de fossés, ef construction d'une église paroissiale,
en face de la porte de ladite enceinte. — Description
des logis de bois, œuvre remarquable de charpente, for-
mant la résidence seigneuriale sur la motte d' Ardres,
construits par Lodevick, architecte-charpentier de Bour-
bourg, ville voisine de Diinkerque.
Chronique de Lambert d'Ardres •*, ou Historia comitum Ghisnensium et
Ardensium dominorum, éd. Heller, dans Mon. Germ. hist., Script,
t. XXIV (1879), p. 609, 613 et s., 618-619,624.
(Cf. l'éd. de GodetVai-Ménilslaise. Paris, 1855, dans les Documents
publiés par la Société des antiquaires de la Morinie.)
1. C'est-à-dire vendredi, la feria prima étant le dimanche.
2. Forme cacographique employée pour //enrt'co; le nom Ingelricus en
usage alors dans le Midi a dû influer sur le scribe, mais n'a rien à faire ici,
où il s'agit d'Henri I", roi de France.
3. Lambert d'Ardres,curé du village de ce nom, près de Calais, en 1194,
allié à la famille de Guines, marié et père de famille, composa à la demande
d'Arnoul, fils de Baudouin, comte de Guines, entre 1194 et 1198, puis conti-
nua jusqu'en 1203, VHistor. com. Ghisnensium. On a déjà fait remar-
quer le caractère original du style et de la latinité de cette chronique, qui
mérite de retenir l'attention des historiens, des archéologues ainsi que
de ceux qui s'occupent particulièrement du latin du moyen âge. —
Outre les tableaux généalogiques joints à l'éd. Ménilglaise, cf. Deschamps,
Précis hist. sur Ardres [Mém. soc. Antiq. Morinie. t. IV, p. 379 et s.).
Voy. aussi pour les sources. Chevalier, Rép. bio-hibl., II, col. 2737, v.
Ardres. — Ardres, ch.-l. de cant. de l'arr. de Saint-Omer, à 24 kil. N.-O.
de cette ville (Pas-de-Calais).
[Vers 1060] de l'architecture en France 181
Gap. XCIX... Ghisnensi comiti Eustacio'... reconci-
liatus... mansit igitur Herredus^, ut jam diximus, apud
Selnessam^, inter silvam et mariscum, in eo loco ubi usque
hodie inveniuntur quasi reliquie gentilium, rubee vide-
licet tegule, teste vasorum minii coloris, et fragrnenta
vasculorum vitreorum, ubi nunc, sulcante aratro, reperitur
pi[r]a*, sive via^ dura et lapidea, a marisco in silvam cal-
cata^.
GIX [Vers 1060]. — Quomodo arnoldus, comitis bolonie
ELSTACn SENESCALUS, SUPRA DUNJONEM ARDEE FACTUM DE SELNESSA ^
OMNIA SUA TRANSTULIT EDIFICIA. VideUS ^ . . . AmolduS
[comitis Bolonie Eustacii senescalus], quod omnia sibi arri-
1. Eustache, comte de Guines, mourut en 1060. Les faits rapportés ici sont
donc un peu antérieurs à cette date. Voy. les tableaux généalogiques joints
à l'édition de Ménilglaise.
2. Herred de Furnes, vassal du comte de Guines.
3. Le château de Selnesse était situé à lextrémité Nord du plateau qui
sépare Ardres de la Brédenarde. Le lieu où il se trouvait se nomme le
Vieux-Bac. Encore aujourd'hui, d'après Ménilglaise (p. 441, note 170), dans
la tourbière voisine du Vivier et df s Noiresterres, à 3 kil. Nord d'Ardres,
on trouve des débris d'armures et de poteries, et aussi des voûtes de
caves, des pieds de murs, des restes analogues à ceu.x que signale la chro-
nique de Lambert.
4. « Les mss., dit Ménilglaise (p. 483), semblent porter pita. Je lis pira,
leçon soupçonnée par Du Gange qui reste embarrassé devantce passage. On
dit en roman : pire, pire, pour chemin empierré ; et en bas latin piriiis. . .
dans le même sens qui est précisément celui indiqué par Lambert. Pita ne
se retrouve nulle part; il faudrait dire que c'est un terme local, et l'expli-
quer par une contraction de pista, participe du verbe pinso, piler, broyer,
la matière des chaussées romaines étant formée de pierres broyées et
reliées par uti ciment. » — Le terme d'ancien français pire, ajouterons-
nous, estemployé avec le sens de passage, chemin,justementdans des textes
du Nord de la France (Boulonnais, Artois, Tournaisis) ; voy. Dict. de Va.nc.
linKj.fr. de Godefroy, v" Pire. Contrairement à l'édition Heller, qui donne
pitii, nous croyons devoir mettre ici pi[r\a, forme qui semble latinisée
d'après pire, dans notre texte.
5. Sur les anciennes voies de communication de la Morinie, voy. G. de
Bailliencourt, Bull. hist. de la Soc.desantiq.de la Morinie, l. V (1877),
p. 495 et s.
6. Des documents du moyen âge mentionnent, sans y insister guère, la
découverte de débris antiques retrouvés enfouis dans la terre. On sait, au
contraire, que Guibert, abbé de Nogent-sous-Coucy, suivit avec intérêt les
travaux des fouilles et la trouvaille d'antiquités gallo-romaines, lors de la
construction de son monastère (De vita sua, lib. II, c. 1). Voy. J. Qui-
cherat, Fragm. d'un cours d'archêol., introd., dans les Mél. du même,
p. 351.
7. Sur ce château, voy. ci-dessus, la note 3.
8. P. 612.
182 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [VerS 1060]
derent et quasi ad votum in prosperitatem succédèrent, in
marisculo apud Ardeam, juxta molendinum exclusam, quasi
in jactu lapidis, fecit, et aliam exclusam. Inter quas, in
média limosi marisculi et gurgitosi profunditate, adjacentis
fere secus radicem collis, motam altissimam sivedunjonem ^
eminentem in munitionis signum firmavit et in aggerem,
Gujus Hrmitatisdunjonem quidam, utaiunt incole — o morta-
liumindustriam! o indomitarum mansuetudinembestiarum !
— domesticLis ursus, non ille pro quo furnag-ia exiguntur,
inter eam altitudinem et molem agg-eravit. In cujus
ag"geris secretissimo latibulo felicis ominis portendiculum ~,
lapillum super aurum optimum perpetuo mansurum
inhumatum asserunt, Exterioris vero spatium valli, in-
cluse interius molendino, fossato cinxit firmissimo. Mox
juxta quod pater suus olim proposuerat, convulsis atque
dirutis... omnibus apud Selnessam -^ edifîciis, Ardensem
dunjonem pontibus, portis et necessariis communivit
edificiis. Ab illo ergo die, ma^no Selnessensium mansionis
loco commolito et contrite, edificiisque apud Ardeam
centractis atque delatis, deleta est cum castelle memoria
1 . L'ancienne traduction française de la Clironique d'Ardres, publiée
dans l'édition de Godefroi-Méniiglaise, rend ainsi (p. 2 46) le curieux
passage qui suit sur ce donjon : « Laquelle dicque (digue) et motte de
terre aulcuns du pais maintiennent avoir esté acumulée et faicte par ung
ours privé non pas celluy pourquoy a esté imposé le droit de foui-nage —
fiirnagiu — audict lieu d'ArdreJ ; qui est chose de grande industrie de
ainsy privoiser bestes sauvaiges. » Il serait fait ainsi allusion aux services
qu'on aurait, semble-t-il, fait rendre à un ours apprivoisé et domestiqué
pour traîner des matériaux et faire de grands amas de terre. — Voy.
supra, n" XIX (102G), p. 78, la mention qui est faite d'une tour en bois
surmontant le donjon du château de la Motte-Montboyau. près de Tours.
2. Diminutif de portealum, mentionné dans le Gloss. de Du Gange, avec
ce passage à l'appui. — C'est par le mot lapillus qu'on a désigné le petit
appareil, dont l'usage a été très répandu dans les constructions à l'époque
de la décadence: » opim conslructnm liipillis ». (Voy. .1. Quicherat, Mèl.
d'archéoL, p. 369) ; « ininiinisque lapillis », dit l'annaliste d'Auxerre en
parlant de l'appareil dont était construit la cathédrale carolingienne de
cette ville (i/)id., p. 119).
3. Arnoul I"', sire de Selnesse, dit l'Avoué, sénéchal du Boulonnais,
contemporain de Guillaume le Conquérant, beau-fils de Herbert ou Herred
de Furnes (il existait en 1069 et mourut eu 1094), mit ainsi à exécution le
projet d'abandonner son chûteau de Selnesse pour transférer sa résidence
a Ardres, dont l'emplacement faisait partie au x" siècle d'une lande, d'un
pâturage qui lui a, dit-on, laissé son nom [Ardea.). Voy. sur ce point Lam-
bert d'Ardres, éd. Ménilglaise, p. 227-229^ Cf. J. Flach, Oriçf. de l'anc.
France^ t. II, liv. III, ch. viii (Transformation de villages en villes), p. 334.
[Vers 4120] de l'architecture en fhance 183
etiam Selnescensium, adeo ut ab Ardea etiam ubique
predicaretur. , . Ardensium protector et dominus.
CXI... Ardensis dominus Arnoldus..., fossato extra
vallum in circuitu quasi corona firmissimo preparato,
rerum venalium forum ' in medio coUocavit, et in quinta
feria ~ in perpetuum servandum et frequentandum juravit.
GXVIII... Arnoldus... novam ibi in medio fori, ante
portam interioris valli in honore Béate Marie Virg-inis et
Saneti Audomari confessoris et Morinensis episcopi et sanc-
torum, quorum perquisierat reliquias 3, magnam edificavit
basilicam. Et ab ecclesia cimiterii cum suis evocavit
sacrariis et reliquiis... canonicos et in nova basilica quasi
in sua capella constituit...
GXXVII [Vers 1120]. Quo.modo arnoldus magnam do-
MUM ET EXCELSAM FEC1T IN CASTRO ARDEE, ET EJUS DESCRIP-
Tio HEC EST ''. — Postea vero, pace inter Ghisnensem -^
1. De Caumont, Abécédaire d'archéol.yarchit. civil, et ;hi7., 3' éd. (1869),
p. 87, distingue (leux sortes de halles au xii° siècle, à savoir: les unes
ressemblant aux fi;ranges des abbayes, vastes bâtiments en forme de paral-
lélogramme dont la charpente fort large et très élevée couvrait tout l'édi-
fice, où les marchandises se groupaient dans les diverses parties qui leur
étaient assignées ; les autres se composant d'une galerie ou appentis le
long d'une enceinte de murailles avec une place au centre: et l'on y entrait
par des portes. C'est à ce second type que se rapporterait dès le xi"
siècle la place du marché et la halle d'Ardres. — « On a fortifié au moyen
âge, dit M. Enlart, des bâtiments de destinations très variées, des maisons
de ville, desabbayes, des ponts, des fermes, des moulins, des églises. Le
manque général de sécurité a motivé ces adaptations. . . » [Man. darchéol. fr.,
t. Il, Archit. civ. et mil., p. 5 45). A cette énumération,il y a lieu de joindre,
au moins exceptionnellement, les marchés, comme cela résulte du texte ci-
dessus. Dans la plupart des ville flamandes, le marché était situé sous les
murs du château. On trouve cette disposition à Gand, à Saint-Omer, àArras,
comme à Middelbourg, en Zélande.Voy. H.Pirenne, dans son éd. deVHisl.
du meurtre de Charles le lion, comte de Flandre (1127-28), p. 51. La charte
de paix de Valenciennes (111 'Oditceci : «In quocumque loco nundine aut
forum ville collocentur, infra villamaut extra... » i Klach, op. cit., t. II, p. 366).
2. C'est-à-dire le jeudi de chaque semaine.
3. On sait combien au moyen âge les fondateurs d'une nouvelle église
tenaient à entrer en possession de reliques de saints en l'honneur desquels
ils faisaient bâtir un nouveau sanctuaire.
4. Voy. dans la Revue archéologique, XII" an. (1856), 2° partie, p. 63
et suiv., une excellente traduction, taite par J. Quicherat, de cette si pré-
cieuse et si pittoresque description (p. 624, ibid.).
5. Guines (Ghisme), ancien chef-lieu du comtédece nom, à, présent ch.-l.
184 TEXTES RELATIFS À l'histoike [Vers 1120]
comitem Manassem, et Ardensem dominum Arnoldum,
facta et confîrmata, super dunjonem ' Ardea miro carpenta-
riorum artificio, domum ligneamfecit, materie tocius Flan-
drie domos tune temporis excellentem. Quam quidem
Broburgensis ~ artifex vel carpentarius, in hujus artis ing-enio
parum discrepans a Dedalo, fabrefecit etcarpentavit, nomine
Lodewicus \ Et de ea fere inextricabilem ^ fecit laberintum
et etfig-iavit, penus '^' penori, cameram camere, diversorium '^
diversorio concludens, promptuaria sive granaria cellariis
continuans, et capellam in convenientiori loco ab orientali
parte domus in excelso superedificans. Triplicem autem
aream in ea constituit, et solium solio longe a solo quasi
in aère suspendit. Prima autem area fuit in superficie terre,
ubi erant cellaria et granaria ^, ciste ^ etiam magne, dolia et
cupe et alia domus utensilia. In secunda autem area fuit
de cant. de l'arr. de Boulogne, à 30 kil. N.-E. de cette ville et à 8 kil. Q.
d'Ardres.
1. Sur les donjons en bois surmontant les mottes, cf. le texte suivant, qui
se rapporte à la même époque, et que nous extrayons de la Vie de
Louis le Gros, par Suf^er (sièj^e du Puiset. an. 1111) : « Reliqui necnon et
ipse Hugo, cum intus castellum muro cinctum tuto non sufficeret
presidio, in mota, scilicet tiirre lif/nea superiori se recipit » (éd. Moli-
nier, 1887, p. 65). Ce qui prouve, ajoute l'éditeur, que le château du
Puiset se composait d'une doublé enceinte et d'un réduit : 1" une simple
palissade; 2° un mur probablement en pierre ; 3° un donjf)n en bois {ihid.,
n. 2). Voy. aussi VioUet-le-Duc, Dict.deiarch. fr., t. V, v° Donjon ; on lira
avec intérêt la description détaillée que cet auteur nous donne du château
d'Arqués, construit en partie au xi" siècle (t'itd., t. V, p. 36; ; cf. p. 48. Il est
regrettable que Viollet-le-Duc n'ait pas utilisé le récit de notre chroni-
queur qui offre des points nombreux de comparaison avec la description
du château d'Arqués. — Cf. Viollet-le-Duc, t. IV, art. Cuisine (qui donne peu
d'explicationsurîescuisines deschâteaux du xi' siècle); voy. aussi t. III. art.
Château.
2. Bourbourg, ancienne seigneurie située en Flandre, auj. ch,-l. de
c, arr. Dunkerque (Nord).
3. Le nom de cet architecte, Lodewick. habile dans les œuvres de cons-
truction de bois, fréquentes alors dans le Nord, mérite d'être signalé.
4. Les constructeurs de châteaux usaient d'ai-tifices recherchés pour la
disposition extérieure et intérieure de ces édifices où l'espace devait être
ménagé, et aussi afin de dérouter ceux qui tenteraient de s'y introduire
hostilement par violence ou par ruse.
5. Endroit servant à déposer des p.'-ovisions, des comestibles.
6. Corridor, d'après Quicherat (voy. .suprà, op. cit., p. 632); on pour-
rait entendre plutôt ainsi : logis d'hôtes, de gens de passage, conformé-
ment au sens classique de ce mot latin, en réservant l'acception de cou-
loir à meiciilum {Voy. ci-dessous).
7. Logements servant à recevoir des approvisionnements.
8. Récipienis ou sortes de coffres.
[Vers H20] de l'architecture en France 483
habitatio et communis inhabitantium conversatio, in qua
erant penora, hinc panetariorum, hinc pincernarum, hinc
maj^na domini et uxoris sue, in qua accubabant, caméra,
cui contiguum erat latibulum^, pedissequarum videlicet et
puerorum caméra vel do rmitorium. Hinc in magne secretiori
parte camere erat quoddam secretum diversorium, ubi summo
diluculo, vel in vespere, vel in infirmitate, vel ad sang^uinis
minutionesfaciendasveladpedissequas, vel ad pueros ablac-
tatos calefaciendos, ignemcomponere solebant. In hac etiam
area, coquina domui continuata erat, in qua erant due aree. In
inferiori area, hinc porci [in] pinguescendum positi sunt, ad nu-
triendum hinc anseres,hinc capones et alia volatilia ad occi-
dendum et ad vescendum semper parata. In altéra autem
coquine area, conversabantur tantum ceci et coquine
provisores, et in ea preparabantur esce dominorum delica-
tissime, et multimodo coquorum apparatu et labore con-
fricate et ad vescendum parate. Ibi etiam familiarium et
domesticorum esce cotidiana provisione et laboris ofïicio
preparabantur. In superiori domus area fuerunt facta
solariorum - diversoria, in quibus hic filii, cum volebant,
illic filie, quia sic oportebat, domini domus accubabant ;
illic vig-ilesj et ad custodiendam domum servientes positi et
constituti et semper parati custodes, quandocumque
somnum capiebant ; hic gradalia ^ et meicula '* de area in
aream, de domo in coquinam, de caméra in cameram,
item a domo in log^ium ; quod bene et procedente ratione
nomen accepit — ibi enim sedere in deliciis solebant ad
coUoquendum — a logos ^ quod est sermo, derivatum ;
item de logio in oratorium sive capellam Salomoniaco
tabernaculo in celatura et pictural assimilatam.
1. Cabinet, sorte de reirait.
2. Nous avons déjà rencontré ce terme avec le sens d'étage planchéié
(voy. siiprà, p. 10, n. 6) ; Quicherat (op. cit.) traduit ainsi : soupente en
plusieurs hauteurs de pièces ayant des abords difl'érents (p. 632).
3. Escalier de communication.
i. Couloir servant d'accès aux lofj;ements intérieurs.
5. Mention rare de travaux de décoration en relief et en peinture, faits
alors dans une chapelle seigneuriale.
186 TKXTES RELATIFS A L HISTOIRE [1061]
LV
1061, janvier.
Donation à Vahhaye de Déols, en Berry, par Renaud
Chabot, seigneur de Rocheservière^ d'une terre sise dans
le domaine de ce château, pour y construire un monas-
tère et y établir un cellier public, où les habitants de ce
pays pourraient déposer leurs provisions et ustensiles en
lieu sûr.
Bibl. nat., col. Gaignières, lat. 17048, fol. 475.
(Cf. Rec. hist. des char les intéressant le départ, de l'Indre, VI'-XI's,, n"
31, par E. Hubert, dans la Revue archéologique du Berry, 1899, p. 175.)
Eg-o Rainaldus, cog-nomento Chaboth, offero Deo et
Béate Marie, matri ejus, ad locum de Dolis^, terrain intra
nostrum^ oastelluni apud Rocham Gerveriam •^, tantum ubi
construere possint monasterium ; et cellarium'* publicum
habere concedo, ubi qui sua recondere voliierit ponat
absque pavore de aliquo rapto etc.. Facta charta anno
MLX, mense januario, régnante Philippe rege.
1. L'abbaye bénédictine de Déols (Dolense monasterium), ou Bourjj:dieu,
dédiée à la Sainte Vierge, au diocèse de Bourges ; auj. cant. et arr. Chà-
teauroux (Indre).
2. Le ms.de la Bibl. nat., d'où cet acte est tiré, porte riosirizHi et non
meum, ainsi que nous l'avons vérifié. — Cf. Buhot de Kersers, Hisl. et sta-
listique monumentale du département du Cher, v Déols (abbaye de),
t. VIII (1898), col. 107. (Voy. aussi Chevalier, Rép. top.-hibl., I, col. 879, v»
Déols.)
3. Rocheservière, dans la Vendée, ch.-l. de cant., arr. la Roche-sur-Yon.
4. Cf. l'acte de 1J80 relatif à Odon de Hoser, prieur de Madiran
(Gascogne), qui fit reconstruire une galerie couverte dans son monastère,
à l'une des extrémités de l'emplacement qu'il occupait, afin de faciliter
d'une façon régulièi-e à la population de Madiran le dépôt, en cet endroit,
des provisions et des vivres dont elle avait besoin (Bibl. nat., coll. Doat,
t. CLII, fol. 220). D'autres actes donnent l'exemple de celliers soumis à un
cens de location, comme c'est le cas de celui qui appartenait au prieuré
Sainte-Foi-de-Morlaas iBéarn), lequel relt;vait de (]luny. « Bertrannus
Faber, ditun acte delà lin du xi'-xii'siècle.de dimidioceilarioquod estjuxta
portam S. Nicholai, in unoquoque anno débet reddere duos sol. priori S.
Fidis in festivitate S. Ylarii. Et si murus ceciderit, ipse Bertrannus et
oninis pro[gJenies ejus qu[e] tenebit ipsum cellarium jus re(h)edificabit et
[1062] DE l'architecture en FRANCE 187
LVI
1062 et vers 1095.
Fondation du prieuré de Saint-Sauveur-en-Rue, dans le
Forez, faite par Artaud, seigneur d' Argentau, entre les
mains de Robert, premier abbé de la Chaise-Dieu, en
Auvergne, avec donation de tout le bois de construction
nécessaire au monastère et aux habitations de ceux qui
s'établiront auprès dudit prieuré. — Don à ce prieuré,
par le chevalier Ricols de Roussillon, d'une terre à
Saint-Genest, avec conduite d'eau, pierres calcaires et
bois de construction.
Extr. des Archives de Vabbaye de la Chaise-Diea, dans J.-M. de la Mure,
Histoire des ducs de Bourbon et des comtes de Forez, t. III (1868), n" 22,
p. 18 (Prcuv ), d'après la copie de dom P. Laurens, dans les Notes mss.
de la Mure, II.
(Cf. Carlulaire du prieuré de Sainl-Sauveur-en-Rue\ Forez, publ. par
de Gharpin-FeugeroUcs et M. -G. Guigue, Lyon, 1881, n" I.)
Notum sit... quod ego Artaudus de Arg-entau^, cum
consilio et voluntateFioe-*, uxoris meae et omnium militum
de Argentau, pro redemptione animae meae. et omnium
parentum meorum, dono ecclesiam Sancti Salvatoris^ cum
reintegrabit ipse fîdejussor. » {Cartul. de Sainte-Foi-de-Morlaas, publ. par
L. Gadier, n" XVII, p. 34 ; cf. n" XVIII). — Défense était faite, au xi' siècle,
d'envahir les celliers des églises [ibid.) Voy. le sermentde paix que l'évêque
de Beauvais, Warin, soumit au roi Robert, en 1023 (Luchaire, Les 1"'
Capétiens, Hisl. de France, par E. Lavisse, t. II, 1. I, ch. IV, p. 134-135).
1. Saint-Sauveur-en-R\ie, aujourd hui c. du cant. de Bourg, arr. Saint-
Etienne (Loire). — Cf. Chevalier, /{ep. <op.-/)i/)L, II, col. 2772, v Saint-
Sauveur-en-Rue, et I, coi. 634, v Chaise-Dieu (La).
2. Argental, seigneurie du Forez, arr. Saint-Etienne (Loire). — Sur le
Forez, au point de vue des monuments historiques, on consultera avec fruit
l'ouvrage de N. ThioUier, Le Forez pittoresque et monumental, Lyon,
1889, 2 vol. in-fol.
3. «Le texte de cet acte, envoyé de la Chaise-Dieu à l'historien De la
Mure, porte par erreur pise au lieu de Fia», un adjectif au lieu d'un nom
propre. » (Note des éditeurs de Charpin-Feugerolles et Guigue.)
4. Cf. : 1° à la fin du xi' siècle la donation faite par Aymou, fils d'Archam-
baud le Fort, aux religieux de Saint-Ursin-de-Moncenoux, en Bourbonnais,
188 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers 1095]
omnibus appenditiis et omnibus adjacentiis suis, atque
cum omni territorio quod ibi est, donc Deo et monasterio
Casae Dei et monachis ibidem servientibus, tam praesen-
tibus quam futuris, in manus domni Roberti, ejusdem loci
abbatis, liberam, sine omni retentione Et ut ibi
monasterium monachorum fiât ad habitandum, dono
ad construendum predictum monasterium et villam, nunc
et in antea, quidquid necesse fuerit in silvis, ubicumque
habeam ligna ad œdifîcandum sine omni contra-
dictione, semper habitatoribus ejusdem loci et ejusdem
villaî
Facta est hœc donatio in manus domni Roberti, Casae Dei
abbatis, anno ab incarnatione Domini millesimo sexage-
simo secundo, indictione octava.
2
Cartulaire cit., n» XXVIII.
[Vers 1093]. — Giraldus Ricolfus, miles de Rossilione',
dédit Deo et sancto Roberto et ecclesiae Sancti Salvatoris, in
parrochia Sancti Genesii '^ ad Souers, terram et vineas. . . cum
omni aqueductu et lodium cum lapidibus calcinariis 3, quan-
tum nobis opus fuerit. Dédit etiam praedictus Giraldus nobis
in sylva sua... ad aedif(f)icandum... quantum nobis vel his
qui pro nobis ibi steterint necessarium erit...
de la forêt dudit lieu pour y prendre du bois de construction (HuiUard-
Bréholles, Tilr.de la mais. duc. de Bourbon, t. 1, p.2,daprès Arch. nat., K. 19,
n" 2); — 2° la donation faite au. xi^-xii» siècle, au monastère de Sauxiilanges,en
Auvergne (auj. ch.-l. de cant., arr. Issoire, Fuy-de-Dôme), par un nommé
Hugue, du bois nécessaire à des constructions, « dono et in omnibus silvis
mc'\9, ligna ad aedificandum » d'après \c Cartulaire de Sau.cillanges, éd.
Doniol, p. 599, n" 883).
t. L'ancienne maison de Houssillon appartenait au Forez.
2. Outre les désignations locales de Saint-Genès et de Saint-Genest,
dans le Puy-de-Dôme, on trouve dans le département de la Loire les loca-
lités de baint-Genet-Malifau.v et de Saint-Genct-Lerpt, arr. de Saint-
Etienne.
3. Cf. Gloss. de Du Gange, v' lapis calcinarias ; cf. ibid. : calcinalts,
calcine as.
[1064-1079] DE l'architecture en frange 189
LVII
1064-1079.
Mention dun moine « operarius » de Vahbaye de Saint-
Victor de Marseille, dans une charte rédigée en son nom,
au sujet d'une transaction faite à Ollières, en Provence.
Chartularium monasterii Sancti Victoris Ma:ssiliensis, éd. B. Guërard,
t. I (1857), p. 173, n» 149 (coll. des Doc. inéd.j.
Tempore Bernardi', Massiliensis abbatis, ego Guirannus,
monachus et operarius^, feci acaptum apud Ollerias"^, de
Willelmo Trunno, tascam videlicet totam quam habebat
super homines S. Victoris, prêter dominicaturam suam, et
duos casales . qui sunt supra ecclesiam per quos qui
habent suos exitus, Wilelmus Elena et frater ejus, sin-
gulis annis unum agnum reddant de servicio. Pro his
omnibus, predictus miles, acceptis XL sol., simul cum
uxore, relinquit perpetuo jure, laudat et firmat que
diximus Domino Deo et S. Victori et Massiliensibus
nionachis, tam presentibus quam futuris, sub testibus*:
Wilelmus de OUerias et Petrus Gaufredi, etc..
1. Bernard de Rouerj^ue, abbé de 106 i à 1079.
2. Le Cartulaire de Saint-Victor de Marseille contient un autre acte du
13 juillet 1165, mentionnant le moine Pierre de Saint-Gilles, en qualité
d' ■< ouvrier » audit monastère : « Petrus de S. Egidio, operarius S. Hono-
rati, monachus. » Il s'agit ici, semble-t-il, du prieuré de Saint-Honorat
d'Arles. Dans le Cartulaire de Saint-Sernin, de Toulouse. « Voperarius,
l'ouvrier, apparaît tardivement et encore deux fois seulement. En 1184,
Arnauld Ustul, et, en 1200, Pons remplissent la fonction que ce mot
dési|j:ne. c'est-à-dire qu'ils prennent soin de l'entretien des bâtiments et
de l'église et de l'abbaye. » {Introd. par l'abbé Douais, p. L et LI, § 4,
dignitaires de l'abbaye ; a/)pend. n° 29, n° 62; cf. Invenl., 7, 46.) — De
même que dans les chapitres des cathédrales ou des collégiales, le titre
cVoperarius donné dans les abbayes à un moine chargé de l'entretien et
des dépenses des bâtiments n'implique pas nécessairement que ce
dignitaire s'occupe lui-même de la direction technique des travaux ou
qu'il y ait, alors qu'il est mentionné, une restauration ou des réparations
importantes dans ces abbayes. La qualité de magister, qui y est jointe
parfois, exprime davantage la part personnelle prise à des travaux d'art
de ce genre. Voy. supra, p. 35, n" 4.
3. Ollières, comm. du cant. de Saint-Maximin, arr. Brignoles, dépar-
tement du Var.
190 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers 1065]
LVIII
Vers 1065-1073.
Acte constatant^ entre autres donations domaniales faites
par Raymond II, comte de Bigorre, à Vabbé de Saint-
Savin-en-Lavedan (^Gascogne), celle de la vallée de Cau-
terets ; mention de Véglise de Saint-Martin et des maisons
de bains à construire par les soins dudit abbé, pour le
monastère de Saint-Savin, audit lieu, devenu obédience
de cet établissement monastique, sous la surveillance
d'un religieux délégué à cette fin.
Cartulaire de Vabbaye des bénédictins de Saint-Savin-en-Lavedan^ (945-
1175), publié par Ch. Durier, Paris et ïarbes, 1880, n° III, p. 8-9.
Manifesta res est et pêne omnibus incolis Wasconiae
certissime notum, monasterium Levitanense in honore
S. Savini^ a Raimundo^, comité Bigorrensi, esse cons-
tructum, et de sibi pertinentibus praediis in ipsa valle
Ltcvitanica longa manu ditatum. Nam inter cetera repe-
rimus vallem Galdarensem^, ubi nunc ecclesia S. Mar-
tini et ipsi balnei constructi videntur, jam dicto principe
Deo et S. Savino, ac succedentibus abbatibus et monachis
1. L'original a disparu ; il datait très vraisemblablement de la fin du xii*
siècle ou du commencement du xiii". Sur les deux copies qui en restent
dont l'une appartient aux Archives des Hautes-Pyrénées et l'autre à la
Bibliothèque publique de Tarbes, voy. Durier, op. cit., p. I et II.
2. Voy. sur cette abbaye, G. Bascle de Lagrèze, Monographie deSaint-
Savin-de-Lavedan. 1850, notamment p. 120-122, où les faits ci-dessus sont
rapportés et commentés. Voy. aussi V.ibbaye de Saint-Savin, par Paul
Lafond,dans le Bull, monum., 1886-87, F, II, p. 580-593, III, 5-18; cf. Cheva-
lier, Rép. lop.-hibl., II, col. 2773, v° Saint-Savin.
3. Raimondll.comtede Bigorre, vers 1065-1080. (Cf. Durier, op. cit., p. V.)
4. Cf. ihfra: « in valle Caldarez. » Cautcrctz, station thermale dés Hautes-
Pyrénées, arr. Arji^elès. — Les eaux de Cauterets paraissent avoir été
connues des Romains : « A Cauterets, est un bain de César, de construc-
tion romaine, piscine voûtée, jadis éclairée par deux ouverture ovales. ».
Essais histor. sur le Rigorre, par d'Avezac, t. I, p. 40 (cf. de Lag:rèze, op.
cit., p. 120, n. 2). Voye? toutefois à ce sujft, L. Bonnard, La Gaule ther-
male. . ., 1908, p. 343 et s. (avec not. bibliogr.).
[Vers 4065] de l architecture en frange 191
esse delegatam ; quanquam eiiam per successiones tem-
porum ab incolentibus locum légitime ac liberaliter, sine
inquietudine, semper potestative possessam, in tantum ut
Bernardus^ abbas, fultus consilio comitis Bernardi, et
roboratus auctoritate pontificali, videlicet venerabilis
archiepiscopi Auscitani, et Pontii^, Bigorrensium episcopi,
ecclesiam S. Martini domosque balneorum suis usibus
aptas aedificaret, Johanfnjemque monachum loco obe-
dientiae ibi niane[n]dum constitueret, et quaecumque erant
necessaria loco subministraret^...
LIX
Vers 1063-1074.
Travaux de reconstruction entrepris à l'abbaye de Saint-
Hubert-d' Ardenne par les soins de Vabbé Thierri ; étahlis-
ment d'une enceinte de huit tours, réfection du mur du
monastère ; nouveau cloître et nouvelle crypte ; provenance
des matériaux employés à ces deuxdernièresconstructions ;
entretien des ouvriers logés et nourris aux frais de la
comtesse d' Arlon ; louage des services de tailleurs de pierre
mandés de Liège, par l'abbé Thierri ; nouveaux autels et
nouvelles chapelles éclairées par de beaux vitraux, œuvre
d'un artiste verrier^ nommé Roger, qui avait été appelé
de Reims par ledit abbé pour cette ornementation.
Chronicon sancti Huberti * Andaginensis, c. 18 et 19, dans les Mon. Germ.
hist.. Script, t. VIII (1848), p. 578-579.
(Cf. Martine, A fn;ji(sstrn-i collectioA. IV (1729), col. 934-936 ; — (en
1. Bernard II, abbé de Saint-Savin, 1059-1080. (Cf. Durier, op. cit., ib.
2. Ponce, évèque de Tarbes ; on ifj^nore la date initiale de son épiscopat ;
mais on sait qn'en 1073 il fut relevé de ses fonctions par décision pon-
tificale.
3. C'est peu après que se fit la charte d'union de Saint-Savin à l'abbaye de
Saint-Victor de Marseille (l""^ avril 1080) : « monachoruniMassiliensium
noviter advenientium », lit-on un peu plus loin dans notre teit»
(p. 9).
4. Saint-Hubert, ville de la province de Lu.xembourj^, en Belgique, ch.-l.
192 TEXTES RELATIFS A l'uistoire [Vers 1065]
partie seulement, iJec. des Hisi. de Fr., t. XI (1876), p. 150-151 ; — (sous le
titre de Cantatorium Sancti Hnherii, dans Mon. pour servir à Vhist. des
prov. de Namur... Luxembourg, éd. de Reifl'enber^, t. VII (Bruxelles,
1847), p. 258-260. — Migne, Patr. lat., t. CLIV, col. 1363-1364.)
18... Sub eodem tempore simul coepta est fîeri octo tur-
rium corona ^, et quae in prato est in honore Beati Aegidii
ecclesia, murus qiioque circa monasterium qui nimia vetus-
tate paene totus corruerat, claustrum quoque et cripta.
19... Adeladis, comitissa Araeleonis, fuerat fîlia... duois
Theoderici... Videns abbas Tlieodericus copiani mag^norum
lapidum in fundamento veteris quondam civitatis, nunc
autem pro castelli moenibus adbreviatis ex eisdem
lapidibus ecclesiae donari expetiit quantum sufficeret
ad aedificationem criptae vel claustri. Libenter illa [comi-
tissa Araeleonis 2] quod petebatur concessit ; sed et opera-
riis ecclesiae, quamdiu ibi morarentur, et hospitium et
victum promisit. Respondit abbas gratias Deo omnipotenti,
Adelaidi, comitissae Araeleonis, et. filiis ejus reverenter
valedixit, et ad monasterium rediit. Moxque a Leodio -^
caesoribus conductis ', criptam et claustrum in praesentem
statum composuit, advectis ab Araleonis columpnis cum
capitellis et basibus suis et altarium mensis. Auxit etiam
oratoria a dextris et a sinistris ecclesiae, et a dextris qui-
dem, memoriam Beatae Mariae ad médium altare novae
criptae transtulit, et ibidem altare sancti Stephani proto-
martyris substituit ; a sinistris vero, memoriam beati Mar-
tini ut fuerat reliquit, ibldemque extrinsecus novum orato-
riumex[s]truxit, quod diciturad Sanctam Jérusalem, eoquod
dominicae sepulturae ■' et resurrectionis contineat expres-
de c. arr. et à 22 kil. N.-N.-O. de Neufchâteau. — Cf. Pirenne, Biblio-
graphie de l'hist. de Belgique (1893), p. 63.
1 . Sur les tours d'enceinte et portes fortifiées de monastères, voy. Alb.
Lenoir, Architecture monastique, t. I (1852), p. 56 et s.
2. Arlon, auj. ch.-l. de la prov. de Luxembourj,'.
3. Liège, auj. ch.-l. de la prov. du même nom (Belgique).
4. Encore un exemple de louage d'ouvi-iers laïques, de tailleurs de pierre,
en particulier, au ser^'ice dun abbé pour les constructions à faire à son
église abbatiale.
D. On sait que ce sujet religieux fut maintes fois représenté par la
sculpture du moyen âge dans l'intérieur des églises.
[Ver» 1066] de l'architecture en france 193
samsimilitudinem. Illuminavit quoque oratoria quae exs-
truxerat'pulcherrimis fenestris, quodam Rogero ' conducto ab
urbe Remensi, valent! admodum viro et promptissimohujus
artiset peritissimo. Aedificavitet altarein honore sanctae et
individuae Trinitatis ad pedes beati Huberti, ubi et
maxima sanctorum pignora deposuit.
LX
Vers 1066 et 1171-1172.
Mention du chàleau de Hastings [Sussex), en Angleterre,
construit en bois sur l'ordre de Guillaume le Conquérant,
duc de Normandie. — Extrait de comptes constatant la
reconstruction en pierre de la tour dudit lieu, par les
soins de Henri II, roi d'Angleterre.
Chronicon monasterii de Bello [Battle abbey), éd. Brewer, Londini, 1846,
p. 3.
(Cf. Dugdale, Monasticon anglicanum, t. III, 1846, p. 240.)
[Vers 1066]. — Dux ibidem^ non diu moratus, haud longe
situm, qui Hastinges ^ vocatur, cum suis adiit ^portum,
1. C'est par erreur que dans son ouvrage sur les Vitraux (p. 14), Olivier
Merson fait de cet artiste un religieux ; ce n'est pas avec un moine que
l'abbé aurait conclu un contrat de louage de services. Suivant le même
auteur, les verrières commandées par la comtesse d'Arlon auraient
représenté" des griffons, avec fond de rinceaux et d'entrelacs ! »{Ibid.). Or,
depuis longtemps, il n'y a plus de traces de ces vitraux. L'église actuelle
n'est plus un édifice roman, rebâtie qu'elle a été en style gothique du
xvr siècle (de 1526 à 1564) sur une vaste crypte gothique. — Voy. Schayes,
Hist. de l'architecture en Belgique, t. III, p. 223 ; Helbig, L'art Mosan
depuis L'introd. du christianisme, t. I (1906), p 12 ; Bui/. de la gilde de
Saint-Thomas, t. VI (18851. Nous remercions M. L. Cloquet, de l'Université
de Gand, qui a eu l'obligeance de nous communiquer ces renseignements.
2. Pevensey, auj. com. d'Angleterre (Sussex).
3. Sur les sources relatives à Haslings, voy. Chevalier, Rép. top.-bibl.,
col. 1395, v° Hastings. C'est aujourd'hui une ville maritime d'Angleterre, à
9kil. S.-O. de Winchelsea.
13
194 TEXTES RELATIFS A l'hISTO!RE [1066-1095]
ibique opportunum ^ nactus locum, ligneuin ~ agiliter cas-
tellum^ statuens, provide munivit^.
Mar/nus rotiilus pipae de anno XYIII" régis Henrici 77, dans les Publica-
tions of the pipe roll Society, vol. XVIII, London, 1894, p. 130.
[ 1171-72] — SUDSEXA ■''. Et in attractu petre et calcis ad
faciendam turrim de Hastings^, VI lib., per brève régis.
Et in attractu petre '^ et calcis ad faciendam turrim de
Hastings, XIII lib. et XII den., per brève régis.
LXI
1066-1095.
Historique de la fondation de Vabhaye de la Bataille
(Battle abbey), près d'Hastings [Sussex), construite sur
Vordre de Guillaume, duc de Normandie, roi d'An-
i. oporliinum, Dugdaïe.
2. Sur le modèle des châteaux de bois de Normandie.
3. Le château de Hastings est appelé caslellaria, dans le Domesday book
1, 18a, 2. — Sur le texte ci-dessus, voy. Mrs Ella S. Armitage, The early
Norman castles ofEngland, dans The Engl. hislor. i-eview, t. XIX, 1904,
p. 232-233 ; cf. J.-H. Round, Thecastles of theConquest, dansV Archaeologia
(Soc. ofantiquar. of London), t. LVIII, part. 1, p. 313-340.
4. La garde de latour d'Hastings avait été confiée àOnfroi du Tilleul-en-
Auge, originaire des environs de Grand-Mesnil : « Unfridus de Telliolo,
qru Hastingas a prima die constructionis ad custodiendum susceperat. «
(Oider. Vital, Hist. eccL, 1. IV, c. 4, éd. le Prévost, t. II, p. 186,ann. 1068-69.)
5. Sussex (comté de). — Ce texte est cité en partie dans l'étude de Mrs
Armitage (op. cit., p. 233).
6. (]e château de Hastings, d'origine Normande, était bâti sur un roc
escarpé ; ses ruines ont été signalées dans les descriptions d'Hastings. Sur
les châteaux anglo-saxons, d'autre part, la mention suivante d'Orderic Vital
mérite d'être rapportée ; « Munitiones enim, quas castella Galli nun-
cupant, anglicis provinciis paucissimae fucrant : etob hoc Angli, licet belli-
cosi fuerint et audaces, ad resistendum tameninimicisextilerantdebiliores.»
{Ilisl. eccl., 1. IV, c. 4, éd. Le Prévost, l . II, p. 184.) Cf. Armitage, op.
cit., p. 120, qui constate ainsi le manque de renseignements écrits sur
les anciens châteaux anglo-saxons : «... the absence of any référence to
castles in the Anglo-Saxon historians, except in connexion with Normans. »
7. Les Gesta Stephani mentionnent pour Carisbrooke, près d'Alvington, un
magnifique château-fort en pierre, du temps de Henri 1"^, indication qui
peut être rappelée ici : «... castellum ornatissimum lapidum iedificio
constructum, validissimo munimine firmatum. » (Armitage, op. cit.,
p. 223.)
[1066-1093] DE l'architecture en frange 195
gletcrre, en souvenir de la victoire remportée par lui en
cet endroit sur les Sci.rons. — Envoi à cette fin d'une mis-
sion de moines de Marmoutinr [près de Tours) pour ladite
fondation ,* provenance partielle des matériaux employés
à cette construction : pierres tirées des environs de Caen
et transportées aux frais du trésor royal de Normandie
en Angleterre.
Chronicon monaslerii de Bello\ dans Dugdale, Monaslicon anglicanum,
t. III (1846), p. 241, col. 2.
(Cf. Biewer, éd. de VAnglia christiana society, 1846, p. 7-9.)
Verum conscia interius instante conscientia, exteriiis
quoque non facile supradicto monacho Willielmo Fabro*,
horum mentionem studiosius inculcante, seposito, tandem
eidem monacho, ut optaverat, rex [Willelmus], quia ad
manuai habebatur, operis fabricam committens, prœcepit
quatinus in antefa[cJto ^ congressionis loco, accitis secum
suœ ecclesiœ aliquibus fratribus, opportunum ^ festinaret
fundari monastermm. Quod is alacriter excipiens, Majus
Monasterium'^ ocius adiit, hincque quatuor monachos,
scilicet ThedbaMum, cognomine Vetulum, Willielmum
Coche, Rotbertum de Bolonia, Rotbertum Blancard, viros
personalitate ac religione piaîcipuos, secum in Angliam
adduxit. Qui, memoratum belli locum considérantes, cum
ad tam insifjnem fabricam minus idoneum, ut videbatur,
arbitrarentur, in humiliori non procul U)co, versus ejusdem
1. Ce surnom esL expliqué de la façon .suivante par l'auteur de cette
chronique : « ... Willielmus Faber cofi^nominatus, qui quondam ipsius
ducis serviens, hiiic Fabri nomen obtinuit, quod cum sodalibus venatum
aliquando profeitus, sa^iltis forte deficientibus, cum quendam fabrum
hujusmodi operis ignarum adissent, ipse, malleis arreplis, mox sagittam
artificioso in^'enio compe^it .> (Ed. Bievv. r. p. -i). La chronique dit
aussi que ce mémo (luillaumc le Fèvre, alors moine de Marmoutier, supplia
le duc vainqueur lie fonder un monastère en l'honn.urde saint Martin, patron
de son abbaye ; et \c duc n'aurait pu écarter facilement ses pressantes sol-
licitations (non facile seposUo).
3. antefato, Hrewi r ; anlefaclo, Dugdale.
3. nportuniim, l)iii,'iiale.
4. Le monastèie de Marmoutier a souvent envoyé au moyen âge des
missions de nioitus qui ont fait rayonner au loiu son influence, si sen-
sible au point de vue ecclésiastique et architeciarale, ainsi que cela eut
lieu pour d'autres abbayes renommées.
196 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1066-1095]
collis occidentalem plagam, aptum habitandi locum eli-
gentes, ibidem, ne nil operis agere viderentur, mansiun-
culas quasdam fabricaverunt. Qui locus, hucusque Herste
cognominatus, quandam habet spinam * in hujus rei moni-
mentum.
Igitur, cum inter hsec régis animus sollicitus de fabrica?
provectu quaereret, ab isdem fratribus ei suggestum est,
quod locus ille, ubi ecclesiam fieri decreverat, uti in colle
situs, arenti gleba, siccus et aquarum foret indig-us, atque
ob hoc oportere tanto operi aptiorem locum in proximo, si
placitum haberetur delegari. Quod cum rex percepisset,
indignatus refugit, ociusque jussit in eodem loco quo,
hoste prostrato, sibi cesserat triumphus, basilicœ funda-
mentajacere. Cumque, obniti non priesumentes, aquarum
penuria[ml causarentur, verbum ad haec memoriale magni-
ficus rex protulisse fertur : « Ego, inquit, si, Deo an-
nuente, vita cornes fuerit, eidem loco ita prospiciam, ut
magis ei vini abundet copia quaiu aquarum in alia prœ-
stanti abbatia. » Denuo quoque illis de loci conquerentibus
ino[p]ortunitate, eo quod scilicet, per vicinia latins, uti per
silvestre solum, nusquam ad sedificium apti lapides reperi-
rentur, rex de thesauro suo ad omnia sufïicientiam pro-
ponens sumptuum, delegavit etiam naves de proprio,
quibus a Cadomensi^ vico lapidum copia ad opus propo-
situm transveheretur. Cumque, statutum régis exequentes,
aliquantam de Normannia lapidum portionem advexissent,^
1. Ce terme, qui exprime ici un signe extérieur, peut-être un édicule,dont
nous n'avons par la description, et qui indiquait le lieu de la déroute des
Saxons, a été usité déjà, avec l'acception de marque dune défaite, à la fin
de l'époque romaine (Gassiodore, Var., III. 51; cf. le Lexicon de Forcel-
lini, v Spina, .5 l'i).
2. C'est le cas de rappeler ici les constructions mémorables élevées à
Caen par la même munificence royale : « Diias quidem [abbatias]apud Cado-
muni construxit[rexWillelmus], unam monachorumpro se habilcm O)nnii)o
ac locupletem, in qua defunctus, ut praefati sumus. tumulatur ; aliani
quoque sanctimonialium satis spectabilem. causa et instinctu reginae sune
Mathildis, in (jua et ipsa mirifice sepulta quiescit; in Anjîlia vero tertiam,
de qua nunc sermo actitatur, in loco sibi a Deo, ut supra reiatum, est, vic-
toriae concessae, fundavit, in qua et se humari. si in Anglia obisset.
procul dubio decrevit. » (éd. Brewer, p. 38-:î9 Cf. Neuslria pia, p. 62 i). La
première de ces églises est Saint-Etienne, la seconde est la Trinité de
Caen.
[1066-1095] DE l'architecture en frange 197
intérim, ut fertur, matronœ cuidam religiosas revelatum
est, quatinus in designato sibi per visum loco fodientes,
ibidem ad opus prœmeditatum lapidum invenirent abun-
dantiam. Non longe itaque a praesignato ecclesiae ambitu,
ut jussum fuerat, quaerentes, tantam ac talem lapidum
repererunt copiam, ut manifeste pateret inibi divinitus
ad prtedestinatum opus lapidum ab œvo reconditum
thesaurum. Jactis ergo tandem fundamentis praestan-
tissimi, ut tune temporis habebatur, operis, secundum
régis statutum, altare majus in eodem loco quo régis
Haraldi signum, quod standard vocant, corruisse visum
est, provide statuunt. Et licet peritissimi, non vili com-
mercio asciti, operi praeessent artifices, tamen exactoribus
plus propriis quam Jesu Christi deditis, negligentius
cœpti ' fabrica ut specie tenus ad hoc magis quam studio
intendent[ijum2 proficiebat. Intérim quoque, et infra desi-
gnatum mpnasterii ambitum, sibimet idem fratres insump-
tuosas quidem quo degerent domuncuîas œdificant. Sicque
interdiu scœvo exemple in exorsis, die diem recrastinante,
et regiœ opes, quœ ad fabricœ accelerationem pro libitu
cedebant, pro libitu et dispensantur, multaque ex ejusdem
régis devota liberalitate illuc collata indiscrète distra-
huntur...
... Communicato itidem consilio, misit pra^dictus Wil-
lielmus Faber, qui totius loci curam administrabat, et a
Majori Monasterio alterum fratrem ad ejusdem abbatiœ
regimen suscipiendum ascivit, Gausbertum nomine, virum
religionis, summae mansuetudinis ac multiplici virtutum
insignitum dote. Quem ad designatum festinantem locum
quatuor ex consodalibus secuti sunt fratres, Johannes
scilicet, Hamelinus, Ainardus, Leffelmus, qui, simul cum
eo prospère Angliam appulsi, ad destinatum hilares locum
pervenerunt.
Hinc autem, eodem venerabili viro Gausberto regiae nutu
majestatis, circa MLXXVl dominicae incarnationis annum,
1. Sous-entendu : operis.
2. intendentum, Brewcr ; inlendenlem, Dugdale.
198 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1066-1082]
in abbatiae regimen féliciter promoto, et coram altare
sancti Martini' de Bello benedicto, et in sedem suamlocato,
cœpit sub eo et ecclesiae fabrica et fratrum paulatim nume-
rus profîcere,..
Gumque jam operis fabricœ ^ peroptata advenisset per-
fectio..., [rex] eandem dedicari basilicam decrevit. Gumque
statuto die, rex... locum adisset,... archipraesule Gantua-
riensi Anselme superveniente, comitantibusque regem...
Osmundo, Saresberiensi episcopo, Willelmo'^ Dunelmensi
episcopo... dedicari magnifiée fecit ecclesiam, instante die
III iduum februar., anno Verbi Dei incarnati MXG*'V°, ex
quo vero ipse rex Ang-liae monarchiam sumpserat anno
VIII«4.
LXII
1066-1082.
Remise par Josselin, fils de Guéthenoc^ vicomte de Porhoët^
du prieure de Sainte-Croix, en état de dépendance^ à l'ab-
baye de Saint-Sauveur de Hedonen Bretagne, ledit prieuré,
1. C'est justement le même sainten l'honneur de qui l'église aVjbatiale
de Marmoutier avait été dédiée.
2. On trouvera une vue extérieure de ce monastère dans Dugdale, op. et/.,
p. 232-233, sous la date suivante : « Battle abbey, Sussex, 1818. »
3. La présence de cet évêquc, Guillaume de Saint-CIalais, mérite d'être
remarquée à cette consécration. Il avait entrepris depuis le mois daoût
1093 la reconstruction de la cathédrale de Durham, la plus importante
église romane d'Angleterre. Les consécrations d'églises ont eu une influence
incontestable sur la propagation de l'architecture et de ses formes de
plusen plus perfectionnées, auxquelles de hauts dignitaires ecclésiastiques,
occupés de surveiller des constructions ou des réfections d'églises dans
leurs diocèses ou abbayes, ont dû prêter, à coup sûr, une attention marquée.
4. En 1102, nous trouvons placéà la tête de cetteabbaye im moine deSaint-
Calais (Maine), «monachus S. Garileffi, Gausfridus nomine », lequel s'occupa
de faire réparer et fortifier les manoirs de ce monastère et notamment le
manoir de Wi: «Manerium autem illud caeteraque àd ecclesiam perlinentia
studiose restauranda commissae ecclesiaesibique commisit. . donuis fabri-
cae et munitioni, raurorumque circa ambitum fundationianimum contulit »
(1102-1107,éd.Brewer, p. 49). Cette mention est intéressante et témoigne
des raj)ports ecclésiastiques entre l'Angleterre proprement dite et les
possessions continentales des rois anglo-normands, rapports qui eurent
des conséquences importantes pour la diffusion des procédés d'architec-
ture religieuse et militaire provenant de la Normandie cl du Maine.
[Vers 1068] de l'architecture en frange 199
joignant le château de Josselin, qui avait été agrandi
précédemmen t .
Cartulaire de Vahbaye de Redon {Cartiilarium abhatiae S. Salvaloris Rolo-
nensis), publ. par A. de Courson (1863), n" CGXCIIl, p. 212.
Defuncto nobili et sapiente proconsule Guethenoco \ et
in capitule Rothonensi sepulto-, successit ei nobilior sapien-
tiorque filius ejus Goscelinus, qui... jussit... venire ad se
Perenesium, venerabilem Rothonenseni abbateni, vota
patris sui, que quondam pro ampliatione ' castelli voverat,
Deo auctore, solvere volens. Videbat quidem non solum
castellum, sed etiam omne regnum suum, ut ipse fideliter
credebat, pro ipsis undique esse amplifîcatnm ; et ideo
dédit sancte aecclesie Rothonensi, ju[x]ta castellum,
cellam monachorum habitatione dignam, id est monas-
teriuni Sancte Crucis^ et sanctorum martirum Cornelii et
Gipriani, cum veteri suburbio usque ad medietatem Ulti''
fluminis, cum omnibus redditibus et cum omni domina-
tione sua, libère, sicuti ipse castel[l]um suum possidebat...
LXIII
Vers 1068 ou 1070.
Convention faite entre le Chapitre de la collégiale de
Saint- Hilaire de Poitiers et les liabitants de la paroisse
1. Voy. supra, p. 51 (n" XI), le texte que nous publions sous les années
1008-1026. — Cf. du Halgouët, Essai sur le Por/ioéY (avec carte), 1906, p. 15
et s.
2. Cotait l'une des conditions exprimées dans le texte ci-dessus par le
père de Josselin. Voy. supra, p. 52.
3. C'est ce dernier qui a donné son nom au château de Josselin (aujour-
d'hui, arr. Ploërmcl) : castellum et caslrum Goscelini, lOSO (Cartal. de Vah-
baye de Redon, par A. de Courson) ; castellum Joscelini, 1108 (prieuré de
Samt-Martin de Josselin), etc. Voy. aussi v° Porhoët, à la table des formes
anciennes du Dict. iopogr. du départ, du Morbihan, par Rosenzweig
(1870); cf. ibid. v° Sainte-Ci-oix.
4. Prieuré dô Sainte-Croix, membre de l'abbaye de Saint-Sauveur de
Redon.
5. LOust ; à Josselin, il y a un pont sur cette rivière.
Sainte-Croix, aujourd'hui rue et faubourg de Josselin, forme une paroisse
du doyenné de Porhoët, lequel aurait été fondé vers 1030 par le fils de
Guéthenoc. Voy. A. de Courson, op. cit., Prolér/om, p. ccx\i.
200 TEXTES RELATIFS A l/lIISTOIRE [VerS 1068]
de Saint-Hilaire-sur-V Autise^ en Bas-Poitou, pour le droit
de sépulture, la construction et C entretien de la couver-
ture de V église paroissiale dans ledit village.
Orig. Archives départ, de la Haute-Vienne, fonds de Saint-Hilaire, Saint-
Ililaire-sur TAutise, n» 4.
(Cf. Bibl. de la Ville de Poitiers, coll. Fonteneau, mss. 455-5i3, t. X, p.
349. — Doc. pour Vhist. de l'égl. Saint-Hilaire de Poitiers, par L. Rédet,
dans les Mém. de la Soc. des antiq. de VOiiest, [. XIV, éd. 1848, p. 92 i.)
Convencionem fecit domnus Alboinus, decanus Santi
Hylarii, et precentor Otgisus, una per consensum Folconi[s]
gabicerii^ et consilium omni[s] congiegacioni[s] ejusdem
presulis, cum hominibus rusticanis de Sancto Hylario cui
vocabulum est super Altizia^, ut unusquisque rusticus qui
quatuor boves habuerit, V solides dimittat ad suam
sepulturam, et qui duos boves habuerit, II solides et
dimidium similiter ad sepulturam dimittat ; et nulla alia
persona per vim in eternum plus requirat. Et illi omnes
rustici convencionem* pro eo habent, ut ecclesiam edifica-
1. Nous remercions notre confrère, M. L. Levillain, d'avoir bien voulu
s'intéresser à nos recherches concernant les sources du présent texte.
Dom Fonteneau l'a daté ainsi : vers 1068. L. liédet le place aux environs
de 1070. A. Ghampollion-Figeac en a signalé l'intérêt dans ses Droits et
usages concernant les travaux de construction dans Rev. archéol.,
XYh ann., 2' part., p. 722.
2. Gaiicerit probablement pour <'aptcer«", ohévecier.
3. Saint-Hilaire-sur-l'Autise est aujourd'hui Saint-Hilaire-des-Loges,
ch.-l. de c, arr. Fontenay-Ie-Comte (Vendée).
4. Des associations pieuses existaient au xi' siècle dans le dessein de
contribuer à la construction, à la réparation et à la décoration d'églises
autres que des cathédrales ou de très grands édifices religieux. Outre les
confréries populaires, organisées pour l'érection de ces vastes monuments,
pour lesquelles nous avons recueilli diverses informations documentaires
(cf. Enlart, Man. d'archéol. fr., t. I, p. 7 4), il faut mentionner ici
des exemples d'association ayant un objet plus modeste. Citons d'abord
pour le XI" siècle, en 1058, une charte de Bércngcr, évêque d'Elne
(Roussillon), mentionnant une association ayant pour but de réédificr
une église à Sallèles : « Plurimis qui ad ecclesiam reaedificandam conve-
neranly Bcrengarius, episcopus Helenensis, . . . donat villam Salelas
ecclesiae Helcnensi ad reaedificandam illam ecclesiam » (Champollion-Figeac,
Documents paléogr., p. 234). Peu après en 10G6, nous voyons Tbéo-
duin, évêque de Liège, accorder une charte de liberté à Iluy, dont les
habitants avaient abandonné le tiers, puis la moitié de leur avoir mobi-
lier pour la reconstruction de l'église de Notre-Dame de cette ville : « ad
sumptus ecclesiae necessarios » ; ce qui permit de la rebâtir : « a fundamcntis
usque ad laquearia, a laquearibus et ultra >> (A. Wauters, De Vorigine . . .
des libertés communales en Belgique, dans le Nord de la France, Pr.,
1869, p. 2.) Quant aux travaux de reconstruction et de décoration d'églises,
accomplis au xii* siècle à l'aide de ressources recueillies par des confréries
religieuses, nous aurons occasion d'en parler, à propos d'un extrait de la
Chronique de Morigny qui se rapporte au premier quart de ce siècle.
I Après 1069] DE l'architecture en frange 201
•cionis adjuvent ; et cooperient eam omni tempore illi et
ipsi qui post eos fuerint.
Istam vero convencionem feceruiit Alboinus decanus,
et Otgisus, qui de ipso loco prepositus est, per consensum
■et consilium Hisemberti archipresbiteri et Raimundi Clari
Oculi, qui de ipso Otgiso in fedum habent
LXIV
Après 1069-1099.
{Construction du château de la Chaize-le-Vicomte, en Bas-
Poitou, par V architecte Ingelbert. — Construction de
V église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste dudit lieu par
le chanoine Jean, grâce aux libéralités dAinieri,' vicomte
de Thouars.
Original '. Archives de Maine-et-Loire, sér. H, abb. de Saint-Florent de
Saumur, Livre blanc, fol. 54 v°.
(Cf. Chroniq. des é(jl. d'Anjou, par Marchcgay et Mabille, Soc. hist.
de Fr., 1869, p. 333. — Carlulaires du B;is-Poilou, dép. de la Vendée, par
Marchegay, IS'ÎT, p. 25.)
[Carta de constructione ecclesiae (Asae a Johanne
•CLEKicoj. — Scripsimus ad memoriam posterorum quod Ai-
mericus^, [Toarcensium] vicecomes, incoans aedificare eas-
trum Casae^,ecclesiamejusdemloci construendamomnesque
res ad eam pertinentes cuidam Johanni clerico commen-
ta vit; donec scilicet provideret ipsecanonicos aut monachos
quos ibi ad serviendum Deo institueret...
1. Nous re iiercions notre confrère, M. Marc Sache, archiviste de Maine-
■et-Loire, d'avoir bien voulu vérifier les sources des textes ci-dessus.
2. Aimeri IV, vicomte de Thouars no55-1093). Voy. Imbert, Aot. sur
les vicomtes de Thouars, dans les Mem. de la Soc. des antiq. de VOuest,
t. XXIX, p. 3i3 et s.
3. La Chaize-le-Vicomte, cant. et arr. La Roche-sur-Yon (Vendée) ;
ancien prieuré bénédictin fondé en 1069.
202 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers 1070]
Origf. Arch. de Maine-et-Loire, même fonds.
(Cf. même éd., par Marchegay et Mabille, p. 336 ; voy. aussi Cartul.
du Bas-Poitou, éd. cil., p. 3-8).
[Fragmentum chromcae phioratus de Casa vicecomitis]. —
Ipse autem vicecomes coepit diligenter requirere si
aliquis in ipso Castro vel in toto suo territorio existe ret,
qui hoc donum vel concessionem ab ipso Sancti Martini
nionachis factam aliquando audisset vel vidisset. Sed,
cum neque hic qui saepefatum castrum, ipso vicecomite
jubente, Ingelbertus nomine, aedificaverat, neque Johannes
canonicusqui praelibatam Sancti Johannis* [de Casa] eccle-
siam ab ipsis fundamentis construxerat... aliquis reperi-
retur qui hoc donum Sancti Martini monachis factum ali-
quando vel audisset, misit . . . nuntium ad abbatem ....
LXV
Vers 1070, 1092 et 1103,7 août.
Lettres encycliques de Hostan de Fos, archevêque d'Aix,
et du prévôt de Saint-Sauveur, exhortant les fidèles à
donner des subsides en vue de la construction de Véqlise
cathédrale sur l'oratoire du Saint-Sauveur, qui était beau-
coup trop exigu. — Charte de Pierre Gaufridi, son suc-
cesseur, constatant la construction de cette cathédrale,
grâce au zèle et aux soins dudit prévôt. — Acte de con-
1. L'église paroissiale consacrée à saint Jean-Baptiste (qui n'existe plus)
et celle du prieuré, ayantpourpatron saint Nicolas, ne furent terminées que
sept ans après la mort du vicomte Aimeri. Suivant Fonteneau, celle-ci
aurait été commencée vers 1080. On lit dans une charte de 1095: « E^'o
Herbcrtus, Dei gratia, Toarcensinm vicecomes statui quatinus
ecclesiam S. NicholaideGasa,quampater meus [Aymericusjcœperataedifi-
care, sed morte preventus non potuil consummare, ego perlicerem, liono-
rarem «La date de leur consécration est pour la première le mardi 6,
et pour la deuxième, le mercredi 7 déc. 1099 (voy. Chron. des églises d'An-
jou, p. 339).
[Vers 1070] de l'architecture en frange 203
sécrafion de la nouvelle église, mentionnant son empla-
cement et son orientation.
Albanès (chan.), Gallia christiana novissima, t. l,Instr. n" I, col. 1 ; Mont-
béliard, 1895 (d'après : Bibl. de la ville de Marseille, ms. 1499, fol. 616,
copie faite sur l'original'.)
[Vers 1070J. — Rostagnus^, Aquensis archiepiscopus,
et Benedictus, praepositus ^ Sancti Salvatoris, cum kano-
nicis ejusdem loci, omnibus fidelibus christianis, gratiam et
pacem et benedictionem a Deo pâtre, et Domino nostro Jesu
Christo, filio ejus, et a Spiritu Sancto. Scriptura divina,
fratres karissimi, vos cotidie ammonet, dicens : « Opera-
mini », dum tempus habetis, « non cybum qui périt, sed
qui permanet in vitam aeternam '^ » Et : «( Date elemo-
sinam, et ecce omnia mundasunt Tobis"". »...
Ipse autem [sanctus Maximinus ^'], Deo perfecte serviens,
in eadem civitate ecclesiam in [h]onorem Sancti Salvatoris et
Sancte Resurrectionis construxit, altaria propriis manibus
consecravit, reliquias de sepulchro Domini, et alias nobis
innotas in ecclesia abscondit. In qua, dum vixit, Salvatori
serviens cum sancta MariaMag-dalene , in pace quievit Nunc
autem, quia tantum est parva ecclesia quod vix decem
possit capere homines ad orandum, nos majorem" incoe-
pimus construere ecclesiam, in qua vos et alii venientes
1. Pour une édition de celte charte, publiée antérieurement, voy. Alba-
nès, op. et loc. cit.
2. Rostan de Fos. ou encore d'Hyèrcs (car la maison de Fos avait la
seigneurie d'Hyères), occupa le siège archiépiscopal de 1056 à 1082.
3. Le prévôt Benoît ou Bénezet, en vertu de sa dignité canoniale, devait
veiller au temporel et à la fabrique de l'église. On rencontre aussi
quelquefois dans les monastères un praepositus remplissant la même
fonction et amené à s'occuper du soin des constructions (^ Voy. supr'a, p. 21).
4. Joan., VI, 27.
5. Luc, XI, 41. — Cf. supra, p. 179.
6. D'après la tradition répandue alors en Provence, saint Maximin, l'un
des disciples de .lésus-Christ, aurait abordé à Marseille et serait devenu
évêque d'Aix, où il aurait dédié au Sauveur un oratoire devenu célèbre.
7. Nous avons déjà vu que l'expression major ecclesia désigne le plus
souvent une cathédrale.
^04 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1092]
spaciose possitis manere, et vigilias vestras Sancto Salvatori
licenter reddere. Sed quia quod incoepimus nullo modo,
sine adjutorio vestro, perficere possemus, proamore Sancti
Salvatoris, et sancti Maximini, et sanctae Marie Mag-
dalene, vos rogamus ut unusquisque vestrum quantum
poterit tribuat, quatenus a Deo et a nobis remissionem pec-
catorum suorum magna m recipiat, et partem et socielatem
in omnibus bonis que lient in kanonica Sancti Salvatoris
habeat ; et pro uno quod dederitis, in diejudicii centuplum
a Domino recipietis, et insuper vitam aeternam dabit Sal-
vator mundi, Jésus Christus Dominus noster, qui vivit et
régnât cum Pâtre et Spiritu Sancto in sempiterna saecula
saeculorum.
Albanès (chan.), op. cit., t. 1, Instr. n° II, col. 3 (d'après : Arch. des
Bouches-du-Rhône, fonds de Saint-Sauveur d'Aix. Orig. et vid. de
1325).
(Cf. GaUiachristiana,i. I, 1716, Instr. n" VIII, p. 65, col. 2*.)
[1092]. — Petrus*^, Aquensis archiepiscopus, omnibus
ecclesie fîliis salutem a Domino. Ad noticiam cunctorum
fîdelium pervenire volumus, sedem Aquensis ecclesie in
honore S. Marie consecratam, cum oratorio S. Salvatoris
nostri Domini, et baptisterio ^ b. Johannis, destructione
gentilium cum eadem Aquensi civitate per multa curricula
annorum in solitudinem permansisse. Miseratione autem
divinaa quibusdam religiosis idemlocus, ob amorem et reve-
rentiam illius venerabilis oratorii videlicet Salvatoris nostri.
1. L'impression de ce texte dans la Gallia christiana de 1716 (t. I"'),
laisse beaucoup à désirer.
2. Pierre II, archevêque d'Aix (vers 10S2-vcrs 1101). — La nef méridio-
nale de la cathédrale daterait donc de 1092 à 1103 environ (Cf. Enlart, Man
d'archéol. fr., t. I, p. 419). Voy. toutefois infra la note que nous joignons
à notre extrait relatif à la consécration de la cathédrale.
3. Les mentions de baptistère sont rares dans les documents de l'époque
romane. — Cf. supra, p. 82 (Saint-Martial de Limoges). — « Le baptistère de
Saint-Sauveur avait subi des remaniements sans doute bien auparavant.
Ses parties primitives sont faites de matériaux antiques remployés. »
(H. Gibert, Invent. gén. des richesses d'art de la France, t. III, 1901, p. 171
«t suiv.)
[1103] DE l'architecture en FRANCE 205
cepit habitari. Inter quos precipue emicuit Benedictus
praepositus, prudentia laudabilis ac bonitate conspicuus,
qui eumdem locum, Deo propicio, cum clero ibidem Domino
secum famulante, edificiis, ornamentis... ditavit et auxit.
Qui nostram presentiam adiens, ut eideni ecclesie ^ aliquid
beneficii ad restaurationem lociconcederemus, su[p]plex ex-
postulavit. Quodsatislibenterannuentes, coiicedimussupra-
dicte ecclesie anno Incarnationis MLXXXXII
Albanés (chan.), op. cit., t. I, Instr. n" IV, col. 6 (d'après : Bibl. Méjanes à
Aix, ms. 7, fol. 3).
(Cf. Gallia christ., l. I, 1715, Instr. n" XI, p. 66, col. 2. )
[1103]. — Anno Domini nostri Jesu Christi millesimo
G° 111°, domnus Petrus^, Aquensis archiepiscopus, con-
g^regatis quibusdam comprovincialibus episcopis, apud
Aquis, videlicet, domno Gibilino, Arelatensi archiépiscopo,
etPetro, Cavellicensi episcopo, et Berengario, Forojuliensi
episcopo, et Augerio, Regensi episcopo, una cum consilio
clericorum suorum, videlicet Fulconis prepositi, et Hugonis
archidiaconi, et Bermundi sacriste, et archipresbiterorum
Gaufredi et Pétri, et chanonicorum Norberti, Pétri, Hugo-
nis, Willlelmi, Giraldi et aliorum, quorum nomina, timendo
moras, non enumeramus, statuit consecrare ^ aecclesiam
1. Sur l'église du Saint-Sauveur d'Aix, voy. : Congr. archéol. de France,
(1855-56), p. 406 ; Mille (abbé). La sainte église d'Aix et Arles, Aix,
1883 ; Revoil, Archit. romane du Midi de la France, t. I. Ap-
pend., p 3 et pi. I, t. III, p. 11 et pi. XXIII. Pour les dates comparées
d'autres édifices romans de la Provence et du Languedoc, dont Revoil avait
trop reculé l'époque de construction, voy. les savantes Eludes d'hist. et
d'archéol. romane de notre confrère L.-II. Labande, t. I (1902), p. 18,
n' 1. — Sur le cloître de Saint-Sauveur, voy. Revoil, op. cit., t. II, p. 5
(fig.)etpl. IV à VII.
2. Pierre III, archevêque d'Aix (1101-1112). Ce prélat consacra en 1110,
dans la nouvelle cathédrale, un autel en l'honneurde la Sainte Résurrection
(Albanés, op. et t. cit., Instr., col. 7).
3. Nous savons par bien des exemples que la consécration d'une église
n'a pas habituellement coïncide avec la lin des travaux. Il n'est pas démon-
tré que le portail actuel de l'église de Saint-Sauveur d'Aix ait été terminé
lorsque la dédicace eut lieu en 1103. Voy. L.-H. Labande, compte rendu
de R. Bernoulli, Die romanische Portalarchitektur in der Provence,
206 TEXTKS RELATIFS A l'hISïOIRE [1070-1184]
Domini Salvatoris, noviter fundalam inter duas aecclesias,
videlicet, versus septemtrionem aecclesiam Dei Genitricis
sitam, versus meridiem vero aecclesiam beati Johannis Bab-
tiste positam, oratorio quoque ejusdem Domini nostri Sal-
vatoris versus orientem' constructo. Hanc denique conse-
crationem domnus Petrus archiepiscopus, tantorum reli-
giosorum virorum quorum superius nomina enumeravimus
auctoritate munirivo]uit,quatenusa venerabilibus viris con-
secrata, in posterum per infinitum venerabilius veneraretur.
Sed quoniam earumdem aecclesiarum quas superius exaravi-
mus beatus Maximinus et beata Maria Magdalena primi fun-
datores extiterunt, in eadem aecclesia Salvatoris a supra-
dictis religiosissimis viris in honore beati Maximini et
beatae Mariae Magdalenae altare dedicatum est. Gujus
consecrationis diem in hac presenti pagina describimus,
videlicet VII idus augusti, quatenus futuris temporibus,
absque ulla dubitatione, in aecclesia illa dies ista caelebris
annuatini celebretur.
LXVI
1070-1184.
Historiquect description des travaux accomplis à lacathédrale
de Cantorbéry sous V archiépiscopal de Lanfranc [1010-
1089), et de son successeur Anselme de Cantorbéry
[1093-1109). — Récit de la reconstruction de ladite
cathédrale exécutée par les architectes Guillaume de
Sens [1175-1178) et Guillaume l'Anglais [1179-1184).
Chronica Gervasii" pars prima, dans : Hislorical works of Gervase of
Strasbourg, 1906, thèse de l'Univ. de Berne, dans les Annales du Midi,
1908, p. 89. Les dates données par H. Bcrnoulli (p. 29) pour le premier et
le second de nos susdits extraits sont inexactes et doivent être rectifiées.
Sur les dates de consécration d'un certain nombre d'églises cathédrales et
abbatiales ,de la l'iovence et du Bas Languedoc, au xi* siècle, voy.
Labande, Eludes d'fiist. et d'archéol. romane, t. et p. cit.
1. L'église du Saint-Sauveur est, en elTet, orientée, c'est-à-dire que son
grand axe est disposé E.-O.
2. Sur le moine Gervais et la valeur de sa chronique, voy. Stubbs, op.
cit., Préf., t. 1, p. XI et suiv.
[1070-1184] DE l'architecture en france 207
Canlerhury, éd. W. Stubbs, Jierum britannicarum medii aevi scrip.
tores, n" 73, t. I (1879), p. 3 et suiv.
iCA'. Twisdcn, Historise Anglicanse scriptores,l. 1, 1652, col. 1289 et suiv.)
INCIPIT TRACTA1US DE COMBUSTIONE ET REPARATIONE CANTUA-
RIENSIS ECCLESIAE*.
1. Anno gratiae Verbi Dei M« C" LXX<> IIII», justo sed
occulto Dci judicio, combusta est ecclesia Christi Cantua-
riae, chorus scilicet ille ^loriosus, industria et sollicitudine
Conradi prioris mog-nifîce'^ consummatus, anno dedicationis
sua' XL" IIII". Modus autem combustionis et reparationis
hic ernt.
Anno igitur gratiœ Verbi Dei M° C LXX" 1111°, nonis
septenibris, hora quasi nona, austro fere ultra huma-
nam œstimationem furente, accensus est ignis ante portam
ecclesiœ extra muros atrii, quo très domunculae semiustas
sunt. (^uo cum cives concurrerent et pra?dictum incen-
dium dissiparent, carbones et scintillae, vento rapidis-
sinio in altum delatae, super ecclesiam depositœ sunt,
1. La principale monographie à consulter sur la cathédrale de Cantor-
béry est celle de R. Willis 'avec une traduction de la chronique de Ger-
vais : The un hilectural hislory of Canlerbury calhedral, 18i5 (nombr,
fig. ^ l'v. aussi Gleeson While, The c.dhedral church of Canlerbury
dexcriplion ofils l'abrics,hislory of archiépiscopal see, 1896 (avec <îg.). La
moiioj;iap!iie de Willis contient des plans et coupes distinguant les
épofjues ; voy. notamment, p. IX, p. 82 à 93, p. 136-137. — Consulter aussi
Vioii.t-le-Duc-, Dict. de l'arch fr., t. I, p. 91, fig. S^",l. Il, p. 186, fig. 3,
E. 308, rhœur circulaire, et p 350. Plan de la chapelle (abside) de Cantor-
éiy, dite couronne de Beckel, t. IV, p. 460 crypte); — Dehio etBezold, Die
kirchliche Bauliiinsl des Abendlandes, hislorisch und syslematiseh dar-
gestelll, 1881 l'I an.suiv., liv. III, pi. 42 i; pour la représentation du chœur,
ibid., liv. m, pi. 378 et 439 ; cf. aussi liv. II, ch. 16, pi. 316, liv. II, ch. 4,
pi. 80; cf. enfin, la pi. 312 (liv. II, ch. 16,: — Enlart, Man. d'archéol. fr.,
t. I, p. 78, 253, 316,392, 393, 552. 706. Ra) pelons enfin qu'un ancien plan de
l'église et du prieuré de Canlorl éry a été reproduit par A. Lenoir, dans son
Archilccturem<inaslique, Impart., p.28 ISS'i): « Ecclesiaecathedralisetprio-
ratus Hcncdictorum Lantuai-iae faciès borealis ab Eadwino monacho inter
annos MCXX.X et MCLXXIV delineata » ( cf. Vetusla monumenla, éd.
Soc. ujiliquar. Lond., 1745 \ol. II, pi. 15).
2. D'autres églises romanes d'Angleteire jouissaient d'une réputation
méritée dès le premier tiers du xii" siècle. Il résulte du témoignage de
Guillaume de Malmesbury qu'un certain genre d'appareil de construction
romane à joints lins se faisait remarquer dans la somptueuse cathédrale
de Salisbury et dans d'autres construition- de cette ville et de celle de
Malmesbury, élevées par les soins de re\è(jue Roger (1107-1139). Nous
ferons connaître, à leur place chronologique, les textes qui concernent
ces monuments.
208 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIKE [1070-1184]
et, vi furentis venti per juncturas plumbi intrusae, in
tabulis ligneis semiputridis resederunt. Sicque paulatim
calore cresceiite, asseres putridi accenduntur. Deinde
ti(n)g'ni grossiores cum ligaturis suis, nemine vidente vel
curam agente, succenduntur^ Cselum inferius egregie
depictum, superius vero tabulœ plumbeœ, ignem interius
accensum celaverunt. Diripiuntur intérim domunculœ très,
unde furor iste ascenderat, et jam tumultu populi sedato,
ad sua quique redierunt. Sola Christi ecclesia, nemine
adhuc sciente, quasi intestine premebatur incendio. Tignis
etenim et tignorum ligaturis ardentibus, flammaque usque
in summa tecti fastigia elata, tabulœ plumbeaî tanto calori
ulterius resistere non valentes, paulatim liquesc^re cœ-
perunt. Ventus igitur furens, aditu liberiori reperto, flam-
mas interiores in immensum furere coegit. Et ecce, subito
flammis paulisper apparentibus, clamatum est a plerisque
in atrio ecclesiœ : u Vae, vœ, ecclesia ardet. » Accurrunt
plurimi laici cum monachis, aquas hauriunt, secures
vibrant, gradus ascendunt, ecclesiœ Christi jam jamque
periturae succurrere cupientes. Pervenerunt igitur ad sarta
tecta-, et ecce teter fumus et atrox flamma repleverant
omnia. Desperati igitur qui concurrerant, suae saluti
provldentes, redierunt. Et ecce juncturis tignorum et pes-
sulis igné dissolutis, ligna semiusta in chorum deorsum
super monachorum sedilia corruerunt. Sedilia igitur niulta
lignorum mole compacta succenduntur, et sic undique
mala multiplicata sunt. Erat in hoc incendio mirabile,^
immo miserabile, videre spectaculum. Chorus namque ille
gloriosus igné consumptus se pejus consumebat. Flamma&
t. Dajis ses Fragm. dun cours d'archéol. {Mél., p. 435), J. Quichcrat
parle des premières églises romanes bâties ou rebâties au xi' siècle
« que l'histoire atteste avoir été la proie des flammes, évidemment par le
fait de leur couverture en charpente. De ce nombre sont les cathédrales de
Bayeux, du Mans, de Chartres, de Cambrai, les abbatiales du Mont-b^ai nt-
Michel, de Saint-Martin de Tours, de Saint-Vaast d'Arras, de Saint-
Riquier, de Corbie, etc. » [Voir, ajoute M. R. de Lasteyrie {ibid., p. 436),
dans la Reiue archéologique, t. XVI, p. 684, la longue liste dressée par
ChampoUion-Figeac des incendies d'églises dont les textes du xii' siècle
ont fait mention.]
2. Sur cette expression, voy. supra, p. 44, n. 3.
[1070-1184] DE l'architecture en frange 209
enim, ex tanta lignorum congerie multiplicatœ, usque in
cubitos quindecim in altum porrecta.% parietes et maxime
colum(p)nas ecclesiœ cremaverunt, Accurrunt plurimi ad
ornamenta ecclesiae, pallia et coitinas deiciunt, alii ut
rapiant, alii ut eripiant. Scrinia reliquiarum, de sublimi
trabe deorsum in pavimentum dejecta, confracta sunt, et
reliquiœ dispersée. Veru[m]tamen, neab igné consumerentur,
a fratribus coUectœ et repositœ sunt. Fuerunt autem
quidam iniqua et diabolica cupiditate succensi, qui res
ecclesiœ, igni quidem subtraxerunt, sed absportare non
timuerunt. Hoc itaque modo domus Dei, hactenus ut para-
disus deliciarum delectabilis, jam tune in incendii cinere
jacebat despicabilis, et, quasi in solitudinem redacta, tem-
pestatum aeriarum patebat injuriis. Mirantur populi tan-
tam Dei patientiam, et, prae dolore et angustia quodam-
modo furentes, capillos trahnnt, cervicibus et palmis
parietes et pavimentum ecclesiae tundunt, enormia quaedam
maledicta in Deum et sanctos ejus, patronos scilicet
ecclesiœ, jaculantur. Fuerunt etiam tam laici quam
monachi qui se mallent morte carnis decedere, quam sic
ecclesiam Dei miserabiliter deperire. Non enim solum-
modo chorus hoc incendie consumptus est, verum etiam
domus infirmorum, cum capella Sanctœ Mariae et aliis
quibusdam curiae officinis. Ornamenta quoque ecclesiae
quamplurima et bona in cinerem redacta sunt.
2. Quis, putas, dolor corda fîliorum ecclesiœ in tanta
tribula-tione contrivit ! Non puto aerumpnas Cantuariae
minus esse flebiles quam Jerosolimae, sub fletu et planctu
Jeremise, Non puto aliquem posse dolores et angustias
fîliorum ecclesiae quantae fuerint mente concipere, nedum
verbis edicere vel scriptis edocere. Verum, ut miserias
suas aliquantula consolatione relevarent, in aula ecclesiae
altare et stationem sibi qualemcunque composuerunt,
ubi horas diurnas et nocturnas ejularent potius quam
cantarent. Quoniam vero patroni ecclesia?, sanctus videlicet
Dunstanus et sanctus ^Ifegus in solitudine illa reman-
serant, ne pluviarum et tempestatum vel ad modicum
14
210 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1070-1184]
paterent injuriis,cum doloreet angustia incredibili flentes et
lugentes, tumbas sanctorum aperuerunt, et ipsos cum sar-
cofagis suis de choro extraxerunt, cum summa tamen
difficultate et labore, ac si sancti reniterentur ; posuerunt
itaque illos in navi, ad altare sanctœ Grucis, quam decen-
tius potuerunt. Sic ergo fîlii Israël, occulto quidem sed
justo Dei judicio, de terra promissionis, immo de paradiso
deliciarum ejecti, ut esset sicut populus sic sacerdos, et ut
lapides sanctuarii in angulis platearum sternerentur, per
quinquennium in aula ecclesiœ, muro parvulo a populo
segregati, in lacrimis et luctu permanserunt.
Quferunt intérim fratres^ consilium quo modo vel qua
ratione ecclesia combusta posset reparari, sed non inve-
niunt. Colum(p)n{e enim ecclesiîp, quœ \u\go pilarii dicun-
tur, nimio ignis fervore, debilitate frustatim decidentes et
vix consistere valentes, omnibus etiam sapientioribus
consilium verum et utile subtraxerunt. Convocati ~ sunt
igitur artifices Franci et Angli ; sed et ipsi in dando con-
silio dissenserunt. Alii namque prœdictas colum(p)nas sine
dam(p)nooperissuperioris reparare promiserunt. Sed horum
rationibus alii contradicentes, totam ecclesiam diruere
oportere dixerunt, si quidem monachi securi vellent exis-
tere. Quod verbum, et si verum fuerit, eos tamen cru-
ciavit. Nec mirum. Non enim sperare potuerunt monachi
opus tam magnum temporibus suis aliquo humano ingenio
1. Il s'agit ici principalement de ceux qui avaient l'administration de k
fabrique de la cathédrale, autrement dit de l'Œuvre, au point de vue des
ressources et de l'entretien de l'église cathédrale.
2. C'est lun des plus anciens exemples que nous connaissions au moyen
âge d'une consultation d'architectes appelés de loin par la Fabrique d'une
cathédrale pour visiter un monument religieux et se prononcer sur des
rcparationsurgentes.L'und'cux, Guillaume, devait avoir déjà fait ses preuves
à Sens, où il venait d'édifier, selon la plus grande vraisemblance, la cathé-
drale. Il nous paraît nécessaire de mentionner ici. au sujet du choi.x decet
artiste, les rapports suivis qui avaient eu lieu entre l'Eglise et l'arche-
vêque de Cantorbéry, Thomas Becket, et sa suite, d'une part, et l'arche-
vêque et le Chapitre de Sens, d'autre part. L'archevêque de Sens.
Guillaume de Champagne (1168-1176), et Becket s'étaient trouvés ensemble
en 1169 et 1170, et ce dernier, de retour dans sa métropole (1170), où il
devait recevoir le martyre cette année même, avait dû avoir l'occasio'n
de signaler au Chapitre de sa cathédrale l'œuvre architecturale qui se
poursuivait à Sens. Très peu de temps après (1174), on entreprenait déjà
à Cantorbéry la reconstruction de l'antique cathédrale de cette ville.
[1070-1 18ij DK L'ARCHIThcrURK EN FRANCE 211
posse consummari. Advenerat autem inter alios artifices
quidam Senonensis', Willelmus nomine, vir admodum
strenuus, in lipfiio et lapide artifex subtilissimus. Hune,
caeteris oniissis, propter vivacitatem ingenii et bonam
famam, in opus susceperunt. Huic et providentiœ Dei opus
perficiendum commissum est. Hic, cum monachis per
plurimos degens dies, mûri adusti superiora et inferiora, inte-
riora et exteriora sollicite conspiciens, quid esset facturus
aliquandiu conticuit, ne eos pusillanimes effectos acrius
trucidaret. Nec tamen ea quje operi erant necessaria, seu
per se, seu per alios, pra^parare cessavit. Cum autem mona-
chos aliquantulum consolatos videret, confessus est pilarios
igné lœsos et omnia superposita oportere dirui, si opus
tutum et incomparabile monaohi vellent habere, Consense-
runt tandem, ratione convicti, opus quod promiserat, et
maxime securitatem habere cupientes. Ghorum itaque
combustum diruere consenserunt patienter, etsi non
libenter. In adquirendis igitur lapidibus transmarinis -
opéra data est. Ad naves onerandas et exonerandas, ad
cementum et ad lapides trahendos tornamenta •* fecit
1. La catliôdrale de Sens, modèle à bien des éf?ards de celle de Can-
torbéry, offre un heureux mélange du style bourj^uif^non, dont on voit un;
bel exemple à Lanjjres, et du style de lIle-de-France. tel quil est repré-
senté à Noyon ; l'influence bourguignonne sy fait notamment sentir par
les caractères suivants : sanituaire entouré d'un collatéral ; une seule
chapelle disposée dans l'axe ; arcs ogives des voûtes des bas-côtés repo-
sant sur des culs-de-lampe ménagés au-dessus des chapiteaux (Voy. Viol-
let-le-Duc, Dicl. de l'arch., fr., t. II, Cathédrale, p. 3i8-349). Mais
« autour du sanctuaire, ce n'est plus comme à Langres, ime simple
rangée de colonnes qui porte les parties supérieures, mais des colonne»
accouplées suivant les rayons de la courbe, et des piles formées de fais- ,
ceaux de colonnettes. Ce système de colonnes accouplées entre des
piles plus fortes se reproduit dans toute l'œuvre intérieure de la cathé-^
drale de Sens, et s'adapte parfaitement à la combinaison des voûtes dont
les diagonales ou arcs ogives comprennent deux travées ; c'est une dis-,
position analogue à celle de la nef de la cathédrale de Noyon, et qui fut
généralement adoptée dans les églises de l'Ile-de-France de la lin d« ,
xii" siècle. » {Ibid., p. 349). Le genre de construction et de décoration de
la cathédrale de Sens fut importé et amplifié à Cantorbéry par Guil- ,
laume de Sens.
2. Pour la pierre employée dans le nouvel édifice c'est en Normandie
qu'on alla s'approvisionner (Voy. VVillis, op. cit.).
3. Par le mot lornamentuni, il faut entendre une machine à charger et
à décharger les bateaux, à soulever des matériaux de blocage et des,
quartiers de pierre considérables, en d'autres termes, des d/.s à lever des
fardeaux, c'est-à-dire « un des plus fors engiens ki soit por fais lever »,sut-.
212 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIKE [^1070-1184]
valde ingeniose. Formas^ quoque ad lapides formandos his
qui convenerant sculptoribus tradidit, et alia in hune
modum sollicite praeparavit. Chorus igitur destructioni
adjudicatus diruitur, et praeter haec, toto anno illo ni(c)hil
factum est,
Quoniam vero novum opus in alium statum mutatum
est, non inutile duxi statum describei e vetustatis, et deinde
novitatis. Aedmerus, venerabilis cantor, in opusculis suis
veterem ecclesiam ex more Romanorum ^ factam des-
cribit, quam Lamfrancus archiepiscopus, cum archiepis-
copatum susciperet, combustam inveniens, funditus
evertit. Ecclesiam Christi tertio combustam ^ esse le^imus :
vant l'expression de Villardde Honnecourt (voy. fig. de ï Album, f" 22, v").
« Cette machine, en effet, très puissante, dit J. Quicherat(iWe/., p. 249), était
peu commode à cause de la lenteur de son action ». Le principe s'en con-
serva jusqu'aux temps modernes. (La fig. 38 du Théâtre mécanique de J.
Hesson, Forma novae machinae ad exonerandas quasvis naves, est une très
légère modification de celle de ÏAlbum.)
1. Ce passage nous paraît très important. Il montre quel soin les archi-
tectes delà seconde moitié du xii^ siècle, qui ont rebâti de grandes cathé-
drales, prenaient déjà de la coupe des pierres, d'après des modèles pré-
parcs par eux à l'avance et ayant reçu les perfectionnements indiqués
par l'expérience. Il est indispensable de se référer ici à ce queJ. Quicherat
a exposé dans sa Notice sur V Album de Villard de Honnecourt, § III, sur
la coupe des pierres et la maçonnerie {Mélanges, p. 259 et suiv.). Il aurait
pu citer aussi ce passage du chroniqueur anglais à l'appui de ses explications
qui s'appliquent, à n'en pas douter, aux premiers constructeurs gothiques.
Guillaume de Sens devait avoir avec lui, outre des plans de construc-
tion d'églises, des tracés figurés sur parchemin, des dessins d'épurés —
qu'on en juge par comparaison avec l'Album de Villard de Honnecourt,
— pour servir de patrons (ce qu'on appelle panneaux) donnant les
formes propres aux diverses faces des voussoirs. A l'aide de ces formes
(forma, fourme, ou encore m.olle), on découpait avec ses profils et reliefs
un claveau, par exemple, comme modèle des autres claveaux de même
genre (ad lapides formandos). Le bois était employé pour ces formes, et
il était apte à recevoir le relief désirable. L'art de tracer des panneaux,
ce qu'on nomme le trait, si caractéristique chez les constructeurs
gothiques, dut déjà frapper tout particulièrement la Fabrique et le Cha-
pitre de Cantorbcry, dans les propositions que fit Guillaume de Sens qui
était un architecte très expert dans l'art de la charpenterie et de la maçon-
nerie : « in ligno et lapide artifex snbtilissimus. » — Sur la taille et le trait
(Voy. Viollet-le-Duc, Dict. de l'arch. fr., l. IX, p. 1 et suiv. et p. 197
et s.).
2. Remarquons cette expression employée encore plus loin pour
désigner un genre d'architecture dérivé effectivement de celui des Romains;
cf. celle de la Chronique de Lorsch, pour désigner un édifice carolingien
imité de l'antique : « more antiquorum et imitatione veterum » [Chroni-
con Laurishamense, Struve, I, X2).
3. Ces événements se rapportent à Tannée 1011 et à l'archiépiscopat
d'Elphège ou Elfège (voy. Willis. op cit.. p. 7). Cet auteur fait observer,
par le rapprochement d'autres textes, que l'église ne fut pas brûlée et
détruite dans ces circonstances, mais profanée et dépouillée {ibid., p. 8).
[1070-1184] DE l'architecture en France 213
primo, quando beatus martyr vElfegus a Danis captus
est et martyrio coronatus : secundo, cum Lamfrancus,
Cadomensis abbas, archiepiscopatum Cantuariensis ecclesiai
suscepit regendum ^ : tertio vero, tempore Ricardi ~ archie-
piscopi et Odonis prioris. Hanc ultimam quidem non
legimus. sed quod miserabilius est, oeulis perspeximus.
3. Primo igitur opus Lamfranci, a majore turre inci-
piens, summatim describam -^ non quia tota ipsius ecclesia
destructa sit, sed quia aliqua pars ipsius in alium statum
muta ta. Turris ergo in medio ecclesias, maximis subnixa
pilariis, posita est, sicut in medio circumferenti;e centrum.
Haec habebat in pinna sua chérubin deauratum. Ab hac
versus occidentem navis ^ vel aula est ecclesiœ, subnixa
utrinque pilariis octo ; hanc navem vel aulam finiunt duae
turres sublimes cum pinnaculis deauratis. In medio hujus
ecclesiœ corona dependet deaurata. Pulpitum vero turre m
praedictam a navi quodammodo separabat, et ex parte
navis, in medio sui, altare sanctœ Grucis habebat. Supra
pulpitum trabes erat, per transversum ecclesiœ posita,
quae crucem -^ grandem et duo chérubin et imagines Sanctœ
Mariae et sancti Johannis apostoli sustentabat. In ala
septentrionali oratorium et altare erat Sanctai Maria?. In
1. Lanfranc, archevêque de Cantorbéry de 1070 à 1089, avait été abbé
du monastère de Saint-Etienne de Caen, dont l'église venait d'être rebâtie
pendant son administration (voy. Willis, op. cit., p. 64 et s.). Cf. le
parallèle que cet auteur fait entre l'église de Saint-Etienne de Caen et celle
de Cantorbéry, reconstruite par ses soins. La dédicace de Saint- tienne
de Caen n'eut lieu qu'après le départ de Lanfranc, et son installation dans
le siège primatial de Cantorbéry.
2. Richard, archevêque de Cantorbéry, successeur de Thomas Becket
(1170-1184).
3. On pourra suivre cette description en se servant de l'ouvrage de
Willis (ch. III, § 3), à l'aide du plan détaillé que donne cet auteur (p. 38 ;
cf. ibid., p. 6 4 et s.).
4. D'après les vestiges de l'église de Lanfranc, Willis a estimé que cette
nef avait une largeur de 72 pieds; celle de Saint-Étienne de Caen est de
73 pieds de largeur. La longueur de cet édifice, depuis la limite occiden-
tale jusqu'à la tour centrale, est de 187 pieds comme à Cantorbéry. Le
transept devait avoir à peu près la même longueur, soit 127 pieds. Quant
aux hauteurs comparées de ces deux églises, on ignore quels rapports
elles présentaient entre elles.
5. Sur l'usage de placer de grands crucifix suspendus au-dessus des
jubés ou fixés sur de grandes poutres indiquant l'entrée du chœur, voy.
supra, p. 77, un texte concernant la cathédrale de Coutances.
214 TKXTKS KRLATIFS A l/niSTOTRK [1070-1184]
hac pnpdicta navi, ut in superioribus dictum est, post
incendium per quinquennium exulavimus. Prtcdicta magna
turris crucem habebat ex utroque latere, australem sci-
licet et aquilonalem. Quarum utraque, in medio sui, pila-
rium fortem habebat, qui fornicem a parietibus pro-
deuntem in tribus sui partibus suscipiebat '. Utrarunique
istarum una fere est descriptio. Grux australis supra for-
picem organa gestare splpbat ; supra fornicem et subter
portions erat ad orientem porrecta. In parte inferiori,
altare erat sancti Michaelis, in parte superiori, altare
Omnium Sanctorum. Ante altare .sancti Michaelis, ad
austrum, sepultus est Feologildus archiepiscopus ; ad
aquilonem vero, sancta virgo Siburgis, quam sanctus
Dunstanus, propter ejus sanctitatem, in ecclesia fecit sepe-
liri. Inter hanc porticum et chorum ~ spatium est in duo
divisum scilicet in gradus paucos perquos itur in criptam,
et in gradus multos per quos ad superiora ecclesia» per-
venitur. Crux aquilonalis similiter duas habet porticus.
In superiori altare est sancti Blasii, in inferiori vero,
jsancti Benedicti. In hac inferiori, ad dexteram introeuntis,
sepultus est Willelmus archiepiscopus, qui in gloria
magna dcdicavit ecclesiam Christi, quam utcumque des-
cribo. Hic etiam fundavit ecclesiam Sancti Martini mona-
chorum de Dovra. Ad sinistram jacet pra^decessor
ejusdem Willelmi, Hadulfus archiepiscopus, qui, licet
sapientia prudens, eloquentia clarus fuerit, in ipsius
lamen contemptum, Calixtus papa exaltavit et privile-
giavit Turstanum, Eboracensem archiepiscopum, et
Hugonem, Sancti Augustini abbatem. In eadem porticu,
ante altare, ad dexteram jacet E^i^elnothus archiepiscopus,
ad sinistram Vulfelmus. Post altare, ad dexteram Adelmus,
ad sinistram Chelnothus. His patribus prœdicta porticus
ornata est. Inter porticum et chorum spatium est in duo
' 1. Rare détail de construction.
2. Sur le chœur de l'église de Lanfranc, voy. Willis, op. cit., p. 66-67.
Remarquons que Gervais ne donne pas de détails sur la partie orientale du
chœur.
[1070-1184] DE l'architecture en frange 215
divisum. scilicet, in gradus qui ad partes ecclesiœ orien-
tales ascendentes transmittunt. Inter hoc spatium et prœ-
dictam porticum murus solidus est, ante quem gloriosus
ille martyrum consors et apostolorum conviva, sanctus
videlicet Thomas, gladiis furentium corpore quidem
occubuit, spiritum vero invictum regni aeterni gloria et
honore mox coronandum caelo transmisit. Hic locus mar-
tyrii ex opposito habuit ostium claustri, quo ingressi sunt
quatuor illi diaboli cancellarii, ut autentici martyrum pri-
vilegii bullam inter incudem et malleum positam fabri-
carent, id est, ut caput sancti Thomaî, inter pavimenlum
et gladios prostratum, moneta summi Régis, palma sci-
licet martyrii, decorarent. Pilarius ' autem ille qui in-
medio crucis hujus steterat et fornix ei innitens, processu
temporis, ob reverentiam martyris, demolita sunt, ut
altare in loco martyrii elevatum ampliori spatio cerne-
retur. In circuitu vero, ad altitudinem fornicis prœdicta;, via
qua^dam facta est qua pallia et cortinae ~ possint suspendi.
De hac cruce in turrem, de turre in chorum per gradus
plurimos ascenditur. Descenditur vero de turre per ostium
novum in crucem australem ; item de turre descenditur in
navem per duas valvas.
Hactenus de ecclesia Lamfranci, Nunc autem ad chorum
utcunque describendum, ne ejus memoria deleatur, venien-
dum est.
4. Ecclesiam quœ a Lamfranco archiepiscopo constructa
est, videlicet navem, cruces, turres et earum continentiam,
quam brevius potui, perstrinxi, et tanto brevius quod ea
effîcacius docebit visio quam dictio. Scias autem, lector
bone, quod chorum Lamfranci non vidi, nec ab aliquo
descriptum repperi. Edmerus quidem veterem ecclesiam
quaî, ut dixit, ante Lamfrancum opère Romanorum cons-
1. Willis (p. 37, en note) fait remarquer que ce genre de pilier existe
dans dilTérentes églises de la Normandie, par exemple à Saint-Etienne de
Caen, à la cathédrale de Séez, à Saint-Georges de IJocherville.
2. Nous avons déjà constaté dans nos textes cet ancien usage de sus-
f)endre des tentures et des tapisseries dans les églises, pendant les fêtes et
es solennités religieuses (voy. supra, par exemple, p. 139, n. 6.)
216 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1070-1184]
tructa est, descripsit ^ De opère vero Lamfranci, quod
vetustati illi successit,et de choroConradi, sancti Anselmi ^
tempore facto, qui Lamfranco successit, nientionem quidem
fecit, sed non descriptionem. Quoniani igitur prœdictus
chorus Conradi gloriose consumniatus temporibus nostris.
misera biliter igné consumptus est, ne tanti viri vel tam
prœclari operis memoria deleatur, ad ejus descriptionem,
quamvis simplex et insipidus, stilus vertendus est. Nec
tamen nostri fuitpropositi lapidumcompositionem scribere,
sed quia non plene potui loca sanctorum et requiem, qui
in diversis ecclesifo partibus positi sunt, edicere, nisi prius
loca ipsa, in quibus, vidente et coopérante et scribente
Edmero, positi sunt, quoquo modo describerem ^.
De praefata igitur magna turre, quœ, ut praedictum est,
in medio totius ecclesiie posita est, versus orientem proce-
dendum est, Pilarii turris orientales muro solido pro[e]mi-
nebant, et in rotundum semipilarium formati sunt. Deinde,
per ordinem et lineam novem erant ex utraque parte chori,
œquis fere spatiis ab invicem distantes. Post quos sex in
circuitu erant ad circinum positi, de nono scilicet australi
usque ad nonum in parte septentrionali, quorum duo
extremi inarcum que[m]dam conveniebaut. Super hos pila-
rios tam indirectum quam in circuitu positos, de pilario in
pilarium arcus volvebantur ; super quos murus solidus
parvulis et obscuris distinctus erat fenestris. Hic murus
chorum circuiens in circinatione illa pilariorum in
capite ecclesiœ in unum conveniebat. Supra quem murum
via erat, quœ /rZ/briom '' appellatur, et fenestra? superiores.
1. Willis a retrouvé ce texte a De reliquiis s. Audoeni... » dans les écrits
d'Edmer conservés à la bibliothèque du Corpus Chrisli collège, et il l'a
publié dans son étude {op. cil., p. 10, en note). Dans les pages suivantes
(ch. i), Willis mentionne des extraits de textes anciens relatifs à l'église
qui précéda celle de Lanfranc ; dans le ch. ii, il essaie d'en donner la des-
cription (avec fig.) : « On Ihe plan and arrangement of Ihe Saxon cathe-
dral ».
2. Saint Anselme de Cantorbéry, archevêque de 1093 à 1109.
3. La manière dont Gervais de Cantorbéry décrit les anciennes églises
dont il parle donne à penser qu'il avait eu à sa disposition d'anciens plans,
dont il s'est servi dans ses commentaires (cf. le mot circinalio qui est
employé plus loin et se réfère surtout à un plan dessiné).
4. G est l'un des plus anciens exemples de l'emploi du mot Iriforiiim.
On sait que ce terme « s'applique, dit Viollet-le-Duc, aux galeries pour-
[1070-1184] DE l'architecture en frange 217
Haec fuit mûri interioris consummatio. Super hune tectum ^
erat, et cœlum egreg-ia pictura decoratum ~. Ad bases
pilariorum, murus erat tabulis marmoreis compositus, qui,
chorum cing-ens et presbiterium, corpus ecclesi» a suis
lateribus qu» aise vocantur dividebat. Continebat hic
murus monachorum chorum, presbiterium, altare mag-num,
in nomine Jesu Ghristi dedicatum, altare sancti Dunstani,
et altare sancti ^4^1fegi cum sanctis eorum corporibus.
Supra prœdictum murum, in circinatione illa, rétro altare
et ex opposito ejus, cathedra ^ erat patriarchatus, ex uno
lapide facta, in qua sedere solebant archiepiscopi de more
Ecclesiœ, infestis praîcipuis, intermissarumsole[m]niausque
ad sacramenti consecrationem ; tune enim ad altare Ghristi
per gradus octo descendebant. De choro ad presbiterium
très erant g-radus. De pavimento presbiterii usque ad
altare gradus très, ad sedem vero patriarchatus gradus
octo. Ad cornua altaris '* orientalia erant duae colum(p)na&
lignere, auro et arg-ento decenter ornatfo, qua» trabem mag--
nam sustentabant ; cujus trahis capita duorum pilariorum
capitellis insidebant. Qua% per transversum ecclesiœ desu-
tournant intérieurement leség:lises, au-dessus des archivoltes des collaté-
raux. Le triforium occupe toute la largeur du collatéral, ou n'est qu'une
étroite galerie de service adossée aux combles des bas-côtés ». {Dict. de
l'arch. fr., t. IX, p. 272). D'après le texte de Gervais, il semblerait que le
passage du triforium n'aurait guère eu que la largeur du mur sur lequel il
reposait et non la largeur d'un bas-côté. Mais, comme l'explique Willis
(p. 43, n.l, ce mol aurait déjà eu alors ici l'acception dans laquelle il a été
pris d'ordinaire. Les Anglais appellent clerestory la partie ajourée du mur
surmontant le triforium proprement dit, partie prise dans l'épaisseur
du mur.
1. Voy. plus loin quel était ce genre de couverture, qui devint plus
tard une voûte, à propos des perfectionnements que subit le chœur de
l'église de Cantorbéry.
2. Nous avons déjà vu dans des textes antérieurs divers passages rela-
tifs à la décoration de l'intérieur des églises à l'aide de peintures. Le
chVoniqueur revient plus loin sur celles dont il parle ici.
3. Pour les sièges en pierre des évêques, placés au fond de l'abside, der-
rière l'autel, voy. "VioUet-le-Duc, t. II, p. 414, v° Chaire (avec fig.). Tel
est celui de la cathédrale d'Augsbourg que nous avons pu voir encore
dans cette église, dans la partie reculée de l'abside. Viollet-le-Duc l'at-
tribue au ix^ siècle, c'est-à-dire à l'époque carolingienne. Nous sommes
plutôt d'avis de l'attribuer au xi« siècle, comme le fait le catalogue du
Musée germanique de Nuremberg, n" 374.
4. VioUet-le-Duc qui a essayé, dit-il (t. II, v» Autel, p. 15 et s.), « soit
à l'aide des textes, soit à l'aide des monuments, de donner une idée com-
plète des autels du moyen âge » (p. 22), n'a pas utilisé cette précieuse
description, quelque sommaire qu'elle soit.
248 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1070-1184]
per altare trajecta, auro decorata, majestatem Domini, ima-
ginem sancti Dunstani, et sancti yElfegi, septem quoque
scrinia, auro et arg-ento cooperta, et multorum sanctorum
reliquiis referta, sustentabat. Inter colum(p)nas crux stabat
deaurata, in cujiis patibulo per circuitum sexaginta cris-
talli erant perlucidi. Sub hoc altari, Christi altare erat in
cripta Sanctœ Virginis Mariw, in cujiis honorem tota fuit
cripta ^ dedicata. Qua^ cripta eisdem fere spatiis et anfrac-
tibus per longum et latum dilatata erat inferius, sicut
chorus superius. In medio chori dependebat corona deau-
rata, viginti quatuor sustinens cereos. — Hic eratchori sta-
tus et presbiterii.
Murus autem exterior alarum scilicet, sic erat : a
martyrio sancti Thomœ, id est, a cruce Lanifranci sumens
initium, versus orientem usque ad crucem superiorem
directus, très tantum in se fenestras continebat. Pila-
rio vero quinto chori - oppositus, et ab eo arcum sus-
cipiens et ad septentrionem opus dirig-ens, crucem for-
mavit septe[n]trionalem. Pilarius quintus et septimus lati-
tudinem crucis obtinebant ; a septimo enim pilario, sicut et
a quinto, murus procedens ad septe[n]trionem, duas por-
tions «^ faciens, crucem formavit in parte orientali. In cujus
porticu australi altare fuit sancti Stephani, sub quo, in
cripta, altare erat sancti Nicholai. In porticu aquilonali
altare erat sancti Martini, sub quo, in cripta, altare Sancta'
Mariée Magdalena^. Ad altare sancti Martini, jacebant duo
archiepiscopi, ad dexteram, Vulfredus, ad sinistram,
1. A l'art. Crypte, t. IV, p. 460, Viollet-le-Duc s'exprime ainsi : « En
Angleterre, la crypte de la cathédrale de Canterbury est de beaucoup la
plus vaste et la plus intéressante, ayant successivement été agrandie à
mesure qu'on augmentait l'édifice ». (Cf. dans Willis, op. cil., p. 79-80,
des vues partielles de la crypte et des colonnes qui ont été mises en
œuvre; cf. aussi p. 73); voy. Parker, On Ihe english origine of golhic
architecture dans VArcheologia, t. XLIII, p. 75 (fig., avec celle de la
crypte de Saint-Denis). Voy. un peu plus bas noire te.\te, à l'année
1181, au sujet de la nouvelle crypte.
2. Le chœur de la cathédrale de Cantorbéry est supporté par de fortes
colonnes monocylindriques, soit simples, soit géminées, soit cantonnées
de colonnettes ; l'extrémité orientale du chœur ([ui précède la « couronne
de Becket » s'élève sur des colonnes géminées, très rapjjrochées l'une de
l'autre. Les piliers de la nef sont alternalivement ronds et déforme hexa-
gonale (Voy. notamment le plan de Willis cité précédemment).
3. Comme Willis {op. cit., p. 39, note m), nous pensons qu'il faut
[1070-H84] DE l'architecture en france 219
Livingus. Ad altare sancti Stephani, similiter duo, ad
sinistram, Athelardus, ad dexteram, venerabilis Cuth-
bertus. Hic magna prieditus sapientia liberam ecclesiae
Christi adquisivit sepulturam. Solebant enim corpora non
solummodo archiepiscoporum, sed et omnium in civitate
morientium a tempore sancti Augustini, ad ecclesiam
apostolorum Pétri et Pauli, extra civitatem sitam, anti-
quitus elFerri et sepeliri. Dicebatur enim in illo tempore
civitatem non esse mortuorum, sed vivorum. Beatus vero
Guthbertus, dolens se post obitum ab ecclesia sua et a
fîliorum societate debere separari, quos in vita summo
karitatis studio dilexit, Romam petiit, et a summo ponti-
fice liberam ecclesiae Christi sepulturam impetravit. Iste
primus, voluntate Dei, ut credimus, summi pontificis auc-
toritate et régis Anglia' permissione, in ecclesia Christi
sepultus est, et omnes archiepiscopi, successores ejus,
prœter unum solum, nomine Jambertum. Ex hac porticu
sancti Stephani praedictus procedens murus ad orientem,
fenestram habebat magno altariex latere oppositam. Deinde
turris erat excelsa, quasi extra murum jam dictum posita,
quap ab altari sancti Andréa? quod in ea erat, turris
sancti Andréas est appellata, sub qua, in cripta, altare erat
Innocentium. De turre praefata murus paululum circinando
procedens et in fenestram se aperiens, ad capellnm sibi
proximam pervenit, qua; in fronte ecclesia? ad orientem
porrecta summa? cathedra? archiepiscopi erat opposita.
Sed quoniam de capelbio ejus continentia aliqua dicenda
sunt, ante ipsius introitum paululum subsistendum est,
quousque murus australis cum partibus suis ad ipsius
capella? producatur ingressum. Murus igitur australis, ad
porticum sancti Michaelis a cruce Lamfranci sumens ini-
entendre ici porticus dans le sens d'absidiole, de petite chapelle ronde : « a
round chapel or porticus ». Là où Gervais fait mention de porticus,
observe Willis, la construction présente une sorte de petite abside (Cf. le
Glossaire d'Elfric, p. 78, qui identifie ahsida avec porticus (ihid.). Willis
donne la liste des sépultures d'archevêques de Cantorbéry dont il va être
(J'uestion, en marquant sur son plan de restitution leurs emplacements
respectifs (p. 38-39). Pour les dates de leurs fonctions, voy. W. Stubbs,
Registrumsacrumanglica7ium..., 2" éd. (Oxford, 1897).
220 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1070-1184]
tium, in tribus fenestris ad crucem pervenit superiorem.
Crux ista superior, in orientali parte sui, sicut et alia, dua&
porticus habebat. In porticu austiali altare erat sancti
Gregorii, ubi jacebant duo sancti archiepiscopi , ad aus-
trum sanctus Bregewinus, ad aquilonem sanctus Plege-
mundus ; sub hoc, in cripta, erat altare sancti Audoeni,
Rothomagensis archiepiscopi. In alia porticu altare erat
sancti Johannis Evangelistae, ubi jacebant archiepiscopi
duo, ad dexteram, Ethelgarus, ad sinistram, Eluricus :
sub quo, in cripta, altare sancti Paulini, ubi sepultus est
Siricus archiepiscopus. Ante altare sancti Audoeni, in
média fere planitie, erat altare sanctaG Katerinae. Murus
autein, a supradicta cruce procedens, fenestram contra
majus altare habebat, deinde turrim excelsam, in qua erat
altare apostolorum Pétri et Pauli. Sanctus vero Anselmus,
illuc translatus et rétro altare positus, altari nomen dédit
et turri. De hac turri murus paululum procedens, et in
circinatione sua fenestram aperiens ad praedictam capellam
sanctae Trinitatis, in fronte ecclesiae positam, pervenit.
Arcus vero ex utroque muro, australi scilicet et aquilonali
procedens, utriusque circinationem continuavit. Gapella
vero extra murum posita, eidem tamen conjuncta et ad
orientem porrecta, altare habebat sanctœ Trinitatis, ubi
beatus martyr Thomas, die consecrationis suœ, primum
missam celebravit. In hac capella, ante exilium et post,
missas celebrare, horas audire, et fréquenter orare solebat.
Rétro altare jacebant duo archiepiscopi, ad dexteram,
sanctus Odo, ad sinistram, sanctus Wilfridus, Eboracensis.
archiepiscopus; ad austrum vero, juxta parietem, venera-
bilis Lamfrancus archiepiscopus, ad aquilonem, Theod-
baldus. Subtus, in cripta, duo erant altaria, ad austrum,
sancti Augustini, Anglorum apostoli, ad aquilonem, sancti
Johannis Baptistœ. Juxta parietem australem, archiepis-
copus jacebat Ethelredus, juxta parietem aquilonalem
Eadsinus. In hujus capella? medio, stabat colum(p)na, quœ
arcus et fornicem undecunque venientes sustentabat. Ad
hujus basim, ex parte orientali, reconditum est illud mar-
[ 1070-1 184J DE l'architecture en frange 221
tyrum piivilegium, tertio kalendas januarii, cujus buUa
die priecedenti a quatuor diaboli cancellariis, ut praedixi,
fabricata est. Hic est, inquam, locus in quo beatissimus
martyr Thomas, sequenti die post martyrium suum, sepul-
tus est ' . . .
Quoniam igitur descriptio ecclesiaejam jamque diruendae
pro posse meo abbreviata usque ad tumbam martyris,
quœ in fine ipsius ecclesiie posita est, pervenit, cum
ipso fine ecclesite descriptio etiam finem sortiatur. Quae etsi
paulo ampliusquam proposuerim extensaest, multa tamen,
ut breviter diceretur, ex industria dimissa sunt. Quis enim
tantae et tam magnœ ecclesiae tôt diverticula, tôt discur-
sus, et tôt anfractus scribere vel saltem dicere valeat ?
Nunc igitur omissis bis quae nobis necessaria non sunt,
ad vetera destruenda et nova oninia mirabiliter aedificanda
fidenter accingamur, et quid intérim magister noster
Willelmus fecerit ~ videaraus.
5. Gœpit, ut longe ante prœdixi, novo operi necessaria
prœparare et vetera destruere. In istis primus annus com-
pletus est. Sequenti anno, id est, post festum sancti
Bertini, ante hiemem quatuor pilarios erexit, id est,
utrinque duos ; peracta hieme, duos apposuit, ut bine et
inde très essent in ordine ; super quos et murum exte-
riorem alarum, arcus et fornicem decenter composuit, id
est, très claves utrimque, Glavem pro toto pono ciborio, eo
quod clavis in medio posita partes undecu[m]que venientes
claudere et confirmare videtur. In istis annus secundus
completus est. Anno tertio, duos utrimque pilarios appo-
suit, quorum duos extrêmes in circuitu colum(p)nis marmo-
reis decoravit, et quia in eis chorus -^ et cruces convenire
1. Ici commence une longue digression sur les mérites de saint Thomas
Becket, archevêque de Cantorbéry. Nous ne la reproduisons pas ici parce
qu'elle n'oHre pas d'intérêt au point de vue de notre Recueil.
2. Willis donne (p. 48) un tableau synoptique de l'état des travaux
accomplis de 1175 à 1178 par Guillaume de Sens, et de 1179 à 1184 par
Guillaume l'Anglais qui lui succéda dans la direction de l'œuvre de la
cathédrale. Cf. (fig. 14, 15 et 16) une coupe transversale du chœur, et une
double vue (élévation intérieure et extérieure) d'un compartiment du
chœur.
3. Les piliers qui sont aux coins du carré du transept sont garnis, sur
222 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1 070-1 18i]
debuerunt, principales esse constituit. In quibus appositis
clavibus et fornice facta, a turre majore usque ad pilarios
prœdictos, id est, usque ad crucem, triforium inferius
multis intexuit columpnis marmoreis ^ Super quod tri-
forium aliud ~ quoque ex alia materia, et fenestras supe-
riores aptavit ; deinde fornicis magnœ très claves, a turre
scilicet usque ad cruces '^. Quœ omnia nobis et omnibus
ea videntibus incomparabilia et laude dignissima vide-
bantur. De hoc ergo tam g-lorioso principio hilares effecti,
et futurae consummationis bonam spem concipientes, con-
summationis operis ardentis animi desiderio accelerare
curavimus. In istis igitur annus tertius completus est, et
quartus sumpsit initium. In cujus œstate, a cruce incipiens,
decem pilarios erexit, scilicet utrinque quinque. Quorum
duos primos marmoreis ornans colum(p)nis, contra alios
duos principales fecit ^. Super hos decem arcus et fornices
posuit. Peractis autem utrisque triforiis et superioribus
fenestris, cum machinas ad fornicem magnam volvendam,
in anni quinti initio, prœparasset, repente, ruptis trabibus
sub pedibus ejus et inter lapides et ligna simul cum ipso
ruentibus, in terram corruit, a capitellis ^ fornicis supe-
chacun de leurs quatre côtés, de colonnes de marbre géminées, légèrement
écartées les unes des autres. Celles qui se trouvent sur le côté du pilier vers
l'intérieur reçoivent la retombée des archivoltes de larcade intérieure ;
ceux qui sont sur le côté du pilier vers la nef, s'élèvent jusqu'à la base du
triforium où elles sont pourvues de bagues et vont au-dessus de cette,
ligne de séparation recevoir la retombée des arcs qui soutiennent les
compartiments de la voûte. Ailleurs que là, la retombée des arcs de la
nef a lieu sur des colonnettes, également en marbre, qui tantôt simples,
tantôt associées, reposent sur les abaques dos chapiteaux des colonnes :
c'est une disposition architecturale adoptée à Sens, mais d'une façon plus
uniforme dans la décoration à Cantorbéry.
1. Ces nombreuses colonnettes d'un gris rougeâtre concourent à un heu-
reux effet décoratif. A Sens, le triforium est plus simple et l'artiste qui
l'a exécuté paraît s'être inspiré du triforium des églises bourguignonnes.
2. Ce petit triforium est au-dessous des fenêtres qu'il semble ainsi con-
tinuer
3. C'est-à-dire l'espace qui va en s'élargissant depuis le chœur propre-
ment dit Jusqu'à l'entrée du transept et qui comprentl efi'ectivement trois
clefs de voûte.
4. On peut admirer encore aujourd'hui le bol efl'ot de cette ornementa-'
tion.
5. L'art avec lequel sont traités à Cantorbéry les nombreux chapi-
teaux, qui ornent les colonnes de grande dimension, provient surtout de
l'Ile-de-France par l'intermédiaire de Guillaume de Sens, et ses succès-
[1070-11841 DE L'ARnmnxTLRE en fkance 223
rioris altitudine, videlicet, pedum quinquaginta. Qui, ex
ictibus lig-norum et lapidum acriter diverberatus, sibi et
operi inutilis etïectus est, nullusque alius pra^ter ipsum
solum in aliquo laesus est. In solum magistruni vel Dei
vindicte, vel diaboli desœvit invidia. Magister itaque sic
hesus, et sub cura medicorum, ob spem salutis recuperandœ,
aliquandiu lecto decumbens, spe fraudatus, convalescere
non potuit ; veru[m]tamen, quia hiemsinstabat, et forniceni'
superiorem consummari oportebat, cuidam monacho, indus-
trio et ingenioso, qui cementariis praefuit ^ opus consum-
manduin commendavit, unde multa invidia et exercitatio
malitie habita est, eo quod ipse, cum esset juvenis, poten-
tioribus et ditioribus prudentior videretur. Magister
tamen in lecto recubans, quid prius, quid posterius fieri
debuit ordinavit. Factum est itaque ciborium inter quatuor
pilarios principales, in cujus ciborii clavem videntur
quodammodo chorus et cruces convenire. Duo quoque
ciboria *, hinc et inde, ante hiemem facta sunt. Pluviaî
autem fortiter insistentes plura fieri non permiserunt. In
istis annus quartus completus est,, et quintus sumpsit
initium. Eodem anno, scilicet quarto, facta est eclipsis -^
solis, octavo idus septembris, liora quasi sexta, ante
casum magistri, Sentiens itaque pnefatus magister nuUa se
seurs ne font que le développer. « La révolution qui s'opère clans la forme
et les détails des chapiteaux, vei-s la fin du xii' siècle, dit Viollet-le-Duc
{Dict. de Varch. fr., t. II, v° Chapiteau, p. 505), arrive promptement dans lé
domaine royal, et les provinces environnantes à son entier développe-
rtient ; elle se fait moins rapidement en Bourf;of,'ne ». — Voy. dans le
récent recueil d'A. de Baudot et A. Perrault-Dabot. Les cathédrales de
France, de belles planches en héliogravure, représentant la cathédrale de
Sens (élévation extérieure et intérieure, coupe transversale, face inté;
rieure et extécieureV
1. Ce moine paraît avoir eu dans la construction de la cathédrale le
rôle d'un conducteur de travaux, subordonné immédiatement à l'architecte
en chef auquel étaient subordonnés aussi ceux qui exécutaient les diffé-
rentes parties de cette grande œuvre, au point de vue de la construction
et de la décoration On voit parles lignes qui suivent que le maître prin^
cipal s'attacha à faire observer d'une manière continue l'unité de plan et
d'exécution, dans l'ordonnance établie par son prédécesseur.
2. Gervais entend parler ici des voûtes du transept qui regarde le côté
de l'Est.
3. L'cclipse eut lieu le 13 et non le 6 septembre; Gervais a commis ici
dans son calcul une erreur d'une semaine entière. (Note de l'éditeur
anglais.)
224 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIBE [1070-1184]
medicorum arte vel industria posse convalescere, operi
renuntiavit et, mari transite, in Franciam ad sua remeaviti.
Successit autem huic in curam operis alius, qui-
dam Willelmus nomine, Anglus natione, parvus qui-
dem corpore, sed in diversis operibus subtilis valde et
probus. Hic in anni quinti iestate crucem utramque, aus-
tralem scilicet et aquilonalem, consummavit et ciborium,
quod desuper magnum altare est, volvit ; quod ne fieret
praeterito anno, cum omnia parata essent, pluviœ impe-
dierunt. Pr«pterea, ex parte orientali -, ad incrementum
ecclesiae fundamentum fecit, eo quod capella Sancti Tho-
mas ibidem ex novo fieri debuit. Hic ergo locus ei pro-
visus est, capella scilicet sanctœ Trinitatis, ubi primam
missam celebravit, ubi lacrimis et orationibus incum-
bere consuevit, sub cujus cripta per tôt annos sepultus
fuit, ubi Deus per ejus mérita inulta fecit miracula, ubi
pauperes et divites, reges et principes eum venerati sunt,
unde exivit sonus laudis ejus in totum orbem terrarum.
Cœpit igitur magister Willelmus causa fundamenti mona-
chorum ossa effodere. Quae diligenter in unum collecta,
reposita sunt in fossa grandi, in angulo illo qui est inter
capellam et domum infirmorum, ad meridiem. Facto itaque
1. L'archéologue anglais Parker qui s'est occupé de Guillaume de Sens
et de l'œuvre que celui-ci aurait faite à Sens, comme plus tard à Gantor-
béry, s'exprime ainsi : « ... The only parts of his work that remain at
Sens are the arcades, and thèse are so exaclly like those of Canterbury
that the same ^vorking drawings might hâve served for both. Another
great fire occurred at Sens very soon after his return, and the whole of
the vault with a clerestory belongs to a later period, while some of the
side walls and chapels of the transept are earlier ». (Parker, On Ihe
english origin of gothic architecture, dans YArchaeologia, 1871, t.XLlII,
p. 81). Voy. la pi. XI jointe à ce mémoire (p. 81) : « Mouldings from Can-
terbury cathedral. »
2. L extrémité orientale du chœur, quoique élevée par un architecte
anglais, conserve encore tous les caractère; de l'abside de la cathédrale de
Sens, non seulement dans son plan, mais dans sa construction, ses profils
et sa sculpture d'ornement, avec plus de finesse et de légèreté; ce qui
s'explique par l'intervalle de quelques années qui sépare ces deux cons-
tructions. Guillaume l'Anglais n'a fait que suivre, nous le croyons, les pro-
jets de son mallieureux prédécesseur, qui pourrait bien être le maître de
l'œuvre de la cathédrale de Sens » (Viollet-le-Duc, Dict. de i'arc/i. fr.,
i. II, v" Cathédrale, p. 350). Willis a déjà fait cette observation sur les
progrès de l'ornementation sculpturale visibles dans la construction de la
chapelle de Becket où il remarque une plus grande légèreté et d'efTet
d'élégance que dans l'œuvre de Guillaume de Sens.
[1070-1184] DE l'architecture en frange 225
mûri exterioris fundamento firmissimo ex lapide et cemen-
to, murum etiam criptœ usque ad bases fenestrarum erexit.
In istis annus quintus completus est, et sextus sumpsit
initium.
Vere autem ejusdem, id est, sexti anni post incendium
intrante et tempore operandi instante, desiderio cordis
accensi, chorum praeparare curaverunt monachi, ut ad
proximum Pascha introire posseut. Videns autem mag^ister
monachorum desiderium, viriliter institit ut voluntati con-
ventus satisfaceret. Murum igitur qui* chorum circuit et
presbiterium cum summa festinatione construxit. Altaria
quoque tria presbiterii erexit. Locum requietionis sancti
Dunstani et sancti /Elfeg-i sollicite prœparavit. Paries
quoque ligneus, ad secludendas tempestates, ex parte orien-
tis, per transversum inter pilarios penultimos positus est,
très vitreas continens fenestras ^ Chorum^ itaque, cuni
summo labore et festinatione nimia utcunque vix tamen
praeparatum, vigilia Paschye, cum novo igné ^ intrare
voluerunt...
Dictum est in superioribus quod post combustionem
illam vetera fere omnia chori diruta sunt, et in quandam
augustioris formae ' transierunt novitatem Nunc autem
quaî sit operis utriusque difîerentia dicendum est. Pila-
riorum igitur tam veterum quam novorum una forma est,
una et grossitudo, sed longitudo dissimilis. Elongati sunt
enim pilarii novi longitudine pedum fere duodecim. In
capitellis veteribus '' opus erat planum, in novis sculptura
subtilis. Ibi in chori ambitu, pilarii viginti duo, hic
autem viginti octo -^ Ibi arcus et caitera omnia plana,
1. Voy. Willis, op. cit., p. 52 ; cf. le plan placé à la fin dudil ouvrage.
2. Le vaste chœur de Cantorbéry, vu de la nef, ofTre un bel effet d'élar-
gissement qui correspond progressivement aux sections des grands com-
partiments de la voûte du chœur, et l'on ne peut qu'admirer la perspec-
tive magnifique de cette partie de l'édifice très richement décorée.
3. Il s'agit ici du cierge qui était allumé la veille de la fête de Pâques :
cérémonie décrite dans les statuts de Lanfranc (Reyner's, Apostolatus
Bénédictin, in Anglia, p. 223 ; cf. Willis, op. cit., not. des pp. 53-54).
4. Voy. dans Willis {op. cit., p. 58 et fig. 8) un exemple de cette sim-
plicité ancienne dans les formes sculpturales.
5. Il y a ici contradiction entre le nombre de piliers mentionnés parGer-
15
226 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1070-1 184J
utpote sculpta secure et non scisello*, hic in omnibus
sculptura fere idonea. Ibi colum(p)na nuUa marmorea, hic
innumerae. Ibi in circuitu extra chorum, fornices planae,
hic arcuatcie sunt et clavatœ, Ibi murus super pilarios
directus cruces a choro sequestrabat, hic vero nullo inters-
titio cruces a choro divisœ in unam clavem, qu.ne in medio
fornicis ma^nœ consistit, quœ quatuor pilariis principa-
libus innititur, convenire videntur ~. Ibi cœlum ligneum
egregia pictura décora tum, hic fornix ex lapide et tofo
levi decenter composita est. Ibi triforium unum, hic duo
in choro, et in ala ecclesife tertium.
Quœ omnia visu melius quam auditu intelligere volenti
patebunt ^. Hoc tamen sciendum est quod novum opus
altius est veteri, quantum superiores fenestrae tam corporis
chori quam laterum ejus a tabulatu marmoreo in altum
porriguntur. Ne autem futuris temporibus cuiquam veniat
vais de Canlorbéry, d'une part, et celui qu'offre le plan de Willis, d'autre
part. Le chroniqueur Gervais a parlé plus haut de 9 piliers en ligne droite,
places de chaque côté du chœur et de 6 autres piliers disposés en rond
après ceux-là, ce qui ferait 2i piliers en tout ; il a dû omettre, à coup sûr,
deux piliers intermédiaires (fig. 3 : Plan of Canterbury cathedral in 1174),
lesquels ne figurent plus sur le plan de la cathédrale reconstruite par Guil-
laume de Sens (Voy. le plan).
1. Les arcades de l'aile sud, reproduites pai' Willis (fig. 8. p. 58), jus-
tifient fort bien ce passage du chroniqueur.
2. Sur les procédés de remplage usités poJr consolider le carré du
transept, le plus souvent surmonté d'un clocher de pierre, voy. Quicherat,
Mél. d'archéol., de l'architecture romane, p. 466.
3. Non moins intéressante est la comparaison qu'on peut faire entre
les bases des colonnes dans les cathédrales de Sens et de Cantorbéry. A
Sens, les bases sont massives et surélevées, à Cantorbéry, elles sont géné-
ralement peu élevées au-dessus du sol. A Sens, les anneaux inférieurs de
ces bases sont un peu aplatis, à Cantorbéry ils sont plus arrondis et de
plus grosse dimension et correspondent avec symétrie aux anneaux supé-
rieurs (voy. Willis, p. 77, fig. 20). Quant aux chapiteaux des colonnes du
chœur de Cantorbéry, ils offrent de magnifiques spécimens à doubles ran-
gées de feuilles d'acaitthe, largement épanouies. Ils sont beaucoup plus
ornés à Cantorbéry qu'à Sens et pr-îsentent une richesse de décoration
très remarquable, ainsi que nous avons pu nous en rendre compte nous-
même dans l'une et l'autre cathédrale. Nous avons remarqué qu'à mesure
(ju'on avance du fond du chœur vers la nef, les chapiteaux présentent un
feuillage plus découpé et un travail, semble-t-il, plus perfectionné, ce qui
répond à une date plus récente dans leur exécution progressive. Voy.
dans Willis (p. 59, fig. 9 à M) dos reproductions de chapiteaux du chœur.
Quant aux colonnetfes api)li((iiccs à (>antorbéry contre les miu's du cliœur
ou dans les bas-côtés, elles portent des anneaux de pierre en saillie, autre-
ment dit des bagues (voy. sur ce terme, Viollet-le-Duc, t. Il, p. 59), qui
se répètent régulièrement à une liauteur donnée qui est celle où le trifo-
rium prend naissance.
[1070-H8i] DE l'architecture en frange 227
in dubium, qua de causa tanta chori latitudo, qua^ est
juxta turrim, tantum in capite ecclesiae coarctetur, causas
dicere non inutile duxi. Quarum una est, quod duse turres,
sancti Anselmi videlicet et sancti Andreae, in utroque
latere ecclesiae aniiquitus ad circinum positse, latitudinem
chori in directum ad lineam non permiserunt procedere.
Alia causa est, quod capellam sancti Thomae in capite
ecclesite constituere consiliosuni fuit et utile, ubi fuerat
capella sanctœ Trinitatis, quœ multo strictior fuit quam
chorus. Ma^ister i^itur turres pro'dictas dissipare non
volens, intégras autem transferre non valens, latitudinem
illam chori usque ad confinium turrium in directum com-
posuit. Deinde, paulatim turres utrimque devitans, et tamen
latitudinem vise illius, qute extra chorum est, quantum
potuit, propter processiones ibidem fréquenter faciendas
conservans, pedetentim obliquans opus constrinxit, ita ut
ex opposite altaris opus decenter contraheret, et exinde
ad tertium pilarium, ad formam latitudinis capelhe, quœ
sanctœ Trinitatis dicebatur, opus coar[c]taret.
Deinde quatuor pilarii ejusdem latitudinis, sed alterius
forma?, utrimque positi sunt. Post quos alii quatuor ad
circinum sunt statuti, in quibus opus superpositum conve-
niebat in unum. Hic est modus stationis pilariorum. Exte-
rior autem mûri ambitus, a turribus pra^dictis prog^rediens,
primo in directum ad lineam procedit, deinde flectitur in
girum, et sic in turre rotunda convenit uterque murus in
unum, ibidemque consummatur. Hœc omnia clarius et
delectabilius oculis possunt videri quam dictis vel scriptis
edoceri ', Hœc autem dicta sunt ut utriusque operis, novi
scilicet et veteris, differentia possit agnosci.
1. En somme, ce qui frappe d'abord, c'est la {rrandeur et les vastes pro-
portions du plan de la cathédrale de Cantorbéry et la somptuosité de la
construction et de la décoration, qui répond à la conception de cette
œuvre. Ce plan présente une certaine similitude avec celui de la cathé-
drale de Sens, mais il est aj^randi et heureusement modifié. Si dans cette
dernière cathédrale on n'est encore, semble-t-il, à cette époque qu'en pré-
sence d'un emlîryon de transept, il n'en est déjà plus de même à Cantorbéry
où l'on voit un transept à doubles croisillons, c'est-à-dire à grand effet,
au lieu du simple transept qui a été élevé à Sens.Willis n'a consacré que
228 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIKE [1070-1184]
[H81 ] — Nunc autem videamus attentius quid vel
quantum operis cementarii nostri in hoc septimo combus-
tionis anno perfecerint. Quod ut breviter dicatur, anno
septimo, facta 3st nova oripta ^ satis formosa, et super
criptam, parietes exteriores alarum usque ad capitella
marmorea ; fenestras autem non potuit, nec voluit mag'ister
volvere propter ingruentes pluvias, nec pilarios statuere
interiores. In istis annus septimus completus est, et octa-
vum sumpsit initium.
[H 82] — In hoc, octavo scilicet, anno statuit magister
octo interiores pilarios, arcus et fornicem cum fenestris in
circuitu vol vit. Turrim vero exalta vit usque ad bases
summarum fenestrarum sub fornice.
[1183] — Nonus annus vacavit ab opère ob defectum
expensarum,
[1184] — Decimo anno perfectîo sunt fenestrœ superiores
turris, cum fornice ; super pilarios vero, inferius triforium ^
et superius, cum fenestris et fornice majori. Tectum quo-
que superius, ubi crux est in eminenti, et tectum alarum
usque ad positionem plumbi ^. Turris quoque cooperta
est, et alia plurima hoc anno facta sunt. Hoc anno, electus
est Baldewinus, Wigorniensis episcopus, ad regimen Gan-
tuariensis ecclesia3, XVIIP kal. januarii ^.Fuit autem intro-
nizatus Gantuaria», in sequenti solennitate sancti Dunstani,
X° Ill^kal. junii K..
quelques lignes insuffisantes (p. 95) à la comparaison de la cathédrale de
Cantorbéry avec celle de Sens ; nous avons essayé de combler en partie
cette lacune par quelques rapprochements que nous avons pu faire de
visu et que nous avons signalés précédemment.
1. Y oy. supra la note que nous avons jointe au texte de Gervais sur
la crypte de la cathédrale de Cantorbéry, avant que le chroniqueur ait
parlé de la nova crypta.
2. Voy. supra notre note concernant le triforium de Cantorbéry.
3. Diiîérenls textes que nous reproduisons dans notre Recueil per-
mettent de constater l'usage de couvrir en plomb des cathédrales pen-
dant le cours du xii" siècle.
4. C'est-à-dire le 15 décembre 1184 ; Baldwin, transféré de lévêché de
Worcester à l'archevêché de Cantorbéry, occupa ce siège primatial de 1\S^
à 1190.
5. C'est-à-dire le 19 mai 1185. Sur l'historique de la cathédrale de Can-
torbéry depuis la fin du xn' siècle, voy. Willis, op. cil., eh. vu, p. 117 et.
suiv.
[1073-1088] DE l'architecture en frange 229
LXVII
Vers 1073-1088 environ.
Marché de construction conclu entre l'abbé de LérinSy
Aldebert^ et des maîtres d'œuvre chargés d'édifier la tour
de l'île Saint-Honorat ' devis estimatif de l'ensemble des
travaux à exécuter par tranche régulière de tant de pieds
de hauteur ,' conditions relatives au degré d'épais-
seur des murs, à leurs fondations, aux matériaux à
fournir par le couvent, à leur mode de transport ainsi
qu'à l'entretien desdits maîtres.
Chronologia sanctorum . .. ac ahbaluni sacrae insulae Lerinensis ^ a
domino Vincentio Banali, 1613, l. II, p. 213-214.
(Cf. l'abbé Alliez, Les Iles de Lèrins, 1«60, pièces justif. n°IX, p. 502-
403. — Cartulaire de Vabbaye de Lérins, publ. par H. Moris et E. Blanc
(2« part., 1905, /n<rod.,p. XV, n. 2)2.
DE LOCATIONE SEU FUNDATIONE TURRIS LER1NENS1S
Saepe saepius a multis et non contemnendis viris non
mediocreni ^, quo tempore, a quibusve personis ex[s]tructa
1. On sait que l'île Saint-Honorat de Lérins fait partie d'un petit archi-
pel de la Méditerranée, situé vis-à-vis de Cannes, et qui relève du dépar-
tement des Alpes-Maritimes (aujourd'hui com. de Cannes).
2. Nous devons à loblij^eance de notre confrère, M. Moris, archiviste
des Alpes-Maritimes, les renseignements suivants sur cette Chronologia.
Elle est l'œuvre authentique d'un moine de Lérins, originaire de Lucéran,
dans le comté de Nice, qui demeura à l'abbaye de Lérins pendant de
longues années, après y être entré en 1577. Elle a été publiée après sa
mort. Le manuscrit de cette chronique n'existe plus ; on n'en trouve plus
trace dans les archives des Alpes-Maritimes.— Cf. pour les constructions
de Lérins dont il va être question, A. Lenoir, Architecture monastique,
t. I, p. 64 ; dom Bérengier. Les des de Lérins, dans la Reo. de Vart chrét.,
t. XIV (1870), p. 176-208 ; Guide topogr., archéol. et hist. du mon. Saint-
Honorat ... (1880) ; Enlart, Man. d archéol. fr., passim, et notamment, t. I,
p. 295 et 300, t. Il, p. 21 et 545. Mentionnons enfin H. Moris, Vahbaye de
Lérins^ son hist., ses possessions, ses monum. ancien.i, Paris et Nice, 1905
et suiv. [Annales de la Soc. des lettres, Se. et arts des Alpes-marit., t. XIX
et suiv.)
3. Dans l'éd. Alliez, au lieu de non mediocrem, que donne le texte de
Barrai, on lit quaesitum est que cet éditeur a inséré sans raison ; l'éd. Moris
a substitué mediocris A mediocrem, celte dernière forme doit être
cependant maintenue. En elïet, cet adjectif se rapporte à inquisitionem
que l'on trouve un peu plus loin. L'édition de 1613 a eu tort d'arrêter la
première phrase après Lerinensis ; ce qui suit est un membre de phrase
qui fait corps entièrement avec les mots qui précèdent, ainsi que le marque
notre ponctuation.
230 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1073-1088]
(nulla enim omnino monimenta seu intersignia in ipso prœ-
grandi œdifîcis inveniuntur) fuerit moles turris ^ sacrae in-
sulse Lerinensis, intra cujus ambitum nunc deg-unt mona-
chi, percepi introducere inquisition em, et raerito : res certe
digna diligentis indagatoris industria dignoscitur, cum intra
iinius soliusque solide septa turris apta habitacula, perne-
cessariaeque caenobio monachorum offîcinaî consistant.
Habentur enim in ipsa plus quam quatuor supra octo-
ginta distinctœ mansiones, quarum aliquœ numéro subi-
gere non inconveniens reor, Sunt nunc existentes pro
monachis cellulœ triginta sex, pro aliisque decem, scilicet
pro hospitibus quinque et totidem pro famulis. Refecto-
rium suffîciens capaxque pro jam dicto numéro, more
nionastico circumcirca murum ex una tantum parte mensae
religiosorum accumbentium, et eo amplius ; tum aliud pro
hospitibus refîciendis. Insunt insuper capellœ et altaria
numéro quatuor, in quarum majore inest chorus, altare
majus cum sacrosancto Eucharistiœ sacramento, tum
depositum seu theca sacrarum reliquiarum ibi annexa sacra-
rio. Sequuntur duse cisternae ; claustrum superius et infe-
rius ; scalae magnœ duœ, quarum una coc[l]ides~, a summo
usque deorsum tendentes, et aliae privatae, in simul gra-
dus ascensionum habentes supra ducentos quinquaginta.
Portœ quœ suis seris fîrmantur, plus octoginta octo ; fenestra?
quœ clauduntur, plus centum, exceptis his quae in summi-
tate arcis per girum consistunt, patentes ad speculatoris
profectum. Tum deambulatori[a] -^ seu dormitoria ; quatuor
coquina?, furna, et in summa omnia quae ad bene ordi-
natum monasterium requisita videntur, ut non jam tur-
rim sed amplum theatrum putes.
Quocirca, ut vel aliquatenus petitioni inquisitorum
satisfaciam, quœ in diversis scripturarum farraginibus dis-
1. La forteresse abbatiale de Lérins était couronnée par des mâchicoulis
et des créneaux, dont la forme rappelle ceux de Saint- Victor de Mai-seille
avant leur mutilation. Le monument a été terminé en 1190, mais les salles
intérieures et les cloîtres furent élevés du xiii' siècle au xvi" siècle.
2. cochides, Alliez et Moris. L'éd. 1613 donne la leçon fautive eocUdes.
3. deanihulaloriae,éd. 1613 fstc : Alliez et Moris). La leçon véritable
deamhulatoria que nous rétablissons n'est pas douteuse.
[1073-1088] DE l'architecture en france 231
persa, de ipsius arcis turris fundatione, constructione,
reparationibusve reperi, hic subjicere non gravabor. In-
primisque ea, quœ in quodam manuscripto vetustissimo
codice membran[e]o^ etsi detruncata, leguntur de loca-
tione fundamentorum. Et sunt hœc :
(( Hanc conventioneni habuerurit abbas et magistri de
« opère turris, ut abbas persolvat quingentos solidos ma-
(( gistris ; et ipsi debent perficere quinque pedes, et sic
« usque ad consummationem operis. Débet fieri, sicut
(( prœdictum est, quinque in altum et grossitudine can-
« nae, ubi subtilior fuerit. De fundamento vero ita dispo-
« situm : si très pedes subtus terram intraverint, magistri
« ex toto perficere debent ; si vero quatuor, abbas perfi-
« ciat unum et magistritres. Ad trahendos lapides parboum
« débet abbas commodare ; monasterium débet ligna inci-
« dere et usque ad furnum deportare ; cœtera vero magistri
« debent explere. Monasterium quoque omnibus magistris,
<( sicut cuilibet monacho, cibum in refectorio débet
« dare ^. »
Haec in dicto antir/uo /nem/jra/i[ e] o ' manca, ut vides;
quaî quia nec notam temporis nec nomen exprimunt ab-
l)atis (licet credamus esse Aldebertum^ secundum, ut hic
supra habes in ipso), de dicta erectione prœfatae turris
nihil ex his certi determinare valemus, nisi, quod clare
constat, ab abbate et conventu monachorum Lerinensium
1. Des détails précis, comme ceux de cet ancien devis, sont très-rares.
2. memhrano, éd. 1613 (sic : Alliez et Moris).
3. Il y a eu deux abbés du nom d'Aldebert à Lérins, Aldebert I«'^(1046-
1066), et Aldebert II (1066-1102). Ce serait donc ce dernier qui aurait fait
jeter vers l'année 1073 les fondations de la tour qui devait abriter ses frères
en cas de danj^er. Les grands murs étaient presque achevés en 1088,
puisque, cette annce-là, eut lieu la consécration de la chapelle de la Sainte
Croix qui se trouve au second étage, et qui porta depuis le nom de Sainl-des-
Saints [Sancta Sancloruin) à cause des reliques nombreuses qu'elle conte-
nait. Le 18 octobre 1088, on en fit la dédicace ainsi que de l'église de la
Sainte Vierge, sous le titre de Notre-Dame de la Pitié, et de la grande
église de Saint-Honorat: « Dedicalio seu consecratio sanctaruin ecclesia-
rum sacrae insulae l.erinensis, videlicet ecclesiae Sanctae Dei çfenitribis
Mariae, dictae de Pietate el ecclesiae inajoj-is s. patris noslri Honorali,
lum capellae sanetae Criicis infra turrim » ; Voy. Chronologia, t. I, p. 376 ;
cf. Vlntrod. de Féd. cit. du Cartulaire de Lérins).
232 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1074]
tantam fuisse erectam molem, circa annos Domini octo-
ginta octo supra millesimum... '
LXVIII
1074.
Donation faite àV abbaye de Moissac, par plusieurs seigneurs
de r église de Saint-Sernin, sise dans le Quercy, au lieu
dit de Cieurac, avec cimetière, presbytère, baptistère et
un terrain suffisant pour y construire à Ventour un
village, suivant des dimensious déterminées à V avance; —
permission de prendre dans un bois voisin tous les maté-
riaux de construction nécessaires aux demeures des moines
ainsi qu'aux habitations à élever daris ledit village.
Archives départ, de Tarn-et-Garonne, G. 569, f» 5, Cartulaire de Moissac^.
Publ. dans Flach, Origines de l'ancienne France, t. II, p. 185-186, n. 2.
(Cf. Hist. de Languedoc, nouv. éd., t. V, col. 604-605.)
Ego Artmannus et frater meus, vicecomes Ademarus, nec
non et Poncius, donamus omnipotent! Deo et sanctis ejus
apostolis Petro et Paulo, monasterio Moysiaco... ecclesiam
Sancti Saturnini, sitam in pago Caturcino, in loco vulgo
Siurag'* denominato, quae nobis evenitjure hereditario,
1. Le texte ci-dessus se termine par la mention des travaux qui curent
lieu à la fin du xiii' siècle et dans le premier tiers du xv*.
2. Nous devons cette indication à l'obligeance de M. Imbert, archiviste
du déparlement. — Cf. Invent, des Archives départementales, Tarn-et-
Garonne,G. 669, p. 196: An. 1074: « Donation faite par Arnaud et Adhémar,
vicomtes de Nègrepelisse, à Pons frère et à l'abbaye deMoissac,dc l'éf^lise
de Saint-Saturnin de Sieurag, au diocèse de Cahors, qui leur appartient,
du cimetière, du baptistère, du fief presbytéral... d'autant de terre qu'il en
faut pour bâtir une ville... »
3. Nous devons aussi à l'obligeance de M. V. Fourastié, archiviste du
Lot, la note suivante que, sur notre demande, il a bien voulu nous com-
muniquer, quand nous avons essayé d'identifier le lieu dit « Siurag »,
qui répond à la forme actuelle Cieurac : « Il y avait dans le diocèse de
Cahors de nombreuses paroisses dont les églises étaient dédiées à saint
Sernin : Saint-Scrnin-du-Caussc ; — des Vaux ; — des Pintiers; — de Fran-
cour ; — près de Gourdon ; — annexe deSaint-Symphorien; — annexe de
Thézels ; — du Bos. Les documents déposés axix Archives du Lot ne
permettent pas d'établir que l'une de ces églises se trouvait dans un lieu
appelé Siurag. Toutefois, dans la série F (art. 184), se trouve un pouillé du
diocèse de Cahors, mentionnant la paroisse de Cieurac, autrefois Siurac
[1074-1086] DE l'architecture eis France 233
«uccessione parentum nostrorum. I])amus quoque eidem
ecclesie cimiterium ab integro totum, simul cum babtis-
terio, nec non et fevum presbiterale, ettantum ex decimo
quantum pertinet ad sacristaniam illam, et in circuitu eccle-
«iae illius tantum terre foris cimiterium, quantum sufïiciat
âd construendam villam amplam in lon^itudine et lati-
tudine, sicuti mo[n] stratum est a nobis determinatis fini-
bus, coram plurimis testibus. Donamus etiam in bosco
nostro juxta posito, qui dicitur Fornales, tantum quantum
ad usum monachorum omniumque hominum ibi degentium
in calefactione et in domorum suarum edificatione seu
tocius ville constructione sufficere possit...
LXIX
107i-1086.
Reconstruction de Véglisc abbatiale de Saint-C ha/fre-du-
Monastier, au diocèse et près du Puy, en Velay, par
les soins de labbé Guillaume et sur les conseils de Hugue^
abbé de Cluny ; influence de V architecture bourgui-
gnonne dans ladite église.
Cartulaiire de Vabbaye de Saint-Chaffre-da-Monaslier ^, publ. parU. Che-
valier, Le Puy et Paris, 188S, p. 45-17.
(Cf. N. etF. ThiolUcr, Uarchitecture religienseù l'époque romane dans
l'ancien diocèse du Puy, Le Puy, p. 119, n. 5-).
... Vix enim illud tam magnum aedifîcium '^ centum
annis durare praevaluit ; quoniam non super petram,
(sic). Ces noms pourraient désigner la même localité voisine de Caliors,
aujourd'hui Cieurac ; sur le territoire de cette commune se trouvent
d'ailleurs des bois assez étendus, dont le nom n'est pas indiqué sur le plan
cadastral (et par suite, ne peut être rapproché de la dénomination For-
nales). Remarquons enfin que, d'après le pouillé précité, l'église de Cieurac
avait saint Pierre pour patron. Il faudrait alors admettre que dans
l'ancienne paroisse de Cieurac existait autrefois une église dédiée à saint
Sernin, église ne figurant pas dans les pouillés relativement récents que
nous connaissons. »
1. Le Monastier, ch.-l. dec, à 21 kil. du Puy (Haute-Loire).
2. Voy. ihid. pour les sources de l'histoire de ce monastère, p. 119, n. 1,
et pour lesfig., p. 120 et s. — La chronique du Monastier a été écrite un
peu après 1087.
3. La premièi'e chapelle de l'abbaye, dédiée à saint Pierre, étant devenue
234 TEXTES RELATIFS A LHISTOIRE [1074-1086]
more viri sapieniis, sed super arenam, more stolidi, funda-
mentum habuit. Post ejus ruinam, non absque mag'no
laborantium sudore peractum, dubitatum est utrum
ibidem rursum aedifîcari vel alibi locus mutari deberet,
quoniam nullum ibi fundamentum posse reperiri quibus-
dam videbatur ; mide factum est ut omne monasterium,
propter crebras aedifîeiorum ruinas, in alio loco quo securius
aedifîcaretur, mutari consensu cunctoruni visum sit
melius. Cumque id fieri summopere nonnuUi postularent,
et jam lapides illuc ad aedificium deportare libenter multi
coepissent,animadvertenshocprudenterGuilhermus^,tertius
abbas, qui tune locum regebat, non sine mag-no consilio,
magnam rem ejusdem loci mutationem fieri oportere, cum
Sapientissimus dicat : « Oninia fac cum consilio, et post
factum non poenitebis », et beatus Tobias filio suo praece-
perit consilium semper a sapiente quaerendum, venera-
bilem virum domnum Hug-onem, abbatem Cluniacensis
cœnobii, super hoc neg-otio, missis ad eum nunciis, consu-
luit. Gui ab eodem mandatum est [ut], si uUo modo locus
ille retinere valeret, non licere in alium temere transmu-
tare locum, propter antiquam videlicet hujus loci sanctiiî-
cationem et multorum ibidem quiescentiuhi corpora fide-
insuffisante, on transporta les reliques dans une autre, dédiée à saint
Martin, qu'avait fait bâtir l'abbé Vulfade (951-982). Ce monument dura à
peine cent ans, car ses fondations avaient été étaijlies sur du sable mou-
vant ; il ne dut pas cependant s'écrouler en entier, car une phrase du chro-
niqueur indique clairement que l'abside subsistait encore de son temps et
avait été très probablemeni utilisée dans la construction de la nouvelle
église : « Hic itaque [Vulfadus] templum eximii operis coepit aedificarc,
sicut diximus, in eodem loco ubi S. Martini oratorium habebatur et, dum
caput ipsius basilicae, quod adhuc solum ex omni magno illo aediticio
superest, studiose perfecisset, transtulit illuc corpus b. martyris Theo-
fredi. » Un autre ms. porte « : quod tempore Willelmi quarti creationis »,
c'est-à-dire en 1086. La persistance de ce chevet carolingien, à la fin du
XI* siècle, n'a pour nous actuellement que peu d'intérêt au point de vue
monumental, cette partie de l'église ayant été reconstruite au xv*
siècle. » (Thiollicr, ib., p. 119, n. 3). Cf. môme auteur, L'église du Monastier
et le château de Polignac... Le Puy, 1902, p. 14 et 15, en note. (Voy. les
planches jointes à cette étude.)
1. Guillaume III, abbé du Monastier de 1074 à 1086. — Guillaume IV,
son successeur, acheva le monument. Sur les rapports entretenus avec
Cluny par les abbés du Monastier, voy. Thiollicr, op. cit., p. 119. L'in-
fluence auvergnate a fusionné dans cette région avec celle de la Bour-
gogne (cf. Enlart, Man. d'archéol. fr., 1. 1, p. 206). Mais, en somme, cette
influence y est peu sensible; la cathédrale du Puy est une exception.
[1074-1086] DE l'architecture en frange 235
lium, sed omni studio diligentiam impendendam fore ut
semper in eodem loco Domino serviatur; et, ne solis hoc
verbis dicere videretur, transmisit isdeni liberalis pater
non minimam auri quantitatem ad exercendum illud tam
necessarium opus. Hujus ig-itur omnes relevati consilio, de
mutatione loci confestim mutata voluntate, in restaura-
tione ejusdem ecclesiae deinceps enixius laborare coepe-
runt : praefatus namque abbas ex aliis reg-ionibus peritos
conduxit artifices ^, qui, sua industria locum fundamenti,
licet cum ingenti fodientium labore quaesitum, repererunt,
ubi stabile fundamentum locantes, ex imis ad superiora
consurgere coeperunt. Sed cum jam opus iilud inchoatum
super terram elatum ferventer aedifîcari coepisset, isdem
abbas terminum vitae mortalis accipiens, praesentia mundi
reliquit discrimina atque féliciter ad bona migravit aeterna.
Gui succedens iste, quem nunc habemus, divinitus nobis
concessum rectorem, de cujus electione supra diximus,
non solum in ejusdem ecclesiae constructione, sed etiam
in aliis offîcinis monasterii coepit ita strenue laborare ut
paene omnia jam renovata et in melius mutata videantur.
Quapropter illud opus ecclesiae differi intérim videtur, quia
nécessitas regularium offîcinarum non parvam fratribus
angustiam saepius inferebat, dum a foris convenientes in
solemnitatibus, ut moris est, nec in dormitorio nec in capi-
tulo congruenter consistere, nec per claustrum ordinatim
procedere valerent. Jam vero tantae sunt amplitudinis, ut
plus quam centum monachis ad requiescendum et resi-
dendum spatia in eisdem praebeantur congrua.
1 . « La structure bourguignonne des voûtes, qu'on ne trouve en Velay
qu'au Monastier et à Chamalières, principal prieuré de celte abbaye, peut
permettre de croire que les maîtres de l'œuvre vinrent de Bourgogne. »
(N. Thiollier, op. cit., p. 119). On a cru pouvoir aussi remarquer, à un
autre point de vue, que les constructeurs delà cathédrale du Puy en Velay,
où l'on entretenait des relations intimes avec les moines de Saint-Hilaire
de Poitiers, adoptèrent pour leur système de coupoles le même parti qu'ils
suivirent à la nef de Saint-Hilaire dès avant 1130.
236 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1088]
LXX
1076, 17 avril, 1088 et 1191.
Mention de divers bâtiments du château de Blois. — Clô-
ture de mur dudit château^ d'après une inscription com-
mémorative. — Chapelle de la tour et chapelle attenant
à r appartement privé du comte.
Extr. d'une charte de Thibaut III, comte de Blois (1037-1089). Oriç.
Archives d'Eure-et-Loire, H 2367. — Cartulaii'e de Marmoulier pour le
Dnnois, publ. par E. Mabille (1874), n" XL, p. 37.
(Cf. Mab'ûlon, Annales ordinis S. Benedicti, t. V, 1713, p. 70. — Martène,
Histoire de Marmoutier, III, n. 283.)
[1076, 17 avrilj. — ... Factiim est hoc, ut diximus, apud
castrum^ Blesium intra curiam, retro palatium, prope tur-
rem, patulo - inter caminatas'^ quidem palatii sito, XV
kalendas maii die, dominica post meridianam'*.
Ancienne inscription lapidaire sur le portail de la ville de Blois, dans
Bernier, Histoire de Blois, 1682, p. 293.
[1088.] — Cornes Stephanus ' et Adela comitissa, sui-
que heredes , perdonaverunt hominibus istius patrie butagium*»
1. Une charte de 903 contient déjà cette mention : in Bleso Castro, intus,
in veleri castello (De la Saussaye, Hist. du château de Blois, 2" éd.,
p. 222). Le château de Blois est appelé caslellum, caslellelum en 1150 (Ber-
nier, Histoire de Blois, p. 294) ; voy. aussi De la Saussaye, op. cit. (4' éd.,
p. 60).
2. Patulum, diminutif de paluum, cour fyazonnée.
3. Caminata, chambre avec cheminée. Voy. Du Canjje, Gloss., v" Cami-
nala (cf. ibid., l'expression suivante « Acta in aula sive caminata nostra ».)
4. Suivant notre savant confrère, M. Merlet, archiviste d'Eure-et-Loir,
qui a bien voulu vérifier la cote de ce document, on pourrait aussi accep-
ter ici la date du 17 avril 1082.
5. Etienne I", fils de Thibaut III, comte de Champagne.
6. Il s'agit ici delà prestation que devait au seigneur celui qui vendait du
vin (cf. hotagium, boulage).
[H91
DE l'architecture K> FRANCE 23T
in perpetuum, eo pacto ut ipsius castellum* muro clau-
derent. Quod si quis violaverit, anath«ma sit, Datan quo-
que et Abiron maledictionem habeat.
3
Archives deJoursanvaiiU, n» 30S8.
[4191] — ... Eg-o Ludovicus^, cornes Blesensis, omnibus no-
tumfacioquod... beneficiumillud quod idem pater meusdede-
rat Durando capellano, pro servicio capelle Me turre mea,
do et concedo canonicisSanctiKarilephi^,ita tamenquodipsi
tenebuntur deservire utrique capelle, illi ^àdelicet de turre,
et capelle ^ quœ meo thalamo ^ est continua... Datum Blesis,.
anno gratie M" C" nonagesimo P.
1. Ç'est-à-dirc le château du seigneur de la ville de Blois. Sur cette
inscription de la porte de Blois, côté de la ville, qui se voyait encore vers
1788, époque à laquelle ladite porte fut démolie, cf. aussi Soyer, Élude
sur la communauté des habitants de Blois, 1894, p. 12 et 21 (notes), et
E. Johanneau, dans les Mém. de la Soc. des se. et des lettres de Blois,
t. III (1840), p. 295. — On a parfois placé au xii* siècle des inscriptions
lapidaires au-dessus des portes des châteaux. C'est ainsi qu'en 1180,
on disposa l'inscription suivante au-dessus de l'entrée du château de
Gand : « M. C. LXXX. Piiilippus, cornes Flandrie et Viromandie, filius
Thirici comitis et Cibilie, fccit hoc castellum componi >> 'cf. une image
photographique de cette inscription dans l'Inventaire archéologique de
Gand (Gand, nov. 1900, in-8), p. 182): plus tard, en 1231, autre inscription
au château de Boulogne (cf. Enlart, Man. d'archéoL, t. II, p. 327).
2. Louis, fils de Thibaut V, comte de Blois de 1191 à 1205.
3. Cf. les actes de 1150 et 1166 : « ecclesia S. Carilephi de Castelleto-
Blesensi, quae capella mea erat ». (Bernier, Hist. de Blois, Pr., p. XI).
4. Saint-Calais, ville du Vendômois, diocèse du Mans (auj. dans la
Sarthe).
5. « L'emplacement de la chapelle de Saint-Calais ayant toujours été le
même... les appartements des anciens comtes de Blois occupaient alors
le terrair où se trouvent aujourd'hui les constructions des ducs d'Or-
léans » (De la Saussaye. op. cit., 2" éd.. p. 31). — Pour les textes ci-dessus,,
cf. aussi, ihid., p. 29 et p. 222-223.
6. Cf. les expressions suivantes : << apud Castrumdunum. in cuticule
aule sue», à propos du château du vicomte de Châteaudun [Carlul. de
Josaphat, par l'abbé Métais,t. I, p. 81 ; — a ad petram ante iurrem Castri
Dunensis, ibid., p. 82). « La mention de cette pierre de justice placée
devant la porte du château est assez rare, mais n'est pas un fait isolé. Il y
en avait une pareillement dans la cour du château de Blois » {ibid., p. 82,
n. 1). — « A Troyes, Henri I" paraît s'être construit le palais qu'il
appelle lui-même domus mea, ma maison, en 1157, n° 47, qu'on trouve aussi
désigné sous les noms d'aula, de sales du comte, et qui contenait une
pièce que la charte de l'an 1177, n" 298, appelle thalamus comitis, chambre
à coucher du comte » (d'Arbois de Jubainville, Hist. des ducs et des comtes
de Champagne, t. III, p. 253). Thalamus apparaît ainsi quelquefois dans
les chartes avec le sens de cubiculum (Voy. le Gloss. de Du Cange).
238 TEXTES RELATIFS A l'histotre [Vers 1076]
LXXI
[Vers 1076]
Donation faite par Amance à Vabbaye de Sainte-Foi de
Conques^ en Bouergue, à la condition qu une mission de
trois moines désignés par le donateur, et parmi lesquels
se trouvait Deusdet, construirait une église dédiée à
sainte Foi, à Esclottes, dans le Bazadais. — Mention
d'une église construite en bois par le moine Deusdet, à
Sarda (?), dans le même pays,
1
ECCLESIA DE ESCOLT
Carlulaire de Vabhaye de Conques en Rouergiie, publ. par G. Desjardins
{Doc. historiques... Soc. de l'Ecole des Chartes), 1879, n" 50, p. 51.
In nomine Domini. Ego Amancuus, pro salute animaB
meœ et pro salute parentum meorum tam vivorum quam et
defunctorum, do Sancti Salvatoris de Conchas et sanctae
Fidis(sic) duos mansos déterra in Escolt^, ethocin episcopatu
Basatensi-^, cum quarto, et décima tota quœ de alios très
mansos totani decimam, per talem convenientiam ut Deusdet
monacus aut Petrus aut Odolricus ^ faciant unam aecclesiam
1. Conques, aujourd'hui ch.-l. de c, arr. Rodez (Aveyron).
2. Esclottes, com. du cant. de Duras, arr. Marmande ^Lot-et-Garonne),
située sur les confins de Tarr. de Bazas (Gironde). G. Desjardins a identifié
Escolt avec Lesclottes, au lieu d'Esclottes.
3. Dans d'autres textes du même Cartulaire, qui appartiennent à la fin
du xi° siècle, on lit ceci : « In comitates de Basado, in Escolto » (p. 281),
ou bien encore : « In comitateni de Basades, ecclesia de Escolt » (p. 286).
L'église actuelle, fort intéressante, porte une voûte d'ogives archaïque,
ainsi que M. Brutails a bien voulu nous en informer.
4. Il Urbain II, en 109.Ï, consacra l'église, encore inachevée, de Saint-Ser-
nin, qui avait été commencée vers 1060. D'après le chronographe de l'ab-
baye Houcrgate, celle de Conques était à peu près terminée, au moment
où l'on posait la première pierre de Saint-Sernin. « Odolricus... hasilicam
ex maxinia parle consuniinavil... corpus bealie Fidis de veleri ecclesia
in novam hasilicam translulit, ac eliain monaslerium in eu forma in qua
est, ad honorem Deiet heatœ Fidis, fecisse creditur tempore Ilenrici, Fran-
[Vers 1076] de l'arciiitecïure en frange 239
ibi in honore sancta? Fidis', pro anima meaet pro animabus
parentum meorum. Similiteret dono eis omnem ecclesiam.
Similiter et dono eis omnem justiciam de ipsa ecclesia et de
hominibus quos agg-reg-are ibi potuerint, sine uUo parente
velherede contradicente. Et si, quod absit, advenerit aliquis
abbas aut monacus qui h[u]nc honorem vellet auferre de
tabula sanctœ Fidis, veniat fîlius vel filia aut quiUbet qui
honorem meum tenuerit, et mittat super altare Sancti
Salvatoris et sanctéF Fidis XII denarios Lemovicanos...
Si quis autem...
Liber miraculorum Sancte Fidis, publ. par A. Bouillet (1897), 1. IV, c.
[21], p. 212.
Sancte Fidis in honore, monachus nomine Deusdet eccle-
siam que Sardanum^ dicitur, ligneo edificio in pago Basa-
tensi prius construxit, et in humili machina tabulatis inte-
xuit, Vili quidem stabat sccmate...
corum\regis]... Odolric est cite pour a dernière fois dans une pièce de
1065. J'ai démontré plus haut que l'auteur anonyme écrivait à la fin
du XI" siècle. » (G. Desiardins, Jntrod. au Gartulaire de Conques,
p. XXXIII;.
1. Le Cnrtulaire de Vahhayede Conques en Rouergue, dit M. Gustave
Desjardins, nous montre les moines bâtissant, dans les lieux où ils vont
s'établir, des églises, des couvents, des bouigs de sauveté, des ports, etc.
Un document nous a conservé les noms de trois de ces moines archi-
tectes : Amancius donne deux manses dans le Bazadais, à condition que
Deusdet, moine, ou Pierre, ou Odolric y construira une église en l'hon-
neur de sainte Foi. Ainsi le culte de cette sainte a porté avec lui le style
né à Conques, dans les contrées où il s'est propagé, et nous saisissons sur
le fait la formation et le développement d'un mode d'architecture romane
très répandu dans le Midi de la France. M. Viollet-le-Duc la retrouvé en
Navarre, où, d'après le Gartulaire, les moines de Conques firent de nom-
breuses constructions » (ibid., p. XXXIV). — Cf. U. Chevalier, liép. top.-bihl.,
I, col. 775, v° Conques ; sur la diflusion du culte de sainte Foi au moyen
âge, en F'rance et à l'étranger, les monuments qui furent élevés en son
honneur, voy. A. Bouillet et L. Servières, Sainte Foy, vierge et martyre,
Rodez, 1900 ; cf. l'éd. de 1901, p. 87 et Suiv.
2. Nous n'avons pu identifier le lieu où se trouvait cette ancienne petite
église, que notre savant confrère, M. Brutails, a vainement cherchée sur
les listes de bénéfices de l'ancien diocèse de Bazas, et que M. Bonnat n'a pu
trouver parmi les anciennes localités du Lot-et-Garonne dépendant de
l'ancien Bazadais. Un lieu dit Sarda existe hors du Bazadais dans la
commune de La Sauvetat-de-Savères, arr. d'Agen, mais il ne paraît pas
correspondre à celui que mentionne notre texte, en supposant que le nom
en ait été exactement transcrit.
240 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Avant 1077]
LXXII
Avant 1077.
Mention du monument antique de Nîmes, dit la Maison
Carrée, et de son portique, dans le testament de Ponce,
chanoine de la cathédrale Notre-Dame de ladite ville.
Cartulaire du chapitre de l'église calhédrale Notre-Dame de Nimes, publ.
par E. Germer-Durand', n'° CXII (Mém. del'Acad. du Gard, an. 1873, éd.
1874, p. 176-178).
CARTA DE MURO NOVO
In homine sanctae et individuae Trinitatis, incipit bre-
vis divisionalis quem divisit Pontius canonicus, in sua
recta memoria, dum jacebat in lecto egritudinis suae ; et
postea animum suum nunquam mutavit.
Volo ac jubeo ut habeat domna mea Sancta Maria, et
canonici, in illorum alimonia, ipsum mansum qui est infra
Nemauso civitate, a Muro Novo -, ubi Rotbaldus visus est
nianere, cum ipso cluso etcum ip.sos arbores... Et habeat...
Pontius, [fratris mei fîliusj, ipsa sala de Gapitolium ^, que
1. Comme l'observe l'éditeur de ce cartulaire, le nom de l'évêque Fro-
taire qui paraît dans cet acte est le seul indice chronologique que porte
le testament. Or, il y a eu à Nîmes deux évoques de ce nom : Fro-
taire P' dont lépiscopat s'étend de 987 à 1015 environ, et Frotaire II (1026-
1077 environ). M. Germer-Durand a pense qu'il serait question ici de Fro-
taire I"; c'est aussi notre avis, vu surtout la latinité usitée dans ce très
curieux document dont nous ne donnons ici que le fragment qui interesse
notre Recueil. Ajoutons que nous aurions placé ce texte dans des limites
chronologiques beaucoup plus étroites du cours du xi* siècle, c'est-à-dire
avant 1115 vraisemblablement, si nous avions eu plus tôt connaissance de
ce document.
2. Même avant la construction de l'enceinte régulière et continue de
1194, les habitants de Nîmes avaient songé à clore certains points plu»
ouverts ou plus exposés que d'autres. Le Murus Novus, dont il est ques-
tion ici, avait été élevé pour protégerla Maison-Carrée {Sala de Capitolio).
Il était situé sur l'emplacement de la façade du théâtre actuel, et devait
s'étendre de la Porte de la Bouquerie à la Porte de la Magdeleine (Ger-
mer-Durand, op. cit., p. 177, n. 1).
3. La Maison-Carrée, autrement dit le Capdueil {Capitol ium), en lan-
guedocien. 11 s'agit, à vrai dire, d'un ancien temple dont le plan est un
narallélogramme rectangle et auquel on a donné improprement le nom de
Maison-Carrée.
[1077] DE l'aRCHITECTLRE en FRANCE 2 il
comparavit de Folcranno presbitero, cum ipsa curte de
îpsum po[r]ticuin ' inantea-, pro remedium animae meae : in
/ea verl o] ratione, quod frater meus Bernardus nec infantes
sui non interpellent ipsum exaY[i]um^ qui ibidem fuit...
LXXIII
1077, 28 janvier.
Autorisation accordée par Guillaume, duc d'Aquitaine, aux
religieux du monastère de Saint-Jean et Saint-André, à
Poitiers, de prendre dans ses bois tous les matériaux
nécessaires à leurs bâtiments, ainsi quà la construction
ou à la reconstruction d'habitations, avec la faculté d'user
aussi, sans frais, de pierres de meule extraites des carrières
dudit seigneur, pour l'entretien de leurs moulins.
Layettes du Trésor des Chartes, par A. Teulet, t. I (1863), n° 20, p. 23-25
^d'après Arch. Nat., J iôO. Fondations, I, n" 2. J. Copie delà 2" moitié du
xiii' moitié).
Ego Guillelmus '... dux ' Aquitanorum, per De
misericordiam . . . ad honorem Dei omnipotentis et Sancte
ejus genitricis semperque Virginis Marie, et sanctorum apos-
tolorum Johannis et Andrée, statui mihi construere monas-
terium in suburbio Pictavensi... Dono eciam ipsi monas-
terio stagnum ipsius civitatis contiguum, cum pisc(h)aria
1; Le te.vte met ponticiim. — Ce magnifique édifice, que Vitruve aurait
•ranj^^é parmi les temples pseudo-pcriptères, est orné au dehors de trente
•colonnes cannelées d'ordre corinthien, et il est précédé, au devant de la
façade, d'un {^rand vestibule ou portique, ouvert de trois côtés, soutenu
par dix colonnes pareilles aux autres, mais isolées, qui i-ntrent dans le
nombre des trente, et dont six forment la face antérieure.
2. C'est-à-dire : la cour devant le péristyle, en allant vers le Capdueil.
depuis lors rue Auj^uste.
3. Droit de sortie (pour exaginm).
1. Guy-Geoffroy-Guillaume, comte de Poitou et duc d'Aquitaine M058-
1086;. — Cf. t/i/'ra l'acte de. janv. 1107 relatif à une autorisation du même
f;enre accordée par le duc d'Aquitaine aux religieux de Saint-Jean-d'Or-
hestier, en Bas-Poitou.
5. Le texte porte fautivement diicx.
16
242 TEXTKS RELATIFS A l'hISTOIRE [1077-1081]
et cum molendinis in eodem positis, et cum consuetudine
molarum que necessarie erunt eisdem molendinis. Quas
eciam molas homines consuetudinarii, qui eas extrahunt,
debent sine aliquo precio, exceptis molis veteribus, quas
ipsi homines accipiunt ; quas etiam molas judex de Bonolio
per consuetudinem débet conducere usque ad lacum de For-
g-iis^, et judex de Forgiis usque ad molendina, sine aliquo
precio... Concedo eciam eis omnes silvas meas... ad domos
suas construendas vel reedificandas, sive ad omnia necessa-
ria facienda, tam his qui habitant in monasterio quam hls
qui sunt per obediencias.
... Facta est hec carta donacionis... V** kal. febroarii,
anno ab Incarnatione Domini M** LXXVII... régnante re<^e
Francorum Philippe...
LXXIV
1077-1081, et 1104-1129 environ.
Œuvre des sculptures du tombeau de saint Front de
Périgueux exécutées par Guinaniand, moine de l abbaye
de la Chaise-Dieu, en Auvergne. — Incendie du bourg
et de Véglise collégiale Saint-Front ; destruction des
cloches atteintes par le feu dans le clocher.
Fragmentamde Pelraqoricensihus episcopin, seu epitome... dans Labbo,
NovaBibl. man., t. Il (1657), p. 738.
(Cf. Hec. (les Hisl. de France., t. XII (1781), p. 391.- C. Guigue, dans
les Archives de l'art français, t. V, Doc, 1837-58, p. 30.)
[1077-1081] — Cujus tempore [Guilhermi de Montje
1. Cette localité était située dans l'Aunis; aujourd'hui Forges, comm. du
cant. d'Aigrefeuille, arr. Rochcfort (Charente-Inférieure). Quant à celle
« de Bonolio », nous n'avons pu ridentifier, pas plus que l'éditeur des
Layettes dn Trésor.
[1104-1129] DE l'architecture en FRANCE 243
BerulphoJ ^, Guinamandus 2, monachus Gasae Dei^, sepul-
chrum^ sancti Frontonis mirabiliter sculpsit. Stephanus
Iterius, canonicus Sancti Frontonis et cellerarius, omnia
necessaria huic operi ministravit.
[Vers 1104-1129 environ]. — Hune vero supradictum
secutus est in eadem sede Guilhermus de Alba Rocha ^,
et ecclesiam rexit annos XXIIII. Obiitque anno Domini
inillesimo centesimo XXIII, IV non. aprilis, et sepultus
est in hac ecclesia.Gujustempore, burgus Sancti Frontonis
et monasterium " cuni suis ornamentis repentino incendio,
peccatis promerentibus, conflagravit, atque signa in clo-
cario igné soluta sunt. Erat tune temporis monasterium
ligneis tabulis coopertum...
1. Guillaume I"deMonlberon, qui fut évêque de Périgueuxde 1059 à 1081.
2. Et non Giiinamundus. Le nom de Guinamand, — on imprime parfois
à toi't, selon nous, Guinamond, — n'est pas fréquent. Nous le trouvons
porté, vers la même époque, dans le pays Daupliinois, par un archevêque
d'Embrun, Guinamandus, dans le Chartular. S. Victnris Massiliensis, éd.
Guérard. t. II, n° 69S, à l'année 1066 (cf. ibid., la forme Giiinamannus).
Quant à la forme Guinamundiis que l'on a retrouvée à Saint-Front sur une
plaque de cuivre émaillée, elle n'a point paru appartenir à une œuvi-e
authentique (voy. Texier, Dicl. d orfèvrerie, v" Guinamnndiis). G. Guigue
(op. cit.), et, après lui, Bauchal [Xoiiv. dicl. hiogr. et crit. des archit. fr.,
p. 284), sur la foi de dom Genoux, auteur d'une histoire manuscrite de la
Chaise-Dieu, ont cru, sans raison sullisante, que Guinamand avait fait
aussi œuvre d'architecte à Saint-Front : les témoignages contemporains
n'autorisent pas cette opinion.
3. Ancienne abbaye bénédictine fondée par saint Robert, en 1043, au
diocèse de Clermont ; auj. ch.-l. de cant., arr. Brioude (Haute-Loire). Sur
les rapports entre cette abbaye et Saint-Front de Périgueux, vers 1080 (au
sujet du monastère de Brantôme) et au commencement du xii* siècle, voy.
F. de Verneilh, L'architecture byzantine en France (1852), p. 86.
4. C'est sous la coupole de l'Est qu'était placé le tombeau de l'apôtre du
Périgord. « Le sépulcre de saint Front, dit M. de Verneilh {op. cit., p. 83),
était circulaire et voûté en pyramide. Placé directement sous la coupole de
la tête de la croix, il devait, et par sa forme et par son style, s'harmoniser
admirablement avec la grande cathédrale. C'était tout un petit édifice à la
décoration duquel concouraient la sculpture, la mosa'ique, les émaux. . . »
Cf. l'abbé Th. Pécout, Perù/j/CHX, soiivenir.s histor., biogr. et archéol.,
p. 154. Voy. aussi Thiollier (N. et F.), L'architecture religieuse à l'époque
romane dans l'anc, diocèse du Puy, Le Puy, p. 58, n. 2. Ce monument
remarquable a été malheureusement détruit au xvi' siècle par les protes-
tants du Périgord, pendant les guerres religieuses.
5. Guillaume Ild'Auberoche, évêque de 1104 à 1129 environ.
6. Le terme monasterium s'applique ici à une église collégiale (cf. supra,
p. 4, n. 6).
244 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1077-H13]
Chronicon Sancti Maxentii Piclavensis sive Malleacense, dans les Chro-
niques des églises d'Anjou, éd. Marchegay et Mabille (Soc. hist de Fr.),
1869, p. 429.
(Cf. Labbe, NovaBibl. mare., t. II, p. 219. —Rec. des Hisl. deFr., t.XII,
p. 407.)
[H 20]. — Anno MCXX... similiter' incensum est
monasterium ^ Sancti Frontonis civitatis Petragoricae
cum multis hominibus et fTejminis...
LXXV
1077-1H3.
Règlement du temporel de Vabbaye de Saint-Bénigne de
Dijon., concernant la réfection et f entretien des bâti-
ments conventuels, institué par Jarenfon, abbé de ce
monastère : détermination de la part éprendre par chaque
obédience de Saint-Bénigne aux dépenses des travaux de
couverture des bâtiments.
Martyrologe et obituaire de Saint-Bénigne de Dijon, dans le Catalogue géné-
ral des manuscrits de la Bibliothèque de Dijon, n° 634 (379), fol. 123
(xiii' siècle).
(Cf. Chomlon{ahhê). Histoire de l'église Saint- Bénigne de Dijon, 1900,
p. 145, n. 2.)
1 . La chronique vient de rapporter, sous la date du 22 juillet 1120, l'in-
cendie de l'église abbatiale de la Madeleine de Vézelay (S. Maria Magdalena
de Vizeliaco).
2. 11 s'agit encore ici, comme dans l'extrait précédent, de l'église
collégiale ancienne qui était lambrissée ; elle est antérieure au Saint-Front
à coupoles. Voy. dans le Bull, monum. de 1895, Anthyme Saint-Paul, La
question de Saint-Front, p. 5-28, et Brutails, ibid., p. 87-137, où les textes
ci-dessus sont commentés. Voy. aussi (5" série, t. VI, 1895, p. 361-373),
dans la Bev. de l'art, chrét., J. Berthelé, La question de la date de Saint-
Front de Périgueux et M. A. Saint-Paul. Pour d'autres travaux sur Saint-
Front, voy. Chevalier, Rép. top.-bibl., II, col. 2346, v» Périgueux.
[407-1113] DE l'architecture en FRANCE 24S
DECRETUM JARENTONIS ^
Quales quantique fuerint qui hanc abbatiam priinitusex[s]-
truxerunt désignât larga possessionum acquisitio, aedifi-
ciorum adjacentium ampla constructio : unde non immerito
ig-naviœ rei videbimuresse, si quod illi ab ipsis fundamentis
potuerunt ex[s]truere,nostrotenipore pro sola tectura conti-
gerit ad nihilum devenire. Quod ne quando conting-at, qua-
dam vice, hujus iociseniores venerabilem abbatem Jarento-
nem studuerunt humiliter adiré eumque non improbabili
querinionia convenireut, quinonnullas offîcinas minus decen-
ter antiquitus factasinmelius studuerat reformare, benecons-
tructas per sola cooperta non pateretur [ad 2 nihilum deve-
nire]. Quorum querimonia m gratanter suscipiens eorumque
suggestionem non inutilem esse perpendens. .., statuit, ut
ad restaurationem tectorum unaquœque obedientia inferius
annotata unum millenarium de asseribus paratis cum
septem tignis etdecem tegulis unoquoque anno persolveret,
videlicet: obedientia camerarii totidem, totidem obedientia
cellerarii, totidem obedientia sacrista^... [suivent un certain
nombre de maisons d'obédiences voisines). Statutum est,
qu[onia]mlonginquiores et pauperiores sunt, quatenus ligni
materiem ipsœnon darent, sedadclavellosemendos, quibus
asseres confiai debent, quinque solidos singulis annis per-
solvant. Hoc autem quod unaquaeque obedientia débet, sta-
tutum est ut usque ad Pentecosten.solutum habeat. Postea
vero in potestate et arbitrio prions erit ut, ubi magis vide-
rit expedire, ibi cujusque ligni materiem jubeat ministrare.
1. Jarenton, ancien prieur de la Chaise-Dieu, au diocèse de Clermont, abbé
de Saint-Bénigne de 1077 à 1113 (voy. Chomton, op. cit., p. 137 et suiv.).
Sous son abbatiat eut lieu la première réfection de létçlise romane de
Saint-Bénipne, consacrée de nouveau par le pape clunisien Pascal II, le
16 février 1107. L'ancien prieur de la Chaise-Dieu aurait-il appelé à l'église
de Saint-Bénigne des constructeurs auvergnats ? Cette supposition ne
semble pas inadmissible. Sur l'influence probable du style auvergnat à
Saint-Bénigne de Dijon (faite de l'église, corniche), dans la première moi-
tié du xu" siècle, voy. Chomton, op. cit., p. 145. — Cf. E. Petit, de Vausse,
Histoire des ducs de Bourgogne..., t. I (1885), p. 196.
2. Cette "addition nous paraît nécessaire au point de vue grammatical.
246 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1077]
Et ne haec tam utilis institutio in posterum oblivioni dare-
tur, praecepit idem abbas ut scriberetur, et in crastino
festi Omnium Sanctorum, ob celebriorem conventum, in
capitule' legatur et exponatur.
LXXVI
1077-avant 1179.
Travaux de construction et de décoration d'ordre religieux
et civil exécutés à Vabbaye du Bec, en Normandie^ par
les soins des abbés de ce monastère ; dédicace de V église
abbatiale en l'honneur de la SainteVierge ; travaux d'hy-
draulique entrepris audit monastère.
Chronique de Robert de Toriqni^, abbé du Mont-Saint-Michel, éd. Lco-
pold Delisle {Soc. hisl. de Normandie, 1872-73, t. I, p. 61-62, 210, et
t. II, p. 89).
[1077.] — Ecclesia •' Becci, X kal. decembris in honorem
S. Mariae, matris Domini, dedicata est ab archiepiscopo
Gantuariae Lanfranco. Quod opus pergrande ipse inchoavit,
et, post abbatem Herluinum, primum lapidem posuit ; quod
1. Cette assemblée était le chapitre général des maisons dépendant de
Saint-Bénigne. — Voy. dans Choniton, op. cit., tableau I, emplacement
des bâtiments de l'abbaye (pi. VIII et XVIIl). — L'abbé Halinard, suc-
cesseur de l'abbé Guillaume à Saint-Bénigne de Dijon, avait administré
ce monastère d'abord en qualité de prieur (1026), puis d'abbé (1031-1052).
Voy. là-dessus Chomtoii, op. cit., p. 129 et s. Sur les constructions pré-
sumées d'IIalinard (piliers des caves de l'abbaye comparées avec la
forme des piles de Saint-Philibert de Tournus), voy. le même auteur,
p. 133. Voici l'extrait de la chronique concernant les travaux qu'il dirigea :
« Cujus (Ilalinardi) memoriam dignum est nos assignare litteris, qui
nos dulcibus ac paternis monuit institutis... Officinas hujus monasterii
renovavit. Et quanquam omnibus eruditus esset artibus, tameu in gco-
mctria et physica plurimum studebat... » (Chron. Sancti Benign., p. 182
et 192).
2. Moine au Bec en 1128, prieur claustral de la maison jusqu'en 1151,
date à laquelle il devint abbe du Mont-Saint-Michel.
3. « Ce paragraphe, dont le texte est passé dans la Chronique du Bec.
fournit sur l'église du Bec, dit le très savant éditeur de Robert de Torigni,
plus de détails que le passage correspondant de Guillaume de Jumièges
(VI, 9), passage qui est du reste une interpolation de Robert. » {ibid., p. 61,
note 3).
[Avant 1179] di-; l'architecture ex France 247
opus in sedecim annis peractum est ' . Huic etiam dedica-
tioni interfuerunt episcopi Odo Baiocensis, Gislebertus
Lexoviensis, Gislebertus Ebroicensis, Robertus Sagiensis,
Arnaldus Genomannensis • ...
[1143.] — Inceptum "^ est caput ^ monasterii Beccensis
ecclesiae pridie kal. augusti, praesente piae memoriae
domno Letardo abbate.
[Avant 1179.] — Obiit Rogerius-^, abbas Becci ... Ecclesia
siquidem fere tota aedificata est in tempore suo, et dedi-
cata; cujus pulchritudinis nuUa aequatur in tota Norriian-
nia. Fecit caméras cum caminis •' unam super alteram, ad
susceptionem hospitum et personarum. Fecit etiam domum
infîrmorum ing-entis pulchritudinis et magnitudinis . Melio-
ravit dormitorium in maceriis, in vitreis et cooperture.
Fecit et aqueductum " per quem adduxit fontem pulcher-
rimum de longinquo, qui dividitur per offîcinas monas-
terii. Fecit et conquam ^ pulcherrimam ad recipiendam
aquam, et tectum desuper aedifîcavit.
1. L'emplacement de l'ancienne abbaye du Bec se trouve aujourd'hui
dans l'Eure, arr. Bernay, c. Brionne, au Bec-IIelIouin. Voy. VHist. de
Vabhaye du Bec par le chanoine Porée, Evreux, 1901, t. I". — Cf. supra,
le texte n° IX, p. 45et s., relatif à ladite abbaye.
2. Le nom de Gundulphe mérite aussi dètre cité à propos de cette
abbaye, puisqu'après avoir travaillé à l'éfflise du Bec et à celle de Saint-
Etienne de Caen, il devint évêque de Rochester, et s'y construisit un
admirable donjon. Il mourut en 1106 (Voy. Enlart, Man. d'archéol., t. I,
p. 62, n. 1).
3. Cette note a été insérée dans la Chronique du Bec, sous l'année 1146.
4. cajoiiuZHm, Chron. du Bec.
5. Ro{^er de Bailleul, abbé du Bec, mort en 1179 {Gall. christ., t. XI,
col. 230).
6. C'est ce que les textes appellent aussi caminala (Voy. snpra le texte
de 1076, relatif au château de Blois.)
7. Nous voyons notamment que les chroniques de Saint-Bertin, de
Sainte-Barbe-en-Auge, de Clairvaux, contiennent de précieuses mentions
relatives aux adductions d'eau destinées à être utilisées dans les ateliers
des monastères.
8. Sur les édicules abritant souvent les fontaines des cloîtres, voy.
Enlart, op. ci7., t. II, p. 38 et s. (%.); cf. Viollet-le-Duc, Dict. de Varch.
/•r., t. VI,p. 172 (fig.).
248 TEXTES RELATIFS A l'hïSTOIRE [1079]
LXXVII
1079.
Construction de V église du prieuré conventuel de Sainte-
Gemme, en Saintonge, entreprise par une mission de
trois moines, désignés par Robert, ahhé de la Chaise-Dieu,
en Auvergne.
TabuLirium Sanclae Gemmae^ Santongensis, dans Besly, Histoire des
comtes de Poictou et ducs de Guyenne (1647), Pr., p. 403.
(Cf. J. Berthelé, Recherches pour servir à l'histoire des arts en Poi-
loli, 1889, p. 72.)
Anno - V post transitum gloriosissimi patris nostri Rot-
berti'^ misit dominus Durandus, abbas Casae Dei, très,
viros religiosos, honestos et sanctos, fratres monachos
ad aedificandum 4, regendum et custodiendum locumipsum
Sancte Gemmae, ad honorem individuae Trinitatis^ Patris et
Filii et Spiritus Sancti et beatissimae Dei genitricis Mariae
et sanctae Gemmae virg-inis et omnium sanctorum. Quorum
1. Sainte-Gemme, aujourd'hui c. Saint-Porchaire, arr. Saintes (Ciia-
rentc-Inférieure).
2. Voy. J. Berthelé, Recherches pour serinr à l'histoire des arts en
Poitou. 1890, p. 72, où ce texte est cité;rauteur y étudie l'influence de
l'architecture auvergnate en Saintonge. A l'église de Sainte-Gemme, un
constructeur auvergnat voûta les bas-côtés en demi-berceau, comme on
avait coutume de le faire en Auvergne. Les voûtes n'existent plus, mais
la disposition primitive est trèsreconnaissable (cf. J. Berthelé. dans le Bul-
letin de la Soc. de stat. des Deux-Sèvres, 1884, p. 311-512). Il subsiste encore
un beau porche intérieur surmonte d'une tribune, ayant toute la largeur de
la nef, particularité dont l'origine auvergnate n'est pas douteuse. Voy. aussi
N. Thiollier dans le Congr. archéol. de France, LXX" sess. (1903), p. 340.
3. On ignorerait la date exacte de la mort de saint Robert (Voy.
E. Branche, Ilist. des ordres monastiques en Auvergne, p. 141). Saint Robert,,
fondateur de la Chaise-Dieu, fit réparer ou reconstruire une cinquantaine
d'églises (Mabillon, Acta Sanctorum Ord. S. Benedicti, saec. VI. pars 2*^
p. 196 ; Act. SS. avril, III, 324). Cf. Berthelé (ibid.). Son zèle aida beaucoup à
la propagation du style auvergnat dans l'architecture monastique. Cf. au
point de vue de l'activité artistique d'un moine sculpteur de la Chaise-
Dieu, le n" LXXIV, relatif au tombeau de saint Front de Périgueux.
4. Le duc d'Aquitaine, Gui-Geoffroi-Guillaume (1058-1086), fit dot»
au nouvel établissement monastique de bois de construction: « et arbores-
ad omnia construenda » (Besly, op. cit., p. 379). — Cf. Massiou, Hist. de
la Saintonge et de VAunis,i. I (1838j, p. 427 et s.
[1079-1110] DK l'architecture en FRANCE 249^
monachorum haec sunt nomina : dominus Artaudus [al. Ar-
nauldus), qui fuit prior, et dominus Theodardus, qui fuitprtio-
ceptor et magister, et dominus Rotbertus, qui fuit reclusus.
Numerus est millenus septuagesimus (unus)nonus ab Incar-
natione Domini, ab origine mundi usque ad Ghristum cen-
tum et octoginta novem anni.
LXXVIII
1079-1110.
Mention du baptistère de V église cathédrale de Rouen, con-
tenant le monument funéraire de V archevêque de cette
ville, Jean de Bay eux ; soins donnés par son successeur,
Guillaume Bonne- A me, aux ornements de cette église,
ainsi qu'à la reconstruction de la clôture et du palai»
de Varchevêché.
Orderici Vitalis Hisloria, ecclesiastica, 1. V, c. IV, éd. A. Le Prévost (Soc.
hist. de Fr.), 1840, t. II, p. 313-314.
Anno ab Incarnatione M" LXXIX", Johannes ' archie-
piscopus... defunctus est, et in baptisterio ~ basilicae ad
aquilonem tumulatus est. Monumentum ejus ex albo
lapide factum est, in quo hujusmodi epitaphium solerter
insertum est...
. . . Guillelmus-^ [ archiepiscopus | matricem basilicam omni-
1. Jean II de lîayeux fut archevêque de Rouen de 1069 environ à juil-
let 1079.
2. Rares sont les mentions de baptistères en France, iion seulement au
XI" siècle, mais encore au xii". Voir supra l'acte de 1029-1030 concernant
Saint-Martial de Limoges, et infra les textes de 1107-1148 relatifs aux
évêques d'Anpoulcme. « Après 1150, dit J. Quicherat, Mël. darchéol.,
p. 196, il ne s'est plus fait de baptistère dans aucune partie de la France ;
mais l'usaf^e de cette sorte d'édifice s'est conservé en Italie ». Notons
toutefois qu'à la cathédrale d'Aix un jirrand baptistère fut presque recons-
truit au xir siècle (Enlart, Man. d'archéol. fr., t. I, p. 196). La mention du
baptistère de Rouen, ainsi que celles que nous venons de donner,
s'ajoutent aux indications que fournit notre savant Confrère.
3. Guillaume-Bonne- Ame, fils de Radbode. évêque de Séez, abbé de
Saint-Etienne de Caen après Lanfranc (1070-79), et archevêque de Rouen
jusqu'au 9 février 1110.
250 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1080]
modis ornatibus cultui divino necessariis afîatim ' locuple-
tavit, et claustrum episcopii domosque convenientes a fun-
damentis eleganter renova vit ~ . Corpus sancti Romani prae-
sulis de propria aede in metropolitanam basilicam gloriose
transtulit 3, et in scrinio auro argentoque cum pretiosis lapi-
dibus operose cooperto reverenter locavit.
LXXIX
1080, 31 mai.
Statut d'un concile de Lillebonne, en Normandie, relatif
aux constructions privées faites dans les cimetières éta-
blis près des églises, ainsi qu'aux dimensions des
cimetières des églises rurales.
Statuta concilii Lillebonensis *, dans les Layettes du Trésor des chartes,
par A. Teulet, t. I (1863), n» 22, p. 26-27, d'après Arch. Nat., J 210. Nor-
mandie, I, no 1. (Gop. authentiq. scellée.)
Cf. Orderici Vitalis Historia ecclesiastica,, 1. V, c. v, éd. A. Le Prévost,
Soc. hist. de Fr., t. II, 1840, p. 318 et suiv.5.)
XI. In cimeteriis ecclesiarum que in civitatibus vel
castellis vel burgis sunt, quicquid episcopi, tempore
Rodberti ^ comitis vel Willelmi ^ régis ejus consensu
habuerunt, episcopi rehabeant.
1. C'est-à-dire amplement, largement.
2. Il n'existe plus rien des constructions attribuées ici à l'archevêque
Guillaume.
3. La translation des reliques de saint Romain parait avoir eu lieu dès
l'année 1079, et probablement le 23 octobre. La châsse actuelle est fort
postérieure.
4. Lillebonne, aujourd'hui ch.-l. dec, à 30 kil. E. et arr. du Havre (Seine-
Inférieure).
5. Pour les autres sources de ce concile, voy. particulièrement U. Cheva-
lier, Rép. top.-hibl., II, col. 1693, v° Lillebonne.
6. Ronert I", duc de Normandie, second fils du duc Richard II, qui rem-
plaça en 1028 son frère Richard III, et qui mourut en 1035. Cf. ce texte :
Grant fut la guerre, si s'csmaient,
As cimetières tot'atraient...
{Roman de Rou, vers 15978 et suiv.)
7. (]'est de Guillaume I" le Conquérant, mort en 1087, qu'il s'agit dans
le présent statut.
[1080] DK l'architecture en FRANCE 251
XII. In cimiteriis vero, que in marchis sunt, si werra
fuerit, et aliqui ad habitandum fecerint ibi mansionem,
dum werra fuerit, etsi ipsi propter guerram in atrio man-
serint, nuUam forfacturam ab eis episcopus habebit, nisi
quam habuisset, antequam ad atrium confugissent K Cum
autem pax fuerit facta, qui propter werram illuc con-
fugerant, de atrio exire cogantur, aut episcopalibus
legibus supponantur. Qui vero in praedictis cimiteriis
antiquius manserunt, in antiqua quietudine permaneant.
XIV... Si post concilium intra villam aliquam nova
fit ecclesia, undique habebit quinque perticas cimiterii *.
[Ord. Vital. : Si post concilium aliqua nova fit ecclesia
intra villam, faciat episcopus cimiterium consideratione
dominorum et parrochianorum ejusdem ecclesie. Si vero
extra villam nova fit ecclesia, undique habebit quinque
perticas cimiterii].
XX... Si clericus arat vel aedificat in atrio sine ponti-
ficali licentia, [episcopis per pecuniam emendetur].
... Si laicus arat vel edificat in atrio sine pontificali
licentia, similiter.
LXXX
1080.
Autre statut d'un concile de Lillebonne déclarant que,
d'après la coutume de Normandie, nul seigneur ne peut
1. Sur ces cimetières et les habitations privées qui s'y trouvaient éta-
blies, voy. VioUet-le-Duc, Dict. de Varch. fr., t. III, p. 247 et suiv. Les
cimetières devinrent souvent, hors des villes, des lieux de retraite pour,
les malfaiteurs et aussi des lieux d'asile. Pendant la guerre, les cime-
tières des campagnes étaient considérés par les paysans comme des
enceintes inviolables où ils pouvaient se réfugier avec leurs biens. Voy.
Ch. de Beaurepaire, Essai sur l'asile religieux dans l'iimp. rom. et la
monarchie française {Bihl. Ec. des Chartes, 3° sér., t. V, p. 152). — Il est
très intéressant de rapprocher de ces prescriptions les actes de 1080-
1125 sur les constructions privées faites dans les cimetières du Maine, actes
que nous publions un peu plus loin.
2. Cf. supra, p. 176, le texte du concile de 1059. Un statut de la deuxième
moitié du xiii" siècle est ainsi conçu : « NuUus de novo aedificare in coe-
meterio permittatur, necdomus aliqua, sidiruta fuerit, durante per annum
ruina, ibi rcaedificetur. >> {Synodi Rotomagenses, dans Bessin, Concil. Nor-
munn., p. 57 (2" part.).
2d2 textes relatifs a l'histoire [1080]
creuser des fossés dépassant la profondeur dun jet de
terre, ni construire des palissades flanquées ou à redans,
mais seulement d'alignement, sans chemin de ronde ow
coursières, ni gros ouvrages de défense. — Nécessité
d'une permission expresse du suzerain, pour asseoir
une forteresse dans une île ou sur un rocher.
Normannoriim antiquae consuetiidines et jusliliae in concilio* apudLille-
honam celehralo confirmatae, dans Martène, Thésaurus novus anecdo-
torum, t. IV (1717), col. 118.
Nulli "^ licuit in Normannia fossatum facere in planam ^
terram, nisi taie quod de fundo terram potuisset jactare
superius sine scabello ^ ; et ibi nulli licuit facere palicium,
nisi in una régula ^, et id sine propug-naculis ^ et alato-
riis. Et in rupe^ et in insula nulli licuit facere fortitudinem,,
et nulli licuit in Normannia castellum facere.
1. Ce concile de Lillebonne, difîérent du précédent, à cause des disjjosi-
tions d'ordre féodal et militaire qui se trouvent ici édictées, n'est pas men-
tionné dans A. Freeman, The hisiory ofthe Norman Conquest of EmjLind...
t. IV (1871), p. 661-662.
2. On sait qu'à l'époque féodale un seigneurquclconquene pouvait cons-
truire de château à sa guise. Cf. les exemples cités par M. Enlart, à pro-
pos du texte que nous reproduisons ci-dessus {Man. d'archéol. fr., t. II,
p. 418, législation de l'architecture militaire). — Suger a appliqué aux
constructions de fortifications illégales l'e-xpression de castra adiilterina.
3. A plus forte raison, des fossés qui n'étaient pas « en plaine » ne pou-
-vaient être construits, comme par exemple, des larges fossés « au sommet
des collines », dont l'escarpe aurait soutenu, ainsi que dans le type de châ-
teau normand bâti par Guillaume d'Arqués, l'enceinte de cet édifice (Viol-
let-le-Duc, Dict. de l'arch. fr., t. III, v" Château, p. 70).
4. Ce qui pouvait leur donner environ 3 mètres (cf. Enlart, loc. cit.). —
Sur l'expression jactare terram. cf. un texte champenois de 1176-1 177, où
l'on lit ce qui suit : « cum fosseo unius jactare », c'est -à-dire, avec un fossé
d'un seul jet de terre (Pièce justif. n" CXLVI, du t. III de l'Hi.st. des
ducs et des comtes de Champagne, par H. d'Arbois de Jubainville).
5. Il y a lieu de noter ce très ancien exemple concernant l'alignement
dans la construction d'un château.
6. L'auteur doit faire ici allusion à ce qu'on appellera plus tard des cré-
nelages, hourds etbretêches, cf. Enlart [loc. cit.) : ce qui nécessitait surtout
l'usage des chemins de ronde et allées de service (alaloria). Cf. les expres-
sions usitées au xn" siècle : propugnaculum murorum, superiora f'rontis^
propugnacula.
7. Tel était entre autres au xi' siècle (vers 1047) le château de Dom-
front, dont VioUet-le-Duc cite la disposition (ibid., p. 77), et dont parle
ainsi Guillaume de Jumièges : « Intra... castellum... dux Willelmus... ut
ipsum vidit scopulis asperrimis et eminentibus in gyro circumdatiim, et
inaccessibile ad oppugnandum, vires Normannorum accivit, et firmissi-
mis castellis (bastilles en bois) illud strinxit, ac aditus egrediendi
obstruxit » iHist. Normann., liv. "VII, cap. XVIII, 'p. 276). Nous savons, en
[Vers 1080] DE l'architecture en franck 253
LXXXl
Vers 1080.
Construction des bâtiments de l abbaye de Lessay, près de
Coutances ,' provenance des matériaux en bois employés à
ces constructions.
Charte de fondation de ladite abbaye publ. par Dubosc dans le Musée
des Archives déparlementales, 1878, n" 25 (pi. XVIII), p. 51 (d'après les
Archives de la Manche, sér. H, 4601, parch.'j.
Ricardus qui vocatur Turstinus Haldup, cum Anna,
[uxore] sua, Eudoque, filius eorum, in honore summe et
individue Trinitatis et S. Marie Virginis, aecclesiam fieri
constitue runt, Gausfridi^ consilio Constantiensis episcopi,
Willelmique '^ Normannorum principis, permissione, in
Constantiensi pago, in villa quae dicitur Sancte Oportune,
in qua regulariter Deo servirent monachi, quae alteri non
subiceretur abbatie... et de omnibus aedificiis intra parcum
vel extra, quae facta sunt aut facienda erunt, rectas deci-
maciones, et extra parcum materiem ad omnia aedifîcia
aecclesiae et ad domos monachorum et ad omnia sua
necessaria, et ligna focorum in eadem foresta de Haltis,
atque custodibus pecora monachorum extra parcum mor-
tua ligna silvarum ad necessitatem ignium, et materiem
ad omnes domos illorum instaurandas atque restauran-
<las^.
effet, par Guillaume de Jumièges (liv. VII. cap. i). que dans les pieniiers
temps de la vie de Guillaume le Bâtard, un grand nombre de Nor-
mands égarés et infidèles élevèrent dans beaucoup de lieux des retranche-
ments, et se construisirent de solides forteresses. Sur les châteaux nor-
mands, voy. encore \'iollct-le-Duc, loc. cit.
1. Nous devons ce renseignement à l'obligeance de notre confrère
M. Dolbet, archiviste de la Manche. — Lessay est aujourd'hui ch.-l. dec,
arr. Coutances (Manche). Sur l'ancienne abbaye, voy. U. (chevalier,
Rép. top.- hibl., t. II, coi. 1666.
2. Geoffroi I«' de Montbray, évcque de Coutances, de 10i9 à 1093. Pour
les constructions entreprises par cet évêque, voj'. supra, n° XVIII.
3. Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre et duc de Normandie.
'4. Au xi° siècle, les cloîtres bâtis en bois n'étaient pas très rares ; leur
nombre diminue au xn" siècle. Le xni« siècle même en présente quelques
254 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers i080j
LXXXII
Vers 1080.
Mention du moine Ponce, en qualité de constructeur de
Vabbaye de Montierneuf de Poitiers : /" dann une
charte de donation faite par le vicomte Boson audit
monastère, dont Guillaume Gui-Geoffroi, duc d'Aqui-
taine et comte de Poitiers, avait ordonné la construction ;
^° dans une autre charte de donation faite par Guil-
laume Robert au même monastère.
Bibliothèque de la ville de Poitiers, collection Fouteneaii, rnss. 455-543,
t. XIX, p. 49».
In nomine sanctae et individuae Trinitatis. Ego Boso,
vicecomes, et uxor mea, ambo videlicet peccatores^
ambo divina indigentes miseracione, pro remissione delic-
torum tam propriorum quam parentum nostrorum, novo
monasterio ad honorem Dei constructo '' et perpetuae
exemples. Cf. pour les constructions en bois, Champollion-Fif,'eac,
Doc. pal. relatifs à Vhisl. des Beaux-arts, p. 78, 80, 144, 272. Voy. aussi
les textes des xi«etxn" siècles réunis par J. Flacli, Orig. de l'anc. France, t. II,
1. III, ch.XII (Les villages crées dans les forets), p*. 139 et suiv. Le texte
suivant, du xi' siècle, doit être rapproché étroitement de celui que nous
publions. En 1074, le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant, accorda
â l'abbaye de Saint-Wandrille des droits d'usage dans deux forêts du duc
d'Évreux pour la construction de bâtiments conventuels : « Ut fratres
sufficienter de his duabus forestis haberent... quando monachi ad suuni
ardere et edificia monasterii,etc... »(coll. Moreau, t. 31,f° 34 ; iXeustria pia,
p. 168). Voy. enfin le texte très significatif d'Orderic Vital, que non»
avons commenté plus haut, n° XLIII, p. 152, n. 1.
1. Nous devons la transcription de cette pièce à l'obligeance de notj*e
savant confrère M. A. Richard, archiviste de la Vienne. Elle ne paraît pas
avoir été encore publiée in extenso (cf. les tables des mss. de la collection
ci-dessus, dans les Mém. delà Soc. des antiq. de VOiiest, t. IV, 1839, p. 75).
L'original n'existe pas aux Archives de la Vienne. L'acte que nous repro-
duisons a été tiré, dit Fonteneau. d'un vidimus du S juillet 1472, fait par le
lieutenant général du sénéchal de Poitou.
2. Voy. de Cliergc, Mém. hist. sur l'abbaye de Montierneuf de Poitiers;
dans Ica Mém. de la Soc. des antiq. deVOuest,t. XI (1844), p. 147 et s., 17 i et s.,
[Vers 1080] de l'architecture es France 255
Virginis Mariae sanctique Johannis Evangelistae atque
beati Aiidreae apostoli nec non et monachis ibidem Deo
famulantibus, praesentibus pariter et futuris, relinquimus,
donanius atque concedimus medietatem ecclesiae de
Liners * et medietatem omnium rerum que ipsi ecclesiae
actinent, sive decimarum, seu etiam vinearum, et quic-
quid cultum et incultum praedictae ecclesiae pertinet de
omnibus medietatem praelibato monasterio novo dona-
mus. Hanc itaque nostram donacionem concessionemque
in tantum ratam et intemeratam esse desideramus, quod
propria manu lîrmavimus etfîrmandum o[p]timis viris tra-
didimus, quorum nomina sunt inferius scripta. Facta est
autem haec nostra donacio in manu domini Poncii mona-
chi, ejusdem monasterii constructoris, et in praesencia
domini nostri Gauffredi, serenissimi ducis Aquitanorum,
qui illud monasterium a fundamentis construi precepit,
astantibus quamplurimis nobilissimis viris, Petro videlicet
de Briderio, Guillelmo Bastardo et Galterio Cordobario,
Hugone quoque preposito atque Oddone fratre ejus.
2
Orig. - Archives de la Vienne, sér. H, fonds de Montierneuf, n"4.
... Signum Poncii monachi, ejusdem monasterii aeditica-
toris.
255 ; cf. le même, dans le Bull, monam., t. IX (1843), p. 391. Voy. aussi
dans le Congrès archéol. de Fr., session de Poitiers, le Guide archéolo-
gique de ce Congr., par A. de la Houralière, p. 2S et s. L'é{jlise de l'abbaye
de Montierneuf, fondée vers 1078 par le duc d'Aquitaine, fut consacrée
le 24 février 1096 par le pape Urbain II, comme l'indique une inscription
commémorative encastrée dans le mur du nord de ladite église, non loin
du ti'ansept (A. de la Bouralière, op. cit., p. 30). Cf. ibid. pour de curieux
rapports de ressemblance, au point de vue de la construction et de la
décoration, entre une partie de cette église romane et celle de la collégiale
de Saint-Hilaire, élevée peu de temps auparavant, comme nous lavons vu,
par l'ai'chitecte Gautier Coorland, que le moine Ponce aurait peut-être
imité.
1. Liniers, cant. de Saint-Julien-Lars, arr. Poitiers
2. Cette charte, que M. A. Richard a bien voulu nous signaler, n'est
point datée ; mais elle paraît bien se rapporter à la même époque que
l'acte précédent. Elle est mentionnée par lui dans son Histoire des comtes
de Poitou, t. I, p. 355; le nom du même moine constructeur est cité encore
dan» ce tome, p. 329, 364 et 371.
^56 TEXTES RELAllFS A l'hISTOIRE [1080-1081]
LXXXIII
1080-1081, août.
Mention d'une maison forte ou ferme fortifiée, entourée
de fossés et de palissades, sise près de l ancien château de
Noyen-sur-Sarthe, dans le Maine, d'après une donation
faite par Eude de Malicorne à r abbaye de Saint-Vin-
cent du Mans.
Cartulaire de Vabbaye de Saint-Vincent du Mans {ordre de saint Benoit),
publ. par R. Charles et S. Menjot d'Elbenne (Soc. arch. et hist. du
Mans), Maniers et Le Mans, t. I, 1886 (d'après lacopie de laBibl. nat. du
ms. lat. 5444, fol. 161, n" 384, col. 226-227).
Noverit tam presens etas quam futura posteritas quod
ego Odo Malicornensis ', cognomento Asinarius, de pec-
catorum meorum mole perterritus, sed de Dei misericor-
dia confisus, cupiens magis Deum tam de terrenis mi(c)hi
ab ipso opibus collatis, quamque de fructu ventris mei
facere heredem quamullummi(c)hisuperstitem, societatem,
quam olim cum monachis S. Vincentii acceperam cum
abbate Rannulfo ~ ejusdem loci et a Petro priore tali, ut
subjectumest, ordine affirmare decrevi. Do namque Deo et
illis filium meum, Widonem nomine, tune adhuc in cunis
positum, in Dei servicio nutriendum, cum una mansura
terre que sita est juxta castrum dirutum, Noviomo ^ voca-
tum, ita instructam sicut eam possidebam, cum domo
optima, fossatu firmissimo atque ligno munita undique,
cum rupe quoque concava, atque cum bobus et annona ^ et
1. Malicorne, ch.-l. de c, arr. La Flèche (Sarthe). — Voy. F. Legeay,
Recherches historiques sur Malicorne (x"-.\ix" s.), dans le Bull, de la Soc.
d'at/riculture, sciences et arts de la Sarthe (1885-86j, p. 205 et s. (cf. Che-
valier, Rép. top.- hihl., 11, col. 1822).
2. Rannoux, abbé de Saint- Vincent-lez-lc Mans, monastère bénédictin.
Plusieurs actes du même Cartulaire concernent cet abbé. Voy. notam-
ment, t. I, col. 224 et 225. Un acte de 1098 {op. cit., col. 330) le mentionne
•aussi.
3. Noyen-sur-Sarthe, c. Malicorne, arr. La Flèche (Sarthe).
4. Ce passage a été cité par J. Flach, Études sur les origines et les vicis-
[1080-1095] DE l'architecture en frange 257
omni apparatu, sicut fuerit in die quando eam récipient.
Verumtamen, quia pernimium ^ adhuc est tenerrimus,
usumfructum retineo mi(c)hi ad tempus, quousqueillis pue-
rum tradam cum supradictis rébus...
... Actum Malicorni, in domo S. Albini'^, anno mille-
sinio''... ab Incarna tione Domini, eodeni anno quo isdem
Rannulfus locum ad regendum suscepit, mense augusto.
LXXXIV
Vers 1080-1095, et première moitié du xii" siècle.
Fondation de V abbaye de la Sauve Majeure, au diocèse de
Bordeaux, par Giraud, abbé dudit monastère, au milieu
d'une forêt, où se trouvait déjà un petit oratoire cons-
truit avec de la terre. — Part prise par cet abbé au tra-
vail manuel. — Permission accordée par les seigneurs
voisins d'exploiter, tailler et transporter des pierres, et de
faire des travaux d'écluse nécessaires à cette abbaye.
Vita^ sancti Gira Idi, Silvae Majoris'^, ahhalis, dausMabillon, AclaSanclorum
ord. Sancli Benedicti, saec. \l, pars 2*, p. 858.
(Cf. Migne, Patr. lut., CXLVII, col. 1036-1037).
sitades historiques de Vhahitation en France, dans A. de Foville, Enquête
sur les conditions de Vhahitation, les Maisons-types, t. II (1899) p. 72. —
« On a fortifié au moyen âge des bâtiments de destinations très variées: des
maisons de ville, des abbayes, des ponts, des fermes, des moulins, des
églises. Le manque général de sécurité a motivé ces adaptations fré-
quentes et multiples dans les provinces frontières et aux époques trou-
blées... Il existe deux manièies de fortifier ces bâtiments : soit en les
entourant d'une enceinte extérieure défendable, soit en adaptant le bâti-
ment lui-même » (Enlart, Man. d'archéol. fr., t. II, p. 545). Le texte que
nous publions, qui est de 1080-1081 environ, offre un exemple de l'emploi
du premier de ces procédés défcnsifs.
1. On pourrait aussi proposer la leçon suivante : puer nimium.
2. L'abbaye de Saint-Aubin d'Angers possédait un prieuré à Malicorne.
3. Cette date, dit l'éditeur du Cartulaire, est erronée, ou plutôt incom-
"plète. Nous laissons ce texte à la place chronologique que lui a assignée
ce même éditeur.
4. Voy. Cirot de la Ville (abbé). Histoire de l abbaye et congrégation
de Notre-Dame de la Grande-Sauve, ordre de Saint-Benoit, en Guienne,
Paris et Bordeaux, 1844-45, notamment t. I, ch. XIII, p. 261 et s. — Cf. Che-
valier, Rép. top. — bihl. II, col. 2868.
5. La Sauve Majeure est aujourd'hui c. du cant. de Créon, arr. Bor-
deaux (Gironde).
17
258 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1080-1093]
20 — ... Ecce quidam Burdegalae praepositus, nomine
Radulfus, a Deo missus venit, et comiti [Widoni, Guillelmi,
Aquitaniae ducis filioj, si vellet, quod ad idoneum locum
[socios] deduceret, invitavit... Praepositus Radulfus susce-
pit eos g-audens et ad locum, qui Silva Major inter duo
maria nuncupatur, adduxit, et ecclesiam parvulam non ex
lapidibus, sed de terra ^ constructam ostendit. Silva autem
in circuitu tam densa vepribus et sentibus creverat, quod
nullus ad ecclesiam appropinquare poterat, nisi .gladio aut
alio aliquo ferramento prius iter fecisset. Ad hanc quidem
ecclesiam dum abbas et sui venissent, tantus eidem abbati
amor ibidem remanendi occurit, quod se non alias iturum
amplius Deo, si sibi propitiaretur, promisit.
Vita (alia) sancti Geraldi... in Aquitania, auct. Ghristiano, mon. Silv.
Maj., dans les Acta Sanctorum Bolland. (-1865), apr. 1. 1, p. 423-424 et 426.
15... In terra, quam inter duo maria nuncupant, locus
est eis vastae solitudinis desig-natus, quem ad differentiam
minorum nemorum Majorem silvam incolae appellabant.
Est enim silva longitudine et latitudine spatiosa... quanto
sit locus ille a frequentia liominum et habitatione remotior,
tanto beato viro et sociis suis acceptabilior invenitur...
Fuerat autem olim ibi ecclesiola quaedam, sed facta jam
ad desolationem defecerat. Accessit ad locum vir Dei, et
singula coepit dilig-enti consideratione metiri.
16... Jam designabat in mente ubi ecclesiam et alias
olïîcinas apte disponeret et locaret : jam erat opus illius
coram eo. Anno autem Incarnati Verbi M''LXX°IX° digna-
1. Cf. le récit de Giraud sur la fondation de la Sauve Majeure dans la GalU
christ., i. II, Instr., col. 314 :« (^aedamniatrona fuit nomine Ermenj^ardis de
Gistris, quac... in sua parte habitationem dcderat cuidam monacho Malli-
tensis coenobii solitariani viLam ducere volcnti, oa tamen, ut fcrebatur,
fonditionc, quandiu ibi voluisset, habitare. Qui cum ibi habitare coepissot
ac oralorium de terra fecisset, locus ipse ad manendum illi displicuit,
habitationcnique in alio territorio mutavit, ac ipsani capellam quam
Ceccrat, descrtari permisit. »
[1080-1095] DE l'aRCIIIÏECTLRE ex FRANCE 259
tus est Dominus in adventu beati Geraldi locum Silvae Ma-
joris et patriam illustrare. Postulavit sibi signum a Domino,
anvellet eum ibi sistere gressum suum, et in honore illius
opus propositum inchoare... Gumque diutius in ovatione
persistens, responsum a coelesti consilio expectaret, quasi
in extasi factus,ecce Filius Dei in vexillo Crucis offert se
aspectui servi sui... non tamen materialiter illa crux vide-
batur, sed erat quaedam claritas formata in modum crucis,
quaetotum locum miri splendoris magnitudine illustrabat...
Loco igitur, qui conceptioni. suae competeret, certis limitibus
designato, libertate quoque et immunitatis integritate a
terrae illius nobilibus dominis impetrata, coepit operari
consilio manuum suarum ; et in loco, in quo viderat Dei
lîlium passionis insigniis praefulgentem, ecclesiamin honore
ipsius et ejus sanctissimae Genitricis Mariae, secuiido ad-
ventus sui anno fundavit.
23 Beatus ^ Geraldus, disposita domo sua, claustris et
otïîcinispro parte compositis, erecta monasterii fabrica pro
maxima dimensione parietum. . . in senectute bona, anno
Dominicae Incarnationis M^XG^V*», nonis aprilis, naturae
debitum solvit ^.
Ms. Bibliothèque de la ville de Bordeaux, Gr. Cartul., p. 33 et p. 40,
pièce 2 ; Pet. Cartul., p. 16, col. 1, pièce 2, et p. 19, col. 2, pièce 1.
1. DE SAXCTO CHRISTOFORO DE DANIACO 3.
[Vers 1080-1095.] — ... Notumsit igitur nostris succes-
soribus quod ego Ratherius, cum uxore et filiis nostris. . .
1. Op. cit., p. 426.
2. « Sepultusque est in ecclcsia quam ipse fundaveral. ad dextram partem
al taris Beatae Mariie [Acla Sancloriim, ibid.. p. 420 j. . . " beati viri sepulc[h]-
rum (ibid).
3. Nous adressons ici tous nos remerciements à notre savant confrère,
M. Brutails, archiviste de la Gironde, et à M. Boucherie, de la Bibliothèque
municipale de Bordeaux, pour les renseignements très utiles qu'ils
nous ont communiqués et que nous utilisons présentement. Le Grand et le
Petit Gartulaire de la Sauve Majeure contiennent d'autres textes intéres-
sants sur les constructions et travaux d'art entrepris par les abbés de ce
monastère. Ils s<jnt analysés dans l'Inventaire sonmiaire de la série H des
Archives de la Gironde, laquelle est actuellement sous presse.
260 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1080-1 H 8]
ecclesiam et altare S. Ghristofori de Daniaco... ecclesie
S. Dei Genitricis Marie, que est Silva Majore {sic), donamus.
domnoque Geraldo, primo ipsius loci abbati, et monachis.
ibidem degentibus . . . Illis concedimus . . . sed et arbores.
Silve ad ignem ad cuncta edificia sibi ibi necessaria . . .
Itaque concessum est... a me et fîliis meis quam ab ipso
Aleelmout faciant monachi quotquot voluerint, molendinos
etiam VII in predicto rivulo, ex quibus nulla cuiquam pars
proveniat nisi Silve Majoris monasterio. Hujus rei testes
ac nodatores...
2. DE STAGNO DAGNACï K
[Première moitié du xii" siècle.] — Armannus de Bunassa
et fratres ejus, Beraldus et Tethbaudus, contradicebant
senioribus de Silva ne facerent iteinim aque excursum in
colle cui conjungitur exclusa stagni Dagnacensis ex parte
Bunasse. Sectoribus petre expulsis, convicti de priori dono,
concesserunt excm'sum fîeri et exclusam quantum vellent
levari, terramque unde exaltaretur de Bunassa accipi, lapides
quoque ad quicquid vellent inde secari et asportari, accep-
tis VI solidis, sub testimonio Guillelmi, presbyteri de
Fau, et Grimoardi prepositi. Factum est in manu Symonis
prioris ^^ et Amaluini cellerarii, et Aichelmi Duranni, et
super altare Sancte-Marie.
LXXXV
Vers 1080-H18.
Construction de Véglise abbatiale de Saint-Sernin, à Tou-
louse, par les soins de Raymond Guairard, chanoine et
prévôt de cette église; état d'avancement des travaux:
d^ architecture à la mort de Raymond. — Edification de
1. Daignac, cant. de Hraniie, arr. Libourne (Gironde).
2. Simon fut prieui- de la Sauve Majeure vers 1135.
[1080-1118] DE L ARCHITECTUKE EN FRANCE 261
deux ponts de pierre sur le Gers, et d'une maison d'hô-
pital pour les clercs pauvres, à Toulouse. — Tombeau de
pierre du prévôt Raymond.
Vita sancti Raimiindi, Sancti Salurnini Tolnsani canonici, Bibliothèque
de la ville de Toulouse, ms. 117, dans les Mélanges sur Saint-Sernin de
Toulouse, par l'abbé Douais, l'asc. I (Toulouse 1894), p. 16-18, sous le
titre de : Vie de sainl Raymond, chanoine, el la construction de l'église
Sainl-Sernin (1080-1118). — Bulletin de la Soc. archéol. du Midi de la
France, année 189i, p. 159-163.
(Cf. .Acla sanciorum, BoUand., Jul. 1, t. I, 1867, p. 597 et s.)
[1080.] — Raymundus ' ilaque non tam parentum gene-
rositate quam virtutum nobilitate laudandus, Tholose
[natus]. . . affîictis valde compa(s)cien.s, . . .vir valde vene-
randus, tecto plus quam victu pauperes et indigere cons-
piciens, senodochium (s/c)ei.sedificare studuit, quod inceptum
et nondumad finem usque completum, lectis, pannis, uten-
silibus pro posse muniens, de prediorum suorum redditibus,
cotidianos sumptus tresdecim [sic) pauperibus clericis ibi
ministrari statuit . . .
Post denique senodochii [sic) edificium non multo trans-
misso tempore, vir sanctus audiens Herciuni- flumengurgi-
tis sui alveum qualibet [i]mbrium infusione longe lateque
diffundere, et viatoribus impedimenta multa frequentius
inferre, multos etiani navigandô transmeantes, navi sub-
mersa,miserabiliter vita privasse, valdecondoluit. Et, ut vite
reservaret quos diabolus suffocareconabatur, transitum fluvii
periculosum judicans, de pecunia,quam propriis pauperum
usibus collegerat, quidagendumesset, prudentiores quosque
co[n]suluit. Illi vero, rei periculose necessitatem diligenter
intuentes, et terre fertilitatem, que tune pauperibus neces-
saria ministrabat, pariter conferentes, ut in fabrica [pon-
cium pecuniam collectam expenderet melius esse dixerunt.
Et, sicut consulerant, postmodum non multis interjacentibus
annis completum esse conspexerunt. Duos namque pontes
1. Sur Raymond Guairard (ou Gairald) voy. l'abbé Douais, op. cit.,
p. 12; cf. Molinier. Sources de l'hisl. de Fr., t. II, p. 125.
2. Le Gers, affluent de la Garonne.
262 TEXTES RELATIFS A LHISTOIRE [1080-1118]
super Hercii fluminis alveum de predicta pecunia ex lapideo ^
opère coniposuit.
Quid tandem de egreg-io ecclesie Sancti Salurnini opère 2,
oui per multa annorum tempora ^ prefuit, et prêter capitis
membrum, quodjam completumfuerat, corpus a fundamentis
incipiens, ante obitus sui [diem] ^, divina opitulante miseri-
cordia, parietes in circuitu ad fenestrarum completionem
usque perduxit^. Ipse quidem dominus Raymundus, ut de
eo verum fatear, operationis sancte studiis incessànter ine-
rat, et, die noctuque Domini sui precepta meditando revol-
vens, divine caritatis ardore succensus, estuabat. . .
1. L'expression ex lapideo opère indique bien qu'à lépoque et dans la
région où le biographe écrivait, l'emploi du bois était encore fréquent
pour la construction des ponts : si l'emploi de la pierre, en tant que matière
principale, avait été général, le biographe n'aurait pas eu intérêt à se
servir de cette expression.
2. Voy. dans V Album des mon. dn Midi, t. cit., l'étude de M. Anthyme
Saint-Paul : L'église Snint-Sernin de Toulouse (avec pi. et fig.), sui-
vie d'une bibliographie, où l'on peut relever notamment Viollet-le-Duc,
Dict. de l'arch. fr., t. Vil, art. Proportion, p. 536-543, et J. de Lahon-
dès : Les chapiteaux de Saint-Sernin, dans Mém. Soc. arch. du Midi,
t. XV, p. 258 (Toulouse, 1896). — Voy. encore Anthyme Saint-Paul, Note
archéol. sur Saint-Sernin, dans Bull, archéol., 1899, p. 396-413.
3. Saint Raymond étant mort en 1118, après avoir présidé aux travaux
« pendant de longues années », et mené la construction sur presque tout
le pourtour, jusqu'au dessus des clefs des fenêtres basses, il est nécessaire
qu'il soit entré en scène en 1098 ou 1100 au plus tard. » (Anthyme Saint-
Paul, op. cit., p. 76).
4. Le Nécrologe de Saint-Sernin (Hist. gén. de Languedoc, nouv. éd.,
t. IV, p. 524), rapporte au 3 juillet 1118 la date de la mort de Raymond
Gairard, « Raymondus Gairardus ». La période la plus active de sa
vie répond donc aux années 1080-1118. En 1083, le comte de Toulouse
et l'évêque renoncent à leur prétention de substituer des moines au.\
chanoines [Cartulaire de Saint-Sernin, n° 290), qui dès lors peuvent envi-
sager l'avenir avec confiance. En 1098, ou peu auparavant, après une ten-
tative violente de détruire l'église « ad destruendam ecclcsiam » {ihid.,
n» 292), réparation fut faite à l'abbaye. Deux ans plus tôt, lorsque Urbain. II
vint en P^rance pour la croisade (1096), il avait consacré de très nombreu.v
édifices, parmi lesquels Saint-Sernin de Toulouse. Il est probable qu'à
Saint-Sernin « on ne put lui offrir à consacrer qu'une crypte et un clujeur
inachevé » (Anthyme Saint-Paul, Alh.des monuments... du Midi,l.l,p. 75,
1897, et Brutails, L' archéol. du moy. .igre, p. 194.)
5. C'est-à-dire le chevet complet ou censé tel. « Au lieu de prendre
par le chœur l'édifice à construire et de l'élever membre par membre, les
deux croisillons successivement après le chœur, et la nef, travée par
travée, ou bien par groupes de plusieurs travées, après le transept, on
se hâta, le chœur fini — si tantest qu'il le fût — , de conduire en une même
campagne tout le périmètre jusqu'à la hauteur des premières voûtes. Pour
une église comme Saint-Sernin, cette méthode s'imposait. Il fallait un
abri quelconque aux foules qui se pressaient devant les autels les jours de
grandes ostensions... «(Antriyme Saint Paul, op. cil.) La partie occidentale
de Saint-Sernin ne fut achevée qu'au xiiT siècle. En 1119, le 19 juillet, eut
lieu une deuxième consécration papale faite par Galixte II, d'un autel du
transept ou du rond-point.
[1080-1125] DE l'architecture en frange 263
Unde nimirum conti(n)g'it, ut quidam, exempli sui gratia
incitati, ad ejusdem prepositi tranquillitatem confugerent,
et, fugitiva mundi respuentes, ad eterne culmen hereditatis
viribus totis an[h]elarent. . .
. . . Intérim vero, dum obitus sui diem propinquasse
cog-nosceret, se in inferioribus inferiorem esse reputans,
[u]t 1 cum fratribus sepeliretur temerarium valde judicavit.
Sicque ut, ubi sépulture sue locum previderat, sepe-
liri mereretur, modis omnibus efflagitavit : previderat
enim sépulture locum juxta domum coUegialem, quam cle-
ricis pauperibus effecerat, ibique vas lapideum, divina pro-
vidente gratia, sibi componi preceperat.
LXXXVI
1080-1125.
Constructions privées faites dans des cimetières de différents
villages du Maine, non loin de Mamers ; transactions
passées pour ces constructions avec Vahbaye de Saint-
Vincent du Mans-.
Cartulaire de l'ahbaye de Saint-Vincent du Mans, ordre de Saint-Benott,
publ. et ann. par 1 abbé R. Charles et S. Menjot d'Elbenne ; Mamers et
Le Mans, t. 1 (1886), n" 522, col. 301, n» 524, col. 302, n» 777, col. 440.
[1080-1102.] — . . . Hug-o, filius Ansgerii, quando adordi-
nem monachicum venit, prorsus dimisit beato Vincentio ac
sibi servientibus quicquid in ecclesia de Ver habebat, videli-
cet medietatem cum toto cymiterio et cum domibus quas
habebat in cymiterio, et cum toto presbiterio.
[Vers 1096. ] — .. . Robertus vicarius, priusquam Jérusalem
pergeret^, gloriosis martiribus Vincentio et Laurentio
1 . Le texte de la Vie de saint Raymond porte et au lieu de ut.
2. Ver, aujourd'hui Saint-Côme-de-Ver,cant et arr. Mamers (Sarthe).
3. Ce fut sans doute un des croisés du Maine.
264 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1082-1106]
suisqueservitoribus... totumcymiterium[Aciacensis ^ eccle-
sie], excepta quadam domo, dono dédit...
[1110-1125.] — • ... Pro quadam parte... decimarum, erat
excommunicatus supradictus Warinus Gumbaudus ab Ilde-
berto -, Genomannensi episcopo, et pro VI d. de censu quos
auferebat monachis Sancti Vincentii de tribus domibus, que
erant in cymiterio Sancti Leonardi 3, et pro aliis domibus
quas habebant homines ipsius Warini in ipso cymiterio^,
contradicentibus monachis...
LXXXVII
Entre 1082 et 1106.
Convention entre Girard, abbé de Saint- Aubin d'Angers^
et un serf nommé Foulque, exerçant Vart de la peinture^
lequel s engage à peindre V abbaye entière et à fabriquer
des vitraux, moyennant les conditions suivantes : affran-
chissement de Foulque qui devient homme de l'abbaye
et frère convers, avec concession d'une maison et d'un
arpent de vigne, qui feront retour après luiau monastère,
à moins qu'il n'ait un fils en état de lui succéder comme
peintre, et de continuer ainsi à servir Saint-Aubin.
B. de Broussillon, Cartulaire de labhaye de Saint-Aubin d'Angers (ordre
de Saint-Benoît), t. II (1899), p. 17 (d'après une copie de 15i2, Cartul.
de Gouis, Bibl. Nat. ms. lat. 5447, fol., 14).
(Cf. Marchegay, dans la Bibl. de VÉcole des Chartes, 1846, p. 271-272,
d'après le Bulletin de la Société d'Angers. — G. Faf^mez, Documents
relatifs à l'histoire de V industrie et du commerce en France, t. I. 1S98,
n° 102, p. 68, sous la rubrique : engagement de travail à vie).
Quidam homo, nomineFulco, pictoris arte imbutus, venit
in capitulum Sancti Albini ante Girardum abbatem et
1. Assé-le-Boisne, cant.de Fresnay-sur-Sarthe, arr. Mamers.
2. llildcbert deLavardin, évèque du Mans de 1096 à 1125, date à laquelle
il fut transférée rarchevéchc de Tours.
3. Saint-Léonard, cant. de Fresnay-sur-Sarthc, arr. de Mamers.
4. Le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Vincent du Mans contient d'autres
actes (fin du xi° — commoncement du xn') relatifs à des constructions
faites dans des cimetières ; cf. supra un règlement du concile de Lille-
bonne (1080), qu'il faut rapprocher des textes ci-dessus.
[1084] DE l'architecture EN FRANCE 265
totum conventum, et ibi fecit taleni convenientiam.
Pinget' totum monasterium illorum et quicquid ei precepe-
rint 2, et vitreas fenestras ■^ faciet. Et ibi frater eoruni deve-
nit et insuper homo abbatis liber factus est ; et abbas et
monachi unuui arpennum vinee dederunt ei in feuvum et
unam domum, tali pacto ut in vita sua habeat, et, post
mortem ejus, ad sanctum redeant, nisi talem habuerit
fîlium qui sui patris artem sciât et inde sancto Albino ser-
viat. Huic facto interfuerunt isti laici : Raginaldus Grandis,
Warinus cellerarius...
LXXXVIII
1084 environ.
Fondation de la Grande Chartreuse par saint Bruno ; situa-
tion de ce monastère et disposition des bâtiments claus-
traux. — Interdiction de toute espèce d'ornementation.
Guiberti [de Novigento] de Vita sua, 1. I, cil, publ. par G. Bourgin, 190",
p. 32-35.
(Cf. éd. d'Achery, 1651, p. 467. — Mabillon, Annales ord. Sancli Bene-
dicli, VI, 1739, p. 685 et s. — Migne, Patr. lat., t. CLVI, 1853. col. 854 et s.)
At Bruno ^, urbe déserta, seculo etiam abrenunciare pro-
ponit, qui, suorum notitias horrens, ad Gratianopolitanum^
1. « Ce qui donne une importance particulière à ce document, dit Mar-
chegay, c'est que les arcades peintes de Saint-Aubin, découvertes il y a
quelques années dans un massif en maçonnerie de la préfecture de Maine-
et-Loire, datent précisément de la même époque. » [Bibl. de lÉc. des ch.,
ann. et t. cil.)
2. Le membre de phrase suivant : « et quicquid ei preceperint » fait
implicitement allusion aux sujets que les moines, et notamment l'abbé, se
réservaient de faire représenter par la peinture. Sur le rôle du clergé dans
la décoration des monuments religieux et la direction des artistes, cf.
notre étude sur la Fabrique des èqlises cathédrales et la Statuaire reli-
gieuse au moyen âge (Extr. du Bull, monum., LXVI» vol., 1902.)
3. Rares sont les mentions d'artistes verriers du xi" et duxii" siècles.
i. Saint Bruno né à Cologne, vers 1040, écolàtre de Reims, fondateur de
l'ordre des Chartreux , mort en Calabre le 6 oct. 1106. — Sur saint Bruno
et les premières chartreuses, voy. H. Loebbel. Der Stifler des Carthauser-
Ordens, der heiliçje Bruno aus Kôln, Munster, 1899, dans Kirchenae-
schichtliche Studien de Knopffer, V, 1 (cf. U. Chevalier, Répert. bio-biol.y
1, col. 356, v Bruno (S'), et Rép. top.-bibl., I,col. 664, v° Chartreuse).
5. Pays de Grenoble.
266 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1084]
processit territorium. Ibi in arduoet admodum terribili pro-
montorio, ad quod difficillimum et valde insolens iter inten-
ditur, — sub eo etiam prœruptissimae vallis vorago dehis-
cit, — habitare debgens, hujusmodi mores constituit, et
sequaces ejus hodieque sic vivunt.
Et ecclesia ibi est non longe a erepidine montis, paulo
sinuatum devexum habens, in qua tredecim sunt monachi,
claustrum quidem satis idoneum pro coenobiali consuetu-
dine habentes, sed non claustraliter, ut caeteri, cohabi-
tantes, Habent quippe sing-uli cellulas ^ per gyrum claustri
proprias in quibus operantur, dormiunt ac vescuntur.
Dominica a dispensatore escas, panem scilicet ac leg'umen
accipiunt, quod unicum pulmenti genus a quoque eoruni
apud se coquitur. Aquani autem, tam haustui quam residuo
usui ex ductu- fontis, qui omnium obambit cellulas, et sin-
g-ulorum per certa foramina aediculis influit, habent. Pisce
et caseo dominicis et valde festis diebus utuntur
Aurum, argentum, ornamenta ecclesiae a nemine, nihil
enim ibi, praeter calicem arg-enteum... Nusquam pêne
loquuntur: nam, si quid peti necesse est, signo exigitur,...
Sub priore agunt ; vices autem abbatis ac provisoris Gratia-
nopolitanus episcopus, vir plurimum religiosus, exequitur.
Gum in omnimoda paupertate se déprimant, ditissimam
tamen bibliothecam ^ coag-gerant...'
1. Voy. Vita beati Stephani Obazinensis : « Habitatio eorum montaneis
hyematibus cingitur : cellulae ipsonim qiiinqiie cubitis in se invicem dis-
terminantur. » L'auteur de cette Vie écrivait vers 1160 et terminait son
ouvrage après 1188. (Voy. Molinier, Sources, t. II, p. 111.) Ce texte permet
de fixer l'étendue des cellules de Chartreux au xii» siècle. — Voy. dans
VioIlet-le-Duc, Dict. de l'arch. fr., t. I, p. 308, %. 27, plan de la Char-
treuse de Clermont. — Chez les Chartreux où les cellules sont autour du
cloître, le cénobitisme est réduit à sa plus simple expression, c'est plutôt
de « l'érémitisme collectif. » (Luchaire, Hist. de Fr. de E. Lavisse, t. II, p.
264.)
2. « Non longe a cellis scatebat fons ille qui adhuc visitur, cujus aquas
noster Guigo per canales in ipsas cellas induxit. Eum etenim aquaeductus
lapideos, labore mirabili et exquisitis ingeniis fecisse legimus in ejus
elogio statim post illius mortem cdito » [ex ms. Mont. Dei, Annales ord.
Cartus. de Le Couteulx, t. I, p. 17). Il s'agit ici du prieuré de Mont-Dieu, au
diocèse de Reims, dont Jofïroi fut premier prieur, et à qui saint Guignes com-
muniqua en 1136 les plus anciens statuts de l'ordre, composés par lui-même
entre 1116 et 1132, année de la mort de saint Hugues, évêque de Grenoble.
3. Voy. Hist. litt., t. IX, p. 119, et t. XXIV, p. 67,iX)ur ce qui concerne
le goût des Chartreux pour les lettres.
[1083-1192] DE l'architecture en france 267
In tantum, inquam, suae sunt custodes inopiae ut, hoc
ipso quo agimus anno, Nevernensis cornes i, vir omnino
religiosus et potens, eos, causa devotionis et optimae quae
hinc émanât opinionis,inviserit, multumque super seculari
eos cupiditate ut caverent inde monuerit ; cumque, regres-
sus ad sua, eorum indigentiae quam viderat meninisset et
monitorum quae eis intulerat nequaquam memor esset,
nescio quae argentea, sciphos videlicet, et scutras^ precii
plurimi eis misit. Sed eorum quae dixerat illis nequaquam
obliviosos invenit : communicato namque mox consilio,
quaecumque dixerat ad integrum refutata recepit. u Nos,
inquiunt, neque in expensis nostris, nequein ecclesiae orna-
mentis, exterarum quippiam pecuniarum retinere delegi-
mus... »
Vocatur autem locus ille Gartusia Sunt autem infra
montem illum habitacula laicos vicenarium numerum exce-
dentes fîdelissimos retinentia, qui sub eorum agunt dili-
gentia
Cum ergo nusquam, nisi in vetustissimis monasteriis,
monachorum haberetur aliquorum sedes, coeperunt ubique
loci nova construi, et undecunque coniluentibus magni
alimentorum redditus adhiberi. Quibus facultas non ade-
rat ut grandiuscula fabricarent, alii binis, alii quaternis,
alii quot poterant alendis fratribus domos, ac victualia
componebant
LXXXIX
Vers 1085-1192.
Travaux de construction et de décoration exécutés à la
cathédrale et au palais archiépiscopal de Lyon par les
1. Suivant d'Achery, il serait question ici de Guillaume III, comte de
Nevers, qui devint chartreux, et de qui Guillaume de Nangis fait mention
à l'année 1138 ; d'après Bourgin, il s'agirait ici de Guillaume I", comte de
Nevers, mort vers]097.
2. Synon. de scutellas, écuelles. Cf. supra, p. 137, n. 6.
268 TEXTES RELATIFS A l'hTSTOIRE [1085-1192]
soins des archevêques de cette ville. — Gisement de
marbres précieux et de pierres calcaires d'espèce parti-
culière, destinés à être employés à l œuvre de ladite cathé-
drale.
Obituarium Lugdunensis ecclesiae ', éd. M. C. Guiirue (1867), p. 27, 50,
53, 128-129.
[1085-1107.] — Obierunt Hugo - bone et fîdelis memoriae,
Lugdunensis archiepiscopus, qui eidem ecclesiae utiliter
providit atque hujuscemodi memoriale reliquit... item,.,
cortinas duas ad ornandum chorum in festivis diebus,,.
Dédit, , , trecentos solidos ad clocarium et tabulatum ^ eccle-
siae perficiendum ; et insuper parietem ecclesiae et quinque
vitreas adornavit et majus altare construxit ; caméras
episcopales cum parte turrium '' et atriis '' aedificavit ; capel-
lam episcopalem picturis'^ et pavimento ' decoravit^.,.
1. Voy. aussi M. C. Guigue, Notice historique, en tête de la Monographie
de la cathédrale de Lyon par L. Bégule, Lyon, 1880, p. 6 et s. ; Viollet-le-
Duc, Dict. de l'arch. fr., t. I, p. 140, ett. III, p. 228.
2. Hugue I"' de Bourgogne, d'abord religieux de Saint-Marcel de Châlon,
puis évèque de Die, légat du Saint-Siège et archevêque de Lyon de 1085
environ à 1107. (Voy. Gall. christ. ,i. IV, col. 97 ; Severt, Archiep. Lagdan.,
p. 216; La Mure, Hist. ecclês., p. 155;Migne, Pair. lat. ,CLYU, col. 500.)
3. Rapproché du mot « clocarium », ce terme peut ici s'appliquer aux
pièces d'assemblage de la toiture de l'église : cf. même Obituaire (p. 125),
l'obit. d'Ismio, Diensis episcopus : » Item pro tecto contabulalo quod fieri
fecit in ecclesiaSancteCrueis,solvit septies vigintilibrasejusdem monete. »
4. Sur les palais épiscopaux, leurs défenses, tourelles et portiques, voy.
Viollet-le-Duc, Dict. de l'arch. fr., t. VII, art. Palais, qui aurait pu men-
tionner les textes sur le palais de Lyon, s'il les avait connus, notamment
pour la décoration qui y est mentionnée. V^oy. aussi Verdier et Caltois,
Varchit. civ. et domest. au moy. âge.
5. Atrium a le sens de cour, souvent entourée de poi-tiques.
6. Rares sont dans les textes du xir siècle les mentions relatives à la
décoration des chapelles des palais d'évêques ou d'archevêques.
7. « A Lyon, les églises de Saint-Irénée et d'Ainay avaient des pave-
ments de mosaïque ; dans la seconde, on voit l'eirigie de l'évêque dona-
teur, et une inscription y rappelait la consécration par le pape Pascal II. »
(Enlart, Man. d'archéoL, t. I, p. 708).
8. Dans une lettre à Anselme, archevêque de Cantorbéry, où il lui parle
de son retour de Jérusalem, Hugue s'exprime ainsi sur son palais archié-
piscopal où il a reçu déjà Anselme . « Exoramus ut... ad domum veslram.
quae vestra fuit, et quae modo vestra est, et de die in diem semper melias
veslra erit. » (Migne, Patr. lat., t. CLIX, col. 101).
[1085-1192] DE l'architecture en France 269
[1107-1118, 12 april.] — Obiit dominus Gauceranus ',
archiepiscopus Lugdunensis, bonae memoriae, qui suis
propriis rébus fieri fecit choruni majoris ecclesiae precio-
sis et politis lapidibuset (h)ostium capellae SanctœMariae
cum picturis ; cap(p)ellamquoque domus suae variis decoravit
picturis, et in eadem domo superius alveum mirilîco opère
fieri fecit colum(p)nis marmoreis de diversis picturis ~ deco-
ratum.
[1127.] — Hugo, ecclesiae Sancti Justi abbas, qui in
majori ecclesia decem vitreas rotundas ^ fieri fecit.
[Vers 1150.] — Hyo, abbas Sancti Justi et 'camerarius
hujus ecelesiae, qui... porticum ^ majoris ecclesiae columnis
marmoreis et picturis decoravit.
Lugdunensis hisloriaemonumenta, ôd.J.B.Montalcon (1860), p. 400. (Arch.
au Rhône, arm. Daniel, vol. 52, n" 1).
[1192.] — Dedimus etiam eis plateam in qua turris de
Gollia fuerat, retento tamen per omnia supradicta quod, si
major et mater ecclesia fodere vel cavare potuerit, mar-
1. Josserand, d'abord abbé d'Ainay, puis archevêque de Lyon (1107-
2. On retrouve des traces de peintures sur les statues des portails,
notamment à Bourj^es, à Chartres, à Anj^ers : à Chartres, par exemple^
une statue dorée de la Vicrfje ornait le portail, daprès le texte suivant :
n Decoravit etiam introitum hujus ecclesie imagine Beale Marie auro deccn-
ter ornata. » IÇarlul. de N.-D. rie Chartres, i)ar de Lépinois et Merlet,
t. III. p. 19.) Voy. aussi G. Vïcury, Des portails romans du XII' siècle (Rev.
hist. et arch.du Maine, LUI, 1903, p. 60, u° 1 ; cf. \'iollel-le-Duc (Dict. de
l'arch. f'r., t. VII, art. Peinture).
3. Sur l'usage des fenêtres rondes ou oculi k lépoque romane, auxquelles
on donnait au moyen âge le nom de la lettre O, voy. notamment Enlart,
Man. d'arch. fr., l. l, p. 303-304, avec des exemples.
4. Sur les porches romans et leur ornementation, voy. Viollet-le-Duc
op. cit., t. VII, p. 259 et s. C'est un peu plus tard, environ sous l'archié-
piscopat de Guichard qu'aurait eu lieu, d'après L. Bégule, le travail d'or-
nementation, avec ciment incrusté, dont parle cet auteur dans son étude
récente intitulée: Les incrustations décoratives des cathédrales de Lyon et
de Vienne (1905); cf. Bull. hist. du diocèse de Lyon, 1906, n" 37, et
E. Lefèvre-Pontalis, Bull, monum., vol. LXIX (1905), p. 558 et s.
270 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers 4086]
morei lapides et illi, qui vulgo c/iao/i ^, proprii erunt ipsius
majoris eeclesiae, reliqui vero, tam ipsius ecclesiae quam
ecclesiae Sanctae Mariae et SanetiThomae. Si autem eccle-
sia Sanctae Mariae et Sancti Thomae foderit vcl cavaverit,
marmorei- lapides et chaon majoris erunt ecclesiae, reliqui
autem, proprii erunt ecclesiae Sanctae Mariae et Sancti
Thomae...
XC
Vers 1086, le jour de l'Ascension.
Abandon fait, en échange de certaines concessions, à t ab-
baye de Saint-Jean d'Angely, en Saintonge, par Lan-
dry Airaud, Arnaud Airaud et Garnaud de Richemont,
de tout le bois nécessaire pour les constructions à faire à
ladite abbaye.
Cartulaire de Vabbaye de Saint-Jean dAngély, t. l, n° CXXVIII, p. 161-
162, dans Archives hist. de la Sainlonge et de VAunis, 1901, t. XXX
(d'après le Cartiil. orig., fol 42 r", et la coll. de dom Fonleneau, Bibl.
de Poitiers, t. LXIII, p. 107).
Garta de ROSCO.
In Dei nomine. Landricus Airaldus, et Arnaldus Airal-
dus, et Garnaldus de Richemonte^, don(n)averunt Sancto
Joanni et monachisejus, pro parentibus suis et pro seipsis,
in capitulo, die Ascensionis Domini, quidquid unquam
necessarium erit de bosco communi tam ad domos facien-
d[a]s quam ad reliqua omnia intra muros et clausulam fos-
sati, quod est ex parte salae comitis, et quantum opus fuerit
1. Le principal gisement des marbres précieux et des pierres calcaires
de très grandes dimensions et ù grains serrés et fins, que les comptes el
les actes appellent les choins, se trouvait à Fourvière dans les ruines du
forum bâti par Trajan, qui s'était écroulé, au rapport du diacre Florus et
de la chronique de saint Bénigne, le 1" jour de l'automne de l'année 8i0
(Guigue, Notice cit., p. 5, et fig.).
2. Aujourd'hui c. du cant. et arr. Cognac (Charente).
[1088-H14j DE l'arcfiitecture en frange 271
ad faciendam ec[c]lesiam de Brolio Morini* et ad do[m]um
monachi... Gesta haec sunt temporibus Philippi, reg-is
Franciae, Vuidonis^, ducis Aquitanorum. S. Landrici Airal-
di, qui habuit pro hoc dono quindecim solides. S. Ar-
naldi, qui habuit pro hoc dono viginti solidos S. Warnaldi
de Richemonte, qui habuit pro hoc dono quindecim solidos.
XCI
1088-1114.
Préliminaires de l'entreprise de la reconstruction de l église
et des bâtiments de V abbaye de Clany par les soins de
saint Huffue, abbé dudit monastère.
Vita sanctissiini Hugonis, Cluniacensis abhalis [aucl. Gilone^], p. 216-217,
dans les Documents faisant suite à la Vie de saint Hugues, abbé de
Cluny, par dom A. L'Huillier, 1888.
Jam decurso féliciter juventutis stadio, pater sanctissi-
mus sexaginta quinque annos a nativitate gerens, a sus-
ceptione regiminis quadraginta numerabat ; atque, ut asso-
let, gelida senectus, laborum immensitate adducta, ferven-
tioris robur etatis sensim subtrahebat... At victor animus,
floridi patris pristinarum memor virtutum, ampliora templi
fundamenta quam fuerant in Cluniaco tune locare dispo-
suit^, consuetas nature leges viritim transgrediens, quod
1. Le Breuil-Morin, auj. dans la comm. deVaraize, cant. et arr. Saint-
Jean d'Angély (Charente-Inférieure).
2. Gui-Geollroi-Guillaume, VIII- duc d'Aquitaine, VI" comte de Poitou
(1058-1086).
3. La Vie de saint Huf^ues, abbé de 1024 à 1109, aurait été écrite en 1113
ou en 1114, suivant L'Huillier, op. cil., p. 569 et s.; cf. les sources cit.
par cet auteur. Voy. aussi Pignot (J. IL), Histoire de l'ordre de Cluny
depuis la fondation de l'abbaye, jusqu'à la mort de Pierre le Vénérable
(909-1157), 1868. — Voy. enfiii supra, p. 127 et 132, les textes XXXVIl et
XXXVIII relatifs à Odilon elàrabbaye de Cluny.
4. (I Ce fut le 30 septembre 1088 Jiihl. Cluniac, col. 1621) que fut posée
la première pierre de l'église, dont le moine Ezelon, jadis arrivé de Liège
à Cluny, dirigea principalement les travaux. » (LHuiliier, op. cit., p. 361).
Pierre le Vénérable (Ep., 1. 111, 2) dit de Hézelon : «... singulari scientia...
corporatem novae ecclesiae fahricam... construxit » ; cf. Virey, iArch.
rom. dans ianc. dioc. de Màcon, p. 300. Les moines Gauzon et Hézelon
présidèrent à la construction des monuments de l'abbaye de Cluny.
272 TEXTES RELATIFS A i/hISTOIRE [1088-1114]
sagaci insistens studio mirifice mancipa vit effectui. Cumque
propiiiquaret occasui, aulam imperialem nascentibus filii&
inchoavit, et de vita exiturus ingressuris hospitium prépa-
ra vit ad apostolici culminis dignitatem. AlFuit tamen sti-
mulus qui eum fortiter pupugit, et assurgere compulit
architectum ' nostrum timide commorantem. Nam beatus
Petrus quemdam veteranum infîrmum elegit, per quem spi-
ritum ejus excitaret ad agendum quod decebat. Vocabatur
ille Gunzo, de abbate factus claustralis et psalmista preci-
puus, si non infirmitas eum dissolvisset ad extrema pêne
perductum. Huic apparens superni claviger regni curam
legationis injunxit, ut dom(p)no diceret Hugoni quatinus
basilicam inciperet, qui congregationem auxerat in numéro,
spiritualem Deo ecclesiam dedicaverat, materialem erigeret
congregatis. Cumque rei novitate stupidus eger hesitaret,
preceptor, cujus latus multitude infulatorum obibat, Petrum
se asseruit, qui tam potenter dictabat agenda ; addiditque
graviter se ferre pressuram ovium suarum in angusto illo
ovili antique, infîrmum vero nuntium prelegisse, ut, eo
sanato, probabile fieret quod referret. Deinde illum in spi-
ritu traducens, ipsemet visus est funiculos tenere ac ten-
dere et termines ponere circumscribende quantitati men-
surasque comprehendere 2. Adjecit preterea septem annos
addendos illi seni, si obedientiam impositam fideliter adim-
pleret; sanctum vero Hugonem, qui non facile movebatur,
si dissimularet, eamdem plagam quam relater evaserat
excipere. Monet demum ut attentius redderet quali sche-
mate fabricanda basilica monstraretur.
Exspergefactus frater, pre que tabule funeree sonus
exspectabatur, sospitem se conspectibus sancti Hugenis
representavit. Omnibus ex ordine auditis, credidit fidelis
1. Sur l'emploi du terme archileciiis x\ans les chroniques, vov. supra,
p. 41, n. 3.
2. Cf. la curieuse miniature du xii' siècle reproduite par l'IIuillier
(p. 360), représentant la vision de labbé Gunzon, successeur de saint Bernon
sur le siège abbatial de Baume. Le vieillard est couché ; le lit et les vête-
ments sont conformes aux us clunisiens. Saint Pierre, assisté de saint
Paul et de saint Etienne, tend des cordeaux pour indiquer le plan de la
future basilique de Cluny. Pour le mot funiculus, voy. supra, p. 121, n. 5.
[1088-1123] DE l'architectuîis en frange 273
pater, acquievit, incepit et, Deo juvante, talem basilicam
levavitintra vi^inti annos ', qualem si tam brevi construxis-
set imperator, dignum admiratione putaretur. De qua mul-
tum erat quod diceremus, sed magis habitantium nitorem
quam habitaculi predicanius. Verumtamen hec fabrica,
millenis fratribus capiendis idonea, milites Christi de quo-
dam carcere eductos sui lïttitudine retîcit, et patente chori
planicie stationes ordinatas seriatim nova libertateletifîcat;
•quique prius absque remedio, loci strictions conditione,
multis modis sibi importuni videbantur, nunc transpositi
ad spatiosa, omnidie quasi Pascha célébrantes in Galileam',
qucindam transierunt. Sic Cluniacum ^ renovavit in omnibus
pastor inclytus tam mûris exterioribus quam structuris
interioribus ', ofïicinas adjacentes melioravit, ordinatius
ordinem commendavit, bona que invenit ubertim dila-
tando.
XGII
1088-1123.
Construction de châteaux-forts de la Normandieetdu Maine,
notamment par Robert 'de Bellême. — Siètje de Bréval,
1. Gilon s'accorde sur ce point avec Rainald de Vézelay. Sur ce bio-
graphe de saint Hugues, voy. L'Huillier, op. cil., p. 565 et suiv.
2. Sur l'application de ce terme à des constructions religieuses, voy.
■supra, p. 135, n. 11.
3. Sur la description de cette église, voy. notamment L'Huillier, op. cit.,
p. 362 et s. ; J. Virey, L'Arch. rom. dans tanc. dioc. de Màcon, p. 256-342
favec plan). Voy. aussi le plan publ. par Penjon, Cliiny, la ville et l'a^b-
haife, Gluny, 188 i. VioUet-lc-Duc, pas.<iiin. Dans L'Huillier, op. cil. (Doc.
p. 630), on en trouvera une description très précise avec les mesures en
toises et en pieds, empruntée à un ms. du xviii" siècle intitulé : « Mémoires,
aires, pièces relatives à Vordre de saint Benoit », donné à Solesmes par
le comte de L'Escalopier.
4. L'abbatiale de Cluny avait depuis le portail une longueur de 136 m.
environ. C'était alors !a plus grande église de la chrétienté, surpassée
plus tard par Saint-Pierre de Rome qui compte 171 m. et Saint-Paul de
Londres qui en mesure 166 (cf. L'Huillier, op. cil., p. 362 et s., et J. Virey,
op. cit., p. 300). Ce vaste édifice avait un double transept, cinq nefs, et
un narthex à trois nefs en avant de la façade. Le chœur fut béni en 1095
par le pape Urbain 11' la dédicace eut lieu en 1131, ainsi que la consécra-
tion de nombfeux autels, en présence d'Innocent II.
18
274 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [108^^-1123]
dans le Vexin. — Construction de la tour d'Ivri, près
d'Évreux, par maître Lanfroi. — Autres constructions
de châteaux et de camps retranchés ; système de défenses
adopté dans les fortifications du Maine et de la Xor-
mandie; postes d observation usités en Normandie ainsi
qu'en Syrie. — Construction du château de Bridgenorth,
non loin de Shrewsberry, en Angleterre. — Fondation
du monastère de Tiron ; ses ateliers monastiques. — Siège
d'Alençon. — Tombeau de Serlon dOrgères^ évêque de
Séez.
Orderici Vitalis ' Uisloria ecclesiastica, éd. A. Le Prévost, Guérard et
L. Delisle, 1838-55 (Soc. Ilist. de France), l. VIII, c. 5, 24, 27 ; L X, c. 7,
9, 23; 1. XII, c. 8, 37.
L. VIII, c. o [1088 et suiv.]. — Undique- furentibus in
Normannia seditiosis... pessimus praesul Odo^ ad duceni ^
Rotomagumvenit et, consideratistotiusprovinciae neg-otiis,
duci ait : « Habent quidem fortissima castella : Bellismum^,
Lubercionem'^, Axeium^, Alencionem^, Danfrontem ••,
Sanctum Genericum^^, Rupem de lalgeio'^.,. Mamercias''^ et
Vinacium '3, et alia plura quae Guillelmus Bellesmensis et
Rodbertus, Ivo et Guarinus, aliique successores eorum
superbe construxerunt... »
...Tunc*^ Rodbertus dux Rodberto Geroio castellum
Sancti Gerenici reddidit. lUe vero fere XXXVI annis post-
1. Orderic Vital, né en Angleterre le 16 février 1075, moine à Saint-
Evroul, mourut après 1143. Les livres dont nous donnons des extraits ont
été composés entre 1133 et 1137.
2. Éd. cit., t. III, p. 292, 294-95.
3. Eude I, évêque de Bayeux (10i9-1097).
4. Robert Courte-Heuse, duc de Normandie.
5. Bellême, aujourd'hui ch.-l. de c, arr. Morlagne (Orne). Voy. Cheva-
lier, Rép. top.-hihl., l, v° Bellême.
6. Lurson, auj. Bois-Barrier, suivant Odolant-Desnos, auteur de VHis~
toire d'Alençon.
7. La forme française « Esseï » est dérivée d'Axeium. — Esse est une
localité sise dans la comm. de Le Grez, cant. de Sillé-le-Guillaume, arr.
Le Mans (Sarthej.
8. Alençon.
9. Domfront, ch.-l. darr. (Orne).
10. Saint-Céneri-le-Gerei, c. du cant. et arr. d'Alençon.
11. La Roche-Mabile, c. du cant. et arr. d'Alençon.
12. Mamers, ch.-l. d'arr. (Sarthe).
13. Vignats, c. du cant. de Coulibeuf, arr. Falaise (Calvados),
14. Éd. cit., t. III, p. 298.
[1088-1123] DE l'architecture en France 275
modum tenuit, mûris et vallis speculisque ' munivit../'
[Rodbertus -^ Bellesmensis], ingenio subtilis, dolosus et
versipellis... in ex[s]truendis aedificiis et machinis aliisque
arduis operibus ingeniosus artifex...
L. VIII, c. 24 [1094]. — Quadragesimali ^ tempore, rex •*
Franciae et dux ^ Normanniae Brehervallum ~ obsederunt,
ibique fere duoijus mensibus laboraverunt... Illuc Rodber-
tus Bellesmensis ingeniosissimum artificeni adduxit, cujus
ingeniosa sag-acitas ad capiendam Jérusalem Ghristianis
profecit. Hic machinas construxit, contra munimentum hos-
tile super rotulas egit, ingentia saxa in oppidum et oppi-
danos projecit, bellatores assultus dare docuit, quibus val-
lum et sepes circumcingentes diruit et culmina domorum
super inhabitantes dejecit, tantisque calamitatibus adver-
sarios ad deditionem coegit. Vêtus odium inter Rodbertuni
et Goellum diu pro antiquis reatibus inoleverat, idemque
Rodbertus, ut tempus ultionis opportunum viderat, Guil-
lelmum Bretoliensem ^ consilioet auxilio, plusquam omnes
alii pares sui, adjuverat. Goellus autem probus et callidus,
et praedo malignus, ecclesiarumque violator erat. Nobiles
et animosos parentes habebat, quorum adminiculis Bre-
hervallum in déserta et silvestri regione castrum firma-
verat'^ et magnanimitate subsidiisque tanta praeliorum pon-
1. L'éditeur Le Prévost interprète ce terme dans le sens de chambre à
coucher, logement [ihid., n. 1). Nous croyons que ce mot a une sif^nifica-
tion plus précise et qu'il signifie lieu de guet, corps de garde, endroit
couvert d'où les sentinelles peuvent observer les mouvements des adver-
saires et lui lancer des traits et des projectiles à travers des meurtrières
ou des créneaux. Il y a lieu, selon nous, de rapprocher ce terme de zêta
que nous commentons plus loin; d'ailleurs le contexte de notre passage
amène à cette conclusion, si on le compare avec celui de l'un des extraits
que l'on va trouver.
2. Éd. cit., infra. t. III, p. 300.
3. Robert II de Belléme, fort expérimenté, comme on sait, dans l'art de
fortifier les châteaux.
4. Éd. cit., t. III, p, il 5.
3. Le roi de France était alors Philippe I" (1060-1108).
6. Richard II Courte lieuse.
7. Bréval, c. du cant. de Bonnières, arr. Mantes (Seine-et-Oise).
B. Un des seigneurs de la famille de Breteuil, ch.-l. de c, arr. d'Evréur
Voy. éd. Le Prévost, ih., p. 414, sur leurs vassaux.
9. Sur le sens de l'expression firmare castrum, pour dire qu'on érige un
276 TEXTES RELATIFS A l'fIISTOIRE [1088-1123]
dera strenue pertulerat. Denique, ut tam magnos principes
et animosos sibi summopere adversari prospexit, pacem a
domino socero suo petiit, etgaudente Guillelmo impetravit,
eique tune, regibus et ducibus diu vexatis, arcem de Ibreio
honorifice reddidit.
Haec nimirum [arx de Ibreio '] estturris famosa, ingens
et munitissima, quam Albereda -, uxor Radulfi, Bajocen-
sis comitis, construxit, et Hugo 3, Bajocensis episcopus, fra-
ter Johannis, Rotomagensis archiepiscopi contra duces Nor-
mannorum multo tempore tenuit. Ferunt quod praefata
matrona Lanfredum^ architectum, cujus ingenii laus super
omnes artifices qui tum in Gallia erant transcenderat, qui
post constructionem turris de Pedveriis ">, magister hujus
operis ex[s]titerat, ne simile opus alicubi fabricaret, decollari
fecerat. Denique ipsa pro eadem arce a viro suo perempta
est, quia ipsum quoque ab eadem munitione arcere conata
est.
L. X, c. 7 [1096-1102]. — Helias ^ comes ad curiam régis
Rotomagum venit... Guillelmus rex ait": « ... tu igitur
château-fort sur une position choisie, voy., avec de nombreux exemples,
J. H. Round, The castles of the conqnesl dans VArcheologia, de la Soc.
des Antiquaires de Londres, t. LVIII, part. I, p. 325-327. Cf. les vers sui-
vants de Wace, auteur de la Geste des Normands ou Roman de Rou, mort
vers 1175 :
« Un chaslel i ont fermé,
De bretesches é de fosse. »
et celui-ci :
« Un chaslel list iloec fermer »
1. Ivry-la-Bataille, cant. de Saint- André, arr. Evreux (Eure).
2. Aubrée, femme de Raoul, comte de Bayeux et d'Ivri.
3. Hugue, évéque de Bayeux, leur fils aîné.
4. Cet architecte ingénieur était-il clerc du laïque? Bauchal, auteur du
Nouv. dict. biogr. et crit.des architectes fr., estime (p. 327-328) qu'il était
moine, supposition nullement justifiée ; sans doute des clercs, des moines,
comme les textes nous l'ont déjà montré, ont élevé des châteaux au xi" siècle;
mais le genre d'architecture qu'exerçait Lanfroi était bien plutôt alors
l'occupation technique de maîtres laïques.
5. n s'agit ici du château de Pithiviers, bâti vers 990 par Alvise ou
Iléloïse, mère d'Isembard, seigneur de Pithiviers ; sur ce château, voy.
l'étude de Devaux, dans les Annales de la Soc. histor. et archéol. du Gâli-
nais, t. III, 1885, p. 254 et s.
fi: Éd. cit., t. IV, p. 38.
7. Harangue de Guillaume II le Roux, roi d'Angleterre à Hélie de la
Flèche, comte du Maine, pour faire hâter des travaux de fortification
{munitiones). Ce mot revient souvent dans la latinité d'Orderic Vital,
[1088-1123] DE l'architecture en france 277
dilapsos a^geres munitionuni tuarum summopere repara,
etcaemeiitarios lapidumque caesores lucri cupidos velociter
ag^grega. »... Guillelmus rex firmissimum castrum Gisortis '
construi praecepit. quod usque hodie contra Calvimon-
tem - et Triam atque Burriz opposituni Normanniam con-
cludit ; cujus positionem -^ et fabricam ing-eniosus artifex
Rodbertus Belesmensis disposuit... Ibi nempe Brugiam ^
munitissimum castrum super Sabrinam fluvium construe-
bat.
L. X, c. 7 [1098]. — Tune ■' rex [Guillelmus G] Rod-
berto ^ ingentem familiam bellatorum suis in municipiis ^
adunare praecepit, et copiosos pecuniae sumptus erogavit,
unde municipia ejus vallis et mûris ac multiplicibus
zetis^ undique clauderentur, et bellicosis larga stipen-
comme dans celle de SuKer. Nous avons déjà rapporté (n" LX texte sur le
château de llaslings, bussex) ce passage précieux d'Orderic Vital :
« Muniliones enim, quas casteUa Galli nuucupaut, Anglicis provinciis
paucissimae ' fueranl ; et ob hoc Angli, licet hellicosi fuerint et audaces,
ad resistendum tamen inimicis extiterant debiliores. •> Sur ce texte,
cf. ibid. le mémoire de Mrs Ella S. Armitage sur les anciens châteaux-
forts des Normands en Angleterre {Engl. hist. review, t. XIX, 190i).
1. Voy, E de Clérambault : Le donjon de Gisors (avec iig.), dans Méni.
Soc. acad. du dép. de l'Oise, XVIII, 3. 1900 : M. R. de Lasterie: Quelques
mots sur le château de Gisors, Bull, nionuni., 1901, p. 121 et s. Ce château
avait été rebâti en 1123 : « anno M. CXXIII castellum quod vocatur
Archas turre et moenibus mirabiliter lirmavit [Henricus rex]. Sic etiam
fecit castellum Gisorlh, Falesiam... » (Rob. de Monte, App. ad Sige-
bertum, dans le Hec. des Hist. de Fr., t. XIII, p. 285). D'après E. de Clé-
rambault {op. cil.), des réparations y furent faites de 1161 à 1184.
2. Ghaumont-en-Vexin, Trie, Bouri, localités du Vexin voisines de
Gisors.
3. Sur le choix des positions prises pour la construction des châteaux
normands, sur leur assiette et la disposition des défenses, voy. VioUet-le-
Duc, Dict. de Varch. fr., t. III, art. Château, p. 71 (Château d'Arqués), p. 80
(château de la Roche-Guyon, près de Mantes), p. 82 (château Gaillard, près
des Andelys). Cf. A. Deville, Hist. du château Gaillard et du siège qu il
soutint contre Philippe-Auguste en i'20S et 120'i.
4. 11 s'agit de Bridgenorth sur la Saverne {Sabrina), à 23 lieues de
Shrewsberry. Cette construction de château eut lieu vers 1102.
5. Éd. cit., t. IV, p. 40.
6. Il s'agit encore ici de Guillaume le Roux, roi d'Angleterre.
7. Camps retranchés, garnis de solides défenses. Cf. le camp de Sainte-
Suzanne, dans le Maine, élevé par Guillaume le Conquérant. Voy. le mémoire
de G. Fleury, dans la Rev. hist. et arch. du Maine, t. XXIX (1891), p. 151,
153.
8. Sur ce terme technique, voy. le Glossaire de Du Cange, v Zêta, § 2,
avec l'indication de textes où on le rencontre ; cf. G. Fleury [Rev. hist.
du Maine, t. XXI, 1887, p. 84), et surtout l'éditeur d'Orderic Vital : « La
278 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1088-1123]
diariis donativa largirentur. Belesmensis itaque munio ' ad
haec promptus oppida nova condidit, et antiqua praecipi-
^bus fossis ~ cingens admodum firmavit. Hic nimirum
novem in illo comitatu habuit castra : id est Blevam '^, et
Peretum, Montem de Nube et Soonam, Sanctum Remi^ium
de Planis et Orticosam, Allerias et Motam Galterii de
Clincampo, Mamerz, et alias domos firmas quamplurimas.
Haec siquidem regio censu argutus artifex sibi callide prae-
paravit
L. X, c. 9 [1099]. — Interea ipsi castrum [Maiaci] ^
interius toto annisu munierunt... cumque forenseci pugna-
tores admodum insudarent ut ingenti sirue lig-norum cin-
gentem fossam implerent, viamque sibi usque ad palum
pluribus sustentamentis magn opère substratis publiée prae-
pararent... Quidam ad illuni de sublimi zêta lapidum pro-
jecit...
signification primitive de ce mot, dit A. Le Prévost (t. V, p. 61, n. 1), est
une chambre dans un lieu d'habitation. C'est ainsi qu'on trouve zetae aes-
livales et zetae hyemides dans les descriptions de palais. Mais ici (1. IX,
c. 9) et quelques pages plus haut, il faut l'entendre dans le sens de corps-
de-garde, lieu couvert d'où les sentinelles peuvent observer les mouve-
ments de l'ennemi... » A notre avis, on aurait dû rapprocher ce terme de
spécula (au pluriel) dans un texte que nous tirons d'Ord. Vital (1. VIII,
c. 5). Il est relatif à Robert Giroie et au château de Saint-Céneri {éd. cit.,
t. III, p. 298), après 1088 : <c Castellum Sancti Cerenici Rodbertus Geroius
fere XXXVI annispostmodum tenuit, mûris et vaUis specuUsque munivit. »
II s'agit en effet de postes d'observation. Enfin, pour le mot zêta, voy.
dans le Corpus glossarioruni latinorum de Loewe, le Thésaurus (flos-
sarum emendatarum de G. Goetz, t. VII, p. 432 : « Zêta, graece cubi-
culum, V, 337 : cf. dieta, zêta, III, 191, avec des exemples ; voy. aussi
ihid,, zetarius, custos palatii, V, 519 ».
1. Ce terme est synonyme de defensor munitionis (cf. Du Gange, Gloss.,
v" Munio).
2. A la façon des fossés normands. Sur les châteaux normands, voy.
Viollet-le-Duc, op. et t. cit.
3. Blèves, à trois lieues de Mamers ; Ferai, à trois lieues et demie de
Mamers ; Moiit-de-la-Nuc sur Contilli. à une lieue et demie de Mamers ;
rOrtieuse, sur la commune du Val, à deux lieues de Saône et à deux lieues
etdemiede Mamers ;Sainl-Hemi du Plain,àdeux lieues et demie de Mamers;
Allières,à une lieue et demie de Mamers; laMotte-Gautier-de-Glincham})sur
Chemilli (Orne), à une lieue un quart de Mamers (G. Fleury, Les fortifi-
cations du Sonnois du X' au Xll" siècle, dans \a Rev. hist. et archéol. du
Maine, t. XXI, 1887 (avec fig) ; cf. du même auteur, un autre savant
mémoire. Recherches sur les fortifications du Maine {Rev. cit., t. XXIV,
1888, et t. XXIX, 1891, avec fig. représentant des mottes).
i. Éd. cit., t. IV, p. 60. — Le château de Maiet, â sept lieues Sud du
Mans, à une distance un peu moindre de La Flèche. C'est aujourd'hui un
ch.-l. de canton de la Sarthe.
[1088-1 123] DE l'architecture en France 279
L. X, c. 23 [1 100-1 104]. — Tractantibus " Turcis de rébus
agendis, Melaz, [filia Dalimanni principis], seorsum vocalis
ait Cliristianis : « Arcem et regiam et murum in g"iro,
zetasque minores atque majores jam munite illiciteque
perscrutamini, aditusque servate ne quis exeat vel ingre-
diatur sine vestra consideratione. »
L. VIII. c. 27 [1114, février]. — Girca ^ haec tempora.,
Bernardus, Quinciaci abbas, Pictaviense solum reliquit,
quia praefatum monasterium, quod hactenus liberum
ex[s]titerat, Cluniaco subjugare noluit... mundanas omnino
curas deseruit... post plures circuitus ad venerabilem
episcopum Ivonem divertit, et ab eo benigniter susceptus,
in praedio Carnotensis Ecclesiae cum fratribus quibusdam
constitit ; et in loco silvestri, quiTiron ^ dicitur, coenobium
in honore Sancti Salvatoris construxit. Illuc multitudo
fidelium utriusque ordinis abunde confluxit, et praedictus
pater omnes ad conversionem properantes charitativo
amplexususcepit, et singulis artes quas noverant légitimas
in monasterio exercere praecepit. Unde libenter conve-
nerunt ad eum fabri tam lignarii quam ferrarii, sculptores
1. hd.cil., t. IV, p. 151. — Il s'agit de l'expédition faite en Syrie, au secours
de la ville chrétienne de Mélitène, vers le mois d'août 1100, par Boémond et
Richard de la Principauté, qui tombèrent dans les mains de l'émir tur-
coman Danismand. C'est sa fille Melaz qui parle ici aux chrétiens.
2. T. III, p. 47 i. — Il s'agit de la fondation par IJernard, précédemment abbé
de Saint-Cyprien, à Poitiers, de l'abbaye bénédictine de la Sainte-Trinité
de Tiron, dioc. de Chartres (auj. Thiron-Gardais, arr. de Nogent-le-Rotrou,
Eure-et-Loir). — Henri I", roi d'Angleterre, encouragea cette construc-
tion monastique comme bien d'autres signalées par Guillaume de Jumièges,
dans son Hisloria Norinannorum, 1. VIII, p. 308, éd. Duchesne : «OfRcinis
quoque monachorum Tironis construendis nonnulla adjumenta praevidit,
excepto dormitorio quod ex integro ipse fieri ob memoriam sui ex suis
solum modo impensis voluit. Necnon etiam xenodochium clephantio-
sorum Carnoli manentium, opus videlicet pergrande ac mirificum, ipsius
munificentia complevit. » — Yves, dont il vient d'être question, fut
ëvéque de Chartres de 1091 à 1116. *
3. Dès le ix" siècle, tout autour du monastère de Saint-Riquier, les arti-
sans et artistes s'assemblaient et se fixaient, se groupant par quartiers et
par rues, comme ils feront durant le moyen âge : «...Vicus fabrorum
cuncta persolvit ferramenta, valet per annum libras très. .."(Dénombrement
— descriptio — fait par l'abbé Héric en 831, par ordre de Louis le Débon-
naire {Acta SS. Bened. saec. IV, I, p. 104). Cf. J. Flach, Orig. de Vanc.
France, t. II, 1. in, ch. vu (Villes nées autour de monastères), p. 319-320.
280 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1089-H28]
et aurifabri, pictores et caementarii, vinitores et agricolae^
multorumque offîciorum artifices peritissimi.
L. XII, c. 8 [1118]. — Mense ^ decembri, prope Alen-
cionem ^ innumeri convenerunt... Cornes Andegavorum...
securius obsessos infestavit, eisque aquam per subterranea
machinementa ^ occultis abscisionibus abstulit. Indigenae
siquidem meatum noverant per quem constructores arcis
aquae ductum de Sarta^ illuc effecerant. lUi vero qui clau-
debantur in arce, videntes sibi cibaria déesse..., paeem
fecerunt, turrimque reddentes cum omnibus suis saivi exie-
runt.
L. XII. c. 35 [H23j. — Venerandus Serlo '^ cum clero
ad aram Sanctae Dei Genitricis Mariae perrexit, ibique ante
aram pastorali cambuta spacium loculi designavit, et, ora-
tionibus ad Dominum fusis, cum aspergine aquae benedic-
tae sepulcrum sanctificavit. Protinus operarii foveam ligo-
nibus foderunt humumque palis egesserunt. Caementarii
vero latomique sarcofagum martulis cavarunt, et omnem
apparatum ambulanti et loquenti episcopo, quasi exanimis.
amjaceret, in feretro coaptarunt...
XGIII
1089-1128.
Monuments mégalithiques à Tréhiguier^ non loin de
Muzillac, au diocèse de Vannes, en Bretagne. —
Construction audit lieu, près de la Vilaine, par un moine
de V ahhaye de Redon, d'une écluse servant de réservoir
1. Éd. cit., t. IV, p. 333.
2. Ce fut une véritable bataille, livrée sous les murs même d'Alençon
dans un lieu encore nommé le Champ de bataille, entre le château de cette
ville et Hertré. (Voy Odolant-Desnos, Hial, d'Alençon, t. I, p. 173 et s.)
3. Cf. supra, p. 100, un passage du texte concernant les gestes des évêques
d'Auxerre (Hugue de Noyers, 1183-1206), au sujet des artifices employés
par les constructeurs pour ménager des provisions de vivres et de boissons
dans l£s châteaux-forts.
4. La Sarthc, i-ivière qui passe à Alençon.
5. Éd. cit., t. IV, p. 4i5. Il s'agit ici de l'évêque Serlon d'Orgèrcs (1092-
1124), qui s'était fait préparer de son vivant une sépulture dans la cathé-
drale de cette ville.
[1090] DE l'architecture en FRANCE 281
pour Vélevage des poissons, et appartenant à ladite
abbaye.
Cartiilaire de iabhaye de Redon en Bretagne, publ. par A. de Couison,
n" CCCLXXXVIII, p. 316 ; Paris, 1863 (Coll. des Doc. inéd.).
...Quedam illustris matrona, vocabulo Orenia..., queii-
dam filium suum in nionachum, hostiam vivam, monaste-
rio Rothonensi 1 tradidit... una simul... in Treheguer -,
terrani videlicet juxtaecclesiam ; versus aquilonem. .. usque
ad lapides-^ quosdam ing-entes, in montis medio positos,
juxta semitam eun(c)til)us Trez. Hec auteni gesta sunt sol-
(r'em(p)ne (sic) donatione, concessu Rioci, Musullacensis *
domini, fa vente etiam Morvano "\ episcopo Venetensi...
Preterea prefata mulier suo niuneri priori*^ duo terrae nova-
lia continentia usque ad fossam aquosam, versus austruni,
secus litus Vicenonie ', locum etiam ad exclusam facien-
; damin eodem gurgite, cuni paludibus suis et omni telluris
continuatione. Confestim vero, donatione facta, construxit
Paganus monachus ibi exclusam, ubi pisces caperentur
in usibus monachorum necessarii.. .
XGIV
1090.
Réédication faite par les soins et aux frais de Guillaume //,
comte de Nevers, de l'abbatiale Saint-Etienne, dans le
1. Redon, ch.-l. darr. d'Ille-et-Vilainc. — Voy. dans de Courson, op.
cit., la Carte de lu Bretagne armoricaine, avec ses principales divisions
ecclés. et civiles.
2. La localité de Tréhiguiei' est située dans la coni. de Penestin, canl.
de La Roche-Bernard, arr. Vannes (Morbilian).
3. Il s'agit ici de blocs de pierre très considérables qui paraissent bien
étred'ordre méj^alitliique. Rosenzvcig, dans son Beper^.arc/ieoi. du Morbi-
han, mentionne des monuments celtiques dans le canton où se ti-ouve
Tréhigiiier.
•4. Muzillac est .tujourdhui, ch.-l. de cant. arr. Vannes (Morbihan), voy.
Rosenzwelg, op. cit., v Muzillac.
5. Morven, évêque de Vannes (1089-1128).
6. Il faudrait suppléer ici un verbe tel qu'addidit.
1. La Vilaine, rivière qui sépare le département dlUe-et-Vilaine de
celui de la Loire-Inférieure, et ce dernier du Morbilian.
282 TEXTES RELATIFS A l'iiistoire [Vers 1090]
faubourg de cette ville, avec une forte enceinte de murs
ainsi que trois tours élevées avec art.
Extr. d'une Charte du comte de Nevers publiée par Grouzet, Droits et
privilèges de la commune de Nevers, 2' part., p. 147 (Nevers, 1858).
(Cf. J . Flach, Les origines de Vancienne France, X" et XI' s.,i. l\,
1893, p. 246-247.)
Ego ^ Willelmus, Dei gratia, Nivernensis cornes....
monasterium in honore... protomartyris Stephani... in
suburbio Nivernensi propriis sumptibus reaedifîcavi... Pri-
mum quidem ipsum locum alti fortisque muri clausura per
circuitum ambivi ; deinde nobile monasterium cum tribus
turribus satis pulchro venustoque opère... construxi '^.
Dono et concedo... totum burgum, sicuti modo pro burgo
habetur..., qui jam ex renomen habens, burgus Sancti Ste-
phani appellatur...
xcv
Vers 1090.
Donation à V Eglise cathédrale de Sainte-Marie d'Auch de
V église Sainte-Marie de Marseillan, près de la rivière de
VArros, avec faculté de construire une église, des mai-
sons et ateliers, pour former une ville neuve. .
Extr. du Cartulaire noir du Chapitre de V Eglise métropolitaine Sainte-
Marie d'Auch, publ. par C. Lacave Laplagne Barris, dans les Archives
historiques de la Gascogne (1899), 2' sér., fasc. III, p. 218.
(Cf. Généalogie de la maison de Montesquiou-Fezensac, Preuves, p.
218.)
MulierPalumma et GuilemGarsias et Leofrancs, filii sui,
1. Ce texte est résumé, sans être cité, par A. Champollion-Fi|j^eac, dans
ses Doc. pal. relatifs à Vhisloire des heaux-arls pendant le moyen âge,
p. 188-189. — Cf. de Soultrait, Répert. archéol. de la Nièvre (1875).
2. La consécration de l'église de Saint-Etienne de Nevers eut lieu
en 1097. L'influence auvergnate s'y fait sentir. Des corbeaux de pierre que
la façade laisse voir encore montrent que le porche devait recevoir une
charpente (Enlart, Man. d'archéol., t. 1, p. 242 .
Ce porche, fait remarquer Viollet-le-Duc [Dicl.dérarch.fr.^l.'Vll, p. 261),
était bâti sur plan barlong et fermé ; il devait être couronné par deux
tours fcf. la cathédrale de Clermont, église N.-D. du Port, égl. de Cha-
maillieres, Puy-de-Dôme).
[1092] DE L'ARqHlTECTURE EN FRANCE 283
dederuntecclesiamSancte Marie deMarcilan', que est super
flumen Rosso '-', cumfilio suo Vidiano, Domino Deo et Sancte
Marie sedis Auxiensi[s] et metropolitane : hoc est décimas et
honores ecclesiasticos et totam dominationem illius ecclesie
et que ad illam pertinent ; et de ipsa silva padoentiam ^ ad
ecclesiam faciendam, et ad omnes mansiones et ofïi-
cinas Ista omnia dederunt super altare Sancte Marie,
in manu Guilelmi archiepiscopi, et Stephani ^ archidiaconi
et ahorum canonicorum '...
XGVI
1092.
Donation par des nobles, au Chapitre de Saint-Sernin de
Toulouse, i" de trois églises avec les dîmes qui leur appar-
tiennent, à condition que, pendant sept ans, les trois quarts
de ces dîmes serviront à construire une église destinée à
remplacer les troisautres au lieuditde « Combei », en Gas-
cogne;— 2° d'un terrain délimité par des croix de sau-
vegarde autour de l'endroit où devra être bâtie la nou-
velle église.
Charte publiée par A. Baudouin dans \e Musée des Archives départemen-
tales, n" 28 (pi. XIX), p. 59, d'après Torigrinal déposé aux Archives de la
Haute-Garonne", fonds de Saint-Sernin, liasse I, lit. 9.
^Cf. Cartiil. de Vahbaye de Saint-Sernin de Toulouse, publ. par labbé
Douais, p. 496 ; Paris et Toulouse, 1887.)
1. Comm. du cant. et arr. Mirande (Gers). La localité de Marseillan, sur
i'Arros, a été entièrement détruite au xiv« siècle pendant la guerre de Cent
ans.
2. La rivière de I'Arros.
3. Droit de pâturajjfe : cf. Du Gange, Gloss., v Paduire, faire paître le
bétail.
4. Il s'agit ici de l'archidiacre Etienne Beg.
5. Parmi les dignitaires du Chapitre de l'église cathédrale de Sainte-
Marie d'Auch, qui s'occupaient du temporel, figurent dès le xii' siècle au
moins le cellerarius et le sacrista, lequel veillait notamment à la décoration
de l'église cathédrale : « ad comparandum juncum quo supersternantur
monasterii pavimenta », dans certaines solennités, ainsiqu'à l'entretien des
cloches » ad emendas signorum cordas», etc. (vers 1140, Cartal. cit.).
6. Nous remercions notre confrère M. F. Pasquier, archiviste de la Haute-
Garonne, des renseignements qu'il a bien voulu nous transmettre au spjet
de ce document.
284 TEXTES RELATIFS A l'hiSTOIRE [1093-1132]
... In nomine Domini, coUaudante et favente domno
W[illelmo] ^, archiepiscopo Ausciensi, Bernardus de Marens
et frater ejus,... dederunt Deo et beato Saturnino, Tolo-
sano pontifîci, et canonicis ipsius loci aecclesiam de Artiga-
long^a^ et decimam pertinentem ad ipsam, et aecclesiam de
Cepeda-^ cum décima ad eanaem pertinente, et aecclesiam.
de Cordenes ^ cum décima ad ipsam pertinente, eo tenore ut de
his tribus aecclesiis efficiatur una in Iqco qui vuig'o vocatur
Coinbei'\ et usque ad VII annos sit tota décima, excepte
quarta parte archiepiscopi, in edificacionem aecclesiae.
Post VII vero annos aecclesia edificata, canonici Sancti
Saturnini habeant quartam partem de décima et medieta-
tem oblationum et cimiterium ex integro, salva parte archi-
episcopi ; clerici vero alii qui fuerint ordinati in ipsa aec-
clesia inedietatem de décima et oblationis habeant. Dede-
runt similiter terram in qua est aecclesia infra cruces *• li-
bère et absque omni censu [sjervili, ut sit perpetualiter
Beati Saturnini et habeat per unumquemque annum de una-
quaque domo quatuor denarios, quod est signum libertatis '. . .
Facta est autem haec carta anno millésime nonagesimo II
ab Incarnatione Domini, praesidente in Romana Ecclesia
papa Urbano II, régnante Francorum rege Philippo.
XGVII
1093-1132.
De la forme architecturale des cloîtres conventuels, et de
1. Guillaume I"' de Montaut, archevêque d'Auch de 1068 à 1096.
2. L'église d'Artiguélongue, qui devait appartenir à rarchidiacoac
d'Angles, se trouvait probablement sur la rive gauche de l'Osse, non loin
de Monclar, cant. de Montesquiou, arr. Mirande (Gers).
3. L'église de Ccpède se trouvait probablement dans le voisinage d'Arti-
guelongue.
4. Cette église devait être située dans l'archidiaconé d'Angles non loin
de Saint-Christaud.cant. de Montesquiou.'
5. Cette église devait se trouver dans le voisinage d'Artiguelongue.
6. Sur les croix de sauvegarde, voy. supru, n° III, p. 14, n» IV, p. 20,
n" XLV, p. 154, etc.— Cf. dans Raynal, Hist. du lierry..., t. I, p. 478,^
un très curieux acte de bornage à jet de flèches de baliste, du terrain
avoisinant l'église de Meunet, en Rcrry, (auj. arr. Issoudun, Indre) : « oh
signumillius ecclesie salvationis. »
7. Les donateurs sont appelés chevaliers dans une partie de cette
charte, qu'il n'est pas nécessaire de reproduire ici.
]^ 1093-1 132] DE l'architecture en fraxce 285
la siffni/ication symbolique attribuée aux constructions
immédiatement contiguës à ces cloîtres.
Laus vitae monasticae, par GeollVoi de Vendôme, éd. Sirmond (1610),
not. ad libr. IV, p. 70 (ex cod. Sancli Melanii Redonensis).
(Cf. Migne, Pair, lat., t. CLVII, col. 1 i6, n. 281.)
Sic habitant ut sit sacer ipse domorum
Ktsitns et numerus sufficiensque sibi.
Quadratam speciem ' structura domestica praefert,
Atria bis binis inclyta porticibus^,
Quae tribus inclusae domibus, quas corporis usus
Postulat, et quarta quae domus est Domini...
Quarum prima domus servat potumque cibumque,
Ex quibus hos reficitjuncta secunda domus.
Tertia membra fovet vexata labore diurno,
Quarta ^ Dei laudes assidue resonat.
1. La forme ji^énéralc des cloîtres en plan est celle d'un carré, dit Viol-
let-le-Duc, à propos des vers ci-dessus {Dicl. de l'arch. fr., t. III, p. 408 et
s., v Cloître). Mais on trouve aussi des formes géométriques autres que
celle du carré qui ont été appliquées à des cloîtres. Voy. Alb. Lenoir,
Arch. monastique, t. 1(1852), p. ii et s. A l'époque carolingienne, saint
Angilbert fit construire d'après la forme triangulaire, eu Ihonneur de la
Trinité, le cloître de l'abbaye de Centula (ou de Saint-Riquier), en dispo-
i»ant ainsi le cloître : « Glaustrum monachorum triangulum factum est.
Sicque fit ut, dum hic inde parietes sibi invicem concurrent, médium
«patium sub divo triangulum habeatur. Quia igitur omnis plebs fidelium
sanctissimam atque inseparabilem Trinitatem confiteri... firmiterque cre-
dere débet, secundum hujus fidei rationem iu omnipotentis Dei nomine
très ecclesias principales, cum membris ad se pertinentibus, in hoc sancto
loco. Domino coopérante, et praedicto domino Augusto juvante, fundare
■studuimus... » {Acta SS. ord. S. Benedicti, iv s., !• part.. Vie de saint
Angilbert). Sur les formes polygones ou rondes, plus ou moins symbo-
liques, des enceintes d'abbayes ou de cimetières, voy. Lenoir, op. cit.
2. Et non parlicihiis (Viollet-le-Duc, ih.).
3. La disposition assez habituelle des galeries des cloîtres d'abbayes est
celle que Caumont a donnée pour les bâtiments claustraux du xii" siècle
d'après le plan de l'abbaye de Beauport (Côtes-du-Nord), avec fig., Ahécéd.
d'archéol., archii\ civ., 3' éd. p. 13-4 i ; ou encore celle-ci; n 1° une galerie
adossée à l'un des murs de la nef, avec une entrée sous le porche et une
entrée dans le voisinage d'un transsept ; 2° une galerie à l'ouest, à laquelle
viennent s'accoler les bâtiments des étrangers, ou des magasins et celliers
ayant des entrées sur le dehors ; 3° une autre galerie, opposée à celle lon-
geant l'église communique au dortoir et au réfectoire, lesquels, ajoutons-
le, ne sont pas toujours rangés du même côté ; 4" enfin une galerie à l'Est
donnant entrée dans la sacristie, dans la salle capitulaire et les services
ecclésiastiques » (Voy. VioUet-le-Duc, ihid.). — Sur l'interprétation symbo-
lique des quatre côtés et des colonnes des cloîtres, cf. Guillaume Durand,
Rationale, 1. I, cap. l, S 43, cité par Viollet-le-Duc, ibid. Voy. aussi
Pierre de Blois, d'après Du Gange, Gloss., v Clau.<{triim, pour la significa-
tion symbolique du cloître : « Inde est quod in claustro conventuum qua~
iuor loca cum propriis deputantur offiicis... »
286 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1093-1133]
XCVIII
1093-1133.
Travaux de construction entrepris à la cathédrale de
Durham, en Angleterre, par les soins des évêques Guil-
laume de Saint-Calais, originaire du Vendomois, et
Rannulf Flambard .
Symeonis monachi Dunhelmensis libelliis de exordio Dunhelmensis * eccle-
siae, t. I, p. 128-129, éd. Th. Arnold (1882), collection des Rerum bri-
lunn. medii aevi scriptores.
Nec multo post, ecclesiam XCVIII anno ex quo ab
Aldhuno fundata fuerat, destrui praecepit [Willelmus de
Sancto Garilefo, Dunhelmensis episcopus], et, sequenti ex
anno positis fundamentis, nobiliori satis et majori opère
aliam construere - coepit. Est autem incepta MXGIII
Dominicae Incarnationis anno, pontificatus autem Willelmi
XII, ex quo autem monachi in Dunhehnum convenerant
XI tertio idus augusti, feria V. Eo enim die episcopus, et
qui post eum secundus erat in ecclesia, prior Turg-otus,
cum caeteris fratribus primos in fundamento lapides posu-
erunt. Nam paulo ante, id est IV kal. augusti, feria VI,
idem episcopus et prior, facta cum fratribus oratione ac
data benedictione, fundamentum coeperant fodere. Igitur
monachis suas offîcinas aedificantibus, suis episcopus
sumptibus ecclesiae opusfaciebat...
1, Durham, aujourd'hui, ch.-l. du comté de ce nom, à 418 kil. X. de
Londres. — Guillaume de Saint-Calais fut consacré évêque de Durham le
3 janv. 1081 (mort en 1096). Voy. Dict. of nul. biography, par Leslie Ste-
phen, vol. IX, p. 81 -8 i. Sur ses constructions, voy. ibid., p. 83.
2. Voy. John Bilson, Les origines de l'architecture gothique. Les pre-
mières croisées d'ogives en Angleterre (Extr. de la Revue de Vart chrétien,
1901-1902, notamment p. 12 et s., avec de nombreuses pi. et fij;. ; ibid.. p. 49-
59, Observations de M. R. de Lasteyrie et réponse de M. Bilson).
[1094]
DE l'aRCHITECTLRK EN FRANCE 287
Le même, Ilistoriae Dunhelmensis ecclesiae continuatio 7», t. cit., p. 139-
141 (même coUection).
Circa opus ecclesiae modo intentius, modo remissius
a^^ebatur, sicut illi ex oblatione altaris et coemiterii vel
suppetebat pecunia vel deficiebat. His namque sumptibus
navem ecclesiae circumductis parietibus ad sui usque
testudinem Rannulfus * erexerat. Porro [Willelmus de
Sancto Garilefo], praedecessor illius, qui opus inchoavit,
id decernendo statuerai ut episcopus ex suo ecclesiam,
monachi vero suas ex ecclesiae collectis facerent offîcinas.
Quod, illo cadente, cecidit : monachi enim, omissis offici-
narum aedificationibus, operi ecclesiae insistunt, quam
usque navem Rannulfus jam factam invenit... Vacavitque
episcopatus perquinquennium. Eo tempore navis ecclesiae *,
Dunelmensis monachis operi instantibus, peracta est.
XCIX
Avant 1094.
Donation , faite par Gautier Chesnel, au monastère de Saint-
Denis de Nogent-le-Rotrou^ prieuré Clunisien du Perche^
1. Rannulf Flambard, qui fut évéque de Durham de 1099 à 1128. Voy.
Dict. ofnat. hioyraphy, vol. XIX, p. 237 et suiv.
2. « La cathédrale de Durham, élevée d-; 1093 à 1133, semble avoir été
destinée dès rorif,'ine à cire complètement voûtée d'oj^ives; les voûtes du
chœur, inauguré vraisemblablement dès 1104, ont malheureusement été
rebâties : la voûte du bras nord du transept a sans doute les plus anciennes
ogives qui subsistent en Angleterre ; les voûtes latérales semblent être les
mêmes qui furent élevées sous R. Flambard. » Ainsi s'exprime M. Enlart
[Man. d'archéol., fr., t. I, p. 440, n. 3.) — L'alternance du pilier et de la
colonne (assez fréquente dans l'école Lombarde et rhénane), mais dont on
a des exemples en Normandie, au xi" siècle, à Jumièges et dans le Maine,
même siècle, au Mans, à Notre-Dame-du-Pré, fut importée à la cathé-
drale de Durham, de ces dernières régions par un constructeur appelé par
les soins de Guillaume de Saint-Calais. (Voy. pour cette disposition dans ces
pays, E. Lefèvre-Pontalis, Congr. archéol. de France, 70« session, 1903,
p. 373.)
288 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1094-1095]
de Véglise de Saint-Pierre de Ceton, d'un cimetière, pour
y bâtir des habitations monacales, ainsi que d'un bourg
pour y construire des maisons ; permission accordée aux-
dits religieux de prendre dans ses forets tout le bois néces-
saire à leurs constructions.
Saint-Denis el JSlogenl-le-Rolrou (1031-1789), Hist. et cartulaire, par de
Souancé et l'abbé Ch. Mctais, 1899, no XVIII ' (d'après Bibl. nat.,
cuil. Duchesne, ms. 22, f. 286, et cop. f. 289 v").
... Notum esse volumus omnibus sancte Dei Ecclesie fide-
libus... quod ego Gualterius Chasnellus dono Deo Domino
omnipotenti et s. Petro, apostolo Ghristi, atque monachis
Clum[acjensibus qui sunt positi ad S. Dionisium ^ in
Nogento Castro de Pertico, ecclesiam S. Pétri Cetonensis^
cum omnibus appendiciis suis. . . cymeterium^ ad facien-
dum edes monachorum, burgum ^ etiam de foris ad
faciendas domos ad quoscumque homines illorum... Ad-
jungo etiam ecclesiam S. Nicholai cum omnibus appen-
diciis suis. . . Ad edificia quoque eorum [monachorum]
vel omnium hominum illorum facienda. . . in omnes saltus
meos ligna concedo ...
G
1094-1095, avant juillet.
Donation, par Adon Alois, à Véglise cathédrale Notre-
Dame de Grenoble et à Vévêque Hugue, d'un vignoble
1. Cf. Bry de la Clergeric, Hist. du Perche, p. 72.
2. Sur la fondation et la construction de ce monastère, voy. Vlntrod. à
l'ouvr. cit.de Souancé et Métais, p. v-vi et pi.: cf. ch. i,p. xni et s. (fig.).
3. Ceton est aujourd'hui c. du canton du Theil, arr. Mortaj^ne (Orne),
â rextrémité S.-E. de ce département, et à très peu de distance de
Nogent-!e-Rotrou (Eure-et-Loir) .
4. Le même cartulaire (p. 10) mentionne — fait qui nest pas rare ailleurs
— des habitations dans le cimetière de léglise de St-Martiu de Loisail
(1105-1107) : « Do etiam unam domum (jue in cimeterio posita est... », à
propos d'une donation de Ilugue de Loisail à Saint-Denis de Nogent.
5. En 1190, ce bourg était entouré de fossés et d'eau << extra burgum S.
Dionisii, sicut idem burgus clauditiir^aquis. » (n0 99, p. 196.)
[Vers 109o] de l'architecture ek France 289
sis dans la paroisse de Saint-Martin-le-Vinoiix, joignant
ladite église paroissiale ; ledit domaine avait été concède'
à ses ancêtres, maçons des évêques de Grenoble, en récom-
pense des services rendus par eux auxdits évêques pour
la construction d^ églises.
Extr. d'une cliartc du Charlulan'um sancli Iliigonis, dans les Cartulaires
de VEglis-' cathédrale de Grenoble, publ.par J. Marion (1869), n° XXXVI ,
p. 111.
Eg-o Ado Alodisius i, in Ghristi nomine, pro rédemption e
animae meae, dono Domino Deo et Beatae Mariae atque
sancto Vincentio, et episcopo Ilugoni ^ et successoribus
ejus, unam vineam cum sua tenura, in parrochia Sancti
Martini del Vinos, juxta fontem et juxta ecclesiam.
Ipsam vero vineam habuerunt antecessores '^ mei, qui
fuerunt cementarii pro episcopis Gratianopolilanis per
edifîcationem ecclesiarum ; et sicut dederunt episcopi
antecessoribus meis vineam illam sine aliqua mala consue-
tudine. sic reddo illam Domino Deo et episcopis Gratiano-
politanis per alodium... Haec donatio ^ fuit facta antequani
domnus papa Urbanus veniret in Galliam.
CI
Vers 109.^ et vers H 03.
Reconstruction en pierre, à Vaide des offrandes des fidèles,
de Véglise abbatiale de Saint-Martin-de-Tournai, en
Flandre. — Edification en pierre d'une chapelle rurale,
1 . Le nom du donateur figure, sous la forme romane Alois, dans un acte
dudit (,'artulaire (p. lia), qui mentionne des vassaux de lévèque de Gre-
noble.
2. Saint Ilugue, qui naquit en 1053 à Cliàtealineuf d'Isère, au diocèse de
Valence.
3. Mention tout à fait rare dans les textes du xi" siècle, d'un Cxemplo de
la continuation des fonctions d'architecte dans une môme famille. On a
un peu plus de mentions analogues pour les siècles suivants.
l. Il est tout à fait vraisemblable qu'Aloïs n'ayant point de postéril;'' fit
remise, pour cette raison, de son domaine à l'église de Grenoble.
1'.»
290 TKXTiîs RELATIFS A l'iiistohU': j Vers 1095]
dédiée à la Vierge^ dans le Soissonnais, par les soins de
deux nobles du Tournaisis^ devenus moines de ladite église.
— Installation d'un couvent de femmes dans l'ancienne
demeure seigneuriale de l'un de ces nobles, transfor-
mée en monastère par la réfection inférieure dudit
bâtiment.
Liber de jeslauralione Sancti Martini Tornacensis \ auct. Herimanno
abbate, dans d'Achery, Spicilegium, t. II (1723), p. 906, 910, 913.
(Cf. Migne, Pair, lui., t. CLXXX, col. 82 et s.).
Cap. LVII. Nunc vero ad duos illos milites Walterum et
Radulfum... veniendum est, breviterque ostendendum quam
verum fuerit illud somnium quo in ecclesia Sancti Martini
stare et parietes illius renovare visi sunt.
LVIII. Walterus iste, ut vocabatur, filius Huberti, erat...
unus de potentioribus Tornacensis provinciae optimatibus ;
hic cum uxore sua ad conversionem veniens. . . factus
monachus, qualiter se habuerit nullus facile explicabit.
Omnibus rusticis se viliorem exhibuit ~... Ipse ecclesiam
novam de donationibus ^ fidelium#incepit et, Deo favente,
sicut hodie videtur, centum monachis sufficientem consum-
mavit...
LXIX. . . Acquiescit abbas consilio fratrum, statimque
domnum Ilenricum ordinans cellarium, Radulfo committit
praeposituram sociumque ei donat Walterum, fîlium
Huberti. Hisque tribus totius ecclesiae commendans in
exterioribus provisionem. . .
LXVIII... Considerans abbas domum lapideam, quae
quondam fuerat praedicti Radulphi militis et quam ei
veniens ad conversionem conjux ejus dederat, non parvae
1. Cette nari-nlion appelée aussi Narralio reslaiirationis... a été rédigée
par l'abbé Ilermann, né vers 1091, à partir de 11 12, c'est-à-dire très peu de
temps après les laits qui sonfc rapportes.
2. Suit rénumération des travaux matériels auxquels Wautier devenu
moine se dcA'oua.
3. « Quaudo postmodum i)raedictus Walterus jussu abbatis templuni
aedificare ex eleeinosynis fidelinm eoepit, statim idem Theoderiçus,
[RaduUi germanusj, ei centum sol. in initio dédit, ad aedificandum quoquc
refectorium cenlumsol., et ad cellarium centum sol. » (i7;., p. 911).
[1096-1113] DE l'architecture en FRANCE 291
esse amplitudinis, distinctis in ea parietibus, oratorium,
refectorium, dormitorium composuit, et LX fere mulieres
conversas ibidem intromisit, sororemque suam sanctimo-
nialem, nomine Eremburgim, eis praeposuit ^ .
LXXVIII, Aliam etiam curtem in pago Suessionensi
construxit in nemore de Pinon^. [Radulphus praepositus]...
filium... suum Walterum ad construendum in eodem loco
posuit, ita ut ecclesiolam lapideam ^, ex eleemosynis fîde-
lium in honore Sancte Dei genitricis Mariae ibidem aedifî-
catam, a praefato episcopo * consecrari impetraverit.
Cil
1090-1 113.
Interdiction par le comte de Bigorre, Bernard II, aux
nobles de ce pays, de reconstruire en pierre des châ-
teaux-forts sans son désir et son assentiment.
Fors'' de Bigorre ou Antiquae consiietudines, S m, d'après le texte publié
par J. Four^ous et G. de Bezin dans le Biillelin de la. Société Hamond,
1901, p. 191 pour les mss. et éditions, voy. ibid., p. 180 et s.).
(Cf. P. de Marca. Histoire de Béarn, 1640, 1. IX, p. 814.)
III. Nemo militum terre castellum sibi audeat facere
sine amore comitis non puerili ^ vel consilio, sua vel alterius
guerra non constricti. Si castrum antiquum quis habuerit,
non faciat de lapide, sine prefato comitis^ consilio vel
amore. Quod si alterum horum com[m]iserit, comité per-
quirente, vel destruat, vel restituât ei quod fecerit.
1. Une note de l'édition d'Achery dit qu'on i{jnore l'emplacement exact
de ce couvent de femmes.
2. Pinon, c. du cant. d'Anizy-le-Gliàteau, arr. Laon (Aisne).
3. Cf. le texte suivant qui doit être rapproché de celui que nous publions
ici : « cdificata juxta ecclesiam sibi domo lapidea. » (ibid., p. 905).
i. Il s'agit de I.isiard de Crespi, évèque de Soissons.
5. Sur les dates extrêmes qu'on a assiji;nées à la rédaction des Fors.
voy. les éditeurs ci-dessus, p. 183 et s. du Bull. Soc. Bainond.
6. C'est une allusion à l'état de majorité du comte.
7. Bernard II, comte de Bijjorre et vicomte de Béarn fl096-1113).
292 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1097-1125]
• GUI
1097-1125.
Lettres de Geoffroi, abbé de la Trinité de Vendôme, à Hil-
debert de Lavardin, évêque du Mans, dans lesquelles il
le prie instamment de renvoyer à cette abbaye le moine
Jean, très habile dans lart de Varcliitecture, que ledit
abbé avait consenti à mettre pendant un temps donné au
service de cet évêque, pour V aider dans les constructions
religieuses quil avait entreprises au Mans.
Goffridi\ abbatis Vindocinensis... epistolae, éd. J. Sirmond (1610), lib,
III, ep. XVI, XXIV, XXV. XXIX, xxx, p. 131, 137-139, 142-143.
(Cf. Migne, Pair, lat., t. CLVII, col. 124, 127-128 et 131-132.)
Ep. XVI — — Joannem- caementarium monachum nos-
truni, quem vobi.scum ^ hsbetis, propter iniquitatem suam
a iiobis excommunicatum indubitanter agnoscite.
Ep. XXIV. — Significastis nobisJoanneni monachum Hie-
rusalem '' rediisse. Satis melius sibi esset in monasterio
siio bene vixisse. Non omnes qui terrestrem Hierusalem
viderunt, sed qui bene egerunt, Hierusalem quae in caelis
est habere meruerunt. Quod ad vos declinavit, nobis mi-
1. Voy. L., Compaiii, A7»de snr Geoffroi de Vendôme, dans la Biblio-
Disque de l'École des Hautes Éludes, fasc. 86 (1891). Geofl'roi mourut en
1132.
2. Le moine Jean fut l'architecte de la nef de la cathédrale du Mans, nef
où l'on remarque cinq grandes travées carrées couvertes de voûtes
domicales. Voy. Ledru, La cathédrale Saint-Julien du Mans, p. 210-211 et
139-140. Cf. aussi au sujet du moine Jean, létude d'A. de Dion sur la Nef
de la cathédrale du Mans, dans le Bull, monum. de 1873, p. 482 et suiv.
3. Sur Hildebert de Lavardin évêque du Mans jusqu'en 1125, année de
son transfert à l'archevêché de Tours, voy. A. Dieudonné, Hildebert de
Afluarr/m, 1890. Voy. sj;pra au sujet des travaux accomplis par les soins
d'Hildclberl, tes textes réunis ci-dessus sous le-n" XLVIII, p. 163 et suiv.
4. Dans une de ces lettres (1. IV, ep. XXI), Geoffroi de Vendôme blâme
les voyages des moinesà Jérusalem, voyages qu'il faut, dit-il, laisser aux
laïques : « Hierusalem etenim ire, sicutindictum est laicis, sic interdictum
est monachis ab apostolica scdc... Non igitur sub occasione Ilierosolymi-
lani itincris deviemus ab itinerc nostrae professionis.. . » Certains moines
durent mettre à profit leur vf)yage à la « Jérusalem terrestre » pour satis-
faire leur curiosilé en matière d'architecture, et ils purent en tirer A leur
relourdes résultats pratiques pour l'exercice de cet art.
[1097-1 12o] DE l'architecture en FRANCE 293
nime displicuisset, si ad nos venisset prius, sicut debuis-
set. Quod ex nostra licentia eum requiritis vobis habitare,
non est hoc animae suae consulere, sed nocere. Monasierio
etenim suo, a quo per inobedientiam discessit, regulari
satisfactione reconciliari prius débet quam vestra sit vel
alicujus catholici dignus communione. Veniat itaque ad
monasterium suum, et se minus perfecte egisse confîteatur;
et de sua imperfectione non poenam, sed medicinam con-
sequatur et quidquid deinceps sanctitas vestra a nobis
petierit, nostra humilitas prosequetur. Noh timeat ille
venire; non trepidet, ubi non est timor, timoré; vulnera-
tum utique curare nos decet, non vulnera augmentare, quia
Pastor summus lassam ovem portasse legitur, non abje-
cisse. Cujus infirmitati in tantum compassus est ut infir-
mus ipse lieri mallet, quam ejus infirmitatem pietatis reme-
dio non sanaret. Si vero nobis eum diligenter vocantibus
non acquiescit, si oblata sibi et saepe exhibita paternae
dilectionis remédia refugit, si maternae dulcedinis viscera
contemnit, eum sicut sacrilegum excommunicamus, donec
regulariter satisfaciat, in quantum régula ipsa docet et
praecipit.
Ep. XXV. — Joannem caementarium esse monachum
ecclesiae nostrae, et ab ipsa ecclesia saepius per inobeden-
tiam recessisse, firmissime scitis, et nullatenus dubitatis.
Eum tamen contra suae professionis fîdem et nostram
voluntatem diuretinuistis etadhuc retinetis, illius, ut vide-
tur, salutis contemptor et vestrae oblitus promissionis.
Promisistis enim, quando novissime nobiscum locutus
fuistis, quod illum ad monasterium suum sub celeritate
remitteretis. Et quia nec a vobis missus, nec a sua iniqui-
tate permissus, nondum venire voluit , illum jam admoni-
tum iterum admonemus et monendo rogamus ut, qui a
nobis recessit inobedienter, ad nos usque ad proximam
dominicam veniat, obediturus regulariter et suscipiendus
misericorditer. Quod si qualibet occasione distulerit, eum,
donec resipiscat, ita excommunicamus ut nec commu-
nionem percipiat vivus, nec sepulturam defunctus. Vobis
294 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1097-1132]
autem carissimo domino nostro et amico supplicando man-
damus ut quem vestrae pétition! ad tempus concessimus,
caritatis gratia, euni nobis diutius non deneget vestra pru-
dentia.
Ep. XXIX. — Noverit, optime pater, vestra dilectio
Joannem caementarium monachum nostrum, qui nostra
licentia usque hodie vobiscum mansit, a nobis multotiens
esse vocatum ut ad nos veniret, et se quidem multotiens
promisit venturum, nec venit, timens fortassis ne rediret.
Nunc autem a vestra discretione nostra humilitas eum repos-
cit, quem pro vestra necessitate vobisad horam nostra cari-
tas commendavit. Quod si usque ad quintam feriam, nisi
gravi corporis infirmitate detentus, ad nos non venerit,
indubitanter agnoscat, quia in eum faciemus quod in illum
fieri débet, quiet proprii loci deseruit obedientiam,, et suae
professionis fidem irritam fecit.
Ep. XXX. — Joannem caementarium monachum quidem,
sed non habentem charitatis caementum, quoniam proprii
loci deseruit obedientiam et suae professionis fidem irritam
fecit, et multotiens anmonitus^ et longo tempore expec-
tatus, quod deliquerat emendare neglexit et negligit, a
nobis noveritis excommunicatum, et a corpore Sanctae
Ecclesiae sépara tum, in quantum régula sancta docet et
praecipit. Unde omnes christianos in Ghristum credentes,
qui neminem extra catholicae et apostolicae Ecclesiae unita-
tem [n]ovit^, humiliter rog-amus et obtestamur, ut ab hujus
excommunicati consortio se abstineant, ne ejus, quod
absit, foeda et nimium sordida participatione maculentur et
pereant. Memorato autem honorabili viro Genomanensi
episcopo diligenter supplicamus ut non solum communione
nequam illius, quem ei pro ecclesiae suae necessitate ad
horam commendavimus, se abstineat, sed, quod jam se
facturum promisit, nobis reddere studeat commendatum.
1. Et non pas vovil qu'on a imprimé à tort, ainsi que nous le pensons.
[1098] DK l'aRCIHTECTUHK en FRANCE 293
CIV
1098.
Commencements du monastère de Cîteaux, au diocèse de
Châlon, en Bourgogne, fondé par des religieux de
Molesme ; leur première église construite en bois et placée
sous le vocable de la Vierge.
1
Gallia chrisliana, t. IV, Instr-.. col. 223-224 {ex Inbnlar. Cislerc.^).
Notum sit omnibus christicolis praesentibus atque futuris,
quod Raynaldus, Belnensis - vicecomes, et uxor ejus,
Hodierna nomine, et eoruni filii . . . pro suorum peccatorum
remissione suorumque antecessorum, domino Roberto et
fratribus, qui cum eo regulam sancti Benedicti arctius
atque perfectius quam illuc usque tenuerant, observare
cupiebant, contulerunt de })raedio suo, quod antiquitus Cis-
tercium vocabatur, quantumcunique ipsis et eorum succes-
soribus Dei famulis ad monasterium et monasterii offîcinas
construendas. .. imo ad omnem usum necessarium fuerit.
TJnde_ ipse Rainaudus et ejus uxor... donuni fecerunt legiti-
mum ad opus ipsorum Deo imprimis, ac specialiter beatis-
simae Dei Genitrici semperque Virgini Mariae, in cujus
honore locus qui nunc Novum monasterium ' dicitur con-
secratus est, situs in territorio praefati Gisterciensis alodii...
Ipse vero dux'' tam in nemore •" praefato cœnobio '' con-
1. Pour les auti-es sources, voy. E. Petit, Ilisl. des ducs de Bourgogne,
t. I (1885), p. 249, 11. 2, et p. 412.
2. C'est-à-dire de Beaune.
.3. L'appellation de Nouveau monastère précéda celle de Gîteaux. —
C'est de Molesme que vint la tradition constante de placer sous le vocable
de Notre-Dame toutes les abbayes qui en dépendaient.
4. Eude I", duc de Bourgogne (1079-1102).
5. C'est dans un endroit solitaire, au milieu dune épaisse forêt, que fut
fondé le nouveau monastère de Citeaux : « nemorum ac spinarum deusi-
tate praecisa ac remota, monasterium ibidem... construcre coeperunt. »
{Vita sancti Roberti, c. 13).
6. Sur Gîteaux, voy. Janauscliek, Origines Cislercienses, t. I (1877),
p. m et suiv.
296 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1098]
juncto quam in omni circumquaque dominicatiira sua usua-
rium plenissimum eisdem fra tribus attribuit...
Vita ' sancti Roberti, abhatis Molismensis primi ac fnndaloris ordinis
Cisterciensis, dans Acta Sanctoriim, Bolland. 29 april. III, p. 67i.
(Cf. Migne, Pair, lat., t. CLVII,col. 1265.)
G. 15... Ceterum archiepiscopus 2, apostolicae sedis
legatus, cujusbenedictione, praecepto et auctoritate tantum
bonum stabile fundanientum acceperat, considerans pau-
pertatem ^ servorum Dei, et quia in loco sterili quem occu-
paverant prorsus nec subsistere nec aedificia construere pos-
sent, nisi personae alicujus potentis adminiculo fulcirentur,
scripsit ad illustrem principem Odonem, tune Burgundiœ
ducem, petens et suadens quatenus pauperes Christi,
zelum gloriae Dei et monastici ordinis habentes, foveret et
manuteneret, eorumqne necessitatibus secundum mag^nifi-
centiani principatus sui subveniret. Gujus petitioni et con-
silio dominus Odo, Burgundiae dux, acquiescens, fratrum
etiarn illorum fervore et devotione delectatus, monasterium
ligneum'* quod ipsi in sua paupertate inceperant, de suis
impendiis totum consummavit, eosque ibidem in omnibus
necessariis diu procuravit, terrisque... abunde sublevavit.
1. Cette Vie est l'œuvre d'un religieux de Molesme, qui l'a écrite au
-MI" siècle pendant l'abbaliat d'Adon,
2. Ilugue, archevêque de Lyon en 1082, mort en 1106.
3. C'est de la communauté de Molesme, dont l'origine due à saint
Robert, date de 1075, que venaient ces pauvres religieux. Voy. V Intro-
duction des Carlulaires de Vabbaye de Molesme, puh\. par J. Laurent. De
même que Cîteaux, Molesme est aujourd'hui situé dans la Côte-d'Or. C'est
une commune du cant. de Laignes, arr. de Chûtillon-sur-Seine.
4. A Molesme, la première église monastique fut construite en bois ; les
premières demeures des moines furent aussi faites de bois : des branchages
entrelacés leur servirent à élever des cabanes. Voy. le texte suivant :
<> Vhi propriis manihus lahoranles ramos de arborihus exciderunt, ex
eisdem domicilia... conslruenles ; oratoriinn qiioque .simili se hemate
peregeranl ». [Vita sancti Itoherli, c. II, num. 8). Voy. J. Laurent,
Introd. des Carlul. cit., p. 116, n. 2.
[1098-1189] DE l'architecture en frange 297
GV
1098 et 1188-H89.
Donations de maisons construites les unes en bois, les
autres en pierre, à la collé(jiale de Saint-Martin de Tours
et à Véglise cathédrale de Saint-Julien du Mans, par
des chanoines appartenant à ces communautés.
Bibliothèque nationale, manuscrits. Armoires de Balnze, 76, fol. 1 »9, r"
et V».
(Cf. coll. dom Housseau, t. III, n" I02i. — Flach, Origines de l'an-
cienne France, t. II, 1893, p. 2i5, n.3.)
[1098]. — Ego Andréas, sacerdos, Sancti Martini cano-
nicus,... dono Sanclo Martine et canonicis ejus inpraesenti
capitule, medietatem domorum mearum tam petrinarum
quam lignearum, quas juxta murum castelli Sancti Martini,
extra et intra, in vicinia portae, in dextra parte egressu.s
castelli ejusdem possideo,et unumstallum, meliorem vide-
licet de duobus quos apud draparios habeo.
2
Cartulaire de l'Église du Mans « Liber alhiis Capiluli », 1869, p. 35.
[1188-1189],.. Gapitulum ecclesie Beati Juliani Cenoma-
nensis notum lîeri curavimus quod, cum Paganus Garot, con-
canonicus noster, domos ligneas ' , cum plateis in quibus site
erant, ab uxore Pagani Nardre que Bona Dulcis vocabatur,
et in claustro stallum aliunde comparasset. . . nobis hoc tem-
1. Au sujet des maisons de bois ou de pierre au moyen âge, voy. Viol-
let-le-Duc, Dict. de Varch. fr., t. VI, v Maison, notamment p. 215 et suiv.
Ces constructions de bois pouvaient être un mélanjje de charpenterie et
d'empilage de pièces assemblées aux angles.
298 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers 1098]
porecontulit in perpetuum. Ipse partemillius domus lignée,
sicut separatur a domo lapidea ^ in qua manebat... a parte
Magne Rue existentem, et domum ligneam quam habet a
nobis ante domum lapideam sitam... tota vita sua posside-
bit... Actumanno M« G« LXXX« VIIP.
GVI
Vers 1098.
Donation par Gui des Vaux, à V abbaye de Saint-Vincent
du Mans, de l'église, du presbytère et du cimetière de Pir-
mil, dans le Maine ; concession de terrain pour la cons-
truction d'un bourg; engagement pris par Vabbaye
envers ledit donateur de faire dans l'enceinte domaniale
de son château, une chapelle de bois, et de la rebâtir en
pierre dès que l'abbé en aurait les moyens.
Cartiilaire de Vabbaye de Saint-VincenL-du-Mans (ordre de saint Benoit),
publ. et ann. par labbc R. Charles et S. Menjot d'EIbenne, t. I (1886),
n» 351, col. 210-211.
... Ego Wido de Vallibus-.., dono Deo sanctisque mar-
{iribus Vincentio atque Laurentio necnon monachis eisdem
famulantibus, ecclesiam de Pilimilio-^, et ejusdem ecclesie
1. Cf. un acte de 1070-1086 relatif à une maison construite en pierre sur
la place de l'église de Saint-Martin-de-Tours et devant les étaux ou tables
de changeurs : « Guillelmus de Mirebello calumniabatur canonicis Sancti
Martini domum lapideam quam habent in area sancti ejusdem ante stallos
cambitorum » (Dom Ilousseau, t. II-, f° 161, n" 746j. — En 1109, un acte
de donation à l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers mentionne expressément
à plusieurs reprises, entre autres maisons concédées à cette église, une
maison de pierre, domus lapidea (B. de Broussillon, Cartul. de Saint-
Aubin, t. II, p. 32) ; — cf, : domus petrina, dans un acte du Cartul. de
Sainl-Laud d'Angers, vers 1100, p. 55, acte émané de Foulque IV, comte
d'Anjou, au sujet d'une maison sise près du palais comtal.
2. Voy. Guy des Vaux (qui s'identifierait avec Vaux-en-Belin), d'après G.
de Lcstang, dans son ouvrage sur La Chàtellenie et les premiers sei-
gneurs de Malicorne, p. 289. Nous n'avons pas retrouvé cette localité
dans le Dictionnaire des postes.
3. Pirmil, auj. comm. du cant. de Brûlon (Sarthe). — Le château de
Pirmil, ruiné pendant les guerres anglaises, de 1422 à 1415, n'a pas été
rétabli. On aperçoit encore auprès du bourg la motte féodale avec les
fossés qui l'entourent.
[HOO] DE l'architecture E^ FRANCE 299
presbiterium, cum toto cymiterio,. ,. Preterea vendidi... intra
castelli ambitum partem ejusdem castelli ad burgum
faciendum... omnesque boscos meos, tam ad calefaciendum
quam ad domosi construendas.., concessi... Promiserunt
denique mi(c)hi [jam dicti monachi] quod intra Pilimilium
castellum meum cap(p)ellam- ad presens facerent ; quando
autem eis facultasadesset, lapideam construerent, ita tamen
ut nulla vi aut a me, aut ab heredibus meis, ultra possc
suum ad hoc agenduni cogantur...
GVII
Angers, 8 juillet 1100.
Concession par Foulque IV, comte d'Anjou, aujc chanoines
de Saint-Laud d'Angers, moyennant une certaine somme,
de r ancienne écluse de Rusebouc dont il avait ordonne'
la destruction, après leur avoir permis d'en construire
une nouvelle.
Cartiilaire du ChupHre de Saint-Laud d'Angers, fol. 77 v», publ. par A.
Plauchenault (1903,, n" 18, p. 23-2 i.
... Fulco ', Andegavorum cornes illustris, exclusam que
erat apud Bucam Meduane % in ve(cjteri ductili, canonicis
Beati Laudi solutam et quietam perpetuo concessit haben-
dam... Sciendum banc exclusam ' fuisse canonicorum Beati
1. Nous lisons à propos dune donation de forci à l'abbaye Saint- V'in-
cent-du-Mans (10><0-n00' : « de silva sua quantum nobis neccsse erit ad
domos et ad evclesias faciendas ». Il s'agit ici notamment de Villaincs-sous-
Lucé [Cart. cit., t. I, col. 171).
2. Il existe encore dans l'enceinte du château une chapelle sans carac-
tère architectural.
3. Foulque IV le Réchin, successeur de Geoiïroi Martel : il mourut le
14 avril 1109.
4. Bouchemaine, c. du cant. et arr. d'Angers (Maine-et-Loire). C'est dans
le ressort de cette commune que se trouvait l'écluse de Rusebouc, ancien
nom du village de La Pointe.
5. D'autres actes de ce Cartulaire (n" 7, vers 1100. n" 72, 1108, n° 48, 1145)
concernent des travaux d'écluse, notamment ceux de l'écluse qui est l'objet
de l'acte ci-dessus. Voy. Du Cange, Gloxs.. v Ductus et v» Exclusa, où
»e trouvent cités des textes tirés de Cartulaires angevins. D'après l'acte
300 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers H 00]
Laudi cum molendinis et piscaria, et... ex dono Gaufridi
Martelli, nobilissimicomitis. Sed, postquam consilio domni
Hugonis, caiionici Sancti Laudi, ductile hoc remotum est
factumque et edificatum in Ligeri, in ea aqua que propria
est Sancti Laudi, sola remansit exclusa. Hanc cornes, prop-
ter novum ductile quod in Ligeri permiserat fîeri, destrui
preceperat, apponens eciam et confirmans inter se et cano-
nicos sic convenisse. Ut igitur huic caluni(p)nie finis impo-
neretur, canonici Sancti Laudi Fulconi comiti dederunt CGC
solidos ac sic, prout superius dictum est, ecclesie Sancti
Laudi exclusam hanc, id est veterem, solutam et quietam
deinceps concessit habendam. Actum est hoc Andegavis,
in capitolo [sic) Beati Laudi, Vlllidus julii, anno ab Incar-
nacione DominiMG... Ex parte comitis hii sunt testes:
Herveus Rocundellus («ic), qui tune temporis erat preposi-
tus, Fulcoius cellarius...
GVIII
Vers 1100.
Donation faite par Hugues, seigneur de Toucy, lors de son
voyage d'outre-mer, à l'église de Molesme, des biens
quil possédait à Crisenon, pour y faire des constructions
religieuses. — Construction, audit lieu, d'une église de
pierre, en remplacement d'une église de bois.
Gallia chrisliana, t. XII [1110), Inslr., n" VII, col. lOi.
[Dominus]... Hugo... cujusdam fratris nostri monachi
ci-dessus, il faul distinf^uer d'abord la dérivation de l'eau, sorte de cana-
lisation (ductile), puis l'écluse proprement dite {excliisa) facilitée par celte
dérivation pour l'aire ainsi office de réservoir. Des travaux de ce genre
nécessitaient une construction sans doute en pierre: » aqiiainquaaedi/icaiur
ductile » dit un autre acte que nous venons de mentionner {cartul. cit.,
n» 7, vers 1100 ; mais nous voyons par un autre texte que les portes d'é-
cluse devaient être en bois. Dans le cas qui nous occupe, l'œuvre de dériva-
tion fut changée et refaite [velus, novum ductile) , l'ancienne éclus(r(De<Jis
exclus€%) subsista ; mais on en fit bâtir une autre pour servir avec le nou-
veau ductile.
[Vers IIOOJ de l architecture en frange 301
exhortatione... dédit ecclesiae Molismensi^, pro animae
suae ac sui fratris Iterii salute,...de alodio Crisenon ^ inde-
terminato quantum ad ecclesiae omniumque officinarum
aedifîcationeni... et ad cimiterium necesse erat. Huic vero
donationi adjecit et aliam, scilicet praedicti alodii suam
tertiam partem : quam donationem, cumambo lerosolymam
tenderent... domnus et Hugo renovavit. Cum vero leroso-
lymam pertingere non potuerunt, ad propria regredi festina-
verunt.Regresso igitur Hugone, locum de Crisenon coepit
magis magisque diligere, ecclesiam lapideam, lignea pros-
trata,construere... Domini sui Humbaudi-^, Autissiodorensis
episcopi, pra'sentiam adiit,... ac etiam priorem ipsius loci,
Walterium nomine, in manibus reddidit, roganseum... ut...
Molismensi ecclesiae testis fidelis ubique foret. ..
CIX
Vers 1100.
Donation à Varchcvêque d\iucli'', Raimond de Pardiac,
par Montarsin de Montant^ d'un terrain situé près de V é-
glisede Sainte- Marie pour y faire bâtir le palais archiépis-
copal,qui fut construit par les soins dudit archevêque.
Cari iilaire noir (In (Jliupitre de VÉ;; lise métropolitaine de S'" Marie d'Auch^
par C. Lacave La Flajjne Barris, dans les Arcfiives historiques de la Gas-
cogne, ! 1899 , 2' sér., tasc. III, p. 48.
(Cf. dom Bruf^èles, Chroniques ecclésiastiques dudiocèse dWuch, 1746,
pp., 1' part., p. 27.)
Universis pateat christicolis dominum Montarsinum de
Montait, in presentia Raimundi II', Ausciorum archiepis-
1. L'abbaye de Molesnie était située dans le diocèse de Langres (aujour-
d'hui, cant. de Laignes, arr. Châtillon-sur-Seine, Côte-d'Or).
2. Actuellement, petite localité de la commune de Prégilbert, cant. de
Vermenton, arr. Auxerre (Yonne).
3. Humbaud, évoque d'Au.\erre (1095-1113).
4. Raimond II de Pardiac fut archevêque d'Auch de 1098 à 1118.
302 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Fin du XI*' S.]
copi, advenisse cum priore S. Orentii, Augerio^ nomine,
germano suo, et cum duobus suis nepotibus, fîliis videlicet
Raimundi Bernardi, qu[o]ndamfratris sui, de Montait, 'et ibi
in presentia omnium circumsedentium, guerpitionem fecit
idem dominus Montarsinus et nepotes sui de quadam parti-
cula terrule, que est ante gradus^ Béate Marie, inquasupra-
scriptus archiepiscopus, aulam'^ edifîcaretemptavit etadper-
fectum, Ghristo opitulante, deduxit.
GX
Seconde moitié du xi® siècle environ.
Règlement de V abbaye de Cluny rédigé par le moine Ber-
nard, concernant les tournées du prieur claustral dans
Véfjlise et les divers bâtiments conventuels.
Ordo * Cluniacensis per Bernardnm, clans Herrj^ott, Velus disciplinamonas-
tica (1726), p. 1 il et suiv.
Cap. III. De priore claustrali, — Perlustrat^ totum
claustrum incipiens ad ostium auditorii, sollicite observans
1. Auger ou Oger, prieur de Saint-Orens d'Auch vers 1100, estOj^erde
Montaul, frèi'e de l'archevêque Guillaume de Montaut. Voir la charte de
fondation du prieuré de Montant, en 1068, dans dom Brugèles, op. ct7., Pr.,
3» part., p. 68.
2. << Ce gradns Béate Marie était une de ces rues en escalier par lesquelles
communiquaient la haute et la basse ville. C'était celle allant des bords
du Gers à l'église cathédr<\le ; elle a été démolie de nos jours pour faire
place à l'escalier monumental » (Note de léditeur).
3. Quant au palais de Raimond II, c'est dans la sacristie et l'emplace-
ment du musée diocésain qu'il faut en chercher les traces.
i. Ij'Ordo Cluniacensis (ou Hitus et consueludines Cliiniacenses) fut rédige
par le moine IJernard d'api'ès les instructions de l'abbé Iluguc : « abbale
Ilugone constituente », op. cit., p. 297; cf. p. 334). L'abbatiat de Ilugue
s'étend de 1049 à 1109. Outre l'ouvrage capital d'E. Sackur, Die Cliiniacen-
ser... (1892), outre les Consueludines d'Ulrich, prieur de Zell, et celles
dites Hirsauçfenscs. pour les tom-nées du prieur claustral, on peut consul-
ter l'ouvrage de Ilauviller, Ulrich von Cluny, dans les Kirchenijeschi-
chlliche Sludien, l. III (IS96), p. 66 et suiv., et X. Kraus, Geschichle der
chrisllichen Kunsl, t. II, p. 122. Cf. les Slalula seu ordo monasterii S.
lieniffni Divionensis, 8 lU l^e priore..., dans VHist. de Vé(jlise Saint-
Bénigne de Dijon, par l'abbé L. Chomton, p. 352.
5. I^'ordre suivant lequel s'accomplissaient les tournées du prieur claus-
tral dans le monastère de Cluny fournit des renseignements utiles, liien
[Finduxi«s.] de l'architecture en France 303
quatenus eleemosynaria sit clausa et obserata, coquina
regularis, refectorium, armarium pueronim, cella novi-
tiorum... si quis adhuc sit et propter quid in cellario; quid
agatur in domo infirmorum,..; si quis remanserit in ecclesia
Beatae Mariae'. Nec oportet ut eat ad omnium lectos, sed
stans in medio uniuscujusque infirmariae... Deinde redit
per ecclesiam Sanctae Mariae et ascendit dormitorium. . .tran-
siensque per viam illam quae ducit ad necessaria. .. et sic
intrat ad necessaria, et per spéciales omnium necessa-
riorum sedes a fine usque ad caput vertens lumen can-
delae in eundo versus loca ad quae sedere soient. Quo ex
more expleto, extinguit candelam et ponit eam cum sconsa-
juxta patellam ' illam quae in fenestra dormitorii et neces-
sariorum accensa illuminât utrumque ^.., Ille vero qui post
matutinales orationes pro eo facit circam . . revertitur a
necessariis... ad ecclesiam. .. In dormitorio, circatis, ut mos
est, stratis, circat necessaria... indeque ad monasterium -^
revertens, circat omnia altaria et angulos membrorum eccle-
siae. Débet etiam in hac [ecclesia] secretariam totam cir-
cuire... Circuit vero tune navem ecclesiae...
... Incipit autem prior circam... a secretario, imprimis
in dormitorio observans... circuito dormitorio, sive fratres
in calefactorio sint, sive non, transit ad ostium cellae novi-
tiorum, inde ad ostium refectorii, coquinae regularis et saecu-
laris, cellariae, eleemosynariae, et ad illud, per quod de-
foris venientium estingressus in claustrum... Deinde tran-
siens per capitulum, ubi tune cum infantibus cantat minor
armarius, inde per infirmorum ecclesiam intrat in infirma-
qu'incomplets, sur remplacement cl la disposition diulit monastère dans
la seconde moitié du xi* siècle. Il est intéressant de rapprocherle texte qui
suit des données que fournit le dénombrement des bâtiments de Cluny
en 1622, dans Penjon, Cluny, i). 110 et suiv.
1. C'est-à-dire la chapelle de la Vierge située auprès de l'infirmerie, dont
il est question un peu plus loin.
2. Cf. absconsa, lanterne.
3. Sorte de lampe. Voy. le Q^loss. de Du Gange, où le passage ci-dessus
est cité.
4. C'est-à-dire le bâtiment du dortoir, d'une part, et les cabinets d'aisance,
d'autre part.
5. L'église est désignée dans ce texte tantôt par le terme ordinaire
ecclesia, tantôt par monasferiam, terme moins fréquent dans ce sens.
304 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Fin du Xl" S. |
riam. Quofînito... per parlatorium redit in ecclesiam, etcir-
cat omnia altaria et omnes angulos monasterii etiam in
navi et in secretaria... Circuito ergo hoc modo toto monas-
terio, tandem ad tiltimum circato seplentrionali membro
ecclesiae, revertitur per presbyterium... in choro débet
videre provide... Non est consuetudo quatenus servitores,
finita coena,... eant tune in ecclesiam perante capitulum et,
dum transierint capituli arcum, incurvati humilientur
propter conventum...
LXX. De eccl?:sia Sanctae Mariae^. — Ecclesia Sanc-
tae Mariae, domibus infîrmorum continua, dedicata est in
honorem ejusdem Beatae Dei Genitricis... Altare quod est
situm in primo capite consecratum est in honore[m] bea-
tissimae Dei genitricis Mariae et sancti Michaelis archan-
geli... Altare quod est situm in capite dextro dedicatum est
in honorem protomartyris Stephani, démentis... Altare
quod est situm in capite sinistro est consecratum in hono-
rem sancti Joannis Baptistae...
CXI
Dernier tiers du xi® siècle.
Kpilaphc du moine Humbert, constructeur du prieuré de
Correns, dépendance de l'abbaye de Montmajour, en
Provence.
U. de Lasteyric, Ilesliliilion d'une inscription du A7" sticie, dans le Recueil
de mémoires puhl. par lu Soc. nat. des Antiquaires de France, à Tocca-
sion de son centenaire (180i-190i), p. 243.
(Cf. Mabillon *, Ann. Bened., t. IV, p. 698-699.)
1. Sur la chapelle Notre-Dame et l'infirmerie dans l'abbaye de Cluny,
voy. Enlart, Man. de Varchéol. fr., t. II, arch. mon., p. 18; cf. ibid., p.l6-
17, pour im certain nombre de bâtiments conventuels qui viennent d'être
«';numércs.
2. C'est à tort que Mabillon a fait deux épitaplies d'une inscription
unique, en attribuant l'une au moine Ilumberlus. l'autre à un moine du
nom de Domnus, lequel n'a jamai» existé.
[Fin duxi*' s.] de l'architecture en France 305
-j- Sub petra positus requiescit corpore domnus
Istic Humberlus ^ a puero monacus
Gaenobii sancti construcli nomine Petri
Aecclesiae matris Virçiuis et domini
Almo maioris doctus nutriniine montis
Instruclor verbis imbuitur monitis
Post hinc Fulbert! gliscit verbere doceri
Francigehis mixtus et studiis deditus
Artes percipiens VU sua pectora replet
Armoniam studuit gramaticam docuit
Novem continuos in scolis deguit annos
Hinc se convertens litera prisca fruit
lussu prudentis rectoris sequc docentis
Caepit Gonredum - nempe monasterium
Aulas construxit muros portisque reclusit
Fundavitque locum magnificamque domuni-*...
CXII
Fin du xi'' siècle oiT commencement du xn".
Plaintes du Chapitre de la cathédrale de Notre~Dame-des-
Doms, à Avignon, contre les chanoines de V abbaye de
Saint-Ruf, qui avaient précédemment consenti à prêter
audit Chapitre des sculpteurs ainsi que des artisans
habiles dans T art de travailler le bois. — Griefs du même
Chapitre contre lesdits chanoines qui retiennent pour eux
un jeune clerc à qui un chanoine de la cathédrale avait
donné une instruction artistique, notamment dans l art
delà peinture.
Archives de Vaucluse, série G, extr. du lier/ istre du Chapitre métropolilùin
d'Avignon, dit Lirre vert, n° 27, fol. 23 v<> et 25 r°, publ. en partie par
1. Le moine Humbert avait été élevé dès lenfance dans l'abbaye de
Montmajour située aux environs d'Arles.
2. Les supérieurs du moine Humbert l'avaient chargé de construire un
prieuré dans un des domaines de l'abbaye, à Correns, petite localité située
sur les bords de l'Argens, à quelque distance, au Nord, de la ville de Bri-
gnoles.
3. Les vers qui suivent sont consacrés à l'éloge des vertus du défunl.
•.0
306 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Fin du xi'^ s.]
L.-H. Labande, L'église Notre-Dame-des-Doms d'Avignon, des origines
au XIII° siècle (avec pi.), dans le Bull, archéol. du Comité (1906), p. 311,
n. 1 (tir. à part, 1907).
(Cf. P. Achard, Noies sur quelques anciens artistes d'Avignon..., dans
les Archives de Vart français, t. Vil, Doc. IV, 1856, p. 189 et suiv.)
CaNONICI* MAJORIS ECCLESIEAvENIONENSIS' SEDIS DE FRATRI-
IJUS SUBURBANE ECCLESIE BeATI RuFI ^ SUPER HIS CONQUERUNTUR.
De inobedientia autem domni Pontii rectori substitut!
vel subjectorum éjus, quamdiu domnus ille prepositus apud
nos fuit, querimoniam nuUam audivimus, imo tante obe-
dientie tune temporis exstitisse ab his qui viderunt asserunt
tur quod illi, qui lig-norum artifices vel lapidum [sjculptores
vel scriptoria ^ [sic] arte valentes inter eos [hjabebantur, per
totam Quadragesimam, vel quolibet tempore quo opus erat
majoris ecclesie structure '' operam dabant. Et quoniam
domuin Beati Rufi suam esse putabant et, sicut tune obe-
diebat, in perpetuurn obedituram sperabant, domnus ille
prepositu.s et totus canonicorum conventus ex rébus suis
eam amplificare decreverunt, honorem o[p]timuni in Turre
mille solidos et eo amplius valentem ei dantes et decimam
({uam ex omni proprietate illius loci accipere solebant
eidem relinquentes...
1. Nous adressons tous nos remerciements à nos confrères MM. Labande
et Duhamel, qui ont bien voulu revoir pour nous ce texte fort curieux et
nous communiquer de très utiles renseij^nements.
2. Sur la cathédrale d'Avignon, Notre-Dame-des-Doms, voy. Revoil,/lrc/it<.
romane du Midi de la France, t. I (1873), p. XV, App., p. i3-48(pl. LU
— LVI), et surtout Labande, op. cit., avec les autcui-s mentionnés par lui.
3. « L'abbaye de Saint-Ruf avait été donnée en 1038 par Benoît, évcquc
d'Avignon, à quatre chanoines de N.-D. dos Doms, qui voulurent vivre
dans une règle plus étroite ; Mouguier (fl^t,s7oire... de l'église... d'Avignon.
1659, p. 39) dit que le bâtiment qui s'en allait presque en ruines fut à cette
occasion remis en bon état. » Cf. Achard, op. cit., p. 189. Sur l'abbaye de
Saint-Uuf, voy. aussi Revoil, op. cit., t. I, p. 31 et 35 ^pl. XXVIII-X.XXII).
4. Des scribes habiles pt)uvaient servir pour des comptes, des tracés de-
plans surparciiemin ; — ou scalptoria (ciselure, entailles de pierre.)
5. On ne saurait attribuer à ces artistes une part de Idnivre qui sub-
siste actuellement, puisque ce monument ne peut remonter plus haut que
le milieu du xii' siècle. (Voy. Labande, op cit., [). 3Ii et s.).
[Fin du XI*' s.] di: i/arciiitecti:ue en frange 307
...Vir ' quidam laicus habebat fîlium quem in etate puerili
cuidam canonico nostro, consobrino suo, ita in adoptio-
nem tradidit-, ut ipse eum nutriret atque doceret, et, si
puer ad etatem illam perveniret qua aliquid lucrari posset,
totuni nutritoris esset et in omnibus ei obediret atque ab
èjus voluntate in nullo dissentiret, Quem ille suscipiens
diligenter nutrivit et artem suani pictoriam edocuit. Insu-
per etiam magistros, qui alia docuerint artificia, pecunia
propria conduxit. Postquam autem puer ille factus est
juvenis et plenarie capax rationis, sollicite erga niagis-
trum omnia illa servavit que pater in donatione posuit,
cui etiani multociens fide sua promisit ut quamcumque
domum ipse pro conversione elij^eret, ad eandem ipse, si
Deus daret animum, procul dubio veniret, Quapropter
predictus discipulus. in peregrinationem abiens, postquam
inde rediit ad locum, in quo mag^istrum esse audierat. sine
mora rediit sicut promiserat, veniensque post paululum se
ipsum Deo et Béate Marie et illius loci preposito reddidit.
et ex rébus suis mulam o[p]timani preposito tradidit.
Prepositus vero in domo sua sicut proprio clerico
[c]ameram quamdam deliberavit, et ut cotidie in claus-
tro comedere cum tratribus veniret, si vellet. Ubi ita sub
obedientia remansit quod multociens ex his que adquirere
poterat preposito serviret. Denique, cum predictus clericus,
sine cujusquam ap[p]ellatione, in obedientia sibi com[ni jissa
per triennium jam st[e]tisset, fratres Beati Rufi blanditiis
suis et presentationumobsequiis et hujusmodi altis promis-
1. Iley. cil., fol. 25 r".
2. Sur la mise en appiciilissajre crenfants destiiijs à devenir artistes
dans l'art de la peinture, ou simplement artisans dans l'art de travailler la
pierre, le buis ou le fer, les textes du xi" siècle ne nous renseignent pas.
Nous lisons dans la VHh siuicli Geriildi, coin. Aureliac, lib. II, c. XI,
laquelle est IVruvre d'Odon. abbé de Cluny et l'ut écriteau x" siècle : « Qui-
dam puerulus apud Aiu-eliacum claudus morabalur. qui f'ubro niidnni
coinineiitlnlus est ut iirlein iliscercl qua iHclilare valuisnel. » ;Mii,'uc, l'air,
lai., t. CXXXIII, col. 6771.
308 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [Fin du Xl" S.]
sionibus, [ubi] ^ maximus honor facile continji^el, — sicut
multis fratribus jain contigit ejusdemdomus, — per se, per
internuncios suos ejus simplicem animum subvertere non
destiterunt, donec quadam die ad se venire et abbati suo
reddere fecerunt, et statim eum ad altare ducentes, abbate
assistente et sacramentum edocente, jurare fecerunt ut in
omnibus abbati obediret que sibi preciperet, et ibidem per
obedientiam et sacramentum quod fecerat, ei abbas
in[junxit] quatenus in nocte sequentis dominice ex toto ad
eos venire paratus esset, et per idem sacramentum monuit
ut ita clam fieret quod a nemine sciri posset. Quid plura?
Quibusdamet [sic) fratribus missis sub predicte noctis silen-
tio, domum nostram invadentes, personam nobis datam et
possessam resque ejus omnes furtim asportaverunt. Hoc
autem cum kanojiici et populus audivissent, contra eos gra-
viter irasci voluerunt, et, missis nunciis, secundum sen-
tentiam episcopi se facturos responderunt. Et quia aberat,
quosdam ex fratribus ad eum dirigentes clericum de quo
agimus a se-...
GXIII
Fin du XI" siècle ou commencement du xn*.
Donation par Hufjue de Fiée à V abbaye de Saint-Aubin
d'Angers d'une petite église rurale, sise à Ligron, autre-
fois détruite, à condition que ladite abbaye ferait cons-
truire pendant l'année une église de bois.
Curluluire de Vabbaye de Saint- Aubin d'Angers, publ. par B. de Brous-
sillon, t. II (1899), p. 296 3.
l. Le ms. semble ici porter /i.fc6.
•2. Le copiste s'arrête ici pour transcrire un titre relatif à une chute
d'eau qui met en mouvement deux des moulins du Chapitre.
3. Cet acte n'est j)as daté; mais, d'une part, Hugue de Fiée est mentionné
dans un acte de 1098-1106 (Cartul., t. I, p. 372); d'autre part, l'église de
Notre-Dame de Ligron est citée dans une charte de 1111 (ibid.. t. II, p.
329). *
[1100-1117] DE l'architecture en FRANCE 309
Huffo de Floiaco * donavit monachis Sancti Albini locum
cujusdam ecclesiole que vocatur Ligrunnus 2 ; ecclesia
namque antiquitus destructa erat... Donavit et totum
presbiteratum ipsius ecclesiole... tali conventione ut in ipso
donationis anno facerent ecclesiam de lignis, et in ipsa
ecclesia missa cantaretur diebus dominicis etfestis...
CXIV
Vers 1100-1117.
Fondation par Robert cV Arhrissel du monastère de Fonle-
vrault, au diocèse de Poitiers, dans le Saumurois ; cons-
truction d^un oratoire; son agrandissement ; séparation
des cloîtres des religieux et des religieuses ; vocable des
monastères relevant de cette abbaye. — Autres cons-
tructions [léproseries) entreprises par les soins de Robert
d^ Arhrissel.
Vila, benii Roberti^. auct. Baldrico, episc. Dolcnsi, dans Act. Sanct. Boll.,
fcbr. III, p. 611-612.
(Cf. Mignc. Pair, lat., t. GLXII, col. 1031-1052, 1054-1056.)
Gap. III. 16. . . Locus erat incultus et .squalidus, spinetis
obsituset vepribus, ab antiquo Fons Evraldi' nuncupatus,
1. Floiacus. Floe. aujourd'hui Fiée, comm. du caiit. de Château-du-Loir,
arr. Saint-Calais (Sarthe;.
2. Ligron, comm. du cent, de Malicorne, an*. La Flèche (Sarthe). La
Flèche était le siège d'un prieuré.
3. Robert d'Arbrissel (ou d'Arbressec) né dans le pays de Rennes vers
10S7, suivant les uns, vers 1060, d'après les autres, mourut le 27 février 1117.
4. Sur Fontevrault, au point de vue historique ou archéologique, voy.
G. Malifaud, L'nbhaye de Fontevrault. not. hisl. et archéol., Angers (1S66);
dEspinay, Notices archéol., l'abb. de Fontevrault, dans la Rev.hist., litt. et
arch. de V Anjou ;1876 : Edouard [Rironj, Fontevrault et ses monuments ou
hist. de cette roy. abbaye depuis sa fondation. (1100-1793), Paris, 1874-1875;
Bosscbœuf, Hist. et archéol.. Fontevrault. son hist. elses monnments. Tours,
1890. — Fontevrault est aujourd'hui cant. Sud et arr. de Saiimur (16 kil.),
en Maine-et-Loire. Voy. Cél. Port. Dicl. hist., (jèogr., ... de Maine-et-Loire,
t. II, p. 167 et s., v" Fontevraud.
310 TKXTKS UKLATIFS A LllISïOlUi: ,1100-1 117]
ab hominuin cohabilatione séquestra tus, a Condatensi ^
autem cella quasi du()l)us distabat inilliariis, dioecesi adja-
cens Pictavensi. Silvulam hanc sive dumetuni, in ((uo Dei
nova familia et novus exercitus habitaret et laboraret,
eleg-it et dono a quibusdain possessoribus accepit ; et pro-
miscuos christianitatis tirones illuc induxit.
17. Fecerunt auteni ibi pro tenipore quaedani tuguriola,
quae dumtaxat eos tuerentur ab intempestiva aeris ingruen-
tia. Oratorium etiani ibi quodlibet construxerant, in quo
Deus invocaretur et hospitaretur in medio castrorum suo-
rum. Castrenses illi cum l)eo suo desiderabant singulariter
confabulari, ejusque eolloquio peroptabant recreari. Inde
procedebant ad operà, ut de laboribus manuum suarum
vivere possent et numquam otiosi vivere praesumerent.
Mulierestamen ab hominibus segregavit, et inter claustruni
eas velutdamnavit, quas orationi deputavit ; homines vero
laboribus niancipavit. Non sine discretione id agere vide-
batur, quia sexum teneriorem et inibecilliorem commen-
dabat psalmodiae et theoriae ; fortiorem autem applicabat
exercitiis vitae actualis '.
Gap. IV. 20. Jani igitur parietibus oratorii ^ dilatandis
et inaltandis instabatur ; dabantur sumptus copiosi, offere-
bantur usus necessarii ; claustra et claustra praeparabantur ;
nec etiam tria vel quatuor tantis mulierum collegiis sufîe-
cerunt. Divisi sunt homines a mulieribus ; et seorsum in
locis remotioribus, praeparatae sunt eis domus et domus.
Mulieres iterum segregavit sagax mag-ister ab invicem : et
1. Toute cette contrée n'était guère qu'un bois, dit le bois de Bort, et
elle était seulement traversée par des voies se dirigeant de l'Anjou et du
Poitou sur Cnndes. Candes est une commune du cant. et arr. de Chinon
(Indie-et-Loire\
2. << Dans une pensée à la fois mystique et pratique, l'œuvre de Robert
d'Arbrissel réunissait les hommes et les femmes sous le gouvernement
uni(jue et absolu d'une abbesse, chaque sexe sous une règle distincte, celle
des religieuses inspirée directement des principes bénédictins et dominée
par la loi du silence, celle des frères les consacrant surtout à la desser-
vance, à ppoprem<!nt parler, des maisons de l'ordre et à l'administration
temporelle des divers domaines. » Cél. Port, op. cit., t. II, p.l'iO.)
3. Édifice remanié ; on i-emarque encore la coupole à pendentifs non
distincts qui fournit le premier des jalons, qui conduisent au style Planta-
genêt. Voy. à ce sujet Rerthelé, /.'architecture Plantagenét, dans Congr.
archéol.. LXX* session, Poitiers (1903), p. 239.
[H00-iH7] DE l'architecture EN FRANCE 311
rursus per cellas et cuneos distinxit eas ; catervatim collo-
cavit illos et illas, quoniam alteruter numerus in simplici-
tatem extendebatur. In claustro majori plus quam trecen-
tas insimul locavit : alias vel centenas vel sexagenas per
alterius quantitatis turmas^ commendavit, alibi plus, alibi
minus ; nec non et homines per discrètes delegavit mani-
pules.
21. Operariis autem assistere nec volebat nec poterat,
quia nationibus multis praedicare habebat. Conslituit igitur
ex sororibus unam responsis et operibus assistricem et
magistram, Hersendim^ nomine, quae, spreta sua qua prae-
lucebat nobilitate, choris feminarum adhaeserat, imo prior
conversa fuerat. Vivebat autem Hersendis et magnae reli-
g'ionis et magni pari ter consilii. Huic autem Hersendi con-
junxit et Petronillam ^ procurationis mansionariae gnaram,
quam ipse Robertus postea elegit in abbatissam : nam Her-
sendis jam ad superos recesserat. Has itaque duas feminas
quoniam cognoverat prudentes et industrias et magnae cau-
telae personas, aliis, ut dictum est, praefecerat sororibus.
22. . . Leprosis etenim et suas mansiunculas ^, et mona-
chalia claustra construxit, etunde singuli alerentur maj^^ister
Robertus instituit : etpersaepe, quoad vixit, taies ipse per
se humillime visitayit Quamvis pluribus indigeret
latomis et caementariis et artificibus diversis, iamen ea
cura sibi videbatur postrema : quoniam ejus anima in sancta
religione dumtaxat erat sollicita
Alla vila (du mcme), op. et t. cit., p. 615.
(Cf. Migne, Pair, lai., t. cit., col. 1062-1063.)
Cap. III. 11. Hic quidem, de quo loquimur, Robertus
1. Au Grandmoutier, église principale dédiée à la Vierge, Suger, dans
une lettre adressée à Eugène III (1145), compte déjà plus de 5000 reli-
gieuses. (Voy. Cél. Port, op. cit., t. II, p. 169.)
2. Hersende était simple prieure.
3. Pétronille ou Perronelle de Craon, veuve du seigneur de Chemillé,
qui fut 1 a première abbesse en titre (28 octobre 1114 — 25 avril 1149).
4. « Le plan des léproseries (sous l'invocation de saint Lazare, leur
patron), ressemble beaucoup à celui des chartreuses, car chaque malade a
sa maisonnette (Enlart, Man. d'archéoL, t. II, p. 50).
312 TEXTES RELATIFS A l'histoire [H00-H30]
nonnuUa habitacula in diversis provinciis i, coopérante Deo,
aedificaverat, in quibus sanctimonialium cohortes diutina
religionein Fontevraldensi claustro probatas, juxta locorum
competentiam includebat, atque ad earuinservitium aliquos
ex fra tribus nostris destinabat. Haec autem erat praeterea
illiusinflexibilis consuetudout, ubicumque coenobia sancti-
nionialibus suis aedificare fecerat, in honorem S. Mariae
semperVirginis eaconstrueret.Etquiasanctus JoannesEvan-
gelista eidem Virg-ini, praecipiente Christo, quoadusque cor-
poraliter in mundo conversata est, devotus magister dili-
genter servivit, decrevit vir prudens ut fratrum oratoria
in ejus venerationem dedicarentur : quod non sine divina
inspiratione factura fuisse existimo, ut quem videlicet exem-
plum serviendi sponsis Christi fratres haberent, eumdem
suorum oratoriorum patronum esse gauderent . . .
cxv
Entre H 00 et 1130 environ.
Reconslruclion de Véglise cathédrale de Thérouanne, par
les soins de Vévêque Jean de Commines. — Description
du château à motte de Merckem, en Flandre.
Vita^ Johannis, episcopi Teruanensis, auct. Waltero archidiacono, éd.
0. IIolder-Egger, dans Mon. Germ. fiistor., Script., XV, pars II (1888),
p. 1145 et 1146-1147.
{Cf. Ac la Sanct. Bolland. 27 jan. III, p. 413 et 414. — En partie seule-
ment. Bouquet, liée, des Hist. de Fr., t. XIV, p. 239.)
1. Dans le premier quart du xu" siècle, des colonies monastiques, issues
de Fontevrault, se répandirent dans les pays voisins, tels que l'Anjou, le
Poitou, la Touraine, et encore dans le Limousin et le Périgord, comme dans
d'autres contrées. La Bretagne fut dotée aussi de ces établissements reli-
gieux.
2. Cette Vie, qui passe aujourd'hui pour l'œuvre de Wautier de Thérou-
anne, a été longtemps attribuée à Jean de Golmieu, archidiacre de Mori-
nie, mort en 1130; elle a été écrite neuf ans après. — Potthast (Bibl.
hisl., t. II, 1398), A. Molinier [Source.^, t. II, p. 171) et l'abbé U. Chevalier
renvoient tous trois par erreur pour cette Vie à la Patrologie latine de
Migne (CLXVI, col. 873). Le texte que l'on trouve à la place indiquée par
ce renvoi est tout autre ; c'est celui-ci : De vila et marlyrio b. CaroU Boni,
Flandriae comitis (d'après Ad. Sanct., Bolland., mart., t. I, die 2, p. 152).
[1100-1130] DE l'architecture en FRANCE 313
G. 10. — Ecclesiam * Beatae Mariae Teruanensis quam,
uti prelibavinius, iiilerius exteriusque miserabiliter dissipa-
tatn [Johannes'-episcopus] invenit, mox primis ordinationis
suae teniporibus biformi structura sapiens architectus repa-
rare preparavit; et de insensibili quidem lapidum ligno-
rumque materia fabricam ejus a fundanientis magna ex
parte incipiens, laudabiliter extrinsecus consummavit ■\ sed
vivis ^ intrinsecus lapidibus liornisque rationabilibus eani
multo utilius instauravit. ..
G. 12, — Sed occurrit, quod gestis [Johannîs, episcopl
Teruanensis,] adhuc opporteat stilo currente alleg-ari, et
quod noverimus, id ipsum ut scribatur, ex multo jam tem-
pore a multis desiderari. Plurimi enim ex fratribus fuerunt
qui, etiam eo vivente, haec scribi voluerunt. Gum ante xv
fere quam decederet annos sollicitudine pastorali diocesim
suam ex more lustraret, contigit ut in villa, cui Merchem ^
L « En 1133, on consacra le chœur, à peine construit, de la cathédrale de
Thérouanne, pour pouvoir y installer les reliques de l'évéque Saint-Maxime,
enlevées de Bouiof^ne, que Thérouanne dépossédait aussi de son siège épis-
copal. » (Enlart, Man. aarchéol. fr., t. I, p. 96, n. 2.)
2. Jean de Coraniiues fut consacré évéque de Thérouanne en 1099; il
mourut le il janvier 1130.
3, Important monument de transition du Nord de la Fi-ance, cett« cathé-
drale a un plan d'origine germanique. (Eiilart, op. cit., 1. 1, p. 232, et fig. 79,
abside.)
4. On lit notamment dans Raban Maur (éd. Migne, t. CVIII) : « Omnes
qui in Cliristum Jesum credunt dicuntur lapides vivi », et dans Rupert
(éd. Migne, t. CLXVlll) : « Lapides otri dicuntur fidèles pi-opter fideni. »
]3éjà saint Augustin (Zinarra/to m Ps.ii/nifm XXXIX, éd. Migne, t. XXXVl)
s'exprime ainsi : « Tantum autem valet junctura charilatis ut, quamvis
mulli lapides vivi in structura tenipli Dei convcniant, unus lapis ex omni-
bus fiât. »
5, Merckem. commune de Tarr. de Dixmude, province de la Flandre
occidentale (Belgique), C'est bien de cette ville qu'il s'agit, d'après de
Cauraont {Ahécéd. rf'ar<;/iéot,, archit. mil., 3" éd., 1869, p. 403). Par suite
d'une erreur typographique, M. Enlart {Man. d'arcnéol. fr., t. II,
p. 499) a imprimé Mercheim. Il n'y a pas de raison d'attribuer ce texte à
Merckergliem, départ, du Nord, arr. de Dunkerque, cant, de Worrahoudt,.
ainsi que l'a fait M. Flach, Origines de Vanc. France, t. II, p. 82.
314 TEXTES RELATIFS A l'histoire [1100-1130]
vocabulum est, hospitii mansionem haberet. Erat autem
secus atrium ecclesiae munitio quaedam, quam castrum vel
municipium dicere possumus, valde excelsa, juxta morem
terrae illius a domino villae ipsius a multis rétro annis
extructa. Mos namque est ditioribus quibusque regionis
hujus hominibus et nobilioribus, eo quod maxime inimiciis
vacare soleant exercendis et caedibus, ut ab hostibus eo
modo maneant tutiores et potentia majore vel vincant pares,
vel premant inferiores, terrae aggerem quantae prévalent
celsitudinis congerere eique fossam quam late patentera
multamque profunditatis altitudinem habentem circum-
fodere, et supremam ejusdem aggeris crepidinem vallo ex
lignis tabulatis firmissime compacte undique vice mûri
circummunireturribusque, secundum quod possibile fuerit,
per g-irum dispositis, intra vallum domum vel, quae omnia
despiciat, arcem in medio aedifîcare, ita videlicet ut porta
introitus ipsius villae nonnisi per pontem valeat adiri, qui
ab exteriori labro fossae primum exoriens, est in processu
paulatim elevatus columnisque binis et binis, vel etiam tri-
nis altrinsecus per congrua spacia suffîxis innixus ', eo
ascendendi moderamine per transversum fossae consurg-it,
ut supremam ag-geris superficiem coaequando, oram extremi
marginis ejus et in ea parte limen prima fronte contingat.
In hujusmodi ergo asylo pontifice cum suo illo frequenti et
reverendo comitatu hospitaturo, cum ingentem populi tur-
bam tam in ecclesia quam in atrio ejus manus impositione
et sacri crismatis unctione confirmasset, ut vestimenta muta-
ret, eo quod cimiterium humandis fidelium corporibus bene-
dicere statuisset, ad hospicium regressus est. Unde illo, ut
1. Ainsi, la motte était reliée à la première enceinte par un pont en plan
incline que supportaient des colonnes accouplées ou ternées. Dans
l'image des villes ligurées sur la fameuse Tapisserie de Bayeux et dont
on discerne facilement les fortifications de bois, formées de poutres liées
le» unes aux autres, on voit distinctement le pont de bois dont parle
Colmieu, et par lequel on montait à la porte du donjon-. La 'i apisscrie
montre aussi que pour permettre aux cavaliers de monter jusqu'à la porte
des donjons, la passerelle était munie de barres transversales clouées à
intervalles réguliers sur la face supérieure du tablier. Selon M. Marignan,
l'œuvre de la Tapisserie de Bayeux ne serait que de la fin du xn* siècle.
[1101-1148] uiù l'architecture en frange 315
propositum perficeret opus, iterum descendente et circa
médium pontis triginta quinque vel eo amplius pedum alti-
tudinis habentis, certa de causa subsistente, populique non
modica caterva ante et retro dextra levaque circumstipante,
continue, antiqui machinante hostis invidia, pons ponderi
cessit et dissipatus corruit magnamque illorum hominum
turbam cum episcopo suo ad ima dejecit ; fra^ore autem
ing-enti e vestij^io consecuto, transtris, trabibus, tabulatis
et ruderibus mag-no cum impetu pariter et strepitu conci-
dentibus, nebula quaedam tenebrosa ita omnem illam rui-
na m repente circumfudit, ut quid ageretur vix quisquam
discernere potuerit. Sed clementia Dei velociter afîuit, tene-
brasque dejecit et servum suum cum tota illa multitudine
de periculo illaosum eduxit
CXVI
1101-11 i8
Constructions religieuses, militaires et autres accomplies pnr
les soins des évêques d'Angoulême dans cette ville et dans
leurs possessions épiscopales.
llisloria ponlificnm et comitiimEngolismensinm i dans Rerum Enijolix-
inensium scriplores^ éd. Caslaij^ne, ls,ô3, p. 48-53 (Soc. aivli. et liist. de
la Charente).
(Cf. Rec. des fiisl.de Fr., t. XII, 17S1. p. 396.
[1101-1136.] — Gastello itaque Montiniaci^... capto, et in
manu Gerardi '^, Engolismensis episcopi,.. suscepto, turrim
altam et robustam in eo aedilicavit, et ipsum castellum
mûris undique validissimis munivit. Et vero Engolismen-
sem [ecclesiam] a primo lapide aedifîcavit [Gerardus], in
1. Cette chronique a été composée vers 1159, date de la mort de l'évèque
Ilugue II de La Rochefoucauld ; elle est vraisemblablement l'œuvre dun
chanoine dAnj^oulème. Voy. Castaig:ne, op. cil., p. 12.
2. Aujourd'hui Montif^nac, comm. du cant. de Saint-Amant-de-Boixc,
arr, Angoulême (Charente^,
3. Gérard II de Blaye.
316 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [il04-H50j
qua reaedificatioue supradictus Iterius ^ Archambaudi in
constructione parietum expensarum medietatem de proprio
suo ministrabat. De proprio suo aedifîcavit [Iterius] dormi-
torium 2, refectorium, cellarium, presbjterium, januas fer-
reas Gerardus itaque, Engolismensis episcopus, aulam
pontificibus construxit et ecclesiae ^ quam, ut diximus,
aedifîcavit, haec munera obtulit Aulam pontificibus et
capellam etcameram Pictavi aedifîcavit; aulam Varuci aedi-
fîcavit mûris, vallo aedificatam roboravit, ecclesiam et domos
construxit leprosarias
[1136-1148.] — Post Gerardum Lambertus, natione
Engolismensis ecclesiam de Corona '* a primo lapide
aedifîcavit... Aedifîcavit domibus episcoporum quamdam
aulam, in qua est puteus et coquina, et turrem super portam
Varuci-^ : aedifîcavit ecclesiam baptisterii^ de conventu bene-
dictionum
GXVII
Avant 1104-1150.
Accidents survenus à réalise abbatiale de Saint-Germer, en
Beauvaisis. — Découverte du cimetière gallo-romain de
1. Hier Archambaud, riche chanoine d'Angoulême, d'origine seigneu-
riale (Voy. Castaigne, éd. c^<.,p. 39.)
2. Les constitutions synodales d'Eugène III édictent la disposition sui-
vante : « Juxta ecclesiam claustra constituantur... omnibus unum sit refec-
torium ac dormitorium. » (Voy. du Gange, Gloss., v" Claustrum.)
3. On sait que la cathédrale dAngoulème, commencée vers 1105 e( con-
sacrée en 1128, est le type d'une église romane couverte de coupoles
du Sud-Ouest de la France. Outre Viollet-le-Duc, Dict. de l'arch. fr.,
fmsxim, voy. Enlart, Man. d'archéol. fr.,t. I, p. 103,211, etc., t. II, p. 758, et
e même, dans Yllisl. de Varl d'A. Michel, t. I, 2" part., p. 477 (fig.)
4. La Couronne, abbaye d'Augustins fondée au xii' siècle ; aujourd'hui,
comm. du cant. et arr. dAngoulème.
5. Vars,comm. du cant.de Saint-Amant-dc-Boixe. Laterre de Varsfaisait
partie de la mense épiscopale par suite du partage opéré en 1120 entre les
chanoines et l'évêque Girard II. Ge prélat y avait construit une maison
entourée de retranchements, et il en avait considérablement augmenté les
revenus et les dépendances.
6. Nous avons déjà fait observer que les mentions de baptistère sont
rares en France aux xi' et xn* siècle.
[1104-1150] DE l'architecture en FRANCE 317
Nogent-sous-Coucy . — Incendie de la cathédrale et du
palais épiscopal de Laon — Transport et exhibition des
reliques de ladite cathédrale en France et en Angleterre,
pour obtenir des offrandes nécessaires à sa reconstruction.
— Part prise à cette œuvre par Vévêque Barthélémy de
Joux.
Guiberii de Novigenlo 'De Vita sua, éd. G. Bourgin (1907;, 1. I, [c. xxiii],
p. 8i, 1. II, [c. i], p. 99, 1. III. [c. v], p. Ii6-li7. [c. ix], p. 170, [c. xn],
p. 185-190, [c. xiiij, p. 191-193.
(Cf. (.V Achery, Spicilegium.. ., 1651, p. 483 et s. — Migue, Pair. lai..
t. CLVI, col. 837 et s.)
L. I, [c. xxiiij — [1064-1104]. — Cum esset vigilia-
martyrum Gervasii et Prothasii,parvoemer{?eiite tonitruo.. .,
mane ergo nobis surgentibus.,., ictu ruente grandisono ful-
minis hoc modo penetratur ecclesia ^. Gallum '* qui super
turri erat, crucem columque aut dispergit aut cremat, tra-
bem cui haec insidebant débilitât, et scindulas clavis alTi-
xas semiurendo convellens, per occidentalein turris ^ vitream
intrat, crucifixi Domini imaginem subter stantem, illiso
usque ad ruinam capite, iîxoque latere dextro, frangit, non
ustulat, dextrum vero brachium et crucis et imaginis sic
ui'it et ti'uncat, ut praeter manus pollicem de toto brachio
quippiam nemo reperiat... Dextrorsum eriimper arcum, cui
1. Guibert fut élu abbé de Nogent-sous-Coucy en llOi, et il mourut en
1124. Le De Vita sua aurait été composé entre 1114 et 1117.
2. C'est-à-dire le 18 juin.
3. Voy. E. Lefèvre-Pontalis, Élude sur la date de Véglise de Sainl-
Germer, dans la Bibl. de VEc. des Chartes, t. XLVI, 1885, p. 478-495 : cf.
Bnll.monum., 1886, p. 23 et suiv. L'église actuelle de Saint-Germer vient
d'être l'objet d'une étude d'A. Besnard, dans Congrès archéol. de Fr.,
LXXII* session, éd. 1906, p. 407-449.
4. Sur le coq surmontant le clocher des églises voy. supra le texte rela-
tif à la cathédrale de Coutanccs, p. 74, n. 3. — Colum, extrémité arrondie.
5. Comme à Saint-Etienne-de-Beauvais et dans des églises romanes
normandes, il y avait une tour centrale sur l'église de Saint-Germer :
mais des données du texte que nous reproduisons ci-dessus on ne peu(
conclure à l'existence d'un clocher latéi'al au xi« siècle. Notre savant con-
IVcre M. E. Lefèvre-Pontalis, qui a eu occasion de revenir sur sa première
interprétation de ce texte, a bien voulu nous confirmer sa nouvelle manière
de voir à ce sujet.
318 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [H04-Ho0]
percussa imago suberat, flamma labens in cemento arcus
descendendo bifurcam nigredinis rigam ' f[a]cit, et in cho-
rum perveniens, duos hinc et inde arcus stantes monachos
percutit et in momento exanimes reddit .
L. II, [c. il — [1104-11 17]. — Vocatur siquideni Novig-en-
tum^, qui, quantum ad habitationem spectat monasticam,
novus, quantum veroad usum saecularem, vetustissime cul-
tus.Quamopinionem si nullaliteralis juvaret traditio, suppe-
teret profecto affatim peregrina, et non, putamus, chris-
tiani nominis sepulchrorum inventa contextio. (^irca enim
ipsam, et in ipsa basilica, tantum sarcophagorum copiam
conjunxit antiquitas, in multam loci famositatem tantopere
expetiti, cadaverum inibi conj^estorum commendat infinitas.
Quia enim non in morem nostrorum ordo disponitur sepul-
chrorum, sed circulatim ^ in modum coraulae sepulchrum
unius multa ambiunt, in quibus quaedam reperiuntur vasa,
quorum causam nesciunt christiana tempora ; non possumus
aliud credere, nisi quodfuerunt gentilium aut antiquissima
cliristianorum sed facta g-entili more . Quaedam autem sunt
in eadem ecclesia litterae métro compositae, quibus ego
nulla adniterer auctoritate, nisi quaedam, quae plurimum
eorum roborant fidem, viderem hodieque constare. Quae
historia sic se habere secundum scripturae hujus seriem
traditur .
1. Raie (Cf. le mot classique riyor, lif^ne droite.
2. Le monastère de Notre-Dame de Nogeut-sous-Coiicy, fondé en 1076,
était situé au diocèse de Laon, près de Coucy-lc-Chàteau, aujourd'hui
ch.-l. de c, arr. Laon.
■i. Le renseif^nement fourni par Guiberta pu être vérifié lors des fouilles
pratiquées à remplacement désigné par lui et dont il avait été témoin;
on y a bien découvert « une quantité considérable de séj^ultures disposées
en cercle ». (Voy. A. Lefranc, Le traité des reliques de Guiberl de
Noyent, dans les Etudes (riiist. du moyen âge dédiées à M. Monod, 1896,
an. 292-293 ; cf. éd. Bourgin, p. 99, n. 2). J. Quiclierat a déjà si};nalé le
récit de (îuibert de Nf)gent comme un très rare exemple des jugements
raisonnables que les écrivains dn moyen âge ont portés en matière d'an-
liquitcs (Met. d'archéol., p. 351). — Au chap. VII de ce livre. Guibert de
Nogent mentionne, outre les tours de la cathédrale, lejialais épiscopal (p<i/;(-
tinm episcopale, domus episcopi, episcopium) la cour épiscopalc {curiu.
atrium pniesulis), la chapelle épiscopale {capella episcopalis) ]n'ccvdOc
dune galerie ou balustrade podium), les murailles servant de défense
au palais et à la grande salle (moenia auiae , enfin le cellier de l'église,
son magasin de provisions [cell^irium ecclesiae, intra parvam aputhecam) .
[M 04-1 150] DE l'architecture en frange 319
L. III, [c.ix] — [1112]. — I^itur ex cujusquam maxime
peccato contigerat ut gloriosissima ecclesia miserabilibiis
addiceretur excidiis. Ex domo scilicet thesaurarii ', qui et
symoniace archidiaconus erat, in ecclesiam proserpere visus
est ignis. Quae cum pro praesentisgloria solemnitatispalliis
atque tapetibus nobilissime foret circumornata, urgente
igné pauca ex palliis furto abrepta potius quam focis tacta
creduntur ; tapetia autem aliqua, quia facile funes a trocleis '
demitti a paucis non poterant, succubuere caloribus ; tabulae
altaris aureae et sanctorum feretra erepta cum ipsa pro-
minenti eorum, quam sicvocitant, repa ^ ; caetera in gyroin-
cendiisputo correpta. . . quidam. .. de nobilioribusclericis. . .
ad cathedra m episcopalem currit, superpositam vitream
capitalem pede impulsam pertudit sicque desiliit. Cruci-
11 xi Domini imago decentissime obaurata gemmisque dis-
tincta, cum vase saphyretico pro pedibus illius imaginis
appenso,in terram fusa dilabitur. . . Cum igitur cremaretur
ecclesia atque palatium . . .
L. III, [c. xii] — [1112]. — Postquam sopito aliquan-
tisper turbine, ecclesia coepit pedetentim clericorum res-
taurari studio. Quoniam igitur paries ille quo Gerardus [inter-
fectus est] '*, propter vim incendii debilitatior videbatur, arcus
quosdam inter ipsum parietem médium, qui exustior fuerat.
et exteriorem aedem immodicis sumptibus peregerunt.
Gumque quadam nocte fragor ingens increpuisset, tonitrus
impulsu fulminis ita concussus est, ut juncti parieti diri-
merentur arcus et paries in partem redderetur acclivis, el
necessario jam destrui op(p)orteret ab imis...
Interea, secundumillumqualemcumque morem, adcorro-
gandas pecunias coeperunt feretra et sanctorum reliquiae '
1. La maison du trésorier était très proche de l'église : « juxla ecclesiam
erat » iibid).
2. Ainsi des poulies servaient à faire monter et descendre les tentures
qui décoraient les murs de l'éplise cathédrale. .
3. Couvercle de châsse : cf. cihoriuin (Du Caille, Gloss., t. VII, p. 705.
4. Le nis. D du de Vita sua (éd. Bourgin, fait ici celte addition.
5. Sur les longues tournées des quêteurs elles dates précises de leurs
320 TEXTES HELATIFS A l'hISTOIRE [1104-1130]
circumferri, unde factum est ut plus ille arbiter, qui quos
Iiinc corripit, illinc misericorditer consolatur, multa qua
ibant miracula exhiberet ^. Erat autem magnificum philac-
terium quiddam quod ferebatur cum aliqua cujuslibet memo-
riae theca, in quo de camisia Matris Virginis et de spongia
ori Salvatoris illata et de cruce ipsivis — si de capillis ejus-
dem Dominae nostrae nescio — continetur ; est autem ex
auro et lapidibus, et versus auro insculpti mvsteria interna
Gantantes... In pagum itaque Turonicum secunda sua pro-
fectione venientes... In Andegavensi urbe... alias... In
tertia profectione, apud Nig-ellam ~ eos contigit devenire
castellum... Exinde transmarinas petituri partes, cum se
huic mediterraneo Oceano contulissent . . .
L. III, [c. xiii] — [1113]. — Igitur prospère devecti ad
Anglos, cum ad Wintoniensem ' venissent urbem, plurima
ibi miracula claruerunt. Apud Essecestriam ' quoque non
disparia contigerunt... Lauduni quoque, postquam a corro-
gando redierant, dictum mihi a quodam bonae indolis cle-
rico est, cui materiei advehendae officium fuerat delegatum
ad tecta ecclesiae reparanda, quia in subeundo monte inter
boves "' unus lacessendo defecerat : cumque plurimum cle-
voyages, voy. éd. Bourgin, p. 186, n. 2 ;(cf. le texte des Miracula S.Mariae
l.aiidunen/Us du moine Hcrman ; publié en appendice à Guibeit de Nogent,
pard'Acliery et Migne). Constatons que pareil moyen fut employé, en 1105,
pour la reconstruction de la cathédrale de Senlis, puis dans le même
siècle, pour celle de Lisieux, et, au siècle suivant, par les chanoines d'Au-
lun dans l'intérêt de leur église.
1. Si l'usage des exhibitions de reliques est général au xW siècle, si
c'est là un moyen sûr de se procurer des ressources pécuniaires, il n'eu
est pas moins vi'ai que Guibert de Nogent est hostile à ce procédé. Ses
critiques sont développées dans le traité De picjnoribus , analysé par
A. Lefranc, op. cit., p. 286-306. Cf. éd. Bourgin, p. 186.
2. « Ily a beaucoup de Nesle dans le N.-O. de la France, et on en
(rouvc un même dans l'Aisne, cant. de Château-Thierry. » (Note de l'éd.
Bourgin, p. 190.)
3. Winchester, ch.-l. du comté de Ilampshire (Angleterre).
4. Exeter, ch.-l. du comté de Devon.
5. L'Album de Villard de Honnecourt (pi. LXVI et LXVIII, dans
l'éd. Lassus et Darcel) contient deux dessins offrant la forme de l'étage
octogone des louielles de la cathédrale de Laon, avec la représentation (le
bœufs encore placés aujourd'hui dans les cntre-colonnements de cet étage.
Ces sculptures seraient un souvenir du concours prêté soit par le bœuf
miraculeux, soit par les plus modestes auxiliaires du xii* siècle. Il n'est
[1114-1130] DE l'architecture en FRANCE 321
ricus aestuaret bovem, non reperiens quem pro eo jugo fati-
gati inferret, ecce repente bos ill[i] cursim se obtulit et quasi
ex industria operi auxilium laturus advenit. Qui motu ala-
cri cum carrum ad ecclesiam usque cum aliis perduxisset,
clericus valde sollicitus erat cuinam bovem illum ig-notum
redderet. Qui mox ut solutus est, non ducem, nec qui se
minaret expectavit, sed ocius unde venerat, repedavit.
Martyrol. et Nécrol. de Notre-Dame de Laon, Bibliothèque de Laon,
ms. n" 341, fol. 165, r" '.
(Cf. Gallia christiana, t. IX, col. 532.)
[1114-1150.] — ... Addecorem ecclesie- fecit [Bartholo-
maeus 3, Laudunensis episcopusj, pavimentum in choro
et cel[l]arium et campanarium.
CXVIII
1104-Hloet 1137.
Dons considérables offerts par les habitants d^ Amiens, à
^occasion des prédications de Vévêque Geoffroi, pour
pas nécessaire, pour expliquer cette représentation, de recourir à la tradi-
tion locale d'après laquelle les bœufs auraient servi à monter les animaux
jusqu'au sommet des tours, même en suivant des plans inclinés construits
à cet-eft'et fCf. E. Mâle, L'art religieux au XIII" s. en France, élude sur
Viconographie du moy . âge et sur ses sources d'inspiration, 1898, p. 77.)
Voy. sur ces sculptures. Lambin, La cath. de Laon, dans la Rev. de l'art
chrél. 1901, p. 41-45, et l'éd. de Bourgin, p. 193, n. 2.
1. Nous devons cette indication précise à l'obligeance de notre confrère,
M. Soueiion, archiviste honoraire de l'Aisne.
2. La cathédrale de Laon a été reconstruite dans le troisième quart du
xii* siècle par les soins de Gautier de Mortagne (1155-1174). Après avoir
été l'objet d'un Essai historique et archéologique de J. Marion (1843). elle
a été assez récemment étudiée par A. Bouxin. La cathédrale \.-D. de
Laon, 2" éd., 1902 (pi. et fig.) ; voy. aussi E. Lambin, La lathédrale de
Laon, rec. cit.. p. 36 et s., et Cloquet, Les grandes cathédrales du
monde catholique.
3. Sur cet évêque de Laon, voy. J. Quicherat, L'âge de la cathédrale de
Laon, dans les Mél. d'archéol., du même, p. 172. Il s appelait Barthélémy
de Joux, et non de Vir, suivant la rectification faite par notre confrère
M. Bobert Anchel, dans sa thèse présentée à l'Ecole des Chartes : Bar-
thélémy de Joux et Vévéché de Laon, 1113-1150 [Positions des thèses,
1904, p. 1.)
21
322 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1 104-1 115J
agrandir et embellir V église cathédrale. — Destruction
par un incendie d'un très grand nombre de maisons de
bois et de maisons de pierre à Amiens.
V(<a' sancti Godefrldi, episcopi Anibianensis, auct. Nicolao, monacho Sues-
sionensi, lib. II, cap. 26, dans Suiius. De probalis sanctorum hisloriis
t. VI (1581), p. 2J1 et 222.
(Cf. G. Durand, Monographie de Véglise Noire-Dame, cathédrale d'A-
miens, 1. 1, 1901, p. 18, n. 8, p. 11, n. 1.)
[1104-1115.] — Gum autem quodam die beatus Gode-
fridus- pro more ad populum concionaretur, oculos interius
vertens ad beati hujus martyris [Firmini] sacras reliqiiias —
hactenus enim humili continebatur loculo, — ita exclama-
vit: « Cernite, lîlioli et vos igitur angustiam loculi qui
beati Firmini "^ episcopi, martyris atque patroni nostri, ossa
retinet, contemplantes, ut possit congruum ei praeparari
receptaculum, aurum promptis animis conferte. » His beati
viri sermonibus omnes eg-regie incensi, aurum, ar^entum,
armillas, annulos aiïerunt, plurique vasta terrarum et
marium spatia emetiunturut quaeornare martyris basilicam
possint comparent. Postquam loculus accurate confectus
fuit, ad eum diem quo erant transferendae reliquiae, lantus
eo advenit hominum coetus, ut tota Europa confl[u]xisse
videri posset ; tum episcopus Godefridus cum aliis saoer-
dotibus accessit ad locum ubi caelestis ille servabatur thé-
saurus, sacrasque reliquiae cum multo tremore omnibus
visendos exposuit.
1. C'est en 1139 que cet ouvrage a été dédié au doyen de Soissous par
Nicolas, moine de Saint-Crépin, familier de Geofl'roi. Voy. A. Molinier,
Sources de l'hisl. de /•>., t. II, p. 11.
2. Onignorc l'année exacte de Icpiscopat de Geoffroi (llOi-1115) où ces
faits se produisirent.
3. Nicolas de Soissons ne désigne pas autrement la cathédrale d'Amiens
que par les mots « ecclesia » ou « hasilica Sancti Firmini » . Mais celui de
" Beala » ou « Sancla Maria » seul était beaucoup plus fréquent, et c'est
celui qui semble l'emporter pendant le xii» siècle. Sur les vocables de la
cathédrale d'Amiens, voy. les textes réunis par G. Durand, on. cit.,
p. 8-10. .
[1137] DE l'architecture en FRANCE 323
Pridie ^ ejus diei quo beati apostoli Bartholomaei solen-
nes ferias celebraturi erant, nubes densissima totam obse-
dit urbem, lucem omnem in noclis tenebras commutans,
moxque inde erumpens ignis, immenses frug'um acervos
passimin agriscorripuit... tlanteque vento vehementissimo,
in oppidum evasit et lapideas haud secus atque ligneas
depascens aedes Omnia igitur terribili illo incendio^
depopulante, nihil relictum est praeter aedem beati Firmini
martjris et domum Godefridi episcopi et pauperum quo-
rumdam casas.
Breviarium Amhianense velus (xiii's.), Bibl. d'Amiens, ms. 112, fol. 290.
(Cf. (i. Durand, Mono(fraphie de l église Notre-Dame, cathédrale d'A-
miens, t. I, 1901, p. 11, li. 1.)
[1137.] — Igitur anno ab Incarnatione Domini M" G"
tricesimo septimo, die videlicet quo beati Stephani protho-
martiris célébra tur Inventio ^, adversarius'noster Jdiabolus
a Domino te[n]tationis potestatem accepit et ex parte a[d|
maliciae suae vota pervenit. Quaedam enim de exterioribus
nostris igné consumpsit, sed interiora nostra, divina pro-
hibente gratia, non attigit In hac itaque dyabolica
tempestate clerus et populus vehementer afflicti, dam(p)no
temporalium graviter laesi, sapienti sunt usi consilio, vide-
licet ut beati Firmini corpus infra ambitum suae potestatis,
ad restaurationem ecclesiae sue honorifice portaretur ibi
videlicet in foro vel in ecclesia precioso martiri preciosa
munera olYerunt : aurea monilia, vasa argentea, lapides pre-
ciosi, nummorum et an[n]ulorum copia magna datur, et ea
quibus festivis diebus utebantur vestimenta^.
1. Ed. et lom cit.. p. 222.
2. D'après un ancien martyrologe, la cathédrale avait été déjà détruite
par un 'incendie le 18 des calendes de mai, autrement dit le 11 avril 1019.
(G. Durand, op. cit. t. I, p. 10, n. 7.)
.3. Le Jour de l'Invention Saint-Etienne est le 3 août.
l. C'est probablement pour payer les travaux nécessités par le nouvel
incendie que la trésorerie de l'cf^lise cathédrale fut réunie à l'évcché. L'é-
difice ainsi reconstruit fut consacré solennellement en 1152, par Samson.
archevê<iue de Reims. On ne sait d'ailleurs presque rien sur cette éji^lise
qui précéda immédiatement la cathédrale actuelle. ( Voy. encore G. Durand,
op. cit., p. 12.^
324 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [llOi-1187]
GXIX
1104-1187.
Travaux d^ architecture religieuse^ militaire et autres, exécu-
tés par les soins des abbés de Marmoutier, près de Tours.
— Construction au Mans d^une dépendance considérable
dudit monastère ainsi que d^une chapelle.
Chronicon ahbatam Majores monasterii^ publ. par Salmon dans le Recueil
des chroniques de Touraine \ 1854, p. 319-324.
[1104-1124.] — Octavus^ abbas Guillelmus... offîcinas
Majoris monasterii^ aut omnino construxit aut in melius
permutavit. Totum etiam coenobium istud mûris circum-
circa niunivit^...
[1137-1135.] — Decimus abbas Garnerius... cellarariam
coquinam'\ dormitorium, mediam quoque partem claustri
1 . Sur ces chroniques, voy. Mabille, dansla Bibl. de VÉcole des Charles,
t. XXX, p. 149 et s. ; cf. Martène, Hist. de Vahhaye de Marmoulier, pub!.'
par l'abbé C. Chevalier {Mém. Soc. arch. de Touraine, t. XXV (1875).
2. L'ordre de succession des abbés de Marmoulier diffère dans Martène,
{op. cil.). Guillaume de Gombourg y est designé comme étant le 12" abbé
(Martène, p. 1-49).
3. Aujourd'hui comm. de Sainte- Radegonde, cant. et arr. Tours.
4. Nous avons déjà rencontré plusieurs fois la mention des clôtures for-
tifiées des monastères. Voy. pour celle de Marmoutier, linll. Soc. archéo-
logique de Touraine, t. XI, 1898, p. 181. Gomme exemple de cloître avec
enceinte de fossés, au xi" siècle, on peut citer celui des chanoines de l'église
de Levroux, en Berry, qu'Eude, seigneur de Déols,fitentourer de fossésaprès
1012 : « Et quia eos ampliludinem qua claustra, claustrorum offîcinas seu
alias domos construere possinl habere dignum erat, ipsius burgi partem
ecclesie propiorem fossa circumdare feci. . . » {Carlul. ms. de Levroux, aux
Archives de l'Indre, cité par Raynal, Hisloire du Berry, t. 1, p. 429. Cf.
Flach, Or iyines de Varie. France, i. II, p. 240.)
5. Au sujet du vieil édifice de la cuisine de cette abbaye, Caumont
s'exprime ainsi daiis son Abécéd. d'archéol., arch. civ. et mil., 3° éd., 1869,
p. 66 : « C'est une espèce de tour qui paraît totalement construite en pierre,
et dont le toit porte une assez grande quantité de cheminées cylindriques.
On en ignore la date exacte, mais le plan des constructions de ce genre a
dû se maintenir sans grandes modifications » (cf. les fig. reproduisant des
cuisines de monastères de la région de l'Ouest).
[1104-1187] DE l'architecture en FRANCE 325
infirmorum fecit... Gum vero domum infîrmorum renovare
decrevisset. . . ad caelestia régna migra vit. . . Hujus in tempore
fecit dominus Bermondus, in tempore illo magister prior
ecclesiae hujus, capellam infîrmorum, cui non est similis
in universo mundo.
[1155-1163.] — Undecimus abbas, Robertus Brito de
Maegueri, perfecit coquinam et claustrum infirmorum quod
antecessor suus inc[e]perat...
[1165-1176.] — Duodecimus abbas fuit Robertus Blesen-
sis... fecit thalamum et capellam abbatis, cui in universo
orbe prae pulchritudine et claritate similis, ut arbitror, non
reperitur... Tempore hujus abbatis, Robertus de Bona valle,
magister prior, thalamum pulchrum quoddam inter dormi-
torium et domum infîrmorum coepit aedifîcare, sed tamen
in vita sua non potuit consummare.,. cujus corpus inter
praedictum thalamum et armarium humatum fuit.
[1177-1187.] — Quartus decimus abbas Herveus de Villa
Piscor 1 fuit... Gum in cella novitiorum- episcopi, aliiprae-
lati, abbates et nobiles viri hospitio recepti, conventum
omninp inquietarent, ita ut aliquis monachus ire vel redire
ad lavatorium^ absque obviatione servientium vix posset,
ubi magni cordis Herveus ad tumultum illum tranquillan-
dum, pro bono et quiète conventus, intra triennium ordina-
tionis suae, aulam novam speciosissimam ante ecclesiam
. cumgranariis^ subtus, multae valentiae et sumptibus XXIII
millium solidorum disposuit. Ad haec, turrem quamdam
1. Hervé de Villepreux. « Les deux mss. portent Villa Piscor ; peut-
être faut-il lire Villa Pirornm'l C'était un prieuré de Noirmoutier, men-
tionné dans une charte du XI* siècle et dans plusieurs autres titres. «(Note
de Salmon).
2. « Le noviciat était dans l'enceinte, parfois hors des bâtiments claus-
traux, mais à l'opposé de l'entrée, afin de jouir du calme absolu. » (Enlart,
Man. d'archéol. fr., t. II, p. 19.
3. Voy. supra, p. 91, n. 1, et p. 121, n. 6.
A. Ce passage justifie ainsi l'assertion d'A. de Caumont, op. cit., p. 63 :
« Quelquefois le même bâtiment a reçu deux destinations et renferme,
d'un côté, les logements des hôtes, de l'autre des magasins. » Seulement
ici ces locaux sont superposés l'un à l'autre.
326 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers 1105 et 1170]
nefandissimam, a quodam nobili viro Guidone de Gallanda,
in atrio ecclesiae Gellebriensis i, extumulatis ossibus mor-
tuorum firmatam,... tandem pace facta, datis quingentis
libris Proveniensibus praefato militi et quatuordecim scy-
phis argenteis decano et capicerio Aurelianensi, fra tribus
ejus, radicitus destrui et dirui fecit, toto apparatu in ligno
et lapide, prioratu jam dicto rémanente... Nobis in urbe
Genomanensi donium non habentibus, felicis memoriae
Guilelmus, episcopus Genomanensis... vineas suas proprias,
quas de manu laicali abstraxerat... nobis dédit : in quo
loco idem pontifex cap(p)ellam de proprio construi fecit...
Idem vero abbas domum nobilissimam ibidem aedificavit
sumptuosis expensis fere triginta millium solidorum...
GXX
Vers llOo et vers 1170.
Consécration du maître-autel de l'église cathédrale de
Mende, dans le Gévaudan, nouvellement reconstruite sous
Vépiscopat d^Aldebert II. — Découverte et description des
trois cryptes de saint Privât; opération des fouilles. —
— Grotte, avec un ancien autel, ayant servi de retraite
audit saint.
Archives départ, de la Lozère, sér. G, 1446. Aldebert. Premier traité sur
f invention du corps de saint Privât'^ pp. 20-21 et 32. Deuxième traité,
p. 53-54. Quatrième traité, p. 67-68. Cinquième traité, p. 77. Extraits
gubl. par M. Lcopoid Delislc [d'après une communication de M. l'abbé
aldit), dans la Revue des Sociétés savantes, 2" sér., t. VIII (1862), p. 54,
n. 3, p. 55, n. 5,p.56, n. letn.2,p. 58, n. 4 et n. 5, p. 59, n. letn.3, p. 60, u. 4.
(Cf. l'abbé Fourcher, Manuscrit ou livre de saint Privât par Aldebert^
1 . Celle-cn-Brie, prieuré de Marmoutier, au diocèse de Meaux, aujour-
d'hui comni. du cant. et arrond. de Goulommiers, Seine-et-Marne.
2. Sur le très curieux livre des Miracles de saint Privât, si intéressant
pour l'histoire reliî,'ieuse du Gévaudan, voy. les judicieuses observations
icM. Léopold Delislc, dans le recueil et le tome cités, p. 50-67, et tout
i-écemmcnt dans le Journaldes Savants, an. 1908, p. 505-512. — Cf. A. Moli-
nier. Sources de l'Iiist. de France, t. II, p. 130.
3. Aldebert III occupa le siège épiscopal de Mende de 1151 à 1187. L'in-
vention des reliques de saint Privât eut lieu en 1169 ou 1170, comme l'a
démontré M. L. Delisle {Rev. des Soc. sav., 2' sér., t. cit., p. 57] .
[Vers 1105 et 1170] de l'arciiitecturl en frange 327
le Vénérable, 1898, p. 101 et suiv. — Ch. Porée, Notice sur la cathé-
drale de Mende, extr. du Bull. archéologique du Comité, 1903, p. 6, n. 1.)
[Vers 1103]... — Quam [maxillam] ', videlicet per manus
virorum venerabilium Gibelini Arelatensis et Pétri Aqueii-
sis, necnon et Alberti Tripolitaniarchiepiscoporum, presen-
tibusetiamPoncio Aniciensi, Raymondo Massiliensi et Alde-
berto^ Gavalitano episcopis, in majori altari ecclesie ^
Mimatensis, quod consecratum est in honore beati Juliani
martyris, repositam fuisse audierant...
[Vers 1170]... — Inventa^ est cripta quedam structura
mirabili, lapidibus magnis et quadratis. Invenerunt et in
ipsa cripta vas in modum sepulcri plumbeum, super colu-
m(p)nas lapideas venerabiliter collocatum, et in ipso vase
ossa corporis beati Privati.
...Habebat ■'• autem ipsa cripta undecim pedum spaciuni
in longitiidine, in altitudine decem, novem in latitudine*^...
Ab oriente vero ostiolum in altiori prope summitatem
crypte, per quod non nisi flexis g-enibus et capite inclinato
1. Premier traité d'Aldebert, p. 22. — Il s'agit ici des reliques de saint
Privât, dont la mâchoire avait été placée sous le grand autel.
2. Aldcbert II fut évoque de Mende de 1098 à 1109.
3. « C'était une église où la nef était peut-être flanquée de collatéraux,
mais qui était dépourvue de déambulatoire. Elle remplaçait une église
plus petite, dont le chœur, marqué par une petite crypte encore existante,
couvrait en partie l'ouest de la nef actuelle, entre les deuxième et troi-
sième piliers. » (Ch. Porée, op. cit., p. P.) Non loin de là était remplace-
ment de la petite église de Sainte-Thècle : « Erat infra ambitum domus
nostre, dit Aldebert III, locus quidam in quo fucrat olim ecclesia in honore
beale Thecle constructa ». Couverte encore en bardeaux (tegnlae ligneae)
à la fin du x° siècle, et tombant en ruine, elle fut rebâtie par les soins
dudit Aldebert. Tout près aussi — détail intéressant, — il y avait deux
cimetières : dans l'un, dit le grand cimetière, il ne se trouvait pas moins
de trois chapelles, à savoir: celle de saint Jean-Baptiste « capella B.
Johann is Baptiste incimiterio magno ecclesie Mimatensis », celle de Saint-
Léonard" capella B. Leonardi sita in cimiterio magno », et enfin celle de
Sainte-Lucie, construite sur la crypte dans laquelle on découvrit les
reliques de saint Privât, « capella B. Privati criple cimeterii magni
subtus capellam B. Lucie » . (Ch. Porée, op. cit., d'après des textes tirés des
Archives de la Lozère, p. 7, n. 2, sér. G 1083.)
4. Premier traité, p. 20; cf. p. 31.
5. Même traité, p. 32.
6. Bien rares sont dans les textes du moyen âge les mentions relatives
aux dimensions des cryptes ainsi que les détails semblables à ceux qui
nous ont été transmis par les traités d'Aldebert.
328 TEXTES RELATIFS A L HISTOIRE [Vers 1105 et 1170]
quis posset intrare.,. Invenimus etiam in pavimento frag-
menta capsule enee, que sanctorum innocentium corpora
continuel at... ; illa esse sanctorum corpora parvulorum
ipsa ossium ^ parvitas indicabat. Que quidem capsula enea,
quantum datur intelligi, a summo cripte aliquo vinculo
dependere solebat : quod testatur foramen adhuc in summi-
tate cripte notabile, necnon et annulus eneus ipsi capsule
insertus cui vinculum illud quo capsula dependebat fuisse
immissum [videtur], quo postea nimia vetustate attrito
ruptoque, capsula cecidisset...
...Post ^ criptam illam in qua corpus beati Privati quies-
cebat,... aliamque a sinistris illi contiguam, inventa est
cripta tercia, structura prioribus et ipsa similis prime cripte,
non a latere ut secunda, sed coram illa occidentem versus,
inducto aliquo spacio ab utraque divisa , habens introi-
tum non in imo, sed prope summum sicut prior, pavimento
non per totum piano, ut in aliis, sed in très partes, immo
tribus pedibus altitudinis mediante ^ destructo, in quorum
unius angulo inventa sunt ossa quedam adusta diligentis-
sime, in tumulis non collocata, que martirum esse sancto-
rum ipsa quo passi sunt incendii signa déclarant, tota nihi-
lominus trium parcium vastitate congestis sanctorum reli-
quiis usque ad summa plena.
Illam '* [terciam] criptam in eodem loco reparare non
curavimus, quod impedimento foret edificande ibi ecclesie,
cujus corpus occidentem versus habebat extendi, sed pro
ea construximus aliam a dextris cripte prime, e regione ^
cripte secunde que inventa fuerat a sinistris *', ut hac com-
1. Avec les ossements se trouvait une petite ampoule de verre dont le
contenu ne put être déterminé. « C'était sans doute, observe M. Léopold
Delisle (op. cit., p. 55), une de ces fioles remplies de sang dont M. tdm.
Le Blant a si bien démontré le Coractère. «
2. Quatrième traité, p. 67. •
3. Cette crypte ofl'rait donc cette particularité digne d'être notée, que
l'aire en était partagée en tiois compartiments, séparés chacun par une
cloison de trois pieds de haut.
4. Même traite, p. 68.
5. Gest-à-dire, en droite ligne, en face.
6. Ainsi les circonstances amenèrent Aldebert III à modifier son premier
plan. L'église qu'il se décida à édifier dut renfermer les deux premières
cryptes, l'une formant le chevet du monument, l'qutre, le bras gauche de
[Vers 1105 et 1170] de l'architecture en frange 329
positione melius representaretur consueta forma ecclesie,
dum cripta illa prima, velut caput ecclesie, occidentem ver-
sus extenditur, inde duabus aliis criptis altrinsecus consti-
tutis in modum crucis ^ ecclesia ipsa dilatatur, et reliquum
corpus ejus occidentem versus, ut et in aliis ecclesiis fîeri
solet, in longum porrigitur, . .
In 2 eodem loco solam invenimus laminam '■^ plumbeam,
quam ' ea, ut credimus, industria reliquerant ut sub ea
latere martiris corpus possent opinari, si qui forte aliquo
casu invenirent. Geterum in angulo ejusdem cripte, rétro
altare, quo nuUi accessus esset, sub pavimento non imo,
sed prope summum invenimus vas in modum utris ^ plum-
beum, alio quodam vase et ipso eque plumbeo contentum,
atque intus in vase ossa quedam adusta, panno serico
involuta...
...Erat'^ altare, ut videbatur, antiquissimum in cavea ^
beati martyris, cujus ara quia loco suo mota fuerat, totum
dirui jussimus, quatinus ibi altare amplius et aptius fieret
ac denuo consecraretur, vocatisque opcrariis mandatum
dedimus ut diligenter inquirerent si forte in altari alique
sanctorum reliquie invenirentur. Qui non solum in altari,
sed et circumjecta " sollicite omnia discerpentes, invenerunt
in angulo dextro ultra altare, in nativo saxo, cum ingenti
cautela repositam, lunulam ^ ferream, quales soient esse in
frenis equorum, et catellam ^ similiter ferream, que et ipsa
la croix. La troisième crypte ne pouvant être conservée, fut remplacée
par une construction du même genre dans le bras droit de la croix.
1. Sur le symbolisme religieux et l'orientation des églises, voy. supra,
nos observations accompagnées d'extraits de textes, p. 159, n. 3.
2. Cinquième traité, p. 77.
3. Cette lame de plomb avait dû être enfouie là pour faire croire à la
présence d'un dépôt de reliques et pour donner le change aux indiscrets
qui auraient voulu chercher le corps de saint Privât (cf. L. Delisle, ouvr.
et tom. cit., p. 59).
4. C'est-à-dire en forme d'outre.
5. Deuxième traité, p. 53-54.
6. C'était là, sans doute, observe M. Léopold Delisle, la caverne dont il
est question dans l'histoire de Grégoire de Tours (I, xxxii ; Bouquet, II,
148) : « Irruentibus autem Alamannis in Gallias, sanctus Priyalus, Gaba-
litanac urbis episcopus, in crypta Memmatensis montis, ubi jejuniis ora-
tionibusque vacabat, reperitur. »
7. Circum circa, d'après L. Delisle, ouvr. et tom. cit., p. 60, n. 4.
8. C'est-à-dire un croissant de fer.
9. Catenula d'après L. Delisle, ibid. Chaînette de fer, semblable au*
chaînettes des freins.
330 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1106]
freni esse videbatur, habentem cruciculas ' quasdam per
loca litteris insculptas, argento ipsi sculpture satis studiose
inserto, ut quasi argentée littere ille viderentur, quas qui-
dem sicut litteras esse cog-novimus, ita eas légère non
potuimus, tanta erat ipsum ferrum rubiginis edacitâte cor-
rosum. Hanc unam ibi quivimus integram colligere dictio-
nem : annis, quod ablativo casu dicitur ab eo quo[t] sunt
anni, tanquam videlicet, si vellet, nobis quidam vir tempus
aliquod designare, sicut verbi gratia dici solet : Tôt annis
post Urbem conditam vel post Domini passionem illiid vel
illud factum est ~...
CXXI
1106, 31 mars.
Accord réglant un différend entre Jarenton, abbé de Saint-
Bénigne de Dijon, et Véglise cathédrale de Besançon, au
sujet d^une chapelle à construire et d'un cimetière à faire
sur les terres dudit monastère ; fixation des dimensions à
donner à cette chapelle ainsi qu'audit cimetière.
Recueil de plusieurs pièces curieuses servant à Vhisloire de Bourgogne^
par E. Pérard (1664), p. 209.
(Cf. Migne, Pair, lat., t. CLVII, col. 526-527.)
Hugo 3, Dei gratia, Lugdunensis archiepiscopus, sanctae
apostolicae sedis legatus, omnibus fîdelibus notumesse volu-
mus quod, tempore domni Paschalis II papae et praecepto
ipsius, Bisuntinos clericos et abbatem* Divionensem Jaren-
1. Croisettes accompagnant la chaînette de fer.
2. Ce très curieux passage aurait pu être rappelé par J. Quicherat, dans
son Introduction à son Cours d'archéologie (voy. Mél. darchéol. et d'his-
toire du même, éd. R. de Lasteyric, p. 351), à propos des jugements que
des gens instruits du moyen âge. ont portés, par exception, en matière
4'antiquités, comme le (it Guibert de Nogent, lorsque, pendant la recons-
truction de son monastère, il suivit avec curiosité les travaux des fouilles.
(Voy. supra, n" CXVII, p. 318, le texte que nous publions à ce sujet.)
3. Ilugue de Boui-gogne, archevêque de Lyon (vers 1083-1106).
. i. Sur cetabbé, voy. .supra le texte de 1077-1113.
[H06-H35] DE l'architecture en frange 331
tonem, ad d[ef]imendam controversiam quae inter eos erat
de ecclesia SanctàeMariae Salinensi^, Lugdunum convenire
fecimus. Quorum actionibus et responsis auditis, visum est
nobis, et qui nobiscum erant venerabilibus episcopis, Hug-oni^
scilicet Gratianopolitano, Irmioni^ Diensi, et Roberto ^ Lin-
gonensi, ut amicabili pacto potius quam judiciali sentencia
eorum litem finiremus. Gonvenit igitur inter eos ut... cle-
rici... Divionensibus monachis concédèrent, quatinus in
terra Divionensis Ecclesiae, in aliquo convenienti loco, capel-
lam septem statu [r] arum ^ in longitudine, excepta absida'*
ad unum tantum altare compétente, et quatuor in latitu-
dine in Salinis aedifîcare liceat. Cimiterium autem ex omni
parte circa ipsam capellam septem statu[r]arum similiter, ad
sepeliendum tantum monachos, alias \ ero personas ibi non
sepeliant... Actum Lugduni publiée, anno Incarnationis
Dominicae, pridie kal. aprilis, sabbato in albis".
CXXII
1106-1135.
Travaux d architecture accomplis par les soins de Henri /*""
Beauclerc^ duc de Normandie, roi d'Angleterre, au palais
ducal de Rouen, au château de cette ville et à celui de Caen„
1. Notre-Dame de Salins (Jura).
2. Huj^ue de Ghâteauneuf, évêque de Grenoble (1080-1132).
3. Ismidon de Sassenag^e, évêque de Die (vers 1095-1115).
4. Robert, évêque de Langres (vers 1085-1110).
5. Et non slaluarum, PérardetMignc. — Sur le ternie .s<a<«ra qui montre
ainsi à l'époque romane, dans cette région de l'Est, la persistance de procédés
de mesure, dérivés de l'antiquité et s'appliquant à la construction d'édifices,
voy. supra, le texte des Coutumes de Cluny, p. 13i et p. 179, n. 3. Dans ce
dernier passage, comme dans celui qui nous occupe, il s'agit de la hauteur
du corps humain, prise de la plante des pieds au sommet de la tête, et non
dans la plus grande extension des bras et des mains levées en haut,
comme c est le cas dans Icsdites coutumes. Voy. aussi dans le Bull, monum.
de 1907, t. LXXI, notre étude sur un Formulaire du VIII" siècle .pour les
fondations d'édifices et de ponts, d'après des sources d'origine antique,
notamment, p. 23 du tir. à part, 1908 (avec additions).
6. Et non ohsidia, Migne.
7. En 1106 (v. st.), Pâques tombait le 25 mars; le dimanche In alhis
correspond à la Quasimoao, c'est-à-dire cette année- là au 1""^ avril.
332 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1106-1135]
aux châteaux-forts de la Normandie, du Vexin et du
Maine .
Chronique de Robert de Torigni, abbé du Mont-Saint-Michel, éd. L. Delisle,
1872, p. 164-165.
(Cf. éd. Howlett, 1889. p. 106 et s., dans Rerum hritann. med. aevi
scriptores, n" 82.)
Henricus rex circa turrem Rothomagi, quam aedifîcavit
primus Ricardus * dux Normannorum in palatium sibi,
murum altum etlatum cumpropugnaculisaedifîcat, et aedi-
ficia ad mansionem regiam congrua infra eundem murum
parât. Ipsi vero turri propugnacula quae deerant addit.
In qua turre fenestra est quae vocatur « Conani ^ Saltusn,
quia ex ea idem Henricus fecerat praecipitari quendam
traditorem Rothomagensis urbis praedivitem, nomine Gona-
num, qui ipsam urbem volebat tradere hominibus Wil-
lermi 3, régis Anglorum ; sed praeventus est a fîdelibus
Roberti^* ducis. . . Turrim nichilominus excelsam fecit in
castello Gadomensi et murum ipsius castelli, quem pater
suus fecerat, in altum crevit. Murum vero circa burgum,
ita ut a Willermo rege, pâtre suo, factus fuerat, intactum
reliquit. Item castellum quod vocatur Archas ^ turre et
1. Ainsi les constructions de Henri I" Beauclerc (1100-1135) continuaient
celles de Richard I", duc de Normandie (943-996). Cf. sur les fortifications
de Rouen les vers suivants de Wace ;
« La cité esteit close de mur et de fossé...
As berteiches montent et al mur quernelé... »
{Roman de Rou, 1' part., vers 4059 et s.). Cf. Viollet-le-Duc, Dict.
de Varch. fr., t. II, p. 244, v" Bretèche).
2. Sur la révolte de Conan, fils de Gilbert Pilale en 1100, voy. Orderic
Vital, Hisl. eccl., liv. VIII, 15, éd. Le Prévost, tom. III, p. 351-356, et Guil-
laume de Malmesbury, éd. Hardy, p. 618.
3. Guillaume le Rou.x (1087-1100).
4. Le duché de Normandie, dévolu à Robert Courte-Heuse, avait été
détaché du royaume anglais à partir de 1087, Guillaume de Jumiéges
parle ainsi du château de Torigni (auj. ch.-l. de c, arr. Saint-Lô, Manche) :
f Quod municipium — oppidum Torinneium, — nuncupatum.... a
praedicto régis filio Roberto... turribus excelsis et moenibus robustissimis,
nec non et fossatis praeruptiset in ipso sa.xeo monte incisis, contra omnium
inimicorum conatum munitus est, et ex magna parte aquis in piscinas
coUectis vallatum et inaccessum... » (Duchesne, Hist. Normann., 1. VIII,
c. 29, p. 306.) Sur les fossés normands, voy. ViolIet-le-Duc, Dict. de
Varch.fr., t. III, p. 77.
5. Arques, comm. du cant, d'OfTranville, arr. Dieppe (Seine-Inférieure).
1107]
DE l'architecture EN FRANCE 333
moenibus mirabiliter firmavit. Sic etiam fecit castelluni
Gisorz ^, Falesiam ^^ Arg'entomagum ■^ Oximum ^, Danfron-
tem ^, Ambreras ^ ; caslellum de Vira ^, Wavrei ^, turrem
Vernonis ^ similiter fecit. . .
GXXIII
1107, janvier.
Fondation de labbaye de Saint-Jean d'Orbestier, en Bas-
Poitou, par Guillaume, duc d'Aquitaine^ avec permission
accordée par ledit seigneur aux religieux de prendre dans
sa forêt d'Orbestier et dans ses domaines tout le bois néces-
saire aux constructions et réparations de leurs demeures
et maisons rurales.
i. Gisors. ch.-l. de c. arr. Les Andelys (Eure).
2. Falaise, ch.-l. d'arr. (Calvados).
3. Argentan, ch.-l. darr. (Orne).
4. Exmes, ch.-l. de c, an. d'Arg^entan.
5. Sur la forte position de ce château (avec donjon quadrangulaire), voy.
Caumont, Abéc, d'archéol., archit. mil., 3' éd. p. 424-425(fig.) ; cf. même
auteur, p. 426 et s. pour les donjons de la Normandie et du Maine, avec cita-
tion à l'appui (p. 427), du passage ci-dessus de Robert de Torigni. — Au-
jourd'hui Domfront, ch.-l. d'arr. (Orne).
6. Wacc, dans le Roman de Roii, parle des fortifications de Domfront et
de cellestl' Ambrières (aujourd'hui ch.-l. de c, arr. dans la Mayenne, ainsi que
des bretèches démontables et transportables d'un lieu à un autre, suivant
les besoins (voy. Viollet-le-Duc, Dtc<. de Varch. fr., t. II, v" Bretèche).
C'est ce que fit, aumillieu du xi' siècle (1053 environ), le duc Guillaume de
Normandie :
« E li dus fist son gonfanon
Porter é lever el dangon.
Les chastels a a terre mis,
Od qui il out Danfront assis;
Les bretesches en fist porter,
A Anhrieres les fist lever.
Un chastel fist iloc fermer...
Quant il out le chastel fermé... »
("Wace, op. cit., éd. Andresen, v. 4501 et s.). Cf. à propos dès fossés
normands du xi' s., v, 4323 et s.
« Aveit a cel tens un fossé
Haut é parfont é réparé ;
Sor le fossé out heriçon... »
7. Vire, ch.-l. d'arr. (Calvados).
8. Gavrai, ch.-l. de cant., arr. Goutances (Manche).
9. Vernon, ch.-l. de cant., arr. Evreux (Eure).
334 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1107-1 H 2]
Cartulaire de Vahhaye d'Orhestier [Vendée), publ. par L. de la Boutetière,
dans Archives historiques du Poitou, t. VI (1S77), n" I, p. 1 et suiv.,
(d'après des vidimus donnés le 3 sept. 1398 et le 7 mai 1431).
. . .Notum sit omnibus fidelibus tam presentibus quam futu-
ris...quod eg-o Guillelmus ^, dux A(c)quitanorum et cornes
Pictaviensium, dominusque Thalemundi, dedi et concessi
Deo et Fulcherio servo Christi, relinquenti seculum et eidem
Ghristo adhèrent! indigentlque tune cella oracionis, et suc-
cessoribus suis, locum Orbisterii^, qui desertus erat, ad edi-
licandum locum oracionis et agende penitencie et ad facien-
dam abbaciam... et omnia que dicto loco Orbisterii perti-
nent, quibuscumque et ubicumque sint in dominio meo de
Thallemundo-^.., usagium plenarium et eciam liberum per
totam forestam meam de Orbisterio, ad quo[d]cumque opus
voluei'int faciendum... ad quelibet edificia facienda, reedilî-
canda, construenda vel recuperanda, sine defensione aliqua
quam in predicto usagio ego Guillelmus predictus vel here-
des sivô successores, vel baillivi sive forestarii mei... possi-
mus imponere... Item volo et concedo quod dicti meditarii,
si aliqui sint, habeant usagium per totam forestam predic-
tam de Orbisterio ad sua edificia facienda... Datum et
actum publiée, anno ab Incarnacione Domini millesimo [G*']
VIP, mense julii.
GXXIV
1107-1112.
Description des châteaux de Gournay-sur-Marne, de La
Roclie-Guyon et du Puiset, dans V Ile-de-France.
1. Guillaume le Jeune, XII" comte de Poitou, IX* duc d'Aquitaine (10S6-
1126). L'acte de la fondation par lui faite à Orbestier fut confirmé plus
tard, en 1182, par Richard Cœur-dc-Lion, comte de Poitou. (Cartul. cit.,
n" '..)
2. Orbestier est aujourd'hui sittié dans le cant. et arr. des Sables-
d'Olonne (Vendée).
3. Il en est de même de Talmont
[1107-1112] DE l'aRCHITECTUKE en FRANCE 335
Vita, 1 Ludovici Grossi régis, publ. par A. Molinicr (1887), § x, p. 31-35;
§ XVI, p. 52-53; § xx, p. 71-77.
X. [1107.] — ... Castrum^ munitissimuni vallo arto et
rigido supierius glande, inferius torrentis profunditate pêne
inexpugnabili, [dominas Ludovicus] ^ aggreditur, per ^ tor-
rentem usque ad balteum^ fossatum conscendens, ad glan-
dem contendit, pugnare pugnando imperat, gravissime sed
amarissime cum hoste decertat... Parantur deinceps castri
eversioni bellica instrumenta, erigitur tristegas très pugnan-
tibus porrigens supereminens machina, que Castro superla-
tiva propugnatorii primi sagittariis et balistariis ire aut per
castellum apparere prohiberet. Unde, quia incessanter die
ac nocte his coartati defensionibus suis assistere non vale-
bant, terratis caveis defendentes seipsos provide defensa-
bant, suorumque ictibus sagittariorum insidiantes, primi
propugnaculi superiores mortis periculo anticipabant.
Herebat machine eminenti pons ligneus qui se excelsius
porrigens, cum paulisper demitteretur super glandem, faci-
lem descendentibus pararet iixgressum . Quod contra viri
super his callentes lignea podia ex opposito separatim pre-
1. Cette Vie a été écrite après 1138 et avant 1144.
2. Il s'agit du château de Gournay-sur-Marne ; aujourd'hui, dans le cant.
de Gonesse, arr. Pontoise ^Seine-et-Oise).
3. Le prince Louis, plus tard Louis VI le Gros.
4. « Passage obscur, remarque A. Molinier. Le mot glandis est, croyons-
nous, assez rare dans le sens queSuger lui donne ici. Voici comment nous
comprenons : le château avait pour défense un retranchement ou palissade
{vallum ar[c]tum); au-dessus s'élevait le mur lui-même, et le tout était
entoui'é d'un ruisseau profond et rapide. » Dans le récit du siège du Puiset
(XVIIl, p. 60 et s.), Suger emploie de nouveau le terme glans. « Ab intus
super nostros de propugnaculis et glande... Milites velocissimis equis
castri defensionem circuibant manualiter glandi innitentes cedebant,
detruncabant et ab alto fossati imo graviter deiciebant. » (p. 64.) D'après
Molinier, « par glans, Suger entend ici, la suite le prouve, une simple
palissade ; à l'intérieur circulaient les cavaliers ennemis, qui, se penchant
par dessus les soldats de Thibaud, à peine arrivés au haut du fossé, les
frappaient à l'improviste. »
5. « Jusques au hraier, disent les Chroniques de Saint-Denis, III, 244 •>
(Note de Molinier). Voy. VioUet-le-Duc, Dict. de iarch. fr., t. II, p. 244,
art. Braie. Il s'agit d'un ouvrage de défense élevé en avant d'un front de
fortification et laissant entre le pied des murailles et le fossé une circula-
tion plus ou moins large.
336 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1107-H12]
ferebant, ut et pons et quiper pontem ingrederentur utrique
corruentes in subterraneas foveas acutis sudibus armatas,
ne animadverterentur fîcte paleis opertas, vite periculum et
mortis multam sustinerent ^
XVI [1110 ou 1111 .] — Supersistitur promuntorio ardui
littoris magni fluminis Sequane horridum et innobile cas-
trum, quoddicitur Rupes Guidonis^, in superfî[cjie sui invi-
sibile, rupe sublimi incaveatum, cui manus émula artifîcis
in devexo montis raro et miseroostio maxime domus ampli-
tudinem rupe cesaextendit, antrum, ut putatur, fatidicum,
in quo ApoUinis oracula sumantur, aut de quo dicit
Lucanus^ :
Nam, quamvis Thessala vates
Vim facial fatis, dubium est, quod traxerit illuc,
Aspiciat Stigias an quod descendent ambras.
Hinc forsitan itur ad mânes . . .
XX [1112.] — Gonfederatus reg-ni defederatis, videlicet
palatino comiti Theobaldo ^ et egregio régi Anglorum Hen-
rico^.... [Hugo]^ Puteolumcastrumrestituere délibérât, adja-
1. « C'est-à-dire que les défenseurs du château placent, au point où doit
venir s'appuyer le pont de l'ennemi, des bois fragiles qui, se rompant sous
le poids, entraîneront la chute et du pont et de ceux qu'il portera. » (Moli-
nier, éd. cit.)
2. L'ancien château de La Roche-Guyon (cant. de Magny, Seine-et-Oise),
situé aux confins des domaines respectifs des rois de France et d'Angle-
terre, subsiste en partie aujourd'hui. « Les souterrains taillés dans le roc,
dit Viollet-le-Duc, existent encore ; ils datent d'une époque assez éloignée.
Les logements n'étaient cependant pas creusés dans la falaise, ainsi que le
prétend Suger, mais adossés à un escarpement de craie taillé à main
(l'homme » (voy. art. Château, fig. 8 et 9). Le château de La Hoche-Guyon
est de nos jours à peu près méconnaissable par suite des changements qu'il
a subis; on y retrouve quelques traces des bâtisses du xii' siècle ; quant au
donjon, il est entièrement conserve, sauf ses couronnements, et sa constru-
ction paraît appartenir au milieu de ce siècle. [Dict. de V&rch. fr., t. V,
p. 59, art Donjon, fig. 21, 22, 23 et24.)
3. Lucain, Phars.,\. vi, vers 651-653, éd. Teubner, de G. HosiTis,1905.
4. Thibaut IV, comte deBlois, de Chartres et de Brie.
5. Henri I, roi d'Angleterre, fils de Guillaume le Conquérant.
6. Hugue H, seigneur du Puiset. — Le Puiset est dans le cant. de Jan-
ville, à onze lieues de Chartres (Eure-et-Loir.) Voy. Ch. Cuissard, Les
Seigneurs du Puiset, dans Bull. Soc. Dunoise (1875-80), t. IILp. 319-98, et
A. de Dion, />e Puiset au XI' et au XII' s., châtellenie et prieuré, dans le
Ihill. Soc. arch., Eure-et-Loir (1883-85), t. VIII, p. 1-34 et 71-85.
[1 107-1 H 2] DE l'architecture en FRANCE 337
centem pagum aut eversum iri aut sibi subicere maturat. . .
Et dum ipse Stampensi via exercitum colligens, nos rec-
tiori et breviori Tauriacum ^ dirig-imur, hoc unum multo
et fréquent! intuitu a longe assumentes argumentum, quod
tristega turris in eadem munitione longa planitie superemi-
nens apparebat, que capta munitione illico igné hoste solve-
retur. . . nos... non sine magno periculo per médium ville
irruentes, quia quibus innueramus inpropugnaculis nostrates
portam paraverunt, citissime, Deo annuente, intravimus...
Restituto Castro continua septimana. . . rex bellicum
movetapparatum.., antiquam antecessorum suorum desti-
tutam motam -, Castro jactu lapidis propinquam, occupât,
castrum supererigit miro labore, mira anxietate si trabes
junct[e] clausuris non erigerentur contra, fundibulariorum,
balistariorum, sagittariorum emissa pericula sustinentes,
gravissime quidem, cum qui eos angebant infra septa castri
securi, extra jaculantes nuUam meriti mali hostium horre-
rent vicissitudinem. Flagrat émula victorie interiorum et
exteriorum periculosa concertacio, et qui lesi fuerant regii
quirites, acerrime ledere injuriarum memores contendunt,
nec ab incepto desistunt, donec subitam ac si fatatam -^
munitionem multo milite, multa armatura munierunt.
GXXV
1107-1139.
Construction de la cathédrale de Salisbury par les soins de
Vévéque Roger ^ Normand d' origine ; beauté de V appareil
1. Toury, cant. de Jauville, arr. Chartres (Eure-et-Loir).
2. Il est déjà question de la motte de ce château ('§ xviii), lors du sièf;e
du Puiset en 1111 (éd. cit., p. 63). .( Ipse Ruf^o, cum intus castellum niuro
cinctum tuto non sufficeret presidio, in mota, scilicet turre lijinca supc-
riori, se recipit » ; ce qui prouve, dit A. Molinier, que le château du Puiset
se composait d'une double enceinte et d'un réduit : 1" une simple palis-
sade : 2° un mur probablement en pierre ; 3 " un donjon en bois. .. Nous
ne sommes pas convaincus de l'exactitude de ces déductions. M. Enlart
{Man. d'archéol. fr., t. II, p. 300) ne voit 1<\ au'un « donjon de bois élevé
sur une motte, et une chemise éfralement de nois, percée d'archères ».
3. « Tous les mss. donnent cette leçon; on peut traduire enchantée, éle-
vée par les fées ; M. Huguenin propose ac si satam, correction injjénicusc,
mais parfaitement inutile. <> (Note d'A. Molinier.)
338 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [H 07-1 139]
de cet édifice. — Autres constructions entreprises par lui
à Malmesbury ; éloge des châteaux-forts de Devizes et
Sherborne appartenant audit évêque.
Willelmi Malmesberiensis, De geslis regiim Anglorum, 1. V, § 408, éd.
W. SLubbs, vol. II (1889;, p. 484, dans la coll. Reriim Britannic. medii
iievi scriptores, n° 52.
(Cf. Migne, Pair, lat., t. CLXXIX, col. 1364.)
Pontifex ^ mag-nanimus, et nullis unquam parcens sump-
tibus, dum quae facienda proponeret, aediticia praesertim
consummaret : quod cum alias, tum maxime in Salesberia -
et Malmesberia -^est videre^. Fecit enim ibi aedificia spatio
diffusa, numéro pecuniarum sumptuosa, specie formosissima,
ita juste composite ordine lapidum ut junctura perstringat
intuitum, et totam maceriam unum mentiatur esse saxum^.
Ecclesiam Salesberiensem et novam fecit et ornamentis
1. C'est des environs de Cacn que Roger vint en Angleterre. Pour les
dates extrêmes de sou épiscopat, voy. Stubbs, lîeyislram sacrum angli-
canuin. Freeman (T lie Norman conquest, t. IV, p. 217 et 287) le considère
comme le plus grand bâtisseur de son temps en Angleterre, en fait
de constructions ecclésiastiques ou bien militaires. Voy. aussi Gough,
dans ÏArchaeoloyia. II, 1773, n. éd. 1809, p. 188-193, et Leslie Stephen, Dicl.
of national bioyruphy, t. XLIX, p. 103-106.
2. Salisbury, ch.-l. du comté de Wilts, sur l'Avon, à 140 kil. S.-O. de
Londres.
3. Malmesbury ou Malmsbury, même comté, à 40 kil. N.-E. de Bath. —
«Les mots et Malmesberia dans le passage cité ci-dessus sont omis dans
1)lusieurs des mss., et s'ils sont une leçon authentique, ils se réfèrent proba-
)lenient au château que l'évéque Roger avait bâti à Malmesbury, plutôt
qu'à l'église [abbatiale] de ce lieu » (J. Bilson, Les origines de l'arcliilecture
gothique, les premières croisées d'ogives en Angleterre, extr. de laRev.
de l'art chrétien, 1901-02, p. 30, n. 2.) William de Malmesbury, dans son
Ilistoria novella (qui se termine en 1142), ne fait mention d'aucune cons-
truction dans l'église (ibid.).
4. Rappelons ici que Gondulphe, après avoir fait bâtir l'église du Bec et
de Saint-Etienne de Caen, devint évêque de Rochester, s'y fit construire un
admirable donjon et mourut en 1106 (voy. Enlart, Man. d'archéol. fr., t. I,
p. 62, n. 1).
3. Voy.au sujet de ce texte (S 408 et non 409, éd. cit.), les judicieuses
observations de J. Quicherat, Mél. d'archéol.,p. 445-446. Il s'agit du moyen
appareil à pierres soigneusement layéos sur les faces, assemblées à joints
lins. « Cet appareil, continue cet auteur, ne fut connu en Angleterre que
depuis les premières années du xii" siècle; en France, il remontait à
l'époque barbare; il y en a des exeniiilcs du commencement du xi" siècle
en Provence et en Poitou. » Voy. ibid., p. 445, n. 5, par M. R. de Las-
leyrie.
[1107-1139] DE l'aRCHITECTLRE en FRANCE 339
excoluit, ut nulli in Anglia cedat, sed niultas prdecedat
ipseque non falso possit dicere Deo : « Domine, dilexi deco-
rem domus tuae. »
Uenrici Ilunlendiinensis hisloria Anglorum, éd. ïli. Arnold (1879) ,p.
265.
(Cf. Migne, Pair. Ut., t. CXCV, col. 961.)
Rex [Stephanusj ^ namque Rogerum, episcopum Saresbi-
riensem, et x\lexandrum, Lincolniensem, ipsiu.s nepoteni,
cum pacifiée suscepisset, violenter in curia cepit... secuni
duxit ad castellum eju.sdeni quod vocatur Divise '', quo
non erataliud splendidius intra fines Europae... Tali modo
castellum sibi extorsit, maie recordans bonorum quae in
introitu reg'ni sui prae omnibus aliis ei cong-esserat... Simi-
liter cepit Sireburnani •', quod parum Divisis décore cede-
bat.
CXXVI
1109.
Permission accordée à l'abbé de Saint-Bcrtin par Manasscs,
comte de Giiines, en vertu de laquelle les religieux de
ladite abbaye peuvent prendre dans les forets de Guines
et cFEscalles, en Calaisis, tout le bois nécessaire à la
construction ou à la réfection de leurs maisons et de leurs
greniers à céréales, ainsi qu'à la clôture fortifiée de la
ferme abbatiale sise auxdils lieux.
1. Elieiine de Blois, loi d'Angleterre, mort en 115». Cet événement se
réfère à l'année 1139.
2. Devizes, aujourd'hui petite ville du comté de Wilts, au S. du Kenret-
Avoncanal.
.'5. Sherhorne, autre petite ville, située dans le comté dcDcrset, au N. de
Dorchester.
340 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [4109]
Cartnlaire de Vabbaye de Saint-Berlin, àanslerec. des Cartulaires de France,
t. III, éd. Guérard, 1840, n° XXIII, p. 234-235 * . (coll. des Doc. inéd.).
Ego Johannes^, Dei gratia,Morinorumepiscopus, notum
volo fieri quandam silvam apud Gisnes-^ proprii esse juris
Sancti Bertini... Hoc insuper sciendum quod ad curtem
abbatis apud Scales ^ et apud Gisnes muniendam^, quo-
tiens necesse fuerit, et ad domos et horrea edifîeanda et
reslauranda.. . ex eadem silva ligna sufficienter abbas acci-
piet... Anno dominice Incarnationis millesimo centesimo
nono... facta estcarta atque corroborata Taruenne.
GXXVII
Vers 1109-1112 environ.
Travaux de reconstruction et de décoration accomplis à
l'église abbatiale de Morigni (.^), à l'aide de ressources
recueillies par une confrérie religieuse.
Chronicon Mauriniacense ^, I. II, dans Duchesne,//js<. Franc, script., t. IV
(1641), p. 362-363.
(Cf. éd. Mirot, p. 13, dans la Coll. de textes pour servir à l'étude... de
l'histoire. — Migne, Pair, lat., t. CLXXX, col. 136 et s.)
Ea tempestate, nimietate famis ^ tota Gallia laborabat,
1. Voy. aussi Régesles des évêques de Thérouanne, par labbé 0. Bled,
t. I. 1 (1902-, n" 408, p. 106; cf. Gall. christ., t. X, 1544; Haigncré, Chron.
de Saint-Berlin, n" 112.
2. Jean I»' de Comines, évêque de Thérouanne de 1099 à 1130.
3. Guines, ch.-l. de c, arr. Boulof,me-sur-Mer (Pas-de-Calais).
4. Escalles, conini. du cant. de Calais, arr. Boulogne-sur-Mer.
5. Voy. supra un texte de 1080-1081 environ, relatif à une ferme fortifiée.
Cf. ViolIet-le-Duc, Dicl. de larch. fr., t. V, p. 420, v° ^'erme.
6. L'abbaye de Morigni était située au diocèse de Sens, près d'Étanipes.
— D'après M. Mirot (voy. Introd. à son édition de la Chronique de Mori-
}?ni), l'abbé Thomas ne peut être considéré comme l'auteur du livre II de cet
ouvra(;e. Sur celte Chronique, voy. aussi Molinier, Sources de ihist. de Fr.,
t. Il, p. 187, et Luchaire, Etudes sur quelques mss. de Borne et de Paris,
dans In liihl. de la Fac. des lettres de Paris, t. VIII (1899), p. 6. L'édition
de M. Mirot est faite d'après le nis. Vat. fonds de la Heine 622.
7. Suivant Clarius de Sens {Chronique de Saint-Pierre-le-Vif, dans le
Bec. des Ilist. de Fr., t. XII, p. 282),ccl|]e famine aurait commencé en mai
[1109-1112] DE l'architecture en FRANCE 341
sicque per septem continuos annos... ut multos enecaret,
innumerabiles etiam locupletes deduceret ad pauperiem.
Qua de causa omnibus propriis necessitatibus intentis, béné-
ficia Stampensium, quibus ecclesia i haec a fundamento
sustenta ta est, penitus defecerunt.
....Mirare^ qui legis haec, et antiquorum nostrorum
lauda constantiam, qui per tôt penurias, per tôt tribulatio-
nes hoc in loco perse veraverunt, et aedifîcia omnia haec
quae cernis ex pauperum eleemosinis construxerunt. Non
rex, non comes, non aliquis maf^natum horum aliquid insti-
tuit. Thomas autem, intolerabili paupertate comperta... se
loci hujus monachum recognoscens... primo consecrationis
suae anno, in ecclesia Beatae Mariae Stampensis divinum
sermonem, cujus rei maximam gratiam habebat, fecit ad
populum... Divina praedicatione populo sibiconsiliato, con-
fraternitatem '^ instituit, per quam et pars ecclesiae^ coo-
perta, et vitrea illa magna, quae in fronte navis ecclesiae
habetur, inter cetera facta fuit.
1109. Il faut remarquer que ce récit est placé entre la mort de l'abbé
Renaud, postérieure au 3 août 1109 et l'élection de Thomas qui eut lieu
entre le 11 novembre 1110 et les premiers mois de 1111 ; d'après la forme
du récit, il semble que les effets de cette famine s'étaient déjà fait sentir
avant l'élection de Thomas.
1. Suivant notre confrère M. L. Mirot, qui a eu l'obligeance de nous en
informer, ce membre de phrase se rapporterait bien plutôt à l'église abba-
tiale de Morigni qu'à l'église Notre-Dame d'Etampes.
2. Ce passage peut se référer à des événements qui eurent lieu en 1111-
1112. Le sermon aurait été prononcé à Notre-Dame d'Etampes à la date du
11 novembre "1111.
3. Cette confrérie aurait été créée en 1112 probablement. Pour les con-
fréries de ce genre, au xi» siècle, voy. supra la note jointe au texte (vers
1068 ou 1070) qui est relatif àSaint-Hilaire-sur-l'Autise, enBas-Poitou. Pour
une confrérie relative à l'église de Tarragone (1127) et instituée dans un
synode Narbonnais, voy. Rec. des Hist. de France, t. XIV, p. 230. On
constate des confréries à Saint-Denis entre 1130 et 1140, à Chartres, en 1145
(cf. .\. Luchaire, Manuel des inslit. fr., p. 3C9).
4. Suivant M. L. Mirot, ce passage se rapporterait moins à Notre-Dame
d'Etampes qu'à l'église abbatiale de Morigni, d(jnt la dédicace eut lieu en
1120 : « Anno igitur Inrcarnati Verbi MGXX, dedicata est ecclesia Mauri-
niacensis coenobii a domino papa Calixto secundo, V non. octobris, cum
maximo honore et reverentia » [Mon. Gerin. hist., t. XXVI, p. 39, ex
Hist. Maurin. monasterii), éd. Mirot, p. 32. — Voy. L. E. Lefèvre,
Etampes et ses monuments aux XI' et XII' siècles (1907), ch. v, p. 117 et s.
Cf. ihid. les sources et ouvrages cités.
342 TEXTES RFXATIFS A l'hISTOIRE [IHO]
CXXVIII
Vers 1110.
Construction en pierre par les soins de Hugiie (rAmhoise,
des châteaux-forts de Chaumont-sur-Loire et de Montri-
chard. — Fondation par ledit seigneur du prieuré de Saint-
Thomas d'Aniboise, à Vaide des offrandes des fidèles.
Gesia Am baziensivm dominorum, dans les Chroniques d'Anjou, publ.
par P. Marchcgay et A. Salmon (Soc. hist. de France), t. I (1856),
p. 203.
(Cf. d'Achery, Spiciley., t. III, 172.3, p. 281, éd. in-fol. — 7?ec. des Hist.
de Fr., L. XII, 1781, p. 510.)
Pêne transieram quod praeterlri non oportuerat, qualis
forma lapidea turrium consurgerét, quarum unam Hugo ^
Calvimonti^, alteram Montricardo ^ cum aula lapidea con-
struxit. In diebus illis Ambaziaco ecclesiam^in honore Dei
et sancti Thomae aedificavit, solidasque vires populi in
opère illo concussit, monachisque ibi degentibus proprium
molinum, pratum aliaque larga dona complura prae-
dictis addidit, multosque suorum ad benefaciendum eccle-
siae huic monendo coegit.
CXXIX
Vers 1110.
Construction d'une maison de pierre dans le cimetière de
V église paroissiale de Saint-André de Grenoble, par les soins
1. Ilugue I", seigneur d'Amboise.
2. Chaumont-sur-Loire, comm. du cant. de Montrichard, arr . Blois (Loir-
et-Cher).
3. Montrichard, sur le Cher. Déjà, vers 1005, Fou*lque Nerra avait for-
tifié cet endroit en face de la forteresse que Geudouin de Saumur venait
de bâtir à Pontlevoy. Voy. L. Halphen, Le comté d'Anjou au XI' siècle,
p. 31, n. 3 (d'aj)rès Gest. consul. Andegav.).
4. Pour ce prieuré, situé sUr les bords de l'Amasse, dont le seigneur
d'Amboise fit don aux bénédictins de Pontlevoy, voy. la publication
suivante: Amhoise, le château, la ville et le canton (Soc. d'archéol. de
Touraine), 1897, p. 115.
[IHO] DE l'architecture en FRAiNCE 343
de Pierre de Saint-André, ladite maison ayant été donnée
par lui à cette église ; conditions d'entretien du maître
constructeur pendant ladite construction.
Chartularium sancti Hngonis ', dans les Cartnlaires de léqlise cathédrale
de Grenoble, publ. par J. Marion, 1869, p. 217, n" XLIV (coll. des Doc.
inéd.).
Sciendum est quod Petrus de Sancto Andréa dédit eccle-
siae Sancti Andreae et Hugoni, Gratianopolitano episcopo, et
successoribus ejus, domum illam quani in cvmiterio - ejus-
dem ecclesiae edificavit ; et, pro hac convenientia et dona-
tione, dédit ipsi Petro Airaldus decanus in adjutorium
omnem calcem quae in ipsa domo posita fuit ; et episcopus
quinque sextarios frumenti et très avenae eodem pacto in
adjutorium prefatae domus dédit. Et ipsa domus dum edifi-
caretur, predictus Petrus habuit cotidianum victum in domo
canonicorum...
cxxx
1110 ou 1112 environ.
Description de Fécamp par Baudri, archevêque de Dol ; le
château seigneurial ; V abbaye des bénédictins ' éloge de
Vég'lise de la Trinité, sa couverture de plomb et ses or-
gues; symbolisme architectural de la Jérusalem céleste.
Epislola Baldrici ^ ad Fiscannenses * monachos [Baldrici ilinerarium)
dans Rec. desIHsl. de Fr.. t. XIV, n. éd. (1877), p. 226 et suiv.
1. Les dates extrêmes de l'épiscopat de Hugiie I" de Cliâteauneuf,
auquel cet acte se rapporte, sont les années 1080 et 1132.
2. Nous avons vu précédemment divers textes concernant des cons-
tructions privées dans les cimetières, pour la région du Nord-Ouest,
notamment pour la Normandie et le Maine. Sur les habitations de ce
genre, voy. Viollet-le-Duc. Dict. de Varch. fr.,l. III, p. 247 et s.
3. Baudri, ancien abbé de Hourgucil, occupa le siège de Dol depuis
l'année 1107 jusqu'à 1130. Cette sorte d'autobiographie, où l'auteur raconte
ses voyages en Armorique et en Normandie, n'est pas antérieure à l'an
1110 ou 1112.
i. Sur la série des abbés de Fécamp, voy. notamment H. Gourdon de
Genouillac, Hist. de l'abbaye de Fécamp et de ses abbés, n. éd. 1875, p. 208
et s. (pi.) Cf. Leroux de Lincy, Essai sur V abbaye de Fécamp, 1840, p. 18
et s., et p. 284 et».
344 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [H 10-1 11 2]
(Cf. Neustria pia, auct. A. du Monstier, 1663, p. 232. — Migne, Pair,
lai, t. CLXVI, col. 1175 et s.)
Demum tandem avulsus, a longe velut orlum surgentis
aurorae Fiscannum, de quo multa per peregrinos audieram,
vidi, et ipso limpidissimi domicilii vestibulo, fateor, obstu-
pui. Praeter enim aedificiorum venustatorum compositu-
ram decentissimam, inter parietum lapides pompis rega-
libus condig-nos, in occursum nostrum fratres... prodie-
runt... Susceptus sum in claustrum... Inspiciebam templi^
porrecturam, decoram domus Dei capacitatem, copiosam
ornamentorum speciositatem... lUa in ecclesia unum quid
erat, quod mihinon mediocriter complacuit, quod ad Deum
laudandum et excitandum David canticis suis inseruit : Lau-
date, inquit, Dorninum in chordis et organo ~. Ibi siquidem
instrumentum vidi musicum, fîstulis [aerjeis^ compactum,
quod follibus excitum fabrilibus suavem reddebat melo-
diam et, percontinuam diapason^ et per symphoniae sono-
ritatem, graves et médias et acutas voces uniebat, ut qui-
dam concinnentium chorus putaretur clericorum, in quo
pueri, senes, juvenes jubilantes convenirent et contineren-
tur. Organa^ illud vocabant certisque temporibus excita-
bant . . .
1. La grande église abbatiale de Fécamp avait été reconstruite vers la
fin du x" siècle, aux frais de Richard I", duc de Normandie, d'après le
témoignage de Dudon de Saint-Quentin : « Mirabiliter miri sccmatis formae
construxit in honore Sanctae Trinitatis delubrum, turribus hinc inde et
altrinsecus praobalteatum, dupliciterque arcuatum mirabiliter et de
concatenatis artificiose lateribus coopertum » (éd. Lair, 1. III, p. 291,
cit. par M. R. de Lasteyrie, dans ses additions à J. Quicherat, Mèl.
d'archéoL, p. 430, n. 1). Voy. Du Monstier, op. cit. (De renovatione ecclesiae
Fiscannensis .su/j diice Giiillelmo). L'église fut agrandie par les soins de
Guillaume de Ros, qui fut promu à l'abbatiat en 1080 et mourut le 26 mars
1107-08 : « domum istam. . . parietibus dilatavit. » La lettre de Baudri est
un peu postérieure à la date de 1108, comme l'indiquent les mots nuper
decessit.
2. Cette citation est tirée des Psaumes de David, CL, 4.
3. « Ex eis, sic editi. Legendum forte ex aère » (Note du Rec. des His-
lor.de Fr.). On peut proposer une lecture préférable, celle d'aerets.
4. Ce terme de musique (indécl.) est le nom de l'octave chez les Grecs et
les Romains. 11 désigne l'étendue des notes d'un instrument (ou d'une
voix), du son le plus grave au son le plus aigu.
5. Viollet-le-Duc qui, dans son Dict. du mob. fr., i. II, p. 297 et s.
(v» Orgue), fait l'historique de cet instrument de musique depuis le haut
moyen âge, omet de parler du xii' siècle et ne mentionne pas ce texte.
[1110-1112] DE l'architecture en FRANCE 345
Exoraverunt,.. [Fiscannenses] quatinus ad dedicationem
ecclesiae, quam annuam et festivam agere habebant, recur-
rer[e]m, quae et proxima erat...
Ut autem Fiscanni situs^ non praetermittam, de loco
Fiscannensi paucis absolvam. Locus ille, velut quidam
paradisi hortus, in formosa convalle sistitur, inter duas
colles ab hinc agricultura, ab hinc silvula gratissima cir-
cumseptus.Quae tantae aequalitatis esse videtur, ut vel in
eadem die orta putetur, vel a proceritate sua ad aequali-
tatem recisa intelligatur ; brachiorum et frondium et ramus-
culorum cacumina tantae sunt densitatis, ut ex obumbra-
tione et virore suo terram et visum gratifîcent, solis ardores
repellant, pluviarum ingruentiani sustineant. Arbores a
caudicibus-aliquantulum eriguntur, non tamen multae pro-
ceritatis, sed amoenae deambulationis. Mare OceanumFis-
canno proximum est, non enim distat a loco saltem millia-
rio, piscibus abundat, recessus et accessus quotidianos
générât, portum habet tranquillum, vallum aqua dulcis
alluit et limpida ; fontes habet et hortis habilis est,
nutritque pomiferas arbores. Ri vus qui castellum praeter-
fluit gratiosos et utiles habet excursus. Gastrum nobilissi-
mum munitissimis ambitum est moenibus. A Fiscanno
Sequana fluvius naturalis distat quasi quindecim milliariis :
piscatura redundat, et Fiscannum praeda illa sustentât.
Monasterium altis et decentissimis in altum parietibus,
et magna ex parte plumbo coopertum est : porta c[a]eli et
palatium ipsius Dei aula illa dicitur * et c[a]elesti Hierusalem -^
assimilatur: auro et argento refulget, sericis honestatur
pluvialibus ^, sanctorum reliquiis, praecipue invocatione
1. Sur les curieuses descriptions de ce genre oùlélogede la nature pitto-
resque s'unit à celui des monuments, voy. supra, p. 98 et 166 ; vo}'. aussi
la description de la ville d'Angers (11 '»9) dans VHisloria comitum Andega-
vensium [Chroniques dWnjou, éd. Marchegay ; cf. la Narralio de commen-
datione Turonicae provinciae (vers 1210), p. 336, dans Salmon, Recueil de
chroniques de Touraine, p. 293 et s.
2. Caudex a le sens de souche d'arbre.
3. Sur la Jérusalem céleste, voy. Annales archéologiques de Didron,
t. I, p. 31 ; t. r, p. 24 ; t. VI, p. 339 ; t. XV, p. 307, grav. ; t. XVII, p. 30,
34 ; t. XIX, p. 23, et 111 ; t. XX, p. 289, grav. ; t. XXVI, p. 295.
4. Pluviale, manteau pluvial, chape de soie.
346 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [HlO-1112]
Sanctae Trinitatis... gloriatur: sole[n]niter etcatervatim ad
ipsam confluunt peregrini...
CXXXI
Paris, 1112 (avant le 3 août) et 1127 (avant le 3 août).
Révocation faite par Louis VI de la défense qail avait
signifiée au Chapitre de la cathédrale de Sainte-Croix
d'Orléans, de construire dans le cloître des maisons
appuyées sur le mur d'enceinte de la ville, et permission
de faire des constructions en bois ou en pierre dans le
cloître, à la condition de Jie percer dans le mur d'enceinte
aucune porte ou poterne.
Confirmation par le même de la concession faite audit
Chapitre par Jean, évêque d'Orléans, d'une place dite
« Tanuz », et de V autorisation qu il avait donnée de percer
une poterne dans le mur de la ville et d^appuyer contre
ledit mur tous les travaux de construction nécessaires.
Orig. Archives du Loiret, sér. G 268. — Gop. BibL Nat., coll. Baluze, 78
p. 5i, et Moreau, i6, L39. — Publ. par Doinel, dans le Musée des Arch.
déparl. (1878), p. 63, n" 31, d'après l'original; par MM. Joseph Thillier
et Eugène Jarry dans le Carlulaire de Sainte-Croix d'Orléans^ p. 90,
n° XLIV {Mém. Soc. arch. et hist. de l'Orléanais, t. XXX).
(Cf. A. Luchaire, Louis VI le Gros, annales de sa vie et de son règne
1S09 p. 72, n» 137.)
[1112J — . . . Universis in regno nostro successoribus et
heredibus nostris notum fieri volumus ac certum haberi quia
domorum edifîcationem, quam super muros civitatis ' nostrae
Aurelianensis absque assensu nostro fieri calumpniabamur,
dicentes non licere, interventu et oratione quorumdam fide-
1. On peut rapprocher de ce texte l'acte de Louis VII (11 il- 42), relatif
aux constructions privées établies dans les remparts de ChAteauncuf de
Tours, et celui de Philippe Auguste (1181-82), concernant les garanties A
prendre au sujet des constructions privées élevées sur ou contre le mur
d'enceinte de la ville de Bourges.
fil 12-1127] DE l'architecture en fkance 347
lium nostrorum, immo canonicorum peticione, in iiniver-
sis domibus infra claustrum Sanctae Crucis compositis atque
in posterum componendis, tam laicis quam clericis, et
iigno et lapide deinceps edifîcare, pro[utJ unicuique placue-
rit, prêter posternam et (h)ostium, modis omnibus concedi-
mus. . . — Actum Aurelianis publiée, anno Incarnati Verl)i
M C XIP, anno vero consecracionis nostrae IIII<*
Orig. Archives du Loiret, sér. G. — Cop. lîibl. Xat., Baluze, 7S, p. 52. —
Publ. parThillier et .Tarry, dans \eCarlnlaire de Sainte-Croix d'Orléans,
p. 88, n" XLII [Mém.Soc. arch. et hist. de l'Orléanais, l. XXX).
(Cf. Luchaire, op. cit., p. 183, n° 392.)
[1 1 27] . — Notum fîeri volumus cunctis fidelibus tam futuris
quam et instantibus quod canonici Sanctae Crucis Aurelia-
nensis in curia episcopali quandam habentes aream, cum
domibus orientali muro civitatis adherentibus et ad jus eorum-
<iem canonicorum communiterpertinentibus, in loco qui vulgo
-dicitur Tanuz, adierunt praesentiam fidelis nostri Johannis',
Aurelianensis episcopi, humiliter deprecantes ut quandam
particulam curiae suae ad episcopatum pertinentem, quae
sita est inter supradictas domos et septentrionem, juxta
murum civitatis, in angulo, habens in longitudine pedes
manuales ~ lx^^ et xv^''" et in latitudine totidem, in per-
petuum eis concederet. Et cum ipsae domus praedictae
per eamdem curiam episcopalem consuetudinarium introi-
tum vel exitum habeant, deprecati sunt etiam eumdem
«piscopum ut licentiam faciendi in muro posterulam du-
«entem ad orientem, ad egrediendum vel ing-rediendum,
€t insuper de ipso muro, sive in fîgendis trabibus, sive in
1. Jean II fut évêque d'Orléans de 1096 à 1133 environ.
2. Cette expression était déjà usitée dans le haut moyen âge. « Tantum
praecellit, dit Isidore de Séville,pes manualis pedem naturalem quantum
pollex in longiludinem protendi potest » [Melrolog. script, reliquiae, éd.
Hultsch, t. II, p. 138). Nous lisons dans une lettre d'Eginhard relative à la
confection de briques : « lateres quadratos habentes in omnem partem duos
/)ec?e5 manuaies et quatuor digitos in crassitudinem » (Einhardi epistolae,
XXXVIII, dans le «ec. des Hist. de Fr., t. VI, p. 379).
348 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [11 12-1 11 6]
superaedifîcandis parietibus, sive in aliis hujusmodi quae-
cumque ad aedifîcationem ipsarum domorum necessaria
essent, quantum ad episcopatum pertinebat, eis concederet :
quod ita fecit. Nos autem suprascriptam praedicti fîdelis
nostri Aurelianensis episcopi concessionem et volumus et
approbamus. . , Actum Parisius publiée, anno Incarnati
Verbi MGXXVII, regni nostri XVIII.
GXXXII
1112-1116, et 25 janv. — 1^' mars 1124, Paris.
Emplacement de Vancienne église de Saint-Etienne^ de
Véglise « Neuve » de Notre-Dame, cathédrale de Paris,
du palais épiscopal et du cloître, d'après un acte de
Louis VI portant règlement delà voirie de Vévêque.
Autorisation donnée par Louis VI au Chapitre de Notre-
Dame, de prélever annuellement une somme de dix livres
sur les revenus de Vévêché pour subvenir aux frais de la
couverture de Véglise cathédrale.
R. de Lasteyrie, Cartul. yen. de Paris. . ., t. I (1887), p. 178 (coll. de VHlsi.
gén. de Paris), d'après l'oriji^. scellé du sceau plaqué, Arch. nat., K 21
n" 7" ; cop. contemporaine Arch. nat., K 21 n° 7'' ; cop. du xii» siècle,
Arch. nat. LL 177 [Livre noir de N.-D.), p. 45;cop. du xiii» s., Arch.
nat. LL175 [Grand Pastoral de N.-D.), p. 589 ; cop. duxiii' s., Arch. nat.
LL. 116 (Petit Pastoral de N. D.), p. 63.
(Cf. Cartul. de Véglise N.-D. de Paris, par Guérard, 1850, t. I, p. 252-
25.'^, coll. des Doc. inéd. — V. Mortel, Etude hist. et arch. sur la cath.
et le palais épiscop. de Paris, du vi" au xii" siècle, 1888, Pièc. justif. n° I,
p. 79-80.)
Preceptum Ludovic [ régis de viatura et hominibus
PARISIE^SIS episcopi.
[1112-1116] 1 — .... Terra igitur illa que incipit a porta
1. Dans son livre intitulé Louis VI le Gros, annales de sa vie et de son
règne [p. 106-107), M. A. Luchaire a montré que ce règlement doit être
placé à la date approximative que nous donnons-ci-dessus, et non vers
1110, comme on l'avait cru auparavant.
[1112-H16] DE l'architecture en FRANCE 349
claustri Béate Marie, ab illa scilicet porta que proxima est
domibus Stephani archidiaconi, illa, inquam, terra a sinis-
tre existens latere, sicut publica disting-uit via, usque ad
domum Ansoldi, et ab illa ,domo lineatim usque ad caput
ecclesie Sancti Gristofori, et a capite illo usque ad muros
veteris ecclesie Sancti Stephani, tota, inquam, terra illa
cum edificiis suis, quemadmodum a predicta circumcingi-
turet clauditur via, undique usque ad muros claustri Béate
Marie sub potestate Parisiensis episcopi et in viatura
tantummodo illius jure antiquitatis existit... Sciendum
autem est quia spatium illud quod est infra portas veteris
ecclesie, sicut totus interior murorum ambitus continet, sub
jure est episcopi, quemadmodum nova ecclesia, régis potes-
tate omnino exclusa. Spatium vero illud quod est a capite
fracti mûri veteris ecclesie usque ad Sequanam, transeundo
scilicet ante curiam episcopi, hinc et inde, sub viatura est
ejusdem episcopi ^ —
R. de Lasteyric, Cartul. qén. de Paris..., t. I, p. 218, n" 198, d'après
1 orig. scellé du sceau plaqué, Arch. nat., K 22, n° 2; — cop. du xii' s.,
Arch. nat., LL 177 {Livre noir de N.-D., p. 173; cop. du xiii' s., Arch.
nat , LL 175 {Gr. Pasl. de N.-D.), p. 588; cop. du xiii' s., Arch. nat.,
LL, 176 {Pel. Past. de N.-D.), p. 85.
(Cf. Cartulaire de l'église Notre-Dame de Paris, t. l,p. 266, coll. des
Doc. inéd. — V. Mortet, Élude historique et archéoloçiique sur la cathé-
drale et le palais épiscopal de Paris du VI' au A7/« siècle, Pièc. jus-
tif. n° II, p. 81.)
1. Ainsi le règlement de Louis VI attribue à lévéque un droit de voirie
sur quatre portions de terrain bien distinctes : I" le terrain situé entre
le cloître, dune part, et dautre part la voie publique passant devant la
maison dun nommé Ansoud, le chevet de Saint-Christophe et le mur de
Saint Etienne ; 2° le terrain, qui était peut-être à ciel ouvert, compris
entre les murs ruinés de Saint-Etienne ; 3" le terrain qui s'étendait depuis
les murs de Saint-Étienne jusqu'à la Seine, en passant devant le palais épis-
copal, situé alors, comme plus tard, entre la Seine et l'emplacement de la
cathédrale actuelle ; 4° le terrain occupé par l'église neuve, Saint-Etienne
et très vraisemblablement situé sous le chœur de la cathédrale actuelle
Quant à l'emplacement de l'église Notre-Dame, dénommée ecclesia nova,
voy. pour cette restitution la pi. I, A la fin de notre Étude hist. et archéo-
logique. Pour plus de détails sur tousces anciens emplacements, voy. ibid.,
p. 25 et suiv.
350 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [H24|
Preceptu3i cooperture ecclesie Béate Marie 1.
[i 124, 2S janv. — 1^'" mars.]^ — In nomine sancte et indi-
vidue Trinitatis. Justitie et rationi cong^ruere plane et evi-
denter agnoscitur, quod ea que ecclesiis Dei, caritatis gratia,
conferuntur in earum necessitatibus, ut dignum est, expen-
dantur, quia quasi crudele et inhonestum videtur quod ea,
que illis data sunt, in usibus ipsarum necessariis eisdem
subt(h)ra[h]antur ; quod siquidem regum precipue et prin-
cipum offîtio incumbere deprehenditur, ut ecclesie Dei ab
ipsoruni sollicitudine in hoc provideatur. Ego igitur Ludo-
vicus, Dei gratia, Francorum rex, hac ratione ammonitus,
notum iieri volo cunctis fidelibus, tam futuris quam et ins-
tantibus, quod Bernerus, Béate Marie Parisiensis ecclesie
decanus, et capituli ejusdeni ecclesie conventus universus,
duni in manu nostra Parisiensis episcopatus benefîtia tene-
remus, a majestate nostra hvimiliter petierunt ut, super
ecclesiam sanctissime Dei genitricis misericordia moti, de
rébus episcopalibus aliquid eidem ecclesie, unde in perpe-
tuum cooperiri posset, jure perpetuo et annis singulis
habendum donaremus. Nos autem, digne et humili eorum
petitioni condescendentes, regia actoritate nostra statuimus
et precipimus ut, ad eandem ecclesiam cooperiendam, decem
libre de redditualtaris in octavis Edicti "^ annuatim suman-
tur. Et si ad hoc altaris redditus non sufficerit, ille deceni
1. Nous renvoyons le lecteur au commentaire que nous avons donné de
ce document dans notre JS^j/Je historique el archéolnf/ique, p. 2A-2b. Cl\
Guérard,o/). cit., Préface, p. clxvu, et, d'autre part, les observations de
M. R. de Lasteyrie, La date de la porte Sainte-Anne h Notre-Dame de
Paris, dans les Mém. de la Soc. de l'hist. de Paris et de V Ile-de-France,
t. XXIX (1902). p. 7.
2. D'après M. A. Luchaire [op. cit., p. 157-158), cette date serait plus
exacte cfuc celle de l'année 1123, que l'on avait assijjnée avant lui à ce
diplôme royal.
3. La foire de Lendit {Indictiim, Edictam), établie à Saint-Denis, com-
mençait le deuxième mercredi de juin. Cette solennité donnait lieu à des
oITrandes extraordinaires de l'autel qui étaient déposées sur le voile appelé
« surccint » (snccintoriitm). Elle fut aussi l'occasion de revenus pour
l'reuvre de l'éfflise de Saint-Denis, d'après Suger : « Annalom redditum his
expleiulis conslituimus. vidclicct. . . ccntum libras in Indiclo... » (Libellas
aller de consecr. eccl. S. Dionijsii, éd. I^ecoy de la Marche, p. 226).
[1114] DE l'architecture en FRANCE 5S1
nummorum libre de cereis, qui in Purifîcatione Sancte
Marie a casatis ' redduutur, ad plénum suppleantur, et
posite in custodia capicerii - et unius ejusdeni ecclesie
canonici, quem decanus et capituli conventus ad hoc elege-
rint, solummodo ni essillis et clavis et tegulis penitus
expendantur, et ubi et quomodo expense fuerint, decano et
capitule ab earum custodibus computabitur. Trabes autem
et tigni, immo omnia alia ecclesie necessaria ab episcopo
ecclesie ministrentur. Quod ne valeat oblivione del-eri,
scripto commendavimus et, ne possit a posteris infirmari,
si"-illi nostri actoritate et noininis nostri karactere subterfir-
.mavinius.
Actum Parisius publiée, anno Incarnati ^"e^bi M" G" XX*
III", regni nostri X" VI**, astantibus in palatio nostro quo-
rum nomina subtitulata sunt et signa. Signum Stephani
dapiferi. S. Gisleberti buticularii. S. Ilugonis constabularii.
S. Alberici c(h)amerarii.
Data per manum Stephani cancellarii [monoff ranime) .
CXXXIII
1114.
Changement d'emplacement du château de Gumont, en Bas-
Limousin, par les soins du seigneur de ce lieu; cession
de Vancien emplacement dudit château au monastère de
1. C'est-à-dire les vassaux de révoque.
2. Si l'on ne rencontre pas à cette époque la mention expresse de fabri-
cien en titre, de maître de la Fabrique, il ft'en faut pas moins noter que
des fonctions de ce f^enre. dans la première moitié du xii" siècle, étaient
confiées, en partie au chèvecier {capiceriiis et à un chanoine choisi à la fois
par le Chapitre et par l'évéque ; tous deux, en tant que f^ardiens {custodes)
étaient tenus de rendre compte de leur gestion. Le chèvecier avait plus
particulièrement la j;arde des oITrandes des fidèles, et il devait veiller à la
conservation de tous les objets sacrés du sanctuaire : l'évéque était res-
ponsable des actes du chèvecier. Ainsi, le Chapitre et l'évéque participaient
en commun à la {gestion des fonds alTecté^, aux travaux qui étaient devenus
nécessaires à la cathédrale de Paris. (Voy. notre Elude histor. et archéol.^
p. 53-54.)
352 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1114]
Saint-Martin de Tulle, réserve faite de deux soliers. —
Cession d'un autre emplacement audit monastère, pour
y construire un vivier.
Cartulaire de Vnbbaye bénédictine de Saint-Martin de Tulle en Limousin,
publ. par J.-B. Champeval (1903), n" 463, p. 249 (Bull. Soc. scient., hist.
et arch. de la Corrèze, t. XV, p. 323).
(Cf. Baluzius, Historia, Tutelensis, 1717, Appendix actor. veter., col.
458-460.)
In parrechia praedictae ecclesiae [de Acuto monte] ' situm
erat quoddam castellum, quod vulgo Roca ^ nominatur. Hujus
castelli dominus, nomine Geraldus de Roca, de animae
suae sainte sollicitus, abbatem praedictum, qui Tutelensi
monasterio praesidebat, rogavit ut in eodem castello monas-
terium aedificare dignaretur. Dédit itaque Deo et Sancto
Martino Tutelensi terram in ipso castello ubi et monas-
teriumetofficinae possent aedifîcari... Defuncto Geraldo de
Roca, Ademarus de Roca, fîlius ejus, volens mutare^ cas-
tellum in quodam loco haud procul inde remoto, ubi ipsum
castellum antiquitus situm fuerat, quicquid in ipso castello
habebat in dominio Tutelensi monasterio donavit, exceptis
duobus solariis in quibus Petrus Johannis et Petrus Rot-
geriimanebant^. Praeterea dédit monachis locuminaquaubi
piscina aedifîcaretur piscibus capiendis idonea. Pro his omni-
bus dédit ei abbas Ebalus ducentos solidos Lemovicensium
denariorum... — Factum est hoc anno ab Incarnatione
Domini MGXIV, indictione V, régnante Ludovico rege,
praesidente Eustorgio episcopo in Lemovicina sede.
1. Gumont, c. du cant. de La Roche-Canillac, arr. de Tulle (Corrèze).
2. La Koche-Canillac, dans un site escarpe, sur la rive droite du
Doustre. Le bourg de La Roche-Canillac se divise aujourd'hui en Uoche-
Ilaute et Roche-Basse, où furent le prieui-é de Saint-Maur, et la cha-
pelle Saint-Salvy, très ancienne aussi.
3. Voy. si/jorà l'acte de 1008-1026, relatif au changement d'emplacement
du château de Thro (Château-Josselin), en Bretagne.
4. ;V/ane7jun/, Bal. « Manebunl, dit Champeval, vaut mieu.\, car solarium,
souLir, n'est qu'un emplacement généralement ancien, mais presque ras
et démuni de ses matériaux de bâtisse ». Op. cit., p. 248.) Il faut, au con-
traire, laisser subsister, à notre avis, la leçon maneAan/ qui indique une
installation déjà faite. En effet, il semble qu'il ne faut pas confonch-e sola-
rium avec sitalium, platea, Icpmcs qui désignent un emphucment
\id(i, Solarium signifierait ici plancher, étage dans une habitation. Cf.
unum solarium, même Cartulaire, ann. 1073-1084, p. 221.
[1114-1137] DE l'architecture en FRANCE 353
GXXXIV
lllienviron — versll37, etlliO environ — vers 1163.
Construction du prieuré de Grandmont aux frais de Henri P^,
roi d'Angleterre ; couverture en plomb de t église de
ce monastère. — Accident survenu a{i maître de l'œuvre,
du nom de Géraud, pendant la construction de ladite
église.
Historia priorum Grandimoniensium brevis ', dans Martène, AmplissimA
coUecUo, t. VI (1729), col. 117-118.
[1114-1137.] Prior et nonnullide fratribus... ad locum
divinarevelationecompertum, neclonge a Mureto distantem,
se contulerunt . Ibi ecclesiam ' et domos aedificaverunt ^.
Hujus secundi prioris, [Pétri Lemovitani], tempore, coe-
pit Henricus-^ rex magnifîcam Grandimontensibus patribus
domum aedificare quam ejus posteri perfecerunt^ et plumbo
tegendam curavit.
Vila sancli Slephani Grandimontensis [Murelensis], auct. Geraido [seu
Gerardo Itherii], priore Grandimontensi. dans Martène, op. cit., col.
1073-107 i.
(Cf. Migne, Pair, lat., t. CCIV, col. 1032-1033.)
1. Le prieuré de Saint-Michel de Grandmont, au diocèse de Limoges,
ctaitsitué surle territoire de la commune de Saint-Silvestre (Haute- Vienne).
Il ne reste plus aujourd'hui que des débris de l'abbaye chef-d'ordre qui
succéda plus tard au prieuré et dont l'église ne comportait qu'une nef
allongée sans bas-côtes.
2. « In hoc Grandimonte inter quatuor altiores montes medio construc-
tae olim fuerunt magnificentissimae aedes, turres, officinae... plumbo
coopertac, subsidiis ducis Picardiae, nec non Henrici et Kichaixli, rcgum
Angliae, qui domos et palatia ibidem habebant, quorum nunc sola super-
sunt vestigia et nomina {Ann. ord. Grand., authore Levesque, 1652, p. 96 ;
cf. p. 97 (au sujet des proportions de l'église).
3. Les princes delà famille de Plantagenèt, surtout Henri II, furent les
zélés protecteurs de cet ordre qui se distinguait de beaucoup d'autres pai'
une règle plus austère. Pendant une maladie qu'il fit en Anjou (J 170), Henri II
demanda à être enterré dans le cloître de Grandmont, aux pieds de
saint Etienne de Muret. Voy. A. de Dion et L. Guibert, Seconde note sur
l'architecture de Tordre de Grandmont..., dans le Bail, monum., 1876,
p. 248, avec pi.
23
354 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1115-1141]
[1140-1163.] — Tempore domni Stephani de Liciaco '...
qiiarti prioris Grandimontis, aedificabatur ecclesia in Gran-
dimonte. Accidit autem quadamdie, cum operarii quemdam
lapidera magnum ac quadratum sursum in altum déferrent,
obvium habuerunt Geraldum, raagistrum operis ipsius, quem
inviti et incaute ignorantes expulerunt a summitate
arc[uu]m2, et corruit in terram ; qui graviter collisus
occubuit. .. Flebant itaque caementarii et alii operarii...
Prior Stephanus duxit ad sepulchrum-^ beati patris nostri
Stephani dixit ad eum : « Gerarde, surge, surge, dico,
operarie, et ad opus tuum revertere... » ...Reviviscens
homo surrexit... Tune Stephanus prior...: « Ecce magister
vester Geraldus sanus et incolumis persévérât. Revertimini
igitur cum eo ad opus vestrum... »
cxxxv
1115-1141, vers 1122 et 1123, 1135 et 1140.
Inscriptions du pavement en mosaïque du chœur de la cathé-
drale de Lescar, en Béarn^ et de Véglise conventuelle de
Ganagôbie^ en Provence.
Construction d'une rue au bourg Saint-Nicolas de Morlaas,
par les soins de Gaston IV, vicomte de Be'arn. — Cons-
truction dans ladite ville, près de l' église Saint- And ré,
d'un oratoire avec un saint-sepulcre, et, à l'église de Sainte-
Foi, d'un autel dédié à sainte Marie-Magdeleine.
Lanore, Notice hist. el arch. sur i'éijlise de Noire-Dame, de Lescar,p. 99
et s.; Pau, 11905 (extr. de la Rev.dii Béarn, 1904-05); cf. le même, Bull.
;. monum., 1904, 'p. 251.
1. Lissac. On trouve plusieurs localités ainsi dénommées dans la réfjrion
du Massif central : par exemple, dans la Gorrèze.
2. /Irctiim, Martène et Mi{,'ne.
3. Le tombeau de saint Etienne était placé devant l'autel : « Scpulcrum
hominis Dci antealtarc. •> [Op. cit., col. 1071).
[4123]
DE l'architecture EN FRANCE 353
[1113-1141.] — Dominus Guido ' episcopus Lascurren-
sis hoc fieri jussit pavimentum-.
D. Christophe Gauthey, dans \a Rev. de l'art chrétien, 1898, p. 310.
(Cf. Enlart, Man.d'archéol. fr., t. I, p. "09.)
[1122.] — Me^ prior et fieri Bertranne^ jubés et haberi
Et Petrus urgebat Trutberti^ meque regebat.
Carlulaire de Sainte-Foi de Morlaas, publ. par L. Cadicr (1861), p. 11
et 46 (extr. du Bull, de la Soc. des sciences, belles-lettres et arts de Pau,
2« sér., t. XIII).
[1123.] — Ego Guastonus^, vicecomes, reddidi aecclesie
Sancte Fidis ' et dedi possessionem terre in qua construxi
1. Gui, cvêque de Lascar, occupa son siège épiscopal de l'année 1115 k
l'année 1141.
2. On ne peut douter du sens littéral de cette phrase ; elle veut dire non
pas que Gui a fait mettre en place le pavement, mais bien qu'il l'a fait
exécuter. Le pavé en mosaïque de la cathédrale de Lescar représente une
scène de chasse, et forme une imitation assez grossière dunmodèle romain,
on a longtemps cru que cette mosaïque était d'origine antique. — Outre les
sources bibliographiques indiquées par Lanore, op. cit. (fig.), voy. Clausse,
Bev. de l'art chrétien, 1899, p. 416-417.
3. « Le pavé de mosaïque qui était le plus précieux était surtout réservé
pour les abords de l'autel, pourles absides et les sanctuaires. » (A. de Cau-
mont, Abèc. d'archéol., 5" éd., p. 288.) Voy. aussi VioUet-le-Duc, Dict. de
Varch. fr., t. V, p. 10 et s., v° Dallage). — « A Ganagôbie, — aujourd'hui c.
du cant. de Peyrus, arr. Forcalquier, Basses-Alpes, — des mosaïques
découvertes en 1898, dans le chœur et les trois absides de l'église, sont
habilement exécutées en marbre noir, blanc et pourpre ; elles figurent des
f)anneaux carrés à dessins d'ornement, et dans l'abside principale (fig. 351),
e Sagittaire, les Poissons, un éléphant, un grillon, et autres animaux ; . le
tout dénote l'imitation de dessins orientaux fEnlart, ihid.).
4. Le prieur Bertran était en fonctions en 1122.
5. Pierre Trubert a ainsi dirigé l'exécution de la mosaïque sur la com-
mande dudit prieur.
6. Gaston IV, vicomte de Béarn (1088-1130), de la maison de CenfuUe.
7. Sainte-Foy de Morlaas; Morlaas, qui fut au xi' siècle capitale du Béarn
et résidence des vicomtes, est aujourd'hui ch.-l. de c, arr. de Pau, à 8 kil. au
N. E. de cette ville. Le prieuré de Morlaas dépendait de Cluny ; on sait
combien fut grande l'extension du culte de sainte Foy en France et à
l'étranger. Sur les sources à consulter pour l'histoire du prieuré de Mor-
laas, voy. Gadier, op. cit., p. xi. Dans l'acte de fondation dudit j)rieuré
(1079), Centulle stipule ([u'il donne à l'abbaye de (>luny l'église construite
en l'honneur de sainte Foy :« ecclesiam quae [hjedificatiir in honore sancte
Fidis. » ihid., p. xvi.) L'ouvrage d'A. Bouillet et L.Servières, Sainte Foy,
éd. 1904, reproduit la belle façade romane du monument de Morlaas (p. 82).
356 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1135-1140]
unam rudam^ burgi Sancti Nicholai^ quam ei abstuleram,
recognoscens me graviter deliquisse et errasse, tali
tenore ut censum de domibus in ipsa terra fundatis et habi-
tatores loci ipsius ecclesie jure perpétue accipiant et possi-
deant. .. Testes sunt... Anno ab Incarnatione Domini M®
C» XXIII.
[1133-1140.] — ...Incipit testamentum et memoria pec-
catoris Bernardi de Belsta^, Morlanensis capellani... Pre-
dictus B[ernardus] ecclesiam ^ S. Andrée, cum voluntate et
auxilio vicinorum et aliorum fidelium, fundavit et ibi alta-
ria construxit ; . . . atque ejusdem ecclesie primus capellanus
ex[s]titit. Deinde, précédente tempore, consensu et volun-
tate prioris, videlicetB. de Suaus, Sancte Fidis, et ejusdem
domus fratrum, pro suo anniversario, juxta predictam eccle-
siam, basilicam, altare et sepulcrum in honore Sancti Sepul-
cri, in quo Dominus jacuit, edificavit, tali habita con-
ventione, ut quicquid, insequenti die post Pascha, a fîdelibus
populis aitari vel sepulcro, ammonitione capellani, obla-
tum fuerit, scilicetpanem, nummos, candelas, capellanus vel
ejus missus accipiat, et eadem die fratres Sancte Fidis et
familiam diligenter atque festive procuret. — Similiter sub
eadem conventione, consensu et voluntate A[rnaldi] ', Olo-
rensis episcopi, et fratrum infra ecclesiam S. Fidis, predictus
B[ernardus] in honore sancte Marie Magdalene altare
construxit, videlicetut quicquid in festivitate sancte Marie
Magdalene, •• predicto aitari oblatum fuerit, capellanus
1. «In rudu,anteostiumSiinctiNicholai»,lil-on dans un acte de 1123-1170
'("-aclicr, op. cit., p. 39).
2. Au commencement du xii* siècle, Morlaas comprenait 4 quartiers
/'réquemment nommés dans le Gartulaire : le prieuré de Sainte-Foy et le
Bourg-Vieux, au N. O., le Bourg-Neuf ou Bourg-nau, à lE., le Marcadet
et le Bourg-Saint-Nicolas, à l'O.
3. Beuste, comm. du cant. deNay-Ouest, arr. de Pau.
4. Cette chapelle fut fondée au Bourg-Neuf à la fin du xi* s. (cf. acte de
10S8-96, de Gaston IV, vicomte de Béarn). Voy. Cadier, op. cit., p. 7.
f). Il s'agit probablement du prieur Arnaud d'Araux (ou peut-être
d'Arnaud d'Izeste). Voy. Cadier, op. cit., p. xix-xx.
6. La fête de sainte Marle-Magaeleine a lieu le 22 juillet.
[1116-1132] DE l'architecture en FRANCE 357
accipiat, et eadem die pro memoria constructoris, sicut
prediximus, procurationem agat. . . Oddo, abbas Régule ^ qui
post predictos Morlanensis prior extitit, predicta approbavil.
CXXXVI
1116-1132.
Statuts de Vordre des Chartreux, rédigés par Guigue /",
prieur ^ de la Grande-Chartreuse, relatifs aux maisons de
cet ordre monastique, et à l'exercice des arts manuels
. dans Vintérieur de ces couvents. — Interdiction des
dépenses superflues, et des ornements en général.
Annales ordinis Cartusiensis^... [auct. Innoc. Le Masson], t. I (1687), p.
42, 49, 50, 53, 71, 74, 75, 77, 80, 88, 92, 93.
(Cf. Migne, Pair, lat., CLIII, coL 655 et suiv.)
Cap. X. Quales hospites introducantur in chorum. —
1. In chorum^ nostrum hospites tantum religiosos intro-
ducimus, cum quibus in claustro communem licet habere
sermonem.
XYl.. De procuratore domus infériorisa. — Praeficitur...
ab eo [priore] eidem domui unus e monachis diligens pro-
curator "^ : sic enim eum volumus appellari qui, universorum
1. Odon, abbé de Larreule (1147-62). Il est probable qu'il succéda à
Arnaud I", évêque d'Oloron (Voy. Gall. christ., t. I, col. 1304); mais on
ignore combien de temps il resta prieur de Morlaas. Larreule était une
abbaye bénédictine du diocèse de Lescar, aujourd'hui comm. du cant.
d'Arzacq, arr. Pau.
2. Guigue 1" était prieur général des Chartreux (1110-1137). Voy. Cheva-
lier, Rép. bio-bibl., col. 945, v» Guigues ; cf. Rép. top. bibl., col. 664-666, v*
Chartreux. — Sur les constructions des Chartreuses, voy. VioUet-le-Duc,
Dict. de Varch. fr., t. I, p. 306 et s. (avecfig.).
3. Un nouveau tirage de ces Annaiesa paru en 1703, sous le titre sui-
vant : « Disciplina ordinis Cartusiensis,intres libros distributa », Parisiis,
ap. Ant. Dezalier, 1703, in-fol.
4. Cf... « ad ostium chori » (cap. vu). C'est la porte par laquelle les
Chartreux entraient dans le chœur de leur église.
5. Cf. cap. XVII, même expression.
6. Le cap. xvii, où il est question de la domus inferior, mentionne le
dispensator dont l'office parait se rapprocher de celui du procurator.
Ce procurator devait avoir aussi la charge matérielle des bâtiments.
358 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [H 16-1132]
strenue curam gerens, si mag-num aliquid aut praeter con-
suetudinem agendum est, ad prions recurrit semper consi-
lium...
XVII. De infirma qui mittitur ad inferiorem domum. —
Quod si quem alium ex monachis ad inferiorem ' domum
fecerit prior descendere...
XX. De pauperibus et eleemosynis. — 7... Qui domus
hujus expensas noverit, non de superfluis quaeret quid
faciamus, sed potius stupebit quare non egeamus^.
XXVIII. De utensilibus cellac. — 2 Quod si frater
alterius artis fuerit, — quod apud nos raro valde contingit,
omnesenim pêne quos suscipimus, si fieri potest, scribere
docemus, — habebit artis suae instrumenta '^ convenientia.
XXXVI. De hospitibus siiscipiendis. — 4. In superiori^.,,
domo non, nisi religiosi, hospites jacere consueverunt. . .
XL. De ornamentis. '' — 1. Ornamenta aureavel argentea,
praeter calicem et calamum, quo sanguis Domini sumitur,
inecclesia non habemus ; pallia tapetiaque reliquimus.
XLI. Ut nulia extra eremum possideantur. — 1, ... Sta-
tuimus quatenus loci hujus habitatores, extra su[i] termines
1. Cf. siiperior domus {cap. xxxvi).
2. On sait que c'est de l'ordre des Cisterciens que se rapprochait à cer-
tains 6ji;ards celui des Chartreux, à la différence de celui de Cluny, où ne
régnait point la même austérité.
3. Ce S 2 indique d'abord les instruments nécessaires à écrire, à nettoyer
les parchemins, à les régler, à les préparer pour l'écriture, en même
temps qu'il mentionne la règle, le plomb, etc., cf. : « ... Ad opéra vero
dolabrum » (cap. xxviii. Voy. Guigonis II Carthus. maj. prior. Lib. de
exercitio cellae, cap. xxxvi) (De opère manuum), dans Migne, tom. cit.,
col. 880 et s.
4. Cf. inferior domus (cap. xvi et xvii).
5. Au xiif siècle (1261), les statuts des Chartreux rappellent, à propos
de l'ornementation des églises et des cellules, que l'austérité primitive de
cet ordre religieux s'était relâchée. Les articles 42 et 43 sont ainsi conçus :
» Tapetia universa et quarrelli picturati vel curiosi de cellis amoveantur.
— Picturae curiosae de ecclesiis et hospitiis deleantur» (Migne, Pafr. lat.,
t. CLIII, col. 1134.)
[H16-H32] DE l'architecture en frange 359
eremi nihil omnino possideant, id est... non ecclesias, non
coemeteria, non oblationes, non décimas et quaecumque
hujusmodi.
XLII. De divino officlo fratrum laicorum... — 2. Ex
quibus in vigiliis solemnitatum , in quibus capitulum tenetur. . .
ad superiorem conscendunt ecclesiam ^, matutinas et caete-
rum sacrum offîcium audituri. . .
XLVI. De coquinario. — 1. ... Coquinae ~ praesidet unus
e fratribus... Horis competentibus signum ^ puisât
3. Ecclesiam custodit, portae praeest... ferramenta com-
munia servat ; domus et universae communis supellectilis
curam g-erit.
LXIV, De custode pontis. — Pontis custos cum nullo
prorsus, nisi specialiter jussus, fabulandi licentiam habet...
LXVI. De cinere. — Cinerem qui adsunt in inferiori
capella^ de manu procuratoris accipiunt....
LXXVIII. De numéro habitatorum. — 1. Numerus
habitatorumhujus eremi, monachorum quidem tredecimest,
non quod semper totsimus, — nunc enim non sumus tôt, —
sed quod tôt, si Deus eos miserit, suscipere instituimus. Sed,
et si talis aliquis unus, cujus utilitas et honestas videatur
vix posse recuperari, misericordiam postula verit, addetur
et quartus decimus, si tamen facultas domus tolerare posse
putabitur;
1. Cf. cap. LXVI : « in inferiori capella. »
2. Dans le cap. xxx, il est question de la cuisine, et du réfectoire qui
communiquait avec la cuisine ; « coquina, oslium videlicet refectorii quo
ad eam tenditur ». Cf. le plan de la Chartreuse deClermont, dans Viollet-
le-Duc, op. cit., t. I, p. 308. — D'autres articles sont relatifs aux granges
des Chartreux et à leurs demeures de garde pastoi-ale, habitations qui sont
l'objet de la prévoyance de ceux qui ont souci du temporel de l'Ordre.
3. Sur l'usage de la cloche dans les couvents de Chartreux, cf. ibid., cap.
vu : n signo pulsato », et cap. iv, § 28 : « pulsato tinlinnabulo ».
4. Cf. supra : « ecclesia superior ».
360 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [lld7]
2. Laicorum ^ autem numerus, quos converses vocamus,
sexdecim statutus est; nunc vero plures sunt.
LXXIX. Quare tam parvus sit numerus. — 1. Hanc
autem numeri paucitatem eadem consideratione delegimus,
qua nec hospitum equitaturas procuramus, nec domum
eleemosynariam habemus : videlicet ne, ad majores quam
locus iste patitur expensas coacti, quaerere et vagari, quod
horremus, incipiamus.
CXXXVII
1117.
Fondation de V abbaye Cistercienne de Bonnevaux, au dio-
cèse de Vienne, en Dauphiné, par V archevêque Gui Z®"" de
Bourgogne, qui s^engage à subvenir à tous les frais de
cette construction.
Cartvlaire de l'abbaye Notre-Dame de Bonnevaux^, au diocèse de Vienne,
ordre de Citeanx, publ. d'après lems. des Arch. nat. [J. 841], par l'abbé
Ul. Chevalier, Grenoble (1889), p. 14-15, n» 8 .
De exordio Bone valus ^.
Anno ab Incarnatione Domini M" C" XVIP, cum domnus
Wido, sancte Romane Ecclesie legatus, Viennensis vero
1. D'autres statuts des Chartreux, du xii* siècle, ceux de S' Anthelme
(1141), mentionnent aussi les convers : « fratres quos conversos vocamus»
(stat. XXI, éd. 1687, p. 103). — A cette époque, l'ordre des Chartreux avait
déjà pris une notable extension. Le statut IV des mêmes constitutions est
ainsi conçu: « Statutumest utnulladomas nova hujus propositi sineassensu
communis capituli ex[s]truatur. » {op. cit.^ p. 101.) — Les convers de l'Ordre
des Chartreux ont dû très vraisemblablement être employés, entre autres
occupations, à des constructions de maisons de cet Ordre, comme cela se
passait dans d'autres Ordres, dans ceux de Cluny ou de Cîteaux, par
exemple.
2. Ce récit des commencements de Bonnevaux, dit l'éditeur, a été publié
ex parvo Chron. Bonaevall. par Manrique {Cisterc. Ann. t. I, p. 93), les
frères de S" Marthe (Gall. christ., 1656, t. IV, p. 181), et dom Brial {Rec.
des Ilist. de Fr., t. XIV, p. 319). Cf. Gall. christ, nova, t. XVI, c. 208 et
surtout L. Janauschek [Orig. Cisterc, t. 1,1877, p. 7).
3. Aujourd'hui c. de Villeneuve-de-Mars, cant. de S' Jean-de-Bournay,
arr. Vienne (Isère).
[1120] DE l'architecture en FRANCE 361
archiepiscopus, nunc autem papa catholicus ', redi[i]sset a
concilio quod apud Divionense castrum cum multorum
episcoporum et abbatum aliarumque reUgiosarum persona-
nim conventu celebraret, venit ad novum monasterium
quod usitato vocabulo Cistercium nuncupatur, rogavitque
domimm Stephanum, abbatem illius loci, ut in Viennensi
suo archiepiscopatu monasterium construeret, ubi monachi,
sub régula et abbate vivantes, pro se et omni clero et populo
sibi commisso misericordiam Dei dévote exorarent. Gujus
petitioni idem abbas, communicato monachorum sibi com-
missorum consilio, annuens, venit Viennam et, consilio et
adjutorio prescripti domni pape Calixti, in valle quadam
cepit cenobium edifîcare, quod Bonam Vallem idem papa
dictavit vocari. Et sciendum quod omnes sumptus ad hoc
opusnecessarii ejusdem pape providentia seu administratione
provenerunt^.
GXXXVIII
1120.
Immunités accordées par Foulque V, comte d'Anjou, aux
maçans et aux charpentiers dépendant de V abbaye de
Saint- Jouin-de-Mar nés, en Bas-Poitou.
Cartulaire de Saint-Joain-de-Marnes, éd. par Grandmaison, dans les Mém.
de la Soc. de statistique des Deux-Sèvres, t. XVII (1854), 2« part., p. 29-
30.
Omnes proprii abbatie^ homines, sive indigène fuerint,
sive de foris venerint, ab omni in perpetuum tam Pétri
1. On sait que Gui l*' de Bourgogne, archevêque de Vienne (1083-1119),
devint pape (1119-1124) sous le nom de Calixte II.
2. Les conditions particulières dans lesquelles cette fondation prit ainsi
naissance montrent bien que de bonne heure, à l'inverse de certains
autres monastères cisterciens dont nous connaissons les très modestes ori-
gines, le couvent de Bonnevaux fut favorisé de dotations privilégiées.
3. Saint- Jouin-de-Marnes, c. du cant. d'Airvault, arr. Parthenay (Deux-
Sèvres). Voy. B. Ledain, Dict. top. des Deux-Sèvres, 1902, p. 249-250.
Abbaye reconstruite par le moine Raoul en 1905 « coepit et Radulphus
362 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1121]
quam omnium futurorum Montis Comitoris^ dominorum
servitio immunes sint. Immunes sint cementarii, immunes
sint carpentarii, sint immunes et alia quelibet officia exer-
centes.
GXXXIX
1121, et 1129-1156.
Construction en bois, puis reconstruction en pierre de
l'église abbatiale Cistercienne Notre-Dame des Chatel-
liers, au diocèse de Poitiers.
Vita^ heati Giraldi de Salis, dans Acta Sanctorum, octobr. x. (1861), p. 262.
(Cf. dom Martène, Amplissima colleclio, t. VI, 1729, p. 989-1014.)
§ 29. Anno gratiae M*'G'»XX''I<> . . . corpus Giraudi ^. .. dela-
tum est de loco primo..., oratorio tamen petrino nondum
inchoato vel aedificio aliquo petrino^... Anno gratiae
M^G^XX^^IX", adjuvante fratres et exsultante tota vicinia,
monachus S. Jovini suos et sua loca instruere. » {Chron. Sancti Maxenlii
Piclav., dans la Chron. des églises d'Anjou, par Marchegay et Mabille. p.
ill.)Sur les sculptures de cette remarquable église rcmane qui semble
appartenir au milieu du xn« siècle, voy. G. Sanoner, dans la Rev. de l'art
chrétien, janv. 190i (fig.). On trouvera une restauration récente de l'église
de Saint-Jouin-de-Marnes dans VArchitecte, revue de l'art architectural
anc. et inod., t. I (1906;, pi. XXII : le porche, l'abside. — Voy. enfin Ber-
thelé, Recherches critiques sur trois architectes Poitevins de la fin du
XI° siècle, dans le Bull, monum., a. 1887, p. 113 et suiv.
1. Moncontour, ancienne seigneurie, auj. ch.-l. de c, arr. Londun
(Vienne).
2. Cette Vie a été écrite dans le dernier quart du xin* siècle (un peu
après 1277) par un moine anonyme des Chatelliers. — LesChatelliers, auj. c.
de Fomperron, cant. de Ménigoute, arr. Parthenay (Deux-Sèvres). — Sur
l'ancienne église de N.-D. des Chatelliers, voy. Mgr Barbier de Montault,
Mém. de la Soc. des antiquaires de l'Ouest, 2' sév.,l. XIV (1891). Pour les
travaux de construction du xiii' s. (1249-1277), voy. la Vita [éd. cit.), § 32,
33, 34, 36 et 37. Cf. enfin Janauschek, Origrines Cistercienses, t. I, p. 150.
3. Giraud de Salles était originaire du Périgord ; il fut compagnon de
Robert d'Arbrissel et fondateur d'un certain nombre de monastères,
qui furent soumis plus tard à la règle Cistercienne.
4. Le bois était fréquemment employé dans les constructions cister-
ciennes du premier tiers du xii" siècle. Dans la charte de la fondation de
Morimond (1126), on lit à propos de la donation d'Odolric et d'Adelinc
à cette abbaye cistercienne : « ligna... ad varia opificia » (Dubois, Ilist. de
iahbaye de Morimond, dioc. de Langres, p. 411-412).
[1122] DE l'architecture en FRANCE 363
circa corpus sanctum inchoata est ecclesia petrina ; perfecta
est autem anno trigesimo septimo, et anno gratiae M°G''L*'VI'»
dedicata a Chalone, Pictaviensi pontifice.. .
CXL
1122
Autorisation accordée par Geoffroi de Lèves, cvêque de Char-
tres, aux religieux de Saint-Martin de Marmouiier, de
reconstruire en pierre la chapelle de bois du prieuré
de Villeherfol dans le Dunois ; permission de placer un
campanile sur cet oratoire.
Orig. aux Archives d'Eure-et-Loir, sér. H*, abbaye de Marmoutier, prieuré
de Villeberfol =î. Publ. : Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois, éd.
Habille, 1874, p. 167.
(Cf. Martène et Durand, Thésaurus novus anecdolorum, t. I, 1717, p.
354.)
Notum sit universis tam clericis quam laicis... quod ego
Goffridus 3, Dei gratia, Garnotensis ecclesiae humilis minis-
ter, monachis Beati Martini Majoris Monasterii, capellam
de Villa Berfoldi, quae antea lign[ela ^ erat lapideam'^ fieri
permisi. Goncessi etiam ut ibi tintinnabula haberentur, et
proprii famuli illius domus audirent servitium, salvo pon-
tifîcali et parochiali jure. Et ut carta rata et inconvulsa
persisteret, hi testes affuere : Girardus, abbas de Josaphat...
Hugo prepositus, Bernardus capicerius... Goffridus, qui
tune erat prior de Villa Berfordi.
1. Un certain nombre de chartes publiées par Mabille {Cartulaire
Dunois), qui, vu leur provenance, appartiennent actuellement au départe-
ment de Loir-et Cher, ne peuvent être citées autrement que par l'indication
générale de leur fonds (série H), les documents de ladite série n'étant pas
inventoriés et numérotés définitivement, au moment de la rédaction de la
présente note.
2. Aujourd'hui Villeberfol, c. de Conan, cant. de Marchenoir, arr. Blois.
3. Geoffroi de Lèves, évêque de Chartres (1116-1149).
4. On a vu précédemment qu'en 1058 les religieux de Marmoutier, en
permettant à Pierre de Montigny d'édifier une chapelle au prieuré de Vil-
leberfol, l'avaient laissé libre de la construire soit en bois, soit en pierre.
La reconstruction en pierre fournissait en même temps l'occasion d'agran-
dir cette petite église : « vilitatem el parvitaiem capellae eorum, tune
ligneae, videns », dit un autre acte de 1122 au sujet de cet évêque, « ...ora-
torium fieri et signa poni... eisindixit » (Mabille, éd. cit., p. 166-167, d'après
l'original aux Archives de Loir-et-Cher).
364 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1123]
GXLI
1123, 18-27 mars, Rome.
Statut du concile de Latran interdisant aux laïques de for-
tifier des églises^ et de détourner les offrandes des fidèles
déposées devant des autels et des croix, à l'intérieur des
églises.
Mansi, Sacrorum conciliorum collectio, Concilium Lateranense, t. XXI
(1776), col. 285 K
Ut OBLATIONES ECCLESIIS FACTE a LAICIS NON AUFERANTUR.
— Item, ut ecclesiae non incastellentur.
XIV Oblationes... de... omnium ecclesiarum altaribus
sive crucibus a laicis auferri penitus interdicimus, et sub
anathematis districtione firmamus. — Ecclesias a laicis
incastellari^ aut in servitutem redigi auctoritate apostolica
prohibemus^.
1 . Pour les autres sources de ce concile, voy. Ul. Chevalier, Répert.
top. bibl., II, col. 1641.
2. Voy. du Gange, Gloss., v» Incastellare. Sur la prohibition ci-dessus,
cf. Hefelé, Conciliengeschichte,i, V, p. MO. Elle fut renouvelée en 1209,
au concile d'Avignon, § IX, ibid., p. 845. Voy. J. Flach, Étude histor., en
tête de l'Enquête sur les conditions de l'habitation en France, par de
Foville, t. II (1899), p. 48. Pour les clochers servant de défense et formant
des asiles en cas de guerre, voy. Viollet-le-Duc, Dict. de l'arch. fr., t. III,
art. Clocher, p. 334. — En 1105, Robert Fitz-Haimon, assiégé dans Bayeux,
se réfugie dans la tour de la cathédrale :
« Robert s'embati el mostier.
Sas en la tor très k'ol clochier,
. . . li feu i fu aportez.
Dune li mostier fu alumez.»(/?oma/i deRou,\. 16194).
Suger, Vie de Louis le Gros, xxv, éd. Molinier, p. 87, mentionne une
tour servant de défense à l'église de Gasny {Vadum Nigasii), en Norman-
die (aujourd'hui c. du cant. d'Écos, arr. des Andelys, Eure). — Pour les
anciennes formes latines correspondant à Gasny, voy. Blosseville, Dict,
top. de VEure, p. 95.
3. Voy. suprk, au sujet des églises fortifiées, les n»' XXXII et XXXIII,
extraits de statuts de certains conciles provinciaux du xi' siècle.
[1423] DE l'architecture en FRANCE 368
GXLII
1123, 6 avril, Rome.
Confirmation par le pape Calixte II à C abbaye de Montma-
jour, en Provence, de Véglise de Sainte-Marie, cons-
truite dans la tour de Saint-Remy , avec un porche y
attenant, et une double crypte ; cette église avait été
donnée à ladite abbaye par Rostaing, évêque d'Avi-
gnon.
Bullaire du pape Calixte II..., par U. Robert, t. II, Paris, 1891, n» 390,
p. 181.
fCf. Deloche, Saint-Remy ' de Provence au moyen âge, extr.des Mém.
de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. XXXIV, 1« part.,
1892, p, 115-116, et tir. à part, p. 67-68, Append., n" VIII).
Calixtus episcopus, servus servorum Dei, dilectis in
Christo liliis P[etro] abbati monasterii Sancti Pétri Montis
majoris, et ejusdem fratribus, salutem et apostolicam bene-
dictionem... Bonae quippe memoriae Rostagnus, Avinio-
nensis episcopus, sicut ex ejus scripto comperimus, omnium
canonicorum ecclesiae suae consilio, ecclesiam^ Sanctae
Mariae,. ab antecessoribus eonim in turri fundatam, ves-
tro monasterio tradidit et concessit. Quamnimirum conces-
sionem... confirmantes, statuimus ne super eam aliquis,
praeter abbatis et fratrum Montis majoris voluntatem,
qui[d]quam aedificare praesumat, sed turris ^ cum cohae-
1. Saint-Rémy est actuellement ch.-l. de c., arr. Arles (Bouches-du-
Rhône).
2. Des titres rémois qualifient l'église dont il est ici question de cha-
pelle « capella Sanctae Mariae » (Deloche, op. cit., tir. à part, p. 29 et
73). L'abbaye de Saint-Remy de Reims possédait une communauté reli-
gieuse à Saint-Remy de Provence, et la concession épiscopale (ci-dessus men-
tionnée), dans le bourg de Saint-Remy, comprenait notamment entre autres
objets, et pour le monastère de Montmajour, la chapelle ou église de la
Sainte-Vierge {ibid., p. 291.
3. L'église de Sainte-Marie avait un campanile, ainsi qu'il résulte d'un
passage d'une sentence de Geofîroi, évêque d'Avignon, délégué du pape
Eugène III (1153), pour régler des litiges pendants entre Saint-Remy de
Reims et Montmajour : « Campanam quoque plus quam semel, et tantum
quod sufficiat ad excitandam familiam suam, pulsare interdicimus » iop.
cit., p. 123, et tir. à part, p. 75).
366 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [H24]
rente sibi porticu et crypta inferius et superius vobis ves-
trisque successoribus firmiter conserventur. Sed quicumque
nd eamdem ecclesiam venire voluerit, sua ibi vota persol-
vere concedimus... Si quis autem,.. Datum Laterani, VIII
idus aprilis.
CXLIIl
Vers 1124.
Observations et critiques de saint Bernard, abbé de Clair-
vaux, au sujet du luxe et de la prodigalité dans la cons-
truction et la décoration des églises et des cloîtres de son.
temps.
Apologia^ ad Guillelmum, Sancti Theodorici Remensis abbatem, dans
Sancti Bernardi- opéra, cur. Mabillon, éd. 4» (Gaume), vol. I, pari. 1
(18391, col. 1242-1244.
[CL éd. 1690, col. 538-540. — Migne, Pair, lai., t. CLXXXII, col. 914-
916.)
Gap. XII. 28. Sed^ haec parva sunt : veniam ad majora,
sed ideo visa minora, quia usitatiora. Omitto oratoriorum
immensas altitudines, immoderatas longitudines, super va-
cuas latitudines, sumptuosas depolitiones, curiosas depic-
tiones, quae dum orantium in se rétorquent aspectunj,
impediunt et aiîectum, et mihi quodam modo repraesen-
1. La date de la composition de VApolocjia a été circonscrite par M.
l'abbé Vacandard, dans son étude sur la Vie de sainl Bernard, 1895, entre
les années 1123 et 1125. Voy. d'autre part L. Janauschek, Xenta Bernar-
dina, pars 1^" (Dibliographia Bernardina), p. III, Vindobonae, 1891. Cet
auteur s'exprime ainsi à propos de la date de VApologia : « quae anno
1127 jam exstitit forsitan, paulo prius exarata ».
2. Moine de Cîteaux (1113), saint Bernard avait fondé Clairvaux,en 1115.
3. Cette partie del'Apofo^ ia est dirijfée particidièrement contre les (>lu-
nistes. Voy. l'abbé Vacandard, op. cit., t. I, p. 96 et s. et A. Luchaire,
Ilisl. de France de Lavisse, t. II, 1. Il, ch. 3, p. 266 et s. — Saint Hernard,
vient de condamner le luxe des abbés dans leurs pérégrinations. « Mcntior
si non vidi abbatem sexaginta equos, et eo ampiius, in suo ducere cumi-
tatu. Dicas, si videas eos transeuntes, non paires esse nionasleriorum, sed
dominos caslellorum. . . » (cap. XI, 27). Dans sa lettre (LXXVIII) adressée
à Suger, saint Bernard le loue d'avoir renoncé au faste extérieur. — Voy.
aussi M. Anth. Saint-Paul, Bull, archèol. dn Com., 1890, p. 273.
[H 24] DE l'architecture en FRANCE 367
tant antiquum ritum Judaeorum. Sed esto, fiant haec ad
honorem Dei K Illud autem interrogo monachus mona-
chos, quod in g-entilibus gentilis arj^uebat :
« Dicite (ait ille),pontifices, in sancto quid facit aurum^?
Ego autem dico : Dicite, pauperes, (non enim attendo
versum, sed sensum), dicite, inquam, pauperes, si tamen
pauperes, in sancto quid facit aurum? Et quidem alia
<;ausa est episcoporum, alia monachorum^. Scimus namque
<juod illi, sapientibus et insipientibus debitores cuni sint,
<;arnalis populi devotionem, quia spiritualibus non possunt,
<îorporalibus excitant ornamentis. Nos vero qui jam de
populo exivimus, qui mundi quaeque pretiosa ac speciosa
pro Christo reliquimus, qui omnia pulcre lucentia, canore
mulcentia, suave olentia, dulce sapientia, tactu placentia,
•cuncta denique oblectamenta corporea arbitrati sumus ut
stercora, ut Christum lucrifaciamus, — quorum, quaeso, in
his devotionem excitare intendimus ? Quem, inquam, ex his
fructum requirimus, stultorum admirationem an simpli-
cium oblationem ^ ? An quoniam commixti sumus inter
gentes, forte didicimus opéra eorum et servimus adhuc
sculptibilibus eorum ?
Et ut aperte loquar, an hoc tolum facit avaritia, quae
■est idolorum servitus ? Et non requirimus fructum, sed
1. Ainsi, saint Bernard absout l'art, au nîoins par respect pour le but
qu'il poursuit.
2. Perse, Sat., II, v. 69.
3. « L'abbc de Clairvaux n'interdit qu'aux religieux et aux parfaits les
choses de l'art, ce qu'il appelle le « culte des idoles ». En revanche, il en
proclame l'utilité pour les simples et les ignorants, et le recommande même,
comme un moyen d'éducation morale. Cette remarque... explique et jus-
tifie, jusqu'à un certain point, la distinction qu'il établit entre l'architec-
ture épiscopale et l'architecture monacale, qui, répondant à des besoins
divers, doivent présenter des caractères difïérents : l'une, la joie, la
richesse et la pompe; l'autre, la sévérité, la pauvreté, le dénûment. »
CVacandard, op. cit., p. 121-122.) Toutefois, ajouterons-nous, l'éloquent
apologiste critique aussi les somptueuses demeures des évéques, lesquelles,
en eflet, ne répondent pas au même besoin que les cathédrales. Nous lisons
dans l'un de ses écrits (De morihiiset of/icio episcoporum, c. ii, an. 1126) :
« Honorificatis autem non cultu vestium, non equorum fastu, non am-
plis aedificiis, sed ornatis moribus, studiis spiritualibus, operibus bonis.
Quam multi aliter... » (Migne, Palrol. lat., GLXXXII, col. 812).
4. Aliàs, oblecliitionem.
368 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1124]
datum. Si quaeris quo modo : miro, inquam, modo. Tali
quadam arte spargitur a es ut multiplicetur ; expenditur ut
aug-eatur, et effusio copiam parit. Ipso quippe visu sump-
tuosarum, sed mirandarum vanitatum, accenduntur homi-
nes magis ad offerendum, quam ad orandum. Sic opes
opibus hauriuntur, sic pecunia pecuniam trahit : quia nes-
cio quo pacto, ubi amplius divitiarum cernitur, ibi offertur
libentius. Auro tectis reliquiis saginantur oculi et loculi
aperiuntur. Ostenditur pulcherrima forma sancti vel sanctae
alicujus et eo creditur sanctior, quo coloratior. Gurrunt
homines ad osculandum, invitantur ad donandum ; et
magis mirantur pulchra quam^ venerantur sacra. Ponuntur
dehinc in ecclesia g-emmatae noncoronae^, sed rotae cir-
cumseptae lampadibus, sed non minus fulg-entes insertis
lapidibus. Gernimus et pro candelabris 2 arbores quasdam
erectas, multo aeris pondère miro artificis opère fabricatas,
nec magis coruscantes superpositis lucernis quam suis gem-
mis. Quid, putas, in his omnibus quaeritur, poenitentium
compunctio an intuentium admiratio ? 0 vanitas vanita-
tum, sed non vanior quam insanior -^ ! Fulget ecclesia in
parietibus, et in pauperibus eget! Suos lapides induit auro,
et suos filios nudos deserit ! De sumptibus egenorum servi-
1. L'édition de Mabillon, qui date de 1690, contient à ce sujet la note
suivante : « De ejusmodi coronis (quarum una superest apud Remos in S.
Remigii ecclesia, lxxii cereolos habens) statuit Petrus abbas [Venerabilis]
ut : (I magnae illae coronae, ex aère, auro, arcfentoque elegantissime com-
positae, quae in medio chori forti catena sustentata dependet, accensi
cerei non imponantur, nisi in quinque praecipuis festis, etc. Minores coro-
nas erzas vocat. »
2. (I Nous n'avons qne des débris des magnifiques candélabres à plu-
sieurs branches qui décoraient certaines églises, notamment celle de l'ab-
baye de Saint-Remy à Reims (voy. dans le Musée de cette ville le tiers
du pied de ce beau candélabre de bronze qui datait du xii" siècle). Cf. le
chandelier en bronze doré de la cathédrale du Mans (qui date du i" quart
de ce siècle)... On ne distingue sur ce chandelier, en fait de sujets sym-
boliques explicables, que les signes des quatre Evangélistes (sur la bague) ;
tout le reste de la décoration consiste en des figures d'hommes et d'ani-
maux fantastiques mêlés à des rinceaux d'un style excellent. » CViollet-le-
Duc, Dict. du mobilier franc. ,1. II. 1871, p. 66et s., v° Chandelier, avec fig.).
3. Nous renvoyons ici le lecteur à Vacandard, op. cit., p. 119 et s., et
aux observations que nous avons eu l'occasion de présenter au sujet du
luxe dans l'architecture religieuse dans notre Étude historique et archéo-
logique sur la cathédrale et le palais épiscopal de Paris du VI' au XII*
siècle (1888), p. 62 et s., où nous avons rapproché du texte ci-dessus diffé-
rents passages des écrits de Suger et de Pierre le Chantre.
[1124] DE l'architecture en FRANCE 369
tur oculis divitum. Inveniunt curiosi quo delectentur, et non
inveniunt miseri quo suslententur ; ut quid saltem sancto-
rum imagines non reveremur, quibus utique ipsum, quod
pedibus conculcatur, scatet pavimentum ^ ? Saepe spuitur
in ore angeli, saepe alicujus sanctorum faciès calcibus tun-
ditur transeuntium. Et si non sacris his imaginibus, cur
vel non parcitur pulcris coloribus ? Cur décoras quod mox
foedandum est ? Cur depingis quod necesse est concul-
cari ? Quid ibi valent venustae formae, ubi pulvere macu-
lantur assiduo ? Denique, quidhaec ad pauperes, ad mona-
chos, ad spirituales viros ? Nisi forte et hic adversus
memoratum jampoetae versiculum propheticus ille respon-
deatur : « Domine, dilexi decorem domus tuae et locum
habitationis yloriae tuae ». Assentio : patiamur et haec
fieri in ecclesia, quia, etsi noxia sunt vanis et avaris, non
tamen simplicibus et devotis.
29. Caeterum in claustris - coram leg-entibus fratribus quid
facit ridicula monstruositas, mira quaedam deformis for-
mositas ac formosa deformitas ^ ? Quid ibi immundae
simiae ? quid feri leones ? quid monstruosi centauri ? quid
semihomines ? quid maculosae tigrides ? quid milites
pugnantes ? quid venatores tubicinantes ? Videas sub uno
1. A Srfint-Remi de Reims. le pavement était très remarquable, et saint
Bernard a bien pu y faire allusion. Voir Marlot, Hist. de la ville, cilé...
de Reims, t. II, p. 541-544, etDidron, Ann. archéoL, t. X, p. 67. Cf. sur le
Ëavé de Saint-Symphorien de Reims, que Bernard aurait également vu,
•idron, loc. cit., p. 237.
2. Voy. un commentaire détaillé de ce passage de saint Bernard, dans
l'ouvrage de M. E. Mâle, L'art religieux an XIIl" siècle en France, étude
sur V iconographie du moyen âge et sur ses sources d'inspiration (1898),
p. 67 et s.
3. On a insisté avec raison sur ce texte de saint Bernard, où il énumère
et condamne les motifs d'ornement sans leur attribuer la moindre signi-
fication, pour montrer que les prétendus symboles ne sont que des fan-
taisies d'artistes « qui n'ont pensé qu'à créer un décor et à rivaliser d'ingé-
niosité pour le plaisir des curieux ». Il s'agit là de thèmes décoratifs em-
pruntés par les artistes « en les diversifiant, selon les caprices de leur verve,
tour à tour aux étoffes, aux ivoires, aux stè4cs, aux sources barbares,
orientales ou classiques. » (A. Michel, Hist. de Vart, t. I,p. 2, p. 635). Tou-
tefois, il faut faire aussi un peu leur part, dans certains cas à des cha-
piteaux symboliques. L'influence ecclésiastique, en ce qui touche les
symboles, a pu se faire sentir quelquefois sur les artistes laïques dont les
fantaisies depuis le milieu du xir siècle, deviennent d'ailleurs de plus en plus
rares.
370 TEXTES RELATIFS A l'hiSTOIRE [1125]
capite *multa corpora, et rursus in uno corpore capita
multa. Gernitur hinc in quadrupède cauda serpentis, illinc in
piscecaput quadrupedis. Ibi bestia praefcrt equum, capram
trahens rétro dimidiam ; hic cornutum animal equum gestat
posterius. Tam multa denique, tamque mira diversarum
formarum ubique varietas apparet, ut magis légère ^ libeat
in marmoribus quam in codicibus, totumque diem occu-
pare singula ista mirando quam in lege Dei meditando.
Proli Deo ! si non pudet ineptiarum, cur vel non piget
expensarum ?
GXLIV
1123.
Autorisation accordée par Lisiard, êvêque de Soissons^ à
l'abbé de Saint-Barthélémy de Noyon, de faire cons-
truire une chapelle au prieuré de Belle fontaine^ dans le
diocèse de Soissons.
Archives de l'Oise, sér. H, 459. — Impr. : E. Lefèvre-Pontalis, L'Architec-
ture religieuse dans Vancien diocèse de Soissons au XI" et au X//" siècle
(1896), p. 8.
In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et
Spiritus sancti, amen, — Lisiardus, Dei gratia, Suessionensis
episcopus, sancte matris Ecclesie filiis tam futuris quam
presentibus in perpetuum. Loci nostri et offîcii ratio videtur
exigere ut bene postulantium precibus annuentes aurem eis
facilem prebeamus. Cognoscat itaque generatio presens ac
posteritas se[c]utura quod domnus Rainardus, Beati Bar-
tholomei Noviomensis ecclesie minister, nostram adierit
presentiam et super his que hic continentur inferius nostre
corroborationis auxilium expetierit. Est in continue duo-
1 . Cette heureuse expression de saint Bernard, si on l'applique, par
exemple, à la statuaire des portails, à la décoration des porches, fait pen-
ser à ce qu'on a pu appeler depuis lors avec justesse le « livre de pierre »
ou môme la « Bible des pauvres ».
[Vers 1126] de l'architecture en frange 371
rum territoriorum Caine^ et Nancel^ locus quidam qui
Bellafontana-^ nominatur... Concedimus... eisdem fratribus
ut ibidem oratorium liceat sibi construere, tantum ut in
ex[s]truendo ^ oratorio sive ecclesia alterius terram non
occupent, décimas parrochie reddant, alterius parrochiam
non sollicitent^... Signuni domni Lisiardi episcopi..
Actum Incarnationis domihice anno MGXXV, indictione
III, régnante Francorum rege Ludovico.
CXLV
Vers 1126, et 1140-1181.
Reconstructions successives de la cathédrale Notre-Dame
d'Evreux. — Donation faite par le comte d'Evreux pour
la couverture de cette église.
1. Aujourd'hui Caisnes, cant. de Noyon, arr. Conipiègnc.
2. Nampcel, cant. d'Attichy, arr. Gompiègne.
3. Il s'agit de lîellefontaine, localité qui est située aujourd'hui dans la
comni. de Nampcel." Le plan de cet édifice se coni|)ose dune nef accom-
pagnée de deux collatéraux qui se prolongent de chaque côté du chœur
carré. La nef dont il reste encore quelques ruines, devait être recouverte
au xii" siècle par une seule croisée d'ogives garnie de trois tores, si
l'on en jujfe par ime amorce de nervure qui vient retomber sur un fût
coupé près de l'arc triomphal. Cetle grande voûte établie sur plan carré
embrassait donc les deux travées de la nef » (Lefèvre-Pontalis, op. cit.,
p. 5-6). Voy. ihid., pi. XVIII et XIX). Il y a lieu de constater avec cet
auteur des rapprochements entre des formes architecturales de cette
chapelle et celles de la nef de la cathédrale de Noyon.
4. « L'endroit où s'élevait le prieuré avait souvent fait l'objet de litiges
entre les évéques de Soissons et de Noyon, parce qu'il se trouvait au bord
d'une petite enclave attribuée au diocèse de Soissons dès le ix" siècle. »
(E. Lefèvre-Pontalis, op. cil., t. II, p. 5.)
5. « Ce document nous permet d'affirmei* que la chai)clle fut élevée
entre les années 1125 et 1130, car les moines n'auraient pas sollicité la per-
mission de construire sans avoirl'intention d'en profiter immédiatement. »
llbid.). — Contra, Anthyme Saint-Paul (liev . de i'nrl chrétien, a. 18'J5,
p. 11), qui estime que les moines attendirent de nouvelles ressources avant
de se mettre à l'œuvre. M. Enlart, après avoir admis que ladite chapelle
était un monument antérieur à lli5 {L'arch. romane el de transition danx
la région picarde, Introd.. p. II, not. 2), est revenu sur sa première oj)!-
nion dansïerraliim, en fixant la construction de la chapelle au milieu du
xii" siècle ((/)('d.,p.239). Cetle dernière conclusion a été combattue, à l'aide
d'arguments tirés de la sculpture comparée des tailloirs et des chapiteaux,
par M. E. Lefèvre-Pontalis qui insiste sur l'importance du texte ci-dessus
et de la date(|u'il renferme (p. 7 et 8).
372 TEXTES RELATIFS A l'iiistoire [Vers 1126]
Willelmi Gemeticensis Hist. Normann., 1. VIII, c. xxxii, dans Duchesne,
Histor. Normann. script, ant. (1619), p. 309.
(Cf. Rec. des Hist. de Fr., t. XII, n. éd. 1877, p. 581.)
[Vers 1126]. ^ — Praetereô quod ecclesia Beatae Mariae
Ebroicae civitatis ipsius, quadam pia, ut ita dicatur,
crudelitate destructa et iterum reaedifîcata, omnes fere eccle-
sias Neustriae sua pulchritudine superat. Nam cum, ut sae-
pius dictum est, eadem urbs [Ebroica] causa discordiae Amal-
rici 2 incensa a rege ^ fuisset, et ecclesia episcopalis sedis
minime ab incendio liberari valeret, rex eidem ecclesiae
postmodum tanta in redditibus concessit, unde ipsa in
melius renovata ^, et summa reddituum ipsius episcopa-
tus hac de causa in perpetuum plurimum esset augmen-
tata...5
Petit cartulaire du Chapitre de la cathédrale d'Evrenx, publ. par T. Bon-
nin : Analectes historiques, IV.
(Cf. l'abbé J. Fossey, Monographie de la cathédrale d'Evreux, 1898,
Pièc. justif.,!!" II, p. 219.)
1. Sur cette date, voy. J. Fossey, op. cit., p. 23; cf. Le Batelier d'Aviron,
Mémorial histor. des evêques d'Evreux, p. 50.
2. Le comte Aniauri de Montfort, neveu et héritier de Guillaume
comte dEvreux, l.XII. Voy. Ord. Vital, ^is< eccl., 1. XII ; —cf. Le Bras-
seur, Hist. civ. et ecci. du comté d'Evreux, ch. XIX, p. 126.
3. Henri I", roi d'Angleterre, fils de Guillaume le Conquérant (1100-
1135).
4. « Basilicam Beatae Dei genitricis Mariae, quae tempore illo combusta
fuerat, a fundamentis reparavit », dit Orderic Vital, 1. XIII, éd. Le Prévost,
t. V, p. 149, à propos de l'évèque Audin, ancien chapelain d'Henri, roi
d'Angleterre, lequel évoque mourut le 2 juillet 1139.
5. Vers la lin du xn" siècle, un nouvel incendie dévasta la cathé-
drale :
Ebroicas primo sic incineravit, ut omnes
Cum domibus simul ecclesias consumpserit ignis,
ajdit Guillaume le Breton, à propos de Philippe-Auguste qui, dans sa lutte
avec Richard Cœur de Lion (1195), la fit incendier. Voy. Philipp., 1. IV;
cf. Le Brasseur, op. cit., p. 168, et Fossey, op. cit., p. 33-34. Voy. ihid., le
plan restitué de la cathédrale d'Evreux au xii" s. Cf. le recueil de M.
de Baudot, Les cathédrales de France, fasc. 3 (fig.). — M. Enlart, Man.
d'archéol. fr., t. I, p. 436, n. 1, et p. 440, signale l'emploi des voûtes
d'ogives dans les bas-côtés de l'église.
[H26-H37J DE l'architecture en frange 373
[1140-81] — Universis matris ecclesie fîliis tam clericis
quam laicis SLimo] *, cornes Ebroicensis, salutem etdilectio-
nem... Volo et concedo quod donum, quod Deo a predeces-
soribus meis factum est, scilicet LX s., adteg-endam eccle-
siam 2 Béate Marie annuatim reddendi, a me et meis here-
dibus intègre imperpetuum teneatur ^..
CXLVI
1126-1137.
Reconstruction et mise en état de défense du chàteau-fort
de Blaye, relevé par les soins de Vulgrin Taillefer, comte
d' Angoulême .
Historia, ponlificuin et cornitum Enjolismeiisium, dans Rer. EngoUsm.
Scriplores, éd. Gastaij^ne (1853), p. 15.
(Cf. Labbe, iVoDa bihl. man., t. II, 1657, p. 260-261. — Bouquet, Rec.
des Hisl. de Fr., n. éd., t. XII, 1877, p. 395.)
...Guillermo minore^ duce Aquitaniam tenente, castrum
Blaviae ^ quod pater, similiter dictusGuillermus'J,praeobsi-
dione côperat, et turrem et muros destruxerat, cornes Vul-
grinus ^, congregato magno exercitu et propriis expensis,
contra voluntatem praedicti ducis et universae fortitudinis
illius reaedificavit, et ita munitum et inexpugnabile reddi-
1. Simon, dit le Chauve, comte d'Evreux (lliO-1181).
2. Les travaux de reconstruction de la cathédrale dont le type est dérivé
de celui de Saint-Etienne de Beauvais se continuèrent sous l'épiscopat de
Rotrou de Warwick, qui avait succédé à Audin, jusque vers 1170, d'après
J. Fossey, op. cit., p. 24, n. 3, et p. 33. Aucun document ne mentionne la
consécration de cette troisième cathédrale.
3. Outre Touvraj^e de Fossey (avec pi. et %.\ cf. Anthyme Saint-Paul,
La, Transition, 2» art., § 26, dans la Rev. de l'art, chrétien, V' sér., t. VI,
1895, l«"livr., p. 15.
4. Guillaume le Toulousain, duc d'Aquitaine, de 1126 à 1137.
5. Blaye, sur la Gironde, à 33 kil. N. de Bordeaux, auj. ch.-l. d'arr.
(Gironde).
6. Guillaume le Jeune, duc d'Aquitaine, de 1086 à 1126.
7. Vulgrin Taillefer II fut comte d'Angoulème de 1118 à 1140.
374 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIHE [1126-1138]
dit, quod non solum cuilibet infestationum, sed etiam duci
Aquilaniae et ejus exercitui usque in hodiernum resistere
poterat K..
CXLVII
1126-11382.
Reconstruction en pierre de Vé(jlise abbatiale Cistercienne de
Fonffuillem, au diocèse de Bazas, en remplacement d'une
chapelle de bois,' confraternité, aumônes et quêtes insti-
tuées en vue de cette construction.
Gallia chrisliana t. I (1715), col., 1220-1221.
LlTTERAE GaUFREDI, VaSATENSIS EPISCOPI, QUIBUS FIDELES OMNES
HORTATUR UT FRATRIBUS FoNTIS GuiLLELMI MONASTERIUM
AEDIF1CANTIBUS DE SUIS BONIS SUCCURRANT.
Est siquidem in episcopatu nostro domus quaedam quae
appellatur Fons Guillelmi'^ in qua abbas et fratrum con-
ventus aedifîcationum insudant laboribus . . . habentes namque
capellam lig-neam tôt fratribus minus idoneam, monas-
terium aedilicant lapideuni, a quo cum quae necessaria
sunt, ibi rara inveniantur^ etalong-e portarioporteat, potius
a multis aestimabatur desistendum quam insistendum...
Clericis vero nostri episcopatus mandando praecepimus
quatenus eorum nuntios in domibus suis bénigne reci-
1. Sur ces événements, voy. A. Richard, Hist. des comtes de Poitou,
t. II (1903), p. 7-8 ; cf. Massiou, Hist. de la Saintomie et de l'Aunis, t. I,
(1838), p. i4i ; l'auteur de ce dernier ouvrage a publié le te.xte ci-dessus
d'une façon très fautive.
2. Ces dates sont celles de l'épiscopat de Geoffroi, évêque de Bazas.
3. L'abbaye de Fonguilleni était située à quelques kil. de lîazas; aujour-
d'hui dans la comm. de Masseilles, cantdc Grignols (Gironde). Voy. O'Rcilly,
Hssni sur l'histoire de l'urrond. de Basa.? (1840), p. 359, cf. Rev. calhol.
de Itorde.iux, 1883, p. 598. L'abbaye de Fonguilleni avait été fondée en 1124
(voy. Gallia christ., t. I, Iiistr., col. 190; Janauschek, Orig. Cistercienses,
t. I, p. 109). Il faut noter ce fait que la reconstruction de l église abbatiale
a suivi de très près la fondation du couvent.
4. Encore aujourd'hui le Hazadais olïre beaucoup de bois, mais il ne
présente pas les ressources en pierres calcaires, dures ou tendres, que
renferment d'autres contrées de la Gironde.
[U27]
DE l'architecture EN FRANCE 375
pientes populum sibi commissum diligenter admoneant ut
ad saepedicti monasterii opus largas mittant eleemosynas,
et fraternitati, quae ineadem abbatia FontisGuillelmi statuta
est, si eis placuerit, se associent; vel, si aedifîcationipraeli-
bati monasterii de bonis suis aliquid miserint, de injunctis
sibi poenitentiis XL dies relaxamus.
CXLVIII
1127.
Le bourg et le château comtal de Bruges. — Les fortifications
de V église collégiale de Saint-Donatien ; V enceinte forti-
fiée du cloître de ladite église.
De miiUro, iraditione et occisione gloriosi Karoli. comitis Flandriarum,
auct. (jalbcrto Hrugensi, [c. 37] et [c. 40], cd.sous le titre de Histoire du
meurtre de Charles le Bon, comte de Flandre (1127-1128), par Galbcrt de
Bruges, piibl. par H. Pirenne'. Paris. 1891, p. 60 et s.
(Cf. Koepke.dans Mon. Germ. hist. Script. XII, (1856), p. 581. — Migne,
Patr. lat., t. CLVI, col. 978, § 62 et 67.)
[37] — Igitur ~. cum securos fecissent se obsessi in exiti-
bus suis, instabant obstruere fores templi ad meridiem et
fores domus comitis, quae exibant in castrum, foresque quae
1. Pour les autres éditions, voy. cet auteur, Préf., p. xxi et s.
2. « Il est indispensable, pour l'intelligence de la suite du récit, dit
M. Pirenne, éd. cit., p. 49, n. 1, de donner ici quelques renseignements topo-
graphiques sur le bourg de Bruges, où se sont réfugiés les conjurés. Le bur-
gus, castellum, castrum... occupait l'emplacement encore désigné aujour-
d'hui à Bruges par le nom de bourg ou burq. Il était défendu par un fossé
sur lequel étaient jetés des ponts. Galbert n^en mentionne que trois, mais il
en existait probablement quati-e, situés à l'emplacement des quatre rues
qui se détachent du bourg vers l'intérieur de la ville. Des murailles, d'une
quinzaine de mètres de hauteur (g 40). s'élevaient au bord du fossé : elles
étaient flanquées de tours... reliées par un chemin de ronde {circumcursus,
§ 37), disposition identique à celle qui existe encore au château des comtes
à Gand, construit au xn' siècle. A l'intérieur, divers bâtiments étaient
disposés autour d'yne cour centrale (curtis comitis). C'étaient l'église de
Saint-Donatien, le dortoir, le cloître et le réfectoire des chanoines, les
écoles et la maison du prévôt (§g 42, 60). La maison du comte {domus ou
caméra comitis) était reliée à l'église par un passage voûté (§ 41). Des esca-
liers partant de la cour y donnaient accès (§ 41) ; elle était surmontée
d'une haute tour (§ 81) et pourvue, comme la maison du prévôt, d'un bal-
con [lobium] s'ouvrant vers l'extérieur du bourg (§§ 29, 42, 44). Les diver.s
bâtiments renfermés dans le bourg étaient couverts en bois (§ 42) ; l'église
376 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1127]
a claustro se porrexerant in castrum ut, si aliquo suo infor-
tunio curtem comitis perdidissent, sese'reciperent in domum
comitis et in domum prepositi, simulque in refectorium
et claustrum fratrum et infra ecclesiam. Stabat autem eccle-
sia Beati Donatiani aedificata in rotundum etaltum, contecta
fictitio ' opère, ollis^et lateribus cacuminata ^ : nam olim tegu-
men ecclesiae lignorum compositione astruebatur, et elevata
materia campanarii in altitudinem artificiosum opus eadem
susceperat basilica ; unde honestatis suae fulg-ore praeemi-
nebat velut regni sedes, et in medio patriae securitate et
pace, jure et legibus undique terrae partibus salutem et
justitiam demandans. Quippe ig^nis dispendio omnis ligno-
rum materies consumpta est olim, et ideo contra ig-nis
molestiam lapideum et taie opus confînxerant ex oUis et
lateribus, quod elementum igneum exurere non potuisset.
In parte quoque ejusdem templi occidentem versus, turris^
fortissima in eadem templi essentia altiore statura eminebat,
in supremis dividens se in duas turres acutiores '^. Murus
seule avait un toit de tuiles (§ 37). Outre ces divers bâtiments dont nous
parle Galbert, le bourg renfermait encore une salle de justice [domus
sca/)ina<us), construite par Baudoin Bras-de-fer, conformément aux stipu-
lations du capitulaire de Quierzy (v. Jean d'Ypres, Mon. Germ. hist. Script.,
t. XXV, p. 768). Le plan du bourg de Bruges au xvn" siècle, publié par
Sanderus, Flandria illustrata, II, p. 36, peut encore servir à faire com-
prendre la disposition des lieux. Plus récemment, M. Duclos, Onze helden
van 1302 (Bruges, 1881), a publié le plan du bourg tel qu'il était au xiv
siècle. »
1. Koepke pense avec raison que ce mot a le même sens que fictilis.
2. Il n'est pas impossible qu'il s'agisse ici de pots en terre cuite (ollae)
placées dans l'épaisseur de la construction comme moyens d'acoustique
et agents de répercussion du son. On connaît notamment pour les xiii° et
xiv siècles, comme pour les époques suivantes, des exemples de ce pro-
cédé d'acoustique monumentale dont il est déjà question dans Vitruvx
(Voy. Annales archéol., t. XXII, p. 294 et s., p. 354-355.) Certains de ces
exemples s'appliquent au chœur des églises. Cf. le mémoire de l'abbé
Cochet, intitulé Notes sur les poteries acoustiques de nos églises.
3. Cacuminare signifie donner une forme allongée en pointe, ce qui s'ap-
plique ici à l'extrémité supérieure de la construction.
4. Sur les fortifications des églises du Nord, de la Flandre en particulier,
voy. Enlart, Man. darchéol. fr., t. II, p. 548 et s., où l'exemple de Saint-
Donatien est cité; voy. aussi pour le mode des constructions d'architecture
religieuse de ce pays, où le bois était très employé, God. Kurth, Notger,
de Liège et la civilisation an X' siècle, t. I (1905). Sur les églises castrâtes,
les chapelles seigneuriales et autres constructions s'élevant à côté de la
demeure du seigneur en Flandre, voy. les témoignages réunis par H.
Pirenne, Les villes Flamandes avant le XII' siècle, dans les Annaies deVEsl
et du Nord, t. I, (1905), p. 18.
5. « L'église de Sainte-Marie à Maestricht a conservé une tour romane
présentant identiquement la même disposition. » (Pirenne, ibid.)
[1127-1137] DE l'architecture en France 377
quidem circumcinxerat et domum prepositi et dormitorium
fratrum et claustrum et pariter omne illud castrum, atque
ille murus, quem tandem obtinere sibi presumpserant, pro-
pugnaculis ^ et circumcursu ad extra pug-nandum altior et
fortior stabat. Et quamquam in se murus fortis et ascenso-
ria^ fîrma fuissent, elaborabant nocte et die sese tutiores
intrinsecus reddere.
. . . Intérim ^ murum perforare satagebant cementario-
rum malleis et universis ferramentis...
CXLIX
1127-1137, et 1184.
Règlement établi par Guillaume VIII^ duc d'Aquitaine,
comte de Poitiers, à r occasion de la construction deséglises
abbatiales de Fontaine-le-Comte , en Poitou, et de Sablon-
ceaux, en Saintonge [ordre de Saint-Augustin) ,' faveurs
spéciales accordées par ledit seigneur, — et confirmées plus
tard par Richard Cœur-de- Lion, — aux maçons, charpen-
tiers, et autres ouvriers employés à ce genre de travaux.
Gallia christiana, t. II, 1720, Inslr., n° LUI*, col. 370.
1. Cf. ce passage : ... « Stabant ad lobium comitis et ad propngna,-
cula... » Il s'agit d'une espèce de balcon ou de galerie, en flamand loof. Au
XIV* s., la maison du comte ('s Graven-Steen) dans le bourg de Bruges
s'appelait de Loove.
2. Escaliers pour monter sur les remparts.
3. Un peu plus haut, ce texte mentionne une maison forte « domus
fortis satis », telle que la noblesse en possédait beaucoup dans les villes
flamandes du moyen âge. Gislebert, à la fin du xu* siècle, parle des
tours que les nobles possédaient : « homines in Gandavo et potentes
parentela et turribus fortes, » C'est une variété des maisons de pierre
{domus lapideâe) ; cf. le mot flamand steen pour les désigner. Notons enfin
l'exemple que nous tirons d'une lettre écrite en 1179 par l'archevêque de
Reims aux bourgeois de Gand, où nous retrouvons les expressions sui-
vantes : « arces domorum cum turribus » (Miraeus, Opéra diplom., t. II,
p. 974.)
4. « La charte originale de la fondation de l'abbaye de Fontaine-le-
Comte ne se trouve pas aux Archives de la Vienne, pas plus que celle
par laquelle Richard Cœur-de-Lion confirme les biens et droits de cette
abbaye. » (Note communiquée par M. Richard, archiviste de la Vienne.)
Cette charte de fondation existait encore en 1750 à Fontaine-le-Comte.
Voy. aussi Gallia christ., t. cit., col. 371.
378 TEXTES RELATIFS A l'h[ST01RE [1127-1137]
In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. — Ego Willel-
mus ^, dux Aquitanorumet cornes Pictavorum, pro sainte ani-
mae meae et parentum meorum et filiorum meorum, do magis-
tro Gaufrido de Laureolo^ et fratribusejus, qui saeculo abre-
nuntiantes nostris teniporibus paupertatem Christi elege-
runt ; his, inquam, successoribusque eorum ibi relig-iose
Domino deservituris do locum qui dicitur de Fonte Gomitis-^,
ad aedifîcandam ecclesiam Domino, cum nemoribus etlandis
et universis quae ibidem ad jus nostrum pertinere dinos-
cuntur, ut libère deinceps et quiète possideant. Qui locus
situs est prope urbem Pictavim, et extenditur in longum a
nemore Herberti usque Gruptellas^, et in latum a nemore
de Maseils^ usque ad viam S. Maxentii *^ quae per Fontem
Gomitis tendit Pictavim, scilicet et nemus praedicto loco
contiguum. , . Insuper praedictis Ghristipauperibus, scilicet
magistro Gaufrido et fratribus ejus, do in pago Xantonico,
in foresta quae dicitur Baconeis, locum de Sabluncellis' ad
aedifîcandam ecclesiam Domino, et de foresta in usus fra-
trum inibi Domino famulantium . . . Gonstituimus etiam ut
quaecumque hic ad aedificia cOnstruenda, sive ad usus quoti-
dianos fratribus praedictae ecclesiae de Sabluncellis lignis vel
lapidibus, velpascuis, velagris seualiquoalio modo necessaria
fuerint, de foresta quae vocatur Baconeis*^, absque alicujus
contradictioneseuexactione vel precio, libère ac quiète perci-
piant, . , Et praeterea, lignorum seu lapidum opifices ac pos-
tremo omne operariorum genus, quandiu operibus eorum
intendunt, vel dum de opère ad propria remeant, vel de domi-
1. Il s'agit bien ici de Guillaume VIII et non d'un de ses prédécesseurs
portant le mémo nom. Voy. L. Rédet, Notice histor. sur Vahfjaye de Fon-
Uine-le-Cnmle, dans les Méin. Soc. anliq.de VOuest, III (1838), p. 226-261.
2. GeofTroi de Loriol, qui est appelé aussi Geoll'roi de Loroux, arche-
vêque de Bordeaux à partir de 1 137.
3. Aujourd'hui c. du cant. S. de l'arr. de Poitiers (Vienne). Voy. L. Ré-
det, Dict. top. du dép. de la Vienne., 1881, p. 170.
4. Groutelle, c. du cant. et arr. de Poitiers.
5. n Maseils repond à Mczeaux, ancien ch.-l. de commune perdu dans les
bois près de Fontaine-le-Comte, et qui est aujourd'hui réuni à la com-
mune de Li}çu{^é. » (Note communiquée par M. Richard.)
6. Saint-Maixent, ch.-l. de c, arr. Niort (Deux-Sèvres).
7. Sablonceaux, c. ducant. de Saujon, arr. Saintes (Charente-Inférieure).
Ancienne abbaye soumise à l'autorité de Geoffroi de Loriol.
8. La forêt de Baconeis se trouvait entre Sainte-Gemme et Sablonceaux.
[1128-1184] DE l'architecture en frange 379
bus suis ad opéra veniunt, sicut cetera eorum familia, salvi
remaneant undique et illaesi ; nec per aliquam violentiam
ministerialiuni nostrorum quisquam opéra riorum ab opère
ipsorum amoveri atque ad alia traduci sit licitum. Hanc
autem rerum nostrarum largitionem et praedictam libertatem
pro amore Dei et pro salute animae meae, praedictis fratri-
bus indulgentes ^ sigilli nostri munitione confirmamus. . .
CL
1128-1184 environ.
Réorganisation du prieuré de Sainie-Barhe-cn-Augc [ordre
de Saint- Augustin), au diocèse de Lisieux, par le prieur
Guillaume, ancien trésorier de Henri 7^'", roi d Angleterre,
duc de Normandie ; construction de bâtiments prieuraux
et travaux d'hydraulique exécutés par le chanoine Hébert.
Anonymivera narralio fnndalionis pj'ioralus Sanctae Barharne in Algia
ou La chronique de Sainte-Barbe-en-Aucfe-, éd. par R. -Norbert Sau-
vage, dans les Mém. de l'Acad. des Sc.,arlset belles-lettres de Caen, 1906,
p. 21-24 (d'après le ms. 1643 de la bibliothèque de Sainte-Geneviève, cop.
du XIV' siècle) *.
(Cf. A. Du Monstier, Neiislria pia, 1663, p. 716 et s. — A. Le Large,
De canonicornm ordine disquisitiones..., 1697, pp. 537-545).
. . . Accidit ut Rabellus ^, filius Guillelmi Camerrarii,
cujus consilio tota fere regalis curia tune temporis
1. Cf. supra lacté de 1120, c'est-à-dire d'une époque presque contem-
poraine de celle qui nous occupe ici, relatif aux immunités accordées par
le comte d'Anjou aux maçons et charpentiers de labbaye de Saiut-
Jouin de Marnes, en Has-Poitou, région voisine de celle dont il est ques-
tion dans le présent texte.
2. Aujourd'hui dans la commune d'Ecajeul, cant. de Mézidon, arr.
Lisieux (Calvados . — Sur la place et les fondements de cet ancien monas-
tère, voy. de Caumont, Statistique monum. du Calvados, t. V, (1867), p.
471, v° Abbaye de Sainte-Barbe. « Il ne reste plus rien des bâtiments de
ce prieuré, qui relevait de l'ancien diocèse de Lisieux et qui fut, en 1607,
rattaché aux Jésuites de Caen. » (Note de l'éditeur.)
3. Pour les autres sources bibliographiques, voy. outre Sauvage, op. cit.,
p. 4-5, L. Delisle, Chronique de la fondation de Sainte-Barbe, dans
Vllist. tilt, de la France, t. XXXII (1898), pp. 213-219.
4. RabelleChambrier, delà famille des chambriers deTancarville, fils de
Guillaume de Tancarville et de Mathilde d'Arqués. (Cf. A. Deville, Hist.
du château et des sires de Tancarville, 1834, p. 121 et s. Voy. aussi
L. Delisle, op. cit., p. 214.)
380 TEXTES RELATIFS A l'hISTOIRE [1128-1184]
inc[u]mbebat, Deo inspirante, disponeret ponere in eccle-
sia que dicitur Sancte Barbare canonicos regulares, in
qua proavus ejus Stigandus i, tempore Guillelmi, Ang-lo-
rum régis et domitoris, prebendas et canonicos instituerat
seculares. Patris itaque et filiicommunicatoconsilio, habito
quoque super hoc régis et episcoporum assensu pariter et
suffragio, Guillelmus coactus est de nido sue conversionis
exiredomusque regularis ordinande, adhuc in ordine recens,
curam suscipere. Qui abbatis nomen prorsus refugiens,
nomine et offîcio prioris contentus est, contemptor pompe
qua maie in seculo usus est. [Ajdduxit autem secum duos
fratres, viros strenuos, qui de civitate Rothomagensi apud
Desertum^, relictis opibus suis, causa religionis, secontule-
rant, Ernaldum et Hebertum. — Et iste est Hebertusqui,
post mortem Guillelmi ^ prioris, sub pâtre Daniele ^, a latere
dextro ecclesie aulas hospitum, offîcinas "fratrum, per sede-
cim annos instanter edifîcavit, et pereas aquam fluminis^
magno s[u]mptu ac sudore adduxit. Hii très in nomine
Sancte Trinitatis ecclesiam Béate Barbare, comitante obe-
diencia unanimiter adierunt, seque in ea omnibus diebus
vite sue sub beati Augustini régula militaturos, voto pari
Domino obtulerunt. Factum est anno M^C^^XX^VllP ab
Incarnacione Domini, gaudente fundi domino et favente
Johanne*^, Lexoviensi episcopo. Ecclesia vero que dicitur
Sancte Barbare in honore beati Martini ab antiquo fun-
1 Sur Eude Stigand, voy. Orderic Vital, Hist. eccl., éd. Le Prévost, t. II,
p. 104. Ce seigneur de Mézidon avait fondé, à l'époque de Guillaume le Con-
Suérant, une église pour y placer des reliques de sainte Barbe, apportées
'Orient ; il y avait établi des chanoines séculiers, que son petit-fils Rabel
de Tancarville remplaça, en 1127, par des réguliers. La première fondation
de Sainte-Barbe-en-Auge avait eu lieu en 1068.
2. On trouve dans le Calvados une ancienne localité du Désert (cant. de
Vassy, arr. Vire), qui fut le siège d'un prieuré dépendant de l'abbaye de
Troarn. Voy. de Gaumont, Statistique cit., t. III (1857), p. 61.
3. La mort du prieur Guillaume advint le 13 janvier 1153.
4. Daniel, Anglais d'origine, déjà prieurde Beckford (comté de Glocester),
avait été l'auxiliaire de Guillaume. Il paraît avoir rempli dans ce der-
nier monastère les fonctions de prieur pendant trente ans, de l'année 1153
environ à l'année 1183.
5. La Dive, rivière du département de l'Orne et du Calvados, qui se jette
dans la Manche.
6. Jean I", évéque de Lisieux de 1107 à 1141.
[1129] DE l'architecture en FRANCE 381
data^ etdedicata consistit. Porro, illatis in eamreliquiis béate
Barbare ~ virg-inis et martyris, per manum Roberti, filii
Stig-andi, qui de Grecia easdem reliquias super aurum et
topazion sibi preciosas attulerat, beata Barbara, ob miracu-
lorumfrequenciam, illam suo nomini vindicavit ecclesiam.
Cujus rei consideracione, prior Guillelmus in sigillo capi-
tuli ejusdem ecclesie utriusque [i]maginem efïîgiari fecit,
versiculo brevitate laudabili circ[u]niposito :
In re Martini Barbara nomen habet.
Alium quoque similis forme versiculum in sigillo ^ proprio
sculptum habebat :
Si recte vivis, fac mihi quod tibi vis.
GLI
Après 1129, et 1188-89.
Fournitures et services dus par la corporation des « fèvres »
et celle des charpentiers à lévêque de Strasbourg^ notam-
ment pour les travaux du palais épiscopal.
Règlement de Gui deJoinville, évêquede Chàlons-sur-Marne^
concernant les obligations et privilèges des « fèvres »
employés soit aux réparations et constructions neuves du
palais épiscopal, soit aux travaux de fortification de
ladite ville.
1. On peut voir dans Du Monstier, op. cit., le récit de la fondation pri-
mitive.
2. « Sainte dont l'histoire demeure fort incertaine. D'après Méta-
phraste, elle aurait été martyrisée à Héliopolis d'Egypte, en 306. Sa légende-
est dans Surius : De probatis sanctorum vitis, t. XII; Cologne, 1618, p.
123-124. » (Note de l'éditeur.)
3. Ainsi que M. Delisle l'a fait observer {op. cit., p. 215), ce type de
sceau n'était plus employé au x\' siècle, comme on le voit par un sceau
que Léchaudé d'Anisy a dessiné dans son Recueil de sceaux normands,
pi. XXII, n" 5. L'ancien usage a revécu dans les temps plus modernes.
En souvenir du sceau gravé au xw siècle, les chanoines employaient en
1680 un cachet portant la légende : « In re Martini Barbara nomen habet ».
Voy. Dcmay, Sceaux de Normandie, p. 339, n» 3019.
382 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [1129]
Premier coutumier municipal de Strasbourg-, dans W. Wieji^and, Urkiin-
denliuch derStadt Sirassbiirg. Strassburg, t. I (1879),n<'616,pp. 470-476».
[Après 1129]. — [XLIV]. Ad officium burcgravii perti-
net ponere magistros omnium offîciorum fere in urbe,
scilicet... fabrorum, molendinariorum et eorum... qui pur-
gant gladios... Et de eisdem habet potestatem judicandi^
si quid deliquerint in offîciis suis...
[XLV]. Locus autem judicationis et emendationis eorum
est in palacio episcopi ~.
[CIIIj. Fabrorum jus est, quando episcopus ierit in expe-
ditionem imperatoris, quod quilibet faber dabit equorum
ferramenta quatuor cum clavis suis, de quibus dabit epis-
copo burcgravius ad viginti quatuor equos, reliqua sibi
retinebit.
[GV.] Preterea, fabri debent omnia facere que necessaria
habuerit episcopus in palacio suo, sive in januis, sive in
fenestris, sive in januis vasorum, que de materia ferri fieri
conveniat, data eis materia ferri et ministrata intérim
vivendi expensa.
[G VI]. Si castrum aliquod episcopus obsèdent vel ei
obsessum fuerit, trecentas sag'ittas dabunt. Si pluribus
eguerit episcopus, de suniptibus suis et expensis sufficienter
administrabunt,
[GXVIII]. Carpentarii singulis diebus lune debent in
opus episcopi ire cum expensis ipsius. Gum summo mane
venerint ante palacium, non audeant recedere ante soni-
tum campane, que ad missam mane pulsatur. Si intérim
1. Cf. G. Fagniez, Doc. rel. à L'hisf. del'ind. el du commerce en France,
t. I (1898), n" 103, p. 68-71.
2. Cf. l'acte suivant. — Nous voyons qu'à Paris, en 1222, l'évèque entre-
tenait depuis longtemps, outre un maçon et un charpentier, qui étaient
parmi les artisans attachés à son service, un ouvrier en ferronnerie et
un orfèvre, lesquels jouissaient de certaines prérogatives {Carlul. de N.-D.
de Paris, éd. Guérard, t. 1, p. 122 et 123, et ibid., Préf., p. LXXXVI.). Cf.
Inslruclions du Comité des trav. Iiist., Lilt. lut. el Hist. du moy. âge,
I8i)0, p. 6] : L'orfèvre de l'évèque de Beauvais (122^),
[1188-1189] DE l'architecture en frange 383
non fuerint in opus episcopi assumpti, liberi ea die recé-
dant. Non sunt cogendi ire in alicujus opus alterius nisi
episcopi.
Archives' départementales de la Marne, sér. G, 136, fol. 386 r» (d'après
une copie de 1556), et sér. G, 161, fol. 418 r" (d'après une cop. de la
même époque).
[1188-1189]. — In nomine sanctae et individuae Trini-
tatis. — Ego G[uido]'~, Dei gratia, Gathalaunensisepiscopus,
notum fieri volumus tam presentibus quam futuris ad quos
praesentis paginae testimonium devenerit, quod omnes fabri
istius civitatis Cathalaunensis, qui moranturinbanno et jus-
titia nostra et operantur ex aère, ferro, calibe ^ et cupro,
solis iis exceptis qui operantur in argento et auro et meguen-
niis '* qui resarciunt patellas •' et cacabos ^ et lebetes^, talein
franchisiam sive cust[u]miam ^ ab omnibus episcopis ante-
cessoribus nostris, usque ad tempora nostra firmani invio-
latamque sibi servaverunt, videlicet quod ipsi debent sol-
vere omneni ferraturam quae est necessariaad domum nos-
tram, sive in ea nova fiant aedificia, sive vetera et ruinosa
reparentur, tam in clavatura pro tectis tegendis, quam fer-
raturaspro fenestriset vectes ^, pessula'*^, limulas'i sive ver-
1. Dans l'Inventaire des Arch. départ, de la Marne (sér. G, t. IV, p. 55),
cet acte est désigné sous la dénomination de « Charte des serruriers ».
Il a été publié très inexactement par Ed. de Barthélémy, Ilisl. de la ville
de Chàlons-sur-Marne, 1* éd. (1854), p. 108, et seulement analysé par lui
dans la 2» éd. (1888), p. 133. Nous remercions nos confrères, MM. P. Péli-
cier et J. Borland, des archives de la Marne, qui ont bien voulu nous procurer
une transcription du te.\te ci-dessus. Nous devons à ce dernier la connais-
sance de la cop. G 161 .
2. Gui III de Joinville fut évoque de Châlons de 1164 à 1190.
3. Acier.
4. Nous pensons avec M. J. Berlandqu'il faut lire ici meciuenniis au lieu
de mequenniis, et rapprocher ce terme du mot français meniiyer, c'est-à-
dire oifèvre qui fait la petite orfèvrerie.
5. Plats (de métal).
6. Chaudrons, marmites (de métal.
7. Bassins, casseroles (de métal).
8. Le ms. porte cnstimiam.
9. Barres métalliques transversales, maintenant la fermeture des portes.
10. Verrous. Cf. infra : pessulus.
11. Petites limes.
384 TEXTES R'ELATIFS A l'hISTOIRE [1188-1189]
vellas ipro ostiis obserandis ; debentque très secures, unam
in coquina, unam in porta et tertiam in caméra episcopi,
ita quod, si hujusmodi ferraturae inveterescant et indigeant
reparatione, veteres reddentur et ab ipsis fient novae. Prae-
terea, singulis annis, in festo sancti Remigii, ille qui habet
propriam domum et operatur de ferro et calibe débet sol-
vere integram ferraturam unius equi aut duos denarios ; si
vero non habet propriam domum, débet tantum duo ferra
equi cum clavis aut unum denarium. Caeteri vero fabri qui
faciunt acus 2, pelves 3 et lebetes, si domos habent, solvunt
duos denarios ; si non habent propriam, solvunt unum. Et
propter hujusmodi onera ipsi sunt liberi et absoluti a sum-
monitione thelonei ^ et mot[o]nnis ^ et oubliis ^ in Natale
[sic) Domini. Etsing-uli fabri qui ferra mentum ad secandum
faciunt douant duos cultellos in festo sancti Stephani ad
mensam, quando comedunt in palatio. Praeterea, si ad
munitionem civitatis fiant fossata, ipsi debent fossaria quae
vulgo appellantur pi[c]z ^, quotquot sunt necessaria ; qui-
bus completis, illa restituuntur ipsis fabris. Quod si barrae
fiant, ipsi debent cat(h)enas et ligamina ferrea quae circum-
dant epistil(l)ium ^ sive fusellum '^ ipsius barrae. Et propter
hoc ipsi fabri sunt liberi et quitti a talliis et exactionibus
quae fîunt propter clausuram et munitionem ipsius civitatis.
1. Vervelles (synon. de vertevelles), pièces de fer en forme d'anneau
qu'on fixe dans une porte pour retenir les verrous.
2. Pointes de métal, aiguilles.
3. Bassins, aiguières.
4. Tonlieu.
5. On ne saurait dire précisément, à la lecture du ms., si la quatrième
lettre de ce mot est un a ou un o. Mais, d'après M. J. Berland, il vaut
mieux lire motonnis que motannis, à cause du passage suivant d'une pièce
insérée au même registre G. 156 : « lesdicts febvres... per hoc sunt exem-
ptia tholoneo, qui est le grand thonneux de cinq solz au jour Saint-Martin,
et les mengers et les mourons qui sont les petits thonneux. »
6. Redevance féodale : droit d'oublié, d'oubliage.
■;. Le ms. G. 156 porte pitz et le ms. G. 161, pis. Il s'agit de pics, instru-
ments de fer pointus et recourbés pour ouvrir la terre. Cf. du Gange,
v° Fossorium.
8. Nous avons déjà expliqué le sens qu'a eu le mot epislilium au moyen
âge, par opposition à la signification antique de ce terme. (Voy. supra,
p. 105, n. 3.) Il est pris alors dans l'acception de chapiteau, et il s'applique
ici à ce genre d'ornement façonné à l'extrémité d'une tige de métal qui
a la forme d'une petite colonne.
9. Le mot fuseau s'applique encore aujourd'hui, dans le langage de la
serrurerie, à un barreau figurant une colonnette.
|il88-H89j DE l'architecture en France 38o
Praeterea in exercitibus faciendis, quotiens episcopus Gatha-
launensis summonetur a domino rege, ipsi eidem fabri
debent dare hachias ^ sive bipennes 2, quotquot erunt neces-
sariae ; et debent tigna trab[is] vel papilion[is] episcopi
in summitatibus ferro ligare, et etiam sudes et pessulos
cum quibus funes religantur ad sustinendam trabem vel
papilionem, in summitatibus ferrare et premunire. Debeat-
que singuli qui domos habent proprias integram ferra turam
unius equi ; si vero non habent proprias domos, debent
tantum duo ferra cum clavis ; quod accipiendum est de illis
qui operantur in ferro et cal[ijbe : nam illi qui exercentur
in cupro et ère tantum dant duos denarios, si habent pro-
prias domos, vel unum, si non habent proprias. Et propter
haec onera ipsi sunt quitti et liberi a tallia quae fit propter
exercitum régis . Nam, si fiât propter ipsius domini régis
procurationem, non sunt quitti. Ut autem haec omnia ne
per alicujus intermissionis oblivionem vel aliquorum mali-
gnantium iniquitatem valeant immutari, ut domus epis-
copalis suo jure privetur, aut ipsi fabri aliis injustis exac-
tionibus aggraventur, sicut bene et juste a praedecesso-
ribus nostris servata sunt, ita et nos inviolata servare,
intacta transmittere curamus et sigilli nostri impressione
confirmamus, SignumThomae, Sancti Pétri, signumJoannis,
Sancti Memmii, signum Rogeri, Omnium Sanctorum abba-
tis; signum Alexandri, signum Mathei, signum R[ainaujdi,
archidiaconorum, signum Jacobi, thesaurarii Cathalaunensis
ecclesiae, signum Bremundi, seneschali nostri ; signum
Stephani buticularii, signum Hugonis de Porta Materne,
militis, signum Pétri mareschalli, signum Joannis paneta-
rii, signum Manerii, burgensis-* nostri. Actum anno ab
Incarnatione Domini mille[s]imo centesimo octuagesimo
octavo. — Data per manum magistri Pétri, sigillarii ^.
1 . Très ancien exemple de la réfection latine du mot hache.
2 . Hache à double tranchant.
3. Sur les bourgeois de l'évêque de Chàlons, voy. Ed. de Barthélémy,
op. cit., 1" éd. (1854), p. 5 et suiv.
4 . Cette charte devait porter un sceau de cire rouge, comme le montre
la mention suivante, « magno sigillo cerae rubeae » à la fin de la copie de
G 156. Il y a des sceaux de cire rouge de l'évêque Gui III (Arch. de la
Marne, G 466, H 293.)
25
386 TEXTES RELATIFS A l'iHSTOIRE [Av. 1130]
GLU
Avant 1130.
Emplacement et disposition du château de Chàtel-Aillon,
en Aunis ; ses citernes et ses défenses. — Eloge de la
tbur maritime située à V extrémité d' un promontoire formé
par Vile d'Aix, entre la Rochelle et le pays de Saintonge.
Addenda chronico Richardi Piclaviensis^, dans le Rec. dex Ilinl. de Fr.,
t. XII, n. éd., 1877, pp. 418-421.
Anno Incarnationis Domini MGXXX, Willelmus, dux
Aquitanorumcomesque Pictavorum,frater scilicet Raimundi,
principis Antiocheni, coadunatis fraudulenter Castri Julii
militibus, ex insperato castrum ipsum obsedit... Est autem
castrum ^ illud supra mare Oceanum positum^ rivis, silvis
fontibusque carens, excepto puteo^ uno extra muros, ad
1. Richard de Poitiers, chroniqueur et poète du xii" siècle, proba-
blement né en Aunis, fut moine au prieuré deTile d'Aix ; on ignore la date
de sa mort.
2. La Turje serait le nom du donjon de Ghâtel-Aillon (aujourd'hui à
1 kil. de la mer, à la pointe d'un vaste promontoire formé par l'île d'Aix).
Ghâtel-Aillon fait partie de lacomm. d'Angoulins, cant. etarr. La Rochelle.
Le nom de Castrum Julii a. été appliqué fréquemment à Ghâtel-Aillon
{Caslrum Allionis), au moyen âge. Jadis ville fortifiée et importante, elle a
peu à peu disparu par les suites d'un long siège et par les assauts de
l'Océan. Il n'en reste plus que le prieuré de Saint-Romuald, alors qu'il y
avait là autrefois une église consacrée à saint Jean et une chapelle dédiée à
saint Nazaire. — Voy. les textes cités par Bruhat dans sa thèse sur la Sei-
gneurie de Châtelaillon, La Rochelle, 1901, p. 48 et s. Gf. Arcère, Histoire
de La Rochelle, et G. Musset, Richard le Poitevin, pp. 5-6.
3. « Les abbayes et les châteaux du moyen âge, dit VioUet-le-Duc, situes
souvent sur des collines élevées étaient dépourvus de sources naturelles ; •
on suppléait à ce manque d'eau par des citernes creusées dans le roc ou
maçonnées, dans lesquelles venaient se réunir par des conduites les eaux
pluviales tombant sur les combles des bâtiments et sur l'aire des cours.»
[Dict. de Varchit. fr., t. III, p. 249.) Cf. le texte suivant cité par Raynal,
Hist. duBerry, 1. 1, p. 372, n. 2, au sujet d'Hugue de Gai^ilesse, adversaire
d'Adémar de Limoges, et où il est question d'une vaste et profonde citerne
sise près d'une tour du château de Brosses, en Berry :« Turrim,quae juris
Ademari fuisse videbatur, confestim diruit. Juxta eam cisterna erat ad
colligendas imbrium aquas effossa, quadraginta quinque et eo amplius
cubitis in profundum patens. » Histor. de Fr., t. X, p. 345 : ex libr. IIMirac.
». patrit Benedicti.)
[Vers 1130J de l'architecture en France 387
radicem montis posito, cui vocabulum est Pelenertus. In
eodem tamen castello putei multi habentur, sed aqiia eorum
non est habilis ad potandum. Ipsum vero castellum mûris
et turribus ita munitum est ut nullius machinae impetus
nulliusque hominis insultus vix vereatur, nec ab hostibus
externis putetur comprehendi, si tantum inhabitantes, pane
et aqua muniti, illud defendere voluerint.
De turre MARiTiMA. — Et tu, turris maritima, cum pro-
pugnaculis in altum firmiter aedificata, filii alieni venient
usque ad te ; sed, pudoris ignominia cooperti, singuli ad
terram suam fugient ! Tu vero, ne verearis minas eorum,
sed érige audacter faciem tuam contra faciem Aquilonis !
Sta super custodiam tuam et pone gradum tuum super
munitionem tuam, convocans conlaterales tuos ut ad
auxilium tuum, si opus fuerit, cum viribus veniant !
... Habet ad sinistram Oleronensem ' insulam, octo mil-
lia in longum tendentem ; a parte autem dextra, habet pro-
montorium quoddam, quod Rudela ^ nuncupatur, et Sanc-
tonici -^ orbis provinciam. . .
CLIII
Vers 1130, 1161-1179, et 1197.
Incendie de V église de V abbaye dWndres, près de Boulogne-
sur-Mer, dont une partie des bâtiments était construite
ou recouverte en bois. — Reconstruction de la porte de
ladite abbaye sur le modèle de celle de Saint- Ber tin ; clô-
ture de la maison-Dieu d'Andres. — Part personnelle prise
par l'abbé Pierre et par les moines à la réédification de
Véglise abbatiale faite par maître Aimon ; contribution
des paroissiens. — Travaux divers [maison-Dieu , pont
1. L'île d'Oléron, sur la côte de l'Aunis. Aujourd'hui, Ghâteau-d'Oléron
est ch.-l. de c, arr. Marennes (Charente-Inférieure).
2. La Rochelle, au fond d'un golfe de l'Océan (ch.-l. de la Gharente-
Inf").
3. Le pays de Saintes, situé à 72 kil. environ de La Rochelle.
388 TEXTKS RELATIFS A l'iiistoire | Vers 1130J
de pierre) exécutés par ledit maître d'œuvre. — Becons-
truction somptueuse de l'infirmerie et du cloître par
les soins de l'abbé Itier.
Willelmi^ chronica Andrensis^, éd. J. Heller, dans Mon. Germ. hist/^
Script. XXIV (1879), §§ 34, 51, 54, 64. 66, 70, 78, 116, p. 698, 706-708, 710-
712, 713-714, 724.
(Cf. Veterum aliquot scriptorum... spicileqium, éd. d'Achery, in-4'',
t. IX, 1669, p. 421 et s.)
34. [Vers 1130.J — Ecclesia |3resens... fulg^urata est
et cuni omnibus appendiciis suis penitus concremata.
Siquidem, sieut ab illis audivimus qui hoc viderunt et audie-
runt etusque ad nostra tenipora duraverunt, hostis humani
generis in specie ursi super ecclesiam visus estcircumquaque
discurrere, turrini laterculis ligneis coopertain ascendere et
contlagrantes laterculToJs super cuncta edificia proicere.
Apparent adhuc per omnesfere dormitorii macerias ruinosa&
et scabrosas ejusdem celestis incendii vestigia, quia post-
modum cetera edificia sunt per gratiam Dei in melius refor-
mata. Combusta etiam in ipso incendio domus infirmorum
lignea, spociosa et sumptuosa, a nobili viro Radulpho de
Dovera'^, domini Manassis comitis commilitone et amico
speciali, composita, ea quidem intentione quod cum eodem
comité decreveratin sancto proposito vite residuum ducere
et in eadem domo decedere
5i . Annodominice Incarnationis MCLXI, prefato domina
Petro ad regimen hujus loci divinitus — transmisso,..^
voiens vir discretus oves pascue Dei in ovilj recludi et a
1. L'abbé Guillaume, originaire du comté de Guines, né vers 1117, écri-
vait au commencement du xiii° siècle, et il était contemporain de Lambert
d'Ardres. Sur Guillaume d'Andres et sa chronique, voy. Pnrenty, dans
Mèm. Soc. desanliq. de la Morinie, t. X, 1860, p. 51 et s. ; voy. aussi l'avant-
propos placé par Heller en tête de son édition {op. et tom. cil., p. 685
et suiv,).
2. Andres est aujourd'hui une commune du cant. de Guines, à 4 kil. de
cette ville, arr. Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). L'abbaye d'Andres,
fondée en 1084, dédiée au Saint Sauveur et à Sainte Rictrude, a été « dé-
truite en 154 i. » (De Loisne, DicHonnaire topoçfraphique du Pas-de-Calais,
p. 11.) Il ne subsiste plus j^uère de ses monuments que des tombeaux
et des fragments décoratifs. Voy. L. Deschamps de Pas, Noies sur des
découver les... faites à Andres {Bull. Soc. des antiq. de La Morinie, IV*
vol., p. 474 et 477; cf. V' vol., p. 135),
3. Douvres, ville d'Angleterre (Kent), à 26 kil. S.-K. de Cantorbéry.
[Vers 1 1 30] de l'architecture ex France 389
secularibus secerni, quas ab eisdem constabat porte lignée
et sepium septis solummodo separari, statim in proxima
quadragesima post hiemem, qua ad nos intravit, ad exem-
plar ' porte Sancti Bertini portam hic lapideam incepit ; et
extra priores terminos eam collocans, ita quod aditus domus
elemosinarie deintus esset, qui prius deforis extiterat, eam
valvis munivit et plumbo cooperuit. Deinde per totam esta-
tem sequentem fît sumptuosus lapidum et calcis apparatus,
quatenus, loco et tempore amotis sepibus, sepe, sepius et
sepissime transgressis et inordinate conculcatis, domum
Dei circumcingeret lapideus murus. Hoc ejus propositum
impedivit multiplex guerra, ante ejus adventum in terra
Gisnensi et pro terra Gisnensi suborta et nondum sopita —
54-55. [Vers lifii.J — De translatiqne béate Rotrudis sur
abhate Petro. — Nacta tamen opportunitate et peracta béate
Rotrudis translatione, dominus Petrus [abbas] cementarios
et lapidum cesores conduxit, cimiterium monachorummuro
circumcingit, et, ut virgultum dilataret, mansionarios a
parte orientali manentes, dato terre concambio, retrocedere
facit, sumptus ad domos amovendas providet et disponit et
stratam publicam inter ipsos mansionarios et murum 'cons-
tituit. Apparent adhuc in ipso virgulto quidam aggeres
supra finitimam terram prominentes et infra murum satis
distantes et a nostro cimiterio usque ad horti septa ab aus-
tro versus aquilonem se extendentes, ubi supra modicum
fossatum clausura sepium monasterium claudebat atque per
liortum nostrum et virgultum predicto militi et ejus fami-
liead ecclesiam properantibns via pervia patebat. Vidit et
invidit homo malitiosus nec ulterius cohibere potuit teme-
rarios ausus. Precepititaque et per membrorum mutilatio-
nem terribiliter interdixit, et per edictum publicum promul-
gavit, ne quis omnino ad opus mûri accederet, nec contra se
et domum suam munitionem erigere presumeret.
J. M. Enlart, dans son Man. d'archéol. fr. (t. I, § 13, Copies dans l'art
tlu moyen âçe, p. 83, n. 1), a donné des exemples de modèles d'architecture
imités particulièrement en France du xnr au xvr siècle. Le passage ci-
dessus nous en offre, pour le xii" siècle, un autre exemplo notable.
390 TEXTES RELATIFS A i/histoire [Vers 1 1 72]
Sed |3astor intrepidus, ibi minas non mctuens ubi alii
metuebant, viris se ab opère subtrahentibus, monachoa
et conversos i, mulieres tam mundanas quam conversas, ad
opus ceptum invitabat, et ad portandum lapides aut cemen-
tum ad quodlibet vehiculum, quod vulg-o dicitur chiveria^^
ex una parte feniinam, ex altéra ^■ero monachum novo labo-
randi génère operari monens instruebat. Nec ipse tamen
a ceptis desiitvelotio induisit, sed assidue, cuculla(m) pre-
cinctus, cum lig-no vel virgula g-eometrica ■' lapides metiens.
et vehiculo superponens, et ipse laborabat et alios exemplo
sui ad laborem viriliter incitabat, representans in se et in
sibi subditis filios antique transmigra tionis, qui templum
Dei eversum et prôfanatum una manu edificabant et altéra
contra inimicos pugnabant, Preeunte in omnibus voluntate
Dei, opus in brevi consummatum fuit. Sed nequam vici-
nus malitiam in anirtio conceptam non deseruit. Cujus filius
spurius, exemplo patrisflagitiosus, Eustachius Stivan nomi-
natus, lit patri magis complaceret etejus animum mitigaret^
abbate semel de arreptoitinere revertente et portam monas-
terii quam construxerat intrare jam parante, clava ^ quanti
manibus gestabat sursum elevata et in abbatis caput forti-
ter librata, prout ipse sperabat, abbatem non percussit^
quia ipsius capellanus Henricus, de Fercnes' oriundus, juve-
nisquidem fortis et animosus, ictui venienti se viriliter obi-
ciens, vulnus létale suscepit, et, pâtre atquepastoreliberato^
i^se in' infîrmitorium deportatus, paucis postmodum diebus
sùpervivens, in spe sancta decessit.
''■■ 64. [Vers 1172.] — De constructione hujus ecclesiae sur
arbate petro. — Pace tandem temporis adepta, sopitis guer-
ris et variis sibi illatis injuriis, dominus Petinis ad eccle-
1. On relève rarement dans les documents de cette époque des passages
relatifs à des convers employés à des constructions, fait qui cepen-
dant devait être fréquent alors.
2. LeGloss. de Du Gange cite ce texte au mot Chiveria. Cf. Cenovecloriiim.
3. Cf. supra pour l'emploi de cet instrument de géomètre nos extraits
de la Chronique de Lamnert d'Ardres, où nous voyons un arpenteur géo-
mètre en tram de faire les opérations préliminaires à des constructions.
4. Gros bâton noueux, gourdin.
5. Ferques, comm. du cant. de Marquise, an*. Boulogne-sur-Mcr.
[1179] DE l'aKCHITECTIRE en FRANCE 391
siam semirutam et minantem cotidie ruinam renovandam
totus accinj^itur. Lapidum, calcis et sabuli grandis ad hoc
strues et materia preparatur, lapi[ci]dina inter montem de
Fielnes ' et A[ujting-ehem'- sita, unde ecclesia antiqua cum
edifîciis prioribus fuit ex[s]tructa, pro eo quod adeo remota
fuit deseritur, et in parrochia de Campanies ^ citra montem
de Mas a domino Petro, indagatore sedulo, alia lapicidina
satis vicinior invenitur. Tam hieme quam estate ibidem
operi insistitur. Aperta terra, mons lapideus cavatur, vêtus,
et ruinosa ecclesia funditus evertitur, recens et decens inchoa-
tur, durior quoque lapidum materia in fundamento locanda,
ad bases, columfpjnas et capitella cum maximo sumptu
de comitatu Boloniensi '* hue adducitur. Intérim in capi-
tulo cantatur, acceleratur opus, et in brevi spatio chorus cum
turri et duabus crucibus ei annexis, auspice Christo, con-
summatur. Quo opère féliciter ad finem perducto, parro-
chiani omnes tam nobiles quamalii, domini Balduini comi-
tisconsilio animati, ad exemplaroperis incepti, navem eccle-
siae acl opus suum ab abbate perfici petierunt et centum ei
marcasadhoc agendumunanimiterpromiserunt ; quas tamen
tepide, remisse et negligenter persolverunt... Et totum fera
pondus operisabbatiperficiendum incubuit. Ipse vero, in solo
Deospem constituens et béate Rotrudisauxilium die et nocte
deposcens, prêter spem omnium opus lapideum infra pau-
cos annos consuinmavit, lignis de haia •''Gisnensi hue adduc-
tis fabricavit, plumbo cooperuit. Numquam tamen predica-
torempropecunia questuoseacquirenda, utquibusdam eccle-
siis et monasteriis mos est, hinc emisit; numquam a princi-
pibus et potentibus subsidium mendicavit, et tamen, opère
perfecto, se solito ditiorem invenit.
66. [1179.] — De ECCLESiE consummatione. — Post labo-
res et expensas multipliées, infra spatium circiter octo anno-
1. Fienncs, c. du cant. de Guines, arr. Boulogne-sur-Mer.
2. Et non Antingehem. — Autingues,c.du cant. d'Ardres, arr. Saint-Omer.
.3. Campagne, c. du cant. de Guines, arr. Boulogne-sur-Mer.
4. Nous avons vu précédemment au sujet des fortilications d'Ouden-
bourg (n" XLIX, p. 173), que les pierres du pays de Boulogne étaient aussi
très recherchées par les constructeurs de la Flandre.
5. Cf. le Glossaire de Du Cange, v° Haia.
392 TEXTES RELATIFS A l'histoire [Vers 11781
rum, dominus Petrus ceptam ecclesia m féliciter consum-
mavit, sed ejus dedicationem distulit, quoadusque vel per
se s )l(l)e[n]nes reliquias in eam introduceret vel a quolibet
potente eas acciperet, et exinde ecclesiam Deo desponsan-
dam dotaret...
70. [1179.] — Apud Sanctum Bertiimm... Philippe \
Flandrie et Viromandie comiti, occurrit [Petrus abbasj, ali-
qua pretiosa pignora cum reliquiis ab eo petiit et impetra-
vit ; et ita ecclesiam de novo constructam hoc donativo
nobilitans, ipsam anno Domini MGLXXIX dedicari fecit a
venerabili pâtre domino ~ Desiderio, Morinorumepiscopo,...
mense julio.
78. [Vers 1178.] — Relatio Willelmi abbatis de ponte
DE Elceka. — Eodem tempore, dominus Petrus abbas, ad
castrum Sancti Audomari et ad urbem Morinensem •* fré-
quenter transitum pro negociis domesticis faciendis, et sub
villa de Elceka ''* in strata publica fluvium de Tornehem "'
sepius inundantem et naturalem alveum frequenteregredien-
tem prospiciens, ac per hoc advenaset pereg-rinos pauperes
et débiles et omnes precipue pedites moras et pericula
pati compatiens, magistrum Aimonem, qui ecclesiam pre-
sentem construxerat, qui de novo domum elemosinariam
consummaverat, cum quibusdam cementariis et aliis opera-
riis ibidem transmisit ; et, Dei fultus auxilio, nullius tamen
fretus adminiculo, de bonis hujus ecclesie eleganti opère
pontem incepit et ad multorum subsidium in brevi tem-
poie consummavit, lapidibus duris et quadratis de remotis
la|)i[ci]dinis ad opus sumptuose structure non sine labore
et sumptu inestimabili longeante adductis et propter solius
Dei amorem et pauperum suorum requiem ad opus illud
1. Philippe d'Alsace, comte de Flandre, d'Amiens et de \'ermandoi8
(1168-1191).
2. Didier occupa le siège épiscopal de Thérouanne de 1169 à 1191.
3. Thérouanne, c, du cant. d'Aire-sur-Lys, arr. Saint-Omer.
4. Ausque, au S.-E. d'Ardres.
â. La rivière de Hem, qui part d'Escœuilles, cant. de Desvres, passe à
Toumehem et tombe dans le canal de Saint-Omer à Calais.
[Vers 1178] de l'architecture en frange 393
■aplatis. Parrochiani autem ipsius ville, unde grates illi
referre debuerunt, inde ei iugrati fuerunt; quod per ipsum
ponLem evidenter apparet, ex utraque parte diruptum et
•circa cursam aque congelatum : latos enim utriusque frontis *
lapides inuliereslavatrices de ponte extraxerunt et lavandis
vestibus substraverunt et etiam circumquaque asportave-
runt. Tempore quoque nimie inundationis ipsius ville,
homines pauperum et peregrinorum exhauriendis pecuniis
inhiantes, cum ponsibinon esset, nunc vehiculo, nunc navi-
gio, non tamen gratis, viatores asportabant, et occasione
pontis hoc se emolumentum perdidisse dolebant. Sed et
nobiles ville et potentiores a duobus successoribus domini
<ibbatis Pétri solebant exigere et quasi ex debito eis impo-
nere quod fracturam pontis et totum quod spectabat ad
-ad ejus fabricam facere et reticere, tenere et manutenere
tenerentur, pro eo quod ta m ipsi quam omnes vicini a
■domino Petro abbate ipsum pontem primo factum recor-
darentur. Hoc autem volebant astruere et quasi pro lege
nobis imponere, pro eo quod idem dominus abbas duas
porciones décime ipsius ville a quibusdam militibus et
vavassoribus ibidem manentibus magno pretio comparave-
rat. . .
116. [1197]. — [De eodem ahbate Iterio]. — Eo-
(lem anno, dominus abbas Iterius a subditis suis est
admonitus et post multas admonitiones ad hoc inductus,
ut domum ad opus infirmorum construeret ab oriental!
parte dormitorii et claustrum interponeret. Videbant enim
magna m pecuniam ex provisione domini Pétri abbatis huic
loco dimissam magna ex parte nunc utiliter, nunc inutiliter
deflaxisse, et summo affectu hoc opus desiderabant perfici
ex illo residuo quod.adhuc sciebant superesse. Acquies-
"cente abbate, circumquaque invitati sunt artifices et cimen-
tarii, cesores lapidum et alii operarii. Ut autem aptior inve-
l. Etant donné ce terme, il s'agit très vraisemblablement d'une sorte de
parapet, formé de chaque côté par un parement de larges pierres appa-
reillées.
394 TEXTES RELATIFS A l'iIISTOIRE [11971
niretur construende Fabrice locus et a dormitorio aliquan-
tulum remotus, domus columbarum ' lapidea et quadrata
solo tenus deicitur. Domus infirmorum lignea funditus ever-
titur, divers! generis arbores radicitus evelluntur, et in pro-
fundis terre visceribus fundamenta constituuntur. Ceptum
opus, brevi tempore elapso, surgit in altum. et famis angus-
tia totam afîligens patriam urget et accélérât opus sumptuo-
sum. Nam multos hic operari vidimus non nummis con-
ductos, sed solo pane et lenui cervisia contentos, et pro
adjectione alicujus pulmenti satis exhilaratos... Denique, de
Tornacensi civitate ad claustri constructionem magna
strues marmorum- per flumina et per terras hue advehitur;
a nemore Sancti Vulmari de Nemore ^ major strues ligno-
rlim in curribùs et quadrigis adducitur ; plumbi et stagni
copia magno pretiocomparatur; et sic infra biënnium totum
opus mirifîce consummatur^.
1. Sur les colombiers, voy. supra, n" XXXII, p. 114, 115. Cf. Viollet-
le-Duc, Dict. de l'archit. fr., t. III, p. 482. D'ordinaire ils sont bâtis en
maçonnerie de moellons avec la forme de tour cylindrique et avec toit
conique. Violiet-le-Duc n'en donne d'exemple de forme carrée que pour
le Languedoc (en maçonnerie de briques) et encore à partir du xvr siècle.
2. Cf. supra, pour l'emploi du marbre dans la construction des cloîtres
monastiques, p. 59, le texte n" XV, relatif à l'abbaye de Saint-Martial
de Limoges, et, p. 128, le texte n" XXXVII, relatif à l'abbaye de Gluny.
3. Il s'agit de Samer-au-Bois, au S.-O. et dans l'arr. de Boulogne-sur-Mer.
4. Quelques extraits de cette chronique ont été insérés par M. G. Fagniez
dans ses Documents relatifs à Ihist. de l'industrie et du commerce en
France, t. I (1898), n"' 123 et 126.
APPENDICE
APPENDICE
1074-1078 à 1139 environ.
Description de V église cathédrale de Saint-Jacques de Compos-
telle, en Espagne [Galice), dont Varchilecture semble inspirée
de celle de Saint-Martial de Limoges ' . — Les portails et leurs
sculptures ; rapprochements avec l'art toulousain. — Le*
maîtres d'œuvres Bernard et Robert {d'origine française).
Le Codex ■ de Saint-Jacques de Compostelle, — Liber de mimciilis sancti
Jacobi, l. IV, publ. par le P. Fita, avec le concours de J. Vinson, Paris,
1882, p. 16 et suiv.
(Cf. A. Lopez Ferreiro, Hisloria de la santa a. m. iglesia de Santiagode
Composlela^, t. III, 1900, Apend., p. 9 et suiv.)
1 . On sait que ce très intéressant édifice se rattachait à l'École d'Auvergne
(laquelle offre des affinités avec celle du Poitou). On est arrivé à constater
une sorte, de filiation entre les églises de Saint-Martial de Limoges, de
Saint-Jacques de Gompostelle, de Saint-Sernin de Toulouse et de Sainte- Foi
de Conques, dont le lien de parenté et les rapports avec l'architecture
auvergnate sont d'ailleurs évidents. Voy. les travaux déjà cités de M. Ch.
deLasteyrie sur Saint-Martial et de M. Anthyme Saint- Paul sur Saint-Ser-
nin : voy. aussi M. Lefèvre-Pontalis (à son cours de l'Ecole des Chartes),
et M. Angles (dans sa thèse de l'École du Louvre). — Nous devons encore
mentionner ici l'étude de M. l'abbé A. BouiWei, Sainte-Foy de Conques ^
Sainl-Sernin de Toulouse, Saint-Jacques de Compostelle [Mém. Soc. Anliq.
de France, t. LUI, 1893, p. 117-128). La cathédrale de Compostelle pré-
sente la plus grande ressemblance avec Saint-Sernin de Toulouse. Voy.
supra, p. 260 et suiv., n" LXXXV, le texte concernant la construction de
cette dernière église.
2. L'original est conservé dans les archives de l'église cathédrale de
Compostelle. Il est question déjà de ce te.xte dans une lettre écrite vers
1173 par un moine de Ripoll, en Catalogne. Le IV* livre dont nous donnons
des extraits aurait été remanié et augmente par le poitevin Aimery Picaud
de Parthenay-le-V^ieux, vers 1140. Voy. M. Léopold Delisle, Noie sur le
recueil intitulé « De miraculis sancti Jacobi », 1878 (extr. du Cabinet fiis-
torique, t. XXIV, 1» part., p. 1-9). Cf. Fita, op. cit., p. 1. Voy. aussi la
notice que Le Clerc a consacrée aux Pèlerinages de Saint-Jacques en
Galice {Hist. liltér., t. XXI, p. 272).
3. Nous devons à l'obligeance de notre confrère M. E. Lefèvre-Pontalis
et de M. L. Barrau-Dihigo, bibliothécaire à la Bibliothèque de la Sor-
398 APPENDICK
Cap. IX. §2. De ecclesiae mensura. — Basilica^ namqueSancli
Jacobi habet in longitudine quinquaginta et très hominis status ^,
videlicet a porta occidentali usque ad Sancti Salvatoris altare ;
in latitudine vero habet quadraginta, unum minus, a porta sci-
licet Francigena ^ usque ad meridianam portam ; altitude vero
ejus quatuordecim status habet intus. Quanta sit extra ejus lon-
gitudo et altitudo a nuUo valet comprehendi.
Ecclesia vero eadem novem * naves habet inferius, et sex
superius, et unum caput, majus videlicet, in quo Sancti Sal-
bonne, les indications bibliographiques suivantes : Villa-Amil y Castro,
Descripciôn hislôrico-artistico-arqueolôgica de la catedral de San-
tiago, Lugo, 1866. — I. M. Zepedano y Carnero, Historia y descripciôn
^rqueolôgica de la basilica compostelana, Lugo, 1870. — Espana, sus
monumentos y sus artes, su naturaleza è historia, Galicia (par Man. Mur-
guia), nouv. éd., Barcelone, 1888, p. 483. — A. Lopez Ferreiro, op. cit., t.
eiloc. cit.,ei p. 47 et suiv. — Villa-Amil y Castro, Iglesias gallegas
de la edad média, 1904, passim. — V. Lamperez y Romea, Historia de la
arquitectura cristiana espafiola en la edad média, segùn el estudio de los
elementos y los monumentos, 1. 1, p. 551 et suiv., Madrid, 1908.
1. Voy. dans Lopez Ferreiro (op. cit., t. III, p. 60), et dans Lamperez y
Romea (op. cit., 1. 1, p. 552, fig. 429), un plan complet de l'église de Compos-
telle ; dansce dernier ouvrage (ibid., p. 553, flg. 430 et 431) une coupe lon-
gitudinale et transversale ; — dans Dehio et Bezold, Die kirchl. Buukunst
des Ahendl., un plan partiel, reproduit dans Vllist. de l'art d'A. Michel
(t. I, 2" part., p. 565, fig. 299); — cf. dans A. Brutails, Précis darchéol. du
moy. âge, 1908 (p. 108), un autre plan partiel rapproché de celui de Saint-
Sernin de Toulouse.
2. Nous avons déjà rencontré et expliqué l'emploi de ce terme pour dési-
gner la taille humaine dans un acte languedocien de 1060 environ. (Voy.
supra, p. 179, n. 3, n" LUI.) Plus explicite que cet acte, le texte de Gom-
postelle assigne un peu plus loin à la stature humaine huit fois la hauteur
de la main, hauteur qui égale celle de la tête (voy. Paul Richer, Canon des
proportions du corps humain, pi. VIT, fig. 1, et pi. VIIT,. Il s'agirait donc
ici du canon de huit têtes. Cf. sur cet étalon de mesure notre étude his-
torique sur le canon des proportions (Rech. crit.sur Vitruve, fasc. VI,
1908), et notre Formulaire du VIII» siècle pour les fondations d'édifices ..,
,1908. D'après Lopez Ferreiro, op. et t. cit., p. 62, les dimensions de l'église
sont les suivantes, hormis l'épaisseur des murs : depuis le fond du portail occi-
dental de la Gloire (qui a été refait en 1188), jusqu'au mur où est adossé
l'autel du Sauveur, 97 mètres, et depuis le portail du Nord jusqu'à celui
du Sud, 65 mètres.
3. Porte à l'extrémité septentrionale du transept, dont le surnom venait
de ce qu'elle menait dans la direction de la porte de la ville, Puerta de
Francos, auj. Puerta del Camino, à laquelle aboutissait la grande voie de
S'-Jacques, Camino francés.
4. A savoir, la nef centrale, précédée d'un porche, et ses bas-côtés
simples; la nef du transept et ses bas-côtés simples ; la nef du sanctuaire
et ses bas-côtés simples aussi. Les voûtes des grandes nefs sont en plein
cintre ; celles des bas-côtés sont d'arête ; les tribunes sont généralement
voûtées en quart de cercle ^voy. dans Lopez Ferreiro, op. cit. cit., p. 71,
une fig. représentant un modèle de voûte d'arête, dont les arcs ont leurs
-«lefs exhaussées au mômejiiyeau).
APPENDICE 399
vatoris est al lare ; et lauream * unam et unum corpus et
duo membre, et octo alia parva capila- habet. In singulis
quibusque singula habentur altaria ; e quibus novem navibus
sex modicas tresque magnas esse dicimus. Prima navis
principalis est a portali occidenlali usque ad medios pilares,
quatuor scilicet, qui omnem gubernant ecclesiani, habens unani
naviculam ad dexteram et aliam ad laevam. Aliae vero duae
magnae naves in duobus membris habentur : quarum prima, a
porta Francigena usque ad quatuor pilares crucis ^ ecclesiae
pertinet, et secunda ab ipsis pilaribus usque ad porlam meri-
dianam ; quae utraeque naves duas latérales naviculas habent.
Hae vero très naves principales usque ad ecclesiae caelum per-
tingunt ; et sex paucae naviculae usque ad médias cindrias ' tan-
tum ascendunt. Utraeque magnae naves undecim et dimidium
status hominis habent in latitudine. Statum hominis recte de
octo palmis esse dicimus. In majori navi triginta, unus minus,
pilares habentur : quatuordecim ad dexteram totidemque ad
laevam, et unus est inter duos portallos deintus adversus aqui-
1. « La laurea es el presbiterio » (Ferreiro, t. III, p. 59). Nous ne connais-
sons pas d'autre exemple de ce terme employé métaphoriquement (couronne
de lauriers), comme pour rappeler à propos de cet endroit de la basilique,
le triomphe de l'Eglise assuré par le sacrifice du Seigneur. — Pour le sym-
bolisme religieux appliqué aux différentes parties de l'église, voy. supra,
p. 159, et la n. 3, ihid. — Le sanctuaire proprement dit, en partie arrondi
et bordé de huit colonnes, affecte un peu la forme d'une couronne (cf. à
la p. suiv. le mot corona). Il ne faut pas rapprocher la forme laurea de
celle de laura (Xaûpa), la laure ayant servi ailleurs à désigner non Un
sanctuaire, mais un groupement monastique près d'une place, un ensemble
de cellules d'anachorètes, ce qui n"a rien à faire ici.
2. A savoir quatre absidioles s'ouvrant deux à deux sur chaque croisil-
lon ou bras du transept, et quatre autres absidioles rangées autour du
sanctuaire de chaque côté de la chapelle de l'axe, laquelle forme une sail-
lie plus profonde que celle des absidioles voisines.
3. Carré du transept. Voy. dans Lopez Ferreiro [op. et l. cit., p. 67), la
planche représentant une vue de cette partie de 1 église. Le type qui
règne dans l'ensemble de l'édifice est de forme carrée, avec, sur les quatre
faces, une section de colonne cylindrique engagée. Ces piliers rappellent
ceux de Sainte-Foi de Conques. A Compostelle comme à Saint-Sernin de
Toulouse, les collatéraux et le triforium contournent complètement le
transept, tandis qu'à Conques, ils ne font qu'en border les deux côté?.
4. L'expression mediae cindriae, qu'on ne trouve que dans ce texte-ci
(cf. p. 400), s'applique, à proprement parler, aux colonnes engagées dans
les piliers, lesquelles supportent les arcs doubleaux sectionnant la voûte
de forme cintrée (cintre se dit en catalan cindria, esp. cimbra). Voy.
dans Ferreiro, t. III, la pi. de la p. 148 (d'après une photographie). Par un
abus de langage, pilaris, qui devrait signifier exclusivement dans notre
texte à la fois le pilier proprement dit et la colonne qui est y engagée,
désigne aussi tout particulièrement celle-ci dans son prolongement vers
les arcs doubleaux (cf. p. 400, 1. 10). Le qualificatif média (cf. iJbid., 1, 11)
peut s'expliquer par ce fait qu'une section de colonne (ornée d'anneau)
ainsi montante correspond toujours à une autre du côté opposé de la nef.
400 APPENDECE
lonem, qui ciborios ^ séparât. In navibus vero crucis ejus.derr>
ecclesiae, a porta videlicet Francigena usque ad meridianam^
vig-inti et sex habentur pilares, duodecim ad dexteram, toti-
demque ad laevam, quorum duo ante valvas intus positi cibo-
rios séparant et portallos -. In corona •' namque ecclesiae octo
singulares columnae habentur circa beati Jacobi altare. Sex
naviculae, quae superius in palatio ^ ecclesiae habentur, longi-
tudine et latitudine tali sunt sicut subjugales "' aliae naviculae
quae sunt deorsum : ex uno quidem latere tenent parietes, et
alio pilares qui desubter de magnis navibus sursum ascendunt ;
et duplices pilares a lapicidibus" vocantur mediae cindr[i]ae.
Quot sunt pilares inferius in ecclesia, tôt sunt superius in navi-
bus; et quot cingulae '' inferius, tôt sunt in palatio superius; sed
in navibus palatii inter pilares singulos duae simul columnae
semper sunt, quae vocantur columnae cindriae a lapicidibus. In
eadem vero ecclesia nulla scissura vel corruptio invenitur ; mira-
biliteroperatur ; magna, spatiosa, clara, magnitudine condecenti,
latitudine, longitudine et altitudine congruenti, niiro et ineffa-
bili opère habetur, quae etiam dupliciter velut regale palalium
chacune d'elles ne formant ainsi que la moitié de tout le support nécessaire
à l'arc de la voûte qu'elles contribuent â soutenir. Voy. encore infra [p.
400, 1. 15), l'expression columnae cindriae désignant des colonnes ayant
dans les galeries un rôle essentiel de soutènement, certaines aussi étant
engagées.
1. Ciborius, cimborius, autrement dit le ciborium. Voy. § 14. de cim-
BORio APOSTOLici ALTARis. — Au § 11 du Codcx (de altaribus), OU lit ccci :
« Juxta portant Francigenam quae est in sinistrali parte, est altare S. Nico-
lai. ..»
2. On s'attendrait à trouver ici la forme porfaie, ou encore portallum,
et non portallus, comme déjà au bas de la page précédente.
3. Partie semi-circulaire, qui dans le chœur contourne le sanctuaire, et
par extension le chœur avec ses absidioles et autels. Cf. du Gange
V" Corona ecclesia.
4. Les tribunes, esp. galeria. Voy. le même auteur, p. 86 et suiv. (avec
fig.) et p. 149 (fig.). On y observe des voûtes en quart de cercle. Comm0 à
Saint-Sernin et à Sainte-Foi de Conques, ces tribunes offrent la même dis-
position que dans les églises auvergnates, mais avec plus d'ampleur. Chaque
travée du triforium, vue de l'intérieur de l'église, embrasse, sous un arc en
plein cintre sensiblement surhaussé, deux arcades ayant pour support
commun deux colonnettes à chapiteau unique et reposant aux extrémités
sur le chapiteau d'une colonne engagée.
5. Epithète recherchée, signifiant: placé sous le même joug. L'auteur
aurait pu dire simplement que les nefs des tribunes ont des dispositions
semblables à celles des nefs latérales den dessous [quae sunt deorsum),
sur lesquelles elles sont portées.
6. La forme ordinaire est lapicida, lapicidae, et non lapicis, lapicidis.
7. C'est pour la première fois que nous rencontrons ce terme dans le
langage architectonique. Ku égard au contexte, au développement qui
précède et qui suit, il nous paraît sappliquer aux arcs doubleaux des
voûtes des bas-côtés, comme à ceux des tribunes : on sait que l'arc dou-
bleau fait l'office d'une sorte de ceinture de pierre icinguU).
APPENDICE 401
operatur. Qui enim sursum per naves palatii vadit, si tristis
ascendit, visa optima pulchritudine ejusdem templi, laetus et
gavisus efficitur.
§ 3. De fenestris. — Fenestrae vero vitreae quae sunt in
eadem basilica sexag^inta et très numéro habentur. Ad unum-
quodque altare, quod est in corona, très habentur; in caelum
(sic) vero basilicae, circa beati Jacobi altare, quinque fenestrae
habentur, unde apostolicum altare valde perluslratur ; in
paiatio vero sursum quadraginta et très numéro habentur
fenestrae '.
§4. De portallulis^. — Très portales •• principales et septem
paucos habet eadem ecclesia : unum qui respicit ad occidentem,
scilicet principalem, et aliumad meridiem, alterum vero ad sep-
te[n]trionem ; et in unoquoque portali principali duo sunt introi-
tus, et in unoquoque introitu duae portae habentur. Primus vero
ex septem portallulis vocatur de Sancta Maria , secundus de Via
Sacra, lertius de Sancto Pelagio, quartus de Ganonica, quin-
tus de Petraria, sextus similiter de Petraria, septimus de Gram-
maticorum schola, qui domo etiam archiepiscopi praebet ingres-
sum *.
§ 7, De porta septentrionali . — Post paradisum namque
illum, septe[n]trionalis '' porta Francigena ejusdem basilicae
1. On trouvera dans Lopez Ferreiro (op. cit., t. III, p. 125) des rensei-
gnements sur ces fenêtres et sur leur disposition ; cf. ibid., p. 92, une vue
extérieure des fenêtres du côté Nord de la basilique ainsi que des contre-
forts de cette partie de l'église. Leur arc et l'arcature simplement décorée
qui les surmonte retombent, à droite et à gauche, sur un abaque au-dessous
duquel se trouve une colonne. Pour la disposition des contreforts, com-
parée avec celle qui est usitée en Auvergne et à Saint-Sernin de Toulouse,
voy. ibid., p. 93.
2. De même qu'on a rencontré plus haut la forme portallus^ on remar-
quera ce terme-ci, qui ne parait guère avoir été usité ailleurs comme dimi-
nutif de portallum .
3. Il va être question un peu plus loin, en détail, des trois grands por-
tails; pour les portes secondaires, voy. Lopez Ferreiro [op. et i. cit.,
p. 124 et suiv.). — Pour la sculpture romane en France, notamment
pour celle de l'école auvergnate et celle du Languedoc, dont l'influence se
fit sentir dans le Nord de l'Espagne, voy. A. Michel, Hist. de l'art, l. I,
2' part. (1905), p. 594, 599 et s., 614 et s. (fig.).
4. Suivent deux §§ intitulés de la façon que voici : § 5. De fonte Sancti
Jacobi. — § 6. De faradiso urbis.
5. Lopez Ferreiro ( op. cit., t. III, p. 115 et suiv.) parle de ce portail :
26
402 APPENDICE
Sancti Jacôbi invenitur, in qua duo introitus habentur qui
etiam his operibus pulchre sculpuntur. In unoquoque introitu
exterius sex habentur columnae, aliae marmoreae, aliae lapi-
deae, ad dexteram très et ad laevam très, sex scilicet in uno
iuti'oitu et sex in alio : itaque duodecim habentur columnae.
Super vero columnam quae est inter duos portales deforis, in
pariete residet Dominus in sede majestatis ; et manu dextera
benedictionem innuit et in sinistra librum tenet. Et in circuitu
throni ejus sunt quatuor evangelistae, quasi thronum sustinentes ;
et ad dexteram ejus paradisus est insculptus, in quo ipse Domi-
nus est, in alia eftig-ie Adam et Hevam corripiens de peccato^
et ad laevam est similiter, in alia persona ejiciens eos a paradiso.
Ibidem vero circumcirca multae imagines sanctorum, bestia-
rum, hominum, angelorum, feminarum, florum caeterarumque
creaturarum sculpuntur, quarum essentiam et qualitatem prae
magnitudine sua narrare non possumus. Sed tamen super por-
tam quae est ad sinistram, cum basilicam intramus, in ciborio
scilicet, Beatae Mariae Virginis Annuntiatio sculpitur ; loqui-
tur etiam ibi angélus Gabriel ad eam. Ad laevam vero, super
portas in laterali introitu, menses, anni et alia multa opéra
pulchra sculpuntur. Duo vero leones magni et féroces forinse-
cus in parietibus habentur, qui valvas quasi observantes
semper respiciunt unus ad dexteram et alius ad laevam.
In liminaribus vero sursum quatuor apostoli habentur,
manibus sinistris libros singuli singulos tenentes, et dextris
manibus elevatis introeuntibus basilicam innuunt benedictio-
nem : Petrus est in introitu sinistrali ad dexteram, et bea-
tus Jacobus ad laevam. Sed et super singula apostolorum
capita quorumdam boum ex liminaribus exsilientium capita
sculpuntur.
Lu portada, del Morte o de lu Azabacheriu. Il donne (p. 118) une vue du
pig;non ou fronton qui surmontait l'ancienne façade se|)lentrionale.
Si le portail Sud du transept est encore debout, il n'en est pas de même de
celui du Nord. « Lorsque le portail latéral fut démoli au xvni" siècle,
certains de ses fragments ont servi à boucher les vides que le temps
avait faits dans la décoration de la façade méridionale ; d'autres ont
été disposés à droite et à gauche du portail, à la hauteur des colonnes : ce
sont des morceaux remarquables, qui rejjrésententla Création de l'homme,
le Sacrifice d'Abraham, le Roi David jouant de la viole, les jambes croi-
sées et les pieds posés sur un lion. » Voy. dans Lopez Ferreiro, ibid., la
pi. de la p. 120 ; cf. E. Bertaux, dans VHisl. de l'art d'A. Michel, t. II,
I' part., p. 252 et fig. 201.
APPENDICE 403
§ 8. De porta MERiDiANA , — In meridiana * porta apostblicae
basilicae duo introitus, ut diximus, habentur et quatuor val-
vae. In dextrali vero introitu ejus deforis, scilicet in primo
ordine, super portas Dominica Traditio miro opère sculpitur :
ibi Dominus ligatur manibus Judaeoruin ad pilarem, ibi verbe-
ratur corri^iis, ibi sedet Pilatus in cathedra, quasi judicans
euin.
Desuper vero in alio ordine Beata Maria, mater Domini,
cum filio suo in Bethlehem sculpitur, et très reges qui veniunt
ad visitandum puerum cum matre trinum munus ei offerentes,
et Stella, et angélus eos admonens ne redeant ad Herodem. In
liminaribus ejusdem introitus sunt duo apostoli, quasi valvarum
custodes, unus ad dexteram, et alius ad sinistrani ; similiter in
alio introitu sinistrali, in liminaribus scilicet, alii duo apostoli
habentur. Kt in primo ordine ejusdem introitus, super portas
scilicet, Dominica Tentatio sculpitur : sunt enim ante Dominum
tetri angeli, quasi larvae, statuentes eum super pinnaculum
Templi; et alii olferunt ei lapides, admonentes ut faciat ex illis
panem ; et alii ostenduntei régna mundi, fîngentesse ei daturos
ea, si cadens adoraverit eos, — quod absit. Sed aliiangelicandidi,
videlicet boni, post tergum ejus , et alii eliam desuper, thuri-
bulis ei ministrantes, habentur. Quatuor leones in eodem por-
tallo habentur, unus ad dexteram in uno introitu, et alius in
altero ; inter duos vero introitus, in pilario sursum, alii duo
féroces leones habentur, quorum unus posteriora sua ad alte-
rius posteriora tenet. Undecim vero columnae in eodem portallo
habentur : in introitu dextrali, scilicet ad dexteram, quinque,
et in sinistrali inlroitu, ad laevam videlicet, totidem ; undecima
vero inter duos introitus est, quae ciborios séparât : quae scili-
cet columnae, aliae marmoreae, aliae lapideae, mirabiliter ima-
ginibus, floribus, hominibus, avibus, animalibusque sculpuntur;
hae vero columnae albi marmoris sunt. Nec est oblivioni tra-
1. Voy. dans Lopez Ferreiro {op. et t. cit., p. 96 et suiv.) ce que cet au-
teur ditde La porladndel mediodia ô de las Platerins. avec une pi. donnant
l'état actuel de la façade méridionale, une autre représentant une restau-
ration conjecturale de ce qu'elle était autrefois, et une troisième offrant le
pilier central dudit portail, avec des colonnes soit en torsades, soit histo-
riées. (Cf. A. Michel, Hist. de Vart, t. Il, 1" part., ch. ii, La sculpture chré-
tienne en Espatjne, par E.Bertaux, fig. 200). Sur ce portail de las Platerias,
autrement dit des Orfèvres, c'est à la manière des grands apôlres de
Moissac que sont disposées des figurines d'apôtres et de prophètes qui
404 APPENDICE
dendum quodmulier' quaedam juxta Dominicam Tentationem
stat, tenens inter manus suas caput lecatoris sui foetidum, a
marito proprio abscissum, osculans illud bis per diem, coacta a
viro suo. 0 quam ingentem et admirabilem justitiam mulieris
adulteratae omnibus narrandam ! In supei'iori vero ordine, super
quatuor valvas versus palatium basilicae, quidam ordo mirabi-
liter ex lapidibus albi marmoris pulchre refulget. Stat enim
Dominus ibi rectus, et sanctus Petrus ad sinistram, ejus claves
suas manibus tenens, et beatus Jacobus ad dexteram, inter duas
arbores cypressinas, et sanctus Joannes juxta eum, frater ejus ;
sed et ad dexteram et laevam, apostoli caeterique habentur. Est
igitur murus desursum etdeorsum, ad dexteram scilicet et lae-
vam, optime sculptus, floribus videlicet, hominibus sanctis,
bestiis, avibus, piscibus, caeterisque operibus, quae a nobis
comprehendi narratione nequeunt. Sed quatuor ang'eli super
ciborios habentur, cornua singuli tenentes, Judiciidiem pronun-
tiantes.
§ 9. Df porta occmENTALi. — Porta occidentalis ^ habens duos
introitus pulchritudine, magnitudine et operatione alias trans-
couvrenl des colonnes de marbre soutenant les archivoltes de la baie.
On retrouve encore l'emploi du marbre dans les portails latéraux de la col-
léjjiale de San Isidro de Lion, les tympans étant formés là de plaques de
marbre sur lesquels sont juxtaposés des sujets diflerents.
1. Comme nous l'avons dit précédemment, à propos du portail du Nord,
certains morceaux de sculpture des portails ont été déplacés d'un portail
à l'autre, ce qui a causé parfois quelque confusion dans l'explication
de certains sujets qui y étaient traités. Mais M. Bertaux a expliqué {Hist.
de l'art d'A. Michel, t. II, 1'" part., p. 253) ce qui concerne la mystérieuse
fig;ure de femme que l'on voit à côté de la scène de Tentation du Christ.
Cette femme est décrite dans notre texte à la place même qu'elle a conser-
vée sur le tympan de gauche. En réalité, la tête de mort que tient cette
femme est celle d'un animal qu'elle a sur ses genoux. Le sujet a pu être
déterminé par comparaison avec une autre figure de femme qui a été encas-
trée dès l'origine sur l'un des montants de la porte de droite, en face dune
figure d'apôtre. Si l'on se réfère, d'une part, au texte ci dessus, et, d'autre
part à des bas-reliefs du musée de Toulouse, provenant de Saint-Sernin,
et qui portent l'un un lion, l'autre un bélier, deux des signes du zodiaque
{Signn'n lennis, siijnum arietis), on se rend compte que lesdeux bas-reliefs
de Gompostelle, comme ceux de Saint-Sernin. devaient figurer dans un
zodiaque, dont les morceaux ont été maladroitement disposés lors de l'as-
semblage des sculptures du portail (voy. op. et loc. cit., fig. 203; cf. la
fig. 202).
2. Voy. ce que Lopez Ferreiro (op. et t. cit., p. 121 et suiv.) dit de la
Fachadu occidental C'est ce portail de la façade, ainsi décrit dans notre
manuscrit, qui a été remplacé dans le dernier quart du xii' siècle par
l'œuvre admirable du Portico de la Gloria, à laquelle se rapporte une
curieuse inscription dont nous n'avons pas à nous occuper ici.
APPENDICE 405
cendit portas : ipsa major et pulchrior aliis habetur, et mirabi-
lius operalur ; multisque gradibus deforis, columnisque diversis
marmoreis, speciebusque variis et diversi[s] modis decoratur ;
imaginibusque, hominibus, feminis, animalibus, avibus, sanctis,
angelis, floribus diversisque generum operibus sculpitur. Cujus
opéra lanta sunt, quia a nobis narrationibus comprehendi
nequeunt. Sursum lainen Dominica Transfiguratio, qualiter in
monte Thabor fuit l'acta, mirabiliter sculpitur : est enim Domi-
nus ibi in nube candida, facie splendens ul sol, veste refulgens
ut nix ; et Pater desuper loquens ad ipsum ; et Moyses et Elias,
qui cum illo apparuerunt, loquentes ei excessum quem comple-
turus erat in Jérusalem; ibi vero beatus Jacobus est et Petrus
etJoannes, quibus Transfigurationem suam prae omnibus Domi-
nus revelavit.
§ 10. Dk turribus basilicae. — Novem vero turres * in eadem
ecclesia habiturae sunt : duae scilicet super portalem meridia-
num, et duae super portalem occidentalem, et duae super sin-
gulas vites^ et alia major super crucem in medio basilicae. His
caeterisque operibus pulcherrimis Beati Jacobi basilica optime
gloriosa refulget. Est etiam tota ex fortissimis lapidibus vivis,
brunis scilicet et durissimis, ut marmorfacta, et deintus diver-
sis speciebus depicta, et deforis teolis^ et plumbo optime coo-
perta. Sed ex his quae diximus alia sunt jam ' omnino adim-
pleta, aliaque adimplenda ^.
1. Lopez F'erreiro (op. cit., t. III, p. 94) fait remarquer avec raison le
nombre considérable de ces tours. Mais de ces neuf tours, dit-il, il ne reste
plus aujourd'hui que le premier corps de bâtisse, peut-être le second des
deux qui flanquaient la façade occidentale. Par ce qui en subsiste nous
pouvons nous faire une idée de leur plan, qui était quadranjçulaire, de leur
structure et de leurs admirables proportions. Du haut en bas elles se
trouvaient renforcées par des bandes lombardes « por bandas lombardas, ô
sean miembros salientes que en la parte superior se enlazaban por medio
de arcos » {ibid., p. 95, n. \).
2. Vis,vùis, syn. de cochlea. escalier à vis. — Cf. le texte suivant. tiré
de la chronique de Saint-Pierre-le-Vif, à Sens : « Fer claustrum ecclesiam
introivit et in vitem, quae ad defendendum in eadem ecclesia est, ascen-
dit. . » (d'Achery, Spicileg.,éd. in-4", t. II, p. 758).
3. Pour iegulis; c'est une forme à moitié romane, dérivée de ce terme.
4. Le texte imprimé du Codex porte ici eam, qui n'a aucun sens; nous
corrigeons eam en jam.
5. — Les §§ qui suivent ont pour rubrique : §11. De altaribus basilicae.
— § 12. Dr corpore et ai.tari Sa\cti Jacobi. — § 13. De tabula arc^e^tea"
— § 14. De CIMBORIO APOSTOLICl ALTARIS. § 15. De TRIBUS LAMPADIBUS.
— § 16. 'De dionitate ecclesiae Saxcti Jacobie bt canonicorum ejus.
406 APPENDICE
§ 17. De LAPICIDIBUS ECCLESIAE, et de PRIMORDIO et fine O PERIS
EJus. — Didascali ' lapicidae, qui prius Beati Jacobi basilicam
aedificaverunt, nominabantur domnus Bernardus senex, mira-
bilis mag-ister, et Rotbertus ^, cum caeteris iapicidibus, circiter
quinquaginta, qui ibi sedule operabantur, ministrantibus fide-
lissimis dominis Wicarto et domno canonicae Segeredo, et
abbate domno Gundesindo ; l'ej^nante Adefonso, .rege Hispinia-
rum, sub episcopo domno Didaco"*, primo et strenuissimo milite
et {jeneroso vire. Ecclesia autem fuitinc[e]pta in era MCXVI '.
Ab anno vero, que inc[e]pta fuit usque ad let(h)um Adefonsi •',
fortissimi et famosi régis Aragonensis, habentur anni lix, et
ad necem Henrici ^ régis Anglorum, lxii, et ad mortem Ludo-
vici ^ pinguissimi, régis Francorum, lxiii ; et ab anno que
primus lapis in fundamento ejus ponitur usque ad illum quo
ultimus mittitur xliv anni habentur. Quae etiam ecclesia a
1 . Terme synonyme de magistri ; nous ne connaissons pas d'autre exemple
de l'expression recherchée didascali lapicidae,
2. L'appellation de Robertiis, qui ne parait pas usitée alors en Espagne
dénoterait bien l'oi-igine française de ce maître d'œuvre; les formes Rother-
lus, Robertus étaient fréquemment employées en France. Cette remarque,
qui nous est personnelle, n'a point encore été faite, à notre connaissance.
— Pour les archéologues d'Espagne, qui contestent laction architecturale
française dans le monument de Compostelle, voy. Lopez Ferreiro(op. et t.
cit., p. 557).
3. Diego Gelmirez fut consacré le 21 avril 1101 évêque de Compostelle,
dont le siège épiscopal fut transformé en archevêché le 26 février 1120. Il
mourut le 17 avril 1139. Ainsi, vers cette date, les travaux de décoration
de l'église devaient être à leur fin, •• le portail du Sud était dans l'état où il
est resté, et les morceaux conservés du portail du Nord étaient achevés à
la date de 1140, où ils ont été décrits. Cette constatation faite sur un monu-
ment d'Espagne est importante pour l'histoire de l'art français. » (E. Ber-
taux, op. et t cit., p. 254.)
4. Cette mention chronologique est dénuée de sens. On sait que l'ère
d'Espagne devance de 38 ans l'ère vulgaire.
5. Alphonse I, dit le Batailleur, roi d'Aragon (1104-1134).
6. Henri I, roi d'Angleterre (1068-1135).
7. Louis VI le Gros régna de 1108 à 1137. — Nous possédons encore une
autre donnée chronologique relative à la construction de cette église. En
elTet, " sur l'un des montants du portail latéral qui regarde le Midi est gra-
vée une inscription énigmatique qui mentionne la date de la fondation de
l'église: 1078. L'^s reliefs qui couvrent le portail lui même et la paroi sont
postérieurs à cette date, mais antérieurs au milieu du xii° siècle. » (E. Ber-
taux, op. et t. cit., p. 250.1 Le rapprochement de ces divers éléments chro-
nologiques ne nous permet pas de rapporter à une dite d'année absolu-
ment pi'érîise le commjncem^nt des travaux de construction. Ce qu'on
peut affirmer, c'est qu'ils débutèrent entre les années 1075 et 1078 et qu'en
1118 ou peu d'années après, on n'était pas encore arrivée leur entier achè-
vement, notamment pour la partie ornementale, pour celle des portails
dont l'exécution détaillée peut avoir dure, comme nous l'avons dit, jusque
vers la fin de l'archiépiscopat de Diego Gelmirez.
APPENDICE 407
tempore quo fuit inc[e]pta usque in hodiernum diem fulgore
miraculorum beati Jacobi vernatur : aegris enim in ea salus
praestatur omnesque barbarae gentes omnium mundi clima-
tum catervatim ibi occurrunt, munera laudis Domino défé-
rentes.
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES NOxMS DE PERSONNES ET DE LIEUX
N. B. — Les chiffres renvoient aux pages, excepté quand ils sont pré-
cédés de la, lettre n ; dans ce cas, ils se réfèrent aux notes des pages.
Aa (L'), fleuve (Pas-de-Calais), 118,
119, n. 4;— (pont sur 1'), 118,
122. Voy. Agniona, flumen.
Ahbon, abbé de Fleury-sur-Loire,
33, n. 3
Aciacensis ecclesia, 264. Voy.
Assé-le-Boisne.
Acuto monte (castellum de). Voy.
Gumont {château de).
Adaelmus. Voy. Adélelme.
Adalbert, prévôt de Saint-Salvi, à
Albi, 104.
Adam, moine, maître de l'œuvre de
Saint-Benoît-sur-Loire, 35, n. 4.
Adefonsus, rex Aragonensis. Voy.
Alphonse l" roi d'Aragon.
Adélaïde, comtesse d'Arlon, 191,
192.
Adélard II, abbé de Saint-Trond, 20,
n. 6, 157, n. 2.
Adèle, comtesse deBlois, 236.
Adèle, prétendue femme d'Eble,
comte de Poitou, 141. n. 2.
Adélelme, abbé de Saint-Calais, 38.
Adelmus. Voy. Athelm, archevêque
de Cantorbéry .
Adémar, abbé de Saint-Martial de
Limoges, 59.
Adémar I", fils de Gui I'% vicomte
de Limoges, 7, 386, n. 3.
Adémar, seigneur de la Roche-
Ganillac, 352. Voy. Gumont
(château de).
Adémar, vicomte de Négrepelisse,
232, n. 2.
Adémar de Chabannes, 139, n. 6 ;
— (sermon d'), 80.
Adhémar. Voy. Adémar.
Ado. Voy. Adon
Adon, abbé de Molesme, 296, n. 1.
AdonAloïs, « maçon » de l'évêque de
Grenoble, 288, 289.
Aedmerus. Voy. Edmer.
Aelfegus. Voy. Elphège.
Agatensis episcopus. Voy. Agde.
Agde (Hérault), 110, n. 2 ; — (évêque
d'). Voy. Bérenger.
Agnès femme de Foulque III,
comte d'Anjou, 20.
Agnès de Bourgogne, femme de
Guillaume le Grand, comte de
Poitou, 141.
Açniona, flumen, 122. Voy. Aa (L').
Aimeri, abbé de Moissac, 146, n. 1.
Aimeri IV, vicomte de Thouars,
201, n. 2.
Aimeri de Peyrac, abbé de Mois-
sac, 146, n 1.
Aimon (maître), architecte de l'é-
glise, de la maison-Dieu et du
pont d'Andres, 387, 392, 393.
Amard, moine de Marmoutier,
197.
Ainay (église d'), à Lyon, 268, n.
7 ; — (abbé d'). Voy. Josserand,
archevêque de Lyon.
Airard, abbé de St. -Rémi de
Reims, 39, 40.
Aix (archevêques d'). Voy. Bostan
de Fos, Pierre II Gaufridi,
Pierre III ; — (baptistère et
église de Saint-Jean-Baptiste, à),
204, 205 ; — (cathédrale du Saint-
Sauveur, à), 202-206 — (cloître du
Saint-Sauveur, à), 205, n. 1. Voy.
Aquae, Aquensis civitas.
Aix (prieuré de Saint-Romuald de
l'île d"), en Aunis (Charente-Infé-
rieure), 386, n. 1 et n. 2 ; — (cha-
pelle de Saint-Naiaire), 386, n. 2.
Alain IV, duc de Bretagne, 53. n.
2 ; — Alain V, 155, n. 1 ; — Alain
410
TABLE ALPHABETIQUE
le Vieux, père de Conan, duc de
Bretagne, 155.
Alain, évêque d'Auxerre, 95.
Alamanni, 329, n. 6.
Alanus. Voy. Alain.
Alayriacum. Voy. Layrac, Samt-
Marlin {prieuré de).
Alba Rocha (Guilleltnus de). Voy.
Gaillaame d'Auberoche, évêque
de Périgueux.
Albaldus, cellerarius monasterii
Glomnensis, 21. Voy. Mont-Glom-
ne.
Alberada, Alberada. Voy. Aubrêe.
Albericus, primor castri CastcUio-
nis. Voy. Aubry, seigneur de
Chàtillon-sur-Loing.
Albert, archevêque de Tripoli, 327.
Albia. Albiensis episcopus, prin-
ceps. Voy. Albi.
Albi (bourgeois d'). 103, 104, 112,
n. 4 ; — (capiscol de l'église d'),
104; — (cathédrale d'\ 49. n. 2,
103, n. 4 , — (collégiale de Saint-
Salvid'), 104 ; — (évêque d'). Voy.
Amiel. Voy. aussi, 116, n. 4; —
(pont d'), 103 ; — (seigneur d'),
104 ; — 112, n. 4. Voy. Albia,
Albiensis episcopus, princeps,
Amiel, Bernard Aton.
Albigeois (L'), 104.
Alboin, doyen de la collégiale St-
Hilaire de Poitiers, 200, 201.
Albuciensis vicecomes. Voy. Au-
busson.
Aldebert I"', abbé de Lérins, 231,
n. 3, — Aldebert II, 229, 231,
n. 3.
Aldebert II, évêque de Mende, 326,
327, n. 2;— Aldebert III, 326, n. 3,
327, n. 3, 329, n. 6. Voy. Gévau-
dan [Le), Mende.
Aldenborgh, Aldenburgensis par-
rochia. Voy. Oudenhourg.
Aldhunus, fundatoi- ecclesiae Dun-
helmensis, 286. Voy. Durham.
Alencio. Voy Alençon.
Alençon (Orne), 100, n. 1; —
(siège d'}, 274, 280
Alexander, évêque de Lincoln,
339.
Alexandre III, pape, 91.
Algesius, artifex, 35.
Algia. Voy. Auge [pays d').
Allemagne, 69, n. 5,' 172, n. 1 et
n. 3, 174, n. 2. Voy. aussi Al-
sace (//). Auqsbourg, Bamberg,
Bavière (La), Ùologne. Constance,
Hanovre (Le),Hildesheim, Lorsch,
Nuremberg, Osnabriick, Saxe{La),
Spire, Worms.
Allerias, castrum. Voy. Allières.
Allières (Sarthe), 278.
Alphonse I"', roi d'Aragon, 406.
Voy. Adefonsus, rex Aragonensis.
Alphonse Jourdain, comte de Tou-
louse, 149, n. 5.
Alquier, moinedeSaint-Bertin,ll9.
Alsace (L). Voy. Philippe d'Al-
sace, comte de Flandre. Voy.
aussi Strasbourg.
Altizia, fluvius, in inferiori Picta-
vensi regione, 200. Voy. Autise
(L').
Alvise, mère d'Isembard, seigneur
de Pithiviers, 276. Voy. Hêloïse.
Amalberl, abbé de Saint-Florent
de Saumur, 16, n. 3, 21, n. 2 et 3,
22, n. 4.
Amalricus. Voy. Amaury de Mont-
fort.
Amaiuin,cellerier de l'abbaye de la
Sauve-Majeure, 260.
Amance, noble, 238.
Amancius, Amancuus. Voy. i4maa-
ce.
Amasse (L'), rivière (Loir-et-Cher
et Indre-et-Loire), 342, n. 4.
Amaury de Monlfort, neveu de
Guillaume, comte d'Evreux, 372,
n. 1.
Ambasia, Ambazia, Ambaziacum,
Ambaziense castrum. Voy. Am-
boise.
Amberta, prioratus Cluniacensisor-
dinis Voy. A mbier le
Ambierle (Loire"), 129, n. 3; -
(prieuré de Cluny), ibid.
Amblard, seigneur du Rouergue,
49.
Amblard de Cluny. abbé de Saint-
Martial de Limoges, prieur de
Souvigny, 60, n. 1 .
Amboise (Indre-et-Loire), 113. n. 1,
342 ; — (constructions seigneu-
riales, tours d'), 78, n. 2; 111,
113, n. 2 ; — (église du prieuré de
Saint-Thomas d'), 342 ; — (sei-
gneurs d'), Voy. Hugue I", Motte-
Fulcois (Li), Siilpice. Voy aussi
Ambasia, Ambaziacum, Amba-
ziense castrum.
Ambreras, caslellum. Voy. Am-
brières.
.tm/)ri'''res (château d'). —Mayenne.
— 333 .
Amolius. Voy. Amiel.
Amiel. évoque d'Albi, 104.
i4mtens (cathédrale d'), 321-323; —
(ancien vocable de Saint-Firmin),
322, n. 3;— (consécration de), 323,
n. 4 ;— (dons offerts par les habi-
TABLE ALPHABÉTIQUE
4H
tants pour la restauration de la ca-
thédrale d') 321, 323 ; — (évêques
de). Voy. Firmin {Saint),Geoffroi,
Thierri ; — (incendie de la ville,
d') 322-323; — (maisons de bois et
de pierre d'\ ibid ; — (palais épis-
copal d'), 323 ; — (prédication de
l'évêque GeolTroi d), 3J1 ; — ^tré-
sorerie de l'église cathédrale), 323,
n. 4. — Voy. Hugiie d'Amiens,
archevêque de Rouen.
Ampurias (comté d'), — auj. prov.
■ de Girone (Espagne). — 115, n. 5 ;
— (comte d') Voy. Ponce /" ; —
(églises fortifiées d'). 114-116 ; —
(zones de protection autour des
cgli-<esd'\ ibid. Voy. Impurita-
nensis cornes.
Anchin (abbaye d'), 65, 69. Voy.
Aquicinense coenobium.
Andecava civitas, Andecavenses,
Andegavis. Voy. Angers.
Amlelys (Les), — Eure, — 99, n. 3.
Andres (Pas-de-Calais), 388, n. 2 —
(abbayeet constructions diverses,
maison-Dieu, infirmerie, pont de
pierre), 387-394 ; — (église du
Saint-Sauveur et de Sainte-Ric-
trude), 389, 391, 392. Voy. Raoul
de Douvres.
Anger. fluvius. Voy. Indre (L').
An^^ers (abbaye de Saint-Aubin d'),
145, n 2, 257, n. 2, 264, 269, n. 2,
30«, 309 ; — abbaye du Ronce-
ray d'), 73, n. 2 ; — (cathédrale d'),
83-85 ; ^ (écolâtre d ). Voy. Ber-
nard. Bernier ; — (collégiale de
Saint-Laudd';, 299,300 -. — (évêques
d'). Voy. Eusèbe Bru non, Hubert
de Vendôme, Normand de Doué,
Ulger ; — (monastère de Saint-
Nicolas d'), 16, 18, n. 5. 19, n, 4 ;
— (palais comtal d), 298, n. 1 ;
— (ville d"), 345, n. 1. Voy. An-
decava civitas, Andecavenses,
Andegavis. Voy. aussi Girard,
aiibé du Sainl-Auhin.
Angilbert, abbé de Saint-Riquier,
125, n. 2, 285, n. 1,
Angles (archidiaconé d'), au diocèse
dAuch, 284, n 2,
Angleterre, 47, n. 1, 73, 75, 135,
n. 11, 141, 157, n. 2, 162, n. 3, 193,
195, 196, n. 2, 197, 198, 207, n. 2.
210, 218, 219, 276, n. 7, 277, 317,
32 •, 338, n. I et n. 5, 339. Voy.
, Beckford, Cantorbéry,Carishroo-
ke, Devizes, Douvres, Durham,
Ereter, Hastings, Lincoln, Lon-
dres. Malmesbury. Pevensey, Sel-
by, Rochesier, Salisbury, Sher-
• borne. Winchester, Worcester,
Tulbury, York, Yorkshire.
Angli, Anglia, Anglicae provin-
ciae, Angligenus. Voy. Angle-
terre.
Anglo-Saxons, 150, 195. Voy. Sa-
xons.
Angouléme [cathédrale d'),315, 316 ;
— (chapitre et cloître d), 316 ;
— (comtes d). Voy. Guillaume
Taillefer, Vutgrin Taille/'er ; —
(évêques d'j. Voy. Gérard II de
Blaye, Hugue II de La Rochefon-
cault, Lambert; — (palais épis-
copal d'), 316.
Aniane (Hérault), 109, n. 2; — -
(abbaye du Saint-Sauveur d'),
109-111; — (accord conclu pour
la construction d'un pont, entre
les abbés de Saint-Guilhem-du-
Désert et d), ibid. Voy. Ponce,
abbé.
Aniciensisepiscopus. Yoy.Puy[Le).
Anien [Saint), 56, 57.
Anjou [L"), 16, 17, n. 7 ; 310, n. 1,
353, n. 3; — (comtes d). Voy.
Foulque III dit Nerra, Foulque
IV Réchin, Foulque V le Jeune.,
Geoffrni le Bel, Geo ff roi Marlel\
— (comtesses d'). Voy. Agnès^
Hildegarde ; — (établissement de
l'ordre de Fontevrault dans 1'),
312, n. 1 ; — (persistance d'an-
ciennes traditions dans le renou-
vellement des églises d'), 18, n. 2 ;
— (style Plantagenêt dans 1'), 85,
n.3, 310, n, 3.
Annot (église d'), — Basses-Alpes,
— 115, n. 1.
Anselme, abbé de Saint-Salvi
d'Albi.Voy Albi.
Anselme [Saint), archevêque dé
Gantorbéry, 198, 206, 216, 220,
227,268.
Ansquilinus, Ansquitilinus, Ans-
quililius. Voy. Ansquitil.
Ansquitil. abbé de Moissac, 147,
n. 2, 148. n. 3,149, n, 1.
Anthelme [Saintj, prieur général
des Chartreux, 360, n. 1 .
Antiorhe [Syrie] Voy. Rohémond,
Richard, prince d Antioche, Rai-
mond, seigneur de la Principauté.
Apogniacum oppidum, firmitas.
Voy. Appoigny.
Appoigny (Yonne). 94.
Apulia. Voy. Pouille [La).
Aquae, Aquensis civitas, ecclesia,
arciiiepiscopus. Voy. Aix.
Aquicinense coenobium. Voy. An-
chin [ibbaye d').
412
TABLE ALPHABÉTIQUE
Aquila, Aquilense castrum. Voy.
Lai^le.
Aqiiilinus, Asquilinus. Voy. Ans-
quilii.
Aquitaine (ducs d'). Voy. Guil-
laume le Grand, Guillaume le
Jeune, Guillaume le Toulousain.
Voy, aussi Gui-Geoff roi-Guil-
laume, Richard Cœur-de-Lion ;
— (duchesse d'). Voy, Agnès de
Bourgogne ; — (évêques d'),
176 ; — (ftxation de l'étendue des
cimetières autour des églises et
des chapelles d'\, ibid.
Aragon. Voy. Alphonse /•', roi
d'Aragon.
Araleo, 192 ; — Araleonis comitissa,
ibid. Voy, Arlon, Adélaïde,com-
tesse d' Arlon .
Archambaldus, Archembodus. Voy.
Archambaud.
Archambaud, charpentier, employé
aux travaux de Saint-Benoît-sur-
Loire, 35, 36.
Archambaud, vicomte de Comborn,
15, n. 6.
Archas, ca^tellum, ttirris. Voy.
Arques [château d').
Ardea,Ardensisdunjo. Voy. ordres.
Ardenne. Voy. Saint-Hubert d'Ar-
denne.
Ardres [Pas-de-Calais], 180, 181, n.
3 ;— (donjon d'), 180, 181, 182;
— (église de Notre-Dame et Saint-
Omer, à), 180, 183 ; — (enceinte
d'), 180. Voy. Lambert d' Ardres.
Arelatensis archiepiscopus. Voy.
Arfes.
Argens [L), rivière (Var), 305, n.
2.
Argenlal (Loire), 187, n. 2.
Argentan [Orne], ai. Voy. Argen-
tomagus.
Argentau (seigneurie d'), en Forez,
187. Voy, Argenlal.
Argentomagus, castellum. Voy.
Argentan.
Arkes. Voy. Arques.
Arles, 305, n. 1 ; — (archevêque d').
Voy. Gibelin ;— (église de Saint-
Trophime d), 91 ; — (prieuré de
Saint-Honoratd ), 189, n. 2. —
Voy. aussi Pierre de Saint-Gilles.
Arlon (Belgique, prov. de Luxem-
bourg), 192, n. 2; — (comtesse
d'), 191,193, n. 1. Voy. Araleo,
Adélaide.
Armorique [L'). Voy. Bretagne [La).
Arnaldus, episcopus Mapalonensis,
88, 89. Voy, Arnaud de Verdale.
Arnaud I", évéque d'Oloron, 356,
Arnaud, évéque du Mans, 162, 247.
Arnaud, prieur de Sainte-Gemme,
en Saintonjïe, 249.
Arnaud, vicomte de Nègrepelisse,
232, n. 2.
Arnaud de Verdale, évéque de Mà-
guelone. 88, 89, 90, n. 4,
Arnauld d'Ustul, chanoine chargé
de l'entretien des bâtiments de
St-Sernin, à Toulouse, 1S9, n. 2.
Arnoldus,. dominus Ardensis. Voy.
Arnoul I'% sire de Selnesse.
Arnoul IL évéque d'Orléans, 1, 3.
Voy. Arnulfus.
Arnoul, fils de Beaudoin, comte de
Guines, 180, n. 3.
Arnoul I", sire de Selnesse, dit
V Avoué, sénéchal du comte de
Boulogne, 180, 181, 183, 184, Voy.
Arnoldus.
Arnoult, verrier de l'abbaye de
Saint-Trond, 161, n. 2.
Arnulfus, artifex, 35.
Arnulfus, Aurelianensis civitatis
pontifex. Voy. Arnoul II.
Arpin. Voy. Éude Arpin.
Argues (château d'), près de Saint-
Omer, 119, n. 4 ; — (détroit d'),
ibid .
Arques (château d'), — Seine-
Inférieure, — 184, n. 1, 277, n,
3, 332, n. 5 ; — (Guillaume, sei-
gneur d'). 252, n. 3. Voy. Archas.
Arras (cité d'), 67, n. 5 ; — (dio-
cèse d'), 65 ; — (marché d'), 183,
n. 1.
Arros [V], rivière (Gers), 282, 283.
Voy. Rosso.
Artaud, prieur de Ste-Gemme, 249;
— seigneur d'Argentan, 187,
Artiguelongue [église d'), — (Gers),
— , 284.
Artmannus, dominus, 232. Voy.
Hartmann.
Artois IL'), 181, n. 4.
Arverni. Arvernica patria, sedes,
Arvernicuspagus. Voy. Auvergne
(L').
Assé-le-Boisne (Sarthe), 264, n, 1.
Voy. Aciacensis ecclesia.
Assise (Italie , 140, n. 2 ; — (église
de Saint- François d'), ibid.
Athelard, archevêque de Gantorbé-
ry, 219.
Athelm, archevêque de Cantorbéry,
214. Voy..4de/mus.
Ato. Voy. Aton. ,
Aton, médecin, à Vienne (Isère), 87.
Aubrêe, femme de Raoul, comte de
de Bayeux et d'Ivri, 276 ; —
princesse Normande, ensevelie
TABLE ALPHABÉTIQUE
413
dans l'abbatiale de la Trinité de
Venouse (Italie), 178, n. 1 . Voy.
Alberada.
Aubry, seifjneur de Châtillon-sur
Loinf;;. 10.
Aubusson (Creuse), 13 ; — (vicomte
d'). Voy. Rainaiid, ibid.
Anch ^archevêque d') Voy. Guil-
laume de Montant, Raimond II de
Pardiac; — (cathédrale d ), 282,
283, 303 ; — (palais archiépiscopal
d'}, 301, 302 ; — (prieur de Saint-
Orens, à). Voy. Auger de Mon-
taut.
Audin, évèque d'Evreux, 372, n. 4.
Audoenus, archiepiscopus Rotoma-
gensis. Voy. Ouen {Saint}.
Auge (pays d'), en Normandie, 379,
380. Voy. Wgia, Sainte-Barbe-en-
Auge.
Auger, évêque de Riez, 205 ; — de
Montant, prieur de Sains-Orens
d'Auch, 302, n 1 .
Augshourg (siège d'évéque dans la
cathédrale d'). 217, n. 3.
Auqusiin (Sam<)i ^pôtre des Anglo-
Saxons, 219, 220.
Augustin [Saint], père de l'Église,
159, n. 3, 313, n. 4.
Aunin (L'), 242, 386.
Aureliacum. Voy. Aurillac.
Aureliana, Aurelianensis civitas,
Aurelianis. Voy. Orléans.
Aurillac, 48, n. 1. 307. n. 2 ; —
(abbaye de Saint-Géraud d'), 48,
n. 1 ; — (comte d), ibid., 307,
n. 2 ; — (église abbatiale d'),
ibid. Voy. Aureliacum.
Ausciensis, Auscitanus, Auxiensis
arcliiepiscopus. Voy. Auch, Rai-
mond de Pardiac.
Ausque (Pas-de-Calais), 391, n. 4.
Voy. Elceka.
Autbertus, capudschola [sic] Ar-
vernicae sedis, 108.
Autingues (Pas-de-Calais), 391.
Autise (L), rivière (Vendée). Voy.
Altizia.
Aulissiodnrum, Autissiodorenses
episcopi. Voy. .4ua;erre.
Au/un (cathédrale d'i, 319, n. 5.
Auvergne (L'), 33, n. 5, 48. 107,
108. 127, 146, n. 2, 187,242; —
(architecture romane de), 397, 401,
n. 1
Auxerre (cathédrale d') : — caro-
linijienne, 182, n. 2 ; romane (cons-
truction et décoration), 92-96,
100, n..l01. n. 1 ; —(crypte de), 42,
n. 2; — (cité d"), 92. 97 ; — église
de Notre-Dame-la-Dehors, à), 68,
n. 3; — (évéques d'). Voy. Alain,
Geoffroi de Champallement, Guil-
laume de Toucy, Herbert II,
Hugue de Chalon, Hugne de
Monlaigu, Hugue de Noyers ; —
(palais épiscopal d'), 92, 97. Voy.
Autissiodorum, Autissiodorenses
episcopi.
Anxerrois (L'), 92.
Avenionensis ccclesia major. Voy.
Avignon{Notre-Dame-des-Doms}.
Avesgaud, évèque du Mans, 165,
n. 3.
Avignon, 305 ; — (abbaye de Saint-
Ruf d), 305-308 : — (cathédrale
de N.-D.-des-Doms d'), 305-308 ;
— (chapitre de N.-D.-des-Doms
d'), ibid. ; — (concile d'), 364 ; —
(évéques d). Voy. Benoit. Ros-
taing. Voy. aussi Ponce, prévôt de
Saint-Ruf.
Axeium, 273. Voy. Esse, Essei.
Aymery. Voy. Aimeri.
Azenaire, abbé de Massay, 124, n. 5.
Bajoaria. Voy. Bavière (La).
Bajocis. Bajocensis episcopus, pa-
gus. Voy. Bayeux.
Baldéricde Thérouanne, évéque de
Noyon. 65. n. 1.
Balduinus Insulanus, comes Flan-
dria-. Voy. Baudouin V, dit de
Lille.
Baldwin, archevêque de Cantor-
béry, précédemment évéque de
Worcestcr, 228, n. 4.
Bamberg (Bavière), 69, n. 5 ; —
(évèque de). Voy. Othon.
Barbara (Sancta). Voy. Barbe
[Sainte).
Barbe {Sainte), vierge et martyre,
381, n. 2; — (légende de) ibid. ;
— (reliques de). 380, n. 1. Voy.
aussi Sainte - Barbe - en - Auge
[prieuré de).
Bari (église de Saint-Nicolas de),
178, n. l ; — (terre de), ibid.
Barnard [Saint], de Momans, 143.
Barri (Pierre du), abbé de Saint-
Martial de Limoges, 58, 59, 60.
n. 3.
Barthélémy de Joux, évêque de
Laon, 317, 321.
Basatensis episcopatus. Voy. Bazas
(ancien diocèse de) ; — (pagus),
239. Voy Bazadais [Le).
Basilicate {La), — Italie méridio-
nale, — 72, n. 1, 177.
Bataille (abbaye de la), près d'Has-
414
TABLE ALPHABÉTIQUE
tings (Angleterre), 194. Voy. Ve-
nouse.
Battle abbey . Voy. Bataille
(abbaye de la).
Baudouin 1", dit Bras-de- fer, comte
de Flandre, 375, n.
Baudouin II, comte de Guines,
180, n. 3, 391.
Baudouin IV,diile Barbu, comte de
Flandre, 173, n. 2.
Baudouin V, dit de Lille, comte de
Flandre, 172. Voy. Balduinus
Insulanus.
Baudri, abbé de Bourgueil, arche-
vêque de Dol, 343-346.
Baume (abbaye de), 272, n. 2 ; —
(abbé de). Voy. Bernon.
Bavière [La), I2i, n. 50. Voy aussi
Bamberg ; — (rhénane). Voy.
Spire.
Bayeux (cathédrale de), 73, n. 6,
144, n. 2; 208, n. 1 ; — (évoque
de). Voy. Eude I'", Hugue ; —
(siège de), 364, n. 2 ; — (tapisse-
rie de), 74, n 3, 314, n. 1. Voy.
Bajocis. Voy. aussi Aubrée, fem-
me de Raoul,comte de Bayeux.
Bazadais (Le) ,238, 239, n. 2. Voy.
Basatensis pagus, Sarda (?).
Bazas (ancien diocèse de), 239, 374.
Voy. Basatensis episcopatus; —
(comté de), 238, n. 3 ; — (évêque
de). Voy. Geoffroi.
Béarn (Le), 101, n. 4, 147, n. 6,
186, n. 4, 354 ; — (vicomte de).
Voy. Bernard II, comte de Bi-
Ïorre, Gaston IV. Voy. aussi
escar, Morlaas.
Beau lieu-lès- Loches {Indve-el-Loire),
1, n. 1 ; — (église conventuelle de),
1, 2, n. 1. V^oy. Lucacense cas-
trum, monasterium.
Beaune (Côte-d'Or), 295 ; — (vi-
comte de), ibid. Voy. Belnensis
vicecomes, Rainaud.
Beauport (abbaye de], — Xôtes-du-
Nord, — 285.
Beauretour (Yonne), 97, n. 3. Voy.
Bellus reditus.
Beauvais (.église abbatiale de Saint-
Etienne de), 317, n. 5 ; 373, n. 2 ;
— (collégiale de Saint-Lucien,
auj. Saint-Nicolas, à), 165, n. 3 ;
— (évêque de). Voy. Warin.
Bec (Le), auj. Bec-Hellouin Eure),
44, 46, n. 3, 247, n. 1 ; — (abbaye
du), fondation, travau.t de cons-
truction et de décoration, 44, 46,
47, 246, 247, 338, n. 4 ; — \abbés
du . Voy. Hellouin, Létard, Ro-
ger de Bailleul ; — (moine du).
Voy. Gundulphe ; — (prieurdu).
Voy. Lanfranc.
Beccense monasterium, Beccensis
ecclesia, Beccus. Voy. Bec {Le).
Becket. Voy. Thomas Beckel.
Beckford (Angleterre, comté de
Glocester), manoir, dépendance
du prieuré canonial de Sainte-
Barbe-en-Auge, 380, n. 4 ; —
(prieur de). Voy. Daniel
Belesmensis. Voy. Bellesmensis.
Belgiacus. Voy. Bougy.
Belgique{La), 174, n. 2, 313,n.5.Voy.
Ârlon, Breedene, Bruges, Fumes,
Gand, Hainaut (Le), Hesbaye (La),
Huy, Liège, Lobhes, Merchem,
Saint - Hubert (Luxembourg) ,
Saint -Pierre d'Oudembourg,Saint-
Trond, Stavelot, Tongres, Tour-
nai, Tournaisis (Le), Ypres.
Bellefontame (prieuré de), 370.
Bellus locus. Voy. Beaulieu-lès-Lo-
ches.
Bellus reditus. Voy. Beauretour,
Belléme (Orne), 273, 274, n. 5. Voy.
Guillaume, Robert de Belleme.
Bellesmensis, Bellisjnum. Voy
Bellême.
Belnensis vicecomes. Voy. Beaune.
Belsta (Bernardus de), capellanus
Morlanensis. Voy. Beuste, Mor-
laas.
Beis (Morbihan), 53, 54, n. 1, n.7.
Benedictus. Voy Benoit, Bénezet.
Bénezet {ou Benoit), prévôt de Saint-
Sauveur d'Aix, 202, 203, n . 3 .
Bennon, évêque d'Osnabrûck, 69,
n. 5.
Benoit, évêque d'Avignon, 306,
n. 3.
Benoit [Saint), 6, 9, n. 2, 11, 34, n.
5, 150 ; — (sœur de). Voy. Scolas-
tique (Sainte) ; — (règle de), 295.
Voy. aussi Fleury-sur- Loire (ab-
baye de) .
Bérenger, évêque d'Agde, 176, n. 2.
Bérenger, évêque dElne, 200, n. 4.
Bérenger, cvcquc de Fréjus, 205.
Bérenger Guifred, évêque de Gi-
rone, 115.
Bermond, abbé de Marmoutier,
325.
Bermond, trésorier de la cathédrale
d'Aix, 205.
Bernard, abbé de Quincy, 279.
Bernard, abbé de Saint-Savin-en-
Lavedan (Gascogne), 191
Bernard II, comte de Bigorre et
vicomte de Béarn, 291.
Bernard, dit le Vieu.x, maître d'œu-
vre de la cathédrale de Saint-
TABLE ALPHABÉTIQUE
415
Jacques de Compostelle, 397, 406.
fiernard, écolâtre d'Angers, 47, n.2,
48, n. 1, n. 2.
Bernard, moine de Gluny, auteur
de VOrdo Cliiniacensis, 132, n. 1,
302, n. 4.
Bernard, vicomte de Comborn, 15.
Bernard [Saint), abbé de Clairvaux,
36(i ; — observations et critiques
de), au sujet du lu.\e dans les
églises et les cloîtres, 366-370.
Bernard Aton, seigneur d'Albi, vi-
comte de Nîmes, 10 i.
Bernard de Beuste. curé de Morlaas,
356.
Bernard de Boaergue, abbé de Saint-
Victor de Marseille, 189, n. l.
Bernay (Eure). 26, n. 2 ; — (monas-
tère de), ibid.
Berncrius, Bernerus. Voy. Bernier.
Bernier. doyen de l'église de Paris,
350.
Bernier, écolâtre d'Angers, 48.
Bernon. abbé de Beaume, 272, n. 2 ;
de Gluny, 128, n. 2.
Berry {Le), 57. 58, n. 3, 103, n. 2,
107, n. 1, 123-125, 186, .324, n. 4,
3'<6, n. 3. Voy. Bituria.
Berlhe, comtesse de Flandre, 159.
Berlin (Saint), 118. 122. n. 3. Voy.
aussi Saint-Bertin (abbaye de).
Bertran, prieur de Ganagobie, 355,
n. 4.
Bertrand de Monlacès, 149, n. 4.
Bertrandus de Monte Incensi, dic-
tus secularis abbas Moissiaci.
Voy. Bertrand de Monlacès.
Bésalu (corhté de), près de Girone
(Espagne), 114, 115. Voy. Bisul-
dunensium cornes.
Besançon (Chapitre de la cathédrale
de), 330.
Bésèléel, inventeur de l'arche d'al-
liance, 38, n. 2.
Be«s<e(Basses-Pyrénées), 356, n.3.
Voy. Belsta, Bernard de Beuste.
Bidorcensium archietralis, 8. Voy.
Gozlin, abbé de Fleury, puis
archevêque de Bourges.
Bigarre (chùleau.\-forts du), 291 ; —
(comtes de). Voy. Bernard II,
Bnimond II ; — (évéque de). Voy.
Ponce, évêque de Tarbes ; —
(nobles du pays de), 291.
Bisuldunensium cornes. Voy. Bésalu.
Bituria. Voy. Berrg (Le) ; — Bituri-
censis princeps. Voy. Odoard.
Blavia. Voy. Blaye.
Blaye (château de), — Gironde, —
373.
Blesis, Blesium castrum, Blesense
castellum. Voy. Blois (château
de).
Blésois (Le), 33.
Bleva, castrum. Voy. Blèves.
Blèves (Sarthe), 278.
Blois (château de), 236, 237, cha-
pelle de Saint-Calais, 237, n. 5 ; —
(comtes de). Voy. Etienne I",
EudeU, Louis, Thibaud III, IV
et V^. Voy. aussi Boberlde Blois,
abbé de Marmoutier, Robert de
Blois, abbé de Saint-Florent-de-
Saumur.
Boère, 107, n. 5.
Bohémond, prince d'Antioche, 178,
n. 1, 279, n 1.
Boii)es< res, in pagoTholosano. Voy.
Saint-(^hristaud de Volvestre,
Montesquieu- Volvestre.
Boloniensis comitatus. Voy. Bou-
lonnais (Le).
Bonae vallis abbatia. Voy. Bonne-
vaux (abbaye de).
Bonneval- lès- Thouars (Deux-Sè-
vres), 19, n. 3.
Bonnevaux (abbaye Cistercienne
de), — Isère, — 360-361.
Bonneville (Eure). 46, n. 1.
Bononiensis provincia. Voy. Bou-
lonnais (Le).
Bordeaux (archevêque de). Voy.
Geoffroide Loroux (ou de Loriot);
— (^diocèse de), 257. Voy. aussi
Raoul, prévôt.
Boscherville (Seine-Inférieure) ,
215, n. 1 ; — (église de Saint-
Georges de), ibid.
Bo.son,fils du comte de la Marche,
124, n 3.
Boson, vicomte, en Poitou, 254.
Boson de Cluis, seigneur, 124.
Bouchemaine (Maine-et-Loire), 299,
n. 4. Voy. Buca Meduanae, Buse-
bouc.
Bougti (Loiret), 34. Voy. Belgiacus.
Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais),
123," n. 1 ; 387 ; — (château de).
237, n. 1 ; — (évéché de) , 313, n.
1 ; — (comte de), 180 ; — (pier-
res du pays de), 173, 391. —
Voy. Robert de Boulogne, moine
de Marmoutier.
Boulonnais (Le), 168, 172, n. 2, 173,
181, n. 4, 391, n. 4.
Bourbonnais (Le), 107, 127.
Bourbourg (Nord), 121, n. 4, 180,
18 i ; — (architecte-charpentier
de). Voy. Lodewick ; — (châtelle-
nie de), 121, n. 4 ; — (paroisse de),
121. Voy. Robert, fondateur de
Véglise de Bourbourg. ■
446
TABLE ALPHABÉTIQUE
Voy. aussi Broburgensis parro-
chia, Broburg.
Bourg - Dieu (abbaye de). Voy.
Deols.
Bourges (archevêque de). Voy.
Gozlin, abbé de Fleury ; — (cathé-
drale de), 269, n. 2 ; — (cité de),
103, n. 2; — (collégiale de Sainl-
Ambroix, à), 103, n. 2 ; — (en-
ceinte de), 346, n. 1 ; — (vicomtes
de). Voy. Eude Arpin, Geoff'roi.
Bourgogne (La), 26, n. 2, 295; —
(duc de). Voy. Eude I" ; — (struc-
ture des voûtes d'églises, en), 235,
n. 1. — Voy. Bobert de Bour-
gogne.
Bouri (Oise), 277. Voy. Burriz.
Bournainville (Eure), 46, n. 1. Voy.
Burnenvilla.
Bovo. Voy. Bovon.
Bovon, abbé de Saint-Bertin, 118.
Brantôme (monastère de), 243, n. 3.
Bredena, vicus, ecclesia, in episco-
patu Tornacensi. Voy. Breedene.
Brédenarde (La), — Pas-de-Calais, —
181, n. 3.
Breedene (Belgique, prov. de Flan-
dre occidentale), 127, n. 1 ; —
(église de), au diocèse de Tournai,
ibid. Voy. Bredena.
Bregowine (Saint), archevêque de
Cantorbéry, 220.
Brehervallum. Voy. Bréval.
Bretagne (La), 51, 52, n. 1, 53, 74,
155, 198, 312, n. 1, 343, n. 3 ; —
(ducs de). Voy. Alain, Cnnan II;
— (monuments mégalithiques et
menhirs de), 53 ; — (ruines ro-
maines, en), ibid.
Breteuil (seigneurie de), 275, n. 8.
Voy. Guillaume de Breteuil.
Bretoliensis. Voy Breteuil.
Breuil-Morin (église de), dépen-
dance de l'abbaye de Saint-Jean
dAngely, 270. Voy. Brolio Morini
(ecclesia de).
Bréval (Seine-et-Oise), 273, 275.
Voy. Brehervallum.
Bridgenorth (château de), près de
Shrewsberry (Angleterre), 274,
277. Voy. Brugia.
Brionne (Eure), 46, n. 2.
Brionnium, castrum, Brionnensis
saltus. Voy. Brionne.
Brismetus, plumbarius, 75.
Britannia. Voy. Bretagne (La).
Broburgensis parrochia, Broburgh
(castellaria de). Voy. Bonrbourg.
Brolio Morini (ecclesia de), in San-
tonensipago. Voy. Breuil-Morin.
Brosses (château de), en Berry, 386,
n. 3
Bruges ^Belgique, prov. de Flandre
occidentale), 168, 173; — (bourg
de), 375, n. 2, 377, n. 1 ; ~ (châ-
teau comtal de), 375; — (église de
Saint-Donatien de), ses fortifica-
tions, ibid.
Bruggensis urbs, Bruggia. Voy.
Bruges.
Brugia, casfrum. Voy. Bridgenorth.
Bruno (Saint), fondateur de l'Ordre
des Chartreux, 265.
Buca Meduanae. Voy. Bouchemaine.
Burdegala. Voy. Bordeaux.
Burnenvilla. voy. Bournainville.
Burriz. Voy. Bouri.
Cadomum, Cadomense castellum,
Cadomensis vicus. Voy. Caen.
Caen, 195, 196, n. 2, 331, 338, 379, n.
2; — (bourg dei, 332; — (château
de), ibid.; — (église de Saint-
Etienne de), 196, n. 2, 213,
n.l et 4, 215, n. 1, 247, n. 2, 338,
n. 4 ; — (église de Saint-Nicolas
de), 178, n. 1 ; — (église de la Tri-
nité de). 151, n. 1, 178, n, 1, 196,
n. 2. Voy. Gundulfe, moine de
Saint-Étienne de Caen.
Cahors (diocèse de), 232; — (évêque
de). Voy. Didier [Saint).
Caisnes (Oise), 371.
Gafabre (La), Italie, 72, n. 1.
Calaisis (Le), 339.
Caldar.-nsis vallis, Caldarez. Voy.
Calixte II, pape, 18 n. 2, 214, 262,
n. 5 3il,n.4,365. Voy. Gui I" de
Bourgogne,archevêquede Vienne.
Galon, évêque de Poitiers, 363.
Galvimonte (castrum de), 277. Voy.
Chaumont-en-Vexin.
Calvimonte (turris de), ad Ligerim.
Voy. Chaumont-sur-Loire.
Camibrai(ancien diocèse de), 68, n. 7,
69 ; — (cathédrale de). 3, n. 1, 64,
65, 67, n. 1, 68, n. 4; — (collégiale
de Sainte-Croix, à),68;—(évêques
de). Voy. Gérard I" de Florines,
Gérard II ; — (monastère de
Saint-Aubert, à), 68.
Cameracum. Voy. Cambrai.
Campagne (Pas-de-Calais), 391.
Campus Allemanus, castellum. Voy.
Champallement. Voy. aussi Geof-
froi de Champallement, évêque
IA1$LE ALPHABÉTIQUE
417
d'Aiivcrre, lliujiie. évèqiie de Ne-
vers.
Cnniles (Indre-cl-Loire), 310. Voy.
Coiulatensis cella.
Canij,'one, Ganigonis. Voy. Saint-
Ma rlin-du - Caniçfou.
€antorhéry (Angleterre), 206 ; —
(archevêques de), 206-228 ; —
(cathédrale de), reconstruction et
ornementation, ihid ; — (chapelle
de X.-D., dépendance delà cathé-
drale de), 209 ;— (crypte de N.-D.
dans la cathédrale de), 218 ; —
(église de Saint-Pierre et de Saint-
Paul, hors la cité de), 219; — (Fa-
brique de), 212, n. 1; — (monas-
tère de Saint-Augustin, à), 214 ;
— (prieuré, à), 20", n. 1 ; —
(sépulture de sainte Siburge, à),
2li. Voy. Anselme{Saint), Conrad,
Odon, prieurs, Hugiie, abbé de
Sainl-Au(fiislin, Eadirin, Guil-
laume de Sens, Guillaume l'An-
glais, Lanfranc, Thomas Becket.
•Gantuaria, Cantuariensis civitas,
ecclesia. Voy. Canlorbéry.
Canut le Grand, roi d'Angleterre,
141, n. 2.
•Caoursin{Le), 232. Voy. Gaturcinus
pagus.
<^apella Gonsulis, apud Vindoci-
uum castrum. Voy. Saint-Georges
{chapelle comtale de).
Capella Sancti Andreae. Voy.
Chapelle (La) Saint- André.
Carcassonne, 14, n. 5, 74, n. 2, 153.
Carishroo/ie .(château de), près d'Al-
vington i^Angleterre), p. 194, n. 7,
■Garnotum , Garnotensis ecclesia,
episcopus. Voy. Chartres.
Gartusia Voy. Chartreuse {Grande).
■Garus locus. Voy. Charlien.
Gasa Vicecomitis, castrum. Voy.
Chaize-le-Vicomte.
Gasae Dei (monasterium), 23, n. 4,
188, 243. Voy. Chaise-Dieu {abbaye
de la). Voy. aussi Jarenlon, abbé.
X^asale Bcnedictum, monasterium.
Voy. Chezal-Benoit.
Cnssiodore, 196, n. 1.
Gastellio, castrum. Voy Châtillon-
sur-Loire.
<Jastelnau (ou Castelnou], près de
Thuir (Pyrénées-Orientales), 115,
n. 8 : — vicomte de), 114 ; —
(églises fortifiées de la vicomtéde),
114, 116; — (zones de protection
autour des églises de la vicomte
de), ihid. Voy. Gastrum novum,
Gausbert.
Caslelj)ers (château de), en Rouer-
gue, 47, 49, n. 2 ; — (seigneur de),
49, n. 2. Voy. Gastrum Persum.
G «strum .\llionis. Voy. Chàlel-Ail-
lon
Castrum Gunterii. Voy. Châleaa-
Gontier.
Gastrum Julii. Voy. Chàtel-Aillon.
Gastrum novum. Voy. Castelnau.
Gastrum Persum, in Rutenensi re-
gione. Voy. Caslelpers.
Gastrum Rainaldi. Voy. Château-
Renault.
Gastrumdunum. Voy. Chàleaudun.
Catalogne (province dEspagne).
Voy. Girone, Hipoll monastère
de), Tarragone.
Cateau-Cajnbrésis (donjon de , 67,
n. 5.
Gathalaunensis civitas, ecclesia.
Voy. Chàlons-sur-Marne .
Gaturcinus pagus. Voy. Caoursin
{Le).
C&uterels (Hautes-Pyrénées), 190;
— (bains de Gésar, à;, 190, n. 4.
Voy. Caldarensis vallis, Caldarez.
Gavellicensis episcopus. Voy. Ca-»
vaillon.
Cavaillon (Vaucluse , 205. Voy.
Pierre, évéque de Cavaillon.
Celle-en-Brie, prieuré de Marmou-
tier, — Seine-et-Marne, --325, 326,
n. 1. Voy. Gellehriensis ecclesia.
Gellebriensis ecclesia. Voy. Celle-
en-Brie.
Celles. Voy. Pierre de Celles.
Gelsinanias, Celsinias. Voy. Sauxil-
langes.
Cénac (prieuré de), en Périgord. 147,
n. 4.
Genomannis, Genomannensis urbs.
Voy. Mans (Le).
Gentula. Voy. Saint-Riquier.
Centulle (maison de\ 355. n. 6 et 7,
Voy. Gaston I V, vicomte de Béarn.
Ceolnoth, archevêque de Gantor-
béry, 214.
Cèor Le], rivière du départ, de 1 A-
veyron, 49, n. 1.
Cépède (église de), — Gers, — 284.
Cerdagne (comté de), 114; — (égli-
ses fortifiées du comté de), 114,
116 ; — ^zônes de protection autour
des églises du comté de), ibid.
Voy. Raimond, comte de Cerdagne.
Gerritanensium cornes. Voy. Cerda-
(fne.
Ce.sar, 177. Voy. Octavianus, Cau-
terets (bains de Gésar^.
Celon église de Saint- Pierre de), —
Orne, — 288.
27
418
TAhF.E ALPIIAltETlQUE
Chabannes. Voy. Adémnr de Cha-
hnnnes.
Chaffre Saint), 233, n. 3. Voy. Theo-
fredus (Sanclus) martyr. — Voy.
aussi Saint-ijhaffre du Monnslier.
Chaise-Dieu (abbaye de la;, lOS, n.
1 ; — (abbés de la. Voy. Jarenlon,
Robert {Saint); — (moine scidpteur
de laj. V03-. Guinamand. Voy.
aussi Casae Dei (monasterium).
(Jhaize-le-Vicomte (château de la),
— Vendée, — 201, 202; son cons-
ti'ucteur.Voy./njyeifterl!: — (église
paroissiale de), 201, 202, n. 1; son
constructeur. Voy. Jean, chanoine :
— (église prieuriale de), 202, n. 1.
Voy. aussi Casa vicecomitis.
Ghalo, episcopus Pictaviensis. Voy.
Calon.
Chalon-sur-Saône (diocèse de), 295.
Chàlons-sur-Marne, 3,Sl ; — (évoque
de). Voy. Gui III de Joinville : —
(règlement épiscopal de), au sujet
des obligations et privilèges des
« fèvres », 381, 383-385.
Chanialières (église de) — Puy-de-
Dôme, — 282, n. 2 ; — (prieuré
de), dépendance du Monastier
(Haute-Loire), 235, n. 1.
Champ-Allemand. Voy. Champalle-
ment.
Champ-Epineux (Maine-et-Loire 1,
19, n. 3.
Champagne (comtes de). Voy.
Etienne /"■, fils de Thibaut III,
Henri I'\ Voy. aussi Guillaume de
Champagne, archevêque de Sens,
puis de Reims.
Champallement (Nièvre). Voy. Cam-
pus Allemanus, castellum, Geof-
f'roi, èvêque d'Auxerre, Hugue,
évêque de Aevers.
Chapelle (La), — Corrèze, — 14. n. 2.
Chapelle (La) Saint-André (Nièvre),
95, n.6. Voy. Capella S. Andreae.
Charbuia, villa episcopalis. Voy.
Charhuy.
Charbug (Yonne). 97, n. 3.
Charlemagne, 3S. n. 2, 177.
Charles le Chance, 21, n. 2.
Charlieii, prieuré clunisien (Loire ,
129, n 2. Voy. Carus locus.
Charroux (église de), — Vienne, —
29. n. 1, 32, n. 4.
Chartrain (Le pays), 23, n" 4, 157.
n. 2 ; — (concours des populations
pourla construction d'églises dans
le), ibid.
Chartres, 279 ; — (cathédrale de),
1 52. n. 4, 61. 62. n. 1 à n. S. 63, 64,
n. 2 et 3, 208. n. 1, (cryptes de), 56,
n. 4,61, 64, (incendie et reconstruc-
tion), 61, (portail de), 269, n. 2 —
(diocèse de), 23, n. 4, 279 ; —
(évêques de). Yoy. Fulbert, Geof-
froide Lèves, Yves; — (miracles
deN.-D. de), 134, n. 3 ;-■ (palais
épiscopal de), 133, n. 10 ; — (puits
des Saints-Forts, à), 64, n. 2. Voy^
Garnotum, Carnotensis ecclesia.
Chartreuse {Grande-), 265, 357-360 j
— Chartreuses (plan des), 265, 266,.
311, n. 4*; — (maisonnettes des),,
ibid. Voy. Cartusia.
Chartreux, 265, 357, 360 ; — (arts;
manuels des), 357 ; — (chapelles,
des couvents de), 359 ; — (cloîtres,
des), 23, n. 4, 265-267, 357 ; — fsta-
tuts des) : au xu' siècle, 266. n. 2,^
357-359. 360, n. 1, au .xiii" siècle»
358, n. 5. Voy. Anthelme {Saint y
Rruno {Saint), Guigne I^''.
Château-Gaillard [Le), — Eure, —
96, n. 7, 99, n. 3, 277, n. 3.
Chàteau-Gontier (Mayenne), 111,
n. 2 ; — (seigneur de). V03'. Rai--
niuid. Voy. aussi Castrum Gun-
tt-rii.
Chàleau-Gordon. Voy. Gordona»
Sancerre,
Chàteau-Josselin, 51, n. 2. Voj-,
Thro (château de).
Chàteau-Landon (Seine-et-Marne) »
145, n. 2.
Château-Renault (Indre-et-Loire)»
111. Voy. Castrum Rainaldi.
Chàteaudun (château de), 237, n. 6 ;
— (vicomte de). Voy. ibid.
Châ leanneuf (Ijoivel) , 11.
C7i<i<e€"JHneu/'(rcmpartsde), à Tours,
346, n. 1.
Châtel-Aillon (château de), dans
l'île d'Aix (Charente-Inférieure),
386. Voy. Castrum Julii, Castrum
Allionis ; — (puits de). Voy. Pele-
nertus ; — (donjon de). Voy. Turje
(La). — (seigneurie de), 386, n. 2.
Chatelliers {Les), — Deux-Sèvres, —
362, n. 2: — (abbatiale Cistercienne
de N.-D. des), 362-363.
Châtillon-sur-Loire (Loiret), 7, n.7,
34, n.7; — prieuré de), 7, n. 7.
Chaumont-en-Vexin, près de Gisors,
277.
Chaumonl-sur-Loire (Loir-et-Cher),
342; — (château de), ibid.
Chezal-lienoit (abbaye de), — Chfer,
— 58, n. 3. Voy. Casale Benedic-
tum.
Cholet (Maine-et-Loire), 16. n. 7,
20, n. 6 Voy. Mauges {Les},Saint~
Florent-le-\ ieil.
TAHLK ALPHABETIQUE
419
Cibilia, mater Philippi, comitis
Flaiidriae et Viromandiae, 237,
u . 1 . Voy. Sibylle.
Cieurac (Lot), 232 : — (paroisse de),
ibid. Voy. Saint-Sernin' église de).
(ASlerciens (monastères de;, 121,
n. 2, 165, 29Ô, 296, 360-363.
(2istc'rciiim, Gisterciensc alodium.
Voy. (liteaux.
(Jileaux (monastère de), 293, 361.
Voy. Etienne Hardinif, abbé, Nou-
veau Monastère.
(Jifraïf (Vienne), 141, n. 3.
(ïlairinarais (abbaye de), près de
Saint-Omer (Pas-de-Calais), 121,
n. 2. Voy. Clarus Mariscus.
Clairvaux (abbaye de , 247, n. 7,
366. Voy. Bernard {Saint).
« Clarellus », surnom de cloche, 18,
n. 8. Voy. inf'ra : Gelduin de Sau-
mur, « Gelduinus », autre surnom
de la morne cloche.
Clarus Mariscus. Voy. Clairniarais
Clermonl (ancien diocèse de), 243,
n. 3, 245, n. 1; — (basilique de l'é-
vcque Rusticus à), 56, n. 2 ; —
cathédrale de), 55, 56, n. 4, 107,
108, n. 1, 282, n. 2 ; — (chartreuse
de), 266, n . 1 , 359, n . 2 ; — (église
de Notre-Dame-du-Port, à), 56, n .
4.282, n. 2 ; — (évèques de). V^oy.
Rançon, Rusticfue.
Closis. Voy. Cluis.
Ciiiis (Indre), 124, n. 2. Voy. Boson
de Cluis.
Cluniacus, Cluniacensc territorium,
(^luniacensisordo. Voy. Clany.
Clunisiens (monuments , cngénéral.
1 27 .
V.luny ^Saône-ct-Loire), 128, n. 2 ; —
(abbaye et église abbatiale de),
60. n. 2, 82. n. 3, 127. 12S, n. 2,
132-440. 1S6, n. 4. 233, 234, n. 1,
271, 273, n. 3 et 4, 279, 302-304,
355, n. 7. 360, n. 1 ; — (abbés <iel
Voy. Ilugue, Mayenl, Odilon ae
Mercœur,Odon ; — (chancelier de).
Vov. Jotsaldus : — (chapelle de
N.-b. de), 136, 303, 30 i, propicia-
toirc. 39 ; — cloitre de). 33, n. 5.
127. 133-139. 302 ; — crypte de
N.-D.), 8, n. 2 ; — ) — (moines de).
Voy. Bernard, Gnnznn. Hézelon ;
— (statuts de], relalit's aux églises
et bâtiments monasti(|uesde l'Or-
dre de. 132-110, 302-304. Voy.
aussi Farfa.
Coio.7ree,(.\llemagne,prov. rhénane),
158; — paysdcj, 168, 172.
Colonia, Coloniensisprovincia. Voy.
Cologne.
Comborn. Voy. Bernard, vicomte
de Comborn.
Compostelle (Espagne, Galice) : (ca-
thédralede, 397-407 ; — (datesdela
construction de la), 406 ; — (des-
cription de l'intérieuret de l'exté-
rieur de la;, 398-401 ; — évcque,pui8
archevêque de). Voy. Diego Gelmi-
rez; — (maitresd'œuvrede). Voy.
Bernard, dit le Vienx, Robert ; —
(pèlerinages de), 397, n. 2 ; — (plan
de la cathédrale de), 398, n. 1 ; —
(portailsetsculpturesde), 401-405 ;
— (tours delà cathédrale de), 405 ;
— (voie de Saint-Jacques de), 398;
n. 3.
Conada, castrum episcopale. Voy.
Cône.
Conan II, duc de Bretagne, 154, 155,
n. 1.
Conan, fils de Gilbert Pilate, 332,
n. 2.
« Conani saltus », surnom d'une
fenêtre du château ducal de
Rouen, 332.
Couchas. Voy. Conques.
Condatensis cella. Voy. Candes.
Cône (Yonne), 98, n. 3. Voy. Conada.
Confient, comté du Roussillon, 116,
n. 1 ; — (églises fortifiées du),114-
116 ; — (zones de protection
autour des églises duj, ibid. Voy.
Confluentanus comitatus, Cor-
neilla de Confient.
Confluentanus comitatus. Voy. Con-
flent {Le).
Conques (église abbatiale de), —
.\veyron, — 47 à 49,105, 153, 238,
— 239 ; — (abbé de). Voy, Odolric ;
— (reconstruction de), 105 ; — (maî-
tre d'œuvre de) . Voy. Hugue ; —
(reliquaires de), 47, n. 2; — (sta-
tues de), 48 ; — (rapports entre
l'architecture de Saint-Jacques de
Compostelle et celle dej, 397, n. 1,
iOO, n. 4 ; — (rôle des moines de),
dans la diffusion de l'architecture
romane, 239, n. 1. Voy. Couchas,
Sainte- Foi, Odolric, Ponce,
moines.
Conrad II, empereur d'Allemagne,
132, n. 1.
Conrad, prieur de l'église de Can-
torbéry, 207, 216.
Conredum monasterium. Voy. Cor-
rens.
Constance (Allemagne, Bade), 13,
n. 1 ; — (monastère de Petershau-
sen, à), ibid.
420
TABLE ALPHABÉTKJLK
Constance, reine de France, 57.
Constantiae, Constantiensis pagus,
Voy. Coutiinces.
Cnnutantinople, 124, n. 5; — (ba-
silique de Sainte-Sophie, ài, ibid.
Coirlund. Voy. Gautier Coorland.
Corbie (église abbatiale de;, 208,
n. 1 .
Cordenes (église de), près de Saint-
(^hristaud (Gers), 284.
Corneilla-de- Confient (Pyrénées-
Orientales), 116, n. 1. Yoy.Con-
jlent {comté de).
Cor/uf (Corrèze), 15, n. 11 ; — (pont
lie), ibid.
Cnmouaille armoricaine, 53. Voy.
Bretagne {La,).
Corona (ecclesia de). Voy. Cou-
ronne {La).
Correns (Var), 304 ; — prieuré de
Montmajour, ibid., 305. Voy . Gon-
redum monasterium.
Concy-le Château (Aisne), 318, n. 2.
Voy. Noffent-sous-Coucy .
Couronne {La), — Gharente, —
abbaye d'Augustins, 316
Coutances (cathédrale de), construc-
tion et décoration, 70-77, 93, n. 7,
1 22, n. 3. 144, 156, n. 1, 213, n. 5,
317, n. 4 ; — (coq du clocher de),
70, 75 ; — (évêques de). Voy.
Geoffroi de Àfonlbray, Robert ; —
(palais épiscopal de), 72, 74 ; —
(pays de), 253. Voy. Gonstantiae.
Voy. aussi Pierre le Chambellan.
Craon. Voy. Perronnelle de Craon.
Gredena, forme erronée (des Monu-
menla Germaniae historica) pour
lîredena. Voy. Bredena, Bree-
dene.
Crema (Italie, Lombardie\ 100, n. 1.
Crisenon {Yonne), 300, 301.
Ciilkbert, archevêque de Cantor-
béry, 219.
Daodalus, 184.
Da;;naco. Daniaco (ecclesia S. Ghi'is-
t)i'ori dej. Voy. Daignac.
I>ii;i fhert, 168.
Dai.unac (Gironde), 260 ; (église de
Siint-Ghristophe de), ibid ; —
(élang de), ibid.
Dali nannus, princcps Turcorum.
^'<)y. Dani.siuand.
Dan irons, castellum, Danfront.
N'oy. Domfront.
Daiii. 213.
iKin'.sl, prieur de Beckford (Angle-
to.re),380, n. 4.
Danismand, émir Turcoman, 279.
Voy. Dalimannus.
Dauphiné [Le], 243, n. 2, 360; —
(églises fortifiées du), 117;
zones de protection autour des
églises du), 116-117.
Denis (Saint , patron d'une église à
Fleury-sur-Loire, 55, n. 4.
Dëols (Indre), 124, n. 1 ; — (abbaye
de), 186; — (abbé de). Voy.
Richard ; — (château de), 124.
Voy. Bourg-Dieu, Dolense cas-
truni, monasterium, Dolis (locus
de), Eude de Déols.
Désert 'Le), prieuré dépendant de
l'abbaye de Troarn (Galvados),
380, n. 2.
Desiderius. Voy. Didier.
Deusdel, moine de Gonques, cons-
tructeur de l'église de Sainte-Foi,
à Esclottes Bazadais), 238, 239.
Devizes (Angleterre), 338, 339, n. 2 ;
— (château de), 338, 339. Voy.
Divisae, Divisis.
Dèvres (église de), — Cher, — 57,
58, n. 2. Voy. Doverense monas-
terium.
Didacus, episcopus Compostella-
nus.-406. Voy. Diego Gelmirez.
Didier, abbé de Mont-Gassin, 12,
n. 3, 16, n. .3, 30, n. 1, 37, n. 5,41,
n. 6, 133, n. 1, 140 n. 1.
Didier, évêque de Thérouanne,
392.
Didier {Saint), évêque de Gahors,
172, n. 1. Voy. Cahors.
Die (évêque de). Voy. Ismidon de
Sassenage.
Diego Gelmirez, évêque, puis ar-
chevêque de Gompostelle, 406,
n. 3. Voy. Didacus. '^'^oy. aussi
Compostelle.
Diensis episcopus. Voy. Die.
Digne (évêché de), 116, n. 4.
Dive {La), rivière (dép. de l'Orne
et du Galvados), 380, n. 5.
Dijon (abbatiale de Saint-Bénigne
de), reconstruction, description,
:^, 26-32 ; — (abbés de;. Voy.
Guillaamede Volpiano, Jarenton;
— (Ghapitre général, obédiences
de), 244. 246, n, 1 ; — ^tombeau
de Saint Bénigne de), 31. Voy.
Divionense castrum, Hunald,
moine, artiste.
Divionense castrum, Divionen-
sis abbatia, ecclesia. Voy.
Dijon.
Divisae, Divisis. Voy. Devizes {An-
gleterre).
TABLE ALPHABETIQUE
421
Doë i^Normandus de). Voy. Nor-
mand de Doué.
Dol archevêché de;, 3 43, n. 3. Voy.
Baudri, archevêque .
Dolense castrum, monasterium, Do-
lis (locusde). Voy. Déols.
Dom front [Orne), 252, n. 7, 274, n.9.
333,11. S.Voy.Danfrons, Danfronl.
Doverense monaslerium. Voy.
Dèvres.
Douvres (Angleterre), 214, 388,
n. 3 ; — monastère de Saint-Mar-
tin de , 214; — (Raoulde), fonda-
teur de l'infirmerie d'Andres, 388.
Dovra. Voy. Douvres.
Drogon (comte), 177, n. 4, 178,
n. 1.
Druentia, fluvius. Voy. Durance
(La).
Du Barri. Voy. Pierre du Biirri,
abbé de Saint-Martial de Limo-
ges.
Dunes (abbé du monastère des).
Voy. Clairmarais.
Dunkerque (Nord), 125, 180.
Dunois'Le), 175, 363.
Dunstan [Saint), patron de l'église
cathédrale de Cantorbéry, 209,
214, 225, 228.
Dunhelmum, Dunhelmensis eeclc-
sia. Voy. Durhain.
Durance{La), rivière. Voy. Druen-
tia.
Durand, abbé de la Chaise-Dieu,
248.
Durand de Bredon, abbé de Mois-
sac, 146, n. 2.
Durand de Mende, liturgiste et ca-
noniste, 81, n. 2.
Durantia, Durentia. Voy. Durance
(La).
Durham (Angleterre , 286, n. 1 ; —
(cathédrale de), fondation et cons-
truction. 162, n. 3, 198, n. 3, 286,
287 ; — (évèques de). Voy. G«t7-
laume de Sainl-Calais, Rannulf
Flambard. Voy. aussi Aldhunus,
Dunhelmum, Dunhelmensis eccle-
sia.
E
Eadsin, archevêque de Cantorbéry,
220.
Eadirin, moine de Cantorbéry, 207,
n. 1.
Ebalus. Voy. Eble.
Eble, ahhéde Saint-Martin de Tulle,
352.
Eble, comte de Poitou, 141, n. 2.
Eboracenses archiepi.scopi. Voy.
York.
Ebriacum. Voy. Ivriacum.
Ebroicacivitas, Ebroicensis cornes.
Voy. Evreux.
Ecajeul {Calvadofi), 379, n. 2. Voy.
Sainte- Barbe-en- Auge.
Ebrulfus. Voy. Evroul [Saint).
Ectell, flumen, 53. Voy. Etel (L').
Edith, femme dEdouard le Confes-
seur, roi d'Angleterre, 141, n. 2-
Edmer, chantre de l'église de Can-
torbéry, 212, 215, 216. Voy. Aed-
merus.
Egelnoth, archevêque de Cantor-
béry, 214.
Eginhard, surintendant des bâti-
ments sous Charlemagne, 38, n. 2,
347, n. 2.
Elceka. Voy. Ausque {Pas-de-Ca-
lais).
Elena, Elenensis eeclesia, episcopa-
tus. Voy. Elne.
Eleuthère [Saint), patron d'une
église à Fleury-sur- Loire, 55, n.4.
Elfric, archevêque de Cantorbéry,
220. Voy. Eluricus.
£fne (Pyrénées orientales), 114; —
(diocèse d'), 24, 25, 114 ; — (église
d'), 116, n. 1 ; — (évêques d'),
25, 15, 200, n. 4. Voy. Bérenger.
Oliba, Raimond; — (églises forti-
fiées du diocèse d'), 114-116; —
(zones de protection des églises
du diocèse d'), ibid. Voy. Elena,
Elenensis eeclesia.
Elphége [Saint], patron et arche-
vêque de l'église de Cantorbéry,
212, n. 3. Voy. Aelfegus.
Eluricus. Voy. Elfric.
Embrun (archevêque d's. Voy.
Guinamund.
Emma, reine d'Angleterre. 141.
Enes Caduod (Morbihan), prieuré,
53, n. 2. Voy. Saint-Cado.
Engelguinus, artifex lignarius, 125.
Engolismensis eeclesia, episcopus.
Voy. Angoulème.
Enricus. Voy. Henri.
Entre-deux-Mers [L'), — Gironde, —
258. Voy. Inter duo Maria.
Epte [L'j, rivière, 121, n. 5.
Er Velionec (Morbihan). Voy. Mel-
lionuc.
£raur, fluvius, V^oy. Hérault [L').
Erluin de Cambrai, 67, n. 5.
Ernaldus Barbatus, comes, 173.
Ernoul, seigneur d'Amboise, 113,
n. 2.
£scat/es 'Pas-de-Calais), 340, n. 4; —
(forêt d'), 339.
422
TABLE ALPHABETIOl li
Esclotles 'Lot-et-Garonne), 238 ; —
(église de Sainte-Foi, à), 238, 239. "
Voy. Odolric.
Escoll. Voy. Eseloltes.
Esope, 37.
Espagne. Voy. Ampurias, Bèsalu,
Catalogne {La), Cerdagne (La ,
Compostelle, Galice {La), Girone,
Léon, Navarre (La), Ripoll, Tar-
ragone.
Espelven, 7i.spei'cin Maine-et-Loire),
18. Voy. Spevanum.
Esse (Sarthe), 27 4. Voy. Axeium.
Essecestria urbs. Voy. Exeter.
Essei. Voy. Esse.
Étampes (église de Notre-Dame d),
341 ; — (paroissiens d), 341 ; —
(route d'), 337. Voy. Stampensis
/ecclesia, Stampenses.
Étel {U), rivière ou estuaire (Mor-
bihan), 53, n. 2. Voy. Ectell.
Éthelgar, archevêque de Cantorbé-
, ry, 220.
Elhelred, archevêque de Gantor-
, béry, 220.
Éthelred II, roi d'Angleterre, 141,
,n. 2.
Etienne, archidiacre de Paris, 3i9.
retienne I^', comte de Champagne et
de Blois, 236, n. 5.
Etienne de Blois, roi d'Angleterre,
,339, n. 1.
Etienne de la Rochefoucauld, abbé
, de Saint-Florent-lès-Saumur, 23.
Etienne de Lissac, prieur de Grand-
mont, 354. Voy. Stephanus de
Liciaco.
Etienne Hardinq, abbé de Citcaux,
, 361 .
Etienne (Saint), 272, n. 2; — de
Muret, 353. n. 3 ; — tombeau de),
354, n. 3. Voy. Muret.
Ende II, comte de Blois et de Tours,
78, 102.
Eude /""•, duc de Bourgogne, 295,
n. 4, 296.
Eude h', évêque de Bayeux, 247.
Eude Arpin, vicomte de Bourges,
103, n. 2.
Eude de Déols, seigneur, 124, n. 1,
324, n. 4. Voy. Déols.
Eude de Malicorne, dit VAnier
256.
Eude le Roux, seigneur de Déols,
124, n. 1.
A'ugrène ///, pape, 311, n. 1, 316, n.
2, 365, n. 3.
Europe {i:), 322, 339.
Eusèhe lirunon, évêque d'Angers,
22.
Euspice (Saint), ahhé de Mici (Loi-
ret), 57. n. 2. Voy. Snint-Mestnin.
Eustache, comte de Guines, 181,
n. 1.
Euslorge, évoque de Limoges, 352.
Even, abbé de Saint-Florent de
, Saumur, 155.
Evrard de Valan, 57, 58, n. 2.
Evreux, 372 , — (cathédrale Notre-
Dame d'), 73, n. 6, 371 ; — (comtes
d'). Voy. GuilLiume, Simon; —
(évêques'd ). Voy. Audin, Gilbert,
Rotrou de Warwick ; — (ville d'),
372. Voy. aussi Ebroica civitas,
Ebroicensis episcopus.
Evroul (Saint), premier abbé du
monastère de ce n<mi, au diocèse
de Lisieux, 151. Voy. Ebrulfus.
Evurcius (Beatus), 4.
Exeter ^Angleterre) , 320. Voy.
Essccesti'ia urbs.
Exmes (Orne), 333, n. 4. Voy. Oxi-
nium.
Ezelon, moine de Clun\', 271, n. 4,
Falaise (château de), — Calvados, —
726, 277, n. 1, 333, n. 2 ; —
(monastère de . 26, n. 2.
Falesia, castellum. Xoy . EaUiise.
Farfa, ville d'Ombrie (Italie), 30,
n. 1, 132, n. 1 (abbaye de), cou-
tumes, 23, n. 4, 82, n. 3, 132-140.
Voy. Cluny coutumes de), Hugue
de Farfa.
Fec.imp (Seinc-Inférieure\ 26, 343;
— (abbaye de). 343-346 ; — (abbés
de). Vôy. Baudri, Guillaume
de Ros ; — château de), 343, 345 ;
— (église de la Trinité de),
343-346 ; — (éloge de), ibid.,
— (site de), 345. Voy. Fiscannum,
Fiscannensis ecclesia.
Feologild. archevêque de Cantor-
béry, 214.
Ferques (Pas-de-Calais), 390.
Ferté-IIauterive (La), — Allier, —
obédience deSouvigny, 120, n. 7.
Voy. Firmitas.
Fides (Sancta . Voy. Foi (Sainte).
Fiennes (Pas-de-Calais . 391.
Firmin (Saint), ancien patron de la
cathédrale et évoque d'Amiens,
322. Voy. Amiens.
Firmitas, obedientia Silvianiacen-
sis. Voy. Ferté-IIauterive (La).
Fiscannum, Fiscannensis ecclesia.
Voy. Fécamp.
Flandre {La , 20, n. 6, 159, 16§,
172, 237, n. 1; — (comtes de).
TAlîl.t; ALPHABET [QUE
423
Voy. Baudouin IV le Barbu, Bau-
douin V de Lille, Philippe d'Al-
sace ; — (comtesse dc;. Voy.
Berihe ; — (concours des popu-
iations pour la construction d'é-
glises, en), 15" ; — (importance
des constructions monastiques,
en), 12, n. 3; — (pierres du Bou-
lonnais, très recherchées par les
constructeurs de), 173, 391, n. 4.
fleury-sur-Loire (abbaye de), 6,
32 ; — (abbés de). Voy. Gauzlin,
Guillaume, Odon, Vulfad: — (ac-
cidents du travail, à), 35 ; — (ar-
tiste employé à la décoration de) ;
Voy. Odolric : — (bourg de), 11.
— (chapelle de la Vierj^e à), 8, n.
2, 39, n. 1 ; — (crypte de), 9, n. 3,
^5, n. 1 , — (date de lacf)nstruc-
tion de l'éf^lise de), 8, n. 2, 35. n.
4 ; — (dépendance de). Voy. Sainl-
Benoii-du-Saull ; — (église de
Saint-Denis, à), 34: — formes ar-
chaïques de l'abbatiale de), 35, n.
4 ; — gardien de l'abbatiale de).
Voy. Odilon; — (incendie de l'église
Saint-Pierre de), 36; — (maîtres
•d'œuvre dc l'église abbatiale de).
Voy. Adam. Giraud ; — (conduc-
teur des travaux, ou moine « ou-
vrier » de ladite église). Voy. Gal-
iebert ; — (reconstruction par
l'abbé Guillaume de l'église de),
6. 11 ; — (tombeau de Saint-He-
noît, à), 6, 9. Voy. F'ioriacum,
Saint- Benoit- sur- Loire. Voy.
aussi Helgaud.
Floiaco (Hugo de). Voy. Hugue de
Fiée.
Florent (Saint), 18. Voy. aussi Saint-
Floreni-le- Vieil , Saint- Florent-
lez-Saumur .
Floriacum, Floriacensis basilica,
Voy. Fleury-sur -Loire [abbaye
de).
Florus (Le diacre), 270, n. 1.
Fluvia {La), rivière de Catalogne,
115, n.6.
Foi (Sainte), 48, 49, 50. 105, 106,
154, 238, n. 4 ; — (diffusion du
culte de), 239, n. 1, 355, n. 7. Voy.
aussi Sainte-Foi {église de ,:i Con-
clues.
Folco, [cjabicerius S. Ililarii Pic-
tavensis, 200.
Folquin [Saint), évéque de Thé-
louanne. 118.
Fonguillem (église abbatiale dc),
au diocèse de Bazas, — Gironde,
— 374, 375. Voy. Fontis Guillclmi
abbatia.
Fons Evraldi. Fontevraldense claus-
trum. \'oy. Fontevraull
Fontaine-le-Comte (église abbatiale
de), en Poitou, 377.
Fonte Gomitis i^locus de). Voy.
Fontaine- le-Comte.
Fontevraull Maine-et-Loire), 309,
n. 4 ; — (colonies monastiques
issues de), 309, 311, 312 ; — (mo-
nastère del, 309 ; — (prieure de).
Voy. Jlersende ; — (vocables des
maisons de l'Ordre de,, 309, 311,
312. Voy. Fons Evraldi, Fonte-
vraldense claustrum. ^'oy. aussi
Grandmoutier {monastère de),
Perronnelle de Craon.
Fontis Guillclmi abbatia, 374, 375.
A'oy. Fonguillem [église abba-
tiale de).
Fores (Le), 187.
Forges (Charente-Inférieure), 242.
Forgiis (locus de). Voy. Forges.
Forojuliensis episcopus. Voy. Fré-
jus.
Foulque III, dit Nerra, comte
d'Anjou. 1, 16, 18, n. 1, n. 4, 20,
n.4, 73.78, 112,342, n. 3 ; ses pèle-
rinages à Jérusalem, 2, n. 1,
— Foulque IV Béchin, \\^, n. 1,
n. 2, 298, n. 1, 299, n. 3 ; — Foul-
que IV le Jeune, 280, 361.
Foulque, prévôt de l'église d'Aix,
205.
Foulque, serf affranchi de Saint-Au-
bin d'Angers, artiste peintre. 264.
Foulque de Torigni, 113, n. 3. Voy.
Fulcoius de ïorinneio.
Fourvière, 270, n. 1. Voy. Lyon.
France [La), 78, 121, n. 5, 210, 2.39,
ni, 305, 317, et passim. Voy. Ile-
de-France.
Franci, Francia. Francigcnae. Voy.
France [La).
Frédelon, évéque de Lodève, 110,
n. 13.
Frédéric, comte de Verdun, frère de
Thierry I", duc de Lorraine, 44.
45. n. 1.
Frédéric de Tours, abbé de Saint-
Florent de Saumur, 18, n. 7.
Fredolo, episcopus [Lulevensis].
Voy. Frédelon.
Fréjus (évéque de). Voy. Bérenger.
Froger de Saint- l.ouand, abbé de
Saint-Florent de Saumur, 23,
FronliSainl), patron de lacollégiale
de Périgucux, 242 ; — ttombeau
de). 224, 243, 248, n, 3. — Voy.
Saint-Front église collégiale).
Fronto (Sanctus). Voy. Front
[Saint;.
424
TABLE ALPHAHETIOUE
Frotaire /*% évêque de Nîmes, 2 iO,
n. 1; — Frotaire II, ibid . Voy.
Froterius.
Froterius. Voy. Frotaire.
Fronin, abbé de Saint-Martin de
TviUe, 15.
Fructuare (monastère dci, en Pic-
mont (Italie), 32, n. -2.
Fruinus. Voy. Frouiii.
Fulbert, évêque de Chartres, 47, n.
2, 61-6i,305.
Fulbert, fondateur du château de
Laigle, 111, n. 4.
Fulco. Voy. Foulque.
Fulcoius de Torinneio. Voy. Foul-
que de Torigni.
Furne.s (Belgique, prov. de Flandre
occidentale). Voy. Herred de
Furnes. vassaldu comte deGuines,
Léon de Furnes, abbé de Saint-
Berlin.
G
Gabalitana urbs, Gavalitanus epis-
copus. Voy. Gévandan {Le), Men-
de.
Gaiacum. Voy. Gy-VÉvéque.
Galbert. Voy. Gallebert.
Galice (La), province d'Espaf,'ne.
Voy. Coinpostelle.
Galilée (La), 135, n. 11, 273.
Galiniacum castrum. Voy. Jali-
gny.
Gallebert, moine constructeur à
Fleury-sur-Loire, 6, 11.
Galli, Gallia, Gallicum regum Voy.
Gaule {Laj.
Ganagobie (Basses-Alpes^, 355, n. 3;
— (monastère de), 354, 355, n. 3;
— (pavement en mosaïc^ue de l'é-
glise conventuelle de), ibid.
Gand (Belgique), 237, n. 1 ; — (bour-
geois de), 377, n. 3; — (château
comtal de) 237, n. 1, 375, n. 2; —
(maisons fortes de), 377, n. 3 ; —
(marché de), 183. n. l ; — (pays
de), 173.
Gandavum, Gandensis parrochia.
Voy. Gand.
Garnier , abbé de Marmoutier,
324.
Gascogne (La), 109: — évêques de),
176 ; — (fi.vation de l'étendue des
cimetières autour des églises d •).
ibid.;— (pays de), 186, n. 4, 190,
283. Voy. Wasconia.
Gasng (Eure). 364, n. 2 ; — (église
de), ibid. ^'oy. Vadum Nigasii.
G,j.sion /F, vicomte de Béarn, 354,
355, n. 6, 356, n. 4.
Gauceranus. ^'oy. Josserand.
Gaufred. abbé de Saint-Guilhem-
du-Désert, 109-111.
Gaufredus, Gauffredus, Gaufridus.
Gauffridus. Voy. Gaufred, Geof-
froi.
Gaule (La), 4. 5, 34, 40, 172, 176, 276,
289, 340.
Gausbert, vicomte de Castelnau^
115.
Gausbertils. Voy. Gausbert, Goz-
bert.
Gautier, évêque de Maguelone,
90.
Gautier (loorland, maître d'œuvre,.
140. 254. n. 2.
Gantier de Morlagne, évêque de
Laon, 321, n. 1.
Gauzbertus. Voy. Gausbert.
Gauzfredus. Gauzfridus. Voy. Geof-
froi, Guifred.
Gauzlin. Voy. Gozlin.
Gavrai (Manche), 333, n. 8. Voy.
Wavrei.
Gelduin de Sauniur, 19, n. 1, 342.
n. 3 ; — " Gelduinus » surnom de
cloche, à l'abbatiale de Saint-Flo-
rent-lès-Saumur, 18, n. 8. Voy.
supra: «Glarellus», autre surnom
de la même cloche.
Getlone (Hérault;, 109, n. 2 ; —
(al)baye de), 109. — Voy. Sainl-
Guilheni-le-Désert.
Gelmirez. Voy. Diego Gelmirez.
Gemme [Sainte), 248. — ^ oy-
S^''-Gemme [église du prieuré de].
Genève, 129, n. 1 ; — (monastère di-
Saint-Victor, à), ibid.
Geoffroi, abbé de la Trinité dc^
Vendôme, 163, n. 5, 292.
Geoffroi, abbé de Saint-Martial de
Limoges, 59, n. 2.
Geoffroi, archevêque de Rouen,,
165, n. L
Geoffroi, évêque d'Amiens, 322, 323,
n. 1 et 2.
Geoffroi, évêque de Bazas, 374,.
n. 2.
Geoffroi, moine de Saint-Calais,.
198, n. 3.
Geoffroi, vicomte de Bourges, 123.
Geoffroi de Champallement, évêque
d'Au.\erre, 93. Voy. Campus Al-
lemanus.
Geoffroi de Lèves, évoque de Char-
tres, 363.
Geoffroi de Loroux (ou de Loriol),
archevêque de Bordeaux, 378,
n. 2. Voy. Laureolo fGaufridu»
de).
Geoffroi 1°' de Montbray, évêque de
TABLE ALPHABÉTIQUE
425
Goutances, 71, n. i,93, n. 7, 233,
n. 2.
Geoffroi le Bel, comte d'Anjou, 96,
n. 7.
Geoffroi Martel, comte d'Anjou, 20,
112, n. 5, 113, 300.
Gérald. Geraldus. Voy. Géraud.
Gérard II de Blaye, é\ êque d'An-
^oulême, 313, n. 3, 316.
Gérard I" de Florines, évêque de
Cambrai, 64, 65, n. 3, —Gérard II,
3, n. I, 64, 67, 69. 101, n. 2,
Gèrardde Quierzy, châtelain, avoué
de Saint-Jean de Laon, 319.
Géraud, ab'ié de la Sauve-Majeure,
258-260.
Géraud, comte d'Auiillac, i8, n. 1.
Géraud, évctjue de Rodez, 104.
Géraud, maître de l'œuvre de l'é-
glise de Grandmont, 333.
Géraud de Thouars, abbé de Saint-
Florent de Sauniur, 17, n. 7.
Germains {Les), 329, n 6. Voy.
Alamanni.
Geriniyny (Loiret), 20, n. 7 : —
(éjjlise de), ibid.
Geroius, Geroianus. Voy. Giroie.
Gers (Le), rivière, 261. Voy. Her-
cius. flumen.
(ierundensis episcopus. Voy. Gi-
rone.
Gervais, abbé de Sainl-Mélaine de
Rennes, 155.
Gervais, archevêque de Reims, 43,
n. 4.
Gervais, évoque du Mans, 164.
Gervais et Protais (Saints), martyrs,
317.
Gervasius. Voy. Gervais.
Geriùn, abbé de Saint-Riquier,
126.
Geudouin. Voy, Gelduin.
Gévaudnn Le), 32(>. Voy. Gabali-
tana urbs, Mende.
Ghisnae, Ghisnenses comités. Voy.
Gui nés.
Gibelin, archevêque d'Arles, 205,
337.
Gibilinus. Voy. Gibelin.
Giffou ' Le . rivière (Aveyron), 49,
n. 1.
Gianac (Hérault), 110, n. 2, n. 5.
Gilbert, évoque d'Evreu.\,2i7.
Gilbert, évoque de Lisieux, 247.
Giraldus. Voy. Giraud.
Girard, abbé de Saint-Aubin d'An-
jj;ers,264.
Girard de Quierzy. Voy. Gérard
de Quierzy.
Girard de \ ienne, seif;:neur du Ber-
ry, 124, n. 4.
Giraud, moine, maître d'œuvre à
Saint-Benoît-sur-Loire, 35, n. 4.
Giraud de Salles, compagnon de
Robert d'Arbrissel et fondateur
de monastères cisterciens, 362,
n. 3.
Giroie, 130, 274, 277, n. 8; —(Guil-
laume), 130. Voy. Geroius,
Geroianus.
Girone (Espagne), 114; — (églises
fortifiées du diocèse de), 114-116;
— (évoque de'. Voy. Bérenger
Guifred ; — (zones de protection
autour des églises du diocèse de),
114-116.
Gisèle, femme de Guifred, comte du.
Roussillon, 23. Voy. Guisla.
Gislebertus. Voy. Gilbert,
Gisnensis terra, Gisnes. Voy. Gai-
nes.
Gisors (château de), — Eure, — 277,
333.
Gisortis castrum, Gisorth, Gisorz.
Voy. Gisors.
Glomnae montis caslollum, Glom-
nenses. Voy. Mont-Glonne.
Godefrid, évéque de Maguelone,
90, 176, n. 2.
Godefridus. Voy. Geoffroi. Gode-
frid.
Godescalque, abbé de Saint-Bortin,
121. n. 1.
GollVedus, Gortridus. Voy. Geoffroi.
Gonnar, femme de Richard 1'% duc
de Normandie, 71, n. 2.
Gonorra. Voy. Gonnar.
Gordona, castrum. Voy. Château-
GordoTi (auj. Sancerre).
Goscelinus. Vny.Josselin.
Gosfredus. Vov. Geoffroi.
Gotliofredus, Gotofredus. Voy. Go-
defrid.
Gouffre-Noir Le], dans le lit de
l'Hérault, 109.
Gou/'rt.ii/-.sH/'-Mar>ie(Seine-et-Oise);
— (château de), 334.
Gozbert, abbé de Saint-Gall, 133.
n. 1.
Gozbert, moine de Marmoutier,
197.
Gozlin, abbé de Fleury-sur-Loire,
puis archevêque de Bourges, 8^
n. 1, 9, 33, n. 3. 37, 38, 39, n. l, 55
n. 4, 57, n. 1.
Graintemaisnilium. Voy. Grand-
Mesnil.
Grèce (/.a), 381.
Grand-Mesnil (Calvados), 150, n. 1,
151, n. 3, 194, n. i. Voy. Robert
de Grand-Mesnil.
Grandimonte (monasterium de)»
426
TABLE ALPHABÉTIOLK
Grandi. noiitense. Voy. Grand-
mont.
Grandmonl (prieuré, puis abbaye
de), — Haute-Vienne, — 353; —
(cloître de), 353, n. 3 ; — (église
de), 353, n. 1 ; — (maître de l'œuvre
de l'église de), 353, 354 ; — (Ordre
de), 353, n. 3 ; — (prieurs de). Voy.
Etienne de Lissac, Pierre de Li-
moges.
Granamoulier (monastère du), à
Fontevrault, 311, n. 1.
Gratianopolitanum territorium, 265-
266. Voy. Grenoble [pays de).
Grégoire VII. pape, 124, n. 3.
Grégoire de Tours, 56, n. 2, 329,
n. 6.
Grenoble (cathédrale de), 288, 289;
— (^église deSaint-Andrc de), 342;
— (évêque de). Voy. Hugiie de
Châteaiineuf : — (pays de), 265.
Voy. Gratianopolitanum territo-
rium.
Grentemaisnil. Voy. Grand-Mesnil.
Guairard. Voy. Raimond Gairard.
Guarinus. Voy. Guérin.
Guérin, seigneur, 274.
Guastonus. Voy. Gaston.
Guéthenoc, vicomte de Porhoct,
51, 198, 199.
Gui, abbcde Sainte-Marie de Poni-
posa (Italie), 45, n.4.
Gui, évêque de Lescar, 355, n. 1 et
2.
Gui, fils de Guillaume, duc d'Aqui-
taine, 258.
Gui, trésorier de Saint-Rcmi de
Reims, 43.
Gui, vicomte de Limoges, 7, n. 2.
Gui /"' de Bourgogne, archevêque
de Vienne, légat du Saint-Siège,
360, 361, n. 2. Voy. Calixle II.
Gui de Galande, 326.
GuideJoinville, évêque de Chàlons-
sur-Marne, 381,383, n.2.
Gui- Geoffroi- Guillaume, duc d'A-
quitaine, 241, 248, n. 4, 254, 271.
Guibert, abbé de Nogent-sous-Cou-
cy, 181, n. 6,317, n. 1, 318, n. 3,
330, n. 2. Voy. Nogent-sous-Cou-
cy.
Guibert, archevêque de Tours, 165,
n. 1.
Guichard, archevêque de Lyon, 269,
n.4.
Guido. Voy. Gui.
Guifred, ahhé du Saint-Sauveur de
Gellone (Saiut-Guilhem-du-Dé-
sert), 109-111.
Guifred, comte du Roussillon, 2i,
Guifred de Cerdagne, archevêque
de Narbonne, 115, n.2.
Guifredus. Voy. Guifred.
Guigne 1", prieur général de la.
Grande-Chartreuse, 266, n. 2, 357
Guilelmus. Voy. Guill aume.
Guilhem II, comte de Bésalu, 115,
n. 6.
Guilhcrmus. Voy. Guillaume.
Guillaume, abbé de Saint-Benoît-
sur-Loire, 11.
Guillaume III, abbé de Saint-Chaf-
fre-du-MonasIier, 233, 234, n. 1 ; —
Guillaume IV, 234, n. 1. Voy. Mo-
nastier {Le).
Guillaume, abbé de Saint-Martin de
Tulle, 15.
Guillaume, comte d'Evreux, 372, n.2
Guillaume I"', comte de Nevers,
267, n. 1 ; — Guillaume II, 281,
282 ; — (iuillaume III, 267, n. 1.
Guillaume, prieui* de Sainte-Barbe-
en-Auge, 379.
Guillaume Bonne-Ame, archevêque
de Rouen, 249, 250, n. 2.
Guillaume Coche, moine de Mar-
moutier, 195.
Guillaume d'Arqués, 2ô2, n. 3.
Guillaume d'Auheroche, évêque de
Périgueux, 243, n. 5.
Guillaume d'Ypres. seigneur, 120.
Guillaume de Belléme. 274. Voy.
Belléme.
Guillaume de Breteuil, 275.
Guillaume de Champagne, archevê-
que de Sens, 210, n. 2, de Reims,
377, n. 3.
Guillaume de Combourg, abbé de
Marmoutier, 321.
Guillaume de Montant, archevêque
d'Auch, 28 i, 302, n. 1.
Guillaume de Montberon, évêque
de Périgueux, 243, n. 1.
Guillaume de Passavant, évêque du
Mans, 161, 165. n. 2,326.
Guillaume de Ros, abbé de Fécamp,
344, n. 1.
Guillaume de Saint-Calais, évêque
de Durham, 162, n. 3, 198, n. 3,
286, 287.
Guillaume de Sens, maître d'œuvre
de la cathédrale de Cantorbéry,
206, 210. n. 1. 211, 212, n. 1, 221,
n. 2,222, n. 5, 221. Voy. Cantor-
béry.
Guillaume de Toucy, évêque d'Au-
xerre, 96.
Guillaume de Volpiano, abbé de
Saint-Bénigne de Dijon, 1, 26,
27, n. 1, 28, n. 3, 32, n. 2, n. 4,
246, n. 1.
TABLE ALPHABETIOUP.
427
Guillaume l'Anglais, maître cl'œu-
vre de la cathédrale de Cantor-
béry, 206, 221, n. 2, 224, n. 2.
Guillaume le Conquérant, roi d'An-
gleterre, duc de Normandie, 72.
n. 3, 74, 151, n. 1, 182, n. 5, 193-
196, n. 2, 198, n. 1, 250, n. 7,
252, n. 7, 253, n. 3 et 4, 277, n. 7,
333, n. 6, 380.
Guillaume le Fèvre, moine de Mar-
moutier, 195, n. 1, 197.
Guillaume le Grand, V' duc d'Aqui-
taine, 111° comte de Poitou, 63,
n. 2, n. 3, n. 4, 141.
Guillaume le Jeune, IX« duc d'A-
quitaine, VII" comte de Poitou,
333.
Guillaume le Roux, roi d'An-
gleterre, 164,276, 277,332, n. 3.
Guillaume le Toulousain. X" duc
d'Aquitaine, VIII" comte de Poi-
tou, 373, n. 4, 377, 378, n. 1, 386.
Guillaume Taillefer, comte d'An-
goulème, 124, n. 5.
Guillelmus, Guillermus. V'oy. Guil-
laume. ^
Guinamand, archevêque d'Embrun,
243, n. 1 .
Guinamand, moine de la Chaise-
Dieu, sculpteur du tombeau de
saint Front, à Périgueu.x, 242,
243, n. 2, 248, n. 3.
Guinamannus. Voy. Guinamand .
Guinamond. 'Voy. Guitiamand.
Guines (Pas-de-Calais), 183, n. 5 ;
— (comtes de). Voy. Baudouin,
Manassès ; — (forêt de), 339.
Guirand. moine « ouvrier » de
Saint-Victor de Marseille, 189.
Guirannus. Voy. Guirand.
Guiscard Robert) duc de Pouille et
de Calabrc. 72, n. 1, 177, 178,
n. 1 ; — (fondation de l'église de
la Trinité de Venouse, par), 177,
n. 4 ; — (tombeau de), ibid.
Guisla, conjux Guifredi comitis.
Voy. Gi èle.
Gumonl (Corrèze), 352, n. 1 ; —
(château de), 51, n. 3, 351, 352.
Voy. Acuto monte, Roca (cas-
tellum de).
Gundesind, abbé de Compostelle,
406 .
Gundulfe, moine du Bec et de Saint-
Etienne de Caen, puis évêque de
Rochester, 247, n. 2, 338, n. 4.
Voy. Rochester.
Gonlran, abbé du monastère de
Saint-Trond, 159.
Guntramnus. Voy. Gontran.
Gunzon, moine de Cluny, 272.
Guormatia. Voy. Worms.
Gurges, Gurgusniger. ^'oy. Gouffre
noir [Hérault).
Guy. Voy. Gui.
Gy-V Evéque {\onne),9(i. Voy. Gaia-
cum.
Haimon, abbé de St-Pierre-sur-
Dive, 157, n. 2; — (lettre d'),. au.x
religieux de Tutbury { Angleterre),
sur la construction de l'église
dudit monastère, ihid.
Hainaut iprov. de), Belgique. Voy.
Huy, Lobhes, Tournai.
Hainricus. Voy. Henri.
Halinard, prieur, puis abbé de
Saint-Bénigne de Dijon, 246, n. 1.
Hamelin, moine de Marmoutier,
197.
Hanovre. Voy. Hildesheim.
Harald, voï des Saxons, 197.
Hariulfe, abbé d'Oudenbourg, 125,
n. 1, 168, n, 1, 174.
Hartmann. Voy. Artmannus.
Ilasbania, Ilasbaniensis pagus.
Voy. Heshaye (La).
Hastingas, llastinges. Voy. Has-
tings.
Hastings (château de), en Angle-
terre (Sussex), 193, 194, 276. n. 7.
Voy. aussi Bataille (abbaye de la),
près d' Hastings.
Hauteville. Voy. Tancrèdede Hau-
teville.
Hébert, chanoine de Sainte-Barbe-
en-Auge, constructeur et hydrau-
licien, 379-380.
Ileinricus. Voy. Henri.
Helenensis cpiscopatus. Voy. hJlne.
Helgaud, moine de Fleury -sur-
Loire, 55, n. 4.
Helias. Voy. Hélie.
Hélie, seigneur de la Flèche, 164,
n. 1, 276.
Hellouin, seigneur, puis abbé du
Bec, 46, n. 2, 246. Voy. Ilerlui-
nus.
Héloïse. Voy. Alvise.
Hem (rivière de), — Pas-de-Calais,
— 392, n. 5.
Henri I", comte de Champagne,
237, n. 6.
Henri I" dit Beauclerc, roi d'An-
gleterre, 19i, n. 7,279, n. 2, 353,
379, 406 ; — Henri II, 193, 353,
n. 3, 372, n. 3.
Henri I", roi de France, 87, 102,
108, 124, 180, n. 2, 238.
428
TABLE ALPHA.BÉT1QUE
Henri III le iVojr, roi de Germanie,
empereur, 124, 143, 150.
Henricus. Voy. Henri.
Hérard, moine de Saint-Pierre de
Vienne, 87.
Hérault (L'), rivière, 109, 110, n. 2.
Herbert II, évêque d'Auxerre, 92,
n. 1, 123, n. 4.
Herbert, évêque de Lisieux, 46.
Voy. Lisieux.
Herbert, vicomte de Thouars, 202,
n . .1 .
Hercius, flumen. Voy. Gers (Le).
Héribert, abbé de Saint-Bertin,
118.
Héric, abbé de Saint-Riquier, 279,
n. 3.
Hérimar, abbé de Saint-Remi de
Reims, 41, n. 1, 42, n. 3.
Herluinus. Voy. Hellouin.
Herred de Fumes, vassal du comte
de Guines, 181.
Hersende, prieure du monastère de
femmes de Fontevrault, 311, n. 2.
Voy. Fontevrault.
Herste, près d'Hastings (Angle-
terre), 196.
Hervé de Villepreux, abbé de Mar-
moutier, 325. Voy. Villa Piscor
(Herveus de).
Herveus. Voy. Hervé.
Hesbaye (L'), pays de Belgique.
Voy. liasbania, Ilasbaniensis pa-
gus.
Hézelon. Voy. Ezelon.
Ilierosolima, Hierosolimi, Hiero-
solimitana ecclesia, Hierosolimi-
tanum iter, Hierusalem. Voy.
Jérusalem.
Hilaire (Saint), 141. 142; — {tom-
beau de), 141. Voy. aussi Saint-
Hilaire [collégiale de), à Poitiers.
Hildebert de Lavardin, évêque du
Mans, 161, 163, n. 5, 165, 264,
292.
Hildebertus. Voy. Hildebert.
Hildegaire, correspondant de Ful-
bert, 62, n. 4.
Hildegarde, comtesse d'Anjou, 19,
n. 4. Voy. Anjou.
Hildesheim (Hanovre), 69, n. 5.
Voy. Bernward , évêffue d' Hildes-
heim.
Hincmar, archevêque de Reims,
39, 42.
Hoël, évêque du Mans, 162.
Honorât (Saint), 231, n. 3.
Honoré, dit d Autun, 81, n. 2, 159,
n. 3.
Hubert, vicomte de Vendôme, «3.
Hubert Saint), patron de l'abbaye
d'Andenne, 193 ; — (statue de)„
ibid.
Hubert de Vendôme, évêque d'An-
gers, 47, n. 2, 83, 84, n. 1.
Hugo. Voy. Hugue.
Ilugue, abbé de Cluny, 233, 271,
272, 302, n. 4.
Hugue, abbé de Saint-Augustin, à
Cantorbéry, 214.
Hugue, ab^é de Saint-Just, à Lyon,
269.
Hugue, abbé de Selby, dans le
Yorkshire (Angleterre), 47, n. 1.
Hugue, archevêque de Tours, 2.
Hugue, évêque de Bayeux, 276.
Hugue, maître d'œuvre de l'abba-
tiale de Conques, 105.
Ilugue, moine de Saint-Evroul,.
151, n. 1.
Hugue I", seigneurd 'Aniboise,342..
Hugue, seigneur de Gargilesse, 386,
n. 3.
Hugue II, seigneur duPuiset, 336,.
337, n. 2. Voy. Puiset (Le).
Hugue, vicomte de Nevers, 93.
Hugue (Saint). Voy. Hugue, abbé
de cluny, Hugue de Château-
neuf, évêque de Grenoble.
Hugue d'Amiens, archevêque de
Rouen, 157, n. 2 ; — (lettre d'), à
Thierri, évêque d'Amiens, ibid.
Hugue de Bourgogne archevêque
de Lyon, légat du Saint-Siège,.
268, 296, 330.
Hugue de Chalon, évêque d'Au-
xerre, 92.
Hugue de Champallement (ou
Champ-Allemand), évêque de Ne-
vers, 79, 80. Voy. Champalle-
ment.
Hugue de Chàleauneuf, évêque de
Grenoble, 2S8, 289, n. 2,331, 342,.
n. 1, 343.
Hugue de Farfa, 132. n. 1. Voy.
Farfa.
Huque de Fiée, 308. Voy. Floiaco-
(Hugo de .
Hugue de Grand-Mesnil, 151, 152.
Hugue II de La Rochefoucauld,.
évêque d'Angoulême, 315.
Hugue de Montaigu, évêque d'Au-
xerre, 95, n. 1. Voy. Monte acu-
to (Hugo de).
Hugue de Noyers, évêque d'Au-
xerre, 68, n.'6, 92, 96, n. 6 et 7,
280, n. 3.
Huque de Saint-Calais. Voy. Payen
(le Saint-Calais.
Hugue de Saint-Victor, 81, n. 2.
Hugue de Semblançay , préchantre-
de l'église d'Angers, 85.
TAIÎLE ALPHABETIQUE
429
Hugue de Toacy, seigneur, 300,
301.
Hunibnud, cvêque d'Auxerre, 94,
n. 1, 301.
Humhert, moine, constructeur du
prieuré de Correns, 394; — (ins-
cription de), 305.
Hunnld, moine de Saint-Bénigne
de Dijon, artiste, 32.
Hunaldus. Voy. Hanald, Hunaiid.
Hiinaud de Gavarret, abbé de
Moissac, 14", n. 6.
Hay (Belgique, prov. de Hainaut),
6S, n. 4, 200, n. 4 : — église de
Notre-Dame d'), ibid.
Hffères (seigneurie d"), 203, n. 2.
Voy. Rostan de Fos, archevêque
d'Aix.
Ibreio (arx de), 276. Voy. Ivri
(tour d').
Icauna, lluvius, 97, n. 3. Voy.
Yonne (L').
lerosolirna, lerosolimitani, Ihero-
soliinitanum iter. Voy. Jérusalem.
Ildebertus. Voy. Ilildebertus.
Ile-de-France 'L'), 334 ; — (enthou-
siasme des populations pour la
construction d'églises dans 1'',
157, n.2; — (influences diverses
exercées par l'architecture de 1),
2tt, n. 1, 222, n. 5.
llyo, abbas et camerarius ecclesiae
S. Justi, apud Lugdunum, 269.
Impuritanensiscomes. Voy. Anipii-
rias.
Indre (L'), rivière, 2, n. 1. Voy.
Anger.
Ingelhert, constructeur du château
de la Chaize-le- Vicomte, 201, 202.
Voy. Chaize-le-Vicomte.
Ingelricus. Voy. Henri.
Innocent II, pape, 273, n. 4.
Inter duo maria. Voy. Entre-deux-
mers (L).
Ischarh, fluvius. Voy. Scarpe {La),
affluent de VEscaut.
Isembard, filsd'Alvise, seigneur de
Pithiviers, 276. Voy. Pithiviers.
Isembert, capiscol de l'église de
Saintes, constructeur de ponts,
108, n. 2.
Isère {D, 143, n. 2. Voy. Ysara.
Isidore de Séville, 179, n. 3, 347,
n. 2.
Isigniacus, villa. Voy. Isigny.
Isigny (Calvados), 144.
Ismidon ou Ismion de Sassenage,
évèque deDie, 268, n. 3, 331, n. 3.
Ismio. Voy. Ismidon de Sassenage.
Isquilinus. Voy. Ansquitil.
Italie (L'), 4, 6, 13, n. 1, 29, n. 2, 39.
n. 1, 46,72, n. 1,86, n. 4,177. Voy.
aussi Assise, Bari, Basilicate{La),
Calnbre {La). Crema, Farfa,
Frucluare, Milan, Lombardie
{La}, Mont-Cassin (Le), Locedio,
i\ovare. Pavie, Piémont {Le), Pom-
posa, Pouille {La\ Ravenne {dio-
cèse de), Rome, Venouse, Vol-
piano.
Itier, abbéd'Andres, 387, 393-394.
Hier, évêque de Nantes, 23.
Hier Archambaud, chanoine d'An-
goulême, 316.
Ivo. Voy. Yves.
Ivri tour d'i. près d'Evreux, 274,
276. Voy. aussi Ivry-la-Bataille,
Ivriacum, villa in episcopio Geno-
manensi. Voy. Yvré-i Evêque.
Ivry-la-Bataille (Eure), 276.
Jacques {Saint). Voy. Compostelle.
Jaenbert, archevêque de Cantorbé-
rv, 219. Voy. lambertus.
Jalïgny (Hictor de). 107-108 : — (pa-
roisse de). Voy. Galiniacum,.S"am<-
Sép ulcre-le z-Ja l ig ny .
Jambertus. Voy. Jaenbert.
Jarenton, abbé de Saint-Bénigne de
Dijon. 244, 2 JD, 330.
Jean, clerc, charge de la cons-
truction de l'église de Saint-Jean-
Baptiste à la Chaize-le-Vicomte,
201,202.
Jean II, évèque d'Orléans, 346, 347.
Jean 1% évèque de Lisieux, 380, n. 6.
Jacques {Saint). Voy. Compostelle.
Jean, moine de la Trinité de Ven-
dôme, maître d'œuvre, 163, n. 5,
292-294.
Je€i7i, moine de Marmoulier, 197.
Jean XVIII, pape, 1, 2, n. 3; —
Jean XA'.pape, 88.
Jean I" </' Ypres, abbé de Saint-Ber-
tin, 119.
Jean de Bayenx, archevêque de
Rouen, 249.
Jean de Brienne, 96, n. 7.
Jean de Colmieu, archidiacre de
Morinie, 312, n.l, 314, n. 1.
Jean de Commines, évêque de Thé-
rouanne, 312,313, n. 2, 340, n. 2.
Jean deMeuna, 96, n. 7.
Jean de Montlaur, évêque de Ma-
guelone, 90, n. 4, 91, n. 4.
Jean Priorat, de Besançon, traduc-
430
TAliLK ALPIIAUÉTIQLE
leur du De re mililari de Végèce,
96, n. 7.
Jérusalem, SS, 209; — (départ de
croisés poui'), 263, n. 3; — (église
du Saint-Sépulcre, à), 1, ses
imitations eu France, 28, n. 3,
32. n. 4, 107, n. 1,123-125 ; — (pè-
lerinaf^es à; : d'archevêques, 268,
n. 8, de moines, 292, leur influence
sur l'architecture, ihid., de sei-
g-neurs, 2, n. 1, 18,107, 300,301 ; —
fsiège et prise parles Chrétiens,
de), 275 ; — (temple, tabernacle de
Salomon, ài, 120, n. 4, 185; —
(terrestre;, par opposition sym-
bolique à la Jérusalem céleste, et
vice versa, 73, n. 5, 292, 343, 345.
Joannes. Vby. Jean.
Jofl'redus. ^'oy. Geofî'roi, Joffrni.
Joffroi, prieur de la Chartreuse de
Mont-Dieu, 266, n. 2.
Johannes. Voy. Jean.
Josaphat (abbaye de), 23, n. 4, 363.
Josf'redus. Voy. Geoff'roi, Joffroi.
Josselin (Morbihan), 51, n. 2: —
(château de), 199 ; — f prieuré de
Saint-Martin de), 199; — sei-
gneur, fils du vicomte de Porhoct,
198. Voy. Goscelinus.
Josserand. archevêque de Lyon,
269. \"oy. Gauceranus.
Jotsaldus, nionachus Silviniacen-
sis,127.
Jovinus, praefectus, 43, n. 4.
Julien [Saint), 162, 327; — invoque
parles lépreux, 1 48, n. 3; — (tom-
beau de), au Mans, 16i, n. 1.
Kerbrévosl (Morbihan), 5'», n. 7.
Kericune (Morbihan), 54, n. 7.
Keroman, Keromen (Morbihan),
54, n. 7.
Kerprat (Morbihan), 5i, n. 7. Voy.
Villa Prati.
La Cour-Muriiiny (château de],
près de Moutargis (Loiret), 6.
La Flèche (Sarthe). Voy. Hélie, sei-
gneur de la Flèche.
La Rochefoucanld (Charente), 23,
n. 1. Voy. Éliiinne de La Roche-
foucauld, abbé de Saint-Florent-
lez-Saumur.
Laigle (Orne , I 11, n. 4 ; — (château
de), 10, n. 6, 111, n. 4 ; — (ori-
gine du nom de), 111 , n. 4. Voy,
Aquila, Aquilense caslrum, FuL
berl, Bichier.
Lambert, abbé de Saint-Bertin,
119, n. 4.
Lambert, évêque d'Angoulême.
316.
Lambert d\irdres,li<0 , 388, n. 1.
Lamfrancus. Voy. Lunfranc.
Lan franc, ' archevêque de Can-
torbéry, prieur du Bec, 46, 47,
206, 212, 213, n. 1, 214, n. 2, 216,
n. 1. 246, 249.
Lanfredus. Voy. Lanfroi.
Lanfroi, architecte, ingénieur mili^
taire, 275, 276.
Langobardi. Voy. Lomhardie, Lom-,
bards.
Lan^res (cathédrale de), 211, n. 1 ;
— (diocèse de), 362, n. 4 ; —
(évêque de). Voy. Robert de
Bourgogne).
Languedoc [Le), 103, 109, 152, 153,
179 ; — (dates trop reculées attri-
buées à des édifices religieux:
du), 205, n. 1 ; — emploi de la
brique dans les constructions
du), 172, n. 3 ; — (églises forti-
fiés du), 117 ; — (zones de pro-
tection autour des églises du),
116-117.
Laon (cathédrale de), 317,319-321;
— (diocèse de), 318, n. 2 ; — (évê-
ques de). Voy Barthélémy de
Joux, Gautier de Mortagne ; — (in-
cendie de la cathédrale et du pa-
lais épiscopal de), 317, 319; —
(transport et exhibition de reli-
ques), pour subvenir aux frais do
la reconstruction de la cathé-
drale de), 319-321 ; — (monas-
tère de Saint-Jean, à). Voy. Gé-
rard de Quierzy.
Larreule (abbaye de), — Basses-
Pyrénées, — 357, n. 1.
Lascurrensis ecclesia, episcopiis,
Voy. Lescnr.
Latofavo ((ieraldus de), monachus
S. Martini Tutelensis, 15.
Lalran (concile de), 364.
Laudunum. Voy. Laon.
Laureolo (Gaulridus de), magister.
Voy. Geoffroi de Loroux.
Lausanne (diocèse de), 128, n. 7,
n. 8.
Lausdunum. Voy. Loudun.
Ijuvedan (monastère de Saint-Savin
en), 190. Voy. Levitancnse mo-
nasterium.
Layruc (prieuré de Saint-Martin
TABLE ALPHABÉTIOUK
431
de), — Lot-et-Garonne, — li7.
Voy. Alayriacum.
Lazare [Saint), patron des léprose-
ries, 311, n. i.
Lellelmus, monacluis Majoris Mo-
nasterii, 197.
Léger, archevêque de Vienne. 86,
87. Voy. Leodegarius, Lcudef^a-
rius.
Lemovicani denarii, Leniovicensis
episcopus. Voy. Limof/es.
Lendit (foire de), à Saint-Denis,
350, n. 3.
Leodegarius. Voy. Léger.
Leodium. Voy. Liège.
Léon (Espagne), 403. n. 1 ; — (égli-
se de San Isidro de), ibid ; —
(portail de), compare avec celui
de Compostelle, ibid.
Léon, abbé de Saint-Bertin, 122.
Léon IX, pape, 43, n. 3, 1 i3, 150.
Léon de Fiirnes, abbé de Saint-Ber-
tin, 120,
Léon de Meung, seigneur d'Am-
boise, 113, n. 4.
Leonius. Voy. Léon.
Lerinensis insula. Voy. Lérins.
Lérins (abbaye de), ses fortifica-
tions, sa disjjosition intérieure,
229-232, —(abbés de). Voy. .Mde-
bertl" et //;— (chapelle de Sainte-
Croix, du Saint-des-Saints), 231,
n. 3; — (église de la Pitié, de
Sainte-Marie, à), 231, n. 3; —
(devis de construction de), 231.
V^oy. Saint-Honorat ; — (île,
église de , 229, n. 1, 231,, n. 3,
Lesadense coenobium. Voy. Lézai
[abbaye de).
/vCscir (Basses- Pyrénées), 101, n. 4 ;
— (cathédrale de), avec pave-
ment en mosaïque, 101 ; n. 4,354;
— (évèque de). Voy. Gui. —
Voy. aussi Lascurrensis ecclesia,
ej)iscopus.
Lesclolles. Voy. Esclotles.
Lesdain (Nord), 66, n. 4.
Lessay (abbaye de), — Manciie, —
253.
Létard, abbé du Bec, 247.
Lélard, prieur de Saint-Florent-lez-
Saumur, 19.
Leudcgarius. ^'oy. Léger.
Levitancnse monasterium Sancti
Savini. Voy. Lavedan, Saint-Sa-
vin-en-Lavedan.
Levroiix (église de), — Indre — , 324,
n. 4 ; — (cloître de), ibid.
Lézat (Ariège), 179, n.l ; — (abbaye
de Saint-Pierre-de), 178,179, n. 3.
Voy. Lesadense coenobium.
Lèze [La^, rivière (Ariège), 179, n. 1.
Liban [Le). 135, n. 11.
Licairac (Aude), 14, n. 5; — (dimen-
sions d'une habitation privée, à),
ibid. ; — (église de Sainte-Colom-
be, à). 153.
Lichairago (ecclesia de). Voy. Licai-
rac.
Liciaco(Stephanus de .Voy. Etienne
de Lissac.
Liège (Belgiq- e), 157, 191, 192, n. 3,
271, n. 4 ; — (diocèse de). Voy.
Sainl'l'rond ; — (évéques de).
Voy. Noiger, Théoduin.
Ligeris, flumen. Vov. Loire [La).
Ligron (Sarthe), 308, 309; — (église
de Notre-Dame de), 303, n. 3,
309.
Ligrunnus. Voy. Ligron.
Lillebonne (conciles de), contenant
des prescriptions relatives à des
constructions religieuses, mili-
taires et privées en Normandie,
177, n. 2, 250-252, 264, n. 4.
Limoges (abbaye de Saint-Martial,
avec basilique du Saint-Sauveur,
à), 58-60, 80-82, 101. n. 4, 139,
n. 6 ; — (abbés de). Voy. Adémar,
Amblard de Cluny, Geoffroi,
Odolric, Pierre, Pierre du Barri;
— (baptistère de), 80, 82, 204,
n 3 ; — (château de), 60, n. 2 ; —
(commémoration de la dédicace
du Saint-Sauveur de), 80-82 ; —
(crypte de), 59, n. 2 ; — (deniers
de), 259 ; —(diocèse de), 13; —
(cvcque de). Voy. Eustorge ; —
(faubourg de Montmailler, à), 59,
n. 4 ; — (rapports de l'architec-
ture de la cathédrale de Compos-
telle avec celle de l'ab))atiale de),
397 ; — (vicomtes de). Vov. Adé-
mar, Gui. Voy. aussi Pierre de
Limoges. prieur de Grandmont.
Limousin (Le), 13, 51, n. 3, 351 ; —
(diffusion de l'ordre de Fonte-
vrault, dans le, 312, n. 1 ; — (fon-
dation du prieuré de Grandmont,
dans le , 353, n. 1.
Lincoln. Voy. Alexander, évèque.
Liners Voy. Liniers.
Liniers (Vienne), 255, n. 1.
Lisiard de Crespi, évèque de Sois-
sons, 291. n. 4, 370.
Lisieux (cathédrale de), 319, n. 5 ; —
(diocèse de), 379 : — (évéques de).
Voy. Herbert, Gilbert, Jean I".
Livingus. Voy. Lyfing. archevêque
de Cantorbéry .
Lobbes (prov. de Hainaut, Belgique),
68, n. 7 ; — (abbaye de), ibid.
432
TAliLE ALPHABETIOUli
Locedio (Italie), près Trino (prov.
de Novare), 26, n. 2; — (abbaye
de), ibid.
Lodève (Hérault), 116, n. 4 ; — (évê-
ché de), ibid. Voy. Frédelon,
évèque, 110, n. 13.
LodewLck, architecte-charpentier de
Bourbourg, 180, 184. Voy. Bour-
bourg.
Lodewicus. Voy. Lodeioick.
Loire {La), fleuve, 18, n. 2, 102, 300.
Loisail (Orne) : — (église de Saint-
Martin, àj, 288,' n. 4.
Lombardie (La.), 38, 127 ; — artiste
Lombard. Voy. Nivard. — Voy.
aussi Crema, Milan, Italie
(L').
Londres (abbaye de Westminster
de), 73, n. 3 ; — (église de Saint-
Paul de), 273, n. 4 ; — ses di-
mensions, ibid. ; — (pont de\ 108,
n. 2,
Lorraine {La), 44; (duc de). Voy.
Thierri I". Y oy . aussi Metz, Ver-
dun.
Lorsc/i (abbaye de), — Hesse-Darm-
stadt (Allemagne), — 212, n. 2.
Lotsaldus. Voy. Jotsaldus.
Loudun (Vienne). 22, n. 7. Voy.
Mathieu de Loudun.
Louis, comte de Blois, fils de Thi-
baut V, 237, n. 2.
Louis, prince royal, 335. Voy. Louis
Vile Gros.
Louis le Débonnaire, roi de France,
279, n. 3.
Louis VI, le Gros, 335, n. 3, 346,
348, 349, n. 1, 351, 352, 406.
Louis Vil, 346, n. 1.
Lubercio. Voy. Lurson,
Luc {Saint), 81.
Lucacense castrum monasterium.
Voy. Beaulieu-lès-Loches.
Lucain, poète latin, 336.
Lucé (Sarthe), peut-être le Grand
Lucè (Sarthe), 23, n. 4) ; —
(église de Saint-Facile de), ibid.
Ludovicus. Voy. Louis.
Lugdunum. Voy. Lyon.
Lurson, 274. Voy. Lubercio.
Lyfincf, archevêque de Gantorbéry,
219! Voy. Livingus.
Lyon, 267, 331 ; — (archevêques de).
Voy. Gaucerand, GuichardJIuifue
de Bourgogne ; — (cathédrale
de), 267-269 ; — (gisement de
marbres et de pierres calcaires
très recherchées, près de), 268,
270, n. 1 ; — (église d'Ainay,
à), 268, n. 7 ; — (église de Saint-
Irénée, à), 268, n. 7 ; — (église de
Saint-Just, à;, 269; — (église de
Saint-Thomas, à), 270 ; — (Four-
vière-lez-), 270, n. 1; — (palais
archiépiscopal de], 267-269.
M
Mâcon (diocèse de), 128, n. 2, 1 29, n. 2.
Madiran (Hautes- Pyrénées) 186, n.
4 ; — (cellier public de), ibid. ; —
(prieuré de), ibid.
Maestrichl (prov. de Limbourg,
Pays-Bas),' 376, n. 5; — (église de
Sainte-Marie, à), ibid., sa tour
fortifiée, ibid.
Magalona, Magaloncnsis eoclesia.
Voy. Maguelone.
Magduno(Lconiusde). Voy. Léonde
Menng.
Magoner, Magouiro, Magourin, en
Belz (Morbihan), 54, lî. 7. Voy.
Villa Romanorum.
Maguelone (Hérault). 87, n 3 ; —
(cathédrale de), 88-91 ; — (cloître
de), 90, 91, 167, n. 1 ; — (évêques
de). Voy. Arnaud, Gautier, Go-
de frid, Jean de Montlaur, Rai-
mond /«' ; — - (port de), 87, 89 ; —
(statuts de), 90, n. 6 ; — (tour de
Sainte-Marie, à), 90 : — (tour du
Saint-Sépulcre, à), ibid. Voy.
Montpellier.
Maiaci castrum. Voy. Maiet {châ-
teau de).
Maiel (château de),— Sarthe, — 278.
Ma'ieul. Voy. May eut.
Maillezuis (monastère de), 258, n. 1.
Voy. Mallicense coenobium.
Maine (Le), 23, n. 4, 256, 263, 273,
274, 277, 298, 332, 333, n. 2 ; —
(constructions privées, dans les
cimetières du), 251, n. 1 ; — em-
ploi tardif des voûtes et persis-
tance des charpentes apparentes,
dans les églises du), 161, n. 3; —
(influence en Angleterre de l'ar-
chitecture du), 198, n. 4 ; — (sys-
tème de défenses du), 27i, 277,
n. 7, 332,333, n. 5et6. Voy. Son-
nais {Le).
Majus monasterium. Voy. Marniou-
lier.
Malicorne (Sarthe), 256, 257 ; —
(Eude de), dit l'Anier, 256 ; —
(prieuré de), 257, n. 2. Yoy.Sainl-
Aubin {prieuré de Vabbaye de).
Malicornum. Voy Malicorne.
Mallicense coenobium. Voy. Maille-
zais [monastère de).
Malmesberia. Voy. Malmeshury.
TABLE ALPHABÉTIQUE
433
Malmesbury ou Malmsbury, en An-
gleterre, (château et constructions
épiscopalea de), 207, n. 2, 338, n.
3 ; — (William de), chroniqueur,
ibid.
Mamercias, castrum. Voy. Mamers.
Mamers (Sarthe), 274, 278. Voy. aussi
Sonnois {Le).
Mariasses, comte de Guines, 184,
339.
Mans (Le), 161, 292, 324, 326 ; —
(abbaye de Saint- Vincent, au), 256,
263, 264, 298, 299, n. 1 ; — (abbé
de). Voy. Rannoiix ; — (cathé-
drale du), travaux de conslruc-
tion et de décoration, 161-165,
208, n. 1, 297, 298 ; — (Cister-
ciens, au), 165 ; — (cloître de la
cathédrale du), 297, 298; — (dé-
pendance du monastère de Mar-
moutier, au),324, 326: — (diocèse
du), 237, n. 4, 287, n. 2 ; —(église
de Notre-Dame-du-Pré, au), 287,
n. 2 ; — (église de Saint-Ouen, au),
165 ; — (église du Saint-Sauveur,
au), 164; — (évoques du). Voy.
Arnaud, Avesqaud, Guillaume de
Passavant, Hildebert de Lavardin,
Hoël, Payen de Saint-Calais ; —
(mobilier de la cathédrale du),
candélabre, 368, n. 2.
.Vannes (Seine-et-Oise), 99, n. 3.
Marbod, évêque de Rennes, 165, n.
1.
Marc {Saint), 8\.
Marche {comte de la), 124, n. 3.
Marcilan. Voy. Marseillan.
Marie Magdeleine {Sainte), 203, 204,
206, 354, 356.
Marielensis (ecclesia S. Mariae).
Voy. Marillais [Le).
Marillais {Le), — Maine-et-Loire,
— 22, n. 3 ; — (église de Notre-
Dame du), ibid.
Marmoutier (Indre-et-Loire), 175 ;
— abbaye de Saint-Martin de),
^ 175, 195, 198, n.1, 324, 326; — (ab-
bés de). Voy. Garnier, Guillaume,
Hervé de Villepreux, Robert de
Blois, Robert de Mégrit ; — (bâti-
ments divers de), 324, 325 ; — (clô-
ture fortifiée de), 324 ; — (cuisi-
nes de), 325 ; — (dépendances de),
au Mans, 324, 326, au diocèse de
Chartres, 363 ; — (mission en An-
gleterrej à Hastings, de moines
de), 195, n. 4 ; — (prieur de). Voy.
Robert de Bonneval ; — (prieuré
de). Voy. Villepreux, Pierre de
Montigny .
Mars, 48.
Marseillan (Gers), 283, n. 1 ; —
(église de Sainte-Marie, à), 282,
283.
Marseille, 203, n. 6 ; — (abbaye de
Saint-Victor, à), 189, 191, n. 3 ; —
(fortifications de), comparées avec
celles de l'abbaye de Lérins, 230,
n. 1 ; — (abbé de Saint- Victorde).
Voy. Bernard de Rouergue ; —
(moine « ouvrier » de Saint- Vic-
tor). Voy. Guirand; — (évéque de
Marseille). Voy. Raimond I" .
Martel. Voy. Geoffroi Martel.
Martial {Saint), 81. Voy. aussi Limo-
ges {abbaye de Saint- Martial).
Martin {Saint), 14, 15, 25 ; — patron
de Marmoutier, 195, n. 1. Voy.
Marmoutier.
Massay (abbé de). Voy. Azenaire.
Massif central (région du), 106, n. 1.
354. n. 1.
Mathieu de Loudun, abbé de Saint-
Florent de Saumur, 22.
Mauges {Les), pays de l'ancien An-
jou, 17, n. 7. Voy. Medalgicus
pagus. Voy. aussi Cholet, Saint-
Florent-le- Vieil.
Maugoer. Voy. Magouer (Morbi-
han).
Maurice de Sully, évêque de Paris.
Voy. Sully {Maurice de).
Mauriniacense coenobium, 340. Voy.
Morigni.
Mayenne {La), rivière, 13, n. 2. Voy.
Meduana.
Mayeul {Saint), abbé de Cluny, 26,
n. 2, 129, n. 10. Voy. Cluny.
May nier, abbé de Saint-Florent-lez-
Saumur, 23.
Maximin {Saint), 203, n. 6, 204,
206.
Medalgicus (pagus). Voy. Mauges
(Les).
Méditerranée {La), 115, n. 5, 229,
n. 1, 320.
Meduana, fluvius. Voy. Mayenne
{La).
Melaz, filia Dalimanni principis,
279. Voy. Danismand.
Meldicks {Les), branches de la ri-
vièred'Aa, 1 19, n. 4. Voy. Aa.
Mélilène (Syrie i, 279, n. 1.
Melleray (Mayenne), 23, n. 4 ; -
(église de Saint-Pierre de), ibid,
Mellionuc, 53. Voy. Er Velionec.
Memmatensis. Voy. Mimatensis.-
Mende (cathédrale de), 326-330 ; —
(cimetières de la cathédrale de),
327, n. 3 ; — (cryptes de Sàint-
Privat de), description, 326^330 ;
,' — (église de Sainte-Thècle, à);
28
434
TABLE ALPHABÉTIQUE
327, n. 3 ; — (évêques de). Voy.
Aldebert II et Aldebert III. —
Voy. Gabalitana urbs, Gévaudan
{Le,, Mimatensis ecclesia.
Merchem. Voy. Merckem
Merckem l Belgique), prov. de la Flan-
dre occidentale, 313.
Merckerg hem (Nord), 313, n. 5.
Metz (évèque de), 68, n. 7.
Me anet {église de), — Indre — ,284,
n. 6.
Meung. Voy. Léon de Meung, Mag-
dununi.
Meuse (La), fleuve, 158, n. 3.
Mici. Voy. Euspice [Saint), Saint-
Mesmin.
Middelbourg (prov. de Zélande,
Pays-Bas), 183, n. 1 ; — (marché
de), ibid.
Milan (Lombardie), 26, n. 2 ;
— (église de Saint-Ambroise,
à), ibid.
Mimatensis ecclesia. Voy. Mende.
Mogerioa. Voy. Magouer (Morbi-
han).
.Moissac (Tarn-et-Garonne), 146 ; —
(abbaye de), 146-1 48 ; — (abbés de).
Voy. Aimeri. Ansquilil, Durand
de Bredon, Hunaaa de Gavarret,
Raimond /", Roger ; — (clochers
de), 1 59 ; — (cloîtres de l'abbaye
de), fontaine, sculptures, 147, 149,
403, n. 1 ; — (portail de l'église
de), décoration sculpturale, 147 ;
— (prieurés de l'abbaye de), ijbtd.
Moissiacum monasterium. Voy.
M >issac.
Mo te.sme( monastère de), — Yonne, —
15"), n, 4. 295, 296,300, 301 ;— (rap-
ports de , avec l'abbaye de Cîteaux,
295. Voy. Robert de Molesme.
Molismensis ecclesia. Voy. Moles-
me.
Monasterium Novum, Pictavis.
Voy. Montier neuf (abbaye de).
Monaslier {Le), — Haute-Loire, —
(abbaye deSaint-Ciiafl're du), 233,
234, n. 1, 235, n. 1 ; — abbés du).
Voy. Guillaume III, Guillaume
IV Vulfad.
Moncontour (Vienne), 362, n. 1 ; —
I seigneurie de), ibid. Voy. Montis
Comiloris domini.
Mons Budellus, Buellus, castrum.
Voy. Motte-Monlboyau {La).
.Mont-Cassin (Italie, terre de La-
bour) : (abbés du), 9, n. 2, 12,
n. 3, 30, n. 1, 37, n. 5, 41, n. 6,
140, n. 1. Voy. Didier ; — (chro-
nique du), 12, n. 3, 37, n. 5, 133,
n. 1 ; — (cloître du), 12, n. 3, 30,
n. 1 ; — (église du), 12, n. 3, 41,
n. 6,140, n.l; — (inscriptions en
vers latins, du), 37, n. 5 ; — (me-
sures architecturales employées
pour les constructions du), 12, n.
3, 133, n. 1.
Monl-de-la-Nue (Sarthe), 270. Voy.
Montis de Nube (castrum).
Mont-Dieu (chartreuse de), — Ar-
dennes, — , 266, n. 2 ; — (prieur
de). Voy'. Joffroi.
Mont-Glonne (château de), sa con-
struction, 16, 20, n 6, 21. Voy.
Giomnae montis castellum. Voy.
aussi Albaldus cellerarius, Thi-
baut, prévôt.
Mont-Saint-Michel (église du), 208,
n. 1 ; — (abbé du). Voy. Robert de
Torigni.
Monlargis (Loiret), 6, 10, n. 5.
Montarsin de Montaut, 301.
Montant (prieuré de), — Gers, —
302, n. 1.
Monlhray (Manche), 71, n. 4. Voy.
Geoffroi de Montbray.
Monte aruto (Hugo de). Voy.
Hugue de Montaigu.
Monte Berulpho (Guilhermus de).
Voy. Guillaume de Montberon.
Montesquien-V olvestre (Haute-Ga-
ronne), 179. Voy. Saint-Christaud-
de- Volvestre.
Monlierneuf (abbaye de), à Poitiers,
241, 254. Voy. Monasterium no-
vum, Poitiers.
Montignac (Charente), 315, n. 2 ; —
(château de), 315.
Montigny-le-Ganelon{Eiire-ei-Loir),
175; — (Pierre de), ibid., 363, n.
4.
Montiniaco (Petrus de). Voy. Mon-
tigny-le-Ganelon.
Montiniacum. Voy. Montignac.
Montis Comiloris domini. Voy.
Moncontour.
Montis de Nube (castrum). Voy.
Mont-de-la-i\ue.
Montmailler (faubourg de), à Li-
moges, 59 ;n. 4. Voy. Limoges.
Montmajour (abbaye de), — Bou-
ches-du-Rhône— , 304,305, n. 1,
365 ; — Pierre (abbé de), ibid. ; — ■
(dépendance de). Voy. Saint-Remi
{tour de).
Montmelier. Voy. Montmailler.
Montpellier, 112, Voy. Maguelone.
Montreuil-Bellay (château de), —
Maine-et-Loire, — 96, n. 7.
Morigni (Seine-et-Oise), 3 40, n. 6 ;
— (abbé de). Voy. Renaud ; —
TABLE ALPHABETIQUE
43o
(église de\ 340, 341. Voy. Mauri-
niacense coenobium.
Morimond (abbaye de), — Haute-
Marne, — 362, n. 4.
Morini, 173| n. 1 ; — Morinensis
urbs, 392 ; — Morinorum episco-
pus. Voy. Jean de Commines,
évêquede Thérouanne. Voy. aussi
Morinie {La).
Morinie (La), 181, n. 5.
Moritonensis conies. Voy. Mar-
iai n.
Morlaas (Basses-Pyrénées), 354.
355, n. 7 ; — (résidence vicomtale
de Béarn, à), 355, n. 7 ; — (bourg
de Saint-Nicolas, à), 354, 356, 357,
n. 1; — (église paroissiale de Saint-
An'lré,à), 354, 356 ; — (prieuré de
Sainte-Foi, à), 354-356. façade de
l'église, 355, n.7. — Voy. Bernard
de Bevste.
Morlanensis. Voy. Morlaan.
Mortain (Manche), 73. Voy. Mori-
tonensis conies.
Morvanus. Voy. Morven.
Morven, évéque de Vannes, 281.
Mosa, fîuvius. Voy. Meuse (La).
Mota F'ulcoii. Voy. Motte-Fulcnis
(La).
Mota Galterii de Clincampo. Voy.
Motle-Gaulier-de-Clinchamp[La).
.Motte (La). Voy. Motte-Montboyaa
{La).
Motle-Fulcois (La), à Amboise (In-
dre-et-Loire), 113, n. 3.
Motte- Gautier-de-Clinchamp (La),
— Orne, — 278.
Motte- Monthoy au (La), — Indre-et-
Loire, — 18,'n.6,78,182,n. 1. Voy.
Mons Budeilus, Buellus.
Moys'acum monasterium. Voy.
Moissac.
Muret (Haute-Garonne), 178.
Muret (Haute-Vienne), 353. Voy.
Etienne (Saint) de Muret, Grand-
mont.
Musullacensis dominus. Voy. Muzil-
lac.
Muzillac (Morbihan), 280 ; — (sei-
gneur de), 281.
N
Nampcel (Oise), 371.
Nantes. Voy . Itier, évèque.
Nar bonne (archevêque de), 115, n.
2. Voy. Guifred de Cerdagne ; —
(concile de), 1 52, 176, n. 2 ; — (pro-
vince ecclésiastique de), 114 : —
(synode de), 341, n. 3.
Navarre (La), 239, n. 1.
Nëbian (Hérault), 110, n. 6.
Nègrepelisse (Tarn-et-Garonne), 232,
n. 2 ; — (vicomtes de), ibid.
Nemausensis episcopus. Voy.A'tme.s.
Nemausus, civitas. Voy. Nimes.
Nesle (Aisne), 320, n. 2. Voy. Nigel-
la.
Neustrie (La), 372.
Neuvy (Loiret), 34, n. 2. Voy. No-
vus vicus.
Neuvy-Saint-Sépulcre (église de), —
Indre, — 28, n. 3, 107, n. 1, 123.
Voy. Novicus, Novus Vicus.
Nevernense suburbium. territorium,
Nevernis. Voy. Nevers, Nivernais
[Le).
Nevers (cathédrale de), 79 ; — ^Gha-
pitre de), 79 ; — (comtes de), 107,
n. 5, 267, 281, 282 ; — (église de
Saint-Etienne de), 107, n. 5, 281,
282 ; — (évéque de). Voy. Hugue de
ChampaUement; — (faubourg de),
282 ; — (paroisse de Saint-Jean, ài
79, n 4. Voy. aussi Saint-Cyr.
Nice (comté de), 229, n. 2; — ^ (égli-
ses fortifiées du diocèse de), 116, n.
4 ; — (évéque de), ibid. ; — zones
de protection autour des églises
du diocèse de), ibid.
Nicolas II, pape, 176, 177, n. 4.
Nicolas (Saint), 127.
Nigella. Voy. Nesle, Noyelles.
Nimes, 240 ; — (cathédrale de),
ibid. ; — (chanoine de). Voy.
Ponce ; — (évêques de). Voy. Fro-
taire I", Frotaire II : — (porte de
la Bouquerie, à), 240, n. 2 ; —
(porte de la Magdeleine, à), ibid.,
— (rue Auguste, à), 241, n. 2 ; —
(temple ancien, dit la Mai>on Gar-
rée, à). 240, 241 ; — (vicomte de).
Voy. Bernard Aton.
Nivard, artiste Lombard, peintre et
ciseleur, 38.
Nivernais (Le), 33, n. 5.
Noeria, Noeriis, castrum. Voy.
Noyers.
Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), 287,
288. Voy. Saint-Denis (mona-
stère de).
Nogent-sous-CoHcy (Aisne), 317,
318, n. 2 : — (aÉbaye de), ibid. ;
— (cimetière gallo-romain, de) 316,
318 ; — (abbé de). Voy. Guibert.
Nogentum castrum. Voy. Nogent-le-
Rotrou.
Normand de Doué, évéque d'An-
gers, 83, 85. Voy. Doë (Norman-
dus de).
Normandie (La), 26, n. 2, 73, n. 6,
436
TABLE ALPHABÉTIQUE
74, 111, II. 4, 121, n. 5, 144, 149,
151, n. 1,195, 19P, 19S, n. 4, 246,
247, 252, n. 7, 253, 273, 274. 277,
332, 343, 11.3,364, n. 2; — (concours
des populations pour la construc-
tion d'églises, en), 157. n. 2 ; —
(couventsde femmes, en), 151, n.l ;
— (culte delà Vierge, en), 77, n.3;
— (matériaux de construction de),
transportés en Angleterre, 195,
211, n. 2 ; — (persistance des char-
pentes apparentes dans les églises
de), 161, n. 3 ; — (statuaire en),
77, n.3; — (vocable de la Trinité
dans des églises de), 178, n. 1.
Voy. Auge, Normands.
Normands (châteaux des), 68, n. 1,
251-252, 273-277, 332-333, de bois,
193, 194. n. 2; — (constructions
privées dans les cimetières des),
250-252, n. 7, 275, n. 9, 343, n. 2 ;
— (invasions des), 172, n . 2; — (sei-
gneurs), 72, n. 1, 252, n. 7 ; —
(système des fortifications des),
274-275, 276, n. 7, 277, n. 8 ; —
tombeaux de princes), à Venouse
(Italie méridionale), 177.
Normanni, Normannia. Voy. Nor-
mandie, Normands.
A'^orrey (Calvados), 151, n. 3. Voy.
Nuceretum.
Notgerde Liège, 44,n. 2,67, n. 4,et5.
Notre-Dame (cathédrale), à Amiens.
Voy. Amiens.
Notre-Dame (cathédrale), à Bayeux.
Voy. Bayeux.
iVo<re-Dame (cathédrale), à Cambrai.
Voy Cambrai,
Notre-Dame (cathédrale), à Char-
tres. Voy. Chartres.
Notre-Dame (cathédrale), à Cler-
mont. Voy. Clermonl.
Notre-Dame (cathédrale), à Cou-
tances. Voy. Couiances.
Notre-Dame (cathédrale), 'à Évreux.
Voy. Évreux.
Notre-Dame (cathédrale), à Gre-
noble. Voy. Grenoble.
Notre-Dame (cathédrale), à Lescar.
Voy. Lescar .
Notre-Dame (cathédrale), à Nîmes.
"Voy. Nîmes.
Notre-Dame (cathédrale), à Paris.
Voy Paris.
Notre-Dame (cathédrale), à Senlis.
Voy. Senlis.
Notre-Dame (cathédrale), à Spire.
Voy. Spire.
Notre-Dame (cathédrale), à Thé-
rouanne. Voy. Thérouanne.
Notre-Dame (chapelle de), à Cluny.
Voy. Cluny.
Notre-Dame (chapelle de), à Saint-
Bertin. Voy. Saint-Bertin .
Notre-Dame (chapelle de), dépen-
dance de la cathédrale de Cantor-
béry. Voy. Cantorbéry.
Notre-Dame (chapelle de l'infirmerie
de), à l'abbaye de Saint-Florent-
lez-Saumur. Voy. Saint-Florent-
lez-Saumur.
Notre-Dame et Saint-Riquier (cryp-
te de). Voy. Saint-Riquier.
Notre-Dame (crypte de), à l'église
abbatiale de Fleury-sur-Loire.
Voy. Fleury-sur-Loire.
Notre-Dame (église abbatiale de),
à Nogent-sous-Coucy . Voy. No-
gent-sous-Coucy .
Notre-Dame (église abbatiale de), au
Bec. Voy. Bec {Le).
Notre-Dame (église de), à Étampes.
Voy. Etampes.
Notre-Dame (église de), à Huy
(Belgique). Voy. Huy.
Notre-Dame (église de), à Sainte-
Opportune. Voy. Sainte-Oppor-
tune (Manche).
Notre-Dame (église de), à Salins.
Voy. Salins.
Notre-Dame (église de), auMarillais
(Maine-et-Loire). Voy. Marillais
(Le).
Notre-Dame (propitiatoire de), à
l'église abbatiale de Fleury-sur-
Loire. Voy. Fleury-sur-Loire.
Notre-Dame (vocable de), appliqué
aux églises des religieuses de l'Or-
dre de Fontevraull. Voy. Fonte-
vrault.
Notre-Dame-de-Bonnevaux (Isère).
Voy. Bonnevaux.
Notre-Dame-de-la-Pitié (église de),
à l'abbaye de Lérins. Voy. Lérins.
Notre-Dame-de-Monlierneu fi^ahhaye
de), à Poitiers. Voy. Montierneuf,
Poitiers.
Notre-Dame des Chatelliers (église
abbatiale de). Voy. Chatelliers
[Les).
Notre-Dame-des-Doms (cathédrale),
à Avignon. Voy. Avignon.
Notre-Dame-du-Port (église de), à
Clermont-Ferrand. Voy. Cler-
monl.
Notre-Dame-du-Pré (église de), au
Mans Voy. Mans [Le).
Notre-Dame et Saint-Omer (église
de), à Ardres. Voy. Ardres.
Notre-Dame la-Dehors (église de), à
Auxerrc. Voy. Auxerre.
TABLE ALPHABÉTIQUE
437
Nouveau (Le) monastère, 295, n. 3,
361 . Voy. Cileaux.
iVouare (Piémont), 26, n. 2.
Novicus, in Bituria, 124. Voy.
Neuvy-Saini-Sépulcre.
Novigentum. Voy. Nogent-sous-
Coucy .
Noviomum. Voy. Noyen-sur-Sar-
the.
Novummonasterium. Voy. Nouveau
monastère.
Novus vicus, in Aurelianensi re-
gione. Voy. Neuvy {Loiret).
Novus vicus, in Bituria, 124, n. 3.
Voy. Neuvy-Saint-Sépulcre, No-
vicus.
Noyelles (Nord), 66, n. 6. Voy. Ni-
gella.
Noyen-sur-Sarthe (Sarthe), 256 ; —
(château de), 256.
Noyers (château de), — Yonne, —
92, 96, n. 6, 98. Voy. Noeria, Noe-
.riis, Hngue de Noyers.
Noyon (cathédrale de], 211, n. 1,
nef, 371, n. 3 ; — (evêques de).
Voy. Baldéric de Théronanne,
Ratbode ; voy. aussi, 371, n. 3; —
(monastère de Saint-Barthélémy
de), 370.
Nuceretum. Voy. Norrey .
Nuremberg (Musée germanique de),
217, n. 3.
Océan (L'), 345, 386.
Oceanuni mare. Voy. Océan [L').
Oceanus mediterraneus. Voy. Mé-
diterranée (La).
Octavianus Caesar. Voy. César.
Oddo. Voy. Odo.
Odilon, gardien chargé de l'entre-
tien de labbatialc de Flcury-sur-
Loire, 11.
Odilonde Mercœur, abbé de Cluny,
33, n. 5, 38, n. 5, 57, n. 1, 127-128,
130, 132, n. 1, 146, n. 3, 169, n. 3,
170, n. 3, 271, n. 3. Voy. Cluny.
Odilon (Saint). Voy. Odilonde Mer-
cœur.
Odland, abbé de Saint-Bertin, 119,
n. 4.
Odo. Voy. Eudes, Odon.
Odoard, seigneur du Berry, 124,
n. 5.
Odolric, abbé de Saint-Martial de
Limoges, 59, n. 3.
Odolric, abbé de Sainte-Foi de
Conques, 105, n. 2.
Odolric, évêque d'Orléans, 55, n. 4.
Odolric, fondeur de cloches, 19.
Odolric, moine de Saint-Julien de
Tours, artiste, 36.
Odolric, moine de Sainte-Foi de
Conques, constructeur de l'église
de Sainte-Foi d'Esclottes, dans le
Bazadais. 238, 239, n. 1.
Odolricus. Voy. Odolric.
Odon, abbé de Cluny, 128, n. 2, 307,
n. 2.
Odon, abbé de Fleury-sur-Loire, 9.
Odon, archevêque de Cantorbéry,
220.
Odon, prieur de Cantorbéry, 213.
Odon de Roser. prieur de Madiran
(Hautes-Pyrénées), 186, n. 4.
Ogrer. Voy. Auger.
Ogier, 12. Voy. Otgerius.
Ogis, 200, 201 .'Voy. Otgisus.
Oléron (île d), — Charente-Infé-
rieure, — 387.
Oleronensis insula. Voy. Oléron
(ile d).
Oliba, Elenensis episcopus, 25. Voy.
Elne.
Ollerias. Voy. Ollières.
Ollières (Var), 189.
Oforon (Basses-Pyrénées), 357, n. 1.
Voy. Arnaud /", évêque.
Onfroidu Tilleul-en-Auge, gardien
de la tour d'Hastings (Angle-
terre), 194, n. 4. Voy. Unfridusde
Telliolo.
Orbiicis monasterium. Voy. Orbais-
V Abbaye.
Orbais-V Abbaye (Marne), 43, n. 1.
Orbestier (Vendée), 333, 334. n. 2 ;
— (abbaye de Saint-Jean d'), 333,
334; _ (forêt d'), ibid.
Orbisterium, Voy. Orbestier.
Orient. Voy. Antioche, Constanti-
nonle, Galilée (La), Jérusalem,
Melitène, Palestine (La), Samarie
(La), Syrie (La), Tripoli.
Orléanais (L'),18, n. 2, 20, n. 7.
Orléans (cathédrale d'), 1, 3, 346;—
(cloître de la cathédrale d'), 346 ;
— (église de Saint-Aignan, à), 55-
57, 62, n. 4 ; — (enceinte fortifiée
d'), 3 {6, 347 ; — (évêques d'). Voy.
Arnoul II, Jean II, Odolric ; —
(maisons de bois d'), 346; — place
du « Tanuz », à), 347. Voy. Au-
reliana, Aurelianensis civitas, Au-
relianis.
Orscand, dit le Grand, évêçîue de
Vannes. 53 ; — son fils, ibid., 54.
Orscandus Magnus, Venetensis
episcopus. Voy. Orscand.
438
TABLE ALPHABÉTIQUE
Orticosa, castrum, Voy. Ortieuse
(L').
Ortieuse (L'), — (Sarthe), — 278.
Osmond, évoque de Salisbury, 198.
Osnabriick (Allema^^ne, Hanovre),
69, n. 5 ; — (évêque d'). Voy. Ben-
non.
Osse (L'), rivière, — (Gers), — 284.
Otfîerius, operarius. Voy. Ogier.
Otj^isus, praecentor S. Hilarii [Pic-
tavensis]. Voy. Offis.
Othon, évêque de Bamberg, 69,
n.5.
Ouche, nom primitif de Saint-
EvrouL Voy. Saint-Evroul (TOu-
c/ie , Saint-Evroult-N.-D.-du-
Bois. Voy. aussi Uticum, Uticen-
sis pagus.
Oudenbourg (prov. de Flandre oc-
cidentale, Belgique), 168, n. 1 ; —
(reconstruction de l'abbatiale d'),
168-175 ; — (campanile de bois de
ladite abbatiale), 169-171, 174-175,
mesures prises pour son rétablis-
sement, indemnités des maîtres
charpentiers, ihid.; — (fortifica-
tions de la ville d'), 168,172-173;
— (gardien de l'église d'). Voy.
Siger. Voy. Aldenborg, Aiden-
burgensis parrochia, Hariiilfe,
abbé.
Ouen [Sninl), archevêque de Bouen,
220. Voy. Audoenus.
Oust (//), rivière (Morbihan), 199,
n, 5.
Oximum, castellum. Voy. Exmes
(Orne).
Paganus. Voy. Pat/en.
Palestine (La), 124, n. 5, 135, n. 11.
Voy. Galilée {La), Saniurie (La).
Pantoul ou Pantulf (Guillaume),
chevalier normand, 178, n. 1.
Papia. Voy. Pavie.
Papias, glossateur du moyen âge,
36, n. 3.
Paris (abbaye de Saint- Victor de),
95, n. 4 ; — (ancienne église de
Saint-Etienne de), 348, 3 49 ; —
(archidiacre de). Voy. Etienne ; —
— (cloître de la cathédrale de),
3 48-349 ; — (église de Saint-Chris-
tophe de), 349; — (église « Neuve»
de Notre-Dame de), 348-351; —
(évêque de). Voy. Maurice de
Sully ; — (legs de cent livres fait
par ledit evéque pour couvrir la
nef de la cathédrale de), 72, n. 5 ;
— (palais épiscopal de), 348-349.
Parius lapis. Voy Paros.
Paros (marbre de), 159.
Pascal II, pape, 245, n. 1, 268, n. 7,
330.
Paschalis. Voy. Pascal.
Paschase, pape, 15.
Paterniacus. Voy. Payerne.
Pau (Basses- Pyrénées), 101, n. 4.
Paul {Saint), 81. 232, 272, n. 2.
Pavie (prieuré de Saint-Mayeul, à),
129.
Payen, moine de Bedon, construc-
teur d'écluse, 281.
Payen de Saint-Calais, évêque du
Mans, 165, n. 2.
Payerne (Suisse, cant. de Vaud),
128, n. 7 ; — (abbaye de), ibid.
Voy. Paterniacus.
Pays-Bas. Voy. Maestricht, Middel-
hourg.
Pedveriis (turris de). Voy Pithi-
viers.
« Pelenertus », surnom d'un puits
du château de Châtel-Aillon, 387.
Voy. Chàtel-Aillon.
Perai (Sarthe). Voy Peretum.
Perche (Le), 287. Voy. Perticum.
Perenesius, abbas Bolhonensis, 199.
Voy. Redon.
Peretum castrum, 278. Voy. Pérai.
Périgord {Le), 243, n. 4, 362, n. 3 ;
— (ordre de Fontevrault, dans le),
312, n. 1.
Périgueux, 242; — (agglomération
urbaine, au xi° siècle, de), 112,
n. 4 ; — (bourg de Saint-Front,
à), 242 243 ; — (cité de), 244 ; —
(diocèse de). 147 ; — (église collé-
giale de Saint-Front, à) : incen-
die, 242-244, destruction des
cloches, ibid., couverture de bois,
ibid.; — (évoques de). Voy.
Guillaume d'Aubero::he, Guil-
laume de Montberon ; — (sculp-
tures du tombeau de Saint-Front,
à), 242, 243. Voy. aussi Guina-
mand. — Voy. Petragorica civi-
tas.
Perpignan, 113.
Perticum, 288. Voy. Perche (Le).
Petershausen (monastère de). Voy.
Constance.
Petrabuferia (Gauzcclmus de), 15.
Voy. Pierre-Buffière.
Petragorica civilas. Voy. Péri-
gueux.
Petronilla. Voy. Perronelle.
Petrus. Voy. Pierre.
TABLE ALPHABÉTIQUE
439
l'evensey (Angleterre, comté de
Sussex), 193, n. 2.
Peyrnc (Aimeri de). Voy. Aimeride
Peyrac, abbé de Moisnac.
Philippe I", roi de France, 13, 74,
n. 2, 271, 273, 284.
Philippe Auguste, 346, n. 1, 372,
n. 5.
Philippe d'Alsace, comte de Flan-
dre, d'Amiens et de Vermandois,
237, n. 1, 3<>2, n. 1.
Pictavi, Pictaviense solum, subur-
bium. Voy. Poitiers, Poitou (Le).
Piémont (Le). Voy. Fructuare, Lo-
cedio, N avare.
Pierre, abbé d'Andres, 387-393.
Pierre, abbé de Montmajour, 365.
Pierre II, dit Gaufridi, archevêque
d'Aix, 202, 204, n. 2 ; — Pierre III,
archevêque d'Aix, 203, n. 2. 327.
Pierre, évêque de Cavaillon, 203.
Pierre, moine de Redon, construc-
teur, 5, n. 5.
Pierre, moine de Sainte-Foi de
Conques, constructeur de l'église
d'Esclottes, dans le Bazadaiy",
238.
Pierre, sire de Castelpers, en Rouer-
gue, 49. n. 2.
Pierre {Saint), 232, 272; — (tombeau
de), à Rome, 31. n. 2.
Pierre-Buffière (Haute-Vienne), 15,
n. 3.
Pierre de Celles 43. n. 3.
Pierre de Limoges, prieur de Grand-
mont, 353.
Pierre de Saint- André, maître
maçon de l'évêque de Grenoble,
343.
Pierre de Saint-Gilles, moine « ou-
vrier » du prieuré de Saint-Hono-
rat d'Arles. 1S9, n. 2.
Pierre du Barri abbé de Saint-
Martial de Limoges, 58, 39, 60,
n. 3.
Pierre le Chambellan. 74. n. 1, 144,
n. '».
Pierre le Chantre, théologien, 368,
n. 3; — (opinion de), sur le luxe
dans la construction des églises,
ibid.
Pierre le Vénérable, abbé de Clu-
ny. 271, n. 4, 368, n. 1.
Pilitnilio fecclesia de). Voy. Pirmil.
Pirmil (Sarthe), 298, n. 3 ; — (châ-
teau de), ibid.; — (église de), 298,
299.
Pithiviers (seigneur de). Voy.
Isembard ; — (tour de), 276.
Plantagenêt (famille de), 333. Voy.
Anjou (L').
Plegmund [Saint], archevêque de
Gantorbéry. 220.
Pline l'Ancien. 134, n. 3.
Ploërmel (Morbihan), 51.
Poitiers. 140, 199, 241. 234, 378; —
(abbaye de Saint-Gyprien, à),
279; — (abbaye de Montierneuf,
à), 241, 234. Voy. Ponce, moine,
constructeur ; — (cathédrale de),
63, n. 3 et n. 4 ; — (comtes de).
Voy. Aquitaine [ducs d') ; —
(comtesse dei. Voy. Agni^s de
Bourgogne; — (église collégiale
de Saint-Hilaire, à), 140, 141,
n. 3, 199, 235, n. 1. Voy. aussi
Gautier Coorland, maUre d'œu-
l're ; — (évêque de). Voy. Calon ;
— (palais ducal de), 63, n. 4 ; —
Voy. Pictavi.
Poitou {Le}, 17, n. 7, 141, 200. 241,
310, n. 1, 333, 341, n. 3, 361, 377 ;
— (emploi du moyen appareil
dans des monuments du), 338,
n. 5 ; — (ordre de Fontevrault,
en), 312, n. 1, 361; — (rapports
entre l'architecture romane d'Au-
vergne et celle du), 397, n. 1. Voy.
Aquitaine.
Pomposa (monastère de Sainte-
Marie de), au diocèse de Ra-
venne. 45, n 3.
Ponce, abbé de Saint-Sauveur d'A-
niane. 109-111. Voy.i4ntane.
Ponce I", comte d Ampurias, 115,
n. 5. Voy. Ampurias.
Ponce, chanoine de la cathédrale de
Nîmes. 240.
Ponce, chanoine « ouvrier », chargé
de l'entretien des bâtiments de
Saint Sernin,à Toulouse, 189, n. 2.
Ponce, évêque de Tarbes, 191, n. 2.
Ponce, évêque du Puy, 327. «
Ponc, moine, constructeur de
l'abbaye de Montierneuf, à Poi-
tiers, 254, 235.
Ponce, moine de Sainte-Foi de
Gonques, 153.
Ponce, prévôt de Saint-Ruf, à Avi-
gnon. 306.
Pons. Pontius. Voy. Ponce.
Pontlevoy (Loir-el-Gher), 342 ; —
(abbaye de), 342, n. 3 ; — ;,châ-
tcau-fort de), 342, n. 4.
Pontoi.se (Seine-et-Oise), 38, n. 1 ;
— (carrières, près de), ibid.
Poppon {Saint), de Stavelot, 38,
n. 2.
Porhoët (doyenné de), — Morbi-
han, — dépendance et paroisse
de Sainte-Croix. 199, n. 5; — (vi-
comte de), 51, 198.
440
TABLE ALPHABÉTIQUE
Fouille {La), 72, n. 1, 178, n. 1.
Voy. Apulia.
Prais-de-Mollo, chef-lieu du comté
de Valespir (Roussillon), 116,
n. 2. Voy. Valespir.
Privât (Saint), 326, 327, n. 3; —
(chapelle de), à Mande, 327, n. 3;
— (cryptes de), ibid., descrip-
tion, 326-330 ; — (grotte de), 326;
— (reliques de), invention et des-
cription, 326, n 4, 327, n. 1, 328-
330 Voy. Mende.
Prosper d'Aquitaine, père de l'E-
glise, 159, n. 3.
Provence (La), 189, 304, 354, 365; —
(dates trop reculées attribuées à
des églises de), 205, n. 1 ; —
(églises fortifiées de), 117 ; — (em-
ploi du moyen appareil dans des
monuments de), 338, n. 5 ; —
(zones de protection autour des
églises de), 116-117.
Puiset(Le), — Kure-et-Loir, — 336,
n. 6 ; — (château et siège du),
184, n. 1. 334-337; — (seigneur
de). Voy. Hugues II.
Puteolum castrum. Voy. Puiset
(Le).
Puy [Le), 233 ; — (cathédrale du),
234, n. 1,235 n. 1 ; — (évèque du).
Voy. Ponce.
Pyrénées [Les], 115, n. 5, 190, 355.
Quercy (Le), 146, 232.
Quimperlé (Finistère). Voy. Sainte-
Croix {prieuré de).
Quinciacum. Voy. Quincy.
Quincy (abbaye de), en Champa-
gne (Yonne), 279. Voy. Bernard,
abbé.
R., capiscol de l'église cathédrale
d'Albi, 104.
Raban Maur, 313, n. 4.
Rabel le dambrier, 379, n. 4, 380,
n. 1. Voy. Tancarville.
Radbode, évèque de Noyon et de
Tournai. 171.
Radbode, évèque de Séez, 2i9. n. 3.
Radulfus, Radulphus. Voy. Raoul,
Ralf.
Raimond I", abbé de Moissac, 146.
Raimond II, comte de Bigorre, 190.
Raimond, comte de Cerdagne, 115,
n. 7.
Raimond, évèque d'EIne, 115, n. 4.
Raimond /"■■, évèque de Maguelone,
90, n. 4.
Raimond 1'% évèque de Marseille.
327.
Raimond {Saint). Voy. Raimond
Guairard.
Raimond, prince d'Antioche, 386.
Raimond de Pardiac, archevêque
d'Auch, 301.
Raimond, Guairard (ou Gairald),
prévôt de Saint-Sernin de Tou-
louse, 260-263. Voy. Toulouse.
Raimundus. Voy Raimond.
Rainaldiis. Yoy. Rainaud.
Rainaud, vicomte d'Aubusson, 13,
14.
Rainaud, vicomte de Beaune, 295.
Rainaudus. Voy. Rainaud.
Ralph, archevêque de Cantorbéry.
214.
Rambouillet (forêt de), 66, n. 3.
Rançon, évèque de Clermont, 108.
Voy. Renco.
Rnnnnux. abbé de Saint-Vincent-
lez-le-Mans, 256, 257.
Rannulf Flambard, évèque de Dur-
ham, 286, 287.
Rannulfus. Voy. Rannoux, Ran-
nulf.
Raoul, abbé de Saint-Fiorent-lez-
Saumur, 23.
Raoul, moine, constructeur de l'é-
glise de Saint-Jouin-de-Marnes.
361, n. 3.
Raoul, prévôt à Bordeaux, 258.
Raoul de Douvres, fondateur de
l'infirmerie d'Andres, 3S8. Voy.
Andres.
Ravenne (diocèse de). Voy. Pom-
posa .
Raymond. Voy. Raimond.
Raynaud. Voy. Rainaud.
Redon (Ille-et-Vilaine), 52, "n. 1 ; —
(abbaye de Saint-Sauveur de), 51,
52, n. 2, 198, 199, n. 4; —(métiers
en rapport avec l'art de la cons-
truction, mentionnés par le car-
tuliiire de), 52, n. 5 : — (moine
de), constructeur d'écluse. Voy.
Payen. — Voy. Rothonense mo-
naslerium, Sainte-Croix (prieuré
de), dépendance de Saint-Sauveur
de Redon.
Réçjennes (Yonne), 97. n. 3. Voy.
Regius amnis.
Regensis episcopus. Voy. Riez.
Regius amnis. Voy. Régennes.
Reims (archevêques de). Yoy. Ger-
TABLE ALPHABÉTIQUE
441
rats, Guillaume de Champagne,
Hincmar, Samson ; — (artiste ver-
rier de). Voy. Roger ; — diocèse
de), 266, n. 2 ; — (église de Saint-
Denis, à), 43, n. 4 : — (église de
Saint-Nicaise, à), ibid., — («'glise
de Saint-Remi, à), 28. n. 1 : histo-
rique et description, 39-43, can-
délabre précieux, 368. n. 1 etn. 2;
— abbés. Voy. Airard. Thierri;
— (église de Saint- Symphorien,
à), 369, n. 1.
Renaud, abbé de Morigni, 340, n. 7.
Renaud Chabot, seigneur de Roche-
servière,186. Voy. Rocheservière.
Renco. Voy. Rançon.
Renneu, 145, n. 2 ; — (abbaye de
Saint-Mélaine, à), 145, n. 2, 154-
155; — (abbé de). Voy. Tris-
cand ; — (moine verrier de Saint-
Mélaine, à). Voy. Valerius ; —
(évéque de). Voy. Marbod ; —
(pays de), 309. n. 3
Rhenus. Voy. Rhin (Le).
Rhin (Le), fleuve, 69, n. 5, 158.
Rhodanus. Voy. Rhône (Le).
Rhône (Le), fleuve, 128.
Rhotomagus. Voy. Rouen.
Ricardus. Voy. Richard.
Richard, abbé de Déols, 124, n. 5.
Voy. Deols.
Richaril, abbé de Saint-Vanne, à
Verdun, 44.
Richard, archevêque de Cantorbé-
ry, 213.
Richard /", duc de Normandie,
71, n. 2, 332, 344, n. 1 ; — Ri-
chard II, 250, n. 6 ; — Richard
III, ibid.
Richard, fondateur de l'église de
Sainte-Opportune (Manche), 253.
Richard, seigneur de la Principauté
d'Antioche, 279, n. 1.
Richard Cœur-de-Lion, 344, n. 1,
372, n.5, 377.
Richarius. Voy. Richier, Riquier.
Richier de Laigle, 111, n. 4. Voy.
Laigle.
Ricols de Roussillon, chevalier, 187.
Riez (Basses-Alpes), 116, n. 4 ; —
(évéché de), ibid. ; — (évéque de).
Voy. Auger.
Riocus. Voy. Musullacensis domi-
nus.
RipolL (monastère d<), en Espagne
(Catalogne), 397, n. 2.
Riquier (Saint). 125, 126.
Ris (Puy-de-Dôme), 129, n. 4 ;
— (prieuré de), ibid.
Rivius, Rivis. Voy. Ris.
Robert /", duc de Normandie, 250.
— Robert II, dit Courte-Heuse,
73, n. 1, 274, 275, n. 6, 332, n. 4.
Robert, évéque de Coutances, 71,
n 5.
Robert, évéque de Séez, 247.
Robert, fondateur de l'église parois-
siale de Bourbourg, 121. Voy.
Bourhourg.
Robert, maître d'œuvre de l'église
cathédrale de Saint-Jacques de
Compostelle,397, 406 ; — (origine
française de), ibid., n. 6.
Robert, roi de France, 8, n. 1, 24,
55, 62, n. 3 et 4. 80, 84.
Robert (Saint), abbé de la Chaise-
Dieu, 23, n. 4, 187, 188,243, n. 3,
248. n. 3.
Robert Blancard, moine de Mar-
moutier. 195.
Robert d'Arhrissel (ou d'i4r/)ressec),
309. 311, 362, n. 3.
Robert de Belléme, 273-278. Voy.
Belléme.
Robert de Blois, abbé de Marmou-
tier, 325.
Robert de Blois, abbé de Saint-
Florent-lez-Saumur, 17.
Robert de Bonneval, prieur de Mar-
mouticr, 325.
Robert de Boulogne, moine de Mar-
moutier. 195.
Robert de Bourgogne, évéque de
T.angres, 331, n. 4.
Robert de Grand-Mesnil, 150, 151.
Voy. Grand-Mesnil.
Robert de Mégrit, abbé de Mar-
moutier. 325.
Robert de Molesme, seigneur. 295.
Robert de Toriqni, abbé du Mont-
Saint-Michel,'246, n. 2, 333, n. 5.
Robert Fitz-Haimon, 364, n. 2.
Robert Guiscard, duc de Pouille et
de Calabre, 72, n. 1, 177, 178, n. 1.
Robertus. Voy. Robert.
Roca (castellum de), 352. Voy.
Roche-Canillac (La). Voy. aussi
Adémar de la Roche.
Rocha Cerveria, castellum. Voy.
Rocheseroière (La).
Roche-Canillac (La). — (Corrèze), —
352, n. 2 ; — (bourg de), ibid. ; —
(château de), ibid.
Roche-Guyon (château de la), —
Seine-ct-Oise). — 99. n. 3, 277, n.
3,334,336. Voy. Rupes Guidonis.
Roche-Mabile (La), — (Orne), — 274.
Voy. Rupis de lalgeio.
Rochelle (La), 386 ; — (pont'iie),
108, n. 2. Voy. aussi Isembert.
Rocheservière (Vendée), 186, n. 3 ;
442
TABLE ALPHABÉTIQUE
— (château de), 186 ; — (seigneur
de). Voy. Renaud Chabot.
Rochester (Angleterre), 247, n. 2,
33S, n. 4 ; — (donjon épiscopal
de), ibid. ; — (évêque de). Voy.
Gundulphe.
Rodbertus. Voy. Robert.
/iodes (évêque de). Voy. Gérald.
Rodgerius. Voy. Roger.
Rodulfus. Voy. Rudolf.
Roger, abbé de Moissac, 149.
Roger, artiste verrier de Reims, 191
Roger, évêque de Salisbury, 81, n.
1, 337, 338, n. 1; — (constructions
de), ibid.
Roger de Railleul, abbé du Rec,
247, n. 5.
Rogerius, Rogerus. Voy. Roger.
Romain (tour de Saint-), à la cathé-
drale de Rouen. Voy. Rouen;
— (translation des reliques de
saint), 250, n. 3.
Romainmôtier (Suisse, cant. de
Vaud), 128, n. 8 ; - (prieuré de),
ibid., 128.
Romains {Les), 172, n. 2 212.
Romanensis ecclesia. Voy. Romans.
Romania, 34, 38.
Romans (Drôme), 143. n. 2 ; —
(église de Saint-Rarnard de), 142,
143.
Ronianum monasterium. Voy.
Romainmôtier.
Rome, 2, 26, 31, n. 2. 38, n. 1, 219,
273 n 4 ; —(coupole du Panthéon,
à) 29, n. 1 : — (église de Saint-
Pierre, à), 273, n. 4, ses dimen-
sions, ibid.; — (tombeau de saint
Pierre, à), 31, n. 2.
Ronceray (abbaye de bénédictines
du), à Angers, 73, n. 2.
Ro.-ier. Voy. Odon de Roser, prieur
de Madiran.
Rossilio Voy. Roussillon {seigneu-
rie de), en Forez.
Rossilionis comitatus, 115. Voy.
Rousillon {comté du).
Rosso, fluvius. Voy. Arros {L').
Roslagnus. Voy. Rostaing, Rostan
de Fos.
Rostaing. évoque d'Avignon. 365.
Rostan de Fos (ou d'Hi/ères), arche-
vêque d'Aix. 202, 203.
Rotbertus. Voy. Robertus.
Rolenica patria, Rotenicus pagus.
Voy. Rauergue {Le).
Rothoncnse monasterium. Voy.
Redon (abbaye de Saint-Sauveur
de).
Rotomagus, Rotomagensis urbs.
Voy. Rouen.
Rotrou de Warwick, évêque d'E-
vreux.373, n. 2.
Rouen, 71, 249, 274, 276, 332 ; — (ar-
chevêquesde).Voy. Geoffroi. Guil-
laume Bonne-Ame, Hugue d'A-
miens, Jean de Bayeùx, Ouen
{Saint) ; — (baptistère de), 249,
250: — (cathédrale de), 73, 249.
250; — (forlificationsde),332,n. 1 ;
— (monument funéraire d'arche-
vêquede), 249 ; — (palaisarohiépis-
copal de). 2 49, 250 ; — (palais du-
cal de), 331,332; —(tour de Saint-
Romain, à) 73. n. 6 ; — (transla-
tion des restes de saint Romain),
250. Voy. Rotomagus.
Rouergue (Le), 47, 48, 49. 105, 238 ;
— (seigneuries du), 49, n 2.
Roussillon (comté, pays du), 114,
152, 200. n. 4 ; — (églises fortifiées
du). 114 ; — (zones de protection
autour des églises du), 114-116.
Roussillon (seigneurie de), dans le
Forez, 1S8. n. 1. Voy. Rossilio ;
voy aussi Ricols de Roussillon.
Rudalt, fils d'Orscand le Grand,
évêque de Vannes, 53, 54. Voy.
Orscand.
Rudela, promontorium. Voy. Ro-
chelle [La).
Rudolf, abbé de Saint-Trond, 157,
n. 1. 161 , n. 2.
Rudolf, ciseleur, artiste dans l'art
du métal fondu, 38.
Ruissac (Gorrèze), 14.
Rupe Fuicaudi (Stephanus de).
Voy Etienne de la Rochefoucauld,
abbé de Saint-Florent-lez-Sau-
mur.
Rupert, écrivain ecclésiastique, 313,
n. 4.
Rupes Guidonis, castrum. 336.
Voy. Roche-Guyon (La)
Rupis de lalgeio, 274. Voy. Roche-
Mabile (La).
Rusebouc (Maine-et-Loire), 299,
300 ; — (écluse de), ibid.
Russilionensis comilatus Voy.
Roussillon (comté du).
Rustique, évêque de Glermont, 56,
n. 2
Rutenensis episcopus. Voy. Rodez.
Sablé (Sarthe), 23, n. 4 ; — (église
de), ibid.
Sablonceaux (Charente-Inférieure),
377 ; — (abbatiale de), ibid.
TABLE ALPHABÉTIQUE
443
Sabluncellis (ecclesia de). Voy. Sa-
blonceaux.
Sabrina, fluvius Angliae. Voy.
Saverne (La.).
Sagieiisis épiscopiis. Voy. Séez.
Saint- Agricul- et -Saint- Vital, vo-
cable ancien Joint à celui de
Notre-Dame, cathédrale de Gler-
niont. Voy. Clermont.
Saint-Aignan (église de), à Orléans.
Voy. Orléans.
Saint- Ambroise (église de). Voy.
Milan.
Saint Ambroix (collégiale de), à
Bourges. Voy. Bourges
Saint-André [éghse paroissiale de),
à Grenoble. Voy. Grenoble.
Saint-.\ndré (église paroissiale de),
à Morlaas. Voy. Mo Lias.
Saint- Auberl (monastère de), à Cam-
brai. Voy. Cambrai.
Saint-Aubin (abbaye de), à Angers.
Voy. Angers. — (prieuré de l'ab-
baye de). Voy. Malicorne.
Saint-Augustin (monastère de), à
Cantorbéry. Voy. Cantorbéry.
Saint-Barnurd (abbaye de), à Ro-
mans. Voy. Bomans.
Sainl-Barlhélemy (abbaye de), à
Noyon. Voj . Noyon.
Saint- Bénigne (église abbatiale de),
Voy. Dijon.
Saint- Benoit-du-Saull (Indre), 6.
Voy Sault [château du).
Saint-Benoit-sur-Loire (abbatiale
de). Voy. Fleury-sur-Loire.
Saint-Berlin (abbaye de), 117; —
(église abbatiale, cloître et bâti-
ments de), reconstruction et dé-
coration, 117-123 ; — (abbés de).
Voy. 118, n. 1, 1 19-123, 3.S9. Voy.
aussi Bovon, Godescalque. Héri-
berl,Jean d' Ypres. Lambert, Léon
de Furnes, Odland, Simon ; —
(chapelle de Notre-Dame, dans
l'abbaye de), 120 ; — (moulinsde),
119, n 4 ; — (pont de pierre,
construit sous la direction des
abbésde), 1 18; — (portede). modèle
de celle de l'abbaye dAndres,
387-389 : — (travau.\ d'art en
pierre, en métal, en bois, et d'hy-
draulique accomplis par les soins
des abbés de), 118-123 ; — (tom-
beau du patron de), 122, n. 3. 'V'oy.
Sithiense monasterium.
Saint-Bonnet-V Enfantier (Corrèze),
15, n. 2.
Saint-Cado (Morbihan), prieuré de
l'abbaye de Sainte-Croix de Quim-
perlé, 53, n. 2 ; — village et île
8urrEtel,en Belz (même départ.),
53, 54, n. 1. Voy. Sancti Catuodi
[insula, villa].
Saint-CaUiis (chapelle de), au châ-
teau de Hlois, 237, n 5. Voy.
Sancti Carilephi [ecclesia], decas-
lelleto HIesensi. Voy. aussi Blois.
Saint-Calais (Sarthe), 162, n. 3, 237,
n. 4 — (abbaye de), 198, n. 3, 237.
Voy. Sancti Carilefi monasterium.
Voy. aussi Adélelme, Geo/f'roi,
Guillaume de Sainl-Calais, Payen
(le Sainl-Ciilais.
Saint-Céneri-le-Gerei (Orne). 274,
n. 10 ; — (château de). 274.
Saint-Chaffre-du-Monaslier (abba-
tiale de), 233, 234. n. 1. 235, n.l. Voy.
Sancti Theofredi monasterium.
Saint-Christaud-de- Volvestre (Hau-
te-Garonne), 179. Voy Sancti
Christolori ecclesia.
Saint-Christophe (église de), à Pa-
ris. Voy Paris.
Saint-Christophe de Daignac (église
de), — Gironde — . Voy. Daignac.
Saint-Cyprien (abbaye de), à Poi-
tiers Voy. Poitiers
Saint-Côme-de-Ver (Sarthe). Voy.
Ver.
Sam<-Cj/r (cathédrale de), à Nevers.
Voy Nevers.
Saint-Denis (Seine), — (abbatiale
de) : colonnes, 38, n. 1, 66, n 5,
crypte, 9, n. 3, 218. n. 1, con-
frérie, 341, n. 3, fabrique, 350,
n. 3 ; — (foire du Lendit, à), 350,
n. 3. Voy. Suger.
Saint-Denis (église de), à Reims
Voy. Beims.
Saini-Denis (monastère de) à No-
gent-le-Rotrou. Voy. Nogent-le-
Botrou.
Saint-Denis, Sainl-Buslique et Saint-
Eleuthère (église de), à F'Ieury-
sur-Loire, 55, n. 3. Voy. Fleury-
sur-Loire.
Sainl-des-Saints (chapelle du), dans
l'abbaye de Lérins, 231. Voy.
Lérins.
Saint-Donatien (église de), à Bruges.
Voy. Bruges.
Sainl-Élienne (cathédrale), à Au-
xerre Voy Auxerre.
Saint-Etienne (abbatiale de) , à
Beauvais. Voy. Beauvais.
Saint-Élienne abbatiale de) , à
Caen. Voy Caen.
Saint-Élienne (abbatiale de), à Ne-
vers. Voy Nevers.
Saint- Étienne-le- Vieux (église de),
à Paris. Voy. Paris.
444
TABLE ALPHABÉTIQUE
Saint-Evroul d'Ouche (monastère
de), 149, 151, n. 1 Voy Saint-
Evroult-Notre-Dame-du-Bois.
Saint-EvrouU- Notre- Dame-du-Bois
(Orne), 150, n. 2.
Saint-Facile (église de), à Luçé.
Voy. Lucé.
^aint-Firmin (basilique de), vocable
ancien appliqué à la cathédrale
d'Amiens, désignée le plus sou-
vent sous le vocable de Notre-
Dame, 322, n. 3. Voy. Amiens.
Saint-Florent-le- Vieil (Maine-et-
Loire), 16, 20, n. 6 ; — (abbaye
de), 16, 20, n. 6, 21, n. 2 ; —(châ-
teau de), 20, n. 6. Voy. Mont-
Glonp.e
Saint-Flnrent-lez-Saumur (Maine-
et-Loire): — (abbaye de), construc-
tion et décoration, 16-23, 35, n.
2. 135, n. 11, 154 ; — (abbés de).
Voy. Etienne de La Rochefou-
cauld. Even, Frédéric de Tours,
Froger de Saint-Louand, Géraud
de Thouars, Mathieu de Loudun,
Maynier, Raoul, Sigon\ — (chapelle
de l'infirmerie, à). 23 ; — (prieur
de). Voy. Létard ; — (relations de),
avec l'abbaye de Saint-Mélainede
Rennes), 154,155. Voy. aussi Sau-
mur.
Saint-Front (église collégiale de),
à Périgueux. Voy. Périgueux.
Saint-Gall (plan de labbaye de),
42, n. 4, 133, ni;— (abbé de).
Voy. Gozbert.
Saint-Genès (Puy-de-Dôme), 188,
n. 2
Saint-Genest (Puy-de-Dôme), 188,
n. 2.
Saint-Genêt- Lerpt (Loire), 188, n.
2.
Saint- Genet-Malif aux (Loire), 188,
n. 2.
Saint-Georges (église canoniale de) ,
chapelle comtale, à Vendôme.
Voy. Vendôme.
Saint-Georges (église de), à Bos-
cherville. Voy Roscherville.
Saint-Georges (église de), dépen-
dance du monastère de Vierzon
(Cher), 58, n. 1.
Saint-Géraud (abbaye de), à Auril-
lac. Voy. Aurillac.
Sainl-Germer (église abbatiale de),
316
Saint-Gilles (Gard), 116 ; — (con-
cile de), 176. n. 2.
Saint-Gilles (chapelle de), au monas-
tère de Saint-Hubert (Belgique).
Voy. Saint-Hubert.
Saint- Guilhem- le- Désert (abbaye
de), — Hérault, — 109 ; — (accord
conclu, pour la construction d'un
pont, entre les abbés d'Aniane et
de), 109-111 ; - (abbe de). Voy.
Gauf'red. Voy. aussi Gellone.
Saint-Hilaire (collégiale de), à Poi-
tiers. Voy. Poitiers.
Saint-Hilaire-des-Loges (Vendée),
200, 341, n. 3. Voy. Saint-Hilaire-
sur-l' Autise.
Saint-Hilaire-Saint-Florent (Maine-
et-Loire), 19, n. 3.
Saint-Hilaire-sur-l' Autise (église pa-
roissiale de). Voy. Saint-Hilaire-
des-Loges.
Saint-Honorat (église de), dans l'ab-
baye de Lérins, 231, n. 3 ; —
(île de), 229. Voy. Lérins {abbaye
de).
Saint-Honorat (prieuré de), à Arles.
Voy. Arles.
Saint-Hubert (Belgique, prov. de
Luxembourg), 191, n. 4 ; — (ab-
baye de Saint-Hubert d'Ardenne),
191-193, travaux de reconstruc-
tion et de décoration, ibid.; —
(abbé de). Voy. Thierri; — iclia-
pelle de Saint-Gilles,' au monas-
tère de), 192 ; — (vitraux de l'é-
glise abbatiale de). Voy. Roger.
Saint- 1 renée {église de) Voy. Lyon.
Saint-Jacques (cathédrale, de), à
Compostelle. Voy. Compostelle-
Saint-Jean (abbayede),àLaon. Voy-
Gérard de Quierzy, Laon
Saint-lean (église de), dans l'île
d'Aix, — Charente-Infé'rieure ; —
(île d'). Voy. Aix.
Saint-Jean (paroisse de), à Nevers.
Voy. Nevers.
Saint-Jean-Baptiste (baptistère de),
à Aix. Voy. Aix (Provence).
Saint-Jean- Baptiste (chapelle de),
dans un cimetière de l'église
cathédrale de Mende. Voy.
Mende.
Saint-Jean-Baptiste (église de), à
Aix. Voy. Ai.T Provence).
Sainl-Jean-Baptiste (église de), à la
Chaize-le- Vicomte (Vendée).
Saint-Jean d'Ange ly (abbaye de),
— Charente-Inférieure, — 270.
Saint-Jean d'Orbestier (abbaye de).
Voy. Orbestier [Vendée),
Saint- Jean-de-Fos(\\éra\\\i).\Q9,n. 2.
Saint-Jean-du - Gouffre - Noir ( Hé-
rault). Voy. Saint-Jean-de-Fos
(Hérault).
TABLE ALPHABETIQUE
445
Saint- Jean-de-Montier neuf monas-
tère de), à Poitiers. Voy. Poitiers.
Saint-Jean l'Évangéliste (vocable
de), oratoires appliqués aux reli-
{^ieux de l'ordre de Fontevrault,
^11. \ oy . Fonlevrault.
Sainl-Jouin- de- Marnes (Deux-Sè-
vres), 361, n. 3 ; — (abbaye de),
361-362, 379, n. 1 ; — (église abba-
tiale de) : abside, porche et sculp-
tures, 361, n. 3, constructeur.
Voy. Raoul, moine.
Saint- Julien (cathédrale), au Mans.
Voy. Mans (Le).
Saint -Julien (monastère de), à
Tours. Voy. Tours.
Saint-Julien (paroisse de) , à Tulle
Voy. Tulle.
Saint- Just (abbatiale de), à Lyon,
Voy J Lyon.
Sainl-Làud (collégiale de), à An-
gers^ Voy. Angers.
Saint-Léonard (baptistère de), —
Haute-Vienne, — 82, n. 1.
Saint-Léonard (chapelle de), dans
le cimetière de l'église de Mende.
Voy. Mende.
Saint-Louand (Indre-et-Loire), 23.
Voy. Froger, abbé de Saint-Flo-
rent de Saumur.
Saint-Nicolas (collégiale de), à
Beauvais. Voy. Saint-Lucien {col-
légiale de).
Saint-Lucien, — auj. Saint-Nicolas,
— (collégiale de), à Beauvais. Voy.
Beauvais.
Saint-Macaire-en-Mauges{Mame-el-
Loire, 18, n. 1.
Saint-Maixent (Deux-Sèvres), 378.
Saint^Malo (église de). Voy. Sablé.
Saint-Martial (abbatiale de), à Li-
moges. Voy. Limoges.
.Saint-Martin (abbatiale de), à Tour-
nai. Voy. Tournai.
Saint-Martin (abbaye de), à Mar-
moutiier. Voy. Marmoutier.
Saint-Martin (abbaye de), à Tulle.
Voy. Tulle.
Saint-Martin (château neuf, collé-
giale, place de), à Tours. Voy.
fours.
Saint-Martin (église de), à Loisail.
Voy. Loisail (Orne).
Saint-Martin (église de), à Sancerre.
Voy. Sancerre.
Saint-Martin (.église de), à Sarcé.
Voy. Sarce.
Saint-Martin église de), à Vendôme.
Voy. Vendôme.
Saint-Martin (église de), obédience
de Saint-Savin-en-Lavedan (Hau-
tes-Pyrénées), 190.
Saint-Martin (monastère de), à Dou-
vres (Angleterre). Voy. Douvres.
Saint-Martin (prieuré de), à Layrac.
Voy. Layrac.
Saint-Martin-du-Canigou (monas-
tère de), 24.
Saint-Marlin-la-Bataille (monastère
de), — Battleabbey, — près d'Has-
tings (Angleterre), 194.
Saint- Martin -le ■ Vinoux (Isère),
289 ; — (église de), ibid.
Saint-Maurice (cathédrale de), à An-
gers. Voy. Angers.
Saint-Mayeul, prieuré clunisien, à
Pavie. Voy. Pavie.
Saint-Mélaine (abbaye de), à Rennes.
Voy. Rennes.
Saint-Mesmin (Loiret), ou monas-
tère de Mici : abbé. Voy. Euspice
(Saint).
Saint-Michel-de-Grandmont {prieuré
de). Voy. Grandmont.
Saint-Nazaire (chapelle de), dans
l'île d'Aix. Voy. Aix [île d').
Saint-Nicaise (église de), à Reims.
Voy. Reims.
Saint-Nicolas bourg de), à Morlaas.
Voy. Morlaas.
Saint-Nicolas (église de), près de
Ceton 'Orne). Voy. Ceton.
Saint-Nicolas église monastiquede),
à Caen. Voy. Caen.
Saint-Nicolas (église monastique de),
à Bari (Italie méridionale). Voy,
Bari.
Saint-Nicolas (monastère de) , à
Angers. Voy. Angers.
Saint-Nicolas (prieuré de), à la
Chaize-le-Vicomte. Voy. Chaizé-
le-Vicomte.
Saint-Omer (château de), 120, 392,
n. 5 ; — (église de), 183 ; — (mar-
ché de), 183.
Saint-Orens (prieur de), à Auch.
Voy. Auch.
Saint-Ouen (église de), au Mans.
Voy. Mans (Le).
Saint-Paul (église de), à Londres.
Voy. Londres.
Saint-Paul-Trois-Chàteaux (Drô-
me), 116, n. 4 ; — (évêque de),
ibid.
Saint-Philibert (abbatiale de), à
Tournus. Voy. Tournus.
Saint-Pierre (église abbatiale de),
à Moissac. Voy. Moissac.
Saint-Pierre (abbatiale de), à Ou-
446
TABLE ALPHABÉTIQUE
denbourg. Voy. Oudenbourg.
Saint-Pierre (abbaye de), à Lézat
(Arièire). Voy. Lézat.
Saint-Pierre (église de), dans l'ab-
baye de Saint-Bertin. Voy. Saint-
Berlin.
Saint-Pierre (cathédrale de), à Poi-
tiers. Voy. Poitiers.
Saint-Pierte (église de), à Ceton
(Orne). Voy. Ceton.
Saint Pierre (église de), à Fleury-
sur-Loire. Voy Fleiiry-sur-Loire.
Saint-Pierre (église dej, àMelleray.
Voy. Melleray.
Saint-Pierre (église de), à Rome.
Voy. Rome.
Saint-Pierre (église monastique de),
à Vienne. Voy. Vienne.
Saint-Pierre-sur-Dive{ahbailia\ede),
— Calvados, — 157, n. 2 ; — (abbé
de). Voy. Haimon.
Saint-Pierre et Saint-Paul (église
de), hors la cité de Cantorbéry.
Voy. Cantorbéry.
Saml-Privat (cryptes de), à Mende.
Voy. Privât (Saint).
Saint-Remi (abbatiale de), à Reims.
Voy. Reims.
Saint-Remi (tour de), dépendance
de l'abbaye de Montmajour, 065 ;
— (ville de), ibid. Y oy. Montma-
jour.
Saint-Remi-du-Plain (Sarthe), 278;
— (château de), ibid.
Saint-Riquier (abbaye de), — Som-
me, — 125 ; — (abbés de). Voy.
Gervin, Héric ; — (cloître de la
Trinité, à), 285, n. 1 ; — (crypte
de Notre-Dame et Saint-Riquier
à), |-2'), n. I, 126 ; — (église abba-
tiale de), 125, 126, n. 2, 208, n. 1,
279, n. 3, 285. Voy, Centula.
Saint-Romain (tour de), à la cathé-
drale de Rouen. Voy. Rouen.
Sainl-Romuald (prieuré de), dans
l'île d'Aix. Voy. Aix.
Sainl-Ruf (abbaye de), à Avignon.
Voy. Avignon.
Saint-Salvi (collégiale de), à Albi.
Voy. Albi.
Saint -Saturnin (monastère de),
— Puy-de-Dôme, — 129, n. 8.
Saint-Sauveur (abbaye du), à Redon.
Voy. Redon.
Saint-Sauveur (basilique du), à
Saint-Martial de Limoges. Voy.
Limoges.
Saint-Sauveur (cathédrale du), à
Aix. Voy. Aix.
SAÎnt-Sauveur (église du), sur l'em-
placement de la Psallette, au
Mans. Voy. Mans (Le).
Saint-Sntiveur (monastère du), à
Tiron. Voy. Tiron, Thiron-Gar-
dais.
Saint-Sauveur-en-Rue (Loire), 187 ;
— (prieuré de), dépendance de la
Chaise-Dieu, lh7.
Saint-Sauveur et Sainte-Rictrude
(église de), à Andres. Voy. An-
dres.
Saint-Savin en-Lavedan{ahhayede).
— Hautes-Pyrénées, — 190, 191, rî.
3 ; — (obédience de). Voy. Saint-
Martin {église de).
Saint- Sépulcre (église du), à Jéru-
salem. V^oy. Jérusalem.
Saint-Sépulcre (tour de), à Mague-
lone. Voy. Maguelone.
Saint-Sépulcre-lez-Jaligny (Allier),
107, 108, n.l, 123, n. 4.
Saint-Sernin (église de), à Cieurac
(Lot). Voy. Cieurac.
SainL-Sernin (église de), à Toulouse.
Voy. Toulouse.
Saint-Sylvestre {llaule-Vienne), 353,
n. 1. Voy. Grandmont.
Sainl Symphorien (église de), à
Reims. Voy. Reims.
Saint-Thihéry (Hérault), 110, n. 2.
Saint-Thomas (église de), à Lyon.
Voy. Lyon.
Saint- Thomas{cg\ise du prieuré de),
à Amboise. Voy. Amboise.
Saint-Trond (abbaye de), au dio-
cèse de Liège (Belgique), 20, n. 6,
41, n. 4 ; — (abbatiale de), tra-
vaux de construction, 157 ; —
(abbés de). Voy. Contran, Ru-
dolf, Thietfrid ; — (concouis de
population pour la construction
de l'église de), 157 ; — symbo-
liquearchitecturale, 157, 159, 160.
Voy. Trudonensis abbatia.
Saint-Trophime (église de), à Arles.
Voy. Arles.
Saint-Ursin-de-Moncenoux (monas-
tère de), en Bourbonnais, 187,
n. 4.
Saint-Vaast (église abbatiale de),
208, n. 1.
Saint-Vanne (abbaye de), à Verdun.
Voy. Verdun.
Saint- Victor (abbaye de), à Mar-
seille. Voy. Marseille.
Saint- Victor (abbaye de), à Paris.
Voy. Paris.
Saint-Victor (monastère de), à Ge-
nève. Voy. Genève.
Saint-Vincent (abbaye de), au Mans.
Voy. Mans (Le) .
TABLE ALPHABÉTIQUE
447
Sainl-Vincent (église de), près de
Saumur, 17.
Saint- Wandrille (abbaye de), —
Seine-Inférieure, — 253, n. 4.
Sainls-Forls (le puits des), à Char-
tres. Voy. Chartres.
Sa.inte-Barhe.-e.n- Auge (prieuré de;,
— Calvados —, '24'7, n. 6 ; —
(construction des bâtiments prieu-
raux de), 379-381 ; — (travaux
d'hydraulique, au prieuré de),
ihid. Voy. Hébert chanoine, hy-
draulicien cl constructeur. Voy.
aussi Ecajeul,
Sainte- Colombe (église de), à Licai-
rac. Voy. Licairac (Aude),
Sainte-Croix (cathédrale de), à Or-
léans. Voy. Orlénn.<i.
Sainte-Croix (chapelle de), au mo-
nastère de Lérins. Voy Lérins.
Sainte-Croix (église collégiale de),
à Cambrai. Voy. Cambrai.
Sainte-Croix (paroisse de), dépen-
dant du doyenné de Porhoët
(Morbihan). Voy. Porhoët.
Sainte-Croix (prieuré de) dépen-
dance de l'abbaye du Saint-Sau-
veur de Redon, 53, 198.
Sam/e-JSu.ge/iie (église collégiale de),
à Varzy". Vov. Varzy (Mièvre).
Sainte-Foi (église abbatiale de), à
Conques. Voy. Conques.
Sainte-Foi (église du prieuré de), à
Esclottes. Voy. Esclottes [Gi-
ronde).
Sainte-Foi (prieuré de), à Morlaas.
Voy. Morlaas.
Sainte- Gemme (Charente • Infé-
rieure), 2i8, n. 1. 378, n. 8 ; —
(église du prieuré de), 2i8.
Sainte-Julitte (chapelle de), à
Nevers. Voy. Nevers.
Sainte-Lucie (chapelle de), sur la
crypte de Saint-Privat, à Mende.
Voy. Mende.
Sainte-Marie (cathédrale), à Auch.
Vf)y. Aurh.
Sainte-Marie (église de), à Maes-
tricht. Voy. Maestricht.
Sainte-Marie (église de), à Marseil-
lan. Voy. Marseillan [Gers).
Sainte-Marie (église de), au prieuré
de Correns (Var), 305. Voy. Cor-
rens.
Sainte-Marie (église de), dans l'ab-
baye de Lérins. Voy. Lerms.
Sainte-Marie (église de), dans la
tour, de Saint-Remy, dépendance
de l'abbaye de Montmajour. Voy.
Montmajour.
Sainte-Marie (monastère de), à.
Pomposa. Voy. Pomposa.
Sainte-Marie (tour de), à Mague-
lone. Voy. Maguelone.
Sainte-Opportune (Manche). 253; —
(église de), ibid. Voy. Richard,
fondateur.
Sainte-Scholastique (église de), —
L'^»iret, — 34. Voy. aussi Scholas-
tique.
Sainte-Sophie [hnsilique de). àCons-
tantinople. Voy. Constantinople .
Sainte-Suzanne (Mayenne), 277, n.
7 ; — (camp retranché de), ibid.
Sainte-Thècle [cgUse de), àMende.
Voy. Mende.
Sainte-Trinité (abbaye de la), à
Caen. Voy. Caen.
Sainte-Trinité (abbaye de la), à Fé-
camp. Voy. Fécamp.
Sainte-Trinité (abbaye de la), à Ti-
ron (Eure-et-Loir). Voy. Tiron,
Thiron-Gardais.
Sainte-Trinité (cloître de la), à
Saint-Riquier. Voy. Saint-Ri-
Cfuier.
Samte-Trinité (église abbatiale de
la), à Venoiisc, dans la Basilicate
(Italie). Voy Venouse.
Sainte-Trinité (monastère de la), à
Vendôme. Voy. Vendôme.
Saintes (Charente-Inférieure). 108,
n. 2 ; — (pontde),i7)id , son cons-
tructeur. Voy. Isenibert.
Saintonge 'La), 248, 270, 377, 386.
Salclas, villa, 200, n. 4. Voy. Sat-
iétés.
Salensecastrum.VDy.SaaW(c/iâ<eau
du), près deSainl-Benoît-du-Sault
(Indre).
Salesberia, Salesberiensis ecclesia .
Voy. Salisbury.
Salinis, Salinensis ecclesia. Voy.
Salins.
Salins (Jura), 331 ; — (église de
Notre-Dame, à), 331, n. 1.
Salisbury (cathédrale de), en An-
gleterre, 337, 338 ;— (évê |ues de).
Voy. Osmond, Roger.
Sallèïes (égl se de), dépendance de
l'évéclié d'Elne, 200, n. 4.
Salnuirum, castrum. Voy. Sau-
mur.
Safomon(temple, tabernacle de), 1 20,
n. 4, 185. Voy. Jérusalem.
Saluste. moine de l'abbaye de
Conques, 105. Voy. Conques.
Saluster, Salustius monachus S.
Fidis de Conchis. Voy. Saluste.
Samarie[La), contrée de la Pales-
tine. 135, n. 11.
448
TABLE ALPHABÉTIQUE
Samer-au-Bois (Pas-de-Calais), 394.
Voy. Sancti Vulmari de Nemore
nemus.
Samson, archevêque de Reims, 323,
n. 4
San Isidro (église de), à Léon (Es-
pagne). Voy. Léon.
Sancerre (Cher), 34, n. 7 ; — (église
de Saint-Martin de). Voy. Châ-
teau-Gordon, ibid.
Sanclae Grucis et Sanctorum Cor-
nelii et Gipriani prioratus, per-
tinens ad abbatiam S. Salvatoris
Rothonensem. Voy. Sainte-Croix
{prieuré de), dépendance de Saint-
Sauveur de Redon.
Sanctœ Mariœ atque Sancti Vin-
centii ecclesia, in Gratianopolita-
na civitate. Voy. Notre-Dame
{cathédrale), à Grenoble.
Sanctae Marise et Sancti Audomari
basilica, aped Ardeam. Voy.
Notre-Dame {église de), à Ardres.
Sanctae Mariée et Sancti Richarii
crypta, apud Gentulensem eccle-
siani. Voy. Saint-Riquier.
Sanctaî Mari.e et Sanctorum Agri-
colae et Vitalis monasterium, in
Glaromonte. Voy. Notre-Dame
{cathédrale), à Clermont.
Sanctae Marias et Trinitatis eccle-
sia, apud Villam Sanctae Oportu-
nae. in pago Constantiensi. Voy.
Notre-Dame {église de), à Sainte-
Opportune {Manche),
Sanctae Mariae Sanctique Johannis
Evangelistae atque Sancti An-
dreae Monasterium Novum, Pic-
tavis. Voy. Monlierneuf, Poi-
tiers.
Sanctae Mariae, Sanctique Nicholai
sanctorumque Benedicli atque
Golumbani capella infirmorum,
in monasterio S. Florentii Salmu-
rensi. Voy. Notre-Dame {chapelle
de l'infirmerie de), à V abbaye de
Saint-Florent-lez-Saumur.
Sancti Albini Andegavensis abba-
tia, 264. Voy. Saint-Aubin {abbaye
de), à Angers.
Sancti Ambrosii (ecclesia), in civi-
tate Bituricensi, 103. n. 2. Voy.
Saint- A mhroix .
Sancti Aniani monasterium, inurbe
Aureliana. Voy. Saint-Aignan
{église de), à Orléans.
Sancti Audoeni ecclesia Genomannis,
Saint-Ouen {église de), au Mans.
Sancti Audomari basilica, castrum,
forum rerum venalium. Voy.
Saint^Omer.
Sancti Garilefi monasterium. Voy.
Saint-Calais {Sarthe.)
Sancti Garilephi ecclesia, de castel-
leto Blesensi. Voy. Saint-Calais
{chapelle de), à Blois.
Sancti Gatuodi [insula, villa]. V^oy.
Saint-Cado.
Sancti Cenerici castellum. Vov.
Saint-Céneri-le-Gerei.
Sancti Ghristofori ecclesia. Voy.
Saint-Christaud-de-Volvestre.
Sancti Ebrullî monasterium. Voy-
Saint-Evroul d'Ouche.
Sancti Firmini aîdes, basilica, eccle-
sia. Voy. Amiens {cathédrale d).
Sancti Florentii [senioris] castellum,
monasterium, Voy. Sam<-FZoren<-
le- Vieil.
Sancti Frontonis monasterium,
burgus. Voy. Saint-Front.
Sancti Genesii (parrochia), 188.
Voy. Saint-Genest. Voy. aussi
Saint-Genest, Saint-Genêt.
Sancti Jovini monasterium. Voy.
Saint- Jouin-de-Marnes{abbayede).
Sancti Karilephi monasterium.
Voy. Saint-Calais {Sarthe).
Sancti Loantii locus. Voy. Saint-
Louand {Indre-et-Loire).
Sancti Martini Alayriaci monaste-
rium. Voy. Saint-Marlin {prieuré
de), à Layrac.
Sancti Martini de Bello (abbatia),
apud Hastingas, in Anglia. Voy.
Saint-Martin-la-Bataille [monas-
tère de).
Sancti Melanii monasterium, in
suburbio Redoncnsi. Voy. Saint-
Mélaine (abbaye de).
Sancti Pétri Montis majoris monas-
terium. Voy. Monimajour{abbaye
de).
Sancti Salvatoris et Sanctae Resur-
rectionis ecclesia, Aquis. Voy.
Aix {cathédrale du Saint-Sau-
veur).
Sancti Salvatoris et Sanctœ Rotru-
dis ecclesia Andrensis. Voy.
Saint-Sauveur et Sainte-Rictrude
{église de), à Andres.
Sancti Saturnini ecclesia in loco de
Siurag, in pago Caturcino. Voy.
Saint-Sernin {église de), à Cieu-
rac
Sancti Saturnini monasterium, in
diocesi Glarimontis. Voy. Saint-
Saturnin {Puy-de-Dôme).
Sancti Savini monasterium Levila-
nense. Voy. Saint-Savin-èn-Lave-
dan {abbaye de).
TABLE ALPHABÉTIQUE
449
Sancti Sepulcri a Bello loco (eccle-
sia), in pago Arvernico. Voy.
Siiint-Sépulcre-lez-Jaligny .
Sancli Theofredimonasteiium. Voy.
Saint-ChiijTre du Monastier {ab-
batiale de).
Sancli Viilmari de Nemore nemus.
Voy. Samer-aii-Bois.
Sanctonicus orbis, provincia. Voy.
Saintonge (La).
Sanctorum apostolorum Johannis
et Andreae monaslerium, in su-
burbio Piclaviensi. Voy. Saint-
Jean-de-Montierneuf [monastère
de), à Poitiers.
Santiago de Compostela. Voy. Saint-
Jacqnes [cathédrale de), à Com-
poslelle.
Saône (Sarthp), 278. Voy. Soona.
Sarcé (Sartlie), 23, n. 4 ; — (église
de Saint-Martin de), ibid.
Sarda, en Baz .dais (auj. Gironde).
Voy. Sardani ecclesia.
Sardanapale, 50.
Sardani ecclesia, in page Basatensi.
Voy Sarda.
Saresberiensis. Voy. Salesberia,
Salesberiensis.
SarLit (Dordogne), 147 ; — diocèse
^e), ibid.
Sarlatcnsis diocc^sis. Voy Sarlat.
Sarta, fluvius. Voy. Snrihe [La).
Sarlhe{La), rivière, 280. Voy. Sarta.
Sailli (château du), près de Saint -
Btjnoît-du-SaulL (Indre). Voy.
Salepse castrum.
Saumur (Maine et-Loire), 16 ; —
(château de), IS, 78 ; — (pont de).
2.3; — (ville de), 16, 154. Voy.
Salmurum castrum, Saint-Flo-
rent lez-Saumur [abbaye de).
Voy. aussi Gelduin.
Saumiirois [Le), 96, n. 7, 309.
Sauve-Majeure [La), — Gironde, —
257, n. 5 ; — (abbaye de), fon-
dation, travaux divers, 257-260 ;
— (àbbé dei. Voy. Giraud, son
tombeau, 295, n. 2; — oratoire de
terre, de). 258. Voy. Amaluin,
celli^rier, Simon, prieur .
Sauvetat-de-Savères (Lot-et-Ga-
ronne), 2?9, n. 2.
Sauviltanges (monastère de), —
Puy-de Dôme. --129, n. 5,187,
n.4 Voy. Celsinanias.
Saverne [La), rivière d'Angleterre,
277, n. 4. Voy. Sabrina.
Sa.te [La), 69, n. 5. Voy. Saxonia.
Saxonia. Voy. Saxe [La).
Saxons. Voy. Anglo-Saxons.
Scales. V. Escalles [Pas-de-Calais) .
Scarpe [La), affluent de l'Escaut,
69. Voy. Ischarb.
Scholastique [Sainte), sœur de saint
Benoit, 3i, n. 5. Voy.aussi Sam<e-
Scholastique [église de).
Séez (Orne), 274 ; — (cathédrale de),
215. n. l, piliers, ibid-, tombeau
épiscopal, 274, 280 ; — (évéques
dv). Voy. Radbode, Robert, Ser-
lon d'Orgères.
Seine La), fleuve, 95, n. 4, 336, 345,
319, n. 1.
Selby (abbaye de), en Angleterre
(Yorkshin-), i7, n.l ; —(abbé de).
Voy. Hugue.
Selnessa, Selnessenses. V.Selnesse.
Selnesse (château de), près d'Arras,
180, IM, n. 3.
Semblançay (Hugue de), préchantre
de la cathédrale d'Angers, 83, 85,
n. 6.
Semblanciaco (Hugo de). Voy. Sem-
blançay.
Senaco (prioratus de). Voy. Cènac.
Sentis (cathédrale de), 319, n. 5; —
(tournées de quêteurs pour sub-
venir aux besoins de la construc-
tion de la), ibid.
Sens (archevêque de). Voy. Guil-
laume de Champagne ; — 'cathé-
drale de), 210, n. 2, 221, n. 3. 222,
n. 5, 224, n. 1 et 2, 226, n. 3 ; —
(Chapitre de), 210, n. 2; (dio-
cèse de), 3i0, n. 6 ; — (Guillaume
de), maître d'œuvre à Cautorbéry.
Voy. Guillaume de Sens.
Seqiiana, flumcn. Voy. Seine (La).
Seriiin [Le), affluent de l'Yonne,
99. n. 1.
Sereen. Voy. Serain (Le), rivière.
Serlo. Voy. Serlon.
Serlon d'Orgères, évêque de Séez,
274, 280 ; — (instructions données
pai'), pour la construction de son
tombeau dans la cathédrale de
cette ville, 280.
Sherbornf (Angleterre, comté de
Dorset),339, n. 3;— -(château de),
338, 339. Voy. Sireburna.
Siburge (Sainte), vierge, 214 ; — en-
sevelie dans la cathédrale de Can-
torbéry, ibid.
Sibylle, mère de Philippe, comte
de Flandre et de Vermandois,
2.S7, n. 1. Voy. Cibilia.
Siger, gardien de l'église d'Ouden-
bourg, 171. Voy. Ondenbonrg.
Sigeric, archevêque de Cantorbéry,
220. Voy. Siricus.
Sigon, abbé de Saint-Florent de
saumur, 22, 155, n. 3.
29
450
TABLE ALPHABÉTIQUE
Silvae majoris abbalia. Voy.
Sauve-Majeure (abbaye de la).
Silviniacus, prioratus ordinis Clu-
niacensis, in diocesi Glarimontis.
Voy. Souvigny
Simon, abbé de Saint-Bertin, 122,
n. 1.
Simon, prieur de la Sauve-Majeure,
260
Simon, dit le Chauve, comte d'É-
vreux, 371, 373, n. l.
Sireburna, castellum, in Anglia.
Voy. Sherborne .
Siricus, archiepiscopus Gantuarien-
sis. Voy. Sifferic.
Sithiense[monasterium]. Voy.Samt-
Bertin [abbaye de) ; — Sithiu
(colline de), 119, n. 4.
Siurag, locus in pago Caturcino,
232. Voy. Cieurac.
Soaqes (prieuré de), dépendance de
Chezal-Benoît, en Berry, diocèse
de Bourges, 58, n. 3.
Soaggias. Voy. Soages,
Soissonnais [Le), 290.
Soissons (diocèse de) 370, 371, n. 4 ;
— (évéque de). Voy. Lisiard de
Crespi; voy. aussi, 371, n. 4.
Sonnois {Le), pays du Maine, 278, n.
3.
Soona, castrum. Voy. Saône.
Souvigny (Allier), 60, n. 2; —
(prieuré de), ibid., 129, n. 6 et n.
10. Voy. Silviniacus, Lotsaldus,
monachus.
Spevanum. Voy. Espevan [Maine-
et-Loire).
Spire (Bavière rhénane), 69, n. 5 ; —
(cathédrale de), 69, n. 5.
Stampensis ecclesia, Stampenses.
Voy. Eiampes.
Stavelot. Voy. Poppon [Saint).
Stephanus. Voy. Etienne.
Stiqand (FMdc), seigneur de Mézi-
don, 380, n. 1 ; — (Robert), fils du
précédent, 381.
Stigiae aquae. Voy. Styx [Le).
Slrasboarg (évéque de), 381 ; — rè-
glement des fournitures et ser-
vices dus par la corporation des
<i fèvres » et par celle des charpen-
tiers audit evêque, pour les tra-
vaux du palais épiscopal, 381-
383.
Sly.v[Le),S36.
Sudsexa. Voy. Sus.'iex [Le).
Suétone, auteur delà Vie d'Auguste,
128, n. 5.
Suger, abbé dé Saint-Denis, 27, n.
i, 37, n. 5, 66, n, 3 et n. 5, 159, n.
3,184. n. 1, 276, n, 7, 311, n.l ; —
(jugement de), relatif au luxe des
églises monastiques, 366, n. 3.
Suisse [La), 13, n.l. Voy. Genève,
Payerne, Romainmàtier, Saint-
Gall.
Sully (Maurice de), évéque de Pa-
ris, 72, n. 5, 95, n. 4. Voy. Pa-
ris.
Sulpice, seigneur d'Amboise, 113.
Sulpitius, dominas Ambasiae. Voy.
Sulpice.
Supplicius. Voy. Sulpicius, Sul-
pice.
Snssex [Le), comté d'Angleterre,
193, 194. Voy. Sudsexa.
Sygerus. Voy. Siger.
Syrie (postes d observation en),
274. Voy. Antioche, Mélitène.
Taillefer. Voy. Guillaume Vul-
grin, Taillefer, comtes d'Angou-
lême.
Talmont (Vendée), 334, n.3; — (sei-
gneurie de), ibid. Voy. Thale-
mundi dominium.
Tancarville (chambriers de), 379,
n. 4. Voy. Rabel le Chambrier.
Tancrède de Hauteville, seigneur
normand, 177, n. 4.
Tarbes. Voy. Ponce, évéque.
Tarn[Le), rivière, 103, 104.
Tarnac (Gorrèze). Voy. Ternat.
Tarragone (Espagne, Catalogne),
341, n. 3 ; — (église de), ibid.
Taruanensis parrochia, ïaruenna,
Voy. Thérouanne.
Tauriacum. Voy. Toury.
Ternat (parrechia de), 14. Voy.
Tarnac [Corrèze).
Thalemundi dominium. Voy. Tal-
mont [Vendée).
Thedbaldus. Voy. Thibaut.
Theobald, archevêque de Gantor-
béry, 220.
Theobaldus. Voy. Thibaut, Theo-
bald.
Theodbaldus. Voy. Thibaut.
Theodericus, Theodoricus. Voy.
Thierri.
Théoduin, évéque de Liège, 68, n.
4, 200, n. 4.
Théophile, moine, auteur de la
Schedula diversarum artiuin,
128, n. 6, 156, n. 4.
Thérouanne (Pas-de-Galais), — (ca-
thédrale de), 312, 313, 340 ; —
(évéques de). Voy. Didier, Fol-
quin, Jean de Commines ; — (pa-
TABLE ALPHABÉTIQUE
451
roisse de), 173. Voy. Taruenna.
Voy. aussi Baldéric de Thé-
rouanne, Wautier de Thé-
rounnne.
Thelbaudus. Voy. Thibaut.
Thibaut le Vieux, moine de Mar-
moutier, 195.
Thibaut III, comte de Blois, 236 ;
— Thibaut IV, 336, n. 4 ; — Thi-
baut V, 237, n. 2.
Thibaut, prévôt, moine de Mont-
Glonne, 21. Voy. Mont-Glonne.
Thierri, abbé de Saint-Hubert-d' Ar-
denne, 191.
Thierri, abbé de Saint-Remi de
Reims. 4, 39, 40, 41, n. 1.
Thierri I", duc de Lorraine, 45, n.
1.
Thierri, évêque d'Amiens, 157, n. 2.
Thietfrid, abbé de Saint-Trond,
159.
Thietmar, maître d'oeuvre, 38, n.
2.
Thionne (paroisse de), — Allier, —
108, n. 1.
Thiron-Gardais (Eure-et-L o i r).
Voy. Tiron [monastère du Saint-
Sauveur de).
Thoarcences, Thoarcensis vice-
comes. Voy. Thouars, Thoua-
rais {Le).
Thoarcii castellum. Voy. Thouars.
Thoerii fluvius. Voy. Thouet {Le).
Tholosa. Voy. Toulouse.
Thomas, abbé de Morigni, 340, n.
7, 341.
Thomas Becfcet, archevêque de Can-
torbéry, 210, n. 2, 213, n. 2, 215,
218. n. 2, 220, 221, n. 1 ; —(cha-
pelle de), dans la cathédrale de
Cantorbéry, 224, n. 2.
Thouarais [Le), 19, n. 3.
T/iouars (Deux-Sèvres), 20, n, 1; —
(château de), ibid ; — (vicomtes
de). Voy. Aimeri IV, Herbert.
Voy. aussi Géraud de Thouars.
Thouet (Le), affluent de la Loire,
19, n. 3. Voy. Thoerii fluvius.
Thro (chapelle du Saint-Sauveur, à)
52 ; — (château de), 51. Voy. Chà-
teau-Josselin (Morbihan).
Tiron (monastère du Saint-Sauveur
de la Sainte-Trinité de), 274, 279,
280 ; — (ateliers monastiques de),
279, n. 3.
Toarcensis. Voy. Thoarcensis vice-
comes.
Tociacum, castrumepiscopale. Voy.
Toucy.
ToUevia. Voy. Touvoie.
Tolosa. Voy. Toulouse.
Tongres (Belgique, prov. de Lim-
bourg), 158, n. 1.
Torinneium, oppidum, municipium.
Voy. Torigni [Manche). Voy . aus-
si Fulcoius de Torinneio, Motte-
Fulcois (La).
Torigni (Manche), 332, n. 4 ; —
(château de), ibid; — (Robert de),
abbé du Mont-Saint-Michel, 246,
n. 2.
Tornehem. Voy. Tournehem.
Tornacensis civitas, parrochia, pro-
vincia. V^oy. Tournai, Tournai-
sis{Le).
Toucy (Yonne), 98, n. 2 ; — (sei-
gneur de). Voy. Hugue de Tou-
cy. Voy. aussi Guillaume de Tou-
cy, évéque d'Auxerre.
Toulouges, près de Perpignan
(Pyrénées-Orientales), 113, n. 7 ; —
^statuts du concile de), relatifs aux
églises fortifiées, aux zones de
protection autour des églises, à
la protection des habitations ru-
rales, 113-115, 176, n. 2. Voy Tu-
lugiense pratum, Tuluges, Tu-
lujes.
Toulouse, 112, n. 4, 261, 283 ; —
(comte de). Voy. Alphonse Jour-
dain ; - (église abbatiale deSaint-
Sernin, à), consécration, 238, n.
4, 262, n. 4, construction, état
d'avancement, 260-262, rapports
de son architecture avec celle
de Saint-Martial de Limoges,
de Sainte-Foi de Conques et de
Saint-Jacques de Gompostelle,
397, n. 1, 399, n. 3, 400, n. 4,
sculptures, 397 ; — (Chapitre de),
283 ; — (chanoine « ouvrier » de).
Voy. Ponce ; — (maison d'hôpi-
tal des clercs pauvres de), 261,
363 ; — (musée de) : bas-reliefs
provenant de Saint-èernin, 404, n.
1 ; — (pays de), 48, 146; — (prévôt
de). Voy. Raimond Guairard, son
tombeau, 261,264.
Touraine (diffusion de l'ordre de
Fontevrault en), 312, n. 1.
Tournai (Belgique, prov. de Hai-
naut), 394 ; — (abbatiale de Saint-
Martin de), 289. 290 ; — (évêché
de), 127, n. 1 ; — (évêque de).
Voy. Radbode ; — (pierres et
marbres du pays de), 173, 394,
Tournaisis [Le), 172, 181, n. 4, 290.
Tournehem (Pas-de-Calais), 392, n.
5.
Tournus (Saône-et-Loire), 31, n. 1,
246, n.l ; — (abbatiale de Saint-
Philibert de) : narthex, ibid.
432
TABLE ALPHABÉTIQUE
Tours (archevêques de). Voy. Gal-
ber', Hildebert de Lavardin, Hu-
Jfue, — basilique de Saint-Martin
de), 56, n. 2, 297 ; — (château neuf
de Saint-Martin de), 297,346, n.l;
— (comte de). Voy. Eude II; —
(monastère de Saint-Julien de),
36, n. 3 ; — (pays de), 2, 320 ; —
(place de Saint-Martin de), 298,
n. 1 ; — (pont de), 102, 103 ; —
(ville de), 18, 23, 78, 102, 112, n.
4, 113, n. 1. Voy. Odolric. moine,
artiste. Voy. aussi Grégoire de
Tours.
Toury (Eure-et-Loir), 337, n. 1.
Voy. Tauriacum.
Touvoie (Sarthe), 167, n. 4. Voy.
Tollevia.
J>;<_/an, empereur. 270, n. 1.
Treheguer. Voy. Tréhigaier.
Tréhiguier Morbihan), 280,281.
Trez ( Morbihan) , près de Tré higuier,
28t.
Tria. Voy. Trye-Château.
Trie. Voy. Trye-Chiteau.
Tripoli (archevêque de). Voy. Al-
bert.
Tris-and, abbé de Saint-Mélaine
de Rennes, 155, n. 1. Voy. Saint-
Mélaine (abbaye de).
Troarn (abbaye de), — Calvados, —
Voy. Désert [Le).
Troyes (palais comtal de), 2^7, n. 6.
Truberl (Pierre), artiste mosaïste,
355, n. 5
Trildonensis abbatia. Voy. Saint-
Trond abbaye de).
Trye-Chiteau (Oiseï, 277.
Tuciacensis (Guillelmus). Voy.
Toucy.
Tulle (abbaye Saint-Martin de),
13, 51, n. 3, 352; — (abbésde). Voy.
Eble, Guillaume ; — (paroisse
Saint-Julien de), 15, n. 4. Voy.
Tulela.
Tu luges, Tulujes. Voy. Toulouges.
Tuluf^iense pratum. Voy. Tou-
louges.
Turci. Voy. Turcomans.
Turcomans, 279; — (émir des).
Voy. Danismand. '
Turje (donjon de la), 386, n. 2. Voy.
Châlel-Aillon.
Turstan, archevêque d'York, 214.
Tur^itin Ilaldup, fondateur de
l'église de Sainte-Opportune
(Manche). Voy. Richard.
Tulbury (Anj^leterre, comté de
Stiill'ord), 157, n. 2 ; — (prieuré
de), dépendance de l'abbaye de
Saint-Pierre-sur-Dive, ibid.
Tutela,Tutelense monasterium.Vov
Tulle.
u
Ulger, évêque d'Angers. 85, n. 5.
Ulrich, moine allemand, de la Con-
grégation de Cluny, rédacteurdes
Aniiquiores consuetudines Clu-
niacensls monaslerii, 132, n. 1.
Ultus, fluvius, in Britannia. Voy.
Oiist [L)
Urbain II, pape, 238, n 4, 254, n.
2, 264, n. 4, 273, n. 4, 284, 289.
Ursmer [Saint , 168, n. 1,
Uticum, Uticensis pagus. Voy.
Ouche.
Vadum Nigasii. Voy. Gasny,
Valenciennes (charte de paix de),
183, n. 1 ; — (marché de , ibid.
Valentinien II, empereur, 96, n.
7.
Valerius, moine, artiste verrier, à
l'abbaye de Saint-Mélaine de
Rennes, 155, n. 4, 156.
Valespir (comté du), 116, n. 2 ; —
(églises fortifiées du), 114-116 ; —
(zones de protection autour des
églises du), ibid.
Vallispiriensis comitatus. Voy.
Valespir.
Vannes (diocèse de), 280 ; —
(évcques de). Voy. Morven, Or.s-
cand
Vars (Charente). 316.
Varucuin. Voy. Vars.
Varziacum, ca^trum episcopale.
Voy. Varzy.
Varzy (Yonne), 98, n. 4 ; — (église
collégiale de Sainte-Eugénie, à),
93, n. 3.
Vasatensis episcopus. Voy. Bazas.
Vatan. Voy. Evrard de Vatan.
Vëgèce, 92, 96, n. 7.
Vegelius Renatus. Voy. Végèce.
Vehty (Le). 233 ; — (influence de
l'architecture bourguignonne et
poitevine dans des églises du),
2.35, n. t.
Vendôme (abbaye de la Trinité de),
111, 112 n. 3, 292:— (abbé de).
Voy. Geoffroi ; — (chapelle com-
tale de , 112 ; — (église de Saint-
Georges, à', 111,112;— (église
de Saint-Martin, à\ 112 ; — (for-
mation de la ville de), 111, 112; —
TABLE ALPHABÉTIQUE
453
(^vicomte de). Voy. Hubert de Ven-
dôme, Vindocinum caslrum. Voy.
aussi Jean, moine, maître d'œuvre.
Vendômois (l.e), 237, n. 4, 286.
Venctenses episcopi. Voy. Vannes.
Venosa. Voy. Venouse.
Venouse (abbatiale de la Trinité
de), — Italie (Basilicate), — 72, n. 1,
177.
Venusina (urbs). Voy. Venouse.
Ver (ecclesiade). Voy. Samt-Côme-
de-Ver.
Verdun (Meuse), 44; — (abbaye de
Saint-Vanne, à), 44 ; — fabbé de).
Voy. Richard. Voy. aussi Eus-
pice {Saint).
Vermandoi/t (Le). Voy. Philippe,
comte d'Alsace, d'Amiens et de
Vermandois.
Vernon (Eure), 333, n. 9 ; — (tour
de), ibid.
Vexin (châteaux forts du), 274, 332,
333.
Vézelay (église de la Madeleine de),
32, n. 2, 244, n. 1. Voy. Vizeliaco
(ecclesia de).
Vicenonia. (luvius, in Britannia.
Voy Vilaine (La).
Vienne (Isère), 86, 143, 360 ; — (ar-
chevêque de). Voy. Léger ; —
(atelier de tisseuses d'or, à), 87 ;
— (cathédrale de], reconstruction,
ornementation, 86, 87, 269, n. 4 ;
— (diocèse de), 360, 361 ; — (édi-
fice destiné à recueillir les étran-
gers, les pèlerins), 87 ; — (mai-
sons du cloître de), 86, 87 ; — mo-
nastère de Saint-Pierre, à), 87.
Voy. aussi Ilerard, moine ; —
(tombeau archiépiscopal, à), 86.
Vienn'' (Girard de). Voy. Girard
de Vienne, seigneur du Berry.
Viennois églises fortifiées du), 116-
117; — (zones de protection au-
tour des églises du), 116 117.
Vierzon (Cher), 57 ; — (monastère
de). 58, n. 1, n. 2 ; — (dépendance
dudit monastère de). Voy. Saint-
Georges {église de). Voy. Virsio-
nense monasterium.
Vignals (Calvados), 274. Voy. Vina-
cium.
Vilaine (La), rivière, 280, 281. Voy.
Vicenonia.
Villa abbatis. Voy. Villabé {Loi-
ret).
Villa Belfordii, Berfoldii. capella.
Voy. Villeherfol {Loir-et-Cher).
Villabé (Loiret), 34, n. 3.
Villa Piscor (Herveus de). Voy.
Hervé de ViÙepreux.
Villa Prati. Voy. Kerprat (Mor-
bihan).
Villa Romanorum. Voy. Magouer-
en Belz {Morbihan) .
Villaines-sous-Lucé (Sarthe), 299,
n. 1.
Villard de Honnecourt (Album de),
212, n. 1.
Villeberfol (Loir-et-Cher), 175, n.
3 ; — (prieuré de), dépendance de
Marmoulier, 175, 363. Voy. Villa
Belfordii, Berfoldii.
Villefranche, chef-lieu du comté de
Gonflent ;Roussillon), 116, n. 1.
Voy. Villefranrhe-de-Con fient.
Villefranche-de-Conflent, Pyrénées-
Orientales) . 116. n. I.
ViUepreux (prieuré de Marmoutier),
325, n. 1. Voy. Hervé de Ville-
preux.
Vinacium. Voy. Vignals.
Vindocinum castrum, Vindocinen-
ses. Voy. Vendôme.
Viromandia. Voy. Vermandois {Le).
Virsionense monasterium. 58, n. 1.
Voy. Vierzon {monastère de).
Vital, charpentier d'Isigny (Calva-
dos), employé aux travaux de la
cathédrale de Goutances, 144.
Vitriacum, castrum, in pago Aure-
lianensi. Voy. Vitryaux-Loges.
Vitruve, auteur du De Àrchiteçlura,
241, n 1, 376, n. 2.
Vitry-aux- Loges Loiret), 11, n. 5.
Vi«ar,ti.s (Le), églises fortifiées, 117 ;
— (zones de protection autour
des églises du), 116-117.
Viviers (Ardèche), 116, n. 4 ; — (é-
vêché de), ibid.
Vizeliaco (ecclesia S. Mariae Magda-
lenae de), 244, n.l. Voy. Véze-
lay
Volpiano (Italie, prov. de Turin).
Voy. Guillaume {Saint) de Vol-
piano, abbé de Saint-Bénigne de
Dijon.
Voila, monasterium. Voy. Voalte
{La).
Voulte-sur-Rhône {La), — (Ardèche),
— 129, n. 11 ; — (monastère de),
127, 129, n. 11, 130.
Vuido. Voy. Gui.
Vulfad, abbé de Saint-Benoît-sur-
Loire, 9; — abbé de Sainl-Chaf-
fre-du-Monastier, 233, n. 3.
Vulfhelm, archevêque de Gantor-
béry, 214.
Vulfred, archevêque de Gantorbé-
ry, 218.
Vuïgrin, évêque du Mans, 161, n.
4a4
TABLE ALPHABÉTIQUE
Vulgrin Tnillefer II, comte d'An-
goulcme, 373.
Vyace, auteur du Roman de Rou,
275, n. 9, 332, n. 1, 333, n, 6.
Warirt, évêque de Beauvais, 186,
n. 4.
Wasconia. Voy. Gascogne {La.).
Watten (détroit de), 119, n. 4. Voy.
Aa {V).
Watten (monastère de), près de
Dunkerque, 125, 126, n. 2.
Wautier. artiste verrier, 156.
Wavrei, castellum. Voy. Gavrai
(Manche).
Westminster (abbaye de). Voy.
Londres.
Wi (manoir de), dépendance du mo-
nastère de la Bataille, près d'Has-
tings (Angleterre), 198, n. 4. Voy.
Hastings.
Wicart, chanoine de Saint-Jacques
de Compostelle, 406.
Wido. Voy. Gai.
Wigorniensis episcopus. Voy. Wor-
cester.
Wilelmus. Voy. Guillaume.
Wilfrid [Saint], archevêque d'York,
220.
Willelmus, Willielmus, Willermus.
Voy Guillaume.
William, archevè(iue de Cantorbé-
ry, 214.
Winchester (Angleterre, comté de
Hamps), 320.
Wintoniensis urbs. Voy. Win-
chester.
Worcester (Angleterre), 228, n. 4 ; —
(évêque de). Voy. Baldvin.
Worms (Allemagne, Hesse rhé-
nane), 158, n. 2. Voy. Guormatia.
Yonne, rivière, 97, n. 3. Voy.
Icauna.
York (Angleterre, Yorkshire), 214;
— (archevêque d'). Voy. Turstan,
Wilfrid. — Yorkshire, comté, 47,
n. 1.
Ypres (Belgique, prov. de Flandre
occidentale), 120, n. 3. Voy. Guil-
laume d' Ypres, seigneur, Jean
d' Ypres, abbé de Saint-Bertin.
Yram, roi de Tyr, 120.
Ysara. Voy. Isère (L').
Yves, évêque de Chartres, 279. Voy.
Ivo.
Yvré-VEvéque (Sarthe), 164, n. 3,
167. Voy. Ebriacum, Ivriacum.
Zélande (Pays-Bas). Voy. Middel-
bourg.
RÉPERTOIRE ARCHEOLOGIQUE
DES MATIÈRES
Explication des abréviations
{Arch. mil.)
{Arch. urb.)
(Cath.)
{CloUr.)
(G'/iap. cath.)
{Chat.)
{Coll.)
{Dom. coll.)
{Dont, épisc.)
{Dom. mon).
{Dom. seign.)
{Égl. coll.)
{Égl. mon.)
{Égl. par.)
{Égl. prieur.)
{Égl. rur.)
{Man. épisc.)
{Ohéd. mon.)
{Pal. épisc.)
= Architecture militaire.
= Architecture urbaine.
= Cathédrale.
= Cloître.
= Chapitre de cathédrale.
= Château.
= Collégiale.
= Domaine dt- collégiale.
= Domaine épiscopal.
= Domaine monastique.
=: Domaine seigneurial.
= Église collégiale.
= Église monastique.
= Église paroissiale.
=: Église prieurale.
= Église rurale.
= Manoir épiscopal.
:= Obédience monastique.
= Palais épiscopal.
Abside [cath.), 56, n. 4, 79, n.
4, 84, n. 1, 224, n. 2.399, n.2
— {égl. coll.), 116, n. 1 ; -
(égl. mon.), 8, 9, n. 3, 10, 23
57, n. 2, 158, 160, 233, n. 3
331, 355, n. 3, 361, n. 3.
Absidioles {cath.), 56, n. 4, 84
n. l, 214, 215, 218-220,399, n
2 ; — {égl. riion .), 57, n.2.
Accidents du travail dans les
construclions {é l. mon.), 12,
35-37, 127, 130,168, 171, 351,
554. Voy. Salaire.
AciEK (travail de V), 383, 385.
Acoustique des édifices religieux.
Voy. Pots de terre cuite.
Affranchissement d'un serf lia-
bile dans la peinture [dom.
mon.), 264, 265. Voy. Se'<fs.
Aides d'artisans : aide-maçon,
170.
Aiguières, 384.
AÎTRE, 41, n. 6, 75, n. 3, 207, 208,
251, 326.
ALlGNliMENT. Voy . CoRDEAU, PA-
lissades.
Ambon, 213
Ampoule, 328, n. 1.
Appareil de la construction
romane en général, 33, n. 4;
— (grand), 40, 92, 94, 327, 354,
392; — (moyen), 75, 172, n. 1,
à joints fins et à pierres layées
sur les faces, 207, n. 2, 238,
436
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
n. 5 : —(petit), 22, n. 4, 71,
84, n. 1, 93, 172, n. 1, 182,
n. 2. Voy. Coupe des pierres.
Marbre, Pierres, Règle.
Appentis. Voy. Galerie.
Apprentissage, 70, 307. Voy. aussi
Enseignements d'arts.
Aqueducs. Voy. Hydraulique
(travaux d').
Arc triomphal fcaf/i.), 162'; —
[égl. mon.), 140, 169,317, 371,
n. 3 ; — arcs, arcades {cath.),
71,73, n. 6, 213, 214, 216,218,
220-222, 224, n. 1, 225, 228,
319, 399, n. 4 ; — {égl. mon.),
23, 41,158, 318,354; — arcades
peintes (mo«as<.), 265, n. 1 ; —
arcade de salle capitulaire {mo-
nast.),30't; — arcs surhaussés,
163, n. 2.
Archaïsme {égl. mon.), 35, n. 4.
Archères (enceinte d'un donjon),
337, n. 2.
Architectes, 33, 38, n. 2, 41, 69,
n. 5, 105, 127, n. 1, 166,
202, 206, 211, 221-22.">, 227,
231, 235, 274-276, 343, 353,
354, 387, 392, 397, 406 ; —
(appel, consultation d'). Voy.
Convocation. Voy. aussi Cha-
noines et Clercs construc-
teurs. Devis, Fixation a l'a-
vance de sommes. Louage,
Maçons, Moines constructeurs.
ABCHfvoLTES {calh.), 216, n. 4,
221, n.3, 403, n.l.
Ardoise (couverture d'), sur des
tours {arch. mil., urb.), 99. n.
2.
Argent (travail de l'i, 383. Voy.
aussi Calices, Chaînettes, Ci-
BORiUM, Couronnes de lumière,
Encensoir, Nielle, ,Reliquai-
UEs, Statues, Vases.
Armures antiques, 181, n. 3.
Armuriers, 382.
Artisans, devenus serfs de monas-
tères, en reconnaissance d'une
guéiison extraordinaire, 35,36,
144 ; — groupés par métiers,
381-38'{ ; — par quiirtiers et
par rues, 279, n. 3. Voy. aussi
Artistes, Maîtrises d'offices.
Artistes, constructeurs, peintres
(continuation des fonctionsd'),
dans une même famille, 264,
265, 289 ; — venus de la Lom-
bardie pour la construction,
la décoration de monuments
conventuels, 26, n. 2, 29, n.2,
38 ; — émancipé du servage
et reçu frère convers dans
une abbaye, en récompense
de ses services comme peintre.
145, n. 3, 264, 265. Voy. Métiers
et Arts divers.
Asiles autour des églises 114-
117, 176, n. 2, 251, n. 1 ; —
(clochers ou tours d'églises
servant, en cas de guerre, d'),
364, n.2; — fortifiés, 20, n.
6. Voy. Bornage.
Assiettes {monasL), 137, 172,
267 ; — ou piatsde métal (pa/.
épisc), 383.
Associations pieuses pour la
construction, la réparation ou
la décoration d'églises. Voy.
Contribution, Coopération.
Ateliers {monast.), bâtiments
divers de moines, de convers,
21, n. 3, 46, 47, 59, 60, 112,
119, 120, 139, 149, 209, 235,
245, 246, n. 1, 247, 258, 273,
274,279,295,301, 324,380; —
attenant à une cathédrale, à un
palais épiscopal, 72, 90, 286 ;
— de femmes pour le tissage
d'or, 87 ; — de ville neuve,
282, 283.
Atrium, avant-nef d'église
monastique, aitre d'église ca-
thédrale, paroissiale, 75, n. 3,
136, 158, 207, 208, 251, 268,
314. Voy. Narthex, Pronaos.
AuMÔNERiE {monast.), 135, 303,
360; — (dimensions de salle d'),
135.
Autels d'oratoires, à l'époque
chrétienne primitive, 203 ; —
romans, en général, 77 ; —
{cath.), 76. 77, 79, 91, 93, 96,
101, 144, 163, 205, n. 2, 210,
213, 215, 217, 218-220, 224,
225, 227, 268, 326, 398 ; —
{égl. mon.), 9, 16, n.3, 21, 22,
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
457
26, n. 3, 28, 29, 31, 38, 39, 55,
56, 82, 118, 126, 128, 140,
156, 159, 169, 191, 192, 210,
230, 262, n. 5, 273, n. 4, 304,
331, 354, n. 3, 354, 356 ; —
portatif, [ibid.), 131 ; — triom-
phal, érigé sur l'emplacement
d'un champ de bataille, 197.
Voy. aussi Ciborium, Tables
(d'autels.)
Avant-nef ou vestibule de la nef
des grandes églises monasti-
ques, 136, n. 2. Voy. Nauthex,
Pronaos.
Axe de l'église (déviation de 1'),
159, n. 3. Voy. Symbolisme ar-
CHITECTUnAL.
Bagues [archit.J, anneaux de
pierre faisant saillie. Voy. Co-
lonnes, COLONNETTES.
Bains (construction de), d'eau mi-
nérale, thermale [obéd . mon.),
. 190, 191 ; — de César (i7)i(/.),
190, n. 4 ; — (disposition des),
— monast., — 138 ; — bai-
gnoires de bois, ibid.
Balcon, saillie en pierre, contre
les murs d'une salle capitulaire
{monast.), 133 ; — petite galerie
{chat.), 375, n. 2.
Baldaquin. Voy. Ciborium, Dais.
BaLISTES. Voy. MACHrNES DE SIÈGE,
Trébuchets.
Balusthade (ca//i.), 96, n. 4.
Bancs d'églises, garnis d'étoffes,
de tentures mobiles dites ban-
quiers {égl. mon.), 17, 137,
140 Voy. Sièges, Tentures.
Bandes lombardes, ornement
de tours d'église (cath.), 405,
n. 1.
Baptistères ou fonts baptismaux
(cath.. égl., mon., pur.), 80,
82, 204, 249, 316.
Bardeaux, 94, 327, n. 3, 351.
Voy. Couverture (de bois).
Barres de fer, transversales,
servant à la fermeture des por-
tes {pal. épisc), 383 ; — bar-
reau de fer travaillé à la façon
d'une petite colonne, autre-
ment dit fuseau {pal. épisc),
384.
Bas-côtés (cath.), 64, n. 3. 101,
217, 221, 226, 228, 327, n. 3,
372, 398. n. 4 ; —{égl. mon.),
31, n. 1, 42, n. 2, 57, n. 2, 218,
248, n. 2, 353, n. 1, 399.
Basiliques (anciennes), lambris-
sées, 3, n. 1, 56, n. 3 ; — en
forme de tau, 27, n . 5 ; — (mar-
tyrium des), 141 ; — (pronaos
des), 136, n. 2.
Bassins, vases de fer, chaudrons,
casseroles, 382-384; — bassin
orné de peintures et supporté
par des colonnes, 269.
Bastille de bois, servant à un
siège, 252, n. 7.
Beffrois. Voy. Clochers.
Bibliothèque {cath.), 73 ; — {mo-
nast.), 59, 71, 266 ; — dépôt
délivres de chant {ibid.), .303.
Bijoux, joyaux, anneaux, 323,
328. Voy. Pierres précieuses.
Bois (appentis de) servant de
halle, 183, n. 1 ; — (bastille
de), 252, n. 7 ; — (baignoires
de), dans les monastères, 138;
— (cabanes de), servant d'ha-
bitations monnstiques, 296; —
(campanile de), 16, n. 3, 168,
174, avec couverture de sapin,
171 ; — (constructions de), en
général, cause d'incendie dans,
les villes, 3, . n. 4 ; — (cons-
truction d'église de), avec
chœur voûté , 8 ; — (cons-
truction d'édifices , cloîtres
conventuels de), 125, n. 2,
152, n. 1, 253, n. 4 ; —
(couverture de cathédrales,
faite en), 94, 162, 327, n.
3, (d'églises collégiales, faite
en), 243, (de bâtiments ou d'a-
teliers monastiques, faite en),
244,245,387,388;— (donjons
de), 10, 67, n. 5, 78, 113, n. 2,
184, n. 1, 193, 194, n. 2, 291,
31 4, n. 1,337 n.2. — 'Emploi du),
dans les chapelles seigneuria-
les, 185, 298 ; — dans les égli-
458
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
ses du Nord de la France et
de la Flandre, 376, n. 4, 387-
388 ; — dans les églises Cister-
ciennes, 295, 296, 362, 363,
374 ; — dans les églises col-
légiales, 165, n. 3 ; — dans
les églises, chapelles et ora-
toires monastiques, 8, 16, 17,
n. 6, 22, 34, 168, 169, 175, n.
4, 238, 298, 299, 300, 301, 308,
309, 363 ; — dans les granges
abbatiales, 183, n. 1 ; — dans
les habitations d'un bourg, 375,
n. 2 etles défenses du mur d'un
bourg, 99; — dansleshalles, 183,
n. 1 — dans les maisons-Dieu
et infirmeries monastiques, 60,
165, n. 3, 388,394 ; — dans les
maisons fortes, 256 ; — dans
les maisons rurales, 116, car-
rée à l'intérieur, ronde à l'ex-
térieur [dom. épisc), 167 ; —
dans les palais épiscopaux,
165, n. 3, avec galerie, 95 ; —
dans les pavillons épiscopaux,
385 ; — dansles passerelles des
don ons, 314, 315 ; — dansles
ponts, 109-111 ; — dans les
porches d'églises, 282, n. 2; —
dans les résidences seigneu-
riales sur mottes, 1 80, 1 84, 1 85 ;
— (malsons de), 60, 187, 241,
253, 270, 297, 298, 322, 323,
340; — canoniales (ca//i.),346;
— (patrons ou panneaux de),
pourla taille des voussoirs, 212,
n. 1 ; — (lambris, charpentes
apparentes à l'intérieur, en) :
{cath.), 3, n. 1, 64,68, 83, 93,
{égl. coll.), 141-142, 2'*4, n. 2,
(tV/Z. mon.), 3, 6, 8, 10, 16, n.
3, {monast.), salle d'infirme-
rie, 60; — (reconstruction en),
d'une église monastique des
Mauges, en Anjou, bâtie d'a-
bord en pierre, 18 ; — (statues
de), 8,49, 119 ; — (tours de) :
[calh.), 95, près d'éjjlises, mo-
nastiques ou rurales, 7, 16,
n. 3, ichâl.), 10, 78, 180 à 183,
184, n. 1 . Voy. Charpentes, Chê-
ne, Incendie, Roseaux, Sapin,
Bornage, 53, 54 ; — à jet de flè-
ches de baliste, d'un terrain
d'église, 2i>4, n. 6. Voy. Asiles.
Boulangerie imonast.), 139, 150.
Boulins (trous de), 130, n. 1.
Voy. Echafaudages.
Bourgs (dans une formation de
ville), 112, 288, 298, 299, 356.
n, 2 ; — entouré d'eau et de
fossés, 288, n. 4 ; — de murs,
— fortifié, 99, 332 ; — (rue cons-
truite dans un), 354, 356 ; —
(plan de), en Flandre, 375, n.
2. Voy. 'Villes.
Braie. Voy. Fortifications (éle-
vées en avant d'un ouvrage
de défense).
Brancard, Voy . Civière
Bretèches, 252,' n. 6, 275, n. 9,
332, n, l,333,n.6. V, Hourdage.
Briques antiques, 180, Isl ; —
à revêtement de plomb, 96 ; —
(dimensions de) à l'époque
carolingienne, 347, n. 2 ; —
(églises, édifices divers recou-
verts de), 31, n. 1, 93, 95, 96,
101, 245, 344, n. 1, .351, 375,
n. 2, 376, 405 ; — (liaison de),
344, n. 1, 351, 375. n. 2 ; —
(persistance de l'emploi de),
dans certaines régions, 172,
n. 3 ; — (ville de Rome, cons-
truite d'abord en), 128. Voy.
Terre (cuite).
Broderies. Voy, Étoffes, Relief
(travail en).
Bronze (travail du), 383, 385. Voy,
Orgues ; — bronze doré, Voy.
Candélabres, Couronnes de lu-
mière, Fontaine, Lavabo, Re-
liquaires,
Cabanes de bois, servant d'habi-
tations monastiques, 310 ; —
avec branchages entrelacés,
296
Cabinet abbatial, dans un monas-
tère, 1*1 ; — sorte de retrait,
dans un château, 185, n, 1,
Calices, 85 : —d'argent, 25, 266,
358 ; — dor, 358 ; — (chalu-
meau de), servant dans la
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
459
communion pour puiser dans
le calice l'espèce du vin, 358.
Campaniles de bois. V. Clochers.
Camps RETRANCHÉS. Voy. Fortifi-
cations.
Canalisation. Voy. Hydraulique.
Candélabres, à plusieurs bran-
ches, 368 ; — avec pierres
précieuses, ibid. ; — de bronze
doré, 368, n. 2 ; — (bague de),
ibid. ; — avec figures et
rinceaux, ibid. ; — (sym-
bolisme appliqué à des), ibid.
Capiscols (cath.), 108, n. 2 ; —
leur rôle dans les construc-
tions, ibid.
Carrières, 66, 105, 197, 241,
391 ; — (part personnelle prise
par un abbé, par un évêque à
la recherche de), 64, 66, n. 3.
Carriers, 105, n. 3.
Caves {inonast.), 246, n. 1. Voy.
Cellikrs.
Cellérier (office de), auquel
ressortit parfois l'entretien,
la surveillance des construc-
tions conventuelles, [mnnast.,
coll.), 21, n. 1, 243, 245, 260,
265. 283, n. 5, 290.
Celliers [chap. cath.), 90, 316,
318, n. 3, 321 ; — (chat.), 10,
113, n. 2,184; — {dom. épisc),
100, 164 ; — (monast ), 21, 23,
n. 4, 34, 44,60, 135, 290, n. 3,
291,303, 324, 325, avec dimen-
sions données, 135 ; — (piliers
de), lAirf. —246, n. 1 ; — {pal.
épisc), 97 ; — (protection des),
en générai, 186, n. 4, publics,
{ibid.)
Cellules {monast.), 230, 311 ; —
(dimensions de), 266 ; — des-
servies par des conduites d'eau
{ibid.) ; — (nombre dei, 230.
Chaînettes servant à des colon-
nettes de fer, 384 ; — à des
suspensions dans les églises,
368, n. 1 ; — avec croisettes de
fer, à lettres entaillées et ar-
gentées, 330.
Chalumeau, instrument rituel.
Voy . Calices
Chambre à coucher {chat.). 237 ;
— avec cheminée {chat.), 136,
{monast.), 247 ; — d'abbé
(monast.), 325; — d'enfants,
{chit.), 183 ; — d'été, d'hiver,
dans des palais orientaux. 277,
n. 8.
Chancel. Voy. Sanctuaire.
Chanoines et clercs 1° d'églises
cathédrales : peintres, verriers,
orfèvres, 73, 93, 201 , enseignant
la peinture à des clercs, 305,
307-308 ; — 2° d'églises collé-
giales : constructeurs, 201 , 379,
3S0, hydraulicien, 379, 380,
sculpteurs (?), 306, dits « ou-
vriers », c.-à-d. chargés de
l'entretien des bâtiments, 189,
n. 2. Voy. Fabrique. Voy. aussi
Moines constructeurs).
Chantiers de construction. Voy.
Accidents (du travail). Chômage
(obligatoire). Fixation a l'a-
vance de sommes d'argent. Sa-
laire.
Chape de soie, vêtement ecclé-
siastique, dit aussi manteau
pluvial, 345, n. 4. Voy.
Etoffes.
Chapelles {cath.), 213, 214, 217-
224 ; — (chat.), 52, 184, 236,
237 ; — {égl. mon.), 28, 129,
n. 8, 191-193 ; — circulaires.
Voy. Baptistères, Coupoles ;
— d'abbés, 325 ; — d'ermi-
tage, faites de terre, 257, 258,
n. 1 ; — d'hospice, 68 ; — d'in-
firmerie. Voy. Infirmerie; —
de cimetières, 183, 250, 251,
327, n.3, àdimensiunsdonnées,
251 ; — de cloîtres (c/ia/). ca//i.),
316 : — de couvents de char-
treux, 3'>9, inférieure, supé-
rieure {ibid); — de monastè-
res, 310, de la Vierge, {ibid),
i36;_He prieurés, 330.331; —
épiscopales. V'^oy. Palais épis-
coPAux ; — funéraires \cath.),
178, n. 1 ; — monastiques, de
bois, 55, n. 4, de pierre,
147 ; — ou oratoires dit « Saint-
Sépulcre » {égl. mon.), 192,
{égl. par.), 356; — rurales, de
bois ou de pierre, 16, 22, 175,
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
289, 291,300, 301,308, 309; —
seig'neuriales, 52, IH, 376, n.
4, avec décoration en relief et
peirit.ire, 185,debois, 298, 299,
de pierre, (tAtrf.). Voy. Eglises,
{caslrales).
Chapiteaux. Voy. Colonnes.
Charpentes des couvertures d'é-
glises romanes, en général,
208, n. 1, danger d'incendie
auquel elles sont exposées,
ibid ; — (emploi des). Voy.
Bois, Chevrons, Echafaudages,
Liens, Poutres ; — (technicfue
desj, de forme hémisphérique,
12, n. 1 ; — tradition et per-
sistance des charpentes appa-
rentes, dans des églises du
Maine et de la Normandie, 161,
n. 3. Voy. aussi Bois, Lambris.
Charpentiers, menuisiers, 12,
n. 2, 38, n. 2,52, n. 5, 73, 93,
122, 125, 144, 168, 174, 279,
306, 381, 382 ; — architecte-
charpentier des logis de bois
surmontant une moite seigneu-
riale, 180, 184-185 ; —ou arti-
sans dnns l'art de travailler le
bois, prêtés par une abbaye au
Chapitre d'une cathédrale, 305,
306 ; — (immunités accordées
à des), 361, 377; — devenus
volontairement serfs de mo-
nastères, en reconnaissance
d'une guérison extraordinaire,
35, 36, 144 ; — faisant manœu-
vrer des trébuchels pour rele-
ver un campanile de bois ren-
versé, 174.
Chartreuses 'chapelles des cou-
vntsde), 359; — (cloîtres des),
23, n. 4, 265-267, 357 ; — (plan
des), 265, 266, comparé à celui
des léproseries, 311, n. 4 ; —
(maisonnettes desi, ibid.
Chasses. Voy. Reliquaires.
Châssis de vitrail, 144. Voy.
Vitraux.
Châteaux (agrandissement de),
199 : — anglo-saxons, en gé-
néral, 194, n. 6 ; — (chapelles
de). Voy. Chapelles ; — cons-
truits par des moines, 21 ; —
Ccour de), gazonnée, 236, n. 2,
237, n. 6 ; — (emplacement de),
6, 7,n. 1, 50, 98,277, n. 3, 332,
n. 4, 333, n. 5, 335, 386. Voy.
aussi Escarpe; — en ruines,
256; — épiscopaux, 92, 94, 96,
n. 7, 98-101. 338, 339. Voy.
Manoirs (épiscopaux) ; — (fixa-
tion du pieu de fondation de),
52; — normands, en Angleter-
re, 194, n. 3, 276, n. 7, 278,
n. 2; — (statut concernantles),
en Normandie, 252; — (salles
de), 236, n. 3, 237, n. 6 ; —
(souterrains de), 336, n. 2 ; —
(surnoms de), 111 ; — (viviers
dans les fossés de), 332, n. 4.
Voy. Chemin de ronde. Don-
jons, Manoirs, Prison.
Chauffoir (rnonast.), 134, 135,
303 ; — (dimensions de), 134 ;
— (porte de), 135.
Chaume et ligaments de baguet-
tes de bois pliant, servant à
faciliter des revêtements provi-
soires d'églises en construc-
tion, 169-170.
Chaussée : antique, autrement dit
pire, 180, son mode de forma-
tion, ibid. ; — romane, 103,
n. 2 ; — (construction le long
d'une), avec permission sei-
gneuriale, ibid. Voy. Rue.
Chemin de ronde (dans des for-
tifications normandes), 252 ; —
(dans des châteaux flamands),
375. n. 2, 377.
Cheminées (c/ia/.), 236; — [dom.
épisc), 167; — (monasl.), 247,
cylindriques, de cuisines mo-
nastiques, 324, n. 5.
Chemise de Bois. Voy. Donjons.
Chêne (planchettes de), formant
les lambris d'une galerie de
palais épiscopal. 95, n. 4.
Chéneaux [caih.), 96, n. 4.
Chevaux de frise, ou heriçons,
pièces de bois traversées en
sensdivers par des pieux poin-
tus, et disposées sur des fos-
sés de fortifications pour en
défendre le passage, 333, n.6;
— tiges de paille servant à
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
461
déguiser des chevaux de frise
dans des fosses souterraines,
sous les ponts de bois des don-
jons, 336.
Chevet {calh.), 55, 56, n. 4, 64,
n. 3, 68, 72, 75, 94, 216, 227,
328, 329, 399 ; — {égl. mon.),
8. 56, 59, 233, ii. 3, 247, 262,
n. 4 et 5, 304: — {égl. par.),
349.
Chevrons, 130, n. l, 208, 245.
Voy. Charpentes.
Choeur (cath.), 64, n. 3, 68, 72,
73, n. 6, 77, 94, 161, n. 4, 208-
212, 214-218, 221, 223, 225-
226, 227, 268, 269, 313, n. 1,
321, 327, n. 3, 354 ; —{égl.
moAi.), 8. n. 1 et 2,16, n. 3, 22,
27, n., 42, n. 1, 157, 159, 171,
230, 262, n. 4, 273, 304, 318,
35V, 355, 357, 368, n. 1, 371.
n. 3, 391 ; — (partie du), ré-
servée aux chantres {ihid.),
34, 38, 159, 22, 25, 40, 42, 43,
n. 3. 47, 57, n. 2, 59, 81, 82,
125, n. 1, 146, 171, 177, n. 4,
231, n. 3, 2t5, 246, 2t7, 254,
n. 2, 262, n. 4, n. 5, 268, n. 7,
273, n. 4, 282,341, n 4, 345,
392 ; — de chapelle imonast.),
231, n. 3, 304 ; — de chapelle
d'infirmerie {ibid.), 23.
CiBORiuM [calh.), 400; ~ (égl.
mon.), avec colonnes ornemen-
tées d'argent et de nielle, 128,
en l)ois, avec colonnes, sur-
montant un tombeau de saint,
31. Voy. Dxrs, Tombeau.
Ciment incrusté, 269, n. 1. Voy.
Incrustations ; — reliant des
pierres brovées pour former
une chaussée. Voy. Chaussée.
Voy. aussi Mortier.
Cimenteurs, 170.
Cimetières, 15, 91, 138, 183, 233,
284, 285, n. 1, 287, 288, 297,
298, 301, 314, 327, n. 3, 330,
331, 342, 389 ; —(chapelles de).
Voy. Chapelles. — de couvents
de Chartreux, 359 ; — fortifiés,
16, 20: — gallo-romains, 316;
— réservés aux laïques, 91,
13S, pa"r opposition à ceux
des moines. 389; — (zone de
protection des), d'après des
constitutions de paix et des
balles de papes, 114-117, 176.
Voy. aussi Habitations (dans
les cimetières).
Cire (emploi de la), et du plomb,
pour les réparations et la pose
des vitraux, 161, n. 2.
Ciseau (de sculpteur), {8, 226.
Ciseleur, 368 ; — lombard, 38.
Ciselure (travail de), sur métal,
38; — appliqué, sur la pierre, à
une voûte d'église monastique,
158. — Voy. aussi Intaille.
Cisterciens (règle, diffusion de
l'Ordre et monastères des),
121, n. 2, 165, 295-296, 360-361,
362, n. 3,363.
Citernes, creusées dans le roc ou
maçonnées, 3S6, n 3 ; —
{calh.), 90; — (c/i«<.;,386, n.3,
avec dimensions, ibid. ; —
(monast.), 230. Voy. Puits.
Cithare. 22.
CivièRE, sorte de brancard, ser-
vant à transporter à bras des
matériaux de constructioa,
390.
Clefs de voûte, 221, 222, 226 :
— arcs de voûte d'arête ayant
leurs clefs exhaussées au même
niveau, 398, n. 4 ; - de fe-
nêtres, 262, n. 3. Voy. Voûtes.
Clerestory, 216, n. 4, 224, n. 1.
Voy. Triforium.
Clochers icuth.), 62, 76, n. 2,
26S, 283. n. 5, 321, d'après une
très ancienne miniature, 62,
n. 3 ; — et campaniles de bois
{égl. mon.), 7. 9. 16, n. 3, 35,
149, n. 1, 168, 171. 172, 174,
363 ; {égl. coll.), 116, n. 1,
2+2, 2t3. - Coq des clochers,
{cath. et égl. mon.), 70, 74, 317.
Cloches, clochettes, 7, 16, n. 3,
18, 19, n. 1,35 59,62,73, n. 6,
94, 120,126, 169, 170, 171, 242,
359 ; — (de chapelle épisco-
pale), 382 ; — (cordes de),
283, n. 5 ; — (fondeur de),
19 ; — (surnoms de), 18, 19.
Voy. Sonneurs de cloches.
462
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
Cloître (cath.), 86, 87, 90, 91,
215, 250, 316, n. 2, 346, 348,
349, (cour de), 91 , (portes de
fer de), 316, n. 2 ; — {coll.),
entouré de fossés, 324, n. 4,
375, n. 2, 376, 377 ; — [monast.),
21, 23, n. 4, 30, 35, 60, n. 2, 46,
59, 60, n. 4, 119,122, 125, n. 2,
128, 129, n. 8, 140, 146, 147,
154, 155, 191, 192, 230, n. 1,
235, 259, 266, 284, 285, 310,
344, 366, 369, 394 ; — carré
ou triangulaire, 285, n. 1 ; —
d'infîrmeries(monasf.),60, 324,
325, de bois, 128, de marbre,
59, 128, 394 : — de couvents de
Chartreux, 23, n. 4, 265-267,
357 ; — de couvents de femmes,
309; — double, autrement dit
grand et petit, 142, 143, 311, ou
bien inférieuretsupérieur, 230,
358 ; — (portique, galerie de),
285,358; — (signification sym-
bolique du), 285, n. 1.
Clôture [chat . ), 236 ; — (de mai-
son-Dieu (monast.). 387, 388;
— [man . épisc .) , 167 ; — {mo-
nast.), 334, n. 4 ; — provisoire
{cath.), destinée à séparer,
après l'incendie de l'église, les
clercs et les fidèles, 210, faite
en bois, avec des fenêtres
vitrées, dans la partie orien-
tale de l'église, pour la pro-
téger contre les intempéries
des saisons pendant sa recon-
struction, 225.
Coffre, récipient à provisions
{chat.), 184, n. 8.
Collatéraux. Voy. Bas-côtés.
Colombiers, 114, 115, 394; —
en maçonnerie de pierres,
394 ; — de forme carrée, ibid. ;
— (mesures de protection pour
lesj, 114-115.
Colonnes 1° antiques, cannelées,
d'ordre corinthien, provenant
d'un temple pseudo-périptère,
241,n.l; — 2°(ca//i.), 209, 210,
400, 401 , n. 1 , 402-405 ; - (bases
de), 220, 226, n. 3 ; — (chapi-
teaux de), 68, 222, 225, 226,
n. 3, 228 ; — (de marbre), 221,
222, 226, 269, 402, 403, 404,
405 ; — en torsades, 403, n. 1 ;
— engagées, 216, 399, n. 3 et 4,
400, n. 4 ; — garnies de bagues,
221, n. 3 ; — géminées, 218,
n. 2, 221, 222 ;— historiées,
403, n. 1 ; — monocylindriques
et cantonnées de colonnettes,
218 n. 2 ; — peintes, 163 ; —
unique, supportant la retom-
bée des arcs d'une voûte re-
couvrant une chapelle de ca-
thédrale, 220; — 3« {châl.), ac-
couplées ou ternées, servant
de support à une passerelle de
donjon, faite en bois, 314 ; —
4° {égl. mon.), 16, n. 3,27, 31,
41,42,159, 391 ; —(alternance
de), dans un chœur, 30 ; — de
bois, dans des cloîtres monas-
tiques, 46, 60 ; — (bases de),
68, n. 7, 105, 192, 391 ;— (cha-
piteaux de), 23, n. 4, 105, 192,
391, avec insertion de pierres
rapportées, 173, imagées, 8,
n. 2 ; — de marbre, 27, 31,
128 ; — intercalées entre des
placages de cuivre dans un
chœur, 38 ; — ornées d'argent
et de nielle, et servant de sup-
portàunciborium, 128; — sub-
stituées à des piliers, 159 ; —
5" (symbolisme des), — égl.
mon. — ,27 et 27, n. 5,159, n.3;
— 6° (transport de), 66, 128.
Voy. Transport par voie flu-
viale. Voy. aussi Piliers.
Colonnettes {cath.), 221, n. 3,
associées, 400, n. 4, à chapiteau
unique, de marbre, 221, n 3,
garnies de bagues, 226, n.3; —
[égl. mon.), 42, n. 2, — de
marbre, 30, n. 1, — engagées,
42, n. 2; - {pal. épisc), de fer,
384. Voy. Colonnes.
Comble d'églises {égl. mon.), 3,
42, 43 ; — sa liaison provisoire
aux parois latérales d'une égli-
se en construction, à l'aide
d'entrelas ou tortis de baguet-
tes de bois, 169; — lambrissé,
3,8,10,60,68, 93,118,163.200,
n.4. Voy. Lambris.
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
463
Compas, 216 ; — (tracé d'un plan
au), ibid.
Conducteur de travaux d'archi-
tecture. 11, 223.
Conduites d'eau. Voy. Hydrau-
lique.
Confessions. Voy. Cryptes.
Confraternités, Confréries.
Voy. Contribution (collective
de paroissiens).
Consécration d'églises, en géné-
ral, et influence des cérémonies
de ce genre sur la propagation
et les perfectionnements de
l'architecture, 198, n. 3 ; —
icath.), 63, n. 3, 67. n. 1, 68,
n.3 et n. 7, 74, 83,84,88, 91,
165, 203, 205, 206, 214, 323, n.
4,373, n. 2; — {égL co//.), 141,
381; — («?^/. mon.], 2, 4, n. 2,
25,28, 31, 34, 40, 57, n. 1,148,
198, 247, 295, 304, 363, 392.
Constitutions de paix et de trê-
ve, édictées par des conciles,
relativement : 1° aux églises
fortifiées, 113-117 ; 2» à des
chômages obligatoires, pour
les constructions militaires, à
l'époque de certaines fêtes re-
ligieuses, 152-153 ; 3° à des
zones de protection fixées au-
tour des églises, 114,116,117,
152-153; — (serment imposé
par les), pour protéger les
celliers des églises, 186, n. 4.
Constructeur (qualificatifs de),
appliqués à des seigneurs laï-
ques ou ecclésiastiques, ayant
ordonné d'élever dos construc-
tions, 107, n. 5.
Consultation (d'architectes).
Voy. Convocation.
Contrats de louage de maîtres
d'œuvres. d'ouvriers pour des
constructions. Voy. Louage.
Contreforts {cath.), 401, n. 1 ;
— (arc et arcature de), retom-
bant sur un abaque au-dessous
duquel est une colonne, ibid. ;
— usités en Auvergne, à Saint-
Sernin de Toulouse et à Saint-
Jacques de Compostelle, ibid.
Contrescarpe. Voy. P'ossÉs.
Contribution personnelle et ma-
térielle d'évêques à des travaux
de construction d'édifices reli-
gieux, 64, d'abbés et de moines,
dans les mêmes conditions, 44-
46, 66, n.3. 119, 257, 387, 390 ;
— collective de paroissiens
pourdes constructions, répara-
tions ou décorations d'églises
cathédrales, collégiales, mo-
nastiques ou paroissiales, 71,
86, 87, 89, 91 , 199, 200-204, 340,
342, 374,387, 391.
Convers, 390; — (maison de), 91;
— (serf devenu), dans une ab-
baye, en récompense de ses
services comme peintre, 145,
n.3, 264, 265 ; — dans les Char-
treuses, 360. — Converses, 291 ,
311, 390. Voy. Ateliers [mo-
nasL), Couvents (de femmes).
Convocation d'architectes par
une Fabrique d'église cathé-
drale, pour la reconstruction de
ce monument, 210, par une ad-
ministration abbatiale pour
l'érection d'une importante
infirmerie monastique, 393 ; —
de maîtres charpentiers po ur
erétablissementdu campanile
de bois d'une église abbatiale,
à 'aide d'engins mécaniques,
168, 174-175.
Coopération artistique, de mem-
bres du Chapitre d'une cathé-
drale, à la décoration de ladite
église, 93, n.7; — corporelle
des populations à des entrepri-
ses d'édifices religieux (trans-
ports de matériaux, charrois,
etc. ,41,157, 389-390, 394.
Coq dressé au faîte des clochers
d'églises. Voy. Clochers (coq
des).
Corbeaux de pierre {égl. mon.),
282, n. 2.
Cordeau d'alignement, servant à
délimiter des lots de terre et
des emplacements de maisons
ou d'églises à bâtir, 121, n.
5, 272, n. 2.
Corniche {cath.), 93 ; — {égl.
mon.), 245.
464
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
Corporations. Voy. Artisans
GROUPÉS.
Corridor, couloir [chat.), 184, n.
6, 185, n. let n. 4.
Costume. Voy. Bijoux, Chape,
Coule, Mobilier.
Coule, robe monastique à larges
manches et capuchon, 390.
Coupe des pierres, dans le der-
nier tiers du xii« siècle, 212,
n. 1, Voy. aussi Appareil.
Coupes. Voy. Vases, Verres (à
boire).
Coupole, 12, n. 1, 32, n. 4, 85,
n. 3, 235, n. 1, 243, n. 4, 244,
n. 2, 310, n. 3, 316; — du
Panthéon, à Rome, 29, n. 1.
Voy. Chapelles, Croisée d'o-
gives. Eglises (circulaires),
Rotonde.
Cour de château seigneurial,
2;^6, n. 2, 237, n. 6, gazonnée,
[ibid.) ; — de château comtal,
en Flandre, 375, n. 2, 376; —
de palais épiscopal, 318, n.
3 ; — devant une église mo-
nastique, 42, n. 1 . Voy. aussi
AÎTRE.
CouRONNç; de saint Thomas Bec-
ket, dans la cathédrale de Can-
torbéry, 218, n. 2.
Couronnes de lumière, suspen-
dues dans les é.,lises [cath. et
égl. mon.), 118,^ 140, 213, 218,
368 ; — de bronze, d'argent ou
d'or (ibid.). Voy. Suspensions.
CounsiÈREs. V. Chemin de ronde.
Coutumes ou statut de Norman-
die, relatifs aux fortifica-
tions, 231, 252; — ou fors de
Bigorre, 291 ; — ou statuts
des Chartreux, 266, n. 2, 357-
359, 360, n . 1 ; — ou statuts de
Cluny, relatifs au plan, aux
dimensions et à la décoration
de l'église principale, ainsi
que des chapelles et des di-
vers bâtiments conventuels
de cet Ordre, 132-140, 331, n.
5; — Coutumier de Cluny, ré-
digé par le moine Ulrich, 132,
n. 1 ; — Ordo Cluniacensis du
moine Bernard, 302.
Couvents de femmes, 151, n. 1 ;
— en Normandie, ibid.; —
(sœurs et converses de), 290,
291,311.
Couverture d'édifices (caf/i.), 373;
— {égl. par.), 200; — {pal.
épisc), 383 ; — d'ardoise sur
des tours {arch. mil , urb.),
99, n. 2; — de bois, sur un
campanile (sapin), 171, sur des
édifices delà fin du viii* siècle
jusqu'au xi« s., 125, n. 2, 208,
sur des églises, tours d'églises
{cath.), 94, 162, 327, n. 3, {cloî-
tre, monast), 394 {égl. coll.),
243, sur des granges abbatia-
les, 183, n. 1, sur des halles,
183, n. 1 ; — de briques, .31,
n. 1, 93, 95, 96,101, 245, 344,
n. 1, 351, 375, n. 2, 376, 405,
employées par crainte d'incen-
die, ibid.; — de plomb. Voy.
Plomb ; — provisoire, d'un
chœur (égl. mon.), 42, n. 1, faite
avec des roseaux {égl. mon.),
118, avec du chaume et des
branchages, 169, 110 {ibid.).
Crampon (de fer), 172.
Crénelage,99,230, n. l,252,n.6,
275, n. 1, 332, n. 1 ; — combiné
avec l'emploi du bois, 99.
Voy. Bretèches, Hourdage.
Critique archéologique (exem-
ples de), appliquée à des mo-
numents par des auteurs du
moyen nge, 318, n 3,330, n. 2.
Croisée d'ogives, dans ses rap-
ports avec la coupole. 85, n.
3 ; — du transept. Voyi. Tran-
sept.
Croisillons. Voy .: Transept .
Croissant (de fer), 329.
Croix d'or, 120 ; — de bois, 122;
— placée au haut d'unecathé-
drale, 228 ; — croix dites de
sauvegarde, servant de délimi-
tation à des terrains d'églises,
réservés autour des églises, 14,
20, 117, n. 4, 154, 176, n. 2,
283
Crucifix {cath.), 77 ; — de bois,
de métal, placés dans les
églises sur la poutre triom-
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
465
phale, 77, n. 4, 213, 364 ; — do-
rés, 218,319 ; — ornés de ver-
reries, ibid.; — {égl. mon.), 38,
72, 311; — {pal. épisc), 166.
Cryptes en général, 76 ; —
(cath.), 56, n. 4, 61, 62, n. 2,
64, 79, n. 4, 92, 9t, 96, n. b,
162, 163, 214, 218-220, 224,
225, 228; — (description dé-
taillée de), 326-330; — (di-
mensions de), ibid.; — (dispo-
sition des reliques à l'intérieur
de), ibid.; — (égl. mon.), 6,
8,9. 27, n. 4, 28, 31, 32, n. 4,
36, 41, n. 5, 43, 57, n. 2, 59,
n. 2, 125, 126, 157-159, 191-
193, n. 1, 262 n. 4, 365
Cuisines (c/ia/.), 185; — [monast.),
35, 60, 135, 303, 324, n. 5, 325,
359; — (cheminées de), cylin-
driques [ibid.), 324, n. 5; -
(dimensions de), ibid.; — (des
laïques, séculières) — [ibid.),
135, 303 ; — (dimensions de),
ibid. ; — (nombre fixé de),
{ibid.), 230 ; — {pal.épisc.),9l,
316, 384.
Cuivre (travail du), 383, 385;
— cuivre d'Espagne, 38;, —
plaque de cuivre émaillée, 243,
n. 2.
Dallage. V'oy. Pavements.
Dais ou baldaquin surmontant
un autel. Voy. Ciborium; —
dais sculpté, surmontant un
portail sculpté aussi (ca</i.},402.
Déambulatoire {cath.), 73, 227;
— {égl. mon.), 57, n. 2, 177,
n. 4.
Dédicace. Voy. Consécration.
Démolition {cath.), 91, 210, 212,
— {chat.), 180, 182; — {égl.
mon.), 11.
Dés (jeu de), dans un donjon,
10, n. 6.
Dessins au compas, 216, n. 3,
217; — d'épurés, 212, n. 1 ; —
"sur parchemin, tracés de plans
d'églises, 212, n. 1, 306, n. 4 ;
— orientaux, leur influence
sur des mosaïques de la Pro-
vence, 355, n. 4.
Destruction d'œuvres d'art pen-
dant les guerres de relij^ion,
243, n. 4.
Déviation de l'axe de l'église.
Voy. Axe de l'église.
Devis 1 " descriptif, de la construc-
tion d'un pont, {monast.), 109;
— d'une église dépendant
d'une abbaye, 178-180 ; — de
peintures à exécuter à l'inté-
rieur d'un monastère, 264,
265 ; — et détaillé de l'en-
semble des bâtiments conven-
tuels (Ordre de Cluny), sta-
tuts dits de Farfa, 132-140; —
2" estimatif d'une construction
{égl. mon.), 35, 229. Voy.
Dimensions (d'édifices), Fixa-
"tion a l'avance de sommes
d'argent. Louage, Peinture,
Ponts.
Diapason, 344, *. 4. Voy. Mu-
sique, Orgues.
Dimensions d'édifices divers (bâ-
timents conventuels, cathé-
drales, chapelles, cimetières,
églises monastiques, habita-
tions privées, palais épisco-
pal, ponts), 13, 27, 30, 56, n. 3,
84, n. 1, 95, n. 4, 103, n. 2, 132-
140, 153, 178, 179, 213, n. 4,
273, n. 3 et 4 330, 331, 398 ;—
de villes neuves, et fixées à
l'avance, en longueur et en
largeur, 232. Voy. Devis, Me-
sures de construction (tirées
de la taille humaine '.
Doloire, outil de charpentier,
10, 145, 358.
Donjons de bois, 10, 67, n. 5, 87,
184, n. 1, 194, n. 2, 3.37, n. 2 ;
— entourés de murs de pierre,
184, n. 1 ; — de pierre, 247, n.
2, 336, n. 2, 338, n.4, 342, sub-
stitués à des donjons de bois,
111, 113; — avec chemise de
bois. 337, n. 2, percée d'ar-
chères, ibid.; — avec pont de
bois relié à la motte, 314, et
tours d'enceinte, ibid.; — porte
(de), 314. Voy. Mottes de don-
30
466
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
JONS, Ponts (de donjons), Tours.
Dortoir {chap. cath.), 90, 316; —
{chat.), 185; — {coll.). 375, n.
2; — {monasL), 23, 35, 44,
59, 120, 230, 235, 247, 279,
285, 291, 303, 324, 323, 388,
394; — avec dimensions don-
nées {ibid.), 134.
E
P^CAILLES. Voy. iMBRfCATIONS.
Echafaudages {égl. mon.), 37,
127, 130, 131, 168; — (cordes
d'), 174 ; — faits de bois pliant,
avec claies, 37 ; — suspendus,
130, n. 1 ; — (techni(|ue du
fonctionnement d'), ibid.; —
(liens qui retiennent des piè-
ces d), 130, n. 2 ; — (trous de
boulins d'), 130, n. 1. Voy. Che-
vrons, HOURDAGE.
EcHAUGUETTE (avcc mâchicoulls),
, 99, n. 2.
Ecluses. Voy. Hydraulique
(travaux d').
Écoles {coll.), 375, n. 2.
Ecuries {monast.), 138; — (di-
mensions fixées d"), ibid . ; —
fcorps de logis d'), ibid. ; —
{dom. épisc.}, 91, 167.
Eglises caslrales. Voy. Chapelles
(de châteaux), 52, n. 3, en
Flandre, 376, n. 4 : — circu-
laires (égl. par.), 123-125 ; —
{coll.), 376. Voy. Rotonde; —
fortifiées à l'époque romane,
en général, 114, n. 2 ; — dans
le Midi de la France ibid., en
particulier ; — dans les comtés
de Cerdagne et de Roussillon,
114-1 16 ; — dans lesdiocèsesou
provinces ecclésiastiques
d'Kine et de Narbonne, 114-
117; — en Dauphiné, Langue-
doc, Provence, Viennois et
Vivarais, 116-117; — en Es-
pagne (comtés d'Ampurias et
de Bésalu, diocèse de Girone),
1 14-H6; dansle Nord, en Flan-
dre, 375-377 ; — en Normandie,
364, n.2; — (portes d'), 92, n.
1, 116, n. 1 ; — rurales. Voy.
Chapelles ; — superposées
{monast.), 26, n. 3, 31; —
(zones de protection des),
, 114-117.
Emaux, 243, n. 4 : — plaque de
cuivre émaillée, 243, n. 2.
Emplacement d'un château (choix
de 1'), 49-50, 98, 99, 182, 194,
335, 336, 352 : — d'un monastère
(double condition pour 1'), 149,
151, 195, 196, (changement de
r), 234, (révélation extraordi-
naire der),à Cluny,à Hastings
(Angleterre), 197.
Enceintes, concentriques, d'un
château fort, 99, n. 2 ; — de
bois (chat.], autour des mottes
des donjons, 314, 315, avec
tours disposées de distance en
distance, (tT)»/. ), dans les villes,
{arch. mil., urb.), 64, 67, 314.
Voy. aussi Clôture, Palissa-
des; — de pierre, {arch. mil.
urb.), 64, 67, 172-174, 240, 346-
348, avec maisons appuyées
tout contre, 346, avec portes et
poternes, ibid., de grange, 167,
de manoir épiscopal, ibid., de
monastères. Voy. Fortifica-
tions, Tours.
Encensoir, 25; — d'argent, ibid.
Enduit appliqué à l'intérieur des
églises monastiques, pour leur
décoration, peut-être à fresque,
36, 37 ; — de plâtre fin, éten-
du sur la pierre, pour recevoir
des peintures murales (cath.),
68, n. 5, 163. Voy. Peinture.
Enseignement des arts, de la
peinture du travail du fer, de
métiers divers, 305, 307. Voy.
Apprentissage.
Enthousiasme des populations
pour les constructions reli-
gieuses, 41, 151, n, 1, 157,
389 390, 394. Voy. Coopéra-
tion corporelle).
Entraits. Voy. Poutres.
Epitaphes. Voy. Inscriptions.
Ermitages. Voy. Chapelles
(faites avec de la terre), Grot-
te.
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
467
Escabeau, .'{8, 140: — de por-
phyre, 38.
Escalier {dom. épisc), 167,
devant un portail d'église
(cath.), 405, à vis, en limaçon
{cath. et égl. mon.), 29, 42, n.
4, 405 ; — de château, 185,
375, n. 2 ; — de crypte, 31 ;
— de rempart, 377.
Escarpe de château-fort, 252.
EscAi.PEMENT de craic taillé à
main d'homme, dans un châ-
teau, 336. n. 2. Voy. Châteaux
(emplacement dej,
Etages, planchers [châl. et nio-
nasL), 10, 11, 50, 138, 184,
, n, 2.
Étain, 394.
t^TAux (de eliangeur, de drapier),
, 297, 298, n. 1.
Étendard royal [standard), 197.
Etoffes, 369, n. 3. Voy. Brode-
ries, Chape, Laine, Lin,
Relief (travail en). Soie, Tapis-
serie, Tentures, Tissage.
Exhaussement du sol d'une ca-
thédrale, 101.
F
Fabrique, fabriciens,4, n. 1,210,
n. 1, 351. Voy. Chanoines
( « ouvriers »), Moines (cons-
tructeurs). Voy. aussi Gar-
DiENSl'd'églises), Mahguilliers,
Trésorier.
Façades d'églises [cath.), 73, n.
6. 101, 219, 220, 397, 401, n.
5, 403, n. 1 ; — (ë*//. mon.),
120, 178, n. 1, 273, n. 4.
Fenêtres (cath.), 68, 75, 77, 93,
94, 216, 218, 219, 220,225, 226,
228, 401, provisoires, encas-
trées dans une clôture de bois,
lors d'une reconstruction, 225,
refaites et rallongées, 3, n. 1,
101 ■, — {ch;U.), 50, 112, 332;
— (dom. épisc), 167 ; — {^9^ •
mon.), 28-30, 32, .56, 133, 170,
230, 262, de crypte, 58, n. 2,
de chapelle, 193, de dortoir
monastique, 134; — (pal. épisc),
166, 382 ; — de bois (cath.),
83 ; — à châssis encadrant des
vitraux {égl. mon.), 156, n. 1,
ou à formes métalliques sou-
tenant des résilles de plomb
pour un assemblage de vi-
traux [ibid.) ; — rondes ou ocuii,
à l'époque romane, 269, n. 3.
Voy. aussi Surnom (d'une
fenêtre de la tour d'un château
fort) .
Fer (travail du), .382-385. Voy.
aussi Acier, Aiguières, Barbes,
Bassins, Chaînetpes, Colon-
nettes, Crampon, Croissant,
Enseignement, Ferronniers,
Forgerons et Serruriers,
Limes, Marteaux, Outils, Pic,
Tiges, Verrous. — Fers à
cheval (fournitures de), par des
ferronniers, 382,
Fermes fortifiées, avec clôtures,
fossés et palissades, 339. Voy.
aussi Maisons fortes.
Ferronniers, « fèvres ». Voy.
Forgerons et Serruriers.
Fixation a l'avai^ce de sommes
d'argent, pour indemniser des
maîtres charpentiers de répa-
rations à faire à cause d'acci-
dents matériels survenus dans
une construction de campanile,
168. Voy. aussi Prime
Fondations (creusement de), 3,
229, 231, 235, 391 ; — d'un
martyrium, 142, 224 ; —
grosses pierres des), 158, 192,
— de qualité très dure, 391 ;
— (réserve faite de certaines),
41 ; — (résistance des), 173,
225, Voy. Pose (de la première
pierre).
Fondeur (en métal), ciseleur,
38. Voy. Fonte,
Fontaine-lavabo {cloi'lr. cath.),
91; — [cloi'lr. monast., pal.
épisc), 21, n. 3. 146, 147.
148, 325; — de bronze, sur-
montée d'une statue équestre,
avec dauphin, et ornée de
figures historiques et artis-
tiques (monast.), 121, de
marbre, 147, 148.
468
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
Fonte (art delà), en général, 38;
— (de cloches). Voy, Cloches;
— (de métal), Voy. Ciselure,
Serhorerie.
Fonts baptismaux. Voy. Baptis-
tères.
FORGEKONS et SeRRURIERS, OU-
vriersdufer en général, 52, n.
5, 73, 279, 381 ; — (immunités
épiscopales concédées à des),
en Champagne et en Alsace,
381 ; — (immunités seigneu-
riales concédées à des), en Poi-
tou et en Saintonge, 362, 378.
Fortifications, élevées en avant
d'un ouvrage de défense et lais-
sant entre le pied des murailles
et le fossé une circulation plus
ou moins large, 335. Voy.
Braie ; — d'églises. Voy,
Églises (fortifiées) ; — d'évê-
chés. Voy. Palais épiscopaux;
— de bourg, 99 ; — de camps
retranchés dans le Maine et la
Normandie, 274, 277, n. 7 : —
de cimetière, 16, 20; — de
château, à doublement de
mur, 99 ; — de fermes, 256 ; —
de maison de ville, 256, n. 4 ;
— de manoirs épiscopaux. Voy.
Manoirs ; — de monastères,
68, 168, 191,230, n. 1, 256, n.
4, 280 ; — de motte de donjon.
Voy. Donjons, Mottes; — de
moulins, 182, 256, n. 4 ; — de
ponts, ibid. ; — de villes, 64,
67, 172-174, 240, 332, 346-
348, 381, 384 ; — illégales,
en Normandie, 251, 252.
Forum de Trajan (ruines du), à
Fourvière, près de Lyon, 270,
n. 1.
Fossés (arch. mil., urb.\ 64, 67,
68, 332, n. 1, 384 ; — {chat.},
94, 98, 99, dans les construc-
tions normandes, 68, n. 1, 278,
332, 333, n. 6 ; — (dimension
des), d'après la Coutume de
Normandie, 252 ; — « en
plaine » ibid., n. 3 ; — dans les
châteaux flamands, avec ponts,
375, n. 2 ; — entourant l'em-
placement circulaire d'une
halle, 180, 183, les retranche-
ments d'une motte avec don-
jon, 182, un parc, 70, 73, une
ferme fortifiée, 256, une grange,
167; — (contrescarpe de), 314.
Fours [monast.), 230, 231.
Fronton. Voy. Pignons (d'égli-
ses).
G
Galerie élevée, permettant de
suspendre des tentures le long
des murs, lors des solennités
[cath.], 215. V. Triforium ; ^-
allée disposée sur un muret por-
tée sur arcades [égl. mon.) ; —
appentis de bois le long d'une
enceinte de mur, avec place
au centre, servant de halle aux
marchandises (arch. ur/).),183,
n. 1 ; — de palais épiscopal,
ou promenoir orné de colonnes,
et surmonté d'un lambris à
planchettes de chêne, 95, 97,
n. 1 ; — de palais seigneurial,
sorte de balcon, 375, n. 2,377,
n. 1; — de salle capitulaire,
en saillie, et soutenuepardeux
colonnes [monast.), 133 ; —
d'infirmerie monastique, 136.
Galilée. Voy. Narthex.
Gardiens d'églises. Voy. Mar-
guilliers, Sonneurs de clo-
ches ; — de châteaux et palais
seigneuriaux, 113, 194, n. 4 ; —
de ponts [monast.), 359; —
de tours, ou veilleurs [monast.),
230.
Géométrie et physique (abbé
bâtisseur instruit en), 246,
n. 1. Voy. Instruments (de géo-
métrie). Règle (graduée).
Granges ou greniers à céréales,
58, 167, 340 ; — à paille,
114, 115; — de pierre et cou-
verte de tuiles, 96; — de pierre
et couverte en pierre, 166;
— de couvents de chartreux,
359 ; — (enceinte de pierre de),
167.
Grau, 89, n. 1. Voy. Ports.
Greniers à céréales. Voy.
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
469
Granges ; — à provisions. Voy.
Celliers.
GnoTTi:, contenant un autel, et
servant de lieu de retraite à un
ermite, 326, 329. Voy. Ermi-
tages.
Guet (lieu de), corps de garde,
endroit couvert propre à ob-
server l'ennemi, 275.
Habitations particulières, faites
de terre, 14. Voy. aussi Ermi-
tages ; — dans les cimetières,
à savoir : privées, 250, 251,
n. 1, 263, 264, 288, n. 4, 342,
— monacales, 288 ; — avec di-
mensions, 13, 1 53 ; — seigneu-
riale transformée en couvent
de femmes, 290. Voy. Maisons.
Hache, 384, 385 ; — à double
tranchant, 385
Hachette (de sculpteur ou de
maçon), 226.
Halles, 183, n. 1 ; — (sorte de
double), ibid., ; — (emplace-
ment d'une), près d'une en-
ceinie demur, avec appentisde
bois, sur un terrain entouré de
fossés, 180, 183, n. 1 ; — (portes
de), 183, n. i.
Hôpital. Voy. Hospice.
Horloge mécanique, 74, n. 3.
Hospice (reconstruction d'), 65.
V. Infirmeries, Maison-Dieu.
Hôtes (bâtiments des), ( monast.)
—, 285, n. 1 , 325, 358 ; — (cham-
bres d') avec cheminée, 247,
superposées, ibid. ; — avec ou
sans peinture, 358, n. 5 ; —
{pal. épisc), chambre et cha-
pelle réservées aux hôtes
ecclésiastiques, 165.
HouRDAGE, 99, 252, n. 6. Voy.
Echafaudages. Voy. aussi Bre-
TÈCHES, CrÉNELAGE.
Hydraulique (travaux d'), —
{chap. cath. et dnm. épisc.) 97,
n. 3, 308, n. 2 ; — {châl. et dom.
seJ(/«.), 188, destruction, à l'aide
d'engins, des conduites d'eau
d'un château-fort assiégé, 280;
— monast. et collég.), 16, 21,
n.3, 58, 118-120,187, 246, 247,
n. 7, 257, 260, 267, 280, 281,
229, 300, 379 ; — [pal. épisc.
et collég.) 167. Voy. Plomb
(conduite d'eau, en).
Iconographie. Voy. Peinture,
Sculpture, Statues.
Imbrications, ornements imbri-
qués imitant des écailles de
poisson, sur le pilier central
du porche d'une église monas-
tique, 148, n. 3.
Incendie d'églises monastiques,
collégiales ou rurales, et pré-
cautions prisescontre le feu, 6,
8-11, 22,36, 39, 60, n. 2, 118,
119, 142,208, n. 1, 242, 244,
n.1,387:— de bourgs, 242,
243 ; — de cathédrales, 3, n. 1
et 4, 61, 62, n. 1, 63, 67,n. 1,
68, 79, 83, 84, 165, n. 2, 207,
208, n. 1,212, 224, n. 1, 225,317,
372 ; — de châteaux, fiO, n. 2,
— de manoir épiscopal, 167 :
— de palais épiscopal, 317 ; —
de palais seigneurial, 63, n. 4;
— de villes, 3, n. 4, 63, n. 4,
84, 93, 322, 323.
Incrustations, marqueteries ser-
vant à la décoration d'églises
romanes, 86, — à l'ornemen-
tation des cathédrales de
Lyon et de Vienne. 269, n. 1.
Voy. Ciment.
Indemnités accordées à des
maîtres charpentiers. Voy.
Fixation a l'avance de sommes
d'argent.
Infirmeries (cAa/). cath.), 244; —
{monast.), 21, 23, n. 2, 59, 60,
120, 136, 209, 247, 303, 304,
325, 388, 393-394; — {ibid.)
de bois, 388-394 ; — (chapelle
d'), 22, n. 2, 23, 120, 139, n. 2,
303 ; — (dimensions de cham-
bres d'), 136 ; — (galerie exté-
rieure d'), 136 ; — (salle d'),
60. Voy. Cloître, Hospice,
Lambris, Maison-Dieu.
470
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
Influence de Cluny en P'rance,
à l'étrangler, dans l'Italie cen-
: traie, 132, n l,dansrilalie mé-
ridionale, 177, n. 4, 178, n. 1 ;
— de l'architecture auverji^nate,
en général, 218, n. 3. en Bour-
gogne, 245 n.l, en Nivernais,
33, n. 5,282, n. 2, en Orléanais
et sur les bords de la Loire,
33, n. 5, 55, 56, n. 4, en Bour-
gogne, 397, n. 1, en Saintonge,
248. n. 2, en Velay, 234, n. 1 ;
— de l'architecture bourgui-
gnonne, en Velay, 233, 234,
n. 1, 235, n. 1, sur la cathé-
drale de Sens, 211, n. 1 ; — de
l'architecture de l'Ile-de-France
sur ladite cathédrale et sur
celle de Gantorbéry, 211, n. 1,
de l'architecture germanique,
dans la région de l'Est, 79,
n. 4, et dans celle du Nord,
313, n. 3 ; — de l'architecture
poitevine en Velay, 235, n. 1 ;
— de l'architecture religieuse
et militaire de la Normandie et
du Maine en Angleterre, 198,
n. 4, 215, n. 1 ; -r- de celle de
Saint-Martial de Limoges sur
celle de Saint-Jacques de
Compostelle, avec un lien de
parenté avec celle de Saint-
Sernin de Toulouse et celle de
Sainte-Foi de Conques, 397,
n. 1 ; — de l'art antique et
gallo-romain à l'époque bar-
bare, 172, n. 2, et à l'époque
romane, sur les bords de la
Loire, 33, n. 2 ; — de l'art des
mosaïstes d'Italie sur la déco-
ration des églises monastiques,
31, 39, n.l; — de l'art lom-
bard sur des monuments
conventuels de la France,
26, n. 2, et sur l'architecture
du Nord de l'Espagne, 405,
n. 1 ; — de l'art oriental sur
l'architecture romane, 292,
n, 4, sur des mosaïques de la
Provence, 355, n, 4 ; — de la
sculpture auvergnate et lan-
guedocienne sur divers monu-
ments, 146, n. 1, notam-
ment dans le Nord de l'Es-
pagne, à Compostelle, 401,
n. 3 ; — des pèlerinages en
Terre Sainte, sur les construc-
tions d'églises. Voy. PÈLEm-
NAGKS EN Terre Sainte.
Ingénieurs militaires. Voy. Ar-
chitectes.
Inscriptions commémora tives :
dune consécration d'église mo-
nastique, 254, n. 2, d'une cons-
truction de cloître abbatial,
147, 148, d'un pavement en
mosaïque du chœur d'une
cathédrale, 354, 355, d'une
œuvre de sculpture sur le lin-
teauduportaild'unecathédrale,
91, n. 4, delà construction d'un
château, au-dessus du por-
tail, 236, 237, n. 1, de noms
d'évêques sur des bases de
colonnes d'une cathédrale, en
souvenir de sa consécration,
68, n. 7, de noms de sei-
gneurs et de paroissiens, en
haut des arcades d'une cathé-
drale, 71; — en vers latins, au-
dessus de la porte d'une salle
de palais épiscopal, 166, sur
des reliquaires, 320, sur des
murs d'église monastique, de
cloître, 17, 37, sur un pave-
ment en mosaïque d'église
monastique, 354, 355 ; —
sur un portail de cathédrale,
406, n. 7 ; — funéraire, sur
un tombeau d'archevêque, dans
le baptistère d'une cathédrale,
249 ; — liturgique, sur les
murs d'une église abbatiale,
lors de sa consécration, SI.
Instruction artistique. Voy.
Apprentissage, Enseignement
(des arts).
Instruments de géométrie ser-
vant à repérer les constructions
à élever, 159, n. 4 ; — pour
des tracés d'écriture à faire
sur parchemin, 358, n. 3; —
règle graduée de géomètre,
servant à mesurer les pierres
d'appareil, 390. Voy. Géomé-
trie.
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
471
Intaille de lettres, avec argen-
ture. Voy. Chaînettes, Cise-
lure, Sculpture.
ÎYOïRES, 369, n. 3.
Jetée, 89 ; — entrecoupée de
petits pools, ibid. Voy. Ports.
Jeux. Voy. Dés.
Jubé {cath.,égl.mon. et par.), 77.
Justice (salle de). Voy. Salle.
Laine (éloffe de), 17, 139.
Lambris (cath.), 3, n. 1, 64, 68,
83,163, avec peinture {ibid.);
— {égl. coll.), 93, 141, 142,
244, n. 2 ;— [égl. mon.), 3,6,
8, 10, 16, n. 3, 118; — de salle
d'infirmerie [monasL), 60; —
de galerie {pal. épisc), 95.
Voy Bois, Comble (lambrissé).
Lanterne, dite esconce, servant
dans les monastères pour les
tournées de nuit, et dans la-
quelle on mettait un cierge al-
lumé, 303, n.2et 3.
Latrines [inonast.), 134, 137,303 ;
— (fenêtre de), 304 ; — (sièges
de), 134, 303.
Lavabo, lavoir. Voy. Fontaine-
lavabo.
Laveuses (ouvrières), 393 ; —
(lavoir de), ibid.
Légendes et miracles (relatifs k
des constructions); — de la co-
lombe qui voltige sur un calice
et disparaît dans le puits d'une
église, 76, n. 3 ; — de l'église
cathédrale de Coutances et
du charpentier d Isigny, 76-
77, 144; — de l'église collé-
giale de Sainl-Hilaire de Poi-
tiers, 142 ; — de la fontaine du
cloître de l'abbaye de Moissac,
149; — du château de Castel-
pers (Rouergue) et de l'inter-
cession de sainte Foi de Con-
ques, 49-50 ; — du campanile
en bois de l'abbatiale d'Ouden-
bourg et de sa remise en place,
171, 174 ; — du puits de Batil-
ly, 1 34, n. 3 ; — du secours four-
ni par un bœuf pour un trans-
port de matériaux, lors de la
construction de la cathédrale
de Laon, 320 ; — survenus à la
suite d'accidents pendant les
constructions. Voy. Accidents
DU travail.
Léproseries 279, n. 2, 309, 311,
316; — (patron des), ibid ; —
plan des), 311, n. 4 ; — (mai-
sonnettes des), ibid.
Levier. Voy. Balistes, Machines,
Tréruchëts, Vis.
Liens de bois, souple et pliant,
servant à retenir les pièces d'un
échafaudage, 130, 174; — for-
més dentrelas ou tortis de ba-
guettes pliantes pour aider à
fixer provisoirement le comble
d'une église contre ses parois
latérales, 169 ; — jointures de
poutres assemblées dans une
charpente servant à recouvrir
une église, 208. Voy. Charpen-
tes, Echafaudages.
Limes, 383.
Lin (rideau, tenture de), 139.
Linteau {calh.), 402 ; — à rin-
ceaux (ibid.), 91, n. 4 ; — (égr/.
mon.), 26.
Louage d'un artiste verrier,
laïque, pour l'œuvre des vi-
traux d'une église abbatiale,
191,193; — d'un maître d'œu-
vre, laïque, pour la construc-
tion d'un pont [dam. mon.),
109-111 ; — d'un maître d'œu-
vre, laïque, pour la construc-
tion d'une tour [monast.), 229,
231 ; — de maîtres capa-
bles d'enseigner divers arts et
métiers (chap. cath.), 307 ; —
maîtres maçons, laïques, au
service d'évêques, pour des
constructions religieuses, 288,
289, 3Î3, ; — de maîtres
tailleurs de pierre, et de divers
artistes, laïques, pour la cons-
truction d'une église abbatiale,
26, 35, 105, 106, 127, 130, 191,
193, 393 ; — de forge on s et
d'ouvriers du fer, en général.
472
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
pour le service de l'évoque de
Strasbourg (pal. épisc). Voy.
Devis, Fixation a l'avance de
SOMMES d'argent.
Lucarne, 134.
Luxe et prodigalité dans la con-
struction et la décoration des
églises, des cloîtres et des pa-
lais épiscopaux, du temps de
saint Bernard, 366-370.
M
Mâchicoulis, 230, n. 1.
Machines à soulever des maté-
riaux de pierre, à charger et à
décharger des navires, 211 ; —
à voûter, 222 ; — de relève-
ment, pour redresser et repla-
cer une construction de bois,
faussée et renversée, 174; — de
siège, 7, 100, 275, 284, n. 6,
337, 387 ; — tour mobile de
siège, à trois étages, 335, 337.
Voy. Balistes, Trébuchets.
Maçons, 3, 5, 12, 34. 41, 68, n.7,
69, n. 5,130, 277, 280, 311 ; —
(maîtres), 73 ; - (immunités
seigneuriales accordées à des),
en Poitou et en Saintonge,
361, 362, 377, 379. Voy. Aides
d'artisans. Architectes, Maî-
tres d'c«:uvres, Tailleurs de
pierre.
Magasins de provisions. Voy.
Celliers. Voy. aussi Granges.
Maisons : — Carrée, à Nîmes, dite
« Capitolium », Capdueil, 240;
— Dieu, bâties d'abord en bois,
puis rebâties en pierre, 165,
n 3; — de bois, 60, 167, 187,
241,253, 270, 297, 298, 322,
323, 340, 346, 347 ; —
de pierre, 95, 123. 172, 297,
342, 343, 346. 389, 392 ; —
fortes, 7, 113, 256, 278, 377,
n, 3 ; — de refuge pour
des clercs pauvres, 261 ; —
de ville (avec fortifications),
256, n. 4 ; — rurales, en
général, 114-116; — de manoir
épiscopal, 167. Voy. Habita-
tions (particulières).
Maîtres d'ceuvres. Voy. Archi
tectes.
Maîtrises d'offices, d'artisans,
ouvriers en fer, forgerons, ser-
ruriers, armuriers au service
d'évêques, 381, 383.
Manoirs en général, 167, n. 6,
leur caractéristique, ibid ; —
en particulier : 1° abbatiaux,
198, n. 4 ; — 2° épiscopaux,
hors cité, 96, 164, 167, 316,
avec chapelle, 95, n. 4, 96,
avec portail et tourelle , 316,
avec salle, 164, 167, avec en-
ceinte et fossés, 167 ; — incen-
diés, 167. Voy. aussi Châteaux.
Manteau pluvial, vêtement ecclé-
siastique. Voy. Chape (de soie).
Marbre (autel de), 39; — (cloître
monast. de), 59, 394 ; — (co-
lonnes de), 31, 128, 221, 222,
269, 403, n. 1, 405 ; — (colon-
nettes de), 221, n. 3, 269 ; —
(gisement de), 268-270 ; —
(inscription sur), 147, 148 ; —
(lavabo-fontaine de), 148; —
(mosaïques de), 355, n. 3 ; (pa-
vement historié en), de couleur,
provenant d'Italie, du pays de
Rome, 34 ; — (placage de),
403, n. 1 ; — (sculptures, statues
de), 147, 370,403, n. 1, de mar-
bre blanc. 404 ; — (substitu-
tion du) à la pierre, 38 ; —
(tombeau de), blanc, 86, 87,
159, cipollin, 178, n. 1 ; — Ide
Paros), 159;— (ville de), 128.
Marchés (de marchandises). Voy.
Halles; de travaux de con-
struction, de peinture, ou loca-
tion de main-d'œuvre. Voy.
Devis, Louage.
Marguilliers [cath.), 73, 76 ; —
[égl. mon.), 171.
Marqueterie. V. Incrustations.
Marteau de maçon, 280, 377.
Martyrium, caveau d'ancienne ba-
silique, 141 ; — percé d'une
baie latérale, 142.
Matériaux de construction. Voy.
Transport.
Mausolées circulaires romains,
32, n. 4. Voy. Tombeaux.
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
473
Menhirs, debout et renversés,
54, 5'i. Voy. Monuments (méga-
lithiques).
Menuisiers. Voy. Charpentiers.
Mesures de construction : —
toise, 56, son rapport au xi«
siècle avec le pied usité à
l'époque mérovingienne, 56, n.
2 ; — tirées de la taille hu-
maine, à l'époque romaine, puis
au moyen âge, 134, n. 3, 157,
159, 330, 331, 347, n. 2, 398,
n. 2, 399. Voy. Pied-main,
Puits.
Métaux (précieux). Voy. Argent,
Or; — (non précieux). Voy.
Bronze, Cuivre, Etain, F"er,
Plomb.
Métiers et arts divers. Voy.
Armuriers, (>arhiers. Char-
pentiers, Cimenteurs, Cise-
leurs, Émailleurs, Ferron-
niers, Fondeurs (en métal),
Fougerons et Serruriers,
Laveuses, Maçons, Mosaïstes,
Orfèvres, Plombiers, Sculp-
teurs, Tailleurs de pierre,
Terrassiers, Tissage (d'or,)
Verriers. — Voy. aussi Acci-
dents DU travail. Aides d'ar-
tisans. Architectes, Artisans
GROUPÉS, Maîtrises d'offices,
Outils, Salaire, Serfs.
Meuîitrières, 275, n. 1. Voy.
aussi Crénelage.
Missions: — d'un moine de la
Chaise-Dieu, à la collégiale de
Saint-Front de Périgueux,
pour y sculpter le tombeau du
patron de ladite église, 242,
243 ; — de moines de la même
abbaye pour fonder le prieuré
de Sainte-Gemme iSaintonge),
248 ; — de moines de l'abbaye
de F'ontevrault, en Anjou, Bre-
tagne, Limousin, Périgord,
Poitou et Touraine, 312, n. 1 :
— de moines de l'abbaye de
Marmoutier, en .\ngleterre,
pour Y fonder le monastère
d'Ilastlngs, 195-198 ; — de
moines de l'abbaye de Sainte-
Foi de Conques, pour fonder
une église dans le Bazadais,
238, 2.{9. — - Rapports entre
l'abbaye de Cluny et celle de
Farfa (Italie centrale), 132, n.
1 ; — entre l'abbaye de Cluny
et celle du Monastier (Velay),
234, n. 1 ; — entre celle de
Saint- Florent-le- Vieil et celle
de Saint-Mélaine, en Bretagne,
154, 155. n. 2 ; — entre la
Grande-Chartreuse et le prieuré
de Mont-Dieu, au diocèse de
Reims, 266, n. 2.
Mobilier. Voy. Aiguières, Am-
poule (de verre), Anneaux, Ar-
mures, Assiettes, Autels (por-
tatifs, tables d'). Bancs, Bas-
sins, Bijoux, Broderies, Ca-
lices, Candélabres, Chaî-
nettes, Chape, Ciborium, Ci-
thare, Cloches, Compas, Cof-
fre, Coule, Couronnes de
lumière. Croissant, Croix,
Crucifix, Doloire , Emaux,
Encenseur, Escabeau, Etoffes,
Horloge (mécanique). Lan-
terne (de monastère), Mar-
teau (de maçon). Orgues, Pa-
tène, Pic, Pointes (de métal),
Propiciatoire, Règle, Reli-
quaires et Chasses, Sièges,
Suspensions, Tables, Tapisse-
rie, Tentures, Tiges (de fer).
Vases, Viole. Voy. Outils.
Modèles de monuments d'archi-
tectuie, 55, 123, n. 1 et 4,
387, 389; — de sculpture, 147.
Voy. aussi Coupe des pier es,
Dessins, Panneaux de bois,
Trait.
Moines, clercs d'églises monas-
tiques : — 1° constructeurs ou
réparateurs d'églises, 11, 13,
15, 16, 21,26,35, n. 4, 52, n. 5,
119, 248, 249, 254, 255, 304,
305, 361, n. 3, 389-390, de
fortifications, 16, 21 ; —
moine auxiliaire d'un maître
d'œuvre laïque ou architecte
en chef, chargé de l'aider dans
la surveillance des travaux de
maçonnerie d'une église ca-
thédrale, 223 ; — moine
474
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
prêté par l'abbé d'un monas-
tère à un évêque pour des tra-
vaux de construction d'une
cathédrale, 292-294 ; — clerc
travaillant à la couverture
d'une église monastique, 169,
170 ; — 2" Peintres, sculp-
teurs, verriers, 32, 36, n. 3,
37, 154-156, 242, 243, 248, n.
3, 305, 306 ; — 3° Chargés
de l'office d'entretenir des
bâtiments conventuels, autre-
ment dit moines « ouvriers »,
21, n. 1, 189. Voy. Fabrique.
Voy. aussi Chanoines (cons-
tructeurs). Contribution (per-
sonnelle à des travaux maté-
riels de construction).
Monuments , objets antiques
(restes de), 54, 180, 181, (ré-
sultats de fouilles dei, 181,
n. 6 ; — mégalithiques, 54,
55, 280, 281. Voy. Menhirs;
— (utilisation de) pour des
constructions chrétiennes pri-
mitives ou romanes, 168, 172,
204, n. 3. Voy. Armures,
Chaussée, Colonnes, Coupole
(du Panthéon), Maison Carrée,
Temple païen.
Mortier, 143, 389, 391 ; — {égl.
mon.), avec mélange de vinai-
gre ou de vin, 34. Voy. Ci-
ment.
Mosaïques. Voy. Pavements.
Mosaïstes, 39.
Mottes de donjons, de châteaux,
113," 180, 182-184, n. 1, 278,
298, n. 3, 314, 337, n. 2 ; —
(fossésde), 314; — (rebord de),
servant à protéger un asile de
monastère, 20, n. 6. Voy. Don-
jons.
Moulins, 58, 73, n. 2, 91, 98,
118, 150, 182, 241,260, 308, n.
2, 342 ; — (fortifications de),
256, n. 4 ; — (roues motrices
de), d'après une ancienne
miniature (monast.), 119, n.
4.
Moulures, profils {cath.), 224,
n. 1 ; — tores (ca</i.), 85, n. 4,
{égl. prieur.), 371, n. 3.
Musique (instruments de). Voy.
Cithare, Orgues, Viole.
N
Narthex, portique ; fond de l'é-
glise (Voy. Galilée), 8, n. 2,
23, n. 4, 31, n. 1, 135-140.Voy.
aussi Avant-nef, Pronaos.
Nef {cath.), 72, 73, n. 6. 83, 84,
n. 1,85, 161, n. 3, 163, n. 5,
204, n. 2, 210, 213, 215, 287,
327, n. 3. 371, n. 3; — {égl.
coll.), 235, n. 1, 398, n. 4,
399, 400 ; — {égl., mon.], 6,
16, n. 3, 22, 41, n. 1, 157,159,
160, 178, n. 1, 248, n. 2, 262,
n. 5, 273, n. 4, 285, n. 1, 303,
304, 341, n. 4,353, 371, n. 3,
391 . Voy. Avant-nef.
Nielle (ornement de), 128, n. 6.
Obédience (construction d'),
dépendance de monastère, 326;
— avec maisons de bains, 191.
Ogives Voy. Croisée, Voûtes.
Or (travail de 1), 383. Voy.
Bijoux, Calice, Coq (des clo-
chers). Couronnes de lumière,
Poutre (triomphale). Reliquai-
res, Statues, Tables (d'autel).
Tissage.
Oratoires. Voy. Chapelles.
Orfèvres {cath.). 73, 74, 93. 382,
n. 2; — {monast.), 139, 280 ;
— {ca-th.) ouvrant la petite or-
fèvrerie, autrement dit me-
nuyers, 383, n. 4.
Orgues {cath.), 214 ; — {égl.
mon.), 344. Voy. Diapason.
Orientation {cath.), 4, 19, 203
204, 205, 329 ; - {égl. mon.)
160. Voy. Symbolisme.
Outils de charpentier, 10, 145
— de forgeron et de serru-
rier, 258, 279, n. 3, 383, 384
— de maçon, 45, 226. 280,
377 ; — de sculpteur, 226 ; —
de terrassier, 280, 384.
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
475
Ouvriers et ouvrières. Voy. Mé-
tiers et arts divers.
Palais : — 1" épiscopaux, en gé-
néral, 93, n. 3 ; — en particulier,
72, 74, 75, 95, 133, 164-166,
267-269, 301, 302, 31 G, 319,
323, 381 ; — de bois, recon-
struits en pierre, 16.'>. n. 3 ; —
(chambre, chamhre à coucher
de), 166, 269, 384;— (chapelle
de), 133, n. 10, 166, 269, 318,
n. 3, 326, 382 ; —(cuisine de),
97, 316, 384 ; — (fenêtres
de), 166, 382 ; — (galerie
de), 95, 97, n. 1 ; — (pave-
ment de mosaïque de), 268 ;
^ — (peintures murales de),
268, avec représentation de
personnages, 166 ; — (portes
(le). 382 ; — (portique de),
268, n. 4 ; — (salle de), 95, n.
4, 166; — (tours ou tourelles,
défenses, murailles fortifiées
de), 268, 318, n. 3; — travaux
de construction d'annexés
(chambre et chapelle réservées
à des hôtes ecclésiastiques),
165. Voy. aussi Manoirs (épis-
copaux);'— 2» orientaux, 279,
avec appartements d'été, d'hi-
ver, 277, n. 8 ; — 3° royaux, 11,
332, 400. — 4° seigneuriaux,
18, 112, n. 4, 113, 161, n. 1,
298, n. 1, 331, 332, 342.
Palissades, clôturant un parc
épiscopal, 70, 73; — entourant
une ferme fortifiée, 256, une
motte, et défendant un asile
de monastère, 20, n. 6, un
château, 184, n. 1, 335 ; —
flanquées, à redans, ou d'ali-
gnement, 252 ; — surmontant
un mur et entourant un bourg,
99. Voy. Enceintes (de bois).
Panneaux de bois, patrons,
formes. 212, n. 1. Voy. Ponts,
Parapet (de pont), fait de larges
pierres, 393, n. 1. Voy. Ponts.
Parchemin (à dessiner). Voy. Des-
sins ; — à écrire, 358, n. 3.
Parcs, jardins, vergers, 73, n. 1
166,253, 345 ; — (dom. épisc),
avec plantation d'arbres d'es-
sences diverses ou enceinte
de palissades et fossés, 70, 73,
97, n. 3, 98, n. 1.
Parloir (c/i^<.), 185 ; — {mnnast.),
23, n. 4, 302,304, avec dimen-
sions, 133 ; — {pal. épisc), 133,
n. 10.
Parvis (cMth.), 401.
Passerelles (de bois). Voy. Ponts
(de donjons).
Patène, 25 ; — d'or, 85.
Pavements et mosaïques d'églises
romanes, en général. 82, n. 2,
101, n. 4 ; — [cath.], 101, 163,
209, 215, 217, 283, n 5, 321 ;
— de crypte, 328, 329, 354,
355; — de cellules, en couleur
{monast.), 358, n. 5 ; — {éffl.
mon.). 43, n. 3, 82, 101, n. 4,
120,354, 355, n. 1, 369, histo-
rié, en marbre de couleur,
provenant d'Italie, sorte de
mosaïque, 34, en pierres
très dures, 157 ; — (pal.
épisc), 268. Voy. Mosaïques.
Pavillon Cépiscopal), 3S5 ; —
(charpente de bois de), ibid .
Peintres (ca</i.), 93; — (monast.),
38, 264, 2H0.
Peinture: — 1» d'autels, dans une
crypte (cath.), 94; — d'églises
en général, à l'époque romane,
68, n. 8 ; — d'églises monas-
tiques à l'extérieur, 37, à l'in-
térieur, 16, n. 3, 32, 119, n. 1,
358, n 5, 369, au-dessus du
sanctuaire, 208, à la voûte, 36,
n. 3 ; — de cathédrales, à l'ex-
térieur, 269, n. 2, à l'intérieur,
65, 68, 93, 405, en haut du
sanctuaire, 163, 208, 217, 226,
de chapelles épiscopales, 166,
268, seigneuriales. 185; — de
monastères, de cloîtres, 17,
59, 60, n. 4, 264, 265, 368, de
chambres des hôtes (tAiof.i, 358,
n. 5 ; — de palais épiscopal,
dans unegalerie, 95, n. 4; — de
pavements sur carreaux, dans
les Chartreuses, 358, n. 5 ; —
476
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
de statuettes de saints {égl.
mon.), 368 ; — sur verre, 155,
n. 4. — 2" (Enseignement de
l'art de la), 305. — 3° (Sujets
de) : historiques (évêques, rois,
empereurs et personnages di-
vers), 93, 94, 166 ; — religieux
(Apocalypse, Nativité et Pas-
sion de Jésus-Christ), 32,
Saints, en général : observa-
tions sur leur représentation
par la peinture murale, dans
les églises, 47, 49.Voy Enduit,
Vitraux.
Pèlerinages en Terre Sainte,
leur influence sur les cons-
tructions d'églises, 2, n. 1, 18,
107, 123, n. 4, 124, n. 5 et n.
6, 292, n. 4, 301.
Péristyle (de temple païen), 241,
n 2. Voy. Temple païen.
Perspective des monuments, de
la nature, 95, 98, n.l, 166.345 ;
— (vue), d'église, de cloître,
125, n. 2 ; — (observation de
la), dans les monuments, 29,
n. 4.
Phénomènes météorologiques
ayant inspiré 1 idée de cons-
truire une église, 112, n. 5.
Pic, instrument de fer, 280, 384.
Pied-main, mesure de longueur,
appliquée à des constructions,
347, n. 2. Voy. Mesures de
Construction (tirées de la taille
humaine).
Pierre : — 1° angulaire, 159, n.
3 ; — de justice, 237, n. 6. —
2° (Emploi de la), dans" les
constructions de chapelles,
d'oratoires monastiques, 146,
147, 290, 291, 3.30, 331, 365,
366, 391 ; — dans les annexes
de palais épiscopaux, 165; —
dans es donjons et leurs en-
ceintes, 247, n. 2, 336, n. 2,
338, n. 4, 342 ; — dans les en-
ceintes de villes, 172-174, 240,
346-348 ; — dans les fortifica-
tions de monastères, 168 ; —
dans les granges, 96, 166, n.
1, avec enceinte, 167; — dans
les maisons, 95, 123, 297, 298,
342, 343, 346; — dans les
ponts, 70, 73, 109-111, 118,
122, 261, 262 ; — dans les
ports fluviaux ou maritimes,
69, n. 5, 89. - 3° (Rempla-
cement de la), par du bois, dans
une église monastique de
l'Anjou, 18 — 4° (Substitu-
tion de la) à la brique (égl.
mon.), 38 ; — au bois dans
les reconstructions de collé-
giales, 141, 142, 165, n. 3,
d'églises et oratoires mo-
nastiques, 22, 33, 34, 55, n. 4,
168, 169, 175, n. 4, 298-
301, 363, d'églises Cistercien-
nes, 362-363, 374, de cathé-
drales, 8.3-85, 94, 313, de cha-
pelles seigneuriales, 298, 299,
de donjons, 111, 113, avec in-
terdiction de l'emploi de la
pierre dans des reconstruc-
tions d'édifices de ce genre,
291, de maisons-Dieu. 165, n.
3,depalais épiscopaux, 165, n.
3. — 5° (Variétés d'espèces
de): — calcaires (d'espèce dure
ou tendre), 187, 374, n. 4, 392,
à grains serrés et de grande
dimension, dites choins dans
le Lyonnais, 268, 270 ; — de
couleur sombre, 172, 405; —
de couleur claire, pour tom-
beaux, 249; — de meulr, pour
des moulins, 241 ; — employées
dans le Nord et en Flandre,
172, 173.— 6° (Régions pau-
vres en), 172, n. 3. Voy. Ap-
pareil, Coupe des pierres. In-
cendie, Marbre, Porphyre.
Pierres précieuses, 48, 56, 68,
n. 4, 72, 86, 119, n. 1, 250,
269, 323, 368. Voy. Bijoux,
Topaze.
Pignons d'églises (cath.), 96,
401, n. 5 ; — (égl. mon.), 3,
178, n. 1.
Piliers (ca</i.), 210, 211, 213. 216,
218, 223, 399,400; — arrondis
ou hexagonaux, 218, n. 2 ; —
(bases de), 217 ; — servant
de support, sur trois côtés, à
une voûte, 214, 221,222,225,
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
477
227, 228 ; {cath. et égl. mon.),
avec alternance de, 30, n. 4,
avec colonnes ou colonnettes
engagées, 30, n. 4, 42, n. 2,
222, 399, n. 4; —dans les égli-
ses de l'École lombarde et de
l'École rhénane, ainsi que dans
la Normandie et le Maine,
puis en Angleterre, 287, n. 2 ;
— (remplacement de), par des
colonnes bien exécutées, 159.
Voy. Colonnes, Pyramide.
Piscines {monast.), 148, n. 3; —
[obéd. mon.), 190 ; — voûtées,
servant de bains d'eaux ther-
males, iAirf. Voy. Bains.
Pittoresque (aspect) de la nature,
comparé à celui des monu-
ments, d après diverses des-
criptions tirées des chroniques.
Voy. Perspective.
Placage de cuivre {égl. mon.),
38 ; — de marbre [cath.], 217,
226 [égl. coll.], 403, n. 1.
Plafonds de bois. Voy. Lambris,
Comble (lambrissé).
Plan: — de rabl)aye de Beau-
port, 285, n. 1 ; — de l'ab-
laaye de Saint-Gall, 42, n.
4, 133, n. 1, 137, n. 3, 140, n.
1 ; — de l'église du prieuré de
Cantorbéry, 207, n. 1, 227, n.
1 ; — de l'ensemble des bâti-
ments conventuels de l'Ordre
de Cluny, d'après les statuts
dits de Farfa, 132-140, d'après
le règlement rédigé par le
moine Bernard, 302-304 ; — de
Saint-Jacques de Compostelle
398, n. i ; — de Saint-Sernin
de Toulouse, ibid. ; — des
fouilles de la cathédrale Notre-
Dame de Paris, 349, n. 1.
Planchers. Voy. Etages
Plantagenêt (style), 23, n. 4, 85,
n 3. 310, n. 3.
Plâtre. Voy. Enduit.
Plomb (cercueil de), 9; — (con-
duite d'eau, en), — dans un châ-
teau, 100 ; — (couverture de),
cath.), 72, 228, 405; - {égl. et
clottr. mon.) 118, 120, 208,
343, 353,394; — (fil à), 358, n.
3,391; —(lamede), 329;— ser-
vant, avec du fer, à relier de gros-
ses pierres d'appareil, déforme
quadrangulaire, 172; — ulilisé
pour faire tenir des vitraux en
place, 145, n. 2, 156, n. 1, 161,
n. 2. Voy. Briques (à revête-
ment de plomb).
Plombiers, 75.
Polissage des murs d'églises
{égl. mon.), 366.
Ponts {dom. épisc), 91 ; — {dom.
mon.), 23 ; — {dom. seign.), 15;
— avec cens {dom. coll.), 104,
sans péage {dom. mon.), 109,
111, 392, 393 ; — {dom. seign.),
102 ; — avec fortifications,
256, n. 4 ; — avec gardien {mo-
nast. de Chartreux), 359 ; —
(rupture et réparation de), 393;
— surmonté de moulins sur
les piles de pierre {dom. seign.),
73, n. 2; — de pierre (rfom.
épisc), 70, 73, {dom mon.),
109-111, 118, 122, 261, 262.
387, 392-393, très résistante,
d'appareil, 392 ; — (collecte
pour la construction en pierre
d'un), — dom. mon. — ,261. — 2°
(Devis de la construction d'un),
— monast. — , avec défense
d'y élever ni chapelle, ni forti-
fications, 109 111 ; matériaux
à employer audit pont, ibid. —
3° (Donjons avec), de bois,
en plan incliné, reliant une
motte à une première enceinte,
314,335; — faisant partie des
retranchements d'une motte,
182; — (mesure de l'élévation
d'un château à motte, en sa par-
tie médiane), 315 ; — (support
de), en bois, 335, 336, à l'aide
de colonnes accouplées ou ter-
nées, 314 ; — tablier de), 314,
n. 1. — Voy Parapet.
Porche roman, en général, 269,
n. 4; — (ornementation du),
ibid. et 370, n. 1 ; — {cath.),
163, n. 2, 398, n. 4 ; — {égl.
mon.], 9, 16, 23, n. 4, 30, 41,
n. 6, 136, n. 2, 148, n. 3, 285,
n. 1, 361, n. 3, 365 ; — sur plan
478
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
barlong, fermé et surmonté de
deux tours, 282, n. 2; — inté-
rieur, surmonté d'une tribune,
248, n. 2. Voy. aussi Narthex.
Porphyre. Voy. Escabeau.
Portail d'églises romanes, en
général, 76, n. 4; — [cath.),
61, n. 1, 73, n. 6,77, 91, n. 4,
101, 163, n. 2, 397-40ri, 406, n.
3. et n. 7, avec peintures, 269,
n. 2, précédé de marches de
pierre , 405 ; — (égl. coll.) en Es-
pagne, 403, n.l, avec plaques
de marbre, ibid ; — [^gl- mon.),
23, 42, n. 4,59, 81,82, 87, 91,
n. 4, 140, 146-148, 207. Voy.
Linteau, Porche, Portes
(d'églises). Sculpture, Sta-
tues, Tympan, Trumeau.
Portes d'églises conventuelles, 8,
32, en nombre déterminé, ibid.,
134 ; — méridionale et sep-
tentrionale, ibid., 138, avec
dimension donnée. 136 ; — d'é-
glises fortifiées, 92, n. 1,116,
n. 1 ; — de châteaux et d'en-
ceintes de murs de châteaux,
18, n. 7, 50, 99, 180, 183, flan-
quée de tours, 99, n. 2 ; — de
cloître de cathédrale, 316, de
fer, ibid. ; — de donjons ou de
leurs retranchements exté-
rieurs, 182, 314 ; — de manoir
épiscopal, 167, fortifié, ibid.,
surmonté d'une tour, 316; — de
monastères, 123, n. 1, 140, de
bois, 388, reconstruite en
pierre, 387, 389, sur un modèle
donné, ibid. ; — de villes, 99,
236, 398, n. 3 ; — (verrous de),
383. Voy, Portail.
Portique, grand vestibule de
temple païen, 240, 241, n. 1 ; —
de cloître {monast.), 285; —
garni d'autels (<?gr/. mon.), 31.
Ports : 1° maritimes, sur la
Manche, 193, 345, sur la Mé-
diterranée, 87, 89, nature des
ouvra , es exécutés, ibid. ; —
2° fluviaux, sur le Rhin, 69,
n. 5. Voy. Grau, Jetée.
Pose de la première pierre {égl.
calh.}, 406; — {égl. mon.), 47,
246, 271, n. 4 ; — de pierre et
d'or, au-dessous d'un donjon de
bois à construire, en signe
d'heureux présage, 182. Voy.
Fondations.
Postes d'observation, usités en
Normandie, en Syrie, 274,
275, 277, n. 8.
Poteries antiques. Voy. Vases.
Poterne {arch. mil. urb.^, 346,
347.
Pots de terre cuite, placés dans
l'épaisseur de la construction
comme moyens d'acoustique
et agents de répercussion du
son, 376, n. 2. Voy. Acous-
tique.
Poulies (cordes de) , servant à faire
monter et descendre les ten-
tures qui décorent les murs
d'une église, 82, n. 3, 319. Voy.
Tentures.
Poutres, entraits, 3, 8, 169, 208,
222, 245. Voy. Charpentes, Py-
ramide ; — poutre triomphale
surmontée d une croix{ég l. mon.
et cath.), 122, n. 3, 209, 213,
217; - dorée, 218.
Pressoir [dom. épisc), 167.
Prévôt {cath), 80; — {monast.},
21, n. 1, 260-263 ; — coopérant
à la construction d'un château-
fort, 21.
Prime d'encouragement aux répa-
rations pressantes d'une église
endommagée par suite d'un
accident. Voy. Fixation a l'a-
vance DE SOMMES d'argent.
Prison (dans l'étage supérieur
d'un château-fort), 50, n. 1.
Procédés employés par les con-
structeurs pour aménager les
provisions d ns les châteaux-
forts, 280, n. 3 ; — paries assié-
geants d'un château, pour cou-
per les conduites d'eau, 280.
Pronaos des basiliques, 136, n. 2.
Voy. AVANT-NEF, BASILIQUES.
Propiciatoire {égl. mon), 38.
Proportions. Voy. Mesures.
Puits (cath.), 76, 77, 90, n. 6 ; —
{chat.), 386, 387;— {cloître),
21 {pal. épisc), 316 ; — (taille
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
479
humaine servant à mesurer un),
134, n. 3. Voy Citernes, Me-
sures DE construction.
Pyramide (forme de), employée
dans les piliers, 162 ; — dans
les poutres, 118 ; — dans un
tombeau, 243, n. 4.
Redans. Voy. Palissades.
Réfectoire [chap. calh.), 90, 316 ;
— {coll.), 375, n. 2, 376; —
iégl. mo«.), 21,23, 24,37, 44,
39, 119,135,137, 138, 230, 231,
285, 290, n. 3, 291, 359, n. 2;
— [ibid.), des hôtes, 230, avec
dimensions fixées, 135 ; —
(porte de), 304, (tables de), 137.
Refuge (lieu de). Voy. Asiles.
Règle graduée de géomètre,
pour mesurer les pierres d'ap-
pareil, 390 ; — servant à facili-
ter le tracé de l'écriture sur les
parchemins, 358, n. 3. Voy.
Appareil, Instruments.
Relief (travail en) sur étoffe,
ouvragé avec broderiesde diffé-
rentes couleurs, 17, 140. Voy.
Broderies, Etoffes.
Reliquaires et châsses, 9, 140,
183, 209. 230, 319; - antropo-
morphes, en métal, 4^* ; — avec
inscriptions, 320 ; — avec pierres
précieuses, 250, 320 ; — de
bronze, 328, 381 ; — de plomb,
327, 329 ; — recouverts d'or,
d'argent, 218, 250, 320, 368.
Voy. Reliques, Sculptures,
Statues.
Reliques (transport et exhibition
de), dans des tournées de quê-
teurs, pour des offrandes ser-
vant à la reconstruction de
cathédrales, 317,319,320.
Remplace. Voy. Transkpt.
Renouvellement des églises après
l'an mille, 1, 4, 4o; durée
éphémère des premières égli-
ses romanes, 4, n. 7, 40.
Réservoir, bassin d'eau, dormante
ou courante, pour l'élevage des
poissons. Voy. Vivier.
Retables. Voy. Tables (d'autel).
Roseaux (couverture provisoire
faite avec des), pour une
église abbatiale, 118.
Rotonde, oratoire de forme cir-
culaire dans une église abba-
tiale, 28, n. 3, 32, n. 4. Voy.
Coupole.
Rue, voie publique (ouverture
de), 356, 389, 392. Voy. Chaus-
sée.
Sacristie {cath.), 79, n. 4, 165 ;
— {égl. mon.), 23, 136, 285, n.
1.303 ;—{égi.par.),2Z3. Voy.
Vestiaire.
Salaire d'ouvriers divers em-
ployés à des constructions, de
charpentiers ou maîtres char-
pentiers {égl. mon.), de
maîtres maçons [égl. par.), 19,
36, 168, 231, 343. Voy. Acci-
dents DU travail. Fixation a
l'avance de SOMiMES d'aRGENT.
Salle capitulaire {cath.), 164;
— (mo/ia.«<.), 23, 133, 147, 285,
n. i, 302, 391, avec dimen-
sions fixées, 133, avec nombre
déterminé de fenêtres, t/>i(/.;
— d'infirmeries. V. Infirme-
ries ; — de châteaux. V. Châ-
teaux ; — de justice dans un
bourg, près d'un château fla-
mand, 375, n. 2 ; — de palais
épiscopaux. V. Manoirs (épis-
copaux). Palais (épiscopaux) ;
— des hôtes {monast.). V,
Hôtes (bâtiments des).
Sanctuaire (d'églises diverses),
93, 158-160,162, 163,169, 210,
225, 335, n. 3, 398, n. 4, 399 ;
— orné de peintures dans sa
partie supérieure, 163 ; — sé-
paré du chœur pendant le Ca-
rême, au moyen de tentures.
Voy. Choeur {égl. mon.), 160.
Saphir. Voy. Vases.
Sapin (bois de), servant à la cou-
verture d'une tour d'église mo-
nastique, 171. Voy. Bois.
Sauveté (bourgs de), 239, n. 1.
480
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
Voy. BouHGS, Croix (de sauve-
garde), Villes (neuves).
Sculpteurs, 74, 212, 279, 305,
306 ; — prêtés par une abbaye
au Chapitre d'une cathédrale
pourdes travaux d'art, 305, 306.
Sculpture: — 1° (ca//i.),74, 91, n.
4, 218, 224, n. 1 et 2; 225, 397,
402-405 ; — (cloitr. monast.),
17, 119, 146-148 ; — {égl. coll.),
242, 243, 248, n. 3, 402, n. 1 ;
— {égl. mon.}, 8, n. 2, 122,
147, 361, n. 3, 369 ; — {pal.
épisc), 166 ; — en forme d'é-
cailles {égl. mon.), 148, n. 3. —
2° (Sujets de), religieux : le
Sacrifice d'Abraham, 401, n. 5 ;
le Roi David, jouant de la
viole, ibid . ; la Création de
l'homme, ibid. ; Adam et
Eve, et le Paradis terrestre,
402; l'Annonciation, 402; la
Nativité, 403 ; la Passion, 122,
403 ; la Tentation, 404, n. 1 ; la
Transfiguration, 405 ; le Christ
de majesté, 402; le Jugement
dernier, 404 ; la Femme adul-
tère, 404 ; les Apôtres, 402 ; les
Evangéiistes, ibid., les Saints,
en général, 47-49 ; les Anges,
402-404 ; les démons, 403. —
3° (Sujets de), tirés de la na-
ture : le zodiaque, 404, n. 1. —
4" (Sujets de),tirés du règne ani-
mal : animaux en général, 402,
404, 40r> ; agneau tenant une ins-
cription, 166 ; bœufs figurés
dans les entre-colonnements
des tourelles d'une cathédrale,
320, n. 5 ; têtes de bœufs figu-
rées au-dessus des linteaux de
portails, 402 ; centaures et
monstres, 369 ; coq des clo-
chers, 70, 74, 317 ;daupiiin, 121,
n. 6 ; lions, léopards figurés sur
des portails d'églises, 147, 369,
401, n. 5, 402, 403 ; oiseaux,
403-405 ; panthères, 369 ; pois-
sons, 404, écailles de poissons,
148 ; singes, 369. — 5° (Sujets
de), tirés du règne végétal :
fleurs, 402-405. — Voy. Cise-
lure, Colonnes, Colonnettes,
Imbrications, Intaille, Mou-
lures, Statues.
Sépultures. Voy. Tombeaux.
Serfs. Voy. Affranchissement,
Artisans, Artistes, Charpen-
tiers.
Serrurerie, 76, 381 . Voy. Ci-
selure, Fonte (art de la).
Serruriers. Voy. Forcerons.
Sièges [mobilier], 134, 137, 208 ;
— épiscopal, archiépiscopal,
90, 163, 217, 319. Voy. Bancs.
Soie (étoffes de), vêtements, ten-
tures, 12, 35, 329,345, n. 4. Voy.
Broderies, Chape, Etoffes.
Sonneurs de cloches {égl. mo-
nast.),\li. 359. Voy. Gardiens
(d'églisesi.
Soupente {chat.), 185, n. 2.
Statuettes. Voy. Statues.
Statues : — 1" des portails de
cathédrales, 269, n. 2, 402-405,
avec traces de peinture, de do-
rure, ibid. ; — des portails
d'églises monastiques, 370, n.
1. — 2" (Sujets de), histori-
ques : abbé, en marbre, 147 ; roi,
achevai, la tête couronnée, en
bronze, 121, n. 6 ; — reli-
gieux ; Anges, 402-404, Ché-
rubins, 122, dorés, 213 ;
Christ (le), de majesté, 218,
402, de bois, 8, peint, 122;
Evangéiistes, Apôtres et Pro-
phètes, 402 ; Saints, en géné-
ral, et observations sur leur
représentation par la statuaire
dans les églises, 47-49,140, 402-
405, en particulier, 122, 193,
213, 218, 404, de bois, 49, de
bois recouvert de dorure, d'ar-
genlure et de pierres pré-
cieuses, 119, de plaire, 49,
peints, 368, servant de reli-
quaires, 4S ; la Sainte Vierge,
76, 77, 122, 213, en bois, 8,
dorée, 269, n. 2, avec l'Enfant
Jésus, à Bethléem, 403. Voy.
Peinture, Reliquaires, Sculp-
ture.
Stèles, 369, n. 3.
Style Plantagenêt. Voy. Planta-
genêt (style).
RÉPERTOIRE ARCHEOLOGIQUE
481
Surnoms de châteaux. Voy. Châ-
teaux ; — de cloches. Voy.
Cloches ; — d'une fenêtre de
la tour d'un château-fort, 332.
Voy, Vocable.
Suspensions dans les ég'lises,
308 ; — garnies de sept lampes
et ornées de pierres précieuses,
ihid. Voy. Couronnes de lu-
mi è're.
Symbolisme: — 1° dans l'architec-
ture religieuse, 27, 30, n. 2, 74,
n. 3,80, 81, 157, 159-160, 285,
329 343 ; — apriori et a poste-
riori, 159, n. 2, 399, n. 1. Voy.
Axe (de l'église^. Orientation,
Tau (lettre) ; — 2° dans le mobi-
lier ecclésiastique, 368, n. 2 ; —
3" dansl'architecture militaire.
Voy. Pose (de pierre et d'or).
Système d'arcs diaphragmes en
pleincintre, portant des pignons
et reliés par Un comble de char-
pente à deux versants pour cou-
vrir une nei{égl. mon.), 118.
Tabernacle {égl. mon.), 35.
Tables, avec insertion d'or, ser-
vant de support à des statues
de saints [agi. mon.), 140; —
d'autels Icath.), 319, dorées
[ihid.) ; — (égl. mon.), 52, 239,
de vermeil, 52 [ibid.).
Tablier de pont. Voy. Ponts.
Tailleurs de pierre, 105, 127,
191,192, 260, 277, 311. Voy.
Architectes, Maçons.
Tapisserie de Bayeux, 74, n. 3,
314, n. 1,
Tau (lettre), exprimant d'une
façon symbolique la disposi-
tion architecturale d'un sanc-
tuaire {égl.
Symbolisme.
Voy.
Temple païen, d'ordre pseudo-
périptère. à Nîmes, 240, 241 ;
appelé Capitolium [Capdueil),
improprement dénommé la
Maison-Carrée, ibid., n. 3; —
en forme de parallélogramme
rectangle, ibid. ; — précédé
d'un grand portique, 241, n.
1 ; — avec péristyle, ibid.
Voy. Portique.
Tentures, voiles, tapis servant à
la décoration de l'intérieur des
églises, pendant les fêtes et
solennités, 9, 17, 22, 73, n, 3,
82, 94, 139, 140, 209, 215. 268,
319, 358 ; — à la décoration des
portes de leur façade, 35, 140;
— à la garniture des bancs, ou
i< banquiers », des sièges, ou
<( dosserets » 17, 22, 137, 140;
— à la séparation du chœur et
du sanctuaire pendant le Ca-
rême, 160 ; — avec figuration
de lions, 22 ; — manœuvres à
l'aide de cordes et de poulies,
82, n. 3, 319, suspendus le
long des murs depuis la hau-
teur d'une galerie pratiquée
près des voûtes, dans une ca-
thédrale, 215 ;— de laine, 139,
de lin, ibid. Voy. Galerie, Tri-
FORIUM.
Terrassiers, 280.
Terre (oratoire fait avec de la),
257, 258 ; — (sorte d'habitation
de reclus faite avec de la),
14; — cuite (emploi de pots
en), dans l'épaisseur d'une
construction religieuse comme
moyen d'acoustique et agent
de répercussion du son, 376,
n. 2. Voy. Acoustique.
Tiges de fer, servant à aider à
fixer l'assemblage de certaines
pièces de bois dans une cou-
verture de char|)ente, 208, 245.
Tissage d'or, 87 ; — exécuté par
des ouvrières, ibid.
Toise. Voy. Mesures de construc-
tion.
Toiture. Voy. Couverture.
Tombeaux 1" antiques, 318, grou-
pés en cercle, ibid. ; — 2" du
moyen âge; — d'archevêques
et d'évêques, 87, 219-221, 274,
280 ; — d'un chanoine, prévôt
d'une église abbatiale, 261,
263; — de rois, 196, n. 2, 353,
n. 3 ; — de saints, transfert de
31
482
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
leurs restes, cause de réfection
d'églises, description, 5, 9,
31, 35, 42, 122, n. 3, 141, 142,
165, 210, 242, 243, 2o9, n, 1,
354, n. 3, — surmonté d'un édi-
cule on bois, sorte de ciboriuni
{égl.mon.),Zi.\o\ . CiBoniuM ;
— de seigneurs, 159, 177, 199 ;
— en forme de saint-sépulcre,
192, 356 ; — sculptés, 122, n.
3, 242, 243, 248, n. 3. Voy.
Chyptes, Mausolées, Pyua-
MIDE,
Topaze, 381 . Voy. Pierres pré-
cieuses.
Tours (arch. mil., urb.), 64, 99,
n. 2, 173, 174, — substituées à
une enceinte de bois, 64, 67,
68 ; — (cath.), 62, n. 3, 72,
73, n. 6, 75, 76, 79, n. 4,
94, 95, 96, 161, n. 4, 162, 164,
213, 214, 215, 218, 219, 220,
222, 227, 228, 318, n. 3,405 ; —
tourelles à étage octogonal,
avec entre-colonnements, 320,
n. 5, tours avec bandes lom-
bardes, 405, n. 1 ; — [chat.), 9,
50, 78, 98, 111, 113, 236, 237,
276, 277, n. 1, 280, 315, 326,
332, 333, 342, 373 ; — [chnt.),
tour maritime, 386. Voy. Don-
jons;— [dom. épisc), surmon-
tantleportail d'un manoir, 316;
— {égl. inon.),iÇ), n. 3,33, 35,
42, n. 4, 44, 45, 119, 120, 136,
157, 158, 174, 178, n. 1, 282,
317, n. 5, 365, avec couverture
de bois, 388, cylindriques, ren-
fermant des escaliers tournants,
29, — d'enceinte, 191, 192, n.l,
230, située dans une île, 229 ;
— {pal. épisc), 268 ; — {arch.
mil., urb.), tourelles servantde
défense à des maisons fortes,
377, n. 3. Voy. Gardiens.
Tradition romaine, sensible dans
des cathédrales et des monu-
ments conventuels, 26, n. 2,
29, n. 2, 32, n. 4, 212, n. 2, 215,
dans des mosaïques du Midi de
la France, 355, n. 2 et 3, dans
l'usage de canaux servant aux
défenses de châteaux et de
villes fortes, 100, n.l; — caro-
lingienne, persistant après le
renouvellement des églises
dans la vallée de la Loire, au-
dessous d'Orléans, 18, n. 2.
Voy. Influence (de l'art anti-
que et gallo-romain).
Trait, art de tracer des panneaux,
des patrons de bois, 212, n. 1.
Tranchée pratiquée en terre' pour
le siège d'un château-fort,
333.
Transept, croisée du transept,
croisillon {cath.), 64, n. 3, 73,
79, n. 4, 90, n. 5, 161, n. 4,
214, 218, 220-224, 226, 398,
n. 4, 399, n. 3, 400, 401, n. 5,
405, avec remplage pour le
carré du transept, ibid., n. 2 ;
— {égl. mon.), 8, n. 2, 41, n.l,
42, n. 4, 45, n. 5, 57, n.2,262,
n. 5. 285, n. 1, 391 ; — double
{ibid.), 160, 273, n. 4.
Transport de matériaux de cons-
truction au moyen de bran-
cards, 390, d'attelagesde bœufs,
41, 66, 105, 158, 229, 231, 320-
321 ; — de terre, à l'aide d'un
ours apprivoisé, pour élever
une motte de donjon, 182; —
par voie fluviale, maritime, à
destination soit de monastères,
soit de cathédrales, 33, n. 5,
128, 158, 195, 211, 394. Voy.
aussi Civière, DÉiMOLition.
Travail manuel. Voy. Contri-
bution (à des travaux matériels
de construction), Coopération
(corporelle des populations).
Tréblchets, sorte de balistes,
engins mécaniques, pouvant
servir à des maîtres charpen-
tiers pour opérer le relève-
ment et la mise en place d'une
grosse œuvre de charpente,
d'un campanile de bois, par
exemple, déplacé et renversé,
174. Voy. Balistes, Machines.
Trésor (maison du) voûtée
{monast.), 12.
Trésorier d'église, 11, 80, 319.
Tribune d'église {cath.\, 398,
n. 4, 399, n. 4, 400, n. 4, 404 ;
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
483
— voûtée en quart de cercle,
398, n. 4 ; — [égl. mon.), 400,
n. 5, surmontant un porche,
248. n. 2.
TmFORiuM(ca</i. ) . 21 5, 21 6, 226 ; —
(grand), aveccolonnesde marbre
{cath.) 222, 228 ; — (petit), au-
dessous des grandes fenêtres
[ihid.], 222, 226, 228 ; — con-
tournant le transept [égl. cath.
et mon.), 399, n. 3 ; — des égli-
ses bourguignonnes, 222, n. 1.
Voy. Clerestory. Galerie.
Trumeau de portail d'église, 148.
Tuiles. Voy. Briques.
Tympan de portail [égl. cath.),
403, n. 1, 404, n, 1 ; — {égl.
coll.), du Nord de l'Espagne,
403, n. 1, fait de plaques de
marbre, ibid.
Vases antiques, 172, 180, 181,
de verre, 180, 181, de couleur
rouge, 181 ; — d'argent, 8a,
323 ; — de plomb, contenant
des reliques, 327, 329 ; — de
saphir, 319 ; — en forme
d'outre, 329 ; — précieux, 172.
Voy. Verres (à boire).
Veilleurs. Voy. Gardiens (de
tours).
Verre (ampoule de), 328, n. 1 ;
— Verres à boire, coupes, 22,
172 ; — d'argent, 267, 326. Voy.
Vases (antiques).
Verriers (maîtres) : — {cath.),
74, 93 ; —{égl. mon.), 139, 154-
157, 161, n. 2, 191, 193, 265, n,
3 ; — frareté des mentions de),
avant le xiii^ siècle, 155, n.
4.
Verrous de portes, 383 ; — ver-
velles (ou vertevelles), 384. V.
Portes.
Vestiaire {cath.), 42, n. 4. Voy.
Sacristie.
Villes (formation et développe-
ment de), 111,112, n. 4 ; —
neuves ou villages 232, 282,
283, 354, 356; — (origine de
noms de), 111. n. 4 ; — allu-
sion à la Rome antique, bâtie
d'abord en briques, puis avec
des édiflces de marbre, 128.
Voy. Bourgs, Châteaux, Forti-
fications, Sauveté.
Viole, instrument de musique,
sculpté sur un portail de ca-
thédrale, 401, n. 5 ; — le roi
David jouant de la), ibid .
Visa lever des fardeaux, 211, n.
3. Voy. Levier.
Visites, inspections de monas-
tères, de chapelles de l'Ordre
de Cluny, 131, n. 4.
Vitraux (cath.), 68, n. 6, 83, 85,
94, 96, 145, 163. 164, 268,269 ;
— (nombre fixé de), 401
[ibid.); — {égl. coll.), 93; —
{égl. mon.), 8, 28-30, 32, n. 3,
133, 139, 154-157, 161, n. 2,
191, 193, 264, 265, 341 ; —
(place assignée par un abbé à
des), dans une église conven-
tuelle, 1 56, (pose desdits), i7)i(/. ;
— réparations de vitres de fe-
nêtres dans un cloître (wionas^),
avec de la cire et du plomb,
161, n. 2. Voy. Châssis (de vi-
trail). Cire, Plomr.
Vivier, pièce, réservoir deau dor-
mante ou courante, pour l'éle-
vage des poissons {chat.) 98,
333, n. 4 ; — (monast.), 123,
143, 280, 281, 352 ; — piège à
poissons, ibid.
Vocable (changement de) d'une
église, 125, 127. Voy. Surnoms.
Voûtes {cath.), 90, n. 6, 214, 220-
223, 226, 228, 287, 398, n. 4,
399, n. 4; — {égl. coll.), 142 ;
— {égl. mon.], 8, 12, 39, 59,
158, 159, 235, n. 1, 248, n.
2, 262, n. 5, 371, n. 3 ;— d'a-
rête, 31, n. 1, 398, n. 4 ; — d'o-
gives, 287, n. 1,371, n. 3, 372,
n. 5, archaïques, 238, n. 3, les
plus anciennes qui paraissent
subsister en Angleterre, 287,
n. 1 ; — domicales {cath.), 83,
484
RÉPERTOIRE ARCHÉOLOGIQUE
292, n. 2 ; — (emploi tardif
des), dans le Maine et dans la
Normandie, avec persistance
descharpentes apparentes, 161,
n.3 ; — (substitution de) à des
combles lambrissés (ca</i.), 83,
85,217. Voy. Clefs de voûte.
Voy. aussi Trésor (maison du),
— voûtée (monast.).
Zodiaque (représentation du)
dans la sculpture des portails
d'églises, 404, 1 .
ZONES de protection (étendue des^ ,
autour des églises, 114, 116,
117, 152, 153. Voy. Asiles.
GLOSSAIRE
Absconsa, lanterne à mettre un
cierge, servant pour les tour-
nées de nuit dans les monas-
tères, 303, n. 2. Cf. ScoNSA.
Absida, Absis, abside, 8, 10, 41,
n. 3 ; — absida lignea, édi-
cule de bois, supporté par des
arcades de pierre et surmon-
tant le tombeau d'un saint,
dans une église, 31 .
AcEBvus PETRARUM-, monumcnt
mégalithique, 54.
AcupicTURA, travail en relief sur
étoffe, 140, n. 3.
Acus, pointe de métal, sorte d'ai-
guille, 384.
Adulterinum, illégal (en parlant
d'un castrum), 252, n. 2.
Aedituus, moine chargé de
l'entretien et de la surveil-
lance temporelle d'une
église monastique, 11.
Agger, motte, 21, 314; — agge-
ris crepido, rebord de motte,
ibid . ; — aggerare molem,
élever une motte, 182.
Ala, paroi épaisse, gros mur
extérieur d une église, 30,
162, ; — collatéral d'église,
213, 217, 218, 221.
Alatorium, allée de service,
chemin de ronde (dans un châ-
teau-fort), 252.
Alexandrinum opus. Voy. Opus
alexandrinum.
Aliptes, artisan ou artiste s'oc-
cupant de recouvrir des murs,
des voûtes d'enduit, peut-être
de peinture à fresque, 36, n. 3.
AlIPTICUM opus, SCHEMA. Vo}' .
Opus alipticum, schéma.
Aliptina, paroi, voûte recou-
verte d'enduit, peut-être de
peinture à fresque, 36, n. 3.
Allaborare, travailler en sus,
avec effort, 83.
Altariolum, petit autel, 140.
Alveus, bassin, 269.
Ambulatorium, échafaudage per-
mettant de circuler le long
d'une construction qu'on
élève, 37 ; — vimineum, fait
de bois pliant, avec des claies,
ibid. Voy. Deambulatorium.
Anaglifum opus. Voy. Opus
anaglifum.
Angulare, disposer d'une façon
angulaire le plan d'une cons-
truction, 138.
Antemurale, saillie de muraille,
de rempart, proéminence dans
les défenses d'un château-fort,
98, 99.
Apotheca, magasin de provi-
sions, cellier, 10, 318.
Apparatus, appareil d'une cons-
truction, 5 ; m LIGNO ET
lapide, fait de bois, de pierre,
326.
Appenditia (subst. fém.), Appen-
DiTiuM, annexe d'une construc-
tion, 8, 161.
Aptitare {syn. d'APTARE, dispo-
ser ("une construction), 138.
Voy. COAPTARE.
Aquilonarius, du côté du Nord,
136 ; — porta aquilonaria,
porte du côté du Nord,
ibid.
Arca, coffre, niche, 11 ; — récep-
486
GLOSSAIRE
tacledes provisions de grains,
73, n. 2. — Voy. Archa.
Argua (ecclesiae), trésor d'é-
glise, 147 ; — (poNTis), pile de
pont, 73, n. 2.
Archietralis, archevêque, 8.
Architector. Voy. Architectus.
Architectoria ars, architec-
TURA, art de l'architecture, 40,
69, n. 5.
Architectus, architecte, ingé-
nieur militaire, 7, n. 5, 41, 69,
n. 5, 272, 276, 313 ;— praeci-
PUUS, DISPOSITOR CAEMENTARII
oPEhis, architecte en chef, 69,
n. 5 ; — SAPIENS, passim ; —
charpentier travaillant à un
comble, à une couverture de
bâtiment, 7, Cf. Architector,
7, n. 5.
Arcuare (ecclesiam, fornicem),
arquer une église, une voûte,
à simple ou double arcade, 31,
n. 1, 226, 344, n. 1 ; — arcua-
tum opus. Voy. Opus arcua-
tum.
Argus ante presbiterium, arc
triomphal, 169 ; — major,
maximus, même sens, 140, n. 1,
162 ; — PRiNGiPALis, même
sens, 140 ; — deambulatorius.
Voy. Deambulatorius argus.
Area, plancher, étage (dans un
château bâti en bois), 184 ; —
triplex, triple étage, ibid. ; —
GOQUINAE AREA INFERIOR, SUPE-
RiOR, cuisine à double plancher
ou étage, 185.
Aries, bélier, instrument d'at-
taque dans les sièges de ville,
173.
Armarium, bibliothèque (dans un
monastère), 59 ; — dépôt ser-
vant à serrer les livres de
chant des enfants de chœur
[ibid.), 303, 325.
Armarius, chantre dans «n mo-
nastère, gardien des livres de
chant, 303.
Ars architectoria. Voy. Archi-
tectoria ARS ; GAELATORIA.
Voy. Caelatoria ars ; — fuso-
HiA. Voy. Fusoria ars ; — li-
GNARiORUM, art de la charpen-
terie, 122. Voy. aussi Faber
LiGNARius ; — pigtoria. Voy.
Pigtoria ars ; — scalptoria.
Voy. Scalptoria ars ; — sgrip-
toria. Voy. Sgriptoria ars;
— sculptoria. Voy. Sculpto-
RIA ARS ; VITREARUM [fCUeS-
trarum], art du verrier, 193.
Artifex, artisan en général, 280 ;
— architecte, 41, 64, n. 3, 89,
105, 106, n. 1, 164, 166, 210,
211, 393 ; — ouvrier employé
dans une construction, 12 ; —
maçon, 35, 162. Voy. Socius
artifex ; — AERis, ciseleur de
cuivre, de bronze, 368 ; —
[architector^, maître chai'pen-
tier, couvreur en bois, 174,
n. 3 ; — bituminis, cimen-
teur, pour une construction
en maçonnerie ; — caemen-
TARius, architecte, 5 ; — in
EXSTRUENDIS AEDIFICIIS ET MA-
GHiNis, GASTRi TURRis, archi-
tecte militaire, ingénieur, 275-
278, 337 ; — lignarius, char-
pentier, menuisier, 125, in
LiGNO, lignorum, même sens,
211, 306; — MONACHus, moine
artiste (dans l'art des enduits,
de la peinture), 36, 37 ; —
[sgulptor], ciseleur d'objets
d'or et d'argent, 172 ; — vel
GARPENTARius, architectc-char-
pentier, 184 ; — vitrearum
[fenestharum], verrier, 193 ;
— autifigum pringeps, archi-
tecte en chef, 33.
Artifigiare, exécuter avec art,
d'une façon technique, 147.
Artifigiosum opus, œuvre (de
construction) exécutée avec
une habileté technique, 27.
Artifigium, exercice d'un métier,
d'un art, passim. Cf. Artis
argumentum, 174.
Ascensorium, escalier (de rem-
part), 377.
AsGiGULUs, aisseau, bardeau, 94.
Voy. EssiLLus.
Asseres, chevrons de charpente,
d'une couverture, 208, 245.
GLOSSAIRK
487
AssisTRix, religieuse assistante,
prieure (dans un couvent de
femmes), 311.
AuDiToiuuM, parloir (^monast.j,
133, 302 ; — salle de palais
épiscopal, 133, n. 10. Voy.
aussi Caméra.
Ai;la, lieu de réunion en géné-
ral ; — EccLESiAE, nef d'église,
209, 210, 213, intérieur d'é-
glise, en général, 345 ; — salle,
demeure seigneuriale, 18, 112,
161, n. 1, 237, n. 6 ; — salle
de monastère, 305 ; — episco-
PALis, ARcniEPiscopi, Salle de
palais épiscopal ou archiépis-
copal, 72, 74, 75, 95, n. 4, 302,
318, n. 3.
AuLAEA, tenture, tapisserie, voile,
9,35.
AiiRiKABER, AURiFEx, orfèvre, 19,
139, 280.
AUTUMARE {syn. d'EXISTIMARE),
estimer, juger, 171 ; — Autu-
MA (syn. d'existimatio), ibid.,
n. 2.
Avis, instrument de bois, appelé
encore aujourd'hui otSf?au, dont
les manœuvres se servent pour
monter le mortier aux maçons,
45.
Balco, balcon, saillie d'une con-
struction de pierre, portée par
des colonnes, 133.
Balista, baliste, machine de
guerre à lancer des pierres,
100 ; — machine servant à des
charpentiers pour remettre en
place un édicule de bois dépla-
cé, 174.
Balistarius, combattant chai'gé
de la manœuvre de la baliste,
337.
BaLNEUS {sic), BALNEORUM DOMUS,
bain, maison de bain d'eau
minérale, thermale (dans une
obédience monastique), 190,
191.
Balteus, hraier, braie, ouvrage
de défense, élevé en avant d'un
front de fortification et laissant
entre le pied des murailles et
le fossé une circulation plus
ou moins large, 335, n. 5.
Bancale, étoffe mobile servant
de revêtement, de garniture à
des bancs, 17, 137, 140 (v. fr.
banquier).
Baptismi domus, baptistère, 82.
Baptistërium, fonts baptismaux,
baptistère, 233, 249.
Barra, barreau (de fer), 384.
Basilica, église (en général), 4,
7, 11, 12; — cathédrale, 3;
— église monastique, 5, 35,
105, 106, 118, 119 ; — cha-
pelle de la Vierge [nionast.),
28, 29.
Berleiche, Bretesche, bretèche,
275, n. 9,332, n. 1, 333, n. 6.
BiPENNis, hache à double tran-
chant, 385.
BiTUMEN, ciment très-agglutiné,
destiné h recouvrir la maçon-
nerie pour prévenir l'effet de
l'humidité, 170.
Bracuiata, brachium, brassée,
14, 154.
Brunls lapis), pierre de cou-
leur sombre, brune, de qualité
dure, 405.
BuTAGiuM, BOTAGiuM, boutagc,
prestation que doit au seigneur
celui qui vend du vin, 236.
Cacabus, chaudron, 383.
Cacuminare, donner une forme
allongée, en pointe, à l'extré-
mité supérieure d'une cons-
truction, 376.
Caelatoria ars, art de la cise-
lure, 38, n. 1.
Caei.atorium opus. Voy. Opus
caelatorium.
Caelatira (lapidea), sculpture
fine, ciselure de pierre, appli-
quée à une voûte, 158 ; — à
une chapelle seigneuriale, 185.
Caelum, partie supérieure du
488
GLOSSAIRE
sanctuaire de l'église, 163,
208, 399, 401, depictum, pic-
TURA DECORATUM, oméc de pein-
ture, 208,217,226.
Caementarium opus. Voy. Opus
CAEMENTARIUM.
Caementarius, maçon, 3, 12, 34,
68, n. 7, 69, n. 5, 74, 127,223,
280, 311, 3S4, 389, 392 ; — ar-
chitecte, 41, n. 3, 228, 289 ; —
(artifex), même sens, 5 ; —
(magister), maître maçon ou
architecte, 73 ; — [monachus]
QUI praeesï caementariis, ope-
Ri, ou bien encore caementa-
riis pr^fectus, moine chargé
pendant une reconstruction
de cathédrale de surveiller
techniquement les maçons et
tailleurs de pierre, conducteur
de travaux, 223, moine diri-
geant l'œuvre de maçonnerie
d'une église monastique. H,
127, n. 1. — Voy. Artifex,
Magister.
Caementum, biocaille de pierre,
moellon, 12, 21, n. 3, 126,211,
318 ; — mortier, 34, 45 ; — ci-
ment agglutiné, 170.
Caesor (lapidum), tailleur de
pierre, 105, 127, n. 1, 192,
277, 389, 393.
Calamus, chalumeau, tuyau dont
on se servait dans la commu-
nion pour puiser dans le calice
l'espèce du vin, 358.
Calcaneus, calcaire, 54.
Calceata, chaussée, 103, n. 2.
Calcinalis, calcinarius, calci-
NEus. Voy. Lapis.
Calefactorium, chaufToir, 134,
135, 303.
Calibs, fer trempé, acier, 384,
385.
Callis, voie, chemin, 30.
Cambuta, bâton pastoral, 280.
Caméra, chambre [chat.], 50 ; —
altior, chambre à coucher,
dite chambrehaute(/)a/.é/)i.sc.),
166 ; — AUDiTomi, chambre de
parloir, 133 ; — cum camino,
chambre avec cheminée, su-
perposée à une autre, égale-
ment avec cheminée, pour lo-
ger leshôtes [monast.), 247 ; —
LiGNORUM, couverture en bois
d'une église, 16, n. 3, depicta,
peinte à l'intérieur; — privata,
appartement particulier [mo-
nast.), 60 ; — puerorum,
chambre d'enfants (chat.),
185.
CaMERARE BASILICAM TEs(ti)tU-
DiNE (par opposition à lapidum
voltura), couvrir une église
d'une charpente de bois, 142.
Caminata chambre avec chemi-
née de château, 236.
Campana, cloche, passim.
Campanarium, clocher, campa-
nile (de bois), 172, 174, 175,
376.
Cancellus, sanctuaire (v. fr.
chancel), 93, 158, 160, 162,
163 ; — supREMus, haut du
sanctuaire, ibid.
Capitaneus, principal, en par-
tant d'un autel, d'une croix,
d'un sanctuaire, 118, 119, n. 1.
Capdueil. Voy. Capitolium.
Capellula, petite chapelle, 68.
Capitalis, capitialis, de chevet,
8, 319. Voy. FoRNix.
Capitium, chevet, 72, 75.
Capitolium (en langue d'oc Cap-
dueil) , ancien temple de Nîmes,
dit la Maison-Carrée, 240; —
SALA DE Capitolio, espacc inté-
rieur dudil monument, 240,
n. 2.
Capitulum, salle capitulaire(mo-
nast.), 133.
Capsa, châsse, 140. Voy. Capsu-
la.
Capsile, châssis (de vitrail), 145,
Voy. Fenestrale.
Capsula, petite châsse, petit reli-
quaire, 328; — AENEA, de
bronze, ibid. Voy. Capsa.
Caput (ecclesiae), chevet, abside,
passim ; — majus, abside prin-
cipale, 399; — PARvuM, absi-
diole, ibid. ; — superius, par-
tie supérieure du chevet, 3,
68, 399.
Carnetum, tombeau, 20.
GLOSSAIRE
489
Carpentahe, construire en char-
pente, 184.
Carpkntarius, charpentier, 52,
n. o, 73, 93, 14S ; — (artifex
vel), architecte-charpentier,
184; MAGISTER CARPENTARIO-
RUM VEL LATOMORi'M, architecte
en chef, 38. n. 2. Voy. Arti-
fex, Magisteu.
Casatus, vassal, 351 ; — d'un sei-
gneur évêque, ibid.
Castellaria, chàteau-fort, 194,
n. 3.
Castelletum, château-fort, 237,
n. 3.
Castellim, bastillede bois, dres-
sée pour le siège d'un château,
252, n. 7.
Catenula, cateixa, chaînette,
329 .
Caudex, souche d'arbre, 345.
Cavea, grotte, 329 ; — terrata,
tranchée (dans un siège), 335.
Cella, cellule, 2GG, 311, 358; —
ELEEMOSVNAHIA, ELEEMOSVNA-
RUM, chambre de l'aumônerie
{monast.), 135, 303 ; — mona-
CHORUM, petit monastère, 52,
131, n. 4 ; — NovrriORUM [ibid.],
noviciat, 303, 325 ; — vinaria,
cellier à vin, 97, 100.
Cellararia, celi.aria, cellier,
303, 324.
Cellerarius, moine cellérier,
245, 290 ; — chargé de coopé-
rer à la construction d'un
chàteau-fort, 21 ; — dignitaire
chargé des dépenses du maté-
riel, des ornements dans une
collégiale, 243.
Cenovectorium, civière, 390, n.
2.
CiiALYBS. Voy. Calibs.
Chaons, choins, pierres calcaires
de très grande dimension et à
grains serrés et fins, des envi-
rons de Lyon, 270.
Chiveria, civière, espècede bran-
card servant à transporter à
bras des matériaux de cons-
truction, 390.
Choraula. Voy. Coraui^ae (in
modum).
Chorus CANONicoRUM, chœur capi-
tulaire [cath.), 11 ; — mo.na-
CHORUM, chœur des religieux
(égl. mon.), 217; — psallen-
TiuM, endroit du choeur où les
chantres se tiennent [égl.
mon.), 34, 38, 159; — stalla-
Tus, partie du chœur qui est
pourvue de stalles {égl. mon.),
160.
CiBORiuM, dais ou baldaquin sup-
porté par des colonnes et ser-
vant d'ornement au-dessus de
l'aulel {égl. mon.), 31, n. 2 ; —
même sens {cath.), 128 ; —
dais sculpté surmontant un
portail, 402; — voûte corres-
pondant à l'endroit où est situé
le maître-autel (ca</i.), 223, 224.
CiBORius, 400, 403, 404. Voy.
CiBORIIJM.
Cimbra (espagn.), cintre, 399, n.
4.
ClMENTARIUS, 393. VoV. CaEMEX-
TAHius, 52, n. 5.
CiNDRiA (columna), coloune en-
gagée, ayant un rôle de sou-
tènement dans une galerie
d'église, 399, n. 4; — (média
colimna), colonne engagée
supportant un arc doubleau
et correspondant à une autre
du côté opposé de la nef, cha-
cune d'elles ne formant ainsi
que la moitié du support né-
cessaire à l'axe de la voûte
qu'elles soutiennent, 399, n. 4,
400. — Cindria, en catalan,
cintre, 399, n. 4.
CixGULA, sorte de ceinture de
pierre, support d'architecture
qui semble s'appliquer à un
arc doubleau, 400.
(hpHus. Voy. SciPHus.
CiRCA, tournée, ronde, dans un
monastère, 303.
CiRCARE, faire une ronde, 303.
CiRCATA. Voy. CiRCA.
CiRciNATio, courbure demi-circu-
laire (en parlant d'un.plan exé-
cuté au compas {ad circinum),
216,217, 218, 227.
CiRcuLATiM, en rond, 318.
490
GLOSSAIRE
CmcuMcuBsus, chemin de ronde
(dans un château-fort), 375,
n. 2.
CisTA, récipient, sorte de coffre,
184.
CiSTERNA, citerne, 230.
Classicum, cloche, 72.
Claustuha (?), CLAusuRA, niuT de
clôture, 136, 143, 384.
Clava, gros bâton noueux, gour-
din, 390.
Clavare (fornicem), disposer une
clef de voûte, 226.
Clavatura, clouterie, 383.
Clavis, clef de voûte, 221, 222,
226.
Clerestory , ternie usité en An-
gleterre pour désigner la
partie ajourée du mur surmon-
tant le triforium proprement
dit, partie prise dans l'épais-
seur du mur, 216, n. 4.
Clocarium, clocher, 60, n. 2 et
n. 5, 149, n. 1, 243, 268.
Clochier, clocher, 364, n. 2.
CoAPTARE, disposer (dans le lan-
gage de l'architecture), 136.
Voy. Aptare.
Cochlea, coclea, coculis, coclis,
escalier à vis, en limaçon, 29,
42, n. 4 (anc. fr. vis, viz).
CoLLOcuTORiuM, parloir (dans un
monastère), 23, n. 4 ; — orien-
tale, à l'est, ibid.
CoLUM, extrémité arrondie, 317.
Voy. Tholus.
COLUMNA CINDRIA, Voy. CiNDRIA.
GoLUMNELLA, coloiiuette, 30, n.
1.
CoMPAGiNARE (fustes), assocïer,
entrelacer desbois taillés (dans
une couverture d'édifice), 12.
COMPOSITIO, COMPOSITURA (OPERIS),
ordonnance d'une construction,
agencement des parties d'un
édifice, 142, 166, 344.
CoMPosiTou (oPERis), Ordonna-
teur de l'œuvre d'un édifice,
167.
CONCAMERATIO (lAPIDEa), HCtion
de voûter, 97.
CoNCATENARE (lateres), assem-
bler des briques en liaison,
pour en faire une couverture
d'édifices, 31, n. 1, 344, n. 1.
Conclave, endroit fermé, pièce
intérieure dans un château, 50.
Conkricare (escas), apprêter des
mets, 185.
Conqua, petit bassin contenant
de l'eau, 247 ; — cum tecto,
avec édicule abritant l'eau du
bassin, ibid.
CONTABULARE. Voy. TaBULARE.
CoNVECTio, transport, 66.
Coraulae (in modum), en forme
de chœur, en manière de cour-
be, 318. Voy. Choraula.
CoHONA, couronne de lumière,
213 ; — EccLESiAE, partie semi-
circulaire qui, dans le chœur,
contourne le sanctuaire, puis,
par extension, lechœur avecses
absidioles et autels, 400, n. 3,
401 ; — MURI cLAUDENTis, cor-
niche d'un mur de clôture, 93 ;
— TURRiu.M, enceinte de tours,
192.
CoRTiNA, courtine, tenture, ri-
deau, 17, 137, 139, 209, 215;
— LANEA, de laine, 139; — linea,
de lin, ibid.
CORTINALE, cour, 91.
Crates, claies d'échafaudages,
45, n. 4.
Crucicula, croisette (de fer),
330.
Crupta pour CRYPTA, crypte, 58,
n. 2. Voy. ibid. Cructa.
Crux, cruces (basilicae, monas-
TERii), transept, 42, 45, n. 5,
162, 163, 399; — dextera,
siNisTRA, partie droite, gauche
du transept, ibid., superior,
premier transept, contre le
chœur, inkerîor, second tran-
sept, plus éloigné du chœur,
160; cf. CRUX AQUILONALIS, AUS-
TRALIS, SEPTENTRIONALIS, ])ar-
lieNord, Sud du transept, 214,
218, 224; — cruces, croix de
sauvegarde délimitant un ter-
rain, dit sauveté, 14,20, 154,
176, n.2, 283.
Crypta, petit caveau servant de
lieu de bain, où était déposé '
GLOSSAIRE
491
un cuvier de bois servant de
baignoire {monast.), 138 ; —
rangée de petits caveaux, i7)t(/.
CuBicuLUM (aulae, castri), Cabi-
net, chambre à coucher de
château seigneurial, 164, 237,
n. 6.
CucuLLA, robe monastique à
larges manches et capuchon
(v. fr. coule), 390.
GuLiNA, cuisine, 35. Voy. Coqui-
NA, passim.
CuLTELLus, couteau, 384.
CuNEUs, section régulière de cons-
truction, de logis, cellule de
monastère, 311 .
CUNICULUS (SUBTERRANEUS) , CaUal ,
ouvrage souterrain, relié à un
château-fort, 100.
CuRiA, cour claustrale {monast.),
60; — EPiscopi (syn. d'atrium),
318, n. 3, 339, 349.
CuRsiM, à la course, 321.
CuRTis (lignea), cour entourée de
palissades de bois, 21 ; —
MUNiTA, avec défenses, 340.
CURVATURA LAPIDUM, VOÛte (daUS
une conduite d'eau), 21, n. 3.
CusToniA, garde d'une Fabrique
d'église, 351.
CusTos ECCLESiAE, gardicu d'é-
glise, marguillier, 73, 76, 359.
Voy. aussi Aedituus ; — ope-
RIS, KABRICAE (eCCLESIAe), fa-
bricien, 4, 351 ; — pontis,
gardien d'un pont, 359.
Cythara, luth, 22.
Danjon, donjon, 333, n. 6.
Dealbare (parietes), enduire
de plâtre fin les parois (d'une
église), 93, 163.
Deambulatio, pourtour intérieur
(d'une église), 161.
Deambulatorium , galerie de
communication disposée sur
un mur d'église, 30; — allée
couverte ou portique dans un
monastère, 230 ; — échafau-
dage permettant aux maçons
de circuler le long de la cons-
truction qu'ils élèvent, 130,
131. Voy. Ambulatorium.
Deambulatorius arcus, arcade
supportant une galerie supé-
rieure dans une église, 30,
n. 1 ; — FORNix, voûte soute-
nant une galerie, ihid.
Dedolare (lapides), séparer des
quartiers de pierre avec la do-
loire, pour les appareiller et
les égaliser, 172, n. 1.
Deflorare (ecclesiam), renouve-
ler, rajeunir la construction
d'une église, 36. Peut-être
pour Reflorare.
Degi TORiUM, déversoir, 53.
Descriptio, dénombrement, 279,
n. 3.
Dextralis, qui est à droite, 403.
Dextri, terme de mesure pour les
distances, nombre donné de
pas, 117; — par extension, em-
placement, lieu d'asile et d'im-
munité autourd'uneéglise, 117,
n. 2.
Diapason (indécl.), étendue des
notes d'un instrument de mu-
sique, comme d'un orgue,
depuis le son le plus grave
jusqu'au son le plus aigu, 344,
n. 4.
DicTARE (opus), prescrire l'or-
donnance d'une construction,
d'une église, 27, 272.
DiDASCALus (syn. de magister),
maître, 406 ; — lapicida, maî-
tre tailleur de pierre, 405.
DisPENSATOR, intendant, tréso-
rier, économe, 74, n. 2, 145,
266, 357, n. 6.
DiSPOSITOR CAEMENTARII OPERIS,
architecte en chef (v.fr. dispo-
seur de Voeuvre), 69, n. 5. Voy.
Architectus (praecipuus).
DivERsoRiuM, logis d'hôtcs, de
gens de passage, 184, 185 ; —
SECRETUM, logis à part, retiré,
ihid.
DoLABRUM, doloire, 145, 358.
DoLATiLis, facile à travailler avec
la doloire, 10.
DoLius (pour Dolium), cuve de
492
GLOSSAIRE
bois, servant de baignoire {mo-
nast.), 138.
DoMA, =ATis, bâtiment (au sens
propre, toit), 119.
DoMiciLiuM, château seigneurial,
113, n. 5 ; — résidence épisco-
pale, hors cité, 97, n.3.
DoMus AD MANENDUM, Hianoir, 96 ;
— CAPiTUM, maison capitulaire,
163 ; — coLLEGrALis, maison
de refuge pour des clei'cs pau-
vres, 263. Voy. aussi xenodo-
CHIUM ; COLUMBAHUM, ColoUÎ-
bier, 39 ; — defensibilis, mai-
son forte, 113, 2o6 ; — eccle-
SIAE, SEDIS PONTIFICALIS, OU en-
core MAJOH, cathédrale, 3, 4;
— ELEEMOSYNARiA, aumôncrie
[monast.], 360, 389 ; — episcopi,
palais épiscopal, 9o, 97, 98,
164,167, 268, n. 8, 318, n. 3,
323, 385. Voy. aussi Episco-
PIUM ; FIRMA, LAPIDIBUS FIR-
MissiME coNSTRucTA, maisou
forte, avec défenses, 7, 278; —
iNFiRMANTiUM, iNFiRMORUM, in-
firmerie, 120, 209, 224, 247,
303, 304, 325, 388, 393, 394 ;
LATRINARUM. Voy. LaTRINA ;
scABiNATus, Salle de justice,
375, n. 2.
Donaria, offrandes, dons pieux,
72.
DoNGio. Voy. DuNjo.
Dorsale, étoffe, tenture recou-
vrant le dossier d'un siège,
d'un banc (v. fr. dosseret), 17,
22 ; — ex lana, de laine, 17.
DossALE. Voy. Dorsale.
Dotes, terrains inviolables, déli-
mités, sortes d'asiles, 117, n.
4.
Ductile, conduite d'eau, canali-
, sation, 299, 300. Voy. Aquae-
DUCTUS.
DuNJO, donjon, 78, 181, 182.
E
E HEGioNE, en droite ligne, en
face, 328, n. 5.
Ecclesia BAPTisMALis, églisc pa-
roissiale, 101 ; — episcopalis,
cathédrale, 4, 84, n. 1 ; — ma-
jor, même sens, 176, n. 2,203,
n. 7, ou bien encore abbatiale
(par opposition à une chapelle
monastique), 231, n. 3 ; — mi-
NOR, église de rang inférieur
(par opposition à une cathé-
drale), 176, 177 ; — MATER,
église cathédrale, 84, n. 1, 87,
269, ou bien encore parois-
siale, 54 ; — PRiNciPALis, ca-
thédrale, 92.
EccLEsioLA, petit oratoire, cha-
pelle, 258,291,309.
Edictum, 350. Voy. Indictum.
Eglyphinatus, syn. d'ANAGLVPnA-
TUS. Voy. OpUS ANAGLIFl'M.
Elepuantiosus, lépreux, 279, n.
2.
Emblema, pavement historié, 34 ;
— MARMORELM, fait dc petites
pièces de marbre de couleur,
ibid .
Episcopium, évêché, archevêché
250, 318, n. 3.
Epistvlium, chapiteau de colonne.
68, n. 7,105; — de colonnette
de métal, autrement dit d'un
barreau de fer arrondi, ouvrée
en forme de fuseau, 384. Voy.
Barra, Fusellus.
Erza, couronne de lumière, sus-
pendue dans les églises, 368,
n. 1.
Escatosdepeys (en langue d'oc),
écailles de poisson, 148,
n. 3. Voy. Scatus.
EssiLLUS, aisseau, bardeau, 351.
Vob. AscicuLUS.
ExAGiuM, EXAv[i]uM, droit de sor-
tie,241.
ExcLUSA, écluse, 299, 300 ; —
(servant de réservoir pour l'é-
levage des poissons), 281.
Excursus (aquae), dérivation,
conduite d'eau, 260.
Exedra, construction en saillie,
en forme d'abside, dans un
monument, 161.
GLOSSAIRE
493
F
Fabku ferrarius, ouvrier en fer-
ronnerie, forgeron, serrurier,
69, n. 5, 73, 279, 382, 385 ; —
LiGNARius, charpentier, 12, 279.
Voy. LiGNARIUS, MAGISTEROFFI-
CII FABUORUM.
Fabrica, construction, passim ;
— cLAUSTRALis, d'uu cloître,
17 ; — LiGNORUM, de bois, 16,
n. 3.
FaSTERDIS (?) cf. FASTELLA, FAS-
TERNA — garniture, ornement,
dessus d'autel, 17.
Fastigium, faîte (d'église), faîtage,
42, 43, 140, n. 2, 208.
Fatare (munitionem), faire élever
par les fées, comme d'enchan-
tement, un château-fort, 337,
n. 3.
Fenestrale vitrearum châssis
de vitrail, 145. Voy. Capsile,
Fenestrula, petite fenêtre, lu-
carne, 134.
Fermer [un chastel), ériger, for-
tifier un château, 275, n. 9,
333, n. 6. Voy. Firmare.
Ferramentum, instrument de fer-
ronnerie, outil de fer en géné-
ral, 258, 279, n. 3, 359, 377,
382 ; — AD SECANDUM, outil
tranchant, couteau, 384, —
EQUORUM, fer à cheval, 382.
Ferrare, ferrer, 385.
Ferrarius, ouvrier en fer, for-
geron, 52, n. 5.
Ferratuua, ferrure, 383 ; — eqii,
de cheval, 384, 385.
' Fevre, ouvrier travaillant le for,
forgeron, serrurier, 381 .
FiCTILE, FICTITIUM OPUS. Voy.
OpUS FICTILE.
F"iRMARE (dunjonem, turhim), éri-
ger un donjon, une tour, 182,
275, 326. Voy. Fermer [un
chastel),
FiRMiTAs, fortification (donjon,
château- fort), 182.
FiSTULA AEREA, tuyau d'orguc, fait
en bronze, 344 ; — plumbea,
conduite d'eau, de plomb, 100.
FOLLIS FABRILIS ORGANORUM, SOuf-
flet d'orgue, ouvré, 344, n. I.
Forma, (anc. fr. fourme), patron,
panneau de bois, donnant la
façon propre aux différentes
faces des voussoirs, 212 ; —
FORMARE LAPIDES, façoRuer les
voussoirs d'après les patrons
ou panneaux de bois, 212 ; —
cadre de fenêtre, 167.
Fornax, four, forge, 46; — four-
naise, 9.
FoRNicARE, voûter, 106.
FoRNix (subst. masc, employé
aussi au fém. dans le latin mé-
diéval), voûte, 8; — arcuata,
arquée, 226 (par opposition à
plana, de forme un peu aplanie,
ibid.) ; — capitialis, d'un che-
vet, 8; — CLAVATA, avec clef, 226;
— Deambulatorius, soutenant
une galerie, 30, n. 1; — lapideus,
12, 39, ex lapide et tofo
levi composita, faite de pierre
et d'une matière minérale
spongieuse et friable, 226.
Voy. Machina (ad fornicem
VOLVENDAm), OPUS FORNICEUM.
Fortalitium, forteresse, 90.
Forteza, fortification (à la tête
d'un pont)i, 111.
Fortitido. fortification, 252.
Forum rerum venalium, halle,
marché, 183.
FossARiuM, FossoRiuM, pîc de fer,
384.
Fossatum, fossatus, fosseum,
fossé, 252, n. 4, 256, 384.
Fovea subterranea, fosse creu-
sée en terre, sous le pont de
bois d'un donjon, pour y faire
tomber les adversaires (dans
un siège), 336.
Frons ecclesiae, monasterii, na-
vis, façade d'église, 101, 120,
219, 220, 341 ; — castelli,
face de fortifications, 252, n.
6 ; — uterque pontis, parapet
de chaque côté d'un pont,
393.
Frontispicium, façade d'église,
140.
FuNDiBULARius, froudeur, 337.
FuNicuLus. Voy. Funis.
494
GLOSSAIRE
Flnis geometricalis, funiculus
GEOMETRicus, cordcau d'aligne-
ment servant à délimiter des
lots de terre et des emplace-
ments de maisons à bâtir, 121,
n. 5, 272.
FusELLus, fuseau d'une colon-
nette (de métal), 384.
FusoRiA ARs, art de la fonte (ap-
pliqué notamment à la cise-
lure), 121.
G
Galeria (espagn. ), tribune
d'église, 400, n. 4,
Galilaea, emplacement de l'an-
cien narthex des églises, et,
d'une façon générale, fond de
l'église, 135, 136, 137, 138,
139, 140 ; — portique des
cloîtres des couvents de Char-
treux, 23, n. 4 ; — major, mi-
NOR, grand, petit, ibid .
Gallus, coq figuré surmontant
le clocher d'une église, 74, n.
3, 75 ; — DEAURATUS, coq doré
remplissant le même office, 74,
75 ; — FULGiDus, coq étincelant
de dorure, 75.
Gazophylacium, trésor de sanc-
tuaire, dépôt renfermant les
ornements sacrés d'une église,
maison servant à ce dépôt, 12,
Glans, espèce de palissade, 335,
n. 4.
Gradale, escalier de communi-
cation (dans un château), 185.
Gradus, escalier, 31, 302,404 ; —
LAPiDEus, de pierre, 167; —
grau, espèce de canal condui-
• sant à la mer, 89.
Granarium, logis de rez-de-chaus-
sée destiné à contenir des ap-
provisionnements [chût.], 184.
Grandiusculus, un petit peu
grand, 267.
Gubernare (ecclesiam), régler,
entraîner le mode de disposi-
tion d'un vaisseau d'église, ex-
pression métaphorique, 399.
H
Haghia, hache, 385.
Haia, bois clôturé, entouré de
pieux ou de palissades, 391.
Hemisphaerium, coupole, calotte
de pierre, 12.
Heriçon, cheval de frise, 333, n.
6.
Holosericus, qui est tout de soie,
12, 35.
HospiTiuM, bâtiment des hôtes
[rnonast.), 358, n. 5 ; — cum
picturis, décorç de peintures,
ibid.
IcoNiA, statue ; — ligneo opère
sculpta, de bois, 8.
Impétigo, lèpre, 148, n. 3. Voy.
Scabies sicca.
Incastellare (ecclesiam), forti-
fier une église, 364.
Incaveare (castrum), creuser
dans le roc les fondations (d'un
château), 336. Voy. aussi Ter-
rare caveam.
Inclusor, émailleur, 139.
Jndicium versuum, inscription en
vers (latins), 17.
Indictum, foire de Lendit, à Saint-
Denis, 350, n. 3. Voy. Edic-
TUM.
Indiculum, index, mention, 126.
Ingruentia, arrivée soudaine,
choc, 345.
Introitus aulae, porte de la
salle (d'un palais épiscopal),
166 ; — cryptae, d'une crypte,
64, n. 1 ; — ecclesiae, portail
d'église, de cathédrale, 23, 38,
269, 403 ; — porte secondaire
de cathédrale (par opposition
à fores), 76; — oratorh epis-
coPALis, porte de chapelle épis-
copale, 133, n. 10.
Jactare terram, faire un jet de
terre, correspondant à une cer-
GLOSSAIRE
495
taine distance, — sorte de'me-
sure moyenne, — en creusant
un fossé (Cf. l'expression :
CUMKOSSEOUNIUS JACTUHAE, 252,
n. 4 ; cf. aussi Lapidisjactus).
— sine scabello, sans emploi
d'escabeau.
]-,ABERiNTus, labyrinthe, 184.
Labrum fossae extebius, con-
trescarpe d'un fossé, dans les
défenses d'un donjon, 314.
Lambruscahe, lambrisser, 00.
Lamixa, lame, 329 ; — plumbea,
de plomb, ihul.
Lapicida, tailleur de pierre, 406 ;
— DIDASCALUS, maître tailleur
de pierre, ibid., et, par exten-
sion, maître d'œuvre.
Lapicidina, carrière de pierres,
391.
Lapicis, = iDis, tailleur de pierre,
400, 406. Voy. Lapicida.
Lapidicina. Voy. Lapicidina.
Lapillus. Voy. Opus construc-
TUM LAPILLIS.
Lapis angularis, pierre angu-
laire, 159, n. 3 ; — brunus, de
couleur sombre, 405 ; — cal-
CINALIS, GALCINARIUS, CALCI-
NEUs, pierre calcaire, 188 ; —
coLUMNARis, pierre dure ser-
vant à faire une colonne, 66 ;
— MACERiALis, gros mocllon
oupierre sèche, 158; — médius
poRTALis (ecclesiae), trumcau,
148 , — Parius, marbre dit de
Paros, 159 ; — lapidis jactus,
mesure de longueur, empi-
rique, évaluée d'après la dis-
tance moyenne d'un jet de
pierre, 182, 337 ; — lapides
posiTi (ingentes), blocs de
pierre, considérables, monu-
ments mégalithiques, 281 ; —
quadri, quadrati, pierres d'ap-
pareil, taillées en forme qua-
drangulaire, 33, 40, 75, 92, 94,
172,327, 354, 392, fixées l'une à
l'autre au moyen de fer et de
plomb, 172 ; — vivi, pierres
vives, de qualité très dure,
405, — d'élection (dans le sens
métaphorique), 73, 313,
Laquearia, comble lambrissé,
charpente intérieure appa-
rente, sorte de plafond de bois,
3, 8, 10, 68, 93, 118, 163, 200,
n. 4
Later plumbatus, brique à revê-
tement de plomb servant à la
couverture d'une église, 96. Cf.
Laterculus.
Laterculus ligneus, aisseau,
bardeau servant à recouvrir
un édifice, 388.
Latibulum, retrait, cabinet, 185.
Latomus, tailleur de pierre, 68,
n. 7, 280, 311 ; — par exten-
sion, architecte, 41, n. 3 ; —
LATOMORUM MAGISTER, maître
des tailleurs de pierre, archi-
tecte en chef, 38, n. 2.
Latrina, latrinarum domus,
cabinet d'aisance. 134, 137 ;
LATUINAE SEDES, SELLA ,
SELLULA, siège, petit siège de
latrines, 134, 303.
Laura, laure, groupement mo-
nastique, ensemble de cellules
d'anachorètes (en Grèce, en
Orient), 399, n. 1.
Laurea (ecclesiae), terme em-
ployé métaphoriquement pour
désigner le sanctuaire d'une
église, d'une cathédrale, avec
son contour semi-circulaire, 399,
n. 1. Voy. CoRONA ecclesiae
Lavatorium, fontaine-lavoir, 121
— AENEUM, d'airain, ibid.
KUSORIA ARTE ELABORATUM, d'uU
travail de fonte, ibid.
Lavatrix, laveuse, 393.
Lebes, bassin de métal, casse-
role, 383, 384.
Lecator, débauché, 404.
Lectica, bière où sont exposés
aux fidèles les restes d'un
saint, 56.
Liciae, lices, palissades servant
à entourer les châteaux-forts,
100, n. 1.
LiGAMEN (ferbeum), attache de
496
GLOSSAIRE
fer autour du chapiteau, du
fuseau d'une colonnette de fer,
384.
LiGAMENTUM, lien pour un écha-
faudage servant à des char-
pentiers, 174.
Ligatura (tignorum), lien de
poutres, dans une couverture
de charpente, 208.
LiGNARius. Voy, Artifex, faber
LIGNARIUS, ARS LIGNARIORUM.
LiGO, pic, houe, 280.
LiMiNARE, linteau, 402, 403. Voy.
SUPERLIMINARE.
LiMULA, petite lime, 383.
LoBiuM, galerie de palais épisco-
pal, 95, n. 4. Voy. Logie ; —
balcon (de château seigneu-
rial), 37;j, n. 2, 377, n. 1. Cf.
loof, en flamand.
LocAUE FUNDAMENTA, établir les
fondations, 41 ; — trabes, dis-
poser les poutres sur le haut
des murs, 12.
LocuLus, cercueil, 9 ; — châsse,
368.
Logie, galerie de palais épisco-
pal, 95. Voy. Lobium.
LoGiuM, parloir, chambre de
conversation (dans un château),
185.
LuNULA (ferrea), croissant (de
fer), 329.
M
Macehia, ouvrage en moellons,
en pierres sèches, 21, 22, 54,
n. 7, 93, 94.
Macerialis lapis. Voy. Lapis
macerialis.
Machina, échafaudage, 169, n. 3,
174 ; AD FORNICEM VOLVEN-
DAM, machine à voûter, 222 ; —
engind'attaque dans les sièges,
tour mobile à trois étages, 99,
275, 335. Voy. aussi Balista,
ROTULA, TrISTEGA.
Macuinamentum , échafaudage,
169, 170; — machine, engin
do siège, 7 ; — machinamenti
EVECTio, montée d'une machine
de siège, 7 ; — subterraneum,
opération souterraine (dans un
siège), 280. Cf. Machina.
Magister [caementarius], maître
maçou, 73, architecte, 231,
406 ; CARPENTARIORUM VEL
LATOMORUM, arcliitectc en chef,
38, n. 2; — officii fabrorum,
artisan revêtu de la maîtrise
de l'office de la ferronnerie
(pour le compte d'un seigneur
ecclésiastique), 382 ; — ope-
Ris, maître d'œuvre, 27, 35,
n. 4, 69, n. 5, 106, 110, 221,
223, 354 ; — operis turris,
même sens, ingénieur mili-
taire, 276 ; QUI DOCET arti-
FiciUiM, maître enseignant un
art, un métier, 307 ; — vitreus,
maître en l'art de fabriquer des
vitraux.
Magisterium diversorum operum,
maîtrise dans les différents
arts et métiers, 26.
Magistra, religieuse maîtresse,
prieure d'un couvent de
femmes, 311. Voy. Assistrix.
Manerium, manoir (épiscopal,
abbatial, etc.), passim.
Manicae, manches d'un vête-
ment, 160.
Mansiuncula, petite habitation,
petit corps de logis, 17, 138,
196, 311.
Marcasius, marcassius, endroit
bas et humide, marécageux,
53, n. 3, 54.
Marchasia, marchasiola. Voy.
Marcasius.
Martulus. marteau de maçon,
280.
Materia, bois de charpente, 93,
n. 1.
Mausolaeum, tombeau, 35, 187.
Mediestinus, qui est au milieu,
37.
Medituelium, espace intermé-
diaire, partie médiane, 77,
172.
Meiculum, couloir servant d'ac-
cès aux logis intérieurs d'un
château, 184, n. 6, 185.
Membrum (ecclesiae), partie,
membre d'une église, employée
GLOSSAIRE
497
aussi sj-mboliquement, passirn.
Menger. Voy. Meniiyer.
Menuyer, orfèvre qui fait la
petite orfèvrerie, 383, n. 4.
MiNTERius (?j. Voy. Cementa-
RiLS, 52, n. "'(.
MiNUTio SANGuiNis, saig-née, 185.
Moger (bi'et.), mur, 54, n, 7.
MoLA, pierre de meule, 242.
MoLENDiNARius, ouvricr s'occu-
pant (notamment pour la fer-
ronnerie) de la fabrication des
moulins, 382.
Molle (anc. fr.). Voy. Forma,
fourme.
MoNASTERiuM, Cathédrale, 56, 65,
69, n. 5, 79, 283, n. 5. Voy.
aussi Mostier ; — église con-
ventuelle, 4, 22, 23, 45, n. 5,
55-57, 60, n. 5, 110, 120, 156,
159, 161, n. 2, 238, n. 4, 244,
284, 303, 304, 345.
MoxiLiA, bijoux, joyaux, 323.
Mos ANTiQuoRUiM,GALLicANus, ma-
nière de bâtir à la romaine, à
la façon de la Gaule, 172, n. 1.
Mostier, église, 364, n. 2. Voy.
aussi MONASTERIUM.
MoTA, motte de donjon, 113,
182, 184, n.l, 337, n. 2.
MuNiciPiuM, camp retranché,
muni de fortes défenses, 277 ;
— château-fort (et dépen-
dances souvent considérables),
50, 99-101, 277, 314, 332, n. 4.
MuNio, défenseur d'un château-
fort, 278.
MuNiTio, château-fort, défenses
d"un château et de l'ensemble
de ses dépendances, 99, 100,
194, n. 6, 277, 337, 387 ; —
maison forte, de pierre, avec
défenses, 7, 153,389.
MUSIVI SCEMA. Voy. SCHEMA.
SCEMA MUSIVI .
MUTARE (CASTELLUM, MONASTE-
rium), changer l'emplacement
d'un château, d'un monastère,
51,234, 352
Mysticus sfeNsus, signification
symbolique, 27.
N
Naviclla, petite nef, 399, 400.
\ecessaria, latrines, cabinets
d'aisance, 303 ; — necessario-
HUM sedes, sièges de latrines,
303.
Nigellum, nielle, 128.
Noda, nodula, terre noyée, noue,
53, n. 3, 54.
NoLA, cloche, 171.
NuTABUNDus, chancelant, menacé
de chute, 84.
Officinae, ateliers, bâtiments
monastiques, dépendances, pas-
siin ; — infirmorum, bâtiments
de l'infirmerie, 21.
Oiseau, instrument de bois dont
les manœuvres se servent
pour monter le mortier aux
maçons. Voy. Avis.
Olla, pot de terre cuite, placé
dans l'épaisseur d'une cons-
truction, comme moyen d'a-
coustique et agent de réper-
cussion du son, 376, n. 2.
Olosericus. Voy. Holosericls.
Operarius, ouvrier employé à
des travaux de construction,
d'hydraulique, 12, 19, 20, 45,
n. 2, n. 4, 121, 354, 392, 393; —
maitre d'œuvre, architecte, 41,
n. 3, 131, 354 ; — fabricien,
gardien de l'œuvre, 4, n. 1 ; —
moine chargé de la surveil-
lance et de l'entretien de cons-
tructions monastiques, 21, n.
1,189.
Operatio, mise en œuvre de
l'ensemble d'une composition
architecturale ou sculpturale,
404.
Operis magister. Voy. Magister
oPERis ; — MiNisTER, maître
d'œuvre ou surveillant de tra-
vaux de maçonnerie, 130.
Opifex, artisan, artiste en géné-
ral, 39, 69, n. 5; - lignorum
SEiT LAPiDUM, charpentier, me-
32
498
GLOSSAIRE
nuisier, maçon, tailleur de
pierres, 378 ; — musivi, mo-
saïste, 39.
Opus, œuvre d'une construction,
d'un château, d'une ég-lise, d'un
monastère, etc., passim ; — ae-
DiFiciALE, même sens, 122 ; —
ALEXANDHiNUM, ouvrage de mar-
queterie, combinaison de
petites pièces de marbre ou de
porphyre de diverses cou-
leurs, formant des dessins
géométriques, 39, n. 1 ; —
ALiPTicuM (schéma), ouvrago
sous forme d'enduitayant pour
objet de recouvrir les parois
intérieures d'un monument,
sorte do peinture à fresque,
36, n. 3, 37 ; — anagmfum,
travail en relief, 32, 38, n. 1 ;
— • AiicuATUM, œuvre d'une
voûte, 10,. 22, 23 ; — artifi-
ciosuM, œuvre exécutée avec
art et technique, 376 ; — cae-
LATORiuM, travail de ciselure,
38, n. 1 ; — 'jaementarium,
ouvrage de maçonnerie, 69,
n. i> ; CONDUCTUS aquarum,
travail de canalisation, 121 ;
CONSTRUCTUM LAPILLIS, MI-
NiMis LAPILLIS, petit, très petit
appareil, 182, n. 2 ; — dicta-
TUM, prescription de l'ordon-
nance d'une construction à
faire, 27 ; — - fenestrarum,
fenestra'ge peut-être aussi
œuvre de vitraux, 166 ; — fic-
TiLE, FicTiTiuM, ouvrage de
terre cuite, de briquetage, 49,
122 ; — FORNiOEUM, œuvre
d'une voûte, 164; — lapideum,
œuvre de pierre (à propos
d'une église, d'un pont), 73,
n. 2, 262, 376, 391 ; — ligneum,
œuvre de bois, 8 ; — pontis,
construction de pont, 09, n. ;j,
104 ; (ou MOS) ROMANORUM,
œuvre de construction imitée
de la manière romaine, 212,
215 ; — scLLPTiLE, œuvre de
sculpture, 49 ; — transvolu-
TL'M, œuvre d'une voûte, 28 ;
— VITREARUM, travail de la
pose de vitraux, 137.
Oratorium, chapelle d'un logis
épiscopal, 133, chapelle ronde,
monastique, 28, 30 ; — villae,
chapelle rurale, 4 ; — de terra,
chapelle d'ermitage, 2.^8, n. 1.
Ordinare (opus), régler l'ordon-
nance de la construction d'un
édifice, 223.
Ordinatio (operisI, ordonnance
d'une construction, passim.
Ordo, rangée de colonnes, 27,
28; — de sculptures, 403, infé-
rieure, supérieure, 404.
Padoentia, droit de pâturage,
283.
Paduire, faire paître le bétail,
283, n. 3.
Palatium, palais seigneurial, 63,
n. 4, 236; — episcopale, épis-
copal, 97, 98, 318, n. 3, 319,
382, 384 ; — regale, royal,
11, 400 ; — logement des hôtes
de qualité, de passage dans un
monastère, 137; — ou palla-
ciuM, palissade, 73, n. 1. Cf.
PALiciUM (v. fr. pâlit), ibicl. ; —
ECCLESIAE, tribune d'église ca-
thédrale, 400, 401, 404.
Paleae, tigesde paille, servant à
déguiser des chevaux de frise
sous le pont de bois d'un don-
jon, 336.
Palearium, grange à paille, 115.
Palicium, palissade (v. fr. palil),
252. Voy. Palatium.
Pallacium. Voy. Palatiitm.
Pactio, pa(n)ctio, accommode-
ment, 164 ; — toxicata, accom-
modement perfide, ihid.
Palum, pieu destiné à marquer
le lieu d'emplacement d'un
château à élever, 52.
Papilio, pavillon, 385 ; — épis-
copal, ibid.
Paradisus, parvis, 401.
Parfont, profond, 333, n. (».
GLOSSAIRE
499
Parietinae, murs délabrés, rui-
nés, 122, 131.
Parlatorium, parloir, 304.
Patella, sorte de lampe, 303 ; —
plat (de métal), 383 .
Patulum (dim. de patuum), cour
gazonnée, 236.
Pavimentare (ecclesiam), paver
une église, 101.
Pavimentum, pavement d'église ;
— soLARii, assemblage de
pièces de bois d'un- plancher,
10.
Pectoralia, pectoraux, 160.
Pedissequa, suivante, femme de
compagnie, 185.
Pelvis, bassin, aiguière, 384.
Penus, = ORis, endroit servant à
déposer des provisions, des
comestibles, 184. 183.
Per girum, en rond, 30, n. 1.
Peribolus, enceinte, 32 ; — sa-
CER, enceinte sacrée, ibid.
Pertica, perche, mesure de lon-
gueur et de superficie, de seize
à vingt-cinq pieds en Nor-
mandie, 251 .
Pertractus, transport, 110.
Pesmanualis, pied-main, mesure
de longueur égale à celle d'un
pied augmenté de la longueur
d'un pouce, 347, n. 2.
Pessulus, tige de fer servant à
fixer l'assemblage de pièces
de bois dans une couverture
en charpente, 208; — verrou,
384, 385. Cf. aussi Pessulum,
383.
Petra (ante turrem), pierre de
justice placée devant la tour
d'un château, 237, n. 6 ; — ja-
CENS, menhir renversé, 34 ; —
STANTivA,piei'redebout,34, n.2.
PuiALA, coupe évasée, 22.
PicTORiA ARs, art de la peinture,
122, 264, 307.
PiGNA (templi), pignon d'un côté
d'église, 3 ; — occidentalis,
pignon du côté ouest, ihid .
VOY. PiNNA.
Pila, pilier quadrangulairè, 30;
— piLARis, piLARius, même
sens, passim , et, par un abus de
langage, colonne, 399, n. 4.
Voy. CiNDRiA (média columna).
PiNCERNA, échanson, 185.
PiNNA, piNNAcuLUM, faîtc, piguon,
pinacle, 96, 213, 403 ; —doré,
ibid.
PiRA, chemin empierré, 181.
(Cf. bas-lat. pirius, v. îr. pire,
pire, 181, n. 4).
Pis, piz, picz, pic (de fer), 384.
PisciNA, piège à poissons desti-
né à un vivier, 332.
PiSTRiNiîM, boulangerie, 139, 150.
Plaga, côté d'une construction,
50 ; [ORIENTALIS], OCCIDEN-
TALIS, côté du levant, du cou-
chant, 31, 33.
Plagarius, artiste décorateur de
parois d'édifices, 36, n. 3.
Planare (fornicem), rendre une
voûte un peu plane, en adoucir
la courbure, 226.
Planca, planche, 171.
Plastrum, enduit de plâtre, 3,n.
1,68, 163, n. 4.
Plumbarius, plombier, 75.
Pluviale, manteau pluvial, chape
d'église, faite de soie, 349, n. 4.
Podium, appui d'un édifice, 37,
126; — LIGNEUM, su[)port de
bois d'un pont de donjon, 335;
— galerie ou balustrade, 318,
n. 3.
Porkireticus, de porphyre, 38.
PoRRECTURA (ecclesiae), déve-
loppement en longueur (d'une
église), 344.
PoRTALis (ecclesiae), portail d'é-
glise, 148, 401, 403; — princi-
PALis, portail principal, ibid. ;
— (lapis médius), trumeau, 148.
PoRTALLULUM (ecclesiae), portaïl
d'église, 401.
PoRTALLUS (ecclesiae), portail
d'église, 399, 400, 403.
PORTENDICULUM (dim. dc PORTEN-
tum), petit présage, pronostic
heureux, 182.
PoRTicus, vestibule d'un temple
païen, 241 ; — cellulae infir-
MORUM, galerie extérieure de
500
GLOSSAIRE
chambres d'infirmei-ie monas-
tique, 136 ; — CLAUSTRI, por-
tique de cloître, 285 ; — eccle-
siAE, porche, 16, n. 3, bas-côté
d'église monastique, 31, sorte
d'absidiole (angl. round cha-
pel) dans une cathédrale, 214,
215, 218-220.
PoSITIO (CASTRI, ECCLESIAE, OFFl-
crNARUM), emplacement, as-
siette d'un château, plan d'une
église, de bâtiments conven-
tuels, 5, 132-140, 277.
PosTKRNA, poterne, petite porte
d'un mur d'enceinte, 347.
POSTERULA. Voy. PoSTERNA.
Praebalteare (delubrum turri-
Bus), flanquer de tours une
église dans sa partie antérieure,
344, n. 1.
Prae.mium statutum, prix fait d'a-
vance, indemnité constituée
sous forme de prime d'encou-
ragement, en vue défaire faire
une réparation urgente par des
constructeurs appelés à cet
effet, 174.
Praepositus, prévôt, dignitaire
chargé de l'office du temporel,
delà surveillance, de l'entre-
tien et de la réparation des bâ-
timents [cath., coll., monast.),
14,80, 203,376; — moinecoopé-
i^ateur de la construction d'un
château-fort, 21.
Praesidium, château-fort, 98,99;
— EPISCOPALE, château-fort
épiscopal,hors cité, 98, 99 ; —
PRINCIPALE, construction essen-
tielle d'un château-fort, 100.
Presbiterium, sanctuaire, 22, 47,
86, 169.
Proconsul, vicomte, 52, 104,
199.
Promptuarium, dépôt, récipient
de provisions, coffre, dans un
château, 184; — cellier à vin,
dans un monastère, 34.
Propiçiatorium, table d'autel,
propitiatoire, et, par extension,
chapelle d'un saint ou d'une
sainte, 39.
Propugnaculum, défense exté-
. rieure de muraille, de rempart,
crénelage, 7, 98, 99, 172, 252,
n. 6, 233, 335, 337, 377, 387.
Propugnaïorium, 335. Voy. Pro-
pugnaculum.
Protelari, être retardé, 139.
Provisor coquinae, maître d'hô-
tel (dans un château), cuisi-
nier, 185.
Psalmodia, chant des psaumes,
310.
PuLPiTUM, ambon, 213.
PuLviLLus, coussin de lit, matelas,
137.
Pyramis, pilier en forme de py-
ramide soutenant une grande
arcade, 162 ; — pyramides
TRABES, poutres disposées en
forme de pyramide, 118.
Q
QuARRELLus, cai'reau de pierre
(pour pavement), 358, n. 5 ; -=-
piCTURATus, peint, ibid.
Querneler (un mur), créneler,
332, n. 1.
QuiRiTES (regii), sujets du roi de
France, 337.
R
Rastri, sorte de râteau saillant
que semblent former les pièces
de bois ou les réglettes qui
d'espace en espace retiennent
un échafaudage, 37. Voy. Sca-
PULA.
Redemptio, marché, entreprise
do travaux de construction,
110 ; REDEMPTIONEM DARE AD
magistrum, confier l'entreprise
de travaux (pont à construire)
à un maître d'oeuvre, ihid.
Reflorare (?). Voy. Deflorare.
Regia, résidence royale, palais,
279.
Regirare, revenir sur soi-même
après un circuit (à propos d'un
rang de colonnes faisant retour
sur elles), 28.
GLOSSAIRE
m
Régula, alignement (de fortifi-
cations), 252.
Relocare, remettre en place (un
édicule), 175.
Repa, couvercle de châsse, 319.
Re*>agula, barres de clôture
(d'une porte), 76, 100 ; par ex-
tension, barrières, palissades
de châteaux-forts, de villes
fortifiées, 100, n. 1.
Restis, corde (pour échafaudage),
174.
Retorta, lien qui retient les
pièces d'un écliafaudage, lien
souple et pliant, v. fr. riorte,
130; LIGARE HETORTIS DEAM-
BULATORIA, licr dcs pièces d'é-
chafaudages, 130. Voy. ViuGU-
LA, VIRGUNCULA TORTA.
Revestiarium, vestiaire (d'église),
42, n. 4.
Riga, raie, 318.
RiGOR, ligne droite, 318, n. 1.
Rota, suspension de forme circu-
laire, garnie de lumières, dans
les églises, 368. Cf. Couona.
Rotula, petite roue destinée à
faire avancer ou reculer une
machine de siège, 275.
RuDA, rue, 356.
RuDus, = ERis, gravois, déblais,
plâtras, 43, n. 4.
S
Sacrarium, trésor d'église, sa-
cristie, 116, 230; — coffre à
reliques, reliquaire, 183.
Sacrista, gardien de trésor d'é-
glise, de sacristie, dans un mo-
nastère, 245.
Sacristania, sacristaria, sacris-
TiA, sacristie, trésor d'église,
. 23, 136, 233.
Sagittarius, archer, 22, 337.
Sala, salle seigneuriale, 237, n.
6, 270 ; — intérieur de l'ancien
temple de Nîmes, dit « Capi-
tolium ». Voy. ce mot.
Salvatio, sauvegarde, 284, n. 6.
Salvitas, terrain inviolable, dé-
limité autour d'une église, 1 17,
n. 4, 154.
Sarta tecta, réparations, et par
extension, entretien d'un édi-
fice, notamment de sa couver-
ture, 44, 131, 208. Voy. Tectum.
ScABiES siccA, lèpre, 148, n. 3.
Voy. Impétigo.
ScALA, escalier, 29, 30 ; — scalae
gradus, marche, ibid.
ScALPRUM, outil tranciiant, ciseau
de sculpteur, 38.
ScALPTORiA ARS, ciscluie, intaillc
de pierre, 306, n. 4.
ScAPULA, saillie en arête, comme
d'un instrument en forme de
râteau, qu'offriraient d'espace
en espace des pièces de bois
ou réglettes retenant un écha-
faudage, 37, 171. Voy. Rastri.
ScATus, petite écaille, dans une
maladie de peau, 148.
Scema, voy. Schéma.
Schéma, scema, plan (d'église),
28,239, 272, 296, n. 4, 344, n.
1; — alipticum, forme d'en-
duit recouvrant les murs inté-
rieurs d'un monument, peut-
être peinture à fresque, 36 ; ■ —
musivi, dessin de mosaïque, 39;
— rotundum, plan circulaire,
de rotonde, 28, 29, 31, n. 1.
SciNDULA, bardeau, 162, 317.
SciPHUs (lat. class. çcvphus), ci-
PHUS, coupe, vase à boire,
verre de table, 172, 267, 326.
ScisELLUM, ciseau de sculpteur,
226.
ScissuRA, fente, fissure (des
murs d'un édifice), 400.
ScLusA, écluse, 58.
ScoNSA, esconce (syn. d'ABscoNSA).
Voy. ce terme.
ScRiNiuM (reliquiarum), reli-
quaire, 64, n. 1, 209, 250.
Scriptoria ARS, art d'écrire, 306,
358.
ScuLPTiBiLis, qui est susceptible
d'être sculpté, 366.
ScuLPTiLE opus. Voy. Opus scul-
PTILE.
ScuLPTORiA ARS, arfde la sculp-
ture, 119.
:;02
(il.OSSAlUE
SCUTKLLA, SCIJTELLULA, SCUTBA,
assiette, petite assiette, 137,
172, 267.
Secretaria, 303. Voy. Secreta-
RIUM.
Secret ARIUM, sacristie, trésor,
dépôt des reliques, 16;>, 303 ;
— cabinet d'abbé (dans un
monastère), 131.
Sectorpetrae, tailleur de pierres,
260.
Sella, sellula, siège, petit siège,
134.
Sellus, séant (le), 75 ; — in sel-
LUM suuM ERiGi, être soulevé
sur son séant, ibid .
Seminiverbius, discoureur, sorte
de prédicateur, 11.
Semipilarius, demi-pilier, 216 ;
— ROTUNDUS, demi-colonne,
ibid.
Senodochium. Voy. Xenodochium.
Sera, serrure, loquet, verrou, 76.
SiGNUM, cloche, 7, 16, n. 3, 18,
60, n. 2 et n. 5, 139, 171, 243,
283, n. 5, 359 ; — (grande),
16, 35, 139; — étendard, 197.
SiNAXis, assemblée, réunion de
moines pour un office, 26, n. 3.
SiNiSTRALis, qui est à gauche,
402, 403.
Socius AUTiFEx, compaguon ou-
vrier, maçon, 35. Voy. Arti-
FEX.
Solarium, plancher, étage, 10,
11, 50, 138, 171, 185, 352, n. 4;
— soupente en plusieurs hau-
teurs de pièces ayant des
abords différents, 185, n. 2.
Voy. Solier, soular.
Solier, plancher, étage, 352.
SoLiuM, siège élevé, suspendu
(dans un château), 184.
Sonitizare, sonner les cloches,
139.
Soular, emplacement ancien
d'une construction, qui est
démuni, ou à peu près, de ma-
tériaux de bâtisse, 352, n. 4.
Voy. Solarium, Solier.
Speculator, gardien, veilleur de
tour fortifiée, 230.
Spéculum, lieu couvert, corps de
garde, poste d'observation,
275, 277, n. 8. Voy. Zêta.
Spina, signe extérieur, petit mo-
nument servant d'indication du
lieu d'une défaite, 196.
Sporta, panier, corbeille, 100.
Squilla, sorte de poisson, 148,
n. 3.
Stabula (subst. fém.), écurie,
138.
Stabulum equorum, écurie, 167.
Stallatus, pourvu de stalles (en
parlant du chœur d'une église
monastique), 160.
Stallum, étal (de changeur, de
drapier), 297, 298, n. 1.
Stantivus, Voy. Petra stantiva.
Statio, disposition en hauteur
(de piliers, de colonnes), 227 ;
— lieu couvert, servant de
promenoir, dans un palais
épiscopal, 95.
Statura, status, taille humaine,
étalon de mesure architectu-
rale, 134, 159, 179, n. 3, 330,
331, 398, n. 2, 399.
Steen (en flamand), maison de
pierre généralement fortifiée,
377, n. 1 et n. 3. Voy. Domus
FORTIS, LAPIDEA.
Stillicidium (ecclesiae), aître
d'église, 75, n. 3.
Strata (plblica), voie publi(jue,
rue, 389, 392.
Strumentum, outil, 45.
SuBTiTULARE, inscnrc au-dessous,
après, 37.
SucciNCTORiuM, V. f r . , surceint,
voile sur lequel on déposait les
offrandes extraordinaires de
l'autel, pendant certaines solen-
nités, 350, n. 3.
SuDis, pieu, 10 ; — acuta, piquet
aiguisé de cheval de frise, 336.
Superliminare, linteau, partie
supérieure du linteau, 30. Voy.
Liminare.
Tabula, table d'autel, 52, 239,
argentea, deaurata, argentée,
dorée, 52; — placage dans un
GLOSSAIRE
503
mur (d'église), 217 ; — maumo-
REA, de marbre, ibid. ; — pièce
de revêtement par-dessus une
charpente, 20H, plumbea, en
plomb, ibid.
Tabulare (ligna), associer des
pièces de bois horizontales, de
façon à former une paroi ou
une enceinte, 314; — (tectum),
faire l'assemblage d'une cou-
vertui'e ou toiture (d'église),
268, n. 3.
Tabulatus, tabulatum, paroi,
côté d'édifice, d'ordinaire de
pierre, 34 ; — de bois, 10, avec
insertion ou placage, 239 ;
— (marmoreus), placage de
marbre, 226 ; — balustrade
de pierre, ou peut-être ché-
neau, 96 ; — enceinte de pièces
de bois, associées autour d'une
motte, 314, 315.
Tapes, tapetum, tapetium, tapis-
serie, 17, 73, 82, n. 3, 140, 319,
358.
Tasca, imposition, 189.
Teges, comble, couverture en
bois (d'une église), 3.
Tegula lignea, bardeau, 327,
n. 3.
Teloneum, tonlieu, 72.
Teola, syn. de tegula, tuile,
405.
TERRESTRis(syn. uetebrenus), de
terre, à propos d'une habitation
privée, mansio terrestris, 14.
Tehrula, coin de terre, petit
terrain, 302.
Tessera, dé à jouer, 10, n. 6 ; —
TESSERISLUDERE, joucr aux dés,
■ibid,
Testitudo. Voy. Testudo .
Testudinare, couvrir en pierre,
voûter, 158.
Testudo, couverture d'église,
passim ; — arcuata, de forme
arquée, 158; — [lignea] (par
opposition à voltuha lapidum),
couverture de bois, 142 ; —
LAPIDEA, voûte, 142, 158, 159,
287 ; — collateralis, voûte
latérale, 159,
Theoria, contemplation, médita-
tion religieuse, 310.
Tensa, toise, 56.
Tehrare caveam, creuser une
tranchée, dans un siège, 335.
Voy. aussi Ingaveare.
Textrix ^auri), tisseuse d'ou-
vrage d or, 87.
Thalamus, chambre à coucher,
dans un château seigneurial,
112, 113, n. 2, 237.
Theca reliquiarum, reliquaire,
230.
Tholus, objet, petit édicule de
forme ronde (servant de sup-
port à une croix), 74, n. 3.
Voy. aussi Colum.
TiGNUM, tignus, pièce de char-
pente, entrait, 45, n. 4, 208,
245,351, 385.
TiNTiNNABULUM, petite cloche (de
campanile), 359, n. 3, 363.
ToFus, pierre spongieuse et
friable, 226.
Tor, tour, 364, n. 2.
TORMENTUM JACULATORIUM, ma-
chine, engin servant à lancer
des projectiles, 99.
ToRNAMENTUM, machine à soulever
des matériaux de pierre, à
charger et à décharger des
navires, 211.
Trabecula, poutrelle, 10 ; —
DOLATiLis, facile à travailler
avec la doloire, 10.
• Trabks, pièce de charpente,
poutre, 3, 8, 12, 317, 331,385;
— poutre triomphale, 213 ; —
MAGNA, suBLiMis, même sens,
209, 217. Voy. aussi Pyramis.
Transvolutio, action de voûter,
41, n. 3. Voy. Volutio, Volu-
TURA.
Transvolvere (opus), voûter une
construction, 28, 41, n. 5; —
(porticum), un bas-côté d'é-
glise monastique, 31. Voy.
VOLVERE.
Trikobium. Voy. Via ad altitu-
DINEM FORNICIS.
Tristega (turris), tour mobile,
à trois étages, 335, 337.
Troclea, poulie, 82, n. 3, 319; —
504
GLOSSAIRE
TBOCLEAnuM FUNES, cordes de
poulies, ibid.
TuouRiOLUM, petite cabane, 310.
u
Urceolus, petit vase, 85.
Utensile, ustensile, ustensilium,
ustensile en général, objet de
vaisselle, 137, 172, 184 ; —
ornement d'église, 35, 73.
V
Valva, porte à battants, 215)
400, 402.
Variare, i^evêtir de couleurs,
nuancer, 37 ; — faciem eccle-
siAE, une façade d'église, ibid.
Varietas colorum, coloration va-
riée d'une peinture murale,
16, n. 3 ; — (laquearium), de
lambris d'église, 163.
Vasculum, petit vase, 181 ; —
viTREUM, de verre, ibid.
Vectis, barre de métal, trans-
versale, servant à la fermeture
d'une porte, 383.
Velamen, voile, tenture, 140 ; —
couverture en pierre d'un édi-
fice ou édicule, 34 ; — lapi-
DEUM, de pierre, ibid.
Vervella, vervelle, pièce de fer
en forme d'anneau, qu'on fixe
dans une porte pour retenir les
verrous, 384.
Vestibulum, galerie des bas-
côtés d'une église, 28, 31, n. 1,
41 ; — croisillon d'église, 64,
n. 3.
Via ad altitudinem fornicis,
galerie à hauteur de voûte, 215,
QIIAE EXTRA CHORUM EST,
déambulatoire, 227 ; — quae
TRiFORiuM APPELLATUR, galerie
du triforium, pourtournantl'in-
térieur d'une église, au-dessus
des archivoltes des collatéraux,
216 ; TRIFORIUM INFERIUS,
supERius, haut, bas triforium,
228.
ViGiL, garde de nuit (dans un
château), 185.
ViMEN, bois pliant, servant à des
tortis ou entrelas pour des
liens utilisés dans les construc-
tions, 170 ; — viMiNEus, fait
de bois pliant, avec des claies,
37. Voy. Retorta , Virgula,
VIRGUNCULA TORTA.
Virgula, virguncula torta, ba-
guette de bois pliant, servant
de lien pour la liaison du
comble d'une église avec les
parois latérales, entrelas, tor-
tis, 169. Voy. Retorta, Virgula
GEOMETRicA, règle graduée de
géomètre, 390.
Vis, =: iTis, escalier à vis, en li-
maçon, 405, n. 2. Voy. Viz,
COCHLEA.
Viz, escalier à vis, en limaçon,
42, n. 4.
VlTREUS MAGISTER. Voy. MaGIS-
TER VlTREUS ; VITRIARIUS,
verrier, 74.
VoLSARE, voûter, 58, n. 1. Voy.
VOLVERE, TrANSVOLVERE.
VoLTA, voûte, 159.
Voltura, volutura lapidum, la-
piDEA, voussure, voûte, 41, n.
5, 85, 142.
Volutare, voûter, 158.
VoLUTio, action de voûter, de
cintrer, 41, n. 5. Voy. Trans-
VOLUTIO.
VoLVERE (arcum, ecclesiam), ban-
der uu arc, voûter une église,
41, n. 5, 217, 228. Voy. Trans-
VOLVERE .
Xenodochium, bâtiment destiné
à recueillir des étrangers, des
pèlerins, 87, des clercs pau-
vres, 261 ; ELEPHANTIOSO-
RUM, bâtiment destiné à des
lépreux, 279, n. 2.
GLOSSAIRE S05
Z Voy. aussi suprà Spéculum.
— Zêta aesïivalis, hyema-
Lis, chambre, cabinet d'été,
Zêta, corps de garde, guet, lieu d'hiver dans un palais oriental,
couvert permettant d'observer 277, n. 8.
les mouvements de l'ennemi, Zetarius, gardien de palais
277; — major, minor, grand, (d'après des gloses latino-grec-
petit poste d'observation, 279; ques), 277, n. 8.
— LAPiDUM,faitde pierres, 278;
ADDITIONS
p. 12. — Ajouter à la fin du texte n" II l'extrait relatif à
l'église de Perrecy-les-Forges, en Charolais, prieuré de Saint-
Benoît-sur-Loire (auj. c. du canl. de Toulon-sur-Arroux, arr.
de Charolles, Saône-et-Loire) : « Quippe corruerat pars maxima
testudinis lapideae ipsius ecclesiae Patriciaci [villae, in Augusto-
dunensi territorio regionis Burgundiae], a parte aquilonali,cujus
fundamento, quoniam minus roboris habuerat, penitus eruto,
construere firmius fratres, ut eadem tesliido robustiori super-
posita fundamini firmior foret, instituerunl. . . » [Miracula
Sancli Benedicli^ 1. V^III, c. xl, éd. de Certain, p. 345). C'est
à tort que l'éditeur des Miracula dit (p. 161, n. 1) qu'il s'agit,
dans ce texte, de Pressy, c. du cant. de Saint-Bonnet, arr. de
Charolles.
P. 48, n. 2. — A propos des Observations de Bernard, éco-
làtre d'Angers, sur la représentation des Saints par la statuaire
pendant le premier quart du xi® siècle, cf. l'extrait suivant
[ann. 1025] : « De iniaginibu.s quoque quae in ecclesiis sunt. . .
in cruce morientem Christum solum, non opus manuum homi-
num adorant. Non enim truncus ligneus adoratur, sed per illam
visibilem imaginem mens interiorhominisexcitatur. . . Similiter
de imaginihiis sanctoruni ratiocinari licet, quae ideo in sancta
ecclesia fiunt,nonut ab hominibus adoraridebeant, sed utpereas
interius excitemur ad contemplandam gratiae divinae operatio-
nem. . . » [Synodi Alrebalensis cap. XIV, dans Mansi, Sacro-
ru m conciliorii m nova colleclio^ t. XIX, col. 454-455.
P. 49. — Ajouter cet extrait sur l'abbatiale de Conques,
I^'* [XXXI i: « Est deforis tectorum divisione basilica triformis,
que interius propter mutuam transeundi ampliludinem in unum
corpus coït ecclesie.. Ilec itaque Irinitas in unitatem rediens
summe ac deilice Trinitatis tipum, mea quidem sententia, quo-
quo modo gerere videtur. Dextrum latus sancti Pétri apostoli,
levum Sancte Marie, medietas autem Sancti Salvatoris titulo
508 ADDITIONS
dedicata est. Verum, quia eadem medietas psallendi assiduitate
frequentatior habetur, illuc ex proprio loco sancte martiris pre-
ciosa translata sunt pign[o]ra. (// s'agit du chef de sainte Foi,
enfermé dans la statue d''or.) Raro uUus aditus in tam angulose
ecclesie concavitate superest qui de predictis compedibus sive
catenis ferreas non habeat januas. Quodtibi, ut vere loquar, toto
basilice edifîcio mirabilius videatur, excepto ornamentorum
décore, quod auri argentique vel palliorum copia unaqueprecio-
sorum lapidum grata prestat yarietas... » [Miracula Sancte
Fidis.éd. A. Douillet, p. 77).
P. 57, fin de la n. 4 de la p. précédente. — Ajouter : H. du
Ranquet, Les fouilles du chevet de la cathédrale de Clermont,
dans le Bulletin monumental, t. LXXIII (1909), p. 311 et suiv.
(pl).
P. 64, n. 3. — Ajouter la récente indication bibliographique
qui suit : René Merlet, La cathédrale de Chartres (grav. et
plans, dont Tun en couleur, donnant le dessin de la crypte avec
ses diverses transformations), Paris, s. d.
P. 71, n.4. — Voy. aussi E. Lefèvre-Pontalis, Cathédrale de
Coutances (avec pl.), histoire, etc. dans le Guide archéologique
du Congrès de Caen [Congr. archéol. de France, LXXV^ ses-
sion, 1908, t. I, 1909, p. 247 et suiv., avec bibliographie, ibid.,
p. 270-271).
P. 86, n. 4. — Ajouter les indications bibliographiques sui-
vantes : L. Régule, L'église Saint-Maurice, ancienne cathédrale
de Vienne, dans Congr. archéol. de France, XLVP session, tenue
à Vienne en 1879, 1880, p. 303 et s. ; — du même. Les incrus-
tations décoratives des cathédrales de Lyon et de Vienne, Lyon
et Paris, 1905 (pl.).
P. 146, n. 1. — Ajouter la mention de la récente étude d'A.
Angles, L'abbaye de Moissac (grav. et plans), Paris, s. d.
P. 161, n. 3. — Ajouter l'indication de la nouvelle étude
suivante : G. Fleury, La cathédrale du Mans (grav. et plans),
Paris, s. d.
ADDITIONS 509
P. 194, n. 6. — Voy. Gh. Davvson, History of Hastings
castle (1909), vol. I (avec une ancienne vue g-énérale du château
de Hastings), et vol. II (avec un pi. représentant le donjon du
même nom, d'après la Tapisserie de Bayeux).
P. 208, n. 1. — Sur le Mont-Saint-Michel, voy, le très récent
ouvrage de M. P. Goût, Le Mont-Saint-Michel, Hisl.de l'abbaye
et de la ville, étude archéologique et architecturale des monu-
ments, Paris, 1910, 2 vol. (à la fin du tom. II, bibliographie
des sources manuscrites et imprimées).
P. 113, 1. 21. — Au sujet de la description de l'ancienne
cathédrale romane de Gantorbér^', reconstruite sous l'archiépis-
copat de Lanfranc : « In ala septentrionali. . . », cf. l'extrait
suivant :
« Devers l'ele del Nort s'en estli ber alez,
E a un piler s'est tenuz e acostez.
Entre dons alteus est cil pilers niaiserez,
Ala Mère Deu est cil de desuz sacrez,
El nun saint Beneit est li altres ordenez;.. »
( Vie de Saint Thomas le martyr, par Garnier du Pont-Sainle-
Maxence, v. 366-370, dans le Recueil d'anciens textes bas-latins,
provençaux et français, de M. Paul Meyer, 2^ part., 1877, p.
316-317).
P. 223, fin delà n. 5 de la p. précédente. — Voy. aussi Gh.
Porée, Cathédrale de Sens (avec plans comparés de cette cathé-
drale et de celle de Gantorbéry), dans Congrès archéol. de
France, LXXIV« session, 1908, p. 209 et suiv.
P. 268, § 1. — Au sujet des'travaux de construction accom-
plis à Lyon, sous l'archiépiscopat de divers prélats, ajouter l'ex-
trait suivant qui concerne l'édification du pont de pierre sur
la Saône, en 1076, du vivant de l'archevêque Humbert I®"" :
u Septimo maii obiit Tedinus sacerdos, hujus majoris eccle-
siae custos, qui... in ponte super Ararim arcum constituit »
(Obituarium ecclesiae Lugdunensis, p. 43).
P. 280, n. 5. — Cf. l'extrait suivant, relatif à la cathédrale
510
ADDITIONS
de Bayeux, qui provient de la correspondance de Raoul Tortaire
(vers 1110), sous le titre d'Epistola ad Rohertnm :
« Hinc eo Baiocas, ubi vidi culmina clara,
Turres excelsas [aedis] honorificae,
Intus quae saxo pulchre perfecta polito,
Exterius sculplis fulget imaginibus ;
Multa metallorum locupletat quam variorum
Copia, cum bysso, murice, vermiculo.
Ferrea sustentant argenti vincla coron am,
Alte quae durae sunt clave fixa sudis ;
Tota superficies auro vestita renidet,
Cinxit turritis quam faber aediculis ;
Vix geminus templi paries capit hanc, licet ampli,
Nonaliam tanti ponderis esse reor. . . »
(E. de Certain, Raoul Tortaire, dans la Bibl. de VÉcole des
Chartes, 4*' sér,, t. I, 1855, p. 516, d'après le ms. du Vatican,
fonds de la reine de Suède, pèt. in-8°, n° 1357. Cf. L. Serbat,
Guide archéol du Congrès de Caen (pi.), dans Congr. archéol.
de France, LXXV« session (1908), t. I, 1909, p. l"45etsuiv.,
et J. y aUery-Radot, La cathédrale de Bayeux, étude archéo-
logique, dans les Positions des thèses de VEcole des Chartes,
1911, p. 138), lequel a bien voulu nous signaler ce texte de
Raoul Tortaire.
P. 306, n. 2 et 3. — Sur la cathédrale Notre-Dame-des-Doms
et l'abbaye de Saint-Ruf d'Avignon, voy. aussi L.-H. Labande,
Guide archéologique du Congrès d'Avignon, p. 7 et s., 29 et s.,
(pi.), dans Congr. archéol. de France, LXXVI'' session (1909),
t. I, 1910.
P. 314, n. 1. — Au sujet de 'la Tapisserie de Bayeux, voy.
la récente étude de M. E. Travers (qui la date du xi^ siècle),
dans le Guide du Congrès archéologique de Caen, p. 181 et s.
(Congr. archéol. de France, 1908, LXXV« session t. I, 1909).
P. 316, n. 3. — Ajouter les indications bibliographiques sui-
vantes : Michon (J.-H.), Statistique monumentale de la Cha-
rente, Paris, 1844 ; — Bulletin et Mémoires delà Société archéo-
logique et historique de la Charente, Tables générales (1845-
ADDITIONS 511
1900) dressées par J. Baillet et J. delà Martinière, 1904, v"
Angoulême (cathédrale, Chapitre, évêques de), p. 191-193 et 198.
P. 326. — Ajouter au sommaire les indications bibliogra-
phiques ci-après : J. Barbot, Les anciennes cryptes de la
cathédrale de Mende, dans le Bulletin monumental, t. LXX
(1906), p. 526 et s, (pi.) ; cf. Soc, d'agriculture de la Lozère,
Archives Gévaudanaises, t. I" (1903-1908), p. 129. Voy. aussi
Félix Remize, Saint Privât, Mende, 19r0, et surtout Téditioii
des Miracles de Saint Privât par Cl. Brunel (sous presse), dans
la présente Collection de Textes.
P. 344, n. 1. — Ajouter l'extrait suivant, au sujet de Tég-lise
abbatiale de Fécamp et des travaux de construction accomplis
par les soins de Guillaume de Ros, abbé de 1079 à 1107 :
« Guillelmus de Ros, Fiscannensis abbas. . . cancellum veteris
ecclesiae, quam Ricardus dux construxerat, dejecit et eximiae
pulchritudinis opère in melius renovavit atque in longitudine
ac latitudine decenter augmentavit. Naveni quoque basilicae,
ubi oratorium Sancti Frodmundi habetur, eleganter auxit ;
opusque tandem consummatum a Guillelmo archiepiscopo
aliisque quatuor praesulibus XVII kal. Julii — 16 juin 1106 —
consecrari fecit. Defunctus autem in novo opère quod ab ipso
constructum est, ante aram gloriosae Virginis Mariae, compe-
tenter sepultus est. » [Orderici Vitalis Hislor. ecclesiasl. lib.
XI, éd. Le Prévost, t. IV, p. 270).
CORRECTIONS
p. 7, I. 22. — Séparer illecelebris en deux mots : ille cele-
bris.
. P. 90, n. 1,1. 1, — Au lieu de christiania, lisez christiana.
P. 127, n. 1, 1. 3. — Au 'lieu de Credenae (forme erronée
des Monumenia Germaniae historica), corrigez Bredenae.
P. 159, 1. 11. — Supprimez lepoini après ascensum.
P. 177, à la fin de la note 2 de la p. précédente. — Au lieu
de Toulonges, lisez Toulouges.
P. 183, n. 4, à la fin de la 1. 1. — Au lieu de 63, lisez 630.
P. 194, n. 4,1. 3. Au lieu de qru, lisez qui; même note, 1. 4.
Au lieu (/'Oider. Vital, lisez Order. Vital.
P. 230,1. 2. — Au lieu de aedificis, lisez aedificio.
P. 239, 1. 16. — Au lieu de sccniate, lisez scemate.
P. 241, à la fin de la 1. 15, au lieu r/eDe, lisez Dei.
P. 254, 1. 5 du sommaire. — Au lieu de Poitiers, /l'sez Poitou.
P. 267, 1. 6. — Au lieu de meninisset, lisez meminisset.
P. 275, n. 6. — Au lieu de Richard, corrigez Robert (confor-
mément à la Table alphabétique des noms de personnes, p. 441,
col. 2, 1. 1).
P. 280, 1.6. — Au lieu de machinementa, lisez machina-
menta ; même page, 1. 20, au lieu de am, lisez jam.
P. 282, n. 2, 1. 3. — Au lieu de Ghamaillières, lisez Chama-
lières.
P. 306, 1. 11. — Au lieu de asserunt tur, lisez asseruntur.
P. 325, n. 1, 1. 2. — Au lieu de Noirmoutier, lisez Marmou-
tier.
P. 361, n. 3, 1. 3. — Au lieu de 1905, lisez 1095.
P. 364, n. 2, 1. 8. — Au lieu de tour de la cathédrale de
Bayeux (comme Viollet-le-Duc l'a dit à tort), corrigez tour de
Téglise de Secqueville-en-Bessin (Calvados). Voy. sur ce point
A. de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, t. I,
p. 290; cf. L. Serbat, Guide archéologique du Congrès deCaen,
(pi.), dans Congr. archéol. de France, LXXV^ session (1908),
t. I, 1909, p. 349.
CORRECTIONS 513
P. 377,1. 2 du sommaire. — Au lieu de Poitiers, lisez Poitou.
P. 390,1. 28. — Au lieu de Ecclesiae, lisez Ecclesie.
P. 418, col. 1, art. Chartres (cathédrale), 1. 1. — Au lieu de
142, lisez 42.
P. 419, col. 2, art. Compostelle^ 1. 5. - — Au lieu de 401, lisez
407.
P. 473, col. 2, art. Mobilier, 1. 12, — Au lieu de Encenseur,
lisez Encensoir; même article, 1. 17, au lieu de Propiciatoire,
lisez Propitiatoire, ainsi qu'à la p. 478, col. 2.
INDEX GENERAL
Pages
Intfjoduction.
I. Objet de ce Recueil. — Précédents projets ou
essais de publication de textes relatifs à l'histoire
de l'architecture en France au moyen âge. ... v
II. Ordre suivi dans le présent Recueil; ses limites
chronologiques et géographiques. — Textes rela-
tifs à l'expansion de l'architecture française à
l'étranger xv
III. Nature et répartition des sources utilisées dans
ce Recueil xxni
IV. Conclusions générales.
1 . Caractéristique de Tarclii lecture au xi* siècle
et dans le premier tiers du xii« xxx
2. Évolution de l'architecture religieuse xxxv
3. — — militaire xliii
4. — — publique xlvi
5. — — privée l
6. Condition des architectes et constructeurs,
ecclésiastiques etlaïques, auxi« et auxii* siècle. lu
Textes . n°* i — clim 1
Appendice 395
Table alphabétique des noms de personnes et de lieux. . . 409
Répertoire archéologique des matières 455
Glossaire 485
Additions 507
Corrections 512
Index général 515
MAÇON, PROTAT FRIÎRKS, IMPRIMEURS.
■INDINCLIST oECl W:'
University of Torontt
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